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La porte est fermée ?

 

Publié le 16 Février 2017

Cassons les murs

La porte est fermée ?

 

Petit message à une ou un camarade qui fut qui même peut-être est toujours lié(e) de façon passionnée à l'idée de Révolution, ou arrivé(e) plus récemment sur le terrain de la colère, veut passer de l'indignation à l'urgence de changer la société.

Les crocs en jambe, fauchages et coups pris derrière la tête ou au creux de l'estomac font mal. Au point que certains se recroquevillent. Si l'on peut l'entendre, alors que tout montre que l'absence d'alternative réelle libère des espaces à toutes les démagogies, peut-on admettre que toute référence à l'intervention massive de notre peuple pour changer la donne est travestie d'un nom caricaturale de populisme, qu'au nom de la Liberté, qui serait alors menacée, sa souveraineté constitutionnelle lui est déniée ? 

 

Des mots qui portent sens sont pervertis pour qu'à la façon d'une novlangue orwellienne, leur sens se torde pour en évider le contenu.

 

Il en est ainsi de celui de socialisme assassiné par le parti qui en a fait une défroque imprésentable, de celui de d’anti-système où tous ceux qui battent les estrades devant les caméras et micros sont surtout d'abord remontés contre ceux qui veulent subvertir cette organisation de l'humanité.

 

Une société où le pillage des richesses créées par le plus grand nombre est institutionnalisé comme modèle indépassable et où ceux qui veulent s'en affranchir sont au mieux des malades le plus souvent considérés comme des délinquants et de plus en plus présentés comme des criminels. De Goodyear à Air France la liste ne fait depuis que s'allonger.

 

Les pratiques fascisantes policières dans les banlieues, banalisées (et tolérées quand elles ne sont pas encouragées) par le pouvoir, participent de cette campagne et convergent avec la traque anti-syndicale patronale aidée des outils répressifs de l'état.

 

Aujourd'hui, dans l'incapacité de contenir l'onde de colère produite par leurs méthodes utilisées pour contraindre, faire plier, faire renoncer par l'usage de violences, négation même de la personnalité humaine, une violence de défense s'installe. Elle va conduire à ce que ceux qui subissent la violence institutionnelle usent des pratiques qu'ils subissent. C'est la logique même de Résistance.

 

Quand une police peut tirer à balles réelles dans une citée à 5km de la Place de la République, c'est que la République est chancelante, ébranlée par ceux là même qui ont mission de la garantir.

 

C'est dans ce cadre en train de craquer qu'il faut d'urgence qu'une alternative réelle trace sont chemin, à partir d'orientations partagées, exigeant -disons le clairement - des mesures contraignantes pour calmer les ardeurs des instigateurs de la répression.

 

La stigmatisation d'un groupe social, la haine raciste, la traque des jeunes doivent être dénoncées avec la plus grande rigueur, et les acteurs, les ordonnateurs, mais aussi ses théoriciens et justificateurs sanctionnés.

 

Mais cela suffira-t-il pour calmer ? Désinfecter les plaies ne rend pas le corps vaillant. Les causes des ulcères restent : la domination d'un système d'exploitation la mise à son service de l'appareil d'état pour maintenir par TOUS les moyens sa domination, voilà le fond du problème.

 

Plus aucune force sur l'échiquier politique qui osent l'affirmer clairement et mette en débat les solutions à construire pour changer le cap.

 

Il s'agit d'appeler un chat un chat et de qualifier clairement contre qui on appelle à combattre : un système et ceux qui veulent à tout prix le conserver : le capitalisme.

 

Réaffirmer haut et fort l'urgence d'une autre humanité que celle où l'homme nanti exploite l'homme démuni et ou le nanti l'est que parce qu’existe la masse des exclus et des démunis.

 

Il n'y a pas de moyens termes.

 

L'idée communiste travestie pour la dénigrer de toutes ses caricatures et références des déviations graves qu'elle a subies, reste pourtant depuis Babeuf en 1793 totalement d'actualité : le projet de la conjuration des égaux prévoyait la suppression de l’héritage et, formule générique d'une société préindustrielle, , « la jouissance collective immédiate des biens communaux ». 

 

De quelle société avons-nous besoin ? 

 

De quels outils politiques pour la mettre en chantier dans les mains de qui ?

 

Plutôt que de renvoyer par un vocabulaire séduisant héritier des principes assassinés de la Révolution française, plutôt qu'une 6e République bâtit sur le sable institutionnel hors du champ de la maîtrise économique ; c'est à partir de là où se trouve la force sociale motrice, celle qui produit la richesse qu'il faut construire.

 

D'où la panique du capital de voir la conscience grandir dans les lieux de production, la traque des syndicalistes comme organisateurs de cette résistance pouvant conduire à construire une issue.

 

D'où le quadrillage pour maintenir l’interdiction de la citoyenneté dans l'entreprise au nom de la neutralité du lieu qui comme l'église la voit garantie par l'exclusivité du pasteur exploiteur d’occuper la chaire et le troupeau- producteur l'obligation de venir l'entendre et de verser à la quête.

 

C'est de cette organisation politique qu'il est question : faire que les salariés, ces 90 % des actifs de ce pays débattent des conditions de s'affranchir du parasitisme économique de la rente et de l'accumulation et usent des richesses crées pour répondre immédiatement à l'ensemble des besoins sociaux.

 

Comme chacun peut le mesurer cet espace de citoyenneté réel pour devenir dominant doit s'affranchir des madragues institutionnelles qui enserrent et tirent vers les abysses tout espoir d'aller vers les lumières de l'émancipation.

 

La responsabilité particulière des militants d'entreprises, bien sûr les syndicalistes est première pour construire ce rapport de force. C'est d'autant plus important que cette construction là, son lieu d'expression et ses formes éloignent et rendent plus facile à combattre toute forme de notabilité, de constitution de camarillas des hors-sols dont on mesure les dégâts à l'aune de leur éloignement des réalités concrètes.

 

C'est d'abord sur cette absence d'horizon liée au corsetage institutionnel des discussions que buttent les luttes sociales enfermées dans l'impasse du capital et de son marché comme indépassable. 

 

C'est ce sinistre suaire, linceul du progrès qu'il faut déchirer. Tant que cette question viendra après les préoccupations de mandat et d'élection, les bénéficiaires du système n'auront pas de soucis à se faire.

 

Rendons-les tous soucieux, mettons-leur la panique ; bref réapprenons à devenir subversifs.

La porte est fermée ?

 

Rédigé par Canaille Lerouge