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Mais qui croyez vous convaincre, mes chers camarades ? 

 

Amorce de contribution au congrès

 

par  Danielle Bleitrach

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Je ne sais pas comment on fait pour envoyer une contribution à la page débat de l’Humanité, bien que je sache que si ils abritent des gens capables comme le « sociologue » Baillet de nous proposer de prendre le nom de parti socialiste, ils refuseront ma contribution, mais voici ce que je leur dirais en toute fraternité si j’avais droit à publication en préparation du Congrès. Une amie innocente me propose de la présenter en réfutation de Baillet, mais comme je l’ai dit hier, je ne crois pas qu’il y ait un hasard si je suis interdite, et si c’est la deuxième fois en six mois que l’on a une contribution qui nous propose de devenir parti socialiste et d’abandonner donc la référence au communisme. C’est le choix d’une ligne qui est menée depuis des années par des directions qui se cooptent et qui toutes tentent d’en finir avec une référence à laquelle, elles ne croient plus. Et elles ne veulent pas que le débat soit posé là-dessus parce qu’elles savent être minoritaire y compris chez ceux qui depuis des années entérinent les directions et leurs choix.

Mais qui croyez vous convaincre mes chers camarades ?

 

Je ne supporte plus ce discours complètement creux des communistes ou plutôt de leurs dirigeants, cet espèce d’humanisme assorti de l’idée que toutes les expériences socialistes n’auraient été qu’une déformation de cet idéal qui bien sûr n’existe alors nulle part ailleurs que dans leur imagination.
 
Que l’on me comprenne bien si je proteste contre des vaines paroles, c’est que je les trouve indigne de ce parti et même de ceux qui comme les députés communistes accomplissent un vrai travail pour défendre les exploités, tous ceux que ce système met à mal. Oui ils ont besoin d’un parti communiste fort, y compris tel qu’il est aujourd’hui et contre lequel il m’arrive pourtant de pester. Un parti communiste toujours formé par des gens sérieux, compétents, désintéressés et qui ne confondent pas leur ego avec l’avenir du pays.
 
Ce discours sur « l’idéal communiste » qui n’a jamais existé nulle part et qui ne prend même pas la peine de s’appuyer sur ce que les communistes français ont accompli pour notre peuple rappelle étrangement ce qui a toujours minorisé les trotskistes, l’impossibilité de faire la preuve de leur dires.
 
S’il m’arrive de dire que quelle que soit la vague réactionnaire dans laquelle nous paraissons nous débattre en particulier en Europe, nous sommes dans une meilleure situation que quand Lénine a lancé la grande révolution d’octobre face aux masses russes déchaînées face à l’absolutisme tsariste et à la guerre. Premièrement, le capitalisme est de plus en plus en train de faire la preuve de son incapacité à assurer le progrès social, la paix et même la démocratie dont il fait son apanage. La contre-révolution qu’il paraît mener repose plus sur le repli, le désenchantement que sur l’adhésion à un projet quelconque.
 
Oui parce qu’il y a eu la Révolution d’Octobre, parce que nous n’avons plus à nous en remettre à une bourgeoisie éclairée, nous sommes devant la situation où Robespierre décapité, la féodalité était néanmoins morte malgré le retour des rois.
 
Si nous sommes dans une meilleure situation, c’est que justement la démonstration a été faite que grâce à la révolution d’octobre et celles qui ont suivi, la preuve a été faite que le capitalisme n’est pas éternel. Si immédiatement après la chute de l’URSS, le capitalisme a pu décrire ces expériences comme de formidables erreurs sanglantes renversées par des peuples épris de liberté, le voile se déchire sur la réalité de cette contre-révolution et la manière dont les peuples l’ont subie, leur regrets. Peu à peu il s’avère impossible de raconter n’importe quoi là dessus et avec d’autres nous y avons contribué. Il ne s’agit pas de se lancer dans une hagiographie mais bien de dire la vérité sur l’état des lieux.
 
Autre dimension, nous sommes dans une mondialisation, un développement des forces productives qui, parce qu’elle est impulsée par le capitalisme, apparaît aller de plus en plus à contrario des intérêts de la majorité de l’humanité et surtout porter la guerre. Dans un tel contexte apparait non seulement un monde multipolaire, mais un nouveau modèle impulsé par un parti communiste Chinois qui fait la preuve de ce qu’un parti communiste est capable en matière de lutte contre la pauvreté, pour l’environnement désormais et pour des relations internationales basées sur les échanges mutuellement avantageux, le respect des souverainetés donc la paix.
 
Pour revenir à ce discours imbécile et faussement humaniste des dirigeants et élus communistes sur le fait que tous les autres sont nuls et que seuls les communistes français d’aujourd’hui représentent la vérité, il ne convainc personne et il contribue à l’inertie politique dont on voit bien qu’elle pèse sur le mouvement social.
 
Ce que je propose c’est qu’au lieu de raconter n’importe quoi, nous prenions en compte les acquis du parti communiste français, son histoire, mais aussi que nous le fassions en arrêtant de répéter ce que dit la bourgeoisie y compris ses ailes social-démocrates sur les expériences communistes.
 
C’est à partir de là que nous pourrons réellement défendre un « socialisme à la française » inspiré de nos traditions révolutionnaires, de nos acquis et capable de s’ouvrir sur un monde en pleine transformation.
 
Danielle Bleitrach
 
Vos commentaires

Salut camarades,

 

 

  • Dans la rubrique Débats & Controverses de l’Humanité de ce lundi 23 octobre 2017 on peut lire page 13 dans l’article « L’heure du choix entre différentes voies » du sociologue Dominique Baillet :

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • « Alors le PCF pourrait prendre, par exemple, le nom de socialiste : Karl Marx et Friedrich Engels ne voulait-il pas construire sur les ruines du capitalisme, le socialisme, et abandonner les termes de communisme qui renvoie à une histoire du XXe siècle controversée, mais à condition bien sûr que le Parti socialiste actuel, qui subit une crise sans précédent depuis 1905, disparaisse ou change de nom et s’appelle par exemple social-démocrate, ce qui serait plus conforme à son idéologie actuelle. »

  • Eh l’auteur affirme en conclusion que le PCF dans ses conditions, changeant de nom, pourrait s’agréger à d’autres partis européens et constituer une « Cinquième Internationale Socialiste »…

  • Cela serait oublier que le terme socialiste, depuis la faillite de la IIe Internationale, le 4 août 1914, les principaux partis socialistes s’engageaient dans l’Union Sacrée : « la II° Internationale était morte comme organisation révolutionnaire » disait Lénine…

  • Alors pourquoi, pour des communistes récupérer ce terme galvaudé, qui partout dans le monde est assimilé à la social-démocratie qui a trahi tant de fois le Prolétariat mondial, et qui est en parti responsable de l’échec de la vague révolutionnaire issue de la Révolution d’Octobre 1917 ?

  • Est-ce un hasard si Lénine avait choisi le terme communiste et non socialiste, pour les partis membre du Komintern, la IIIe Internationale. Eh puis des communistes même en France, il y en avait depuis Babeuf, et au XIXe siècle, et Marx et Engels il y a 150 ans avait appelé Le Manifeste celui du Parti communiste.

  • C’est à se demander pourquoi dans le débat avant Congrès extraordinaire de 2018, des sociologues comme Dominique Baillet peuvent comme cela défendre un changement de nom du PCF dans l’Humanité ?

  • Mais l’auteur va plus loin encore…

  • « Si le PCF choisit la voie du néomarxisme, c’est-à-dire s’il garde une vision classiste et conflictuelle (contradictoire) de la société actuelle, tout en repensant la morphologie des classes sociales et en adoptant non plus une vision binaire de la société capitaliste qui serait divisée en deux grandes classes (bourgeoisie et prolétariat), mais ternaire ou trinitaire (classes populaires, classes moyennes, classes supérieures) – et qui inclut la bourgeoisie – et en attribuant à ces classes des intérêts divergents et des représentations différentes, alors le PCF peut devenir non pas le parti de la classe ouvrière comme il le fut naguère dans les années 1950 – 1970, mais celui des classes populaires et, du coup obtenir un regain électoral substantiel. »

  • Outre le fait que je ne connais pas bien ce que veut dire, le néomarxisme, j’ai quand même l’impression, que cela n’a pas grand chose à voir avec les idées de Marx et d’Engels, en reniant en partie la lutte des classes, et en terme clair, que seule la classe ouvrière par sa place dans le processus de production capitaliste, créant de la plus-value, reste la seule classe révolutionnaire capable de renverser le capitalisme !

  • Au moins ce sociologue a raison sur un point, le Prolétariat mondial a besoin d’un nouvelle Internationale, mais qu’elle trouve ses sources dans le meilleur des 4 premiers Congrès du Komintern, celle de Lénine et à la genèse en 1920 au Congrès de Tours, de la Section Française de l’Internationale Communiste.

  • Non, les communistes français ne veulent pas en 2018, d’un nouveau Congrès de Tours à rebours…

  • Fraternellement,


  • Laurent Gutierrez, du PCF de Côte d’Or, secrétaire de la section Yvon Holin (Agglo Dijon Sud)

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