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La question d’un lecteur et l’impossibilité d’y répondre…

 

16 Juillet 2017
 

Résultat de recherche d'images pour "danielle Bleitrach"

 

Sur ce blog, un lecteur occasionnel m’interpelle : qui êtes vous Danielle Bleitrach? Franchement qui peut répondre à pareille question, non sur Danielle Bleitrach mais sur soi-même ?…

 

Chacun aura bien compris que cette interrogation – qui fait songer à l’invitation du commandeur à  Don juan, le mécréant et à sa damnation- est destinée à me renvoyer au « complot » auquel je participerai, à me démasquer.

 

S’agirait-il  en l’occurrence  de celui des forces obscures qui en veulent à Macron, malgré l’adhésion à son culte de la quasi totalité de la presse et l’appui vertueux du MEDEF?.

 

Tout cela parce que j’aurai osé dire l’évidence de la vulgarité de ces deux couples s’empiffrant sur la tour Eiffel pour y célébrer la boucherie de 14-18, pour mieux vider de son sens la prise de la Bastille.

 

Le « stalinien » , un concept creux comme une dent creuse qui ne mord sur rien

 

Mais cette interpellation n’est pas unique en son genre:  il y a des gens qui se sont ingénié toute ma vie à me définir, pire à me culpabiliser et ce de la manière la plus étrange qui soit. Il y a ceux qui depuis plus de vingt ans s’obstinent à me décrire quasiment comme une anticommuniste, une « stalinienne », étant bien entendu que pour eux « le stalinisme » est l’unique cause des défaites du communisme.

 

Le capitalisme n’étant qu’un tigre en papier aisément vaincu par les bons sentiments.  Bref cette référence au stalinisme,  loin de résoudre le problème ne fait que l’obscurcir parce qu’à ma connaissance nul ne sait exactement ce qu’est un « stalinien ». Ce mot n’est qu’une une stigmatisation creuse, aussi creuse que la notion de totalitarisme à laquelle la plupart des chercheurs ont renoncé, mais qui fait les beaux jours des idéologues français La notion évite l’analyse concrète d’une « personnalité concrète » comme celle de la situation concrète dans laquelle il y a eu recours à la « terreur ».

 

Il est vrai que face aux  antitotalitaristes, antistaliniens de profession, à leur manière de déformer l’histoire, il m’arrive d’avoir envie de les provoquer, ne serait-ce que pour les amener à s’interroger sur leurs certitudes. Pourtant  en dehors de ce réflexe, je ne pense pas être stalinienne et je crois l’avoir prouvé par mon indépendance d’esprit.

 

Si être stalinien c’est être soumis corps et âme à l’autorité qui représente l’idéologie à laquelle on adhéré, je ne suis pas stalinienne, aucune autorité malgré ma discipline n’ayant pu me convaincre d’agir a contrario de mes conviction.

 

Je signale simplement l’absurdité de ceux qui prétendent par ce trait de caractère mal avéré fondre dans un même moule communiste et fasciste. deux idéologies, deux pratiques à l’échelle historique totalement contradictoires.

 

Pour revenir au trait de caractère que l’on m’attribue et que je dénie, Paul Boccara m’a dit un jour que j’étais « versatile », au sens anglais du terme, c’est-à-dire à multiples facettes. C’est vrai parce que je suis convaincue de ce postulat marxiste qui veut que le réel soit la synthèse de nombreuses déterminations et je suis fascinée par leur exploration, toutes.  Ce qui me donne aussi un grand esprit de contradiction et qui fait de moi une candidate toute trouvée pour toutes les répressions de l’autoritarisme.

 

Pourtant dans le même temps, je demeure attachée à ce qui selon moi constitue le mouvement, la mise en branle incontournable de toutes ces dimensions: la lutte des classes bien ancrée dans la matérialité, dans ce dont on ne peut pas s’abstraire sauf en imagination à savoir le poids de la nécessité sur la condition humaine. Ce qui me conduit souvent à préférer le dialogue avec des opposants déterminés plutôt qu’avec les faux amis pétris de bons sentiments…

 

Mais pourtant voici plus de 20 ans que j’ai été interdite dans la presse communiste et cela continue. Comme l’interdit était identique à celui de la presse bourgeoise, j’ai été muselée et aujourd’hui la suprême insulte est que je suis vieille comme si cette incarcération était de mon fait. Après vingt ans de censure voici que le jeu consiste à dire que je serai trop vieille pour avoir le droit à la parole… Il y a ceux qui raffinent, dernièrement une sotise, qui désormais hante les fédérations du PCF me disait paranoïaque parce que je décrivais la manière dont la direction du PCF avait réussi à étouffer la présence communiste aux élections présidentielles et législatives, ce qui est un fait, une évidence.

 

Non je ne suis pas paranoïaque, mais je suis devenue une spécialiste de la chose et au contraire j’y résiste assez bien. Parce que je n’ai aucune ambition personnelle et que j’ai acquis une forme de liberté dans cette répression.

 

Nos raisons d’exister valent mieux que notre existence

 

Le fond de cette liberté est justement d’avoir voulu rester communiste et de faire à chaque instant des choix qui correspondent à cet engagement. Peut-être cela se résume-t-il à cette phrase de Robespierre: « Nos raisons d’exister valent mieux que notre existence ». je sais que la lutte des classes a besoin d’un parti, d’un sujet historique collectif, le prince de Machiavel du prolétariat expliquait Gramsci et je ne me laisse tenter par aucune aventure qui me détourne de mon but, le changement de société indispensable, la fin d’un capitalisme mortifère et qui aujourd’hui menace l’humanité dans sa survie.

 

Comment à partir de là certains en sont-ils arriver à tenter de justifier leur censure, interdit, par le fait que je serai une ennemie du parti communiste? L’argument employé alors est le plus souvent limité à mon appartenance aux couches intellectuelles. Je dois dire qu’au bout d’une vie rien ne m’impressionne moins que ce genre de choses. Ceux qui flattent l’ouvriérisme sont les mêmes qui sont en train de convaincre les ouvriers que l’aspiration à la connaissance, à la compréhension n’est pas pour eux. Etre des brutes est leur idéal, mais c’est aussi celui de la marginalisation des couches prolétariennes qui a atteint aujourd’hui un stade qui est celui de la régression, celui d’une contre révolution.

 

Negationnisme  et emancipation humaine ? 

 

Ce qui me fascine dans cette affaire est la manière dont ma caractérisation passe alors par la négation de toute ma vie. Ce ne serait pas un problème si je ne retrouvais pas la même déformation- diffamation dans un autre aspect de ma personnalité. Mes origines juives, la manière dont la fuite devant le nazisme a structuré ma petite enfance et probablement déterminé mon engagement communiste. Ce matin une amie m’envoie par courrier électronique un texte de moi et elle m’explique que dans son petit groupe ce texte est utilisé pour me nuire. Il s’agit d’un texte très ancien que j’ai consacré à Dieudonné et qui avait été publié par Grand soir. C’était le lendemain du passage de Dieudonné à l’émission de Vogel déguisé en rabbin et proclamant son adhésion à Hitler. Je ne renie rien de ce texte dans lequel je montrais que Dieudonné avait joué un rôle, qu’il pouvait encore s’en sortir, et je faisais référence à un acteur autrichien se grimant jusqu’à devenir réellement nazi. je lui demandais de ne pas aller sur cette voie et je n’ai pas été la seule à le faire à l’époque. Il a fait son choix et depuis il suffit de consulter ce blog, il n’a pas eu d’adversaire plus résolu que moi.

 

Mais le petit jeu du négationnisme est à l’oeuvre, il s’agit de sortir un texte hors tout contexte pour se lancer dans un procès que rien ne justifie. Ce qui est extraordinaire par parenthèse est  que certains qui me reprochent ce texte ancien hors contexte sont incapables de la moindre critique face aux dérives d’un Bernard henry Levy quand il va en Ukraine installer sur ordre de la CIA et de l’OTAN des néo-nazis au pouvoir. Ils ne mesurent pas l’horreur de celui qui toujours et partout a cautionné l’installation des fascistes antisémites par pur anticommunisme et vassalité aux Etats-Unis.

 

Je n’approuve pas plus ceux qui sous prétexte de défendre la cause palestinienne ne mesurent pas que ceux qu’ils approuvent sont animés de fait par l’antisémitisme. Comme dans le cas où un Pascal Boniface attribue au CRIF (dont par ailleurs je dénie la représentativité) la responsabilité dans les tortures du gang des barbares. cela suffit avec cet anti-impérialisme de pacotille et son abandon de toute dimension de classe.

 

Cela suffit le négationnisme, tous les négationnisme, celui qui nie l’extermination des juifs, mais aussi celle des soviétiques et qui se permet d’interdire la célébration de la libération d’Auschwitz aux enfants de l’armée rouge. Celui qui veut détruire un individu le fait en le privant de sa mémoire. Il n’y a aucune liberté dans le négationnisme.

 

Je hais l’antisémitisme comme toutes les formes de racisme et quand je vois la moindre trace de ces perversions haineuses je les dénonce sans le moindre état d’âme. Ce qui me vaut à la fois d’être l’objet de diffamations de la part des uns et des autres. Je serais pour les uns une « antisioniste » (je suis au contraire allergique à ce terme et à ce qu’il recouvre souvent d’antisémitisme) et pour les autres (comme Soral qui m’a consacré un sujet video) la pire des « enjuivées », celle qui veut répandre sa « lèpre » sur la surface du globe… Non! Simplement je considère qu’il n’y aucune identité qui justifie que l’on abandonne son appartenance à l’humanité et pour moi l’émancipation de celle-ci passe d’abord par la lutte des classes.Et je suis comme Klaus Mann qui affirmait que « les nazis n’étaient pas abominables parce qu’antisémites, mais qu’ils étaient antisémites parce qu’ils étaient abominables. » Tout cela demeure exact.

 

La rusticité de la conviction

 

Comme face à toutes les sophistications des enfileurs de perle de verre, ce qui me convainc le mieux est cette rustique affirmation découverte également ce matin: « Tout français a dans sa poche une carte du parti communiste, rouge ou verte, il s’agit de la carte de la sécurité sociale ». Ou encore que si Ambroize Croizat n’avait pas été ouvrier et communiste il serait depuis longtemps au panthéon, oui mais s’il n’avait pas été ouvrier et communiste, il n’aurait pas – porté par l’élan de la résistance communiste et patriotique- inventé la sécurité sociale. je crois que c’est cela que certains appellent le stalinisme? Il en faut…

 

Voilà je suis incapable de répondre à la question qui m’a été posée: « qui êtes vous Danielle bleitrach? » Je ne suis pas convaincue d’abord de l’intérêt heuristique d’une telle question, mais je remercie celui qui m’a permis de préciser ces quelques remarques sur ce que je crois vrai ou faux, mais là encore je ne garantis rien.

 

Danielle Bleitrach