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Précisions sur un choix qui n’a rien d’un engouement

21 Avril 2017

 

A la suite de ma prise de position en faveur du vote pour Mélenchon, il y a eu de multiples interprétations dont certaines me reprochant le caractère tardif. Et il ne s’agit pas bien sûr de moi mais de tous ceux qui comme moi dans le PCF ont mesuré les conséquences d’un tel vote pour notre organisation. Il est clair que nous entrons, que Mélenchon soit élu ou pas, dans une période d’incertitude, ne serait-ce que parce qu’il risque d’y avoir des difficultés à constituer des majorités parlementaires dans un tel contexte. Cette inadéquation entre les partis et l’élection ne m’inquiète pas trop, je fais confiance à tous ces gens là pour se recomposer au mieux de leurs intérêts. Mais le véritable problème est que leurs politiques vont susciter une vague de colère et de désespoir face à laquelle ils ne savent pas encore quels moyens résister, l’intérêt personnel, les stratégies politiciennes trop évidentes allant même à l’encontre du but recherché…

 

Il y a bien sur le fascisme, il y a aussi le leurre Macron et le bonheur d’être moderne et gagnant. On nous a jeté un pur produit de marketing, mais quelles garanties de stabilité dans l’illusion offre-t-il. On l’imagine flanqué de Villepin et Bayrou voir Robert Hue qui tend la sébile aux côtés de Braouzec. Ceux-là seront faciles à contenter,  mais les deux premiers n’ont cessé de faire profession de traîtrise.  Pour mesurer la fragilité de l’homme il faut voir le caractère hétéroclite de ses soutiens y compris l’adoubement atlantiste… Il est tout de même extraordinaire qu’Obama après le succès qui a été le sien dans la défense de Clinton ait choisi l’ingérence en faveur de Macron. Son grand atout comparable à l’exploit de Hollande est d’avoir tellement bien jeté les USA que son peuple excédé ait fini par choisir un clown fascisant… Ca c’est la vision optimiste qu’ils prétendent nous vendre avant de recourir au fascisme… plutôt Trump que la paix disent-ils déjà… Après l’élection de Trump et la manière dont la « gôche » type l’OBS le dénonçait, je me suis demandé combien de temps il leur faudrait pour s’y rallier… Vite fait, il a suffit du viol de la loi internationale, du bombardement en Syrie pour qu’ils reconnaissent leur devoir, Macron et Hamon ont suivi.

 

Alors oui la paix est la grande question du moment… Et ce n’est pas un hasard si je m’accroche à ce combat et je le répète de ce point de vue ce que dit Mélenchon est crédible dans un temps où un Macron et un Hamon « comprennent » l’attitude inqualifiable d’un Trump. …

 

Mais je crois que vous ne comprendrez pas ma position si vous la limiter à cette seule adhésion et si vous ne prenez pas en compte la nécessité d’avoir des forces qui nous aideront à résister au trio libéral Fillon-Le Pen, Macron. de ce point de vue. Je choisis de voter Mélenchon non seulement par défaut, ça c’est à peu près clair, mais parce que je souhaite mettre l’accent justement sur le défaut et pour tenter si faire ce peut d’y résister… Sur le fond, je considère que nous assistons à un cas de suicide de la part du PCF et de ceux qui se prétendent communiste. Ce suicide vient de loin pour moi disons de la déstalinisation complètement ratée et qui a consisté à partir de là à se mettre à la remorque de la social démocratie sous ses diverses formes. Depuis plus de vingt ans le PCF est attaqué de l’extérieur et autant de l’intérieur, il s’agit partout de faire oublier ce que l’existence du PCF a pu représenter de progrès social, culturel même pour la classe ouvrière et notre pays.

 

N’êtes vous pas frappés qu’il y ait au moins trois candidats qui sont des trotskystes comme si l’effacement des communistes qui demeurent au plan international dans la tradition des révolutions du XXe siècle qui ne sont pas trotskistes. Pourquoi nous retrouvons-nous avec ces trois tendances trotskystes Mélenchon, Arthaud et Poutou. Quel communisme qui n’a jamais pu réaliser son projet et qui se voue à la marginalisation quelle que soit la force du militantisme? Ce qui est tout de même étonnant c’est à quel point le capital et la petite bourgeoisie ont conservé la grande peur au point que celui qui prétend occuper la place communiste se retrouve immanquablement accusé d’être le pouvoir soviétique dans ses pires caricatures, un peu comme quand l’on souffre du membre dont on a été amputé. Ils ont senti passer si près le vent du boulet qu’ils en frémissent encore et surtout ils savent que cela demeure une de leur chance de perdurer en l’absence de perspective. De ce point de vue, il arrive qu’un Mélenchon ait plus de courage que ceux qui ne cessent en vain de vouloir se faire pardonner ce dont ils ne sont pas coupables au point d’entretenir le doute. Tout cela ne vit que d’avoir été et veut pourtant en effacer la mémoire.

 

La Social démocratie dans sa tendance fondamentale qui se confond avec la droite et est profondément atlantiste par haine là encore de l’expérience du XXe siècle? La SFIO qui a mènée la guerre froide et les luttes coloniales, le rocardisme tout aussi atlantiste, les faux gauchistes à la Cohn-Bendit plus proche de la CIA que de la révolution et tout ce beau monde portant Mitterrand au pouvoir et avec lui qu’on le veuille ou non une certaine revanche de la France de Vichy sur la résistance. Ma remarque a l’air dure, mais si l’on peut considérer comme hasard la décoration de la francisque, voir l’amitié jusqu’au bout avec Bousquet, il y a deux faits fondamentaux qui ne pardonnent pas, le projet réussi de réduire le PCF et le choix de faire monter le Pen… Ce relent de pétainisme dans les valeurs y compris l’intérêt pour Charonne et pour une France comparable à celle de Fillon apparaît dans la logique de celui qui n’a jamais été socialiste et à partir duquel la vieille SFIO a commencé sa mutation anti-ouvrière.

 

Ou encore comme en réponse à cette rupture assumée de la gauche avec le monde ouvrier qui a nom le plan Davignon, la destruction de l’industrie française et le passage à la banque sous l’ère Mitterrandienne autant que la prise en main par de purs produits de l’ENA de la vieille maison socialiste, il y a eu le  retour au syndicalisme révolutionnaire à la Proudhon y compris avec son antisémitisme violent parfois? L’anarchisme, l’ouvriérisme produit à la fois du refus de tous les compromis à leurs dépends et de l’incapacité à prendre le pouvoir, être hégémonique, représentant toute la société. La réponse malheureuse de la classe ouvrière trahie qui consiste à vouloir ressembler au service d’ordre de la fête de l’Humanité faute d’avoir un projet politique.

 

C’est non seulement de la déstalinisation ratée que sont sortis tous ces fantômes de l’impuissance, mais la direction du PCF ou plutôt les directions successives se sont acharnées à détruire ce qui restait du parti léniniste. La mutation de Robert Hue a détruit tout ce qui pouvait l’être en matière d’organisation, MG. Buffet très proche de fait des refondateurs socialistes a consacré le primat de ces courants sur le parti communiste et Pierre Laurent, le fantôme incapable d’aller vers les travailleurs, homme d’appareil a perdu son mandat à tenter de faire tenir ensemble tout cela, en vain.

 

La déstalinisation ratée puisque la seule chose que les communistes ont conservée a été le pire. Le légitimisme des directions quelles que soient leurs errances, une vision religieuse des directions et la capacité de jeter les chiens sur celui qui proteste. Il y a eu cet éclatement et l’impuissance du congrès à faire un choix clair y compris d’un candidat communiste. Puis l’acceptation de n’importe quoi, l’incapacité à s’unir pour conserver un parti. Tout cela nous a conduits à nous ranger derrière un nouveau Mitterrand qui finissait par être plus courageux que nos directions, ce qui n’était pas très difficile. Personne n’a voulu lire complètement ce qui m’a fait choisir à Marseille de voter pour Mélenchon.

 

Il y a eu le discours sur la paix, il ne reste plus que ça avec la sortie de l’OTAN, tout le reste en particulier l’Europe est abandonné avant même l’épreuve du feu. Oui mais quelle alternative réelle, le fantomatique Pierre Laurent et le parti qui pourtant représente un potentiel de militants de dévouement sans équivalent incapable d’exister dans de telles conditions. Il y a encore l’implantation locale, le rôle des élus communistes qui n’a rien à voir avec la légèreté et l’inconsistance de ceux qui entourent Mélenchon, alors au moins sauvons cela. Donnons à la France ce minimum de protection. Il faut que les législatives sauvent les meubles.

 

Si je réagis c’est à cause de l’imbécile qui tente de nous attribuer, de m’attribuer le fait que Mélenchon ne sera pas président… Et un de plus pour les communistes, ces gens sont insupportables, ils ne mesurent même pas comment ils ont brisé l’élan en prétendant présenter des candidats contre les députés du PCF. Non tout est toujours de la faute des communistes comme les petits bourgeois qu’ils sont.

 

J’ai passé ma vie à défendre l’existence du PCF, la nécessité d’avoir un parti communiste ancré dans la classe ouvrière et l’alliance avec les intellectuels, un parti de la nation autant que de l’internationale… j’ai vu peu à peu remettre en cause cette identité indispensable à tous. Mon obstination peut paraître folie mais on dit que quelqu’un qui poursuit sa folie devient sage. De ma folie donc je conserve la recherche de l’issue qui nous éloigne d’un désastre programmé. C’est la raison de mon choix.

 

Voilà je pose de ce que je pense avant l’élection ou plutôt les élections… et je développerai quand le temps de la réflexion et des débats viendra enfin.

 

Danielle Bleitrach

 

PS. Je reprends la parole parce qu’un ami très gentil mais complétement à côté de la plaque dit qu’il comprend mon amertume. il y a le sentiment d’un terrible gachis et des conditions dégradés d’un combat qui vont faire perdre beaucoup de temps et générer des souffrances inutiles pourquoi voyez-vous toujours mes motivations sous un angle aussi stupide et mesquin… Le vote en faveur de Mélenchon est la tentative d’aller vers une accélération de la prise de conscience sans laquelle ces souffrances seront encore amplifiées. Peut-être certains imbéciles qui déjà attribuent aux communistes leurs échecs se rendront-ils compte de la lucidité politique qu’il nous faut pour faire ce choix…