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Législatives : comment l’abstention sert Macron

 

14 Juin 2017

 

Cecile Cornudet Le 11/06 à 21:0
 
 
Emmanuel Macron gagne haut la main sa première manche législative, en ayant réussi à mobiliser ses troupes tout en déstabilisant celles de ses adversaires.c’est-à-dire qu’il a gagné quelques batailles tactiques, mais il lui reste à gagner la guerre, c’est-à-dire imposer une politique dont personne ne veut.Cela risque d’être plus difficile y compris à cause de l’ampleur d’une « victoire », sauf si selon leur habitude les véritables opposants à cette politique lui font le cadeau de leurs divisions, parce que dans l’art de démobiliser son camp il y a quelques ténors.
 
(note de Danielle Bleitrach)

Les stratégies politiques peuvent-elles trop bien réussir ? Dans les périodes de grands coups de balai, ce n’est pas impossible. Dans la primaire LR, Sarkozy avait fini par faire élire Fillon à force de cibler Juppé et son allié Bayrou. Dans ces élections législatives , Emmanuel Macron court le risque d’obtenir une majorité pléthorique, donc un peu compliquée à tenir, et surtout de la devoir à une participation trop faible pour ne pas soulever de questions. Ses candidats LREM ont obtenu au soir du 1er tour 32,6 % des voix, l’abstention a atteint un record absolu de 50,4 %. Doit-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ?

Avant de pouvoir en juger, une chose est sûre : le président de la République l’a recherché. Depuis son élection, il a systématiquement suivi les deux préceptes non écrits d’une campagne électorale gagnante : mobiliser son camp et – plus compliqué – démobiliser le camp adverse. Fonction présidentielle rehaussée, ministres piochés dans la société civile …, il a traduit ses promesses en actes pour entretenir l’élan de la présidentielle. Il a aussi multiplié les gestes de séduction et/ou de déstabilisation à l’adresse des électeurs des partis traditionnels pour les inciter à rester chez eux. Il a nommé un Premier ministre de droite. Il a envoyé ses meilleurs candidats contre les têtes d’affiche PS. Il a ouvert les dossiers consensuels et entretenu le flou sur les autres. Sur quoi s’opposer, dès lors ?
 

Les Français rêvaient de consensus après une présidentielle harassante, il a su s’en saisir en organisant une campagne sans points d’accroche ni débats. Ajoutons à cela les tentatives d’indifférenciation des candidats LR et PS souhaitant profiter de la lumière présidentielle, et le tour était joué. Soif de consensus, confusion et lassitude se sont mariées pour ne pousser au vote que les électeurs les plus motivés. L’abstention a concouru à rendre LREM plus fort et à affaiblir non pas une, mais quatre oppositions divisées (LR, PS, FN, FI). La stratégie d’Emmanuel Macron a payé. Les projections en sièges laissent augurer une majorité d’une ampleur historique. Mais, pour la suite, que porte, plus profondément, cette abstention inédite ? Du fatalisme, un manque d’enthousiasme pour le nouveau président, l’impression des Français les moins favorisés de ne pas faire partie de l’aventure ? C’est bien connu, on peut gagner une bataille sans avoir encore forcément gagné la guerre.

 

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