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Intervention de Jean-Pierre MEYER au Conseil Départemental (Var) du 9 février 2017

 

par  Jean-Pierre Meyer

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Chaque jour qui passe conduit à considérer comme un doux euphémisme l’affirmation selon laquelle, jamais une campagne électorale présidentielle n’aura connu autant de rebondissements. C’est vrai sur le choix des candidats, tant au travers des « primaires » du PS que de la droite, qu’en matière d’affaires peu reluisantes.

 

Chaque jour qui passe conduit à considérer comme un doux euphémisme l’affirmation selon laquelle, jamais une campagne électorale présidentielle n’aura connu autant de rebondissements. C’est vrai sur le choix des candidats, tant au travers des « primaires » du PS que de la droite, qu’en matière d’affaires peu reluisantes. Mais les rebondissements ça existe aussi au sein même de notre Parti. Les quelques mois qui viennent de s’écouler sont là pour l’attester.

 

Cela mérite qu’on y revienne. La Conférence Nationale du 5 novembre dernier, voit contre toute attente, un rejet du soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, au même titre de fait, qu’attendre la « primaire » socialiste comme le souhaitait initialement Pierre Laurent, subitement converti à l’impérieuse nécessité de soutenir le candidat de la France Insoumise. Les militants réunis à La Villette se prononcent pour une candidature communiste et les critiques souvent peu amènes fusent virulemment à l’encontre d’un Jean-Luc Mélenchon, dont certains de ses détracteurs d’aujourd’hui, constituaient les plus fervents soutiens d’hier.

 

Fin novembre la parole est donnée aux adhérents souverains du Parti, une faible majorité, infirme le choix de la Conférence Nationale et confirme le soutien à Jean-Luc Mélenchon, tout en affirmant la tenue d’une campagne autonome du PCF, dont à ce jour nous n’avons toujours pas la moindre esquisse concrète. Voilà qu’après avoir fait monter un « anti- mélenchonisme » autant mérité que parfois bien exagéré, voire infondé, le PCF va soutenir l’homme de la France Insoumise ! Celui-là même qui annonce présenter des candidats de sa formation politique, partout en France et surtout face à des communistes sortants où susceptibles de reconquérir des circonscriptions.

 

Petite trêve des confiseurs et nous voilà dans la campagne de la « primaire » socialiste. Personne ne l’attendait vraiment et voilà que c’est Benoît Hamon qui l’emporte. Ce n’est pas anodin. Mais soudain et très vite, tout s’agite à nouveau. On entend parler de « perspectives nouvelles », de « cartes rebattues », d’appels souterrains de secrétaires de Fédérations PCF à rejoindre Hamon. Sans attendre de mesurer précisément la nature des concessions que ce dernier donnera ou ne donnera pas à une partie des siens pour rassembler « sa famille politique », tout en évacuant le niveau réel du rejet socialiste parmi les électeurs.

 

Alors Mélenchon ? Hamon ? Hamon ? Mélenchon ? Peut-être s’en fout-on ? Car pour beaucoup, la cible ce sont les législatives, comme s’il était, aujourd’hui, possible de s’exonérer de l’élection présidentielle. Allons gaiement négocier quelques postes de députés et continuons comme avant, avec des méthodes de plus en plus vomies par le peuple, mortifères pour notre Parti qui ne cesse de s’effacer, d’être inaudible et médiatiquement invisible.

 

Faut-il condamner purement et simplement ces agissements ? Oui, s’ils trouvent leurs raisons dans des volontés avérées de liquidation du Parti. Non, s’ils sont le signe de recherches désespérées de limiter la casse. Mais dans ce cas force est de constater que le remède risque d’être pire que le mal, c’est lâcher la proie pour le leurre et continuer à subir les effets pervers d’un dispositif électoral qui pervertit la démocratie et qui nourrit cette « monarchie républicaine » que le Parti dénonce pourtant.

 

Alors que faire, face au FN, à la droite dure, à la droite « ni gauche, ni droite » de Macron, tous portés, revigorés, par le calamiteux quinquennat des Hollandes-Valls-Macron et consorts ? Ne pas rassembler la gauche de progrès, rester divisés, c’est leur offrir le pouvoir sur un plateau doré, avec toutes les conséquences que cela entraînera. Oui, mais beaucoup le disent, des aspects des programmes des uns et des autres se heurtent à nos propres orientations. C’est bien vrai et cela ne constitue pas un détail. Mais face au danger il faut se rassembler sur tout ce que nous partageons, peut-on entendre. Ce n’est pas une solution nouvelle, Hamon au soir de sa victoire ne parlait-il pas de reconstruire « la gauche plurielle », cette stratégie tant décriée dans nos rangs aurait soudain retrouvé des vertus ?

 

Et si le point de ralliement était ce qui peut vraiment changer la donne ? S’unir pour changer de République. Aller à ces élections pour élire à « Contrat à Durée Déterminée » le Président de la République, les Députés, le temps de mettre en place une Assemblée Constituante ayant à charge notamment de supprimer la fonction présidentielle, d’instaurer les élections à la proportionnelle intégrale, le non cumul des mandats, la limitation dans le temps des fonctions exécutives, de mettre en place le statut de l’élu, le droit référendaire populaire, oser le droit à révocation, etc. Donner vraiment le pouvoir au peuple. Une charte contenant un tel engagement donnerait alors un autre sens à une dernière utilisation des vieilles recettes électoralistes, accommodantes pour les uns, parfois bon gré, mal gré, imposées aux autres, par les règles électorales d’une cinquième République à bout de souffle.

 

Une sixième République ? Alors chiche ! Et si c’était cela le ciment d’un vrai rassemblement progressiste ? Les enjeux de la période demandent bien qu’on y réfléchisse, qu’on en débatte, sans perdre de temps, mais sans confondre vitesse et précipitation et surtout en n’oubliant pas que les mêmes méthodes produiront les mêmes résultats, à chaque fois aggravés pour le peuple et funestes pour le PCF.