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Les conditions d’existence des partis communistes, d’Alvaro Cunhal et remarques annexes, mais non secondaire.

Pour le prochain numéro de la « Revue unir », nous avons évoqué un article mettant sur les tables les questions stratégiques qui devraient être discutées au prochain congrès pour l'instant, nous n'avons pas vraiment de proposition, cependant, il me semble que la 4ème partie du texte de Cunhal de 2001 que nous avons publié il y a deux ans est peut-être la meilleure contribution à mettre en avant... On pourrait ajouter une intro courte resituant ces questions dans le cadre de la préparation du congrès ?

Pam


Réflexions Bernard Trannoy

Un examen même superficiel des réflexions d’Alvaro Cunhal aboutit rapidement à la conclusion sans appel que le PCF n’a plus aucun rapport avec ce qu’est un parti communiste.

 

En fait les propositions de Pierre Laurent s’inscrive dans une volonté (consciente ou pas) de mener jusqu’au bout ce qu’on peut appeler une stratégie à l’italienne. Stratégie qui a conduit non seulement à la disparition du PCI, mais de la gauche dans son ensemble. Et là, c’est du bis repetita, rien de plus, rien de moins. En cela il joue le jeu qu’attend de lui le capital. Pas de « gauche » possible sans un puissant Parti communiste ; tout le reste n’est qu’enfumage.

 

Ajoutons que l’on reconnait la validité d’une stratégie, à sa capacité d’atteindre ne serait-ce que partiellement les objectifs qu’elle se fixe. Si l’objectif était notre mise à mort, alors là, bingo notre nomenklatura est incontestablement sur la voie de la réussite.

 

Cette stratégie se mesure aussi dans la capacité des femmes et des hommes qui s’en font les vecteurs d’en faire le bilan. Et là aussi le vide de la pensée. Pas de bilan, mais plutôt le campement dans un arcboutement refusant que les militants de base demandent des comptes (c’est vrai qu’il est affligeant de constater que certains ne demande rien). D’ailleurs caractéristique des dérives, il faut être spécialiste pour attirer l’attention de « là-haut ». Caractéristique de la démarche, la volonté de limité au haut les questions du rassemblement, (les funestes lundis » et autres conneries. Toute la démarche initiée par Pierre Laurent est fondamentalement élitiste, il a peur lui aussi des « sans dents ». Quand on invite le monde du travail, c’est au pied de la tribune d’un congrès en rang d’oignons qu’on l’aime.

 

Les stratégies suivies on conduit à transformer le PCF en vecteur pour le compte d’autrui, en paillasson, en porteur de valises, en Harkis. Ainsi Mitterrand nous a utilisé pour construire le PS sur les ruines de la SFIO. On croyait la leçon retenue ? Et bien NON, on recommence avec Mélenchon qui renouvelle l’opération pour reconstruire une nouvelle social-démocratie (qui ne fera pas mieux, sinon pire que la précédente) sur les ruines du PCF et du PS. Et là le capital peut dormir sur ses deux oreilles, c’est du moins ce qu’il sous-entend quand « il déclare que les chefs d’entreprises n’avaient pas à s’inquiété », toucher au capital ? Mais vous n’y pensez pas.

 

La volonté des dirigeants du PCF de repenser l’organisation, à ceci d’intéressant, pour eux, en ce qu’elle déplace la responsabilité des échecs d’une stratégie sur les épaules de ces pelés, ces galeux que sont les militants de base qui s’est bien connu ne comprennent de rien à rien. Exit la responsabilité des dirigeants pour leur choix stratégique. Nous sommes en pleine confusion, ce moment où est attribué à la forme ce qui relève en fait de questions fondamentales. Pierre Laurent « le PCF doit faire sa révolution ». Faire une révolution c’est aussi faire un tour sur soi-même, comme la Lune fait sa révolution autour de la terre. En fait ce que nous propose Pierre Laurent c’est qu’après avoir rompu avec la mélasse sociale-démocrate à Tours en 1920. Le tour étant fait, c’est le retour à la bouillie sociale-démocrate qui nous est proposée. En fait Pierre Laurent n’a rien compris au film « La gauche, la gauche » ce mot est devenu au fil du temps synonyme de trahison, de renoncement et d’accommodement avec le capital. Ce mot « gauche » tend à devenir dans les milieux populaires synonyme d’un gros mot, d’une insulte faite à l’intelligence.

 

Pierre Laurent le prince des mots creux, sans odeur, sans saveur. L’en commun, l’en commun, Oui c’est les communs sont ces lieus où réside les latrines. L’en commun, le commun, le partage des richesses autant de mots vide de sens, de contenu de classe. Un PCF comme celui-là ne présente aucun intérêt pour le monde du travail. 60% des ouvriers qui s’abstiennent cela devrait interpeller, mais alors là pas du tout. Il faut être bas de plafond pour ne pas le voir. Sur la barricade de l’affrontement capital\Travail visiblement Pierre Laurent, nous propose de franchir ladite barricade dans l’autre sens. Visiblement il n’a pas encore compris ou a oublié que « c’est celui qui possède qui bat la mesure ». Notre drame c’est que le PCF a été et est largement cannibalisé par les élus qui se sont emparé de l’organisation, et la seule préoccupation d’un élu est d’être réélu quitte à renoncer, à s’abandonner aux pratiques nauséabondes. Un élu dans ses conditions est par nature, par fonction un réformiste tenté par toutes les concessions.

 

Comment canaliser les débats ? Simple vous soumettez un questionnaire, qui a pour objectif PREMIER de faire en sorte que certaines questions qui fâche ne soient pas posées, et si on transformait le PCF en gigantesque atelier d’écriture pour faire émerger ce qui travail les communistes. Maurice Thorez appelait à ce « que les bouches s’ouvrent » là où le questionnaire canalise, barricade, enferme, limite le débat au seul espace restreint maitrisable par la nomenklatura. Et ceci dans des formes permettant toutes les manipulations. Exit les questions de la stratégie, de L’U.E, de l’€uro, et même comble de l’OTAN, alors parler de rouvrir le débat sur la question du socialisme. On nous invite en fait à un banquet réunissant Neuilly et Aubervilliers. !!!

 

Les dirigeants du PCF dans une démarche digne des bourgeois de Calais  participent de fait, des dispositifs d’intégration du monde du travail aux objectifs du capital.

 

La société française a glissé à droite, certes, mais le PCF avec, et là, cela pose question. Dans ces conditions P.L est au communisme ce qu’est le big mac est au cassoulet de Castelnaudary, le scénario à l’italienne poursuit son dérouler.

 

Un pas en avant, deux pas en arrière, Lénine 1904. Problème pour faire un pas en avant, il faut être devant. Comment être devant qu'en on est ailleurs ????

 

Bernard Trannoy Lanton le 20/09/2017


Les conditions d’existence des partis communistes

 

Le cadre des forces révolutionnaires qui existent dans le monde a changé durant les dernières décennies du XXe siècle. Le mouvement communiste international et les partis le composant ont subi de profondes modifications suite à la chute de l’URSS et des autres pays socialistes et de la victoire du capitalisme dans sa rivalité avec le socialisme.

 

Il y a des partis qui ont nié leur passé de lutte, leur nature de classe, leur objectif d’une société socialiste et leur théorie révolutionnaire. Dans plusieurs cas, ces partis ont intégré le système et ont fini par disparaître.

 

Cette nouvelle situation au sein du mouvement communiste international a ouvert des espaces dans la société dans laquelle d’autres partis révolutionnaires ont assumé la relève et, dans les conditions concrètes de leur pays, se sont identifiés aux partis communistes sur des aspects importants et parfois avec leurs objectifs et leur action.

 

Ainsi, lorsque nous parlons aujourd’hui du mouvement communiste international, nous ne pouvons pas, comme dans le passé, tracer une ligne entre les partis communistes et tous les autres partis révolutionnaires. Le mouvement communiste a maintenant une nouvelle composition et de nouvelles limites.

 

Ces développements ne signifient pas que les partis communistes, avec leur identité propre, ne sont pas nécessaires à la société. Au contraire. Avec les éléments fondamentaux qui les caractérisent, les partis communistes sont nécessaires, indispensables et irremplaçables. Mais de la même manière qu’il n’y a pas de "modèle" de société socialiste, il n’y a pas de "modèle" de parti communiste.

 

Avec des réponses concrètes différentes à la situation concrète, il est possible d’identifier six caractéristiques fondamentales d’un parti communiste, qu’il ait ce nom ou un autre :

 

1 – Un parti qui est complètement indépendant des intérêts, de l’idéologie, des pressions et des menaces du capital.

 

L’indépendance du parti est une composante de l’identité d’un parti communiste. Elle s’affirme dans sa propre action, ses propres objections, sa propre idéologie. Un écart avec ces caractéristiques essentielles n’est en aucune façon une démonstration d’indépendance, mais, au contraire, un renoncement à l’indépendance.

 

2 – Un parti de la classe ouvrière, des travailleurs en général, des exploités et des opprimés.

 

Selon la structure sociale de la société de chaque pays, la composition sociale des membres du parti et sa base de soutien peuvent être très diverses. En tous les cas, il est essentiel que le parti ne soit pas fermé sur lui-même, en confrontation interne, mais tourné vers l’extérieur, vers la société, ce qui signifie qu’il n’ait pas seulement, mais surtout, des liens étroits avec la classe ouvrière et les masses laborieuses. Négliger cette caractéristique ainsi que perdre son caractère de classe a conduit certains partis à un déclin vertigineux et, dans certains cas, à l’autodestruction et la disparition.

 

Le remplacement de la nature de classe du parti par la conception d’un "parti des citoyens" masque l’existence de citoyens exploiteurs et de citoyens exploités et conduit le parti vers une position neutre dans la lutte des classes – ce qui, dans la pratique, désarme le parti et les classes exploitées et le transforme en un instrument appendiculaire de la politique de la classe exploiteuse dominante.

 

3 – Un parti avec une démocratie interne et une direction centrale unique.

 

Une démocratie interne est particulièrement riche en vertus, à savoir : travail collectif, direction collective, congrès, assemblées, débats dans tout le parti sur les questions fondamentales d’orientation politique et d’action, décentralisation des responsabilités et élections de toutes les directions.

 

L’application de ces principes doit correspondre à la situation politique et historique à laquelle le parti est confronté. Dans des conditions d’illégalité et de répression, la démocratie est limitée par l’impératif de la défense. Dans une démocratie bourgeoise, la qualité visée peut et doit être largement et pleinement appliqué.

 

4 – Un parti qui est à la fois internationaliste et qui défend les intérêts de son pays.

 

Contrairement à ce qui était défendu autrefois dans le mouvement communiste, il n’y a aucune contradiction entre ces deux éléments dans l’orientation et l’action des partis communistes. Chaque parti est solidaire avec les partis, les travailleurs et les peuples des autres pays. Mais, avec conviction, il est un défenseur des intérêts et des droits de son propre peuple et de son pays. L’expression "parti internationaliste et patriotique" a une signification pleine et entière en cette fin de XXème siècle. On peut inclure comme valeur internationaliste, la lutte à l’intérieur de son pays et comme valeur de la lutte interne, les relations de solidarité avec les travailleurs et les peuples des autres pays.

 

5 – Un parti qui définit comme objectif la construction d’une société sans exploiteurs ni exploités, une société socialiste.

 

Cet objectif est également complètement moderne. Mais les expériences positives ou négatives de construction du socialisme dans un certain nombre de pays et les profonds changements dans la situation globale, demandent une analyse critique du passé et une redéfinition de la société socialiste, objectif des partis communistes.

 

6 – Un parti avec une théorie révolutionnaire, le marxisme-léninisme, qui permet non seulement d’expliquer le monde, mais aussi de montrer la voie de sa transformation.

 

Déniant toutes les campagnes anticommunistes diffamatoires, le marxisme-léninisme est une théorie vivante, antidogmatique, dialectique et créative qui est enrichie par la pratique et les réponses qu’elle est appelée à donner en face de nouvelles situations et phénomènes. Elle dynamise la pratique, s’enrichit et se développe de façon créative avec les leçons de la pratique. Nous devons à Lénine et à son travail "L’impérialisme, stade suprême du capitalisme", la définition du capitalisme à la fin du XIXème siècle. Ces développements théoriques ont une valeur extraordinaire. Il en va de même pour la recherche et la systématisation des connaissances théoriques. Dans une synthèse extraordinairement rigoureuse et claire, un texte séminal de Lénine décrit "les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme". En philosophie, le matérialisme dialectique, et dans ses applications à la société, le matérialisme historique. En économie politique, l’analyse et l’explication du capitalisme et de l’exploitation, dont la pierre angulaire est la théorie de la plus-value. Dans la théorie du socialisme, la définition d’une nouvelle société avec la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

Tout au long du XXème siècle, avec les transformations sociales, de nouvelles et nombreuses réflexions théoriques ont eu lieu dans le mouvement communiste. Cependant, elles se sont présentées comme diverses et contradictoires, rendant difficile la distinction du fondement de ces développements théoriques et des positions révisionnistes par rapport aux principes fondamentaux. Cela amène à conclure au caractère impératif des débats, sans idées préétablies ou vérités absolues, et sans établir de conclusion définitive, mais obligeant à un approfondissement de la réflexion commune.

 

Nous souhaitons que le meeting international de la fondation Rodney Arismendi, en septembre de cette année, apporte une contribution positive à l’accomplissement de cet objectif.

 

Alvaro Cunhal

Septembre 2001