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Politique française 2017

Des centaines d'infractions au Code du travail quand « Business France », organisme public, était dirigé par Muriel Pénicaud

Publié par El Diablo

Des centaines d'infractions au Code du travail quand « Business France », organisme public, était dirigé par Muriel Pénicaud

photo d'illustration (source: challenge s)

Business France : 671 infractions au Code du travail au temps de Pénicaud

 

Selon "le Canard enchaîné", l'inspection du travail a constaté des centaines d'infractions au Code du travail quand l'organisme public était dirigé par l'actuelle ministre

 

L'inspection du travail a constaté 671 infractions au Code du travail chez Business France, au moment où cet organisme public était dirigé par l'actuelle ministre du Travail, Muriel Pénicaud, affirme le Canard enchaîné daté de mercredi. Le ministère du Travail n'a pas souhaité commenter l'information. Les infractions sont passibles d'une amende totale de 600.000 euros et portent sur la période de juillet 2016 à mai 2017, assure l'hebdomadaire […]

 

LA SUITE :

« L'Assemblée est nue ? » Lettre ouverte à François de Rugy [par François RUFFIN]

Publié par El Diablo

« L'Assemblée est nue ? » Lettre ouverte à François de Rugy [par François RUFFIN]

« L'Assemblée est nue ? » Lettre ouverte à François de Rugy [par François RUFFIN]

Monsieur le président,

 

Ce mercredi 20 décembre, en conseil de discipline, vous allez devoir trancher : faut-il me sanctionner pour le “déshonorant” et “indigne” port du maillot d’Eaucourt-sur-Somme dans l’hémicycle ?
 

Avant que cette grave question ne soit tranchée, et mon martyr achevé, je viens vous en poser une seconde : de quoi, au fond, le maillot d’Eaucourt-sur-Somme est-il le nom ?
 

Je ne voudrais pas vous parler de sport.
 

Ni même d’associations, ou de subventions.
 

Mais de notre Assemblée, de notre Constitution.

 

Notre histoire s’est offert des crises parlementaires. Il ne nous reste que des crises vestimentaires. En quelques mois, j’en ai connu trois : le non-port de cravate, la chemise hors du pantalon, et donc le maillot d’Eaucourt-sur-Somme. A chaque fois, l’hystérie m’a surpris, l’emportement de collègues députés, des médias, ou de l’institution.
 

Et puis, enfin, aujourd’hui, j’ai compris.

 

De la “loi travail numéro 2” à celle sur “la moralisation de la vie publique”, de la “Sécurité intérieure” au “budget de la sécurité sociale”, en un semestre déjà, il ne faut pas être bien malin pour s’en rendre compte : l’Assemblée, supposée “législative”, ne fait pas la loi […]

 

LA SUITE :  

Les indignations de Touthenmakron et Le Drian devant les assertions d'Assad...

Les indignations de Touthenmakron et Le Drian devant les assertions d'Assad...

 

Publié le 20 Décembre 2017

...vont faire se gondoler

(discrètement)

tout le corps diplomatique

 

Les indignations de Touthenmakron et Le Drian devant les assertions d'Assad...

 

En décembre 2012, Laurent Fabius Ministre des Affaires étrangères de la France fait une déclaration à la presse au sujet d'al-Nosra, la branche d'al-Qaïda en Syrie expliquant pourquoi il fallait éliminer Assad et justifiant de leur livrer des armes  :

 

Extrait de l’article du Monde, qui rapporte des propos non enregistrés de Laurent Fabius et repris de façon acrobatique pour les démentir le 21 mars 2017 par ce même Monde :

« En revanche, la décision des Etats-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que “tous les Arabes étaient vent debout” contre la position américaine, “parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot”. “C’était très net, et le président de la coalition était aussi sur cette ligne”, a ajouté le ministre. »

Notons au passage que DAESH est un des rejetons d'Al Qaïda (tenu par les enquêteurs comme responsable du massacre de Charlie Hebdo).

 

Le 9 avril 2013, Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'État islamique d'Irak (EII), révèle le parrainage du Front al-Nosra par son organisation. "Il est temps de proclamer aux Levantins et au monde entier que le Front al-Nosra est en réalité une branche de l'État islamique d'Irak" (ISI), la principale organisation irakienne affiliée à Al-Qaïda, déclare-t-il dans l’enregistrement publié sur des forums djihadistes. 

 

Quel parlementaire, quel éditorialiste rappellera à celui qui était alors secrétaire général adjoint de l'Elysée les propos du ministre des affaire étrangères du gouvernement piloté par son ex-patron ?

 

Retour sur le 12 décembre 2012, toujours Fabius,toujours cité par Le Monde :

 

...Il faut toujours avoir le regard prospectif. […] Admettons, ce que nous souhaitons, que monsieur Bachar tombe... 

Donc d'une part la France officiellement appelle à renverser un chef d'état (dont on peut penser comme Canaille le Rouge pis que pendre mais légitime -comme l'était Kadhafi- en droit international), et d'autre part peut porter des appréciations positives sur un des pivots du théofascisme et par la voix de son ministre des étranges affaires reconnait les aider.

 

C'est la démonstration quel que soit par ailleurs ce qu'on pense d'Assad (et Canaille le Rouge le condamnait déjà bien avant que le dirigeant syrien ne dispose d'un rond de serviette quasi permanent à l'Elysée), oui, la France a été un des principaux soutiens diplomatiques politiques et "techniques" du terrorisme. Non, dès lors, ce n'est pas "inacceptable" de se le recevoir dans la figure. Surtout quand on sait les responsabilités de ceux qui montent aux créneaux pour s'en indigner.

 

Après les propos de Fabius, il y a aussi la complicité qui n'est pas que passive des services du Quai d'Orsay laquelle pourrait conduire un jour un Président du Conseil Constitutionnel, un certain L Fabius,  devant la Haute Cour de Justice de la République  si la dite justice dispose des moyens politiques de poursuivre ses investigations. 

 

Le dossier Lafarge (opération, nous apprend Médiapart, supervisée par un responsable... du f-haine ) va certainement éclairer d'une lumière encore plus crue cette réalité et déjà les attendus des juges d'instruction établissent des liens terribles entre cette stratégie  et les massacres de fin 2015 à Paris.

 

Pour élément d'interpellation voir de preuve :

 

« Le montant global et la durée de ces financements sont susceptibles d’avoir permis de pérenniser l’occupation territoriale de la Syrie, au plan logistique et militaire, par l’organisation État islamique et de permettre à ce groupe terroriste de planifier et de réaliser des opérations violentes sur zone et à l’étranger, y compris en France. » .mediapart.fr/j/pourquoi-l-ex-pdg-de-lafarge-echappe-la-detention-provisoire

 

Une commission d'enquête parlementaire se penche sur le dossier Lafarge. Qu'apprend-on de ses travaux ?

 

... un député – un seul sur les trente – a, dans une contribution au rapport, souligné que « l’affaire Lafarge pose question », et demandé comment faire pour « s’assurer que les entreprises françaises ne commercent pas avec l’État islamique et ne participent pas indirectement à son enrichissement ? » Il s’agit du communiste François Asensi.

 

Contacté, l’ancien député – il est en revanche toujours maire de Tremblay-en-France – se souvient : « Le 7 juillet, lorsque j’ai soulevé la question de Lafarge, certains de mes collègues ont regardé leurs chaussures… J’avais proposé qu’on rouvre le débat pour s’intéresser au cas de cette entreprise et que ses dirigeants soient auditionnés, le président Poisson m’a répondu que “les éléments communiqués par les services de l’État m’indiquent que rien ne permet de supposer une quelconque participation, même indirecte, du groupe Lafarge au financement du prétendu État islamique» 

mediapart.fr/lafarge-et-le-terrorisme-l-assemblee-nationale-ferme-les-yeux?page_article=3

 

Alors, les propos d'Assad, ex ami de ceux qui, comme ce fut le cas pour Kadhafi, rêvent de le voir disparaître de la surface de la terre, pas tant les concernant, pour ses crimes que pour son silence définitif, sont-ils faux ou l'indignation mégaphonée à tout va du haut des relais hertziens n'est-elle pas là pour les assourdir ?

 

Qui va interpeler le pouvoir pour obtenir des réponses claires, précises ?  

 

Rédigé par Canaille le Rouge

#balancetoncorse

Publié le  par Descartes

#balancetoncorse

 

On peut reprocher beaucoup de choses à Le Monde, mais pas de manquer de cohérence. Et cela n’est nulle part aussi vrai que sur la question corse. Depuis l’époque bénie ou le couple Plenel-Colombani sévissait à la tête du journal, jusqu’au jour d’aujourd’hui, le « grand quotidien du soir », le « journal de référence » n’a eu de cesse que de faire des mamours aux nationalistes et autres indépendantistes. Remarquez, c’est logique : cela fait partie de la campagne de ringardisation de l’Etat jacobin et de la nation, indispensable pour avancer vers les lendemains qui chantent promis par la construction européenne.

 

C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner d’avoir eu droit à une nouvelle campagne, suite aux élections régionales de la semaine dernière en Corse, qui ont donné une écrasante majorité aux candidats de l’alliance entre les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni. Pendant une semaine, on a eu droit dans Le Monde à des expressions comme « L’Etat au pied du mur en Corse », « La République à l’épreuve de la souveraineté multiple » et autres du même tonneau. Le tout assaisonné de comparaisons avec la situation en Catalogne et autres parallèles du même genre. Et il ne faut pas se tromper. Ce que Le Monde veut, les élites politico-médiatiques le veulent. La preuve : la nomination d’une « madame Corse » au gouvernement.

 

Plutôt que de se précipiter, il faudrait revenir aux réalités : les élections en Corse sont des élections régionales. Les électeurs n’étaient pas consultés sur l’opportunité de modifier le statut de la Corse ou ses rapports avec la République, mais sur la question de savoir qui était le mieux à même d’exercer les compétences dévolues à la collectivité unique de Corse. Et rien de plus. Quand un communiste est élu président d’un conseil départemental du Val de Marne, on ne se pose pas la question de savoir si la propriété privée des moyens de production devrait être abolie dans ce coin de la région parisienne. Alors, pourquoi devrait-on se poser la question du statut de la Corse du seul fait que les indépendantistes et les autonomistes sont majoritaires au conseil régional de l’Ile (1)?

 

Pour le dire autrement, il faut toujours se rappeler qu’un élu ne détient pas un mandat représentatif universel pour parler au nom de ses mandants sur n’importe quel sujet. Un élu ne détient un mandat que pour le but précis pour lequel il a été élu. Lorsque les citoyens élisent des conseillers municipaux, ils leur donnent mandat pour élire le maire et délibérer sur les affaires de la commune. Mais à l’heure de discuter la politique d’immigration, le contenu des programmes scolaires ou sur les rapports de la France avec la Palestine, ce sont des citoyens comme les autres, et ne représentent qu’eux-mêmes. Et de la même manière, le président de la collectivité unique de Corse, pas plus que le président de la région Alsace ou celui de l’Ile de France n’ont mandat de discuter le statut de leur collectivité. Ce n’est donc pas parce qu’un autonomiste a été élu maire de Bastia ou président du conseil régional que la question de l’autonomie se pose. Messieurs Simeoni et Talamoni sont parfaitement légitimes pour discuter de l’organisation des transports en Corse, de la fiscalité locale ou de la construction des collèges et lycées. Mais l’élection ne leur donne aucune légitimité particulière pour parler du statut de la langue corse ou d’un « statut de résident », toutes matières réglées par la Constitution, et qui sont soumises aux instances détentrices du pouvoir constituant.

 

Ces dernières années on a vu se développer une grande confusion sur l’articulation des différents niveaux de compétence, confusion qui va de pair avec la « féodalisation » de notre système politique et administratif. Le processus de décentralisation a donné des ailes aux grands féodaux qui prétendent aujourd’hui à exercer rien de moins qu’à une sorte de « souveraineté » sur leur territoire du simple fait qu’ils ont été élus pour administrer l’enlèvement des ordures ménagères et l’aménagement des carrefours.

 

Alors, il n’est pas inutile de rappeler quelques principes fondamentaux. Dans notre ordre constitutionnel, la souveraineté (2) appartient à la nation, c’est-à-dire à l’ensemble des citoyens politiquement constitué. La nation délègue à des hommes et des institutions non pas la souveraineté – qui est par essence indivisible et indélegable – mais des compétences et des pouvoirs. Délégation qui est limitée et précaire. Et ces compétences sont hiérarchisées : les mesures prises en vertu des pouvoirs dévolus au Parlement s’imposent aux collectivités locales.

 

C’est cette hiérarchie qui garantit que sur les domaines essentiels, le citoyen français a les mêmes droits quel que soit le lieu où il habite ou la couleur politique de son maire. Dès lors qu’on permet aux pouvoirs locaux d’exercer des compétences dans ces domaines, c’en est fini de cette logique. Le problème n’est pas tant que la loi soit adaptée aux réalités locales. Cela a toujours été le cas, et le Code de la construction n’édicte pas les mêmes obligations en termes de chauffage ou de déneigement pour un appartement qu’il soit situé à Nice ou à Lille. Le problème est que la délégation de pouvoirs toujours plus étendus aux collectivités territoriales – allant jusqu’au pouvoir législatif pour certaines –  fait que cette adaptation se fait non pas en fonction de l’intérêt général, en tenant compte des inconvénients que des dérogations consenties à un territoire peuvent provoquer pour les autres, mais en fonction du seul intérêt de la collectivité qui en prend l’initiative. Et ce système ou les règles applicables localement reflètent l’intérêt de la collectivité à laquelle ils s’appliquent instaure une logique de concurrence entre régions et menace à terme les dispositifs de transfert entre régions riches et régions pauvres. Imaginons par exemple qu’on donne aux collectivités le pouvoir de « adapter » la législation fiscale. Chaque région aura tendance à introduire les dérogations les plus importantes pour essayer d’attirer les activités économiques…  au détriment de l’intérêt général. C’est exactement le mécanisme qu’on observe en Europe, et qui permet à quelques petits pays de profiter – un peu – en devenant des paradis fiscaux en amputant au passage la recette totale sur l’ensemble européen. 

 

C’est pourquoi, le véritable danger pour la République ne vient pas de l’indépendantisme, mais de l’autonomisme. Si les Corses veulent l’indépendance, ce qui suppose de vivre sur leurs propres activités économiques, bon vent à eux. Mais les Corses, dans leur immense majorité, savent parfaitement qu’une Corse indépendante, privée des transferts considérables consentis par l’ensemble des Français, serait réduite à une abjecte pauvreté. Ce que les Corses – ou plutôt les élites politiques corses, parce qu’il ne faut pas oublier que la victoire de l’alliance Simeoni-Talamoni n’a été rendue possible que par un taux d’abstention record – veulent, c’est l’autonomie. C’est-à-dire, un statut ou les « non-résidents » continueraient à payer, mais où les Corses – ou plutôt l’élite politique corse – disposeraient de tous les pouvoirs, y compris celui de réserver emplois, terrains et subventions aux « résidents ». C’est là où la comparaison avec la Catalogne trouve ses limites : la Catalogne est une région riche qui n’a plus envie de payer pour les régions pauvres, la Corse est une région pauvre dont le niveau de vie dépend vitalement du fait que les régions riches continuent à payer pour elle.

 

La logique autonomiste conduit vers une féodalisation du pays. Plus on donne aux collectivités la possibilité « d’adapter » les dispositifs législatifs et réglementaires aux « spécificités locales », plus on transformera notre pays en une mosaïque de territoires où nos droits dépendront de l’endroit où nous résidons, et plus la solidarité inconditionnelle entre les citoyens des différents territoires sera affaiblie. Dès lors qu’il y aura des droits différents, rapidement se posera la question de protéger ces droits contre les « estrangers » venus des régions pauvres pour bénéficier des avantages accordés dans les régions riches. Et pour finir, on se trouvera comme en Espagne dans une situation ou les riches refuseront de payer pour les pauvres.

 

C’est pourquoi l’indépendantisme corse est un mouvement suicidaire. Je suis content, en tant que citoyen français habitant l’Ile de France, de payer un peu plus cher mon électricité pour que les Corses – ou les Auvergnats, ou les Bretons –  puissent la payer au même prix que moi ; de payer des impôts pour que les mêmes bénéficient d’un service de ferries subventionné, de collèges, de lycées, d’universités de même niveau que celles du continent. Mais si je suis content de payer, c’est parce qu’en retour je bénéficie, s’il me venait l’envie de me rendre en Corse, des mêmes droits que les natifs, parce que les Corses obéissent aux mêmes lois et ont les mêmes obligations que moi, bref, parce que nous sommes liés par les obligations de solidarité inconditionnelle qui nous constituent en nation. Si demain je suis considéré là-bas comme un étranger, avec des droits au rabais, pourquoi irais-je payer pour les Corses plutôt que pour les Belges ? A partir du moment où ils ne se sentent pas tenus par les mêmes obligations envers moi que moi envers eu, pourquoi serais-je solidaire à leur égard ?

 

Mais alors, pourquoi les autonomistes et les indépendantistes obtiennent-ils un tel soutien alors que leur objectif apparaît si évidemment contraire à l’intérêt de leurs mandants ? Le paradoxe n’est qu’apparent. Les autonomistes et les indépendantistes corses – comme ceux des territoires ultramarins - partent de l’hypothèse largement vérifiée au cours de notre histoire  que la France jacobine est prête à beaucoup d’efforts pour garder les « confettis » dans la République. C’est pourquoi la menace indépendantiste a toujours permis d’arracher à l’Etat central toutes sortes de concessions. Mais ce qui était vrai hier ne le sera pas forcément demain. Les véritables jacobins se font rares, et l’Etat est de plus en plus aux mains de libéraux qui n’hésiteront pas à faire un calcul coût/avantages à l’heure de discuter le statut de tel ou tel territoire. Cela se traduit déjà par un abandon des territoires périphériques au bénéfice des métropoles. Demain, il se pourrait qu’on décide d’abandonner des territoires ultramarins qui coûtent fort cher et rapportent fort peu… Les autonomistes et ceux qui les soutiennent feraient bien de méditer la phrase de Goethe : « quand les dieux veulent nous punir, ils réalisent nos rêves ».

 

Je propose personnellement un grand référendum, ouvert à toutes les régions. Elles auraient à choisir entre l’indépendance pleine et entière, ou l’application tout aussi pleine et entière des lois de la République sur leur territoire, sans aucune possibilité « d’adaptation » autre que celles consenties par le Parlement, et le plein exercice par l’Etat des compétences qui sont les siennes. On verrait alors qui veut quoi, et quel prix il est prêt à payer pour l’obtenir...

 

Descartes

 

(1) Ce raisonnement conduit d’ailleurs à des résultats cocasses. Si l’on suppose que la victoire de l’alliance entre indépendantistes et autonomistes doit se traduire par une modification du statut de la Corse dans un sens plus « girondin », cela implique que si demain une élection donnait la victoire au camp opposé il faudrait modifier le statut de la Corse dans le sens inverse…. Alors, un changement de statut à chaque élection ?

 

(2) Un être est dit « souverain » s’il n’est juridiquement soumis à aucune règle qui n’est issue de lui même.

Ciel! L'avion privé du premier ministre à 350 000 euros !

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Ciel! L'avion privé du premier ministre à 350 000 euros !

Ou près de 300 SMIC claqués pour gagner 2 heures sur le trajet. Le vol en valait-il la chandelle? En tous les cas, ça grogne sur les réseaux sociaux. Sans doute à juste titre, quand le pouvoir prône l'austérité à tout crin dans la fonction publique, mais aussi dans le secteur privé. Et message entendu par les godillots régentant les services publics, comme chez le patronat.

Mais, amis et camarades, depuis quand les dignitaires au sommet de notre mauvais république n'en profitent pas sous les ors de cette même mauvaise république? S'indigner s'avère certes nécessaire, mais pourquoi ne pas faire le lien avec le nécessaire combat contre le capitalisme? Où en est la lutte des classes dans le mouvement ouvrier et progressiste? Est-ce un gros mot d'en parler ou une histoire des siècles passés complètement obsolète.

J'entends et je lis qu'une politique libérale nous opprime. Libérale? Oui, le capitalisme nous impose son vocabulaire. Mais je veux rappeler que le libéralisme s'opposait autrefois au conservatisme et que le premier fut source de progrès social.

Cela a d'abord été une réponse à l'absolutisme des régimes de droit divin qui octroyait tous les pouvoirs aux monarques. Ce furent les idées des philosophes des Lumières et la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen de la Révolution française :  l'égalité en droit; la liberté individuelle et la responsabilité citoyenne qui en découle;  le droit de résistance à l'oppression; la recherche du bonheur et la sûreté; le droit pour chacun de jouir du fruit de son activité et des recherches qu'il crée.

Mais je sens que je vous agace en pinaillant sur le mot libéralisme et qu'il vaut mieux parler comme tout le monde. Après tout, on ne peut pas tout avoir, c'est Emmanuel Macron qui le proclame au nom du libéralisme.

Ciel! L'avion privé du premier ministre à 350 000 euros !

Nicolas Hulot, ministre de l'écologie capitaliste roule en scooter électrique, bande de mauvaises langues!

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Nicolas Hulot, ministre de l'écologie capitaliste roule en scooter électrique, bande de mauvaises langues!

Nicolas Hulot, ministre de l'écologie capitaliste roule en scooter électrique, bande de mauvaises langues!

La Haute Autorité sur la transparence de la vie publique vient de publier les déclarations de patrimoine des ministres.  Elle a pris son temps parce qu'ils sont adoubés par le palais de l'Elysée depuis le 17 mai 2017. Mais enfin, ça y est et Nicolas Hulot déclare donc un scooter électrique de 6 000 euros. Na!

Bon, c'est vrai qu'il est aussi millionnaire, en euros et pas en francs cfa, avec un patrimoine de 7, 3 millions d'euros dont un bateau à moteur, 5 voitures thermiques et un 4x4 naturellement propres. Il n'est pas le seul dans ce gouvernement des riches et du patronat à être millionnaire. Ils sont une bonne douzaine et la plus riche est Muriel Pénicaud, ministre des affaires du patronat. Elle déclare plus que Nicolas Hulot. Mais elle a bossé pour ça. Rappelez-vous, DRH de Danone, la plus-value obtenue avec la vente d'actions pile au bon moment.

Il y a aussi des ex-socialistes qui sont riches: Florence Parly ministre de la Guerre et Jean-Yves Le Drian ministre des affaires extérieurs du patronat français.

Attention, révèle Le Monde, un tiers des déclarations des ministres ont nécessité des échanges entre la Haute Autorité et les membres du gouvernement. Des demandes de précisions et de rectifications"techniques" ont ainsi été effectuées.  Mais pas de tricheries avérées donc.

Cependant, ladite Haute autorité a dû tirer les oreilles de l'ex-socialiste, Nicole Belloubet ministre de la Justice. Elle avait omis de déclarer ses parts dans deux appartements à Paris et une maison dans l'Aveyron, pour une valeur vénale de 336 000 euros. Trois fois rien quoi. Et Nicolas Hulot, c'est bêta, a dû aussi ajouter ses parts dans une maison et un appartement.

Et donc, c'est prouvé le président des riches et du patronat n'a pas du tout nommé des ministres à l'aise Blaise. Sinon, ça se saurait.

En attendant, la CSG augmente de 1,7% pour les salariés et les retraités au 1er janvier 2018 et le SMIC passera de 9 euros 76 centimes à 9 euros 88 centimes. En l'écrivant, la somme allouée par le gouvernement des riches et du patronat semble beaucoup plus importante. Non?

Passage à niveau : l'infrastructure homicide par excellence

Passage à niveau : l'infrastructure homicide par excellence

 

Publié le 15 Décembre 2017

 là est la question

 

Passage à niveau : l'infrastructure homicide par excellence.

 

Une phrase au JT de 13h00 a fait rugir de colère Canaille le Rouge :

 

"supprimer le passage à niveau (PN en langage cheminot) "coûterait" 6 millions d'euro".

 

Colère devant cette logique comptable alors que des gosses sont tués, que des familles sont définitivement traumatisées amputée d'un des leurs ou devant accompagner toute sa vie une victime physiquement ou (et) moralement mutilée.

 

Rage devant cette inhumanité financière alors qu'un collègue de Canaille le Rouge toutes les nuits ou presque de ce qui lui reste à vivre va trainer, comme une tunique d’émeri qui lui frottera la peau cet instant où cramponné sur son freinage d'urgence et son sifflet il mesure lucidement que le pire se jette à sa figure.

 

Pas question à ce stade de porter appréciation sur l'accident lui même. D'abord exprimer solidarité et sympathie aux familles endeuillées, aux blessés aux cheminots des P.O. Mais aussi devant cette approche de maquignon du JT, juste donner un éclairage à partir de son expérience professionnelle. A chaque fois qu'il y a mort sur un PN, les pouvoirs publics et la SNCF se renvoient la balle pour savoir qui doit payer la suppression du contexte homicide et sont d'emblée d'accord pour rechercher "l'erreur humaine" qui les disculperait.

 

Canaille le Rouge dans ses activités militantes a assisté un jour au débat complètement surréaliste de savoir si le tracé d'une voie empruntant un ancien chemin de hallage devait faire supporter à la SNCF le coût de suppression d'un PN lié à la modernisation d'une ancienne voie royale à diligences croisant le canal, le canal ayant été comblé. L'état (le prefet) disant que la SNCF devait assumer la servitude puisque bénéficiaire de l'implantation. Le procès était dû à la mort d'une famille fauchée sur un franchissement du PN non gardé et alors sans barrières à cet endroit.

 

6 millions d'Euro. le chiffre jeté sur la table pour faire peur.

 

Et alors ! Admettons le chiffre. La vie d'un gosse serait à mesurer à cette aune ?

 

Alors allons-y donnons dans cette indécence qu'ils savent si bien planter pour faire paravent à leurs saloperies.

 

Combien de ce CICE versé chaque année  permettrait  de financer combien de suppressions de PN.

 

Posons aussi la question qui n'est jamais posée : pourquoi une carte scolaire qui produit du transport routier à mesure des réorganisations du maillage des établissements pour permettre de concentrer les coûts d'administration, le nombre d'élèves à maximiser par classe, limiter le nombre des enseignants et des personnels pédagogiques d'encadrement, baisser la charge d'entretient des établissements et équipements scolaires, sportifs, culturels pour permettre de dégager des milliards pour renflouer les banques et abonder le capital au nom de la baisse du coût du travail ?

 

Les larmes de ministres sont des larmes de crocodiles !

 

Ce même jour, à l'autre bout du pays, le conseil régional de Bretagne décide de fermer le lycée professionnel Jean Moulin à Plouhinec (lequel assure des formations en prise avec l'économie locale) , de faire transhumer les jeunes entre Carhaix et Concarneau. Combien de km sur les routes ? Combien de PN à franchir ? Combien de cars qui vont suite à cette décision faire la trésorerie des boites de transport et financer la modernisation de la flotte des autocaristes venant concurrencer la SNCF cela sur fonds publics et détérioration des conditions de vie et d'études des jeunes ? 

 

Était-ce la cas pour Millas ? A ce moment de l'enquête La Canaille ne le sait pas.

 

Mais ce qu'il sait c'est que la logique du maintient d'un croisement de 400 tonnes d'acier lancées à 80km/h avec 1 à 20 tonnes sur pneu juste régulé par deux barrières en plastique assistées de feux rouges peuvent satisfaire le législateur, pas l'exigence de sécurité, pas le souci de formation et d'épanouissement de ces jeunes assassinés par la logique d'un système qui rien que pour cela est à renverser.

 

Rédigé par Canaille le Rouge

MACRON veut MUSELER les inspecteurs du travail

Publié par El Diablo

MACRON veut MUSELER les inspecteurs du travail

photo d'illustration (source: CNT Travail & Affaires sociales)

photo d'illustration (source: CNT Travail & Affaires sociales)

Une inspectrice du travail

réduite au silence

Par LOAN NGUYEN - le 14 décembre  2017 dans L'HUMANITÉ

Répression antisyndicale. La fonctionnaire et syndicaliste SUD passe aujourd’hui en conseil de discipline pour s’être confiée à l’Humanité.fr. Une entorse au nouveau code de déontologie, d’après sa hiérarchie.

 

Une syndicaliste qui, face à la caméra d’un journaliste, demande des comptes à sa hiérarchie. Rien de choquant a priori. Mais quand on est fonctionnaire au ministère du Travail, une telle audace ne passe visiblement plus. Pour s’être exprimée dans un reportage vidéo de l’Humanité.fr le 12 octobre dernier, en marge d’un rassemblement syndical baptisé « Chasse aux DRH » à l’occasion d’un congrès de directeurs de ressources humaines auquel assistait la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, une inspectrice du travail et syndicaliste SUD est aujourd’hui traduite en conseil de discipline après avoir été suspendue depuis le 15 novembre. « Nous sommes surtout venus à la chasse à la ministre, puisque nous avons déjà été en grève le 18 mai à l’occasion de sa prise de fonction et le 20 juin, et nous sommes toujours sans nouvelle de notre ministre. Nous commençons à nous demander si ce n’est pas un hologramme qu’on voit à la télé, donc on est venu voir si elle existait vraiment », expliquait la syndicaliste dans l’interview. « Nous n’arrivons plus à communiquer en fait avec notre hiérarchie puisque nous ne parlons pas le même langage, en plus de ne pas avoir les mêmes intérêts », ajoutait-elle notamment un peu plus tard.

 

La liberté d’expression semble sérieusement menacée...

 

Parce que sa qualité d’inspectrice du travail est mentionnée dans un bandeau incrusté à la vidéo, à côté de son appartenance syndicale, il s’agirait d’une atteinte à son « devoir de neutralité et de réserve », estime le directeur des ressources humaines du ministère du Travail dans son rapport disciplinaire. Si, comme tout fonctionnaire, les inspecteurs du travail sont soumis à un devoir de réserve, ceux-ci sont néanmoins censés bénéficier comme les autres agents publics d’une liberté d’expression, notamment pour ceux occupant des mandats syndicaux. Mais, depuis l’entrée en vigueur du code de déontologie du service public de l’inspection du travail, glissé dans un amendement à la loi El Khomri et mis en place par un décret du 12 avril 2017, la liberté de ton des inspecteurs semble sérieusement menacée. L’article R.8124-19 dudit code précise qu’« en dehors du service, (les agents) s’expriment librement dans les limites posées par le devoir de réserve. Ils ne peuvent notamment tenir des propos de nature à nuire à la considération du système d’inspection du travail ». « Ils ne peuvent se prévaloir de la qualité d’agent du système d’inspection du travail dans l’expression publique de leurs opinions personnelles », ajoute le texte. C’est entre autres cet article du code de déontologie que la hiérarchie de la fonctionnaire lui reproche d’avoir enfreint.

 

« Ce que dit cette inspectrice est simplement la vérité »

 

« On assiste ici à l’une des premières applications de ce code de déontologie », confirme Yves Sinigaglia, membre du conseil national de SUD travail, qui syndique notamment les inspecteurs. « Nous sommes la seule administration ou les agents ruent autant dans les brancards. Pour notre hiérarchie, c’est insupportable », ajoute-t-il. « C’est un avertissement qui est ainsi donné à tous les collègues. La ministre a souhaité faire un exemple alors que ce que dit cette inspectrice est simplement la vérité », souligne Julien Boeldieu, secrétaire national de la CGT-TEFP, qui précise que « l’ensemble des inspecteurs du travail – même les non-syndiqués et même ceux qui ne la connaissent pas – sont choqués » par la procédure de sanction à l’encontre de l’inspectrice.

 

Aux côtés d’autres syndicats, la CGT et SUD avaient dès le début alerté sur les risques que présentait ce règlement pour la liberté d’expression et les droits syndicaux des inspecteurs. Pour tenter de faire échec à ce serrage de vis, SUD travail a d’ailleurs déposé en juin un recours devant le Conseil d’État, demandant l’annulation de certains articles du décret. Le syndicat attend encore la décision des sages. Dans un contexte de suppression de postes massive – « 16 % des effectifs » sont menacés, rien qu’en Île-de-France, d’après Julien Boeldieu –, l’inquiétude et la colère des agents montent depuis quelques mois. Le fait que le ministère réponde à l’expression de ce ras-le-bol par une mesure disciplinaire à l’encontre de l’une des leurs risque de ne faire qu’aviver les tensions.

SOURCE :

Une volonté de museler les inspecteurs du travail

 

Le SAF a appris avec indignation et inquiétude la procédure disciplinaire engagée à l’encontre d’une inspectrice du travail qui, lors d’un mouvement syndical, a répondu à une journaliste au nom de son syndicat, en s’exprimant sur les grèves et problèmes socio-professionnels rencontrés dans sa profession.

 

La liberté syndicale c’est, selon la constitution, le droit pour tout homme de défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale.

 

La liberté syndicale, c’est aussi bien le droit de chacun d’adhérer à un syndicat, que celui de s’exprimer, en toute liberté, sur l’ensemble des sujets et problématiques en rapport avec les intérêts de la profession que son syndicat représente.

 

Cette nouvelle atteinte au droit syndical s’inscrit dans le même mouvement croissant de répression par la pénalisation de l’action syndicale, qui constitue une forme de pression inacceptable.

 

Elle est aussi à mettre en relation avec les ordonnances MACRON qui ont considérablement réduit les droits des salariés.

 

Elle n’est pas sans renvoyer non plus à l’immense malaise laissé par la condamnation pénale récente d’une inspectrice du travail, pour avoir partagé avec les syndicats les preuves des pressions que voulait exercer à son encontre une grande entreprise.

 

Les atteintes au droit et à la liberté syndicale, et les mises à mal répétées à l’encontre d’une inspection du travail déjà tant privée de moyens, ne peuvent qu’aggraver les régressions sociales inscrites dans les réformes en cours.

 

Les inspecteurs du travail, qui ont pour mission essentielle de faire respecter le droit du travail, doivent eux aussi bénéficier du droit à la liberté syndicale, de valeur constitutionnelle, et au respect de leur indépendance, principe consacré par l’organisation internationale du travail. Ils doivent pouvoir s’exprimer sur les difficultés que rencontre leur profession, et elles sont nombreuses.

 

Le code de déontologie imposé par le décret du 12 avril 2017 est ici utilisé pour porter atteinte à ces droits fondamentaux, auxquels le SAF réaffirme son attachement.

 

Et le devoir de réserve alléguée par la ministre du Travail ne doit pas être détourné pour museler les inspecteurs du travail et leurs représentants syndicaux.

 

Le SAF apporte donc son entier soutien à la fonctionnaire menacée de sanction.

 

Le Syndicat des Avocats de France

 

Le 14 décembre 2017

SOURCE :

Chronique Phare-ouestiennes

Chronique Phare-ouestiennes

Publié le 15 Décembre 2017

 Les trous dans la grille

 du (es) service(s) public(s)

 

Chronique Phare-ouestiennes

 

Cela se passe sur le vieux continent, à une vingtaine de km de St Pierre & Miquelon (vu qu'après, on compte en milles marins). 

 

Il y a quelques jours, les facteurs se sont mis en grève contre la énième réorganisation qui a pour but non pas d'améliorer la qualité du service public qu'une "société anonyme" nommée "La poste S.A." n'a plus mission de rendre mais d'économiser sur la part salaire dans ses "dépenses" en intensifiant les tournées, diminuer le nombre de facteurs et en fermant des guichets et bureaux de poste.

 

Tout cela  pour augmenter les dividendes servis à qui doit se les mettre dans la fouille et se recentrer sur la gestion financière de la dite boite.

 

Donc dans cette lointaine contrée au cœur de la Ferrand's country, non loin de Urvoas City, un canaillophile attend un colis lequel est livré à un moment où le dit canaillophile n'est pas figé au garde à vous attendant le passage du livreur dont il ne sait pas à ce moment si ce sera son facteur ou un de ces plus encore pressurés de la tournée d'une boite de messagerie.

 

Message dans la boite à lettre internet grace à l’adresse qui devait confirmer la commande : "votre colis vous attend à la poste".

 

Problème. Grâce aux votes des Ferrand, Urvoas and c° et comparses, leurs anciens et nouveaux partenaires en casse sociale, il n'y a plus de présence systématique d'un agent de la poste ...à la poste, celle-ci ouvre à heures variables et de plus en plus aléatoires en fonction des tensions et moyens concédés par la direction de ce qui fut avant privatisation un outil public de la République. 

 

Foire d'empoigne d'élus,  parfois à relents clientélistes, de ceux qui ayant cautionné la casse, tentent de se partager des fractions d'agent de guichet entre plusieurs victimes rurales équivalentes pour garantir une réélection future.

 

Le message indique "pour connaitre les conditions de retrait, veuillez appeler votre agence postale". Oui, d'accord. Mais où ? Pas de numéro !

 

Donc usage d'un numéro national taxé pour appeler la poste afin d'obtenir le dit numéro local. Et là, sort du haut-parleur une voix adjudantesque quoique féminine qui vous assène "il n'y a pas de numéro de téléphone pour joindre l'agence postale. Nous ne communiquons pas ce renseignement".

 

Donc il faut appeler un lieu dont il n'y a pas de numéro d'appel dans un lieu qui n'a pas d'horaire établi pour un service dont on ne sait pas qui doit vous le rendre.

 

La question s'est réglée en bonne intelligence avec l'agent bien sympathique mais qui n'en peut mais.

 

Anecdote : le colis en question contenait des planches de timbres édités pour commémorer le 75e anniversaire de la création du Conseil National de la résistance  lequel, à partir de l'expérience des PTT et de la nouvelle SNCF de 1938, donnera naissance à une définition du service public qui a créé une telle haine dans les milieux du capital que la feuille de route donnée dans Challenge* par le Medef usant de la voix d'une ex huile du maoïste recyclée eau-grasse du capital  à tous les pouvoirs en place depuis 2007 est d'en finir avec la mémoire de la Libération et de ses acquis politiques, industriels et sociaux.

 

Dans la Ferrand's country, et tout autour d’Urvoas City c'est à l'oeuvre. Pour preuve supplémentaire : dès sa réouverture après travaux, la ligne SNCF Quimper Brest se voit amputée d'un quart des dessertes que le contribuable a financé, la gare de Châteaulin, seule gare du centre-ouest Bretagne, n'aura plus de guichet pour assurer la vente des billets.

 

* pour info Challenge est depuis cette semaine, à hauteur de  40% dans le giron de Renault S.A.autre privatisé des années Mitterrand Chirac, les 60% autres étant dans le mains de Perdriel probloc d'un brulôt gauchiste nommé Nouvel obs.

 

En Mars 157 les journalistes de challenge avait protesté contre l'engagement du titre de façon trop ostentatoire derrière Macron

 

Rédigé par Canaille le Rouge

Sur les relations entre potes à l'Assemblée nationale

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Sur les relations entre potes à l'Assemblée nationale

Cela se passe entre les 2 tours de l'élection présidentielle. Jean-Jacques Urvoas est toujours ministre socialiste de la Justice de François Hollande et Thierry Solère député farouchement de droite. C'est lui qui a dirigé l'excellente primaire à droite pour sacrer François Fillon candidat à la présidence de la République.

Mais plus aucun doute à drauche et à droite, un ex-banquier d'affaires, filleul de François Hollande et ministre du même, va s'asseoir sur le trône républicain dans le palais de l'Elysée. Et celui, qui deviendra Jupiter 2e du nom, cherche des ministrables à droite, mais aussi à drauche qui est la droite de la gôche. Me suivez-vous?

Mais pour être ministrable, sa Grandeur Macronléon veut du plus blanc que blanc. Merde, le ci-devant Solère a une petite enquête au cul, une toute petite pour fraude fiscale, blanchiment et trafic d'influence avec la sempiternelle présomption d'innocence qui sied bien aux hors-sol. Toutefois, Thierry Solère, qui se voit en haut de l'affiche, puisque le candidat de son coeur est à droite et à droite, sollicite Jean-Jacques Urvoas pour savoir comment va son enquête à son sujet. Rappel: Urvoas est socialiste et Solère de droite, donc sur l'échiquier politique, ils se combattent à mort.

Pourtant, le premier fournit au second une synthèse de l'enquête en cours provenant de la Direction des affaires criminelles et des grâces. Attention, pour rester blanc comme neige et montrer que la justice est indépendante du pouvoir exécutif, ladite note de synthèse est transmise suivant une messagerie cryptée.

Bien, Urvoas de gôche est battu à la législative et Solère de droite est réélu. comme député Les Républicains. Il change de mangeoire, c'est son droit si la soupe est meilleure. Il ne devient pas ministre, mais questeur à l'Assemblée nationale avec bureau, secrétariat, chauffeur, appartement de 400 met tout le tintouin qui va avec, plus 5 000 euros mensuels en plus des 5 000 euros comme député.

Tout allait si bien dans le meilleur du monde. Sauf que la police poursuivit son enquête et qu'elle découvrit dans le bigophone de Thierry Solère copie du document transmis par Jean-Jacques Urvoas à l'époque.

La perquisition au domicile de Solère a eu lieu le 25 juin dernier. L'affaire sort parce que la petite souris qui oeuvre pour le Canard enchaîné est passée ce mercredi. Sinon ni vu ni connu.

Résumons. Les procureurs sont sous la subordination du ministre de la Justice selon la Constitution de la 5e République et aucun pouvoir de droite ou de gôche n'a pas voulu déranger le fait que, par le biais du ministre de la Justice, on peut obtenir des infos sur une enquête couverte par le secret de l'instruction. Quitte à se passer l'infos entre hors sol de la politique politicienne.

Dites, la société civile macroniste, qui êtes majoritaire à l'Assemblée nationale, pour révolutionner la France, ça vous dirait que les procureurs ne soient plus sous la subordination du pouvoir? Et vous madame Nicole Belloubet, ministre actuelle de la Justice, ex-socialiste placée au Conseil constitutionnel par le pouvoir socialiste, qu'en pensez-vous?

Allez, j'ai des relations mondaines de Charles Trenet: ça date, mais tant que ça en politique politicienne.

 

Publié par El Diablo

RECOURS devant le Conseil constitutionnel concernant la loi de financement de la SÉCURITÉ SOCIALE pour 2018 par 3 groupes parlementaires

voir également le lien ci-dessous:

La Gendarmerie française signe un accord de coopération avec les nazillons ukrainiens

La Gendarmerie française signe un accord de coopération avec les nazillons ukrainiens

 

Les agents de la Garde nationale ukrainienne pourront échanger leur expérience avec la Gendarmerie française.

 

Cet accord a été convenu lors d’un entretien entre Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur français, et Arsen Avakov, son homologue ukrainien, lors d’une visite de travail en France.

 

« Nous avons discuté d’un accord bilatéral concernant l’échange des permis de conduire, la coopération dans le domaine de la cyber sécurité, la lutte contre les crimes internationaux, l’échange d’expériences entre la Gendarmerie française et la Garde nationale ukrainienne », peut-on lire dans le communiqué du ministère de l’Intérieur ukrainien.

 

Source

Rappelons que le régiment Azov, connu pour ses exactions commises dans le Donbass, fait partie de la Garde Nationale de l’Ukraine.

 

23 novembre 2017

»» http://nrt24.ru/fr/news/la-gendarmerie-francaise-signe-un-accord-de-co...
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MACRON livre le système de SANTÉ au CAPITALISME

Publié par El Diablo

MACRON livre le système de SANTÉ au CAPITALISME

Les dépenses totales de santé annuelles s’élèvent à 257 milliards d’euros, 12% du Produit Intérieur Brut de la France(PIB). La consommation de soins et de bien médicaux est évaluée à 198,5 milliards d’euros en 2016.

 

C’est un marché fabuleux, une source de profits que les entreprises capitalistes veulent s’approprier. Leur livrer totalement fait partie intégrante de l’objectif de Macron de soumettre l’ensemble de la société française aux exigences du capitalisme : le service public de santé soumis entièrement à la loi du profit et l'hôpital géré comme n'importe quelle entreprise privée. Le service public hospitalier, les soins et les traitements ne sont en définitive qu’une marchandise et la santé un vaste marché que le capitalisme veut entièrement dominer.

 

Depuis plus de 30 ans tous les gouvernements ont mis en place la politique exigée par le capital, une politique de recul de la Sécurité Sociale et de privatisation du système de santé :

 

Exonérations de cotisations sociales (salariales et patronales), la CSG , instaurée en 1991 par Rocard, premier ministre socialiste de Mitterrand, un impôt qui n'a cessé d'augmenter : 97 milliards en 2016, 99 milliards en 2017, 120 milliardsen 2018. Avec l'augmentation de la CSG de 1,7% pour les retraités, Macron poursuit la fiscalisation de la Sécurité sociale. Ajoutons, les économies imposées à hôpital public, leur obligation de rendement, la baisse des prestations sociales en matière de santé par toutes sortes de franchises, de participation forfaitaire, de forfait hospitalier, multiplication des déremboursements, etc., c'est la disparition de la Sécurité Sociale programmée.

 

Toutes les mesures de la Loi de Financement 2018 de la Sécurité Sociale livrent au secteur privé capitaliste tout ce qui peut être rentable au niveau de la santé (cf. Hebdo n° 531 et Journal n° 126 décembre 2017).

 

Macron étend la suppressions des cotisations patronales (aujourd’hui jusqu’à 1, 6 SMIC)  à 2,5 smic! En programmant 4,2 milliards d'économie pour la Sécurité Sociale. En multipliant les déremboursements de médicaments, en augmentant le forfait hospitalier, en faisant payer de plus en plus les dépenses de santé par les malades, le gouvernement poursuit le désengagement de la Sécurité Sociale au profit des mutuelles complémentaires qui sont appelées à contribuer de façon décisive à la politique de santé : " la mutualité se doit d'assumer un rôle de leadership et être le centre de gravité de la protection sociale en France" (Thierry Beaudet, président la Fédération nationale de la Mutualité Française).

 

Le montant des cotisations des complémentaires santés est estimé à 5 milliards d€, détournés pour le privé et en moins pour la sécurité sociale !

 

La voie est ouverte aux assurances privées. Déjà en 1977, Yvon Chotard, vice président du CNPF [1] voulait "abolir, cette machine anonyme [la Sécurité Sociale] qui fait s'effondrer l'économie sous les charges et rendre rapidement l'édifice à une assurance privée efficace".

 

Le système de santé français repose sur la place centrale conférée à l’hôpital. Les multiples lois qui se sont succédées (Loi Hôpital Patient Santé Territoire, Loi Santé, etc.) vont toutes dans le même sens : des économies drastiques qui mettent en péril le système de santé, aggravent l’accès aux soins des plus précaires, réduisent l’offre de soins dans le service public et permettent au Privé de s’engouffrer dans le Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) par le biais de partenariat favorisés par l'Agence Régionale de Santé. L'ARS joue un rôle déterminant dans le financement des hôpitaux, dans l'organisation des soins, décide de fermer des services ou des établissements et impose des partenariats Public-Privé.

 

Le gouvernement met à la direction des hôpitaux des gestionnaires qui gèrent l'hôpital comme une entreprise privée. Exiger que les hôpitaux augmentent leur "rendement", réduire drastiquement leur budget c’est interdire l'accès à des soins de qualité pour tous, c’est la casse programmée de l’hôpital public.

 

Macron veut livrer la santé au capitalisme, à la recherche du profit maximum.

 

Il ne faut pas les laisser faire. Le système français de santé, avec la Sécurité Sociale est une conquête du peuple. "Seule la gestion par les travailleurs de leur système social garantira le droit à la santé pour tous" (A. Croizat, Ministre du travail à la Libération).

 

Seule la lutte unie des salariés de notre pays permettra le maintien d’un système de santé pour tous. Les moyens existentpour développer un système public de soins répondant aux exigences du 21ème siècle, une Sécurité Sociale solidaire qui réponde aux besoins vitaux de la population de notre pays.

 

Il faut récupérer les richesses produites par les travailleurs er accaparés par le patronat capitaliste..

 

[1]. Conseil National du patronat Français, en 1998 devient le Mouvement des Entreprises de France (Medef).

 

SOURCE :

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La Déontologue de l'Assemblée nationale ne croit pas aux règles dont elle doit contrôler l'application: à part ça, ça va au palais Bourbon?

La Déontologue de l'Assemblée nationale ne croit pas aux règles dont elle doit contrôler l'application: à part ça, ça va au palais Bourbon?

Rappel, comme des députés faisaient dans de la magouille avec leurs frais de mandat pour s'enrichir ou soulager la peine de leurs proches, l'Assemblée nationale s'était vue obligée d'instaurer un Déontologue pour faire plus blanc que blanc avec les plus de 5 000 euros mensuels attribués aux représentants de la nation.

Cela n'avait pas marché si bien que ça sous Hollande. Mais sous Macron, ça allait être autre chose et François de Rugy, ex-patron des députés écolos sous Hollande, ayant changé de mangeoire, adoubé par Macron président de l'Assemblée nationale, allait donc faire feu de toutes flammes.

Bêta que je suis parfois, j'aurais cru que baisser drastiquement les frais de mandat allait être une mesure des plus salutaires. Ben non, on conserva le même argent de poche pour les faux frais de nos chers députés, au propre comme au figuré.

De plus, le ou la Déontologue était toujours choisi par le président de l'Assemblée nationale. Sans remettre en cause son cursus universitaire ni son honnêteté, aucun fonctionnaire du fisc ou magistrat donc ne pouvait juger le bien ou le mal.

Ceci dit, c'est madame Agnès Roblot-Troizier qui fut choisie. On aurait pu croire que tout irait pour le mieux. Et la société civile de droite et droite, qui sert de députés à Jupiter deuxième du nom, et la droite de Laurent Wauquiez ont approuvé la réforme des frais de mandats des députés. "Cocorico", tonitruait le sire François Henri Goullet de Rugy du haut de son perchoir, en saluant le dispositif de contrôle "le plus complet à ce jour" destiné à mettre fin aux abus.

Il cocorisa sans doute si fort que, la Déontologue qui prenait ses marques dans son nouveau bureau, se fendit d'un avis confidentiel. Ben oui, on fait dans la transparence ou pas. Or, une petite souris passant par là, alerta un journaliste de LCP. Que voulez-vous, on ne peut pas faire confiance à une petite souris. Sauf pour placer sous l'oreiller d'un gosse un euro et six centimes, pour compenser sa quenotte chue. Mais cela est un autre conte à dormir debout.

Bref, le rapport confidentiel de la Déontologue ne devint plus du tout confidentiel. Et que disait ce qui devait rester dans le secret des rois?

L'utilisation de l'avance allouée – 5 373 euros –  ne fera l'objet que d'une "vérification comptable partielle et imparfaite", qui "ne permettra pas à la déontologue de contrôler que les dépenses des députés correspondent à des frais de mandat, comme le prescrit la loi". Elle s'inquiète également de l'absence de vérification comptable pour les 457 députés qui ne seront pas choisis par le tirage au sort annuel.  Pire, avec cette réforme(sic) adoptée, le député peut refuser de fournir à la déontologue "des informations confidentielles couvertes par un secret protégé par la loi ou relatives à l'identité de tierces personnes". Secret médical? Secret Défense? On ne sait pas.

Conclusion: Agnès Roblot-Troizier estime que la réforme "est, s’agissant des modalités de contrôle des frais de mandat, très en deçà de l’objectif législatif tendant à contribuer au rétablissement de la confiance entre les citoyens et les parlementaires".

Merde c'est bêta pour cette société civile, de droite et de droite, qui allait révolutionner les institutions. Non?

Pour ceux qui ne suivraient pas, les 5 373 euros de frais de mandat sont en plus de la rémunération mensuelle d'un député, soit 7 209,74 € brut 

Travail, salaires, fonctionnaires & notables

Travail, salaires, fonctionnaires & notables

 

Publié le 12 Décembre 2017

 Cherchez l'erreur 

Travail, salaires, fonctionnaires & notables

Publié le : 11/12/2017 à 19:01 - Mis à jour le : 12/12/2017 à 10:20 : 

 

Le Sénat augmente de 40% les maires des très grandes villes

Les sénateurs ont voté une augmentation de 40% de la rémunération des maires des grandes villes et des présidents de région et de département, durant l'examen du budget 2018.

 

https://www.publicsenat.fr/article/politique/le-senat-augmente-de-40-le-salaire-des-maires-des-grandes-villes-et-des-presidents

Publié le : 11/12/2017 à 16:20 - Mis à jour le : 11/12/2017 à 18:38 :

 

Budget 2018 au Sénat : 3 jours de carence pour les fonctionnaires

Le Sénat a instauré 3 jours de carence pour les fonctionnaires durant lesquels leurs arrêts maladie ne sont pas rémunérés. Il a également enlevé aux agents publics une partie de la compensa...

 

https://www.publicsenat.fr/article/politique/arret-maladie-le-senat-instaure-3-jours-de-carence-pour-les-fonctionnaires-80684

Travail, salaires, fonctionnaires & notables

Rédigé par Canaille le Rouge

Corse, Jérémie Lamothe, les raisons du choix majoritaire de l'abstention

11 décembre 2017

Corse, Jérémie Lamothe, les raisons du choix majoritaire de l'abstention

 

« Le choix, indique Jérémie Lamothe, était d’ailleurs plus restreint que d’habitude avec sept listes présentes au premier tour dimanche contre 12 en 2015 et 11 en 2010. Il n’y avait ainsi qu’une liste de gauche sous l’étiquette du Parti communiste et de La France insoumise. Pour André Fazi, « l’absence de la gauche à ce scrutin est révélatrice et a participé à cette abstention ». Selon lui, « les électeurs de l’opposition ont reçu un coup de bambou après les élections législatives », où les nationalistes ont empoché trois sièges de député sur quatre. « C’était alors inenvisageable, ça a joué sur le moral de leurs opposants » poursuit-il... »

 

Reprenons la lecture de l'analyse des résultats de l'abstention...

 

Michel Peyret


Abstention historique en Corse : « Pour certains, le résultat était joué d’avance »

 

Outre le score de la coalition nationaliste menée par Gilles Simeoni, le premier tour des élections territoriales, dimanche, a été marqué par un fort taux d’abstention.

 

LE MONDE | 05.12.2017 à 16h06 • Mis à jour le 05.12.2017 à 16h29 

 

|Par Jérémie Lamothe (envoyé spécial à Bastia)


Le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, le 3 décembre à Bastia.Il est plus de 20 heures, ce dimanche 3 décembre, et les militants nationalistes, réunis à la permanence de la coalition Pè a Corsica, dans le centre-ville de Bastia (Haute-Corse), exultent. Le score obtenu par leur chef de file, Gilles Simeoni, est historique : l’autonomiste arrive nettement en tête avec 45,36 % des voix au premier tour des élections territoriales. « Du jamais-vu », « un raz de marée démocratique », entend-on dans l’assistance.

Mais dans l’euphorie de la victoire, un autre score historique retient moins l’attention, celui de l’abstention qui atteint 47,83 % des inscrits. Soit sept points de plus que lors des régionales de 2015 et 20 points par rapport au scrutin de 2004. Malgré l’enjeu du scrutin – qui dirigera l’île pendant quatre ans ? –, 111 905 électeurs corses ont décidé de tourner le dos à ce scrutin.

« Problème de société »

Dans un entretien à Corse-Matin mardi, le président de l’Assemblée de Corse et allié de M. Simeoni, Jean-Guy Talamoni, estime que l’abstention « est un problème de société qui dépasse la Corse et nous interpelle ».
« Il y a dans toutes les sociétés occidentales une défiance à l’endroit de la démocratie. (…) La solution passe par la réduction de la fracture territoriale, sociale et intergénérationnelle. »
Malgré son ampleur, ce chiffre n’a pas surpris André Fazi, politiste et maître de conférences en science politique à l’université de Corse. « Je m’attendais à ce niveau d’abstention. Il y a une lassitude générale avec le trop plein d’élections entre 2015 et 2017, avec les régionales, les primaires, la présidentielle, les législatives… », expliquait-il, lundi, dans un entretien au Monde.

Dominique, 56 ans, fait partie de ceux qui ne se sont pas déplacés dimanche pour aller voter. S’il se dit « déçu » par la politique menée par la majorité nationaliste sortante dans la région depuis 2015, il estime, plus largement, que « les gens sont un peu désabusés, écœurés par la politique en général ».

De son côté, Abdel, 31 ans, n’est également pas allé voter et regrette le choix qui était proposé aux électeurs corses, dimanche :
« On veut avoir une certaine autonomie, mais il faut faire attention. La Corse tient parce qu’elle est sous perfusion de la France. La Corse peut-elle subsister toute seule ? J’en doute. Mais si on ne vote pas pour les autonomistes, avec les autres, ce sera le retour du phénomène de clientélisme et du clanisme. »
« Coup de bambou »

Le choix était d’ailleurs plus restreint que d’habitude avec sept listes présentes au premier tour dimanche contre 12 en 2015 et 11 en 2010. Il n’y avait ainsi qu’une liste de gauche sous l’étiquette du Parti communiste et de La France insoumise. Pour André Fazi, « l’absence de la gauche à ce scrutin est révélatrice et a participé à cette abstention ». Selon lui, « les électeurs de l’opposition ont reçu un coup de bambou après les élections législatives », où les nationalistes ont empoché trois sièges de député sur quatre. « C’était alors inenvisageable, ça a joué sur le moral de leurs opposants », poursuit-il.

Le problème était différent à droite avec deux candidats : Valérie Bozzi, soutenue par Les Républicains, et Jean-Martin Mondoloni (droite régionaliste). Mais ceux-ci manquaient d’ancrage local pour faire le poids face à des nationalistes qui peuvent compter sur une base militante très mobilisée, quel que soit le scrutin. Pour Mme Bozzi, arrivée 3e avec 12,77 % des voix, « à droite, nous pâtissons aussi de ce qui se passe au niveau national. Et en Corse, il faut maintenant reconstruire la droite en profondeur et remailler le terrain pour les prochaines élections. »

Un résultat « joué d’avance » ?

Elle explique également ce taux d’abstention par le manque d’intérêt des Corses pour la nouvelle collectivité unique qui verra le jour le 1er janvier 2018, née de la fusion entre la région et les deux départements, ainsi que par une campagne électorale qui a été jugée fade par beaucoup. « Il y a une incompréhension du rôle et de l’importance qu’aura la future collectivité unique. C’est notamment dû au fait que cette collectivité a été faite dans la précipitation, sans concertation avec l’opinion », explique-t-elle.
« Nous ne sommes pas du tout entrés dans le fond des sujets dans cette campagne qui a été trop courte. Il n’y a eu aucun débat sur le fond des programmes, c’était donc compliqué de mobiliser. »
Lire l’éditorial du « Monde » :   Paris face au défi Corse

Un constat partagé par le candidat de La République en marche, Jean-Charles Orsucci arrivé 4e avec 11,26 % des voix. Selon lui, « pour certains, le résultat était joué d’avance. Les scores ont d’ailleurs monté qu’il y avait un dynamisme chez les nationalistes qui n’est pas retombé ». Mais pour les deux candidats, qui ont annoncé leur maintien pour le second tour, le score historique réalisé dimanche par Gilles Simeoni pourrait permettre de remobiliser une partie de l’électorat.

« Certains craignent vraiment cette hausse des nationalistes. Il faut montrer qu’il y a eu une alternative à Pè a Corsica », fait savoir Mme Bozzi. Après avoir récupéré la liste des abstentionnistes, les deux candidats et leur équipe sont ainsi repartis sur le terrain cette semaine faire du porte-à-porte pour tenter de remobiliser ces plus de 100 000 Corses qui ont boudé les urnes dimanche.

L’avènement d’une « superrégion » corse au 1er janvier 2018

Rarement une élection territoriale aura précédé un tel enjeu : la mise en place, annoncée au 1er janvier 2018, d’une « collectivité unique » inédite dans l’histoire de l’organisation institutionnelle française. Fruit de la fusion des deux départements de l’île avec la collectivité territoriale de la Corse, cette « superrégion » assurera la gestion de l’île en matière, entre autres, de réseau routier, d’aménagement du territoire, de développement économique ou d’action sociale.

Le nombre de conseillers sera porté de 51 à 63 (et 14 « conseillers exécutifs ») au sein de la nouvelle assemblée. La nouvelle collectivité devrait employer quelque 4 200 agents, pour une population de 320 000 habitants. Des incertitudes persistent en matière de statut des agents, de temps de travail ou de rémunération. Une chambre des territoires, censée assurer une représentation du rural, regroupera les élus locaux des intercommunalités et des communes. Son rôle ne sera cependant que purement consultatif.

Le budget de la collectivité devrait avoisiner 1 milliard d’euros, selon la loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRE), précisée par trois ordonnances ratifiées par le Parlement le 7 mars. Mais il est d’ores et déjà grevé par l’important volume de la dette, de l’ordre de 600 millions d’euros.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/12/05/abstention-historique-en-corse-pour-certains-le-resultat-etait-joue-d-avance_5225011_823448.html#KS1dzgph8uRyBHSQ.99

Posté par Michel Peyret

Faut-il pleurer Faut-il en rire

Faut-il pleurer Faut-il en rire

 

Publié le 11 Décembre 2017

Fait-il péril ou bien pitié?

Faut-il pleurer Faut-il en rire

Je n'ai pas le coeur à le dire.

 

Voici Hulot par lui montré.

 

La presse de ce 11 décembre : 

 

"Climat : Nicolas Hulot appelle les patrons français à passer « à l’action »"

Un peu comme si on appelait le directeur de l'école de guerre à se reconvertir en éleveur de colombes ou encore Trump en militant de la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Comme N Hulot n'est ni un benêt ni un édulcoré du cortex c'est la preuve que le filleul de L'Oréal Aréva &C° sait comment et pour qui il travaille :

 

"Patron faites dans le cosmétique pour masquer le réel, travailleur acceptez toujours plus de sacrifice au nom de la défense de la planète que les sponsor du p'tit Nicolas-bis se refuse à combattre" ; on ne mord pas la main qui te nourris.

 

Rédigé par Canaille le Rouge

Et si Finkielkraut apprenait l'orthographe et si Bussereau s'achetait des lunettes ?

Et si Finkielkraut apprenait l'orthographe et si Bussereau s'achetait des lunettes ?

 

Publié le 11 Décembre 2017

 Deux déclarations dans la presse

 qui permettent de classer les "élites".

 Science-Po Paris et Normal Sup

 ont-ils pensé à désinfecter

 leurs émissaires à eaux usées

Et si Finkielkraut apprenait l'orthographe et si Bussereau s'achetait des lunettes ?

Pour le premier, la proposition venant de l'auteur de ces lignes va sûrement faire se gondoler de rire les canaillophiles réguliers, mais elle a sa cohérence.

 

Il faut revenir à la source pour mesurer ce que porte les propos de la verte amibe infectieuse bicornée arpenteuse et gardienne du marigot idéologique :

 

"Le" philosophe "(sic)  Alain Finkielkraut a jugé que seul le «peuple des petits blancs» s'était rendu à l'hommage de Johnny, estimant que les «non-souchiens» avaient «brillé par leur absence». Un vocabulaire qui a beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux.

 

Non monsieur Finkielkraut cela ne s'écrit pas comme cela (du moins si on considère que vous prenez parti et vous installez de le camp petits blancs ceux du KKK, des Afrikaaners, même si les ors, glands et sabres du quai Conti vous pousseraient volontiers à vous considérer élite parmi les grands). Non Môssieur l'académichien, on n'écrit pas souchien quand ont est Finkielkraut mais sous-chien comme on dit petit chien hargneux, ,aboyeur de fond de cour, roquet.

 

L'académie française va-t-elle avec la même énergie et célérité interpeler l'auteur de ce néologisme qu'elle a réagi à l'écriture inclusive ? Il est vrai que "non souchien" étant utlisé au masculin, ça peut faire diversion.

 

Paul Valéry disait : " Le plus sale roquet peut faire une blessure mortelle ; il suffit qu'il ait la rage. "  Et Finkielkraut c'est connu en un chien de garde enragé du capital.

 

Dominique Bussereau,portant appréciation sur les propos du "novlangueur" en habit vert, Bussereau donc,  l'homme de la casse du service public ferroviaire, celui qui jamais ne met les pieds dans un des départements -la seine St Denis- qui héberge une part majeure des moyens technologiques de l'outil qu'il veut dépecer, reconnaît , pour confirmer les pros du cador immortel de la pensée réactionnaire , qu’il n’a "pas vu en effet le peuple de Seine-Saint Denis" lors de l’hommage à Johnny Hallyday.

 

Mais, lui Bussereau spécialiste des critères génétique d'outre-périph sait depuis son école primaire que les Huns qui ont déferlé sur Paris arrivait par la porte de Montreuil, les Alains venait par Romainville tandis que les Ostrogoths plantaient leurs campements entre Dugny et la Courneuve. Sans compter ces armées de Bretons Celtes par la cuisse nord qui font de St Denis la deuxième ville bretonne de France. C'est de là d'après certains historiens que date la fête de l'Humanité. Et vous savez ce que c'est, ces peuplades sédentarisées parce que déjà en 600 après J.-C., quand Bussereau polissait ses premières raffarinades, les étrangers venaient se servir c'est bien connu et vivait au crochet d'une France déjà trop généreuse … une France qui alors n'existait pas, les Francs n'étant pas encore parvenus jusqu'à la porte de Bagnolet. 

 

Mais depuis, preuve de duplicité, et Bussereau les traque, ils ont appris l'art du camouflage. Pour preuve il n'a pas pu les identifier du côté de la Madeleine.

 

Et c'est comment un " neuf-troiïste souchien " ? Canaille le Rouge ne le sait pas mais il sait comment repérer les usant d'une vulgate raciste néo fascisante.

 

Rédigé par Canaille le Rouge

Fais moi mal, Johnny Johnny Johnny !

Publié le  par Descartes

Fais moi mal, Johnny Johnny Johnny !

 

Les hystéries se suivent et ne se ressemblent pas. Après les débordements de l’affaire « #balancetonporc », la mort de Jean-Philippe Smet dit « Johnny Hallyday » occupe depuis deux jours 90% de l’espace médiatique. Et chaque personnalité, quel que soit son domaine d’action quel que soit sa célébrité, se voit tenue à prendre position sur le phénomène, sous peine de bannissement médiatique. Du docte sociologue qui écrit une tribune dans la section « idées » du Monde à l’homme politique qu’on voit étouffer des sanglots de crocodile devant les caméras, tout le monde s’y met.
 
Le plus drôle, dans cette affaire, c’est que s’il était né quelques années plus tard, Hallyday serait probablement trouvé cloué au pilori en tant que « porc » libidineux : en 2003 une femme, hôtesse sur son yacht, l’accuse de l’avoir violée. Mais à l’époque, on n’écoute pas encore « la parole des femmes » et on exige des preuves : l’affaire se conclut par un non-lieu, les juges estimant qu’aucune preuve sérieuse n’accuse le chanteur, et la plaignante sera lourdement condamnée, certaines des pièces utilisées dans sa plainte étant des faux. O tempora, o mores…
 
Mais trêve de méchancetés. Comme disait ma grand-mère, femme sage a défaut d’être sage-femme, « des morts, rien que du bien ». Le problème, c’est qu’avec Hallyday, les opportunités de dire du bien ne sont pas si nombreuses que ça. Oui, il avait une voix magnifique, une résistance physique rare, un sens profond du spectacle. Il était semble-t-il généreux, du moins avec ses amis, parce que lorsqu’il s’agissait de payer des impôts, ce n’était pas tout à fait le cas. Mais ce serait faire insulte à la vérité que de dire que Johnny avait une intelligence hors du commun et même une intelligence tout court, qu’il eut dans sa vie un comportement héroïque, qu’il se distinguait par son engagement civique ou pour son attention aux autres.
 
Alors, à quoi rime cette église de la Madeleine avec trois présidents de la République – deux anciens et un en exercice – entourés de tout ce qui compte de célébrités des arts et de la politique, retransmise par toutes les chaînes de télévision en direct ? A quoi rime le qualificatif de « héros français » que lui accorde le président de la République en exercice ?
 
Johnny Hallyday a été beaucoup de choses, mais certainement pas un « héros ». Et encore moins un « héros français », lui dont la source d’inspiration était plutôt de l’autre côté de l’Atlantique. Johnny Hallyday n’était pas un « héros » tout simplement parce qu’il n’a jamais, au cours d’une très longue vie, fait rien qui puisse être qualifié de « héroïque ». Il n’a jamais sauvé quelqu’un d’un incendie au péril de sa vie. Il n’a jamais pris le risque de chanter une chanson ou de publier un texte qui aurait pu lui valoir la prison ou la mort. En plus d’un demi-siècle de vie publique, il n’a pas une seule fois défié un pouvoir, pris un risque. Et s’il s’est engagé pour des « causes » - essentiellement en participant dans des concerts au bénéfice de celles-ci – c’était toujours des causes fort sages et conformistes : la famine en Ethiopie, les Restaurants du Cœur. Où est l’héroïsme là-dedans ?
 
Il n’y a pas de honte : il n’est pas donné à tout le monde d’être un héros. Et ce n’est pas seulement une question de qualités personnelles. Pour être un héros, il faut aussi avoir de la chance, vivre dans un contexte qui s’y prête. La génération qui avait 20 ans en 1940 avait devant elle une voie qui la conduisait à l’héroïsme. Une voie étroite, sans doute. Une voie difficile, c’est certain. Une voie qu’ils n’ont pas été si nombreux à emprunter. Mais une voie quand même. Johnny Hallyday appartient, lui, à une génération qui n’a pas eu cette possibilité. Tout au contraire : une génération choyée, élevée dans du coton dans une société devenue « libérale-libertaire ». Une génération chez qui être « rebelle » c’était porter un blouson noir et écouter une musique que les adultes trouvaient barbare. Une « rébellion » qui ne risquait pas de les conduire à Buchenwald ou devant le poteau d’exécution, comme ce fut le cas pour la génération précédente.
 
Lorsque nous pleurons les morts, c’est sur nous que nous pleurons. Johnny Hallyday est le symbole de cette génération, celle qui a eu la chance de vivre dans une société riche, fruit de l’immense effort de reconstruction accompli par leurs parents. Une génération qui n’avait pas à se soucier du chômage ou des responsabilités, et qui s’est amusée comme si la fête devait durer toujours. Une génération de « rebelles sans cause », pour reprendre le titre du film qui le mieux illustre sa problématique, et qui met en scène l’icône absolue de cette génération, James Dean. Une génération aussi à qui l’héroïsme était très largement étranger : leurs grands-parents étaient les héros de la première guerre mondiale, leurs parents ceux de la deuxième, de la Résistance et de la reconstruction. Pour la génération de Johnny, il fallait chercher dans les guerres coloniales finissantes – où l’héroïsme était toujours ambigu – ou l’engagement dans les aventures aux côtés de Bob Denard ou de Che Guevara. Pour les moins courageux, il restait « l’héroïsme de substitution » consistant à lancer des pavés sur les CRS – substitut symbolique des SS -, à porter des sacs de riz, à aider les sans-papiers, ou à faire un stage chez les « humanitaires ».
 
Johnny fut l’icône culturelle de la génération yé-yé, cette génération qui a pu se permettre le luxe de vivre en se regardant le nombril (1). Une génération rythmée par Sheila, Vartan ou Johnny là où la précédente avait écouté Brel, Brassens, Barbara, Ferré, Ferrat, Reggiani (sans compter les chanteurs plus commerciaux et cependant merveilleux comme Aznavour). Ce n’est pas une question de qualité, c’est une question de profondeur : Brel ou Barbara chantent le tragique. Vartan ou Johnny peuvent au mieux faire du dramatique. Brassens ou Ferré chantent pour des adultes, Sheila ou Johnny ont chanté – et cela jusqu’à la fin de leur vie –  pour des adolescents parce qu’ils sont restés eux-mêmes de grands adolescents. Et cela est aussi vrai pour leur public. Cela s’est vu d’ailleurs lors des obsèques : à seize ans pleurer hystériquement parce que votre chanteur préféré est mort, c’est compréhensible. A cinquante ans, cela pose problème.
 
Emmanuel Macron a raison quand il ajoute « qu’il faut des héros pour qu’un pays soit grand ». Mais le héros a une fonction exemplaire. Quel est l’accomplissement civique, artistique, scientifique, politique qu’on veut offrir à travers lui en exemple aux générations futures ? En quoi souhaiterions-nous que nos jeunes l’imitent ? En d’autres termes, de quoi Johnny est-il l’exemple ? Peut-être d’un homme qui parti de rien a gagné beaucoup d’argent. Pour un président qui disait il y a pas si longtemps qu’il fallait que nos jeunes rêvent de devenir milliardaires, c’est peut-être suffisant pour le rendre exemplaire… un « héros macronien », à défaut d’être un « héros français »…
 
Descartes

PLAIDOYER d'Aude LANCELIN pour un journalisme libre ! [VIDÉO]

Publié par El Diablo

PLAIDOYER d'Aude LANCELIN pour un journalisme libre ! [VIDÉO]

RETRAITES : Le projet de MACRON prévoit-il de pénaliser les chômeurs ?

Publié par El Diablo

RETRAITES : Le projet de MACRON prévoit-il de pénaliser les chômeurs ?

La réforme des retraites pourrait pénaliser les carrières frappées par le chômage

 

Les administrateurs de la Caisse nationale d'assurance vieillesse ont rencontré le Haut-commissaire aux retraites, en consultations pour la réforme attendue d'ici 2019. Ils ont alerté sur la question des périodes non contributives comme le chômage.

 

La réforme des retraites pourrait pénaliser les chômeurs. C’est une inquiétude qui ressort de la rencontre qui s’est tenue le 6 décembre entre le Haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye et les membres du conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), la plus importantes des quelques 30 caisses qui forment le système français des retraites. 

 

LA SUITE :

La réforme des retraites pourrait pénaliser les carrières frappées par le chômage

https://francais.rt.com/economie/46357-reforme-retraites-pourrait-penaliser-car

Non, je vous jure, je n'étais pas sur les Champs-Elysées ni devant ma télé

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

 

Non, je vous jure, je n'étais pas sur les Champs-Elysées ni devant ma télé

 

Pourtant le programme présenté n'était pas rien, les obsèques nationales d'un personnage exceptionnel dans la vie de chacun doivent rester ancrées dans les mémoires. Pour la raconter plus tard à nos descendants en frémissant comme au premier instant: "J'y étais".

 

Et de bons copains m'ont présenté pour communier dans cet élan unanime de la nation sur Fb des images du défunt solidaire avec des travailleurs en lutte. Mais c'était dans ses premiers pas dans la musique que j'aime. Et cela n'a duré pour lui ce que vivent les roses, l'espace d'un matin. Ensuite, très vite, ce fut le show-business et ses ogres, même si le talent incontestable et incontesté restait toujours présent chez l'artiste.

 

Oui mais Djonny, c'était notre jeunesse, peuvent me répondre certains de mes potes. Sans doute mes camarades. Mais faut-il enterrer sa jeunesse dans le cercueil de l'idole qu'il fut pour les jeunes. Ou bien être toujours dans l'action, comme autrefois, en séparant comme autrefois l'ivraie du bon grain pour que le monde change de bases.

 

Si les chansons de Johnny Hallyday ont été de toutes les modes musicales et de ce fait ont enchanté plusieurs générations, l'homme a pris partie pour le camp des possédants, usant de toutes les ficelles que lui ont accordés ses conseillers fiscaux et ses amis politiciens.

 

Et les portes du pénitencier ne se renferment que très rarement pour ce petit monde clos. Ou alors si mal, qu'il peut recommencer tout à loisir.

 

Je ne crache pas sur la tombe de Johnny Hallyday, même s'il se fait enterrer dans l'île de Saint-Barthélémy, paradis des riches qui ont du fric à ne plus savoir qu'en faire. Mais pour l'heure, noir c'est noir pour la majorité de l'humanité, y compris en France, l'un des pays où les riches appartiennent aux plus riches de la planète.

 

Dans ma jeunesse, en écoutant chanter Johnny, mais aussi Pottier, je souhaitais renverser le capitalisme. Aujourd'hui où j'entre dans l'automne de l'existence, j'écoute toujours chanter Pottier. Et toujours le poing dressé.

 

Non, je vous jure, je n'étais pas sur les Champs-Elysées ni devant ma télé

Dans cette actualité, déclaration d'Axel Kahn

Dans cette actualité, déclaration d'Axel Kahn

 

Publié le 9 Décembre 2017

 Pour marcher avec sa tête

 les deux pieds sur terre 

 

Dans cette actualité, déclaration d'Axel Kahn

Sortir de la machine à vertige en prenant de la hauteur

 

Déclaration recueillie ce matin et rapportée par les amis de l'Humanité.

 

Je n’ai rien à dire de désagréable vis à vis de l’hommage à Johnny Hallyday, ni de celui à Jean d’Ormesson. Des millions de personnes ont grandi avec Hallyday, ils pleurent autant leur jeunesse que le chanteur. Cela n’a rien de scandaleux. Moi aussi j’ai cet âge là mais ai toujours été éloigné de l’homme et de son style. À 17-20 ans mes tubes étaient plus les brandebourgeois de Bach que les succès de Johnny. Un peu atypique ! Pourtant, pas de problème, je comprends l’émotion des gens.

 

Néanmoins, la grande nouvelle du jour n’est pas la mort d’une vedette nationale, c’est hélas la reconnaissance par les États-Unis de Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, et d’Israël seul. Fini la fiction de deux états avec Jérusalem comme capitales qui constituait le point essentiel des accord d’Oslo. Un autre type de fin d’époque. Certes, la colonisation et ses murs avaient déjà réduit à peu de chose la perspective d’un état palestinien viable. Cependant, même la fiction en est pour un temps enterrée, comme le sera bientôt Johnny.

 

Avec l’alliance virtuelle entre l’Arabie saoudite et Israël, sous l’égide des États-Unis, cela va sans doute contribuer à amplifier le rapprochement entre même des populations sunnites et l’arc Iran, Irak, Liban et Syrie. La Turquie elle-même consolidera sans doute son gentleman agreement actuel avec l’Iran qui endossera le rôle de défenseur des seconds lieux saints de l’Islam. Sombres perspectives, peut-être, sans doute. Je pense qu’en Arabie, le jeune Prince devra plus encore qu’avant faire attention à sa vie, les tueurs pourraient tout faire pour l’abattre. Pour tout le monde, Palestiniens, Israéliens, Arabes, autre populations, seule une perspective de paix est désirable pour tous, peut offrir un vrai avenir à long terme aux enfants d’aujourd’hui et de demain. J’espère me tromper, je l’espère. Il est hélas à craindre que mes craintes ne soient fondées.

 

NB : Comme chaque fois que l'on évoque le drame en Palestine et Israël, les passions vont se déchainer. Je vous en prie, ne jouez pas à la guerre à des milliers de kilomètres de distances, dans le confort de vos certitudes inébranlables. Cela ne sert à rien, rien, rien. Dites ce que vous avez à dire, avec mesure. Merci. J'expulserai les va-t-en-guerre.

 

Ne trouvez-vous pas que la fraîcheur d'une pensée claire se marie bien avec l'intelligence ?

 

Rédigé par Canaille le Rouge

LVSL : Un média dans la guerre de position

 

A mettre dans vos Favoris : Le vent se lève

 

Dommage une impasse : La nécessité de l'organisation sur les lieux même où se déroule l'affrontement. C'est là, que se dresse la barricade où Capital et Travail se font face. En renonçant à cette illusion d'un hypothétique nouveau compromis social chère à Mélenchon (Interview à Marianne). Là, où il ne peut s'agir de partage mais de réappropriation.


Bernard Trannoy

 

NOTRE PROJET

LVSL : Un média dans la guerre de position

Le Vent Se Lève part d’un constat : celui d’une défaite historique des forces de progrès. Notre projet s’annonce donc comme une entreprise de reconquête. Exposé d’une méthode.

La parole confisquée

L’époque actuelle a pour caractéristique première la domination sans partage – quoique contestée – de l’hégémonie néolibérale. Si le néolibéralisme refuse de dire son nom, s’il refuse de se donner un visage unique, il est cependant parvenu à construire une hégémonie solide, laquelle s’incarne dans une variété d’acteurs : journalistes, politiques, partis. Ce sont là les expressions les plus visibles de cette hégémonie, ensemble de théories, de pratiques, d’idées, de valeurs et de méthodes qui infusent dans la société tout entière, font système et fondent le règne d’une pensée dominante répandue partout.

Le phénomène le plus évident qui résulte de cette dynamique de conquête est la concentration médiatique et l’appropriation par une poignée de milliardaires des médias de masse. L’information serait un bien comme un autre que l’on achète et que l’on vend, de sorte qu’on la soumette aux lois du marché. Il est cependant permis de douter du sens des affaires de nos grandes fortunes nationales qui se précipitent dans la course à la monopolisation des moyens de communication et d’information. Surprenant en effet que ces gens s’acharnent à vouloir investir dans des titres de Presse à peu près tous déficitaires qui ne promettent pas de perspectives de profits très importantes… Aurions-nous alors affaire à une démarche philanthropique ? Peut-être. On n’imagine en tout cas pas que messieurs Niel, Bergé, Pigasse, Drahi, Dassault, Arnault, Pinault, Lagardère, Bouygues ou Bolloré, heureux propriétaires du Monde et de l’Obs, de Libération et de l’Express, du Figaro, des Echos, du JDD et du Point, d’Europe 1, du groupe TF1 et du groupe Canal, puissent vouloir contrôler tous les titres de Presse du pays à des fins d’influence.

Or donc, il convient de faire ce constat froid que la quasi-totalité des moyens d’information d’une démocratie sont concentrés entre les mains de quelques oligarques. La subordination de l’information aux intérêts privés, économiques ou financiers, est aussi préoccupante que l’était l’alignement de l’information sur les intérêts étatiques au temps de l’ORTF. En quelques décennies, les moyens de communication seront simplement passés des mains de l’Etat aux mains des puissances privées. Il n’est pas évident que la démocratie ait gagné au change si l’on considère que les médias dominants se sont contentés de troquer un ministre de l’information ayant une ligne directe dans toutes les rédactions contre une multitude d’actionnaires et d’annonceurs publicitaires qui, de la même manière, censurent, licencient et influencent les lignes éditoriales malgré la résistance et le travail indépendant que continuent de mener certains journalistes.

Pourtant, des débats se tiennent, des idées sont échangées, des points de vue contradictoires se confrontent et plusieurs titres de Presse sont concurrents. Seulement la pluralité ne fait pas le pluralisme. CNews, BFMTV et LCI se disputent des parts d’audience, peut-on pour autant parler d’un pluralisme des points de vue pour cette seule raison que ces chaînes occupent des fréquences différentes ?

Les mêmes présentateurs lisent les mêmes prompteurs, donnent la parole aux mêmes éditorialistes, au-dessus des mêmes bandeaux déroulants où s’accumulent les mêmes informations jusqu’à la perte totale de sens. Il faut bien faire preuve du dernier aveuglement pour voir dans le matraquage médiatique aux allures de spectacle permanent la condition d’une information libre. Nous sommes en droit de nous interroger : l’espace public qui garantit l’existence d’un débat réellement démocratique existe-t-il encore dans ces conditions ? Il n’a certes pas été détruit comme dans les régimes autoritaires, il existe ! Mais il est occupé, colonisé par les intérêts privés et pour tout dire, anesthésié, toute contradiction véritable s’en est trouvée évacuée, ou placée dans une situation de faire-valoir.

Disons-le clairement au risque d’en décevoir certains : nos industriels fortunés n’ont pas investi la sphère médiatique dans l’unique but de renflouer des titres en difficulté. S’offrir un journal ou une chaîne de télévision c’est s’acheter de l’influence. C’est-à dire une influence personnelle et aussi – et surtout – une influence politique qui s’inscrit dans un projet de classe. Le rachat de la Presse est l’étape ultime de la conquête de l’hégémonie culturelle par les néolibéraux. Sont ainsi répétés en boucle les mêmes credos néolibéraux, les mêmes mots-valise matraqués ad nauseam (« compétitivité » ; « coût du travail » ; le « courage » du « chef d’entreprise » ; le « dialogue social » qu’il faudrait « fluidifier » etc.) jusqu’à faire accepter ces mots pour évidents. Cette construction d’une grille de lecture, prétend à une forme de naturalité. Elle interdit la mise en avant de cadres d’analyse différents. En l’espèce, ces dernières années ont achevé de marginaliser la parole de gauche, pourtant devenue déjà très minoritaire dans le monde médiatique. Il est vrai, cependant, que la parole de gauche s’est elle-même disqualifiée, n’ayant pas su se réinventer, ni établir de stratégies pour faire face à un tel contexte. Les voix dissonantes, expropriées de l’espace public, se regroupent autour de pôles de résistance et de potentielle renaissance intellectuelle (on citera Le Monde Diplomatique, Là bas si j’y suis, Les économistes atterrés, Fakir, Acrimed dans des domaines très différents…). Mais ces quelques bastions enclavés se trouvent bien seuls au milieu d’un océan de silence, et s’adressent à un public restreint.

Face au Mur médiatique : Guerre asymétrique

Faire de la situation actuelle une fatalité serait une grave erreur car notre adversaire a des points faibles. Il importe aujourd’hui de jeter les bases d’un nouveau cycle et d’entamer la construction d’une nouvelle hégémonie.

L’ampleur de la tâche à accomplir a pourtant de quoi briser les élans les plus déterminés. Parce que les conditions historiques ont changé, les règles de la lutte politique ont également changé. C’est pourquoi cet article se veut l’exposé d’une méthode, de notre méthode.

Préalablement à tout développement, il nous faut admettre comme point de départ une représentation spatiale du monde social dans la lignée d’Antonio Gramsci. Il faut comprendre par là l’idée d’un monde social comme un vaste champ de bataille découpé entre leurs positions et les nôtres, entre notre ligne de défense et la tranchée adverse. Les positions de l’adversaire ont ceci de particulier qu’elles sont bien mieux défendues que les nôtres et qu’il peut de ce fait se permettre de mener l’offensive contre nous. Ce schéma, c’est celui de la guerre de position élaboré par Gramsci au lendemain de la première guerre mondiale. Il transpose le vocabulaire propre à la tactique militaire à l’analyse du monde social. Il parle ainsi des médias, des églises, des universités, des usines, des palais de justice, comme d’autant de bunkers et de casemates, de forteresses et de bastions qu’il importe de défendre ou de conquérir avant de pouvoir prétendre à l’exercice du pouvoir. De là la distinction fondamentale dans la pensée de Gramsci entre la société politique et la société civile, qui fabrique le consentement et assure le règne de la classe dominante par la diffusion de ses idées dans la société.

Ce qui importe ici, c’est de comprendre l’effort d’actualisation de la pensée marxiste entrepris par Gramsci. Ce dernier écrit dans un contexte d’échec généralisé des tentatives révolutionnaires en Europe de l’Ouest et d’arrivée du fascisme au pouvoir en Italie, plus précisément, il écrit depuis la cellule de prison où Mussolini l’a fait jeter. Afin de comprendre cet échec historique des révolutions socialistes, il opère une distinction d’importance entre l’Est et l’Ouest, entre la Russie où la révolution bolchévique a triomphé et l’Europe où tous les mouvements révolutionnaires ont été défaits. La société russe se caractérisait alors par une structure sociale simple, une société civile quasi-inexistante, un appareil étatique affaibli : le pouvoir était à prendre. Cette situation appelle une guerre de mouvement, rapide, frontale, pour se saisir du pouvoir.

En Europe de l’Ouest tout au contraire, la structure sociale est complexe, nervurée de tranchées, la société civile est puissante et la classe dominante s’appuie bien davantage sur les idées que sur la force brute pour régner. Ce qu’il appelle l’Etat intégral peut ainsi se définir comme une « hégémonie cuirassée de coercition », la domination par les idées encadrée par la possibilité du recours à la contrainte, l’aspect coercitif occupe ici le second rôle. Dans une telle configuration, opposer le fusil à la plume est impossible, inefficace et contre-productif. Gramsci pense ici aux grandes offensives frontales sur des tranchées ennemies trop bien défendues au cours desquelles des centaines de milliers d’hommes se faisaient faucher par les mitrailleuses pendant la Grande Guerre, sans aucun résultat militaire. Il faut adapter les méthodes de lutte et substituer la guerre de position à la guerre de mouvement. Cette guerre de position se mène avant toute chose par une praxis politique propre à un parti et à une classe sociale, par la guerre culturelle. La « bataille des idées et des mots » joue ici un rôle important quoique non exclusif : il s’agit, pour les acteurs de cette guerre, de conquérir des positions sociales, d’avancer leurs pions, et de faire progresser leur vision du monde. C’est une stratégie de conquête plus lente, plus laborieuse, mais la seule à même de réussir. A travers cette guerre de position, ce qu’il s’agit de faire – comme le formulent Ernesto Laclau et Chantal Mouffe -, c’est de tracer une ligne de démarcation claire, à l’endroit le plus pertinent, entre l’adversaire et nous, de créer un eux et un nous de part et d’autre d’une frontière intérieure à la société et de nous battre toujours pour faire avancer cette frontière antagonique, pour faire avancer nos lignes et faire reculer l’adversaire.

Aujourd’hui, face à un adversaire tout-puissant qui nous contraint au repli sur les dernières positions qu’il nous reste, tout assaut frontal est voué à l’échec. Attaquer une forteresse trop bien défendue est au mieux stupide, au pire suicidaire. C’est pourquoi nous refusons de lui livrer bataille directement. L’hégémonie néolibérale domine et toute parole alternative est disqualifiée de manière systématique lorsqu’elle se confronte à la parole de l’adversaire sur son terrain, dans ses journaux ou sur ses chaînes de télévision. Prenant acte de cette situation, nous affirmons notre stratégie : face au mur médiatique, menons une guerre asymétrique.

Nous n’avons pas les moyens de l’adversaire, aussi nous investissons un terrain où nous pouvons être meilleurs que lui. Cette lutte pour l’hégémonie culturelle, cette bataille des idées, nous choisissons de la mener sur internet, sur les réseaux sociaux, sur un champ de bataille où nous pouvons avoir l’avantage. La guerre de position est présentement quasi-impossible à mener ? Soit ! Menons ce que nous appellerons une guérilla de position. Toute guérilla, une fois qu’elle est devenue suffisamment puissante affronte cependant l’adversaire sur son terrain et mène une guerre régulière. La guerre asymétrique que nous avons choisi de mener n’est donc ni une fin en soi, ni une initiative qui doit interdire la guerre de position sur un champ de bataille traditionnel, dans le domaine de la lutte politique classique, bref, dans la réalité matérielle. Elle est un préalable, elle est un complément. A la guérilla devra succéder la guerre de position.

La devise que nous avons adoptée « Tout reconstruire, tout réinventer » ne veut pas dire autre chose : tout réinventer dans le monde des idées, réformer un logiciel politique sclérosé, pour tout reconstruire dans le monde matériel, forger une force politique nouvelle dans la réalité concrète.

C’est l’unité de ces deux termes qui fonde le projet que nous nous efforçons de construire. Suivant cette idée, et empruntant une distinction déjà énoncée ailleurs, on peut comparer le rôle d’un média comme Le Vent Se Lève au rôle d’un échafaudage. L’échafaudage est une structure temporaire, il n’est pas une fin en soi, il a pour seule fonction d’assurer la construction du bâtiment auquel il est adossé. Pour construire le grand mouvement qui émergera demain, un échafaudage solide est nécessaire. L’émergence d’une force politique nouvelle est conditionnée à l’élaboration d’une grille de lecture alternative par des médias comme le nôtre, par l’imposition de nos mots dont Íñigo Errejón dit qu’ils « sont des collines dans le champ de bataille de la politique » et que celui « qui les domine a gagné la moitié de la guerre », par la mise à l’agenda de nos thèmes et de nos termes afin d’œuvrer à la conquête de la centralité de l’échiquier politique. Et nous pouvons en cela compter sur les très nombreuses initiatives qui émergent ici et là, des médias écrits, des blogs, des chaînes Youtube, des revues, des collectifs etc. Le Vent Se Lève n’est de ce point de vue qu’un pion dans la large constellation d’initiatives en train de naître.

La construction d’un média d’opinion

Cela étant, le terrain que nous investissons, c’est-à-dire internet et les réseaux sociaux, n’est pas un terrain vierge. Une multiplicité d’acteurs s’y affrontent déjà. Les plus combatifs parmi eux sont les médias d’extrême droite dont le succès fulgurant et l’omniprésence sur les réseaux sociaux constituent la raison première de la fondation de LVSL, démarche qui se concevait comme une contre-attaque nécessaire. Ces sites constituent, aux côtés des médias officiels évoqués plus haut, notre second adversaire. Une clarification s’impose ici. La guerre asymétrique doit être une stratégie simplement temporaire le temps de gagner en puissance. Cette stratégie ne doit pas faire oublier cette loi fondamentale du combat politique que pour vaincre son adversaire il faut jouer sur son terrain et selon ses règles. 

Dès lors, cela implique de comprendre les raisons du succès de ces sites d’extrême-droite. La raison en est assez évidente : leur capacité à rester proche du sens commun, des représentations majoritaires dans la société, et à travailler ce sens commun dans leur sens par des discours adéquats. A l’inverse, la gauche s’est depuis trop longtemps murée dans son idéologie, sûre d’être le « camp du bien », quitte à être de plus en plus déconnectée des subjectivités politiques du commun des mortels. LVSL ne veut pas laisser le monopole de l’efficacité politique à ces sites et ces groupes. Nous nous revendiquons de ce que Gramsci appelle le journalisme intégral. Celui-ci part du sens commun, afin de le travailler et de l’amener là où il est désirable de l’amener. Jusqu’alors, au sens commun populaire, la gauche opposait son sens commun militant et toutes ses évidences. C’est cet échec historique qu’il faut dépasser, si nous voulons être en mesure de gagner cette bataille culturelle. Le journalisme intégral implique de façonner son lectorat à travers la production d’un discours alternatif. Cette idée est à la base du projet de média populiste qu’est LVSL : forger de nouvelles identités politiques pour construire un peuple.

Or donc, les réseaux sociaux possèdent des règles qui leur sont propres, l’une d’elles est la suivante : l’opinion prévaut sur la soi-disant objectivité journalistique. Les sites dont nous parlons l’ont bien compris et doivent leur succès au modèle qu’ils ont su élaborer. Assumer sa subjectivité, prendre position de façon argumentée, s’annonce comme la tactique la meilleure pour faire avancer ses idées sur ce terrain particulier. L’horizontalité qui caractérise le fonctionnement des réseaux sociaux place les acteurs sur un relatif pied d’égalité. La disqualification de la parole alternative ne fonctionne pas sur internet. Les récentes polémiques sur les fake news et la création en réponse du très critiqué service Décodex par le journal Le Monde, dont la mission consiste à décerner des brevets de respectabilité aux sites d’information, témoigne d’une tentative de régulation de la diffusion de l’information sur les réseaux sociaux – sans grand succès pour le moment.

Le média d’opinion tire sa force de ce fait qu’il assume sa subjectivité. Nous affirmons que la neutralité n’existe pas pour cette raison simple que l’auteur d’un article est engagé dans des rapports sociaux et influencé (pour ne pas dire déterminé) par une multitude de discours antagonistes. Que l’on combatte ou que l’on serve les intérêts de la classe dominante de manière active, de manière consciente ou de manière inconsciente, on ne peut pas prétendre s’extraire d’un monde social conflictuel et accéder à une neutralité quelconque, on est toujours du côté de l’une des forces en présence. Aussi, assumer un parti pris revient à une forme d’honnêteté. Cela permet par ailleurs de capitaliser sur le discrédit dont souffrent les médias officiels, c’est là pour nous une arme puissante.

Restent encore les médias d’opinion d’extrême droite. Nous le disions, lorsque le combat est possible, il faut affronter l’adversaire en jouant avec ses règles. En l’espèce, nous adoptons les codes de l’adversaire, nous les subvertissons, les transformons, les adaptons et les retournons contre lui. Nous conservons le parti pris, nous conservons le style polémique, mais nous nous assurons une légitimité supérieure en prenant le lecteur au sérieux et en ne l’abreuvant pas de mensonges ou d’articles insipides.

Nous ne sommes pas seuls à mener ce combat, nous venons juste d’intégrer une chaîne qui compte déjà de nombreux maillons qui sont autant d’alliés. Nous parlons des très nombreux projets qui reposent sur l’écrit ou la vidéo, et qui fleurissent un peu partout et vont dans le même sens que nous. Nous prenons nos adversaires au sérieux, et nous sommes ici pour les combattre pied à pied. Ils ont prospéré sur un terrain vierge, à nous de leur contester le monopole de la parole alternative, à nous d’être meilleurs qu’eux.

Le Vent Se Lève, c’est tout ça. Un projet qui veut faire converger les forces existantes pour fédérer autour d’une parole alternative, autour d’un discours de rupture pour jeter les bases d’un renouveau. En ces temps de montée des périls, il est indispensable de porter un autre projet de société, un système de pensée nouveau qui pave la voie à la construction d’un autre avenir. Ainsi nous engageons le combat, animés par cette conviction profonde, étayée par les faits et l’histoire, qu’à l’hiver, toujours, succède le printemps.

Pour aller plus loin :

Médias français, qui possède quoi ? Le Monde Diplomatique

https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/ppa

Projet pour une Presse libre, Le Monde Diplomatique,

https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/RIMBERT/51030

Médias : pourquoi 10 milliardaires contrôlent-ils notre information ?

http://osonscauser.com/medias-pourquoi-10-milliardaires-controlent-ils-notre-information/

LVSL : Tout reconstruire, tout réinventer

http://lvsl.fr/tout-reconstruire-tout-reinventer

Jhônny suite, et pas fin

Jhônny suite, et pas fin

 

Publié le 8 Décembre 2017

 Cette semaine sur vos écrans :

 Te Deum storys

 

La rally dead box week. "Invalides-Madeleine" ligne impériale.

 

Si vous l'auriez oublié, cette semaine à Paris c'est aussi après tortures, sévices, et achèvement la mort du code du travail.

Jhônny suite,  et pas fin

Une canaillophile reprend cette phrase d'Elsa Triolet :

 

« Je suis, comme vous le voyez, des fans de Johnny Hallyday. Vous trouvez cela grotesque ? Vous avez tort, je suis à l'âge où, si on n'est pas un monstre, on aime ce qui est en devenir. Je ne peux pas attendre l'an 2000 quand on invitera un Johnny de cinquante-six ans, si mon compte est bon, à la Maison-Blanche... »  

 

Le problème c'est qu'on a vu ce qu'il est devenu.

 

Lucidité d'Elsa Triolet sur sa compatibilité avec la Maison Blanche qui n'est pas celle de Kennedy mais plutôt celle de Bush Jr..

 

E. Triolet avait aussi écrit cette célèbre phrase que Canaille le Rouge reprend souvent : "les barricades n'ont que deux côtés",

 

Si Dr J. Hallyday Jekyll savait aller au populaire, mister J-Ph Smet Hyde avait choisi son camp. 

 

Enfin, et cet argument doit être sereinement débattu sinon c'est le signe de la renonciation à tout esprit critique : pourquoi personne ne dit rien, voire trouve normal  quand on dénonce (à juste titre) les engagements réactionnaires d'un Charlton Heston et qu' en France ce serait crime de lèse "Jhônny" de dire sa désapprobation sur son parcours anti-citoyen d'homme ancré à droite ?

 

Le talent n'empêche pas qu'au bilan on juge le parcours d'un homme pas un empilage de disques d'or, et le bilan pour moi n'est pas "globalement positif".

 

Pour sa part La Canaille  préfère cette approche. 

 

 

A propos des USA et de Jérusalem : « Regrettable, vous avez dit regrettable ? »

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

A propos des USA et de Jérusalem : « Regrettable, vous avez dit regrettable ? »

A propos des USA et de Jérusalem: "Regrettable, vous avez dit regrettable?"

Oui, Emmanuel Macron a trouvé "regrettable" que le président de la libre Amérique fasse de Jérusalem la capitale une et indivisible d'Israël, contre toutes les résolutions de l'ONU à ce sujet.

Dès lors, ce regret exprimé est terriblement court de la part de la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Pire, il est criminel de la part d'un pays qui donna au monde la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Avec cette décision unilatérale de Donald Trump, le brasier qu'est cette partie du monde ne peut que s'enflammer avec toutes les répercussions extérieures à cette région.

Mais cet acte du président des USA n'est ni une exagération, ni un coup de folie. Et les regrets d'Emmanuel Macron à son allié n'est pas plus une condamnation. Les Etats-Unis jouent simplement la carte d'un rapprochement entre Israël et l'Arabie saoudite et les pays du golfe, contre l'Iran, leur ennemi commun. Parce que business is business dans cette partie du monde, mais ailleurs sur notre planète. Le dernier exemple: le cimentier français Lafarge commerçait en Syrie avec les islamo-fascistes de Daech et le gouvernement français en était informé.

Jupiter 2e du nom, monarque élu en France, ne condamne donc pas l'acte voyou de son suzerain. Dimanche, en grandes pompes, il recevra le premier ministre israélien. Cela en revient à accorder un blanc-seing à la colonisation israélienne de Jérusalem-est et sur une partie de la Palestine. Cela en revient ni plus ni moins à admettre Israël comme état juif aux dépens des populations qui y vivent.

Benyamin Netanyahou se rendra lundi  à Bruxelles, siège de l'UE du capital. Il sera également reçu avec tous les honneurs. Oui, le capitalisme est toujours porteur de la guerre pour son profit, comme la nuée porte l'orage.

Faut-il en rire pour éviter la rage ?

Faut-il en rire pour éviter la rage ?

 

Publié le 7 Décembre 2017

faut-il en rire pour éviter  la rage ?

D'un seul coup, plus d'interdiction de manif,  plus de nasse et déclaration en prefecture;, les Champs Elysée sont libre d'accès tout comme la place de la Concorde et la rue Royale après l'installation "d'un vaste périmètre sécurisé" .

 

Mélenchon doit être fou de rage, lui qui voulait prendre l'Elysée, ah que c'est jôhnny qui va y mettre le feu.

 

La circulation sera interdite dès vendredi à 23 h 30 sur la rue Royale, et dès 8 heures samedi sur les Champs-Elysées.

 

500 à 700 motos sans vignettes vertes.le président de la république gardien de la constitution et de la laïcité qui la pilote va aller es qualité prendre la parole durant un office religieux. 

 

Cerise sur le gateau c'est dans le bureau du préfet de police que les organisateurs donnent  le détail des opérations.

 

Le jour où Canaille le Rouge croisera Philippe Martinez il lui dira sa façon de penser : comment se fait-il que la CGT n'a jamais présenté ses manifs depuis le bureau du préfet ? Et pourquoi ce n'est pas l'état qui paie alors que les syndiqués et la CGT paient leurs impôts... eux .

 

Paris (la ville) ne reste pas en reste Bercy, tour Eiffel registre de condoléance et tuttiquanti.

 

La FFF qui refait le coup de de Laporte et le rugby avec la lettre de Guy Moquet remastérisé chanson de l'idole défuncté avant les matchs de ligue 1 et 2 . Ils vont leur faire chanter San Francisco ou Jesus Christ est un hippie ? 

 

Plus sérieusement,  c'est donc sur financements publics que Touthenmakron offre un Te Deum motorisé à un exilé fiscal.

 

Argent public qui manque cruellement pour les populations de St Martin ou St Barthélemy où l'idole idolâtrée va être inhumé.

 

Et après cela son ministre de l'education nationale va venir pérorer sur le besoin d'instruction civique et la culture des valeurs morales.

 

Bon vaut mieux entendre ça que d'être sourd.

 

Rédigé par Canaille le Rouge

Il faut comprendre comment les gens pensent, sentent, aiment et espèrent – François Ruffin

Il faut comprendre comment les gens pensent, sentent, aiment et espèrent – François Ruffin

 

08 Décembre 2017
Je suis d’accord au moins partiellement avec lui et puis je me sens un peu solidaire de son amende, parce que quand on voit ceux qui l’accusent d’être un clown on se dit qu’ils ne se voient pas à commencer par Macron définissant ce qu’est un « héros national », le bon côté de la chose de cet excès national c’est que tout le monde se fout de l’élection des républicains, le mauvais côté c’est que quand on veut faire peuple on en rajoute jusque là. Alors salut Ruffin.
 
(note de Danielle Bleitrach)

Il faut comprendre comment les gens pensent, sentent, aiment et espèrent – François Ruffin
  
François Ruffin 1
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François Ruffin est député de la France insoumise depuis maintenant six mois. Nous avons souhaité nous entretenir avec lui sur son parcours, sur la façon dont il conçoit son action, et sur les défis stratégiques de la France insoumise.

 

LVSL : Nous souhaitons dans un premier temps revenir sur votre parcours personnel et votre politisation. Quel est le rôle du journalisme et de Fakir dans votre engagement ?

 

J’ai lancé Fakir en 1999. J’étais un révolté individuel, assez rétif à toute organisation collective. Mon objectif était alors de détruire le journal municipal, Le Journal des Amiénois. Bon, je constate dix-huit ans plus tard que ça reste un échec… (rires). J’étais familier des écrits de Serge Halimi, et j’étais mentalement très structuré par la critique des médias.

 

Mais dès le premier numéro, je me suis dit que cela ne suffisait pas de critiquer les médias. Je voulais aussi montrer ce qui n’était pas montré, faire entrer dans les pages de Fakir la majorité du monde social qu’on ne voit jamais dans les médias. J’ai donc fait du reportage, par exemple sur les apprentis dans la restauration et le déroulement de leur stage, ce qui était très peu fait. J’ai aussi fait un reportage au zoo d’Amiens, pour savoir quelles étaient les conditions de vie des animaux. Le journal municipal disait qu’ils vivaient en totale liberté. Je me rappelle d’une photo « Sandrine l’éléphante tend sa trompe aux enfants en signe de bienvenue ». J’avais été rencontrer le soigneur qui m’avait expliqué qu’en réalité l’éléphante était complètement folle, qu’ils avaient dû installer des poteaux hydrauliques, pour éviter qu’elle détruise les barrières et qu’elle fonce sur les enfants ! Ils étaient obligés de la soigner de loin avec des seringues hypodermiques. En fait, l’éléphante avait des tics nerveux à cause de son enfermement. J’avais là la preuve incontestable d’un mensonge indigne ! J’ai donc mis la preuve sous le nez du rédacteur du journal des Amiénois, qui m’a dit « bah oui, ça on le savait bien ». Et moi, avec ma candeur de jeune journaliste – je n’avais pas de carte de presse ni rien – je trouvais ça scandaleux qu’on déforme ainsi la vérité.

 

Je me suis donc lancé dans une croisade qui dure toujours (rires). Ça, c’est le premier épisode d’une bagarre assez individuelle. Ensuite j’ai construit une équipe, aussi parce que j’ai eu plusieurs procès [avec la ville d’Amiens et le Courrier Picard, ndlr]. La presse locale, c’est quelque chose de très violent. Au niveau national, les gens sont plus habitués à recevoir des critiques. Avec les Guignols de l’info ou le Canard Enchaîné, ils encaissent mieux. Ce n’est pas le cas à l’échelle locale. Il y a donc des rapports de force qui se jouaient, j’ai trouvé des alliances dans des syndicats de journalistes. Mon parcours politique est donc très lié à Fakir. J’ai structuré mes actions autour de mes articles. Quand tu es à Fakir, tu ne peux pas te faire d’illusions sur le fait que quand tu publies un article, cela change les choses. Parce qu’on a trop peu de lecteurs, parce que ce n’est pas dans le cercle des élites qu’on va lire le journal. On a donc monté des actions pour qu’il y ait des effets derrière. Notamment autour du procès sur Hector Loubota, un jeune homme mort dans un accident du travail à Amiens, autour des gérants de petits casinos.

 

« Je ne faisais pas du journalisme pour me faire plaisir mais pour changer la société. Il faut changer ce qu’il y a dans les têtes pour ensuite pouvoir changer le monde. »

 

On était en quelque sorte notre propre service après-vente : on fait l’info et on fait le nécessaire en termes d’action derrière pour que les choses changent. Je ne faisais pas du journalisme pour me faire plaisir mais pour changer la société. Il faut changer ce qu’il y a dans les têtes pour ensuite pouvoir changer le monde. Cela montrait aux gens qu’on était capables de changer quelques petites choses. Quand j’étais à Là-bas si j’y suis, j’avais moins le sentiment d’avoir besoin de ce service après information : j’avais 700 000 auditeurs, je me disais qu’il y avait des députés, des syndicats pour utiliser cette info comme outil de transformation. On est déjà sur le terrain de l’organisation collective : pendant les manifestations de fin 2010 contre Sarkozy, localement à Amiens nous avons été le point de convergence d’organisation d’une occupation de la zone industrielle. Il y avait les Goodyear, on a fait venir les cheminots au même endroit, et des tas de gens dans les manifestations qui voulaient faire plus. Nous étions faibles : nous n’avions pas la capacité de faire déborder la rivière, mais lorsqu’elle débordait, on pouvait la guider. C’est le rôle qu’on a joué en 2010 : je pédalais avec mon vélo pour aller d’une AG de cheminots à la zone industrielle, pour faire en sorte que Solidaires et la CGT s’entendent, etc. C’était mon rôle de petit facteur, on faisait signer aux gens des engagements pour qu’ils viennent à 4h du matin sur la zone industrielle. Cela n’avait aucune valeur, mais le mec qui signe prend quand même conscience.

 

J’étais donc toujours sur le terrain. En même temps, j’ai toujours voté. Dans les années 1990, après la chute du mur et le vide idéologique déjà patent au PS, le slogan « syndicat-caca, parti-pipi » était très récurrent. A cette époque, j’étais déjà plutôt libertaire d’instinct. Je crois que c’est aussi quelque chose que j’apporte au mouvement France Insoumise. C’est-à-dire que, sur la forme, dans ma manière de m’exprimer, je suis très libertaire, et sur le fond, je partage un socle avec les camarades.

 

Dans ma famille, personne n’est politisé. Je n’ai pas eu la chance d’avoir des parents communistes ou socialistes. La discussion politique n’est pas quelque chose qui vient naturellement. J’ai découvert le Monde diplomatique et Pierre Bourdieu en entrant à la fac. J’ai essayé de lire La Distinction, je ne comprenais rien. Donc j’ai lu son livre Questions de sociologie, et c’est devenu un socle pour moi. Je suis d’une famille qui ne connaissait pas de difficultés financières, mais il n’y avait pas un apport culturel, ni de structuration politique ou syndicale, même si on m’a initié à la lecture très tôt.

 

LVSL : On ne le sait pas forcément mais vous êtes titulaire d’une maîtrise de lettres modernes. Tant et si bien qu’on aimerait vous demander si vous avez encore cette fibre littéraire. En France, les personnalités politiques ont longtemps cultivé un amour de la littérature, avant d’être remplacées par des profils plus technocratiques. Comment est-ce que la littérature irrigue l’action politique ? Est-ce qu’on a encore le temps de lire lorsqu’on est député à l’Assemblée nationale ?

 

Quand on lit un roman, on se demande ce qu’on en retient. Certains font des notes de lecture ou essaient d’en extraire des citations, moi je ne le fais pas. Je pense que ce qui reste d’un roman, c’est l’empathie : la capacité à se mettre à la place des autres. Et je pense avoir cette capacité-là, qui peut consister à se mettre à la place des souffrants, et aussi à comprendre le point de vue de la partie adverse. Quand on lit un roman, on cherche même à comprendre les salauds ! Même s’ils ne sont pas de ton univers social. Si on est attiré par la lecture, c’est pour creuser, comprendre pourquoi le personnage agit tel qu’il agit.

 

LVSL : Une opération de décentrement…

 

Oui, je n’ai jamais appelé ça comme ça, mais pourquoi pas ! Se mettre à la place de quelqu’un et essayer de comprendre quelles sont ses réactions. C’est aussi le sens de mon travail d’enquête et de député. Je ne conçois pas de changer l’agriculture, par exemple, sans avoir compris les producteurs, les agriculteurs, quand bien même ils seraient à la FNSEA ! Si tu veux transformer le modèle agricole, il faut comprendre pourquoi il fonctionne comme ça, pourquoi les mecs, affectivement s’orientent dans ce sens. C’est un gros apport en politique. Combien de militants sont au contraire butés dans leurs propres croyances ? Pour moi, c’est une forme de sectarisme. Pour prendre le pouvoir en France, il faut l’épouser, la France. Il faut comprendre comment les gens pensent, sentent, aiment et espèrent. Si on ne le fait pas, on est mort. Je pense que la littérature est le lieu où, sans le savoir, on acquière cette faculté. Malheureusement je fais de la politique, mais j’aurais bien aimé être écrivain !

 

La littérature apporte aussi le sens de la narration en politique. Quand je structure une prise de parole, y compris à l’Assemblée, j’essaie de raconter ou d’amorcer une histoire. J’essaie de faire éclore quelque chose qui vienne du réel.

François Ruffin dans son bureau à l’Assemblée nationale ©Alexis Mangenot

LVSL : Y’a-t-il un livre qui vous a marqué tout particulièrement ?

 

Pas qu’un ! J’ai grandi avec François Cavanna, j’ai beaucoup aimé les Raisins de la colère, de Steinbeck. Les classiques, on croit souvent qu’ils sont classiques parce qu’ils sont plats. Pour moi, à l’inverse, un livre devient classique parce qu’il a heurté son époque. La langue y est souvent très vivante, et pourtant quand on le place dans la catégorie des classiques on a tendance à s’en éloigner. Ce qui fait devenir un classique aujourd’hui, ce sont des aventuriers, des gens hors normes qui bousculent le système social. Même le personnage de Manon Lescaut, de l’Abbé Prévost, c’est un livre qui heurte son époque.  Je suis un grand lecteur de Balzac, de Dostoïevski… Mais ça fait un peu idiot de citer comme cela des noms, on croirait que je suis Sarkozy et qu’il faut que je démontre absolument que j’ai lu des livres (rires). Je suis un peu obsessionnel, je lis par période : j’ai lu tout Dostoïevski en six ou huit mois. Il y a chez lui une langue particulière et une compassion permanente pour ces personnages qui passent du calme à la folie d’une page à l’autre. Au début de Fakir, quand j’étais seul, les romanciers m’ont tenu compagnie

 

LVSL : Avez-vous le temps de lire encore aujourd’hui ?

 

Oui, je m’oblige à lire. Je lis Vernon Subutex en ce moment. J’essaie d’alterner un essai, un roman, un essai, un roman.

 

LVSL : Comment vivez-vous la présence dans les institutions, cette double-casquette de député-reporter ? Comment maintenir ce lien avec le dehors, avec les luttes ?

 

C’est très compliqué, parce que le pouvoir enferme – même le petit pouvoir qu’on a. J’imagine très bien comment, lorsqu’on devient ministre, on n’a plus autour de soi qu’un univers de papier. C’est compliqué car, si tu n’es pas à l’Assemblée nationale – et il y a de quoi s’occuper tous les jours – ça ne va pas, mais si tu passes ton temps à l’Assemblée, tu te coupes des gens. Je sais que ce qui me rendrait moins bon, c’est d’avoir moins de temps pour les gens.

 

Pour moi, l’Assemblée nationale n’est pas une rupture mais la continuité avec ce que je faisais avant. Mon objectif avec Fakir était d’avoir une parole publique la plus large possible. L’Assemblée nationale est un porte-voix pour une parole publique. Intervenir à une tribune officielle donne à la parole une légitimité supérieure à celle du rédacteur du journal Fakir.

 

Parfois les gens me demandent « est-ce que ce n’est pas décourageant de crier dans le vide à l’Assemblée ? » et je leur réponds que mon désert aujourd’hui est bien plus peuplé qu’auparavant.

 

« Etre un épouvantail à multinationales, ça se prend. »

 

Dans cette nouvelle fonction, ma parole prend du poids, notamment quand je vais rencontrer des gens. La bonne sœur rouge qu’on voit dans Merci Patron, m’a expliqué que des gens à Amiens ont eu des problèmes avec SFR. Elle m’a dit : « j’ai contacté SFR et je leur ai dit que j’allais appeler François Ruffin », et le problème s’est réglé. Etre un épouvantail à multinationales, ça se prend. Dans beaucoup de petits cas concrets, on peut changer la donne localement par notre présence.

 

J’ai toujours voulu faire un journal populaire, et mon rôle de député peut renforcer mon lien avec les gens. Pas forcément dans ma disponibilité en termes de temps, mais dans ma capacité à être à leurs côtés dans leurs difficultés. C’est agréable sur le plan du sentiment d’utilité et de la place que je veux occuper. Ensuite, je ne pourrais pas intervenir à l’Assemblée de manière aussi tonitruante si derrière je n’éprouvais pas l’assentiment des gens. La légitimation, c’est le jour de l’élection, mais c’est aussi les autres jours ! Si je me balade sur une raiderie et que les gens viennent me dire que je ne raconte que des conneries, je n’oserais plus intervenir à l’Assemblée de la même manière. C’est pas comme si je vivais en dehors de la société, je représente des gens et il faut que je trouve le chemin pour qu’ils m’accompagnent.

 

Et donc si à l’inverse je reçois des messages positifs, ça m’encourage, parce que les forces contraires sont nombreuses. Ceux qui nous disent que ce qu’on raconte est débile sont nombreux, qu’il faut mieux s’exprimer, qu’il faut rentrer sa chemise dans son pantalon ! C’est tous les jours qu’on a le droit à des rappels au règlement, que De Rugy n’est pas content après toi et qu’il te met un blâme. Sans parler des médias… Heureusement, on peut sentir que des gens approuvent ce qu’on fait.

 

LVSL – Il va y avoir un livre sur votre immersion dans l’hôpital psychiatrique d’Amiens. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Pendant la campagne, il y a eu une grève à l’hôpital psychiatrique Philippe Pinel à Amiens, qui est situé en dehors de ma circonscription. J’y suis allé, j’ai rencontré les salariés et les syndicalistes, et je leur ai promis de revenir les voir une fois député. J’y suis donc retourné en octobre, pour 24h. La députation m’a permis d’ouvrir la porte de l’hôpital psychiatrique, j’ai même pu rencontrer le directeur, ce qui aurait été impossible si j’étais resté le rédacteur du petit journal Fakir ! On m’aurait proposé un créneau entre 7h30 et 8h du matin… Quand j’y suis allé en tant que député, non seulement le directeur était là, mais il avait convoqué tout son staff, ça dure 3 heures, c’est une espèce de match de boxe où tu arraches des informations. Et ensuite, tu peux aller rencontrer l’Agence régionale de santé, qui prend deux heures pour discuter avec toi.  C’est beaucoup plus compliqué en tant que journaliste. Donc être député offre des capacités de reportage.

 

Ensuite, je peux interpeller la Ministre de la Santé dans l’hémicycle sur la condition dans les hôpitaux psychiatriques. Agnès Buzyn me répond que c’est du flan, elle essaie de rassurer les députés : « le monde des hôpitaux psychiatriques n’est pas du tout comme le décrit François Ruffin ». Et si je n’avais pas été sur le terrain, si je n’avais pas cette réassurance, je ne pourrais pas reprendre la parole pour dire « Madame la ministre, c’est vous qui racontez des conneries ». Parce que moi j’ai rencontré les patients, les familles, les psychiatres, les infirmiers, et ils sont tous dans la mouise aujourd’hui. C’est donc la Ministre, enfermée dans son monde de papier, qui est sourde à cette douleur-là. Je ne pourrais pas lui rentrer dans le lard si je m’étais contenté de lire vaguement un rapport sur la question.

 

On a tiré la sonnette d’alarme, on espère que ça pourra faire bouger les lignes. J’apporte une proposition de loi sur le financement de la psychiatrie, je ne me fais pas d’illusion, elle ne passera pas. Mais ce n’est pas le problème, c’est un mode de publicisation : on rend tout cela public, et on peut espérer qu’il y aura une alerte suffisante au Ministère pour que ça change. Cela n’aurait pas été possible avec Fakir.

 

« Fakir me force à me poser, à réfléchir, parce que l’Assemblée est une machine décérébrante. »

 

LVSL – Où va Fakir maintenant que vous êtes député ? Quel doit être son rôle ?

 

Fakir me force à me poser, à réfléchir, parce que l’Assemblée est une machine décérébrante. On passe d’un sujet à l’autre toutes les 5 minutes. Hier, j’ai traité Alstom, Réseau transports électricité, la mission économie des collectivités locales. Tous les jours, je suis sur six ou sept sujets différents. C’est pas comme ça qu’on pense et qu’on réfléchit, c’est extrêmement superficiel. Heureusement que j’ai été élu à 42 ans et que j’ai dix-huit ans de Fakir derrière moi. Mon premier réflexe quand je dois traiter un sujet à l’Assemblée, c’est de regarder ce que j’ai publié dessus dans Fakir. C’est mon lieu d’existence intellectuelle. C’est un socle, j’ai toujours fait autre chose à côté de Fakir, mais je sais que si tout le reste disparaissait, il resterait Fakir.

 

Maintenant, la question qui se pose c’est : est-ce que les gens vont le lire alors qu’ils peuvent regarder mes vidéos sur Facebook ? C’est compliqué, mais je pense qu’il existe un lien affectif avec nos lecteurs, un sentiment d’appartenance collective. En fin de compte, quand j’écris, c’est comme si je donnais toujours à voir la cuisine, j’explique comment se fait l’enquête, etc. Expliquer cela, c’est aider les gens à grandir avec moi. Montrer les coulisses de mon travail, m’exprimer à la première personne, je pense que cela donne la sensation aux gens de m’accompagner.

 

Notre gauche part de très bas. Fakir est un outil pour avancer et faire avancer les gens avec nous. On a 15 000 abonnés, 30 000 lecteurs, sur 60 millions de Français ce n’est pas beaucoup, mais dans l’univers militant, c’est déjà pas mal. On a une petite influence. Je pense que j’ai contribué à faire entrer la question du protectionnisme, par exemple, au Parti de Gauche. Replacer la confrontation capital/travail au cœur du discours politique, on y a aussi participé. On a été parmi les veilleuses qui ont entretenu cela, la question de la guerre de classes, quand même le Parti Communiste n’en parlait plus. Comme disait Boris Vian, ce qui compte ce n’est pas la puissance de la bombe, c’est l’endroit où tu la poses. On n’est pas un mouvement de masse qui pénètre dans les foyers français, mais on a su parler de certains sujets au bon endroit.

 

« C’est très important de montrer la victoire est possible, que notre gauche n’est pas toujours condamnée à perdre. »

 

LVSL – Votre victoire aux législatives n’aurait pas été possible sans votre capacité à rallier de larges secteurs de la population de la circonscription : des classes moyennes déclassées, des chômeurs, des ouvriers. Quand on regarde le détail, on voit clairement que vous avez empêché le FN de monter. Comment poursuivre cette reconquête, notamment dans cette France périphérique et déclassée ?

 

Tout d’abord, c’est très important de montrer la victoire est possible, que notre gauche n’est pas toujours condamnée à perdre. La base historique qu’on doit construire, c’est l’alliance des deux cœurs de la gauche : les classes populaires et la classe intermédiaire, les profs et les prolos, comme dirait Emmanuel Todd. Mais on doit aussi résoudre la fracture entre les classes populaires blanches des zones périurbaines et les fils d’immigrés des banlieues. Ce n’est pas quelque chose qui va de soi. Dans ma circonscription, il n’est pas évident de faire prendre conscience aux habitants de Flixecourt et des quartiers Nord qu’ils partagent des intérêts communs.

 

François Ruffin dans son bureau à l’Assemblée nationale ©Alexis Mangenot

Pour réaliser la jonction, il ne faut pas les emmener sur le terrain culturel, ou cultuel. Le divorce apparait aussitôt. Il faut déplacer le débat là où leurs intérêts sont convergents, c’est-à-dire sur l’économique et le social.

 

Foncièrement, je pense que les gens sont moins racistes aujourd’hui que dans les années 1970. On me raconte comment à l’époque, à Amiens, tout le monde se traitait de bougnoules, de bicots, c’était la guerre d’Algérie qui trainait encore. Mais le débat n’était politiquement pas placé sur ce terrain. Il était situé sur le terrain de la lutte des classes, des petits contre les grands, des pauvres contre les riches, des ouvriers contre les patrons. Ça créait une convergence. Aujourd’hui, on a un parti, le Front National, qui s’est spécialisé dans cette question de la fracture culturelle, qui a donné une traduction politique et électorale à quelque chose qui existe dans la société, mais dans une moindre mesure qu’auparavant. Le thème central du FN, c’était l’immigration, l’insécurité, les noirs et les arabes. C’était concomitant à l’effacement du clivage capital/travail.

 

LVSL – Vous parliez de réunir les deux cœurs historiques de la gauche. Qu’est-ce qu’implique cette rencontre entre la petite-bourgeoisie intellectuelle et les classes populaires ? Comment doit-elle s’opérer ?

 

Je ne pense pas que ce sera une union formidable. Mais des processus historiques comme la Révolution française sont tout de même marqués par la conjonction de ces deux classes. L’une qui est très puissante et très consciente de sa force, c’est la bourgeoisie qui se veut l’expression des classes populaires à l’Assemblée, bien qu’il s’agisse en réalité des des avocats et des propriétaires. Et l’autre, le peuple, qui se mobilise dehors, dans les campagnes et dans les villes.

 

Toute la beauté de la Révolution, et ce qui en fait le moteur, c’est l’histoire de la jonction entre ces deux classes contre l’aristocratie. Dans son film La prise du pouvoir par Louis XIV, Roberto Rossellini explique la peur du retour de la fronde, à savoir la crainte de la jonction entre l’aristocratie et la bourgeoisie contre le roi. Louis XIV a tout fait pour éviter cela, c’est la raison pour laquelle il a créé Versailles : les aristocrates, au lieu d’être hébergés par les bourgeois parisiens, se retrouvent près du roi et dépendants de lui. Par ce biais-là, le roi a attaché l’aristocratie au royaume, il a cassé le lien possible avec la bourgeoisie. C’est pour cela qu’à la différence de la révolution anglaise, où la bourgeoisie et l’aristocratie s’étaient unies contre le roi, l’aristocratie française est restée proche du roi tandis que la bourgeoisie a du trouver un autre allié : le peuple. C’est ce qui fait l’originalité de la Révolution française, un processus extraordinaire qui dure pendant six ans.

 

« Sur le plan économique et social, il existe un intérêt commun à se bagarrer contre la nouvelle aristocratie qu’est l’oligarchie.

 

Comme le dirait Chantal Mouffe, ce qui fait le « nous », c’est le « eux » : il faut définir l’adversaire. »

 

Avec le Front populaire, on assiste aussi à une alliance de classes : les intellectuels antifascistes, les ouvriers pour les 40h et les congés payés. En mai 68, on a vu la jonction s’opérer entre étudiants et ouvriers, même si on ne peut pas parler d’une communion. En 1981, on a eu une conjonction entre les deux groupes sociaux dans les urnes, mais pas dans la rue. Maintenant, il faut la rue et les urnes ! On n’obtiendra rien uniquement par les élections. Je ne pense pas forcément à une rencontre physique, mais il peut y avoir une rencontre autour d’hommes auxquels on se reconnaîtra, et autour d’un programme. Sur le plan économique et social, il existe un intérêt commun à se bagarrer contre la nouvelle aristocratie qu’est l’oligarchie. Comme le dirait Chantal Mouffe, ce qui fait le « nous », c’est le « eux » : il faut définir l’adversaire, cette nouvelle aristocratie. Il faut réussir à conjuguer tout cela et montrer que les multinationales, l’oligarchie politique et aristocratique qui dirige opprime les gens.

 

LVSL – Récemment, dans un débat avec Olivier Besancenot, vous avez défendu le protectionnisme pour protéger les salariés, et ramener le patron dans l’espace national. Comment faire en sorte que le protectionnisme soit un outil de progrès et non un simple repli sur soi ?

 

Le protectionnisme est une condition nécessaire mais non suffisante. Ce n’est pas parce qu’on fait du protectionnisme qu’il y a forcément derrière du progrès social. Le protectionnisme est un moyen et non une fin. Mais sans ce moyen, on est interdit de politique, car on vit sous la menace d’un chantage permanent : le départ des capitaux. Jusqu’aux années 1970, les salariés prenaient confiance en eux-mêmes, devenaient forts et gagnaient du terrain. C’est un peu comme si une équipe de football qui perdait tout le temps commençait à engranger des victoires, et à ce moment-là l’équipe d’en face décide de s’en aller pour jouer contre d’autres adversaires. C’est ce qui s’est passé.

 

« J’en ai marre d’être l’« anti-Macron » »

 

Il faut formuler le protectionnisme en relation avec les finalités que l’on poursuit : l’écologie, la justice sociale, le progrès fiscal. Car si le moyen est commun avec le Front national, la politique poursuivie derrière en est aux antipodes !

 

LVSL – D’une certaine façon, vous incarnez l’indignation et la colère face aux élites et à la mondialisation néolibérale. En d’autres termes, vous incarner le dégagisme, le moment destituant. Comment conjuguer cela avec un projet alternatif et une rhétorique instituante afin d’aller plus loin ?

 

Dans mes dernières années à Fakir, c’est une question je me posais de façon récurrente sur chaque dossier : « qu’est-ce que nous on ferait ? ». Quand on élabore des propositions de loi, qu’on fait en sorte qu’elles soient crédibles et audibles par les gens, on est dans l’instituant. Par exemple, le 1er février, le groupe France Insoumise aura sa première niche parlementaire – journée consacrée aux textes présentés par un groupe d’opposition. J’ai tout de suite pensé qu’il était essentiel de bien structurer ce qu’on allait proposer à ce moment-là, pour être crédible et cesser d’être vus exclusivement comme les « anti ». J’en ai marre d’être l’ « anti-Macron », je ne veux pas qu’on me sorte du tiroir seulement quand il faut réagir à une déclaration d’Emmanuel Macron.

 

Il faut porter la colère des gens et susciter l’espoir. Colère et espoir, c’était le nom d’un mouvement communiste dans les années 2000 d’ailleurs, mais les deux termes sont justes. Piotr Kropotkine disait quelque chose comme « si la colère fait les émeutes, seul l’espoir fait les révolutions ». Il faut viser l’élévation du niveau de conscience collective. On part de très bas, les prochaines générations partiront de plus haut, auront quelques barreaux d’avance en matière d’idéologie. Aujourd’hui, on perd dans les grandes largeurs à chaque vote au Parlement. La guerre des classes a bien lieu mais elle se fait en notre défaveur : on voudrait un code du travail qui protège davantage les salariés et c’est tout l’inverse qui se profile. Tous les jours on perd, mais au moins nos questions sont posées dans le débat public, c’est déjà une avancée. Je repense à un propos de Victor Serge, qui parlait de Trotski : de génération en génération, la conscience collective des Russes n’a cessé de s’élever et si Trotski était au-dessus du lot, c’est qu’il était déjà porté par cette montée générale du niveau.

 

Aujourd’hui, on doit participer à la montée du niveau des eaux. J’essaie d’y prendre part. Est-on apte à prendre le pouvoir et à en faire quelque chose aujourd’hui ? Moi je pense qu’il faut se préparer. A l’Assemblée, techniquement on est moins bons que nos adversaires car ils sont habitués à jongler avec les signes. Les 17 députés, on se forme, on s’élève un peu, on comprend comment se fait un budget. On n’a pas l’élite à même d’occuper les ministères. C’est une inquiétude, si jamais demain on devait avoir le pouvoir, on a un défi colossal. Emmanuel Macron, lui, a une élite à son service et mène une politique voulue par les dominants, donc il ne rencontre pas d’obstacles majeurs. Nous, si nous arrivons au pouvoir, nous devrions avoir une élite formée et dans un moment de lutte intense où on devrait se bagarrer contre le Sénat, contre le Conseil constitutionnel, contre les médias, contre Bruxelles. Nous n’aurions pas une masse de gens suffisamment consciente des outils à leur disposition, et donc il va falloir aller les trouver.

 

« On ne peut pas dire journalopes et merdias en permanence, comme une espèce de réflexe. »

 

Là, on a des années devant nous pour faire monter ce niveau d’exigence. Cela commence par moi-même. Je pense être un bon contre-pouvoir, mais jusqu’ici le moment instituant ce n’est pas franchement mon truc. Maintenant, je me mets à faire des propositions de loi, j’ai des collaborateurs qui lisent le code de la santé, qui rencontrent les admnistrateurs, etc. De mon côté, je rencontre les médecins, les patients, les familles de patients, ou l’ARS pour déterminer ce qu’il faudrait faire. C’est pourquoi la niche du 1er février est importante : même si nos propositions ne passeront pas, on peut démontrer qu’on est capable d’en porter. On espère aussi que cela formera des gens autour de nous. J’ai fait sur ma page Facebook une défense de Nicolas Demorrand : on ne pourra pas gagner avec des gens qui sont juste haineux et atrabilaires. Je comprends qu’à force de perdre en permanence, lorsqu’on est démuni de toute arme et qu’on a la tête sous l’eau, on peut avoir de la rancœur. Mais on doit être plus digne. On ne peut pas dire journalopes et merdias en permanence, comme une espèce de réflexe. Quand je vais voir quelqu’un de la FNSEA je prends plein de critiques, mais j’essaie d’expliquer aux gens qu’on ne transformera pas, encore une fois, l’agriculture française sans discuter avec la FNSEA.

 

François Ruffin dans son bureau à l’Assemblée nationale ©Alexis Mangenot

On peut prendre l’exemple de la crise du poulet Doux, ces dernières années. Là où on voit notre médiocrité, c’est qu’on a été incapables de dire « voilà ce qu’il faut faire ». Et quand on appelle tous les nôtres, en Bretagne, personne n’est capable de te mettre en liaison avec un aviculteur. On ne peut pas changer l’aviculture sans avoir discuté avec les aviculteurs. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on considère parfois détenir une vérité condensée dans un programme, qu’il suffirait de dérouler l’ensemble. Non, il faut aller voir les producteurs, comprendre l’agriculture sur le terrain. On doit apporter ce volet enquête, car on n’a pas la science infuse, il faut s’informer sur les conditions de vie des gens, déterminer l’élément à partir duquel ils vont penser qu’on peut changer les choses. C’est aussi ce que je retiens de Chantal Mouffe : faire de l’enquête, partir des gens, casser le sectarisme. A l’Assemblée nationale, je prends plaisir à faire des choses avec des gens du Modem sur l’agriculture, ou avec un député LR-constructif sur le football.

 

« Croire qu’il ne faut pas bâtir une alliance, c’est estimer qu’on est le plus faible et qu’on croit qu’on ne pourra pas tirer avantage de cette alliance. […] Dire qu’il ne doit pas y avoir des alliances avec les socialistes et les communistes… moi je ne veux pas l’exclure pour l’avenir. »

 

Avec ces initiatives, c’est aux militants que je m’adresse, en leur disant que si on veut gagner et construire demain, il va falloir faire des alliances. Sur l’hôpital psychiatrique, j’ai repris le post de Barbara Pompili sur ma page Facebook pour dire qu’elle raconte la même chose que moi et qu’on allait pouvoir faire des actions communes. En commentaires les gens réagissaient en la traitant d’opportuniste, de vendue ou de pourrie. Opportuniste on ne peut pas le nier, compte tenu de son parcours politique. Mais ce n’est pas grave, on cherche les alliances qu’on peut, pour avancer. Croire qu’il ne faut pas bâtir une alliance, c’est estimer qu’on est le plus faible et qu’on croit qu’on ne pourra pas tirer avantage de cette alliance. Ce sont des questions qui doivent se poser : le Front populaire, c’était une alliance électorale. Les discours du type « la France Insoumise va incarner la gauche et prendre le pouvoir toute seul », je n’y crois pas. La question doit se poser dans une situation historique donnée. On ne peut pas tirer de conclusion pour l’éternité. Le Front populaire se déclenche car à l’intérieur de la coalition les radicaux de gauche sont déclinants, la SFIO devient le premier parti et le PCF monte. Ce n’est pas la même alliance que si les radicaux de gauche avaient été au gouvernement. Dire qu’il ne doit pas y avoir des alliances avec les socialistes et les communistes… moi je ne veux pas l’exclure pour l’avenir.

 

LVSL – En parlant de rhétorique instituante, de production d’un ordre alternatif et de nouvelles institutions, Nuit Debout, auquel vous avez abondamment participé, était marqué par sa volonté d’horizontalité pure. Un an et demi plus tard, quelle analyse faites-vous de l’échec du mouvement ? Les mouvements des places ont-ils un avenir ?

 

Je n’ai pas abondamment participé, j’ai été là au lancement de Nuit Debout surtout, mais le mouvement a vécu. Compte tenu de la sociologie parisienne, il devait sûrement être ce qu’il a été. Je ne crois pas à l’horizontalité, je préfère une verticalité qui s’assume et qui ne cherche pas à se cacher derrière l’horizontalité. J’ai un côté très pragmatique qui fait que je ne théorise pas les choses avant de les avoir faites. Le dogme de l’horizontalité avec des dizaines et des dizaines de commissions et de sous-commissions, ce n’est pas mon truc. J’étais allé à Flixecourt pour demander aux gens ce qu’ils pensaient de Nuit Debout, et ils ne savaient pas ce que c’était. On avait ensuite montré la vidéo sur la place de la République, et ça avait été mal pris, parce que les gens de Nuit Debout se voyaient un peu comme le centre du monde. Flixecourt n’était pas au diapason.

 

LVSL – Il y a une autre question qui est épineuse : l’Europe. Comment se dessine la question européenne à l’avenir ? Est-ce que le Plan A/Plan B  de l’Avenir en commun est une manière de réconcilier les deux classes dont nous parlions tout à l’heure ?

 

La manière dont la stratégie Plan A/Plan B est formulée me semble tout à fait pertinente. En 2005, le non a fait 55%. Si on refaisait le référendum aujourd’hui, on pourrait être à 65%. Je pense que des pans entiers des classes moyennes peuvent basculer sur cette question européenne. Non pas si on adopte une présentation frontale du type « Il faut sortir de l’Union européenne », je n’y crois pas. En revanche, sur l’idée d’un rapport de force construit avec l’Union européenne, la sortie de certains traités, la remise en cause de la libre circulation des capitaux et des marchandises, on peut avoir la masse critique avec nous. Ce n’est pas le cas si on dit « sortie de l’Union européenne », car c’est le saut dans l’inconnu. La métaphore de Chevènement n’est pas bête : « je ne voulais pas monter dans l’avion, mais maintenant qu’il a décollé, je ne vais pas vous demander de sauter sans parachute ». On a intérêt à construire le parachute.

 

Ceci dit, je ne pense pas que ce soit le seul point de tension entre classes moyennes et classes populaires. Les classes populaires se remettent à exister dans l’espace politique, elles n’en sont plus les grandes oubliées. Des symboles interdits des classes populaires – le camping, la pétanque, le football – sont remis en valeur : on joue à la pétanque le long du canal Saint Martin, tout le monde peut aller au camping. Bref, je suis assez optimiste sur la « réconciliation » des classes populaires et d’une partie des classes moyennes. C’est la fin du Grand bond en arrière de Serge Halimi. La mondialisation fonctionne un peu comme le combat des Horaces et des Curiaces décrit par Tite-Live : si elle avait attaqué en même temps les ouvriers, les fonctionnaires, les jeunes, cela aurait créé un front de résistance à cette mondialisation. Mais elle a pu s’imposer car elle a attaqué les ouvriers dans un premier temps, les jeunes dans un second temps, les fonctionnaires ensuite… ce sont des vagues d’attaques successives. On a des vaincus de la mondialisation qui s’accumulent. La solidarité n’est pas immédiate entre toutes ces classes, il faut en montrer le chemin, trouver ce qu’il y a de commun.

 

Sur le plan social il y a toujours des hauts et des bas, même si la mondialisation nous plonge dans un long cycle déclinant. Sur le terrain écologique, en revanche, on n’est pas sur un processus cyclique : ce qui est détruit ne pourra pas être reconstruit. On est dans un processus de destruction, et c’est une inquiétude majeure. Dans notre réflexion sur la jonction des classes populaires et des classes intermédiaires, il faut à mon avis intégrer la question écologique. Il suffit de lire Quand les riches détruisent la planète de Hervé Kempf. J’ai rencontré Jean-Luc Mélenchon pour la première fois juste avant la fondation du Parti de Gauche. Il m’a demandé ce qu’il devait lire : je lui ai conseillé l’Illusion économique et d’Emmanuel Todd, et ce livre de Kempf.

 

C’est la raison pour laquelle je suis en adéquation avec la France Insoumise, car le gros du programme additionne ces deux ouvrages : le protectionnisme de Todd, le souci environnemental lié à la question sociale chez Kempf. Le slogan de Hervé Kempf, c’est consommer moins pour répartir mieux. C’est une façon d’allier le vert et le rouge. Il repart de la théorie de Thorstein Veblen sur la rivalité ostentatoire : les riches détruisent la planète parce qu’ils surconsomment mais aussi parce qu’ils tirent toute l’échelle de la consommation vers le haut. Il y a un phénomène d’attraction : tu as le yacht de Bernard Arnault, tel patron qui a un yacht de 20 mètres de long, puis tel médecin qui va avoir son voilier à La Baule, et le retraité qui va vouloir faire sa croisière Costa, et en dessous un prolo de Picardie qui va s’acheter un scooter des mers pour le conduire sur la Somme. Ce que nous dit Kempf, c’est qu’il faut aplatir la pyramide : il faut commencer par le haut, pour éviter d’être tirés toujours vers plus de consommation. C’est d’abord l’oligarchie qu’on doit limiter.

 

« Maintenant, moi, je préfère toujours quand on associe le drapeau rouge et le drapeau tricolore, quand on chante la Marseillaise et l’Internationale. »

 

LVSL – Quel est le rôle du patriotisme dans cette convergence ? On pense au retour des drapeaux tricolores lors de la campagne de Jean-Luc Mélenchon…

 

Il y a une phrase que j’aime bien, de Lao-Tseu : connaître sa honte et soutenir sa gloire. Intimement, il y a des souvenirs dont on a honte. Si on les rumine, on sombre dans la dépression, et on ne fait rien de bon à partir de cela. Soutenir sa gloire, c’est s’appuyer sur les pages qu’on estime les plus valorisantes de soi, et tout faire pour être à la hauteur de ces pages. Et je pense que ce qui est vrai sur le plan individuel l’est aussi sur le plan collectif. Si on ressasse toujours les pages noires de notre histoire, qu’il ne faut évidemment pas nier, on ne peut pas s’en sortir. Il s’agit de bousculer l’ordre du monde. Si on n’est pas fier de ce que l’on est, comment va-t-on y parvenir ? Maintenant, moi, je préfère toujours quand on associe le drapeau rouge et le drapeau tricolore, quand on chante la Marseillaise et l’Internationale.

 

Entretien réalisé par Lenny Benbara

Militantisme post-mortem ou récupération indécente par le monde de l'argent et de la réaction?

Militantisme post-mortem ou récupération indécente par le monde de l'argent et de la réaction?

 

Publié le 7 Décembre 2017
                           ALLUMER  LE  FEU
ALLUMER LE FEU
 
Tous les projos sont braqués sur J-Ph Smet et accessoirement sur de J. d'Ormesson, le jour de la mise à mort officielle du code du travail.Même si ses deux chantres tenus à bout de bras sur toutes les avant scènes médiatiques n'ont pas forcément choisi le moment, la droite et le capital savent mobiliser et user de tous les ressorts pour derrière ce brouillard commettre  leurs mauvais coups.
 
Les déclarations assumées et réitérées tant de l'écrivain (talentueux mais à l'esprit très orienté*) que le chanteur justifient quand même de rappeler que l'un fut le directeur du quotidien symbole de la réaction et de la grande bourgeoisie française et l'autre, Koblencien fiscal, usait activement des bienfaits d'un système social, médical et d'assistance à la production artistique qu'il refusait de financer alors qu'il s'est engraissé des aides de la SACEM et des recettes provenant de ceux qui sont le plus pressurés pour l'abonder.Concernant le plus helvéto-californien hébergé des paradis fiscaux, parler de deuil national voire même de Panthéon alors que ces honneurs sont systématiquement interdits à quiconque, pourtant grandement digne de les recevoir, a combattu la réaction, la grande bourgeoisie, leur ont arraché les moyens de pour mettre en place ce système social, médical et d'assistance à la production artistique, oui parler de deuil national est pour le moins indécent.
 
L’événement étant maintenant le moment où il se tait, "on" nous annonce que pour faire durer le tunnel médiatique permettant la mise en place des ukases liberticides, Touthenmakron, oracle, va parler.Va-t-il, chanoine de Latran sous contrôle des Gardes Suisses pontificaux,  demander la béatification de l'exilé fiscal ? Rien ne laisse présumer des ses élucubrations ...sauf la précisions permanente de ses attaques antisociale et sa volonté d'araser le socle du pacte républicain de le miner pour livrer au capital une France dévasté comme espace de concurrence libre et plus "faussable". (Ce qui renvoi encore une fois à la responsabilité de qui l'a fait roi). 
 
* Roger rappelle opportunément ce trait d'esprit du châtelain dont la ville porte son nom que pour lui appeler jour où il y a grève "journée d'action" est la preuve que les syndicalistes ont l'habitude de ne rien faire. Cela ne fera sourire que ceux qui embusqués profiteur restent  à attendre que les luttes leur permettent de rester au chaud chez eux ou au boulots pour bénéficier d'une haute valeur morale décerné par leur taulier.
 
Rédigé par Canaille le Rouge

La loi et le désordre

La loi et le désordre

Publié le 7 Décembre 2017

La loi et le désordre

 

Donc, un fou parano provocateur peut appeler à violer le droit international en toute quiétude autre que de voir se manifester une désapprobation voir une condamnation qui en l'état reste virtuelle, mais appeler à ne pas participer au pillage d'une colonisation imposée à un peuple au mépris du même droit international est en France passible des tribunaux et conduit la représente de l'U.E., celle des "100 ans de paix" à inciter les victimes de la double agression à la modération.

 

Je sais en faisant mes courses vers qui mon faible pouvoir d'achat n'ira pas.

La loi et le désordre

Rédigé par Canaille le Rouge

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