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Publié le  par Descartes

Caroline de Haas invente le féminisme ésotérique

 

Caroline de Haas invente le féminisme ésotérique

 

Comme disait Georges Pompidou, « passées les bornes, il n’y a plus de limites ». C’est bien ce qui est en train d’arriver au mouvement mis en route par les militantes féministes de genre qui se sont regroupées derrière le mot-dièse #balancetonporc et #metoo. Ce dernier est d’ailleurs le plus révélateur des deux : on le traduit abusivement par « moi aussi », mais en fait son sens en anglais se rapproche plus de « et moi, et moi, et moi », pour reprendre la célèbre chanson de Dutronc.
 
Toutes les bornes sont en effet franchies. Vous voulez un exemple ? Voici un extrait d’un entretien donné à un vénérable quotidien du soir par Caroline de Haas, ancienne militante socialiste, en réaction aux récentes accusations concernant un ancien président du Mouvement des Jeunes Socialistes :
 
« Q : Dans votre vie militante, avez-vous été témoins de tels faits ? »
 
« R : (…) je pense que j’ai été témoin, mais je ne l’ai pas vu. C’est terrifiant. Depuis, j’ai suivi une formation sur les violences sexuelles, il y a deux ans. En quatre jours de formation, on m’a outillée et je suis devenue capable de voir et de réagir. Maintenant, je vois. Mais j’ai passé vingt ans de ma vie adulte, entre mes 15 et mes 35 ans, sans voir alors que j’ai forcément été témoin. J’ai été victime aussi. »
 
On nous avait dit beaucoup de choses sur les violences sexuelles. Mais on ne nous avait pas jusqu’à maintenant expliqué que celles-ci étaient ésotériques, au sens stricte du terme (1). Pendant vingt ans on peut être témoin des « violences sexuelles », on peut même en être victime, mais « sans les voir ». Pour sortir des ténèbres et voir enfin la lumière, il vous faut une « initiation » - pardon, une « formation » - pour révéler ce qui est caché, invisible au vulgum pecus.
 
Si le commentaire de Caroline de Haas est intéressant, c’est parce qu’il montre combien le discours du féminisme radical d’aujourd’hui dérive dangereusement vers un discours sectaire. On y trouve tous les éléments de la pensée sectaire ou presque.
 
On y trouve la logique de forteresse assiégée par un monde « machiste » dont toutes les femmes sont victimes – même lorsqu’elles ne s’en rendent pas compte – logique qui conduit à dévaluer tout discours critique venant de l’extérieur. On y trouve l’idée que la réalité observable n’est pas la « vraie » réalité, et que cette dernière n’est révélée qu’aux initiés. Ce discours est un discours d’enfermement.
 
Le plus terrifiant, c’est que ce discours ne trouve aujourd’hui aucune limite. Le terrorisme intellectuel pratiqué par la « secte » est tel que personne parmi les gens qui comptent ne se risque à en dénoncer les excès. Le discours de ces « féministes radicales » peut ainsi franchir toutes les bornes, piétiner tous les principes de la République et de l’Etat de droit, la présomption d’innocence en premier, mais bien d’autres encore. Pour ne donner qu’un exemple, voici ce que déclare dans le même entretien Caroline de Haas :
 
« On doit aussi agir au niveau de l’éducation des jeunes. On pourrait ainsi créer un « brevet de non-violence » comme il existe le brevet de sécurité routière. Les enfants pourront mettre la pression à leurs parents !»
 
On peut sourire en songeant à ce que pourraient être les exigences de ce « brevet de non-violence », qui consisterait en fait à pouvoir donner les réponses « politiquement correctes » à un questionnaire. Mais c’est la dernière phrase du paragraphe qui fait froid dans le dos. Le pacte fondamental sur lequel repose l’école publique républicaine, c’est précisément le fait que l’Etat s’interdit d’introduire l’idéologie dans la salle de classe. Jules Ferry, dans sa célèbre « lettre aux instituteurs » du 17 octobre 1883, avait bien expliqué la conduite à tenir : « Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu’où il vous est permis d’aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir. Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ;  sinon,  parlez  hardiment (…) ». L’école se doit de transmettre des connaissances objectives, tout en respectant en matière morale les choix éducatifs des parents. Ce pacte n’est pas seulement un détail : c’est lui qui fonde la confiance des parents envers l’école. Quel parent confiera avec confiance son enfant à un instituteur qui se permettrait de défaire à l’école ce que le parent entend faire à la maison ?
 
L’idée même que l’on pourrait utiliser l’école pour « mettre la pression sur les parents » à travers des enfants est la négation de ce pacte fondamental. C’est la destruction de l’école, parce que c’est la destruction de la confiance entre le parent et l’instituteur. Les « féministes radicales », emportées par le fanatisme, ont oublié que leur problème n’est pas nécessairement le seul problème.
 
Comme les dragons de vertu de l’époque victorienne, elles veulent imposer une discipline sociale dans toutes les sphères de la vie, dans tous les lieux, dans tous les domaines et quelque en soit le prix. De la grammaire à l’éducation, du droit pénal aux politiques de l’emploi, aucun domaine ne doit échapper au travail du censeur. Et aucun homme politique, aucun leader d’opinion n’ose dénoncer cette nouvelle inquisition, en dehors de quelques honorables exceptions. Il est grand temps de relire « 1984 »…
 
Descartes
 
(1) Rappelons pour ceux qui ne seraient pas férus de grec ancien que le mot « ésotérique » vient du mot grec « ésoteros », qui signifie « intérieur, caché ». Ce terme était utilisé dans la Grèce antique pour qualifier connaissances cachées et accessibles seulement aux initiés, par exemple dans le cadre des Mystères.