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Politique française 2017

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

De la poule au pot à la poule au pou

Nos vieux manuels d'histoire valorisaient la poule au pot chaque dimanche, instaurée par Henri IV pour nourrir le peuple. Ce qui n'était pas entièrement vrai. Mais aujourd'hui, la poule au pou touche toute la filière avicole, bio comprise.

Sur quelques 250 000 oeufs "fibronilsés" en France, plus de 45 000, estampillés bio, ont été vendus par le discount Leader Price. Et si d'aucuns évoquaient le miracle bio pour se nourrir sainement?

Certes, le cahier des charges bio impose de limiter les chambres d'élevage à 3 000 poules maxi. Mais tout de même 3 000 poules! Et le système capitaliste n'impose aucun seuil de surface pour les bâtiments.

Et souvenez-vous de ces canetons bien de chez nous, nés dans le Tarn, mais contaminés et vendus à de gros producteurs du Lot et du Gers. Et l'abattage massif qui s'ensuivit.

Quant au contrôle, il n'est pas lui du tout massif. Comme le révèle le Canard enchaîné de cette semaine, faute de moyens humains, la Direction générale de l'alimentation n'a contrôlé l'an dernier que 677 oeufs sur 15 milliards commercialisés.

Vous prendrez bien un peu de molécules pharmaceutiques pour la route? Après, on rasera gratis. Emmanuel Macron l'a juré. Et un banquier d'affaires est un ennemi acharné du capitalisme qui grève notre vie. Non?

De la poule au pot à la poule au pou
 

Publié par El Diablo

RETOUR sur les LEGISLATIVES : les résultats cachés du 11 juin 2017 (par Aurélien Bernier)

photo d'illustration (source: La classe de Noémi)

photo d'illustration (source: La classe de Noémi)

Aurélien Bernier est essayiste. Il a publié plusieurs ouvrages dont La gauche radicale et ses tabous : pourquoi le Front de gauche échoue face au Front national (Seuil, 2014) et plus récemment La démondialisation ou le chaos (Utopia, octobre 2016).

*****

Les commentaires sur le premier tour des élections législatives du 11 juin se concentrent souvent sur les éléments les plus visibles du scrutin, à savoir le taux historique de l'abstention et la large victoire de la République en Marche du président Emmanuel Macron. Mais la comparaison historique nous livre d'autres enseignements, moins spectaculaires mais bien plus importants pour la suite.

 

Fin 2013, je réalisais pour mon livre La gauche radicale et ses tabous, paru en janvier 2014, le tableau ci-dessous, qui s'arrêtait évidemment aux scrutins de 2012. Je le reproduis ici, complété des résultats les plus récents.

source : Ministère de l'Intérieur (source:www.ipolitique.fr) - pour agrandir le texte, lien ci-dessous:

source : Ministère de l'Intérieur (source:www.ipolitique.fr) - pour agrandir le texte, lien ci-dessous:

L'expression des données en pourcentage des inscrits permet de comparer les évolutions du rapport de force entre la gauche radicale et le Front national et, au sein de la gauche radicale, de comparer le poids de chaque tendance.

 

Que disent ces chiffres ?

 

Premièrement, on observe depuis 2002 un phénomène très net de perte de voix entre la présidentielle et l'élection législative suivante, tant pour la gauche radicale que pour le Front national. En 2002, la gauche radicale passait de 9,55 % des inscrits en avril à 4,82 % en juin. En 2012, elle passait de 9,99 % à 4,44 %. En 2017, la chute se confirme, de 16,15 % à 6,91 %. Mais le Front national suit le même chemin : de 13,28 % à 7,69 % en 2002, de 13,95 % à 7,66 % en 2012, de 16,14 % à 6,43 % en 2017. Les mouvements « antisystème » percent à la présidentielle avant de reculer à l'élection législative, ne parvenant pas à mobiliser leur électorat, qui se replie en partie dans l'abstention.

 

Deuxièmement, le rapport de force entre le Front national et la gauche radicale s'est rééquilibré en 2017. Alors qu'il était d'environ 60/40 en 2012 et qu'il avait même bondi à 75/25 en 2014 pour l'élection européenne, il s'est établi à 50/50 en 2017, avec même une légère avance pour la gauche radicale. Ce résultat est suffisamment nouveau pour être souligné, car depuis 1988, le Front national dominait systématiquement la gauche radicale aux élections présidentielles et la plupart du temps également aux élections législatives.

Troisièmement, au sein de la gauche radicale, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon rassemble 92 % des voix à la présidentielle d'avril 2017 et 76 % aux législatives de juin. Les trotskistes sont très faibles à cette présidentielle (1,32 % des inscrits) et totalement marginalisés aux législatives (0,37 %). Quant au Parti communiste français, il réalise le 11 juin le pire score de toute son histoire : 1,29 % des inscrits. C'est moins qu'en juin 2007 (2,54 % des inscrits) et encore en dessous du résultat de Marie-George Buffet à la présidentielle deux mois plus tôt (1,59 % des inscrits). Pourtant, c'est cette multiplication des candidatures qui permet au Front national de terminer second de l'élection d'avril et troisième de celle de juin, alors que son nombre de voix est dans les deux cas inférieur à celui réuni par la gauche radicale.

 

Ces éléments, nous devrons les garder à l'esprit lors des futures discussions sur l'avenir de la gauche radicale, qui ne pourront pas se limiter à enfoncer des portes ouvertes. Oui, il y a bien eu une offensive médiatique quasi-militaire pour soutenir et faire gagner Emmanuel Macron. Oui, les législatives de juin 2017 montrent à quel point les partis dominants et, plus globalement la classe politique, sont délégitimés. Et oui, la meilleure nouvelle de la séquence de 2017 est que le Front national n'est plus la principale force politique « antisystème ».

 

Mais nous devons aussi avoir conscience que le bon résultat de la France insoumise résulte quasi- exclusivement d'un transfert de voix du Parti socialiste vers elle. Le pari de mobiliser les abstentionnistes n'a pas été réussi. La tâche est évidemment très difficile, il n'y a aucune recette miracle pour y parvenir, mais une chose est certaine : le grand écart ne fonctionne pas. On ne peut pas à la fois rassurer des classes moyennes craignant les conséquences d'une rupture avec le système économique et redonner espoir à des classes populaires massacrées par la mondialisation. Pour la gauche radicale, le débat à tenir d'urgence ne porte pas sur la structuration d'un nouveau parti ou sur des questions d'alliances. Il est programmatique. Il est de choisir entre un programme de régulation néo-keynésienne qui rassure les classes moyennes et un véritable programme de démondialisation qui parlerait aux classes populaires. Un choix, d'ailleurs, que le Front national n'a pas lui non plus réussi à faire.

 

SOURCE:

Législatives : les résultats cachés du 11 juin 2017

https://www.marianne.net/debattons/tribunes/legislatives-les-resultats-caches-du-11-ju

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Scandale sur les oeufs contaminés: le ministre français de l'Agriculture fait dans le flou capitaliste

Pressé par les consommateurs, Stéphan Travert communiquera enfin le nom des produits contaminés et la date de mise sur le marché. Mais "seulement pour les lots à des taux supérieurs à la limite autorisée". Et les pauvres couillons qui croyaient que le Fibronil était strictement interdit dans la chaîne alimentaire...

Et bien non, il y a des normes fixées par l'UE du capital. De plus, le radical de gôche, passé ministre dans un gouvernement de droite et de droite, n'impose aucune contrainte à la grande distribution: "Les enseignes qui le souhaitent pourront informer leurs clients par des affichettes en magasin".

Et aucune enquête française sur la tricherie organisée, parce que le capitalisme, vecteur de tous les maux dans notre société, reste et restera toujours libre et non faussé.

Ainsi, en toute impunité, des chaînes de distribution basées en France, achètent à bas coût des oeufs d'ailleurs alors que la filière française pouvait les servir en totalité. Et une société chimique des Pays-Bas a vendu un insecticide libre et non faussé à des producteurs de poules en batterie. Lequel insecticide a été fabriqué par une société belge qui se serait approvisionnée en Roumanie en toute légalité marchande. Roumanie, Pays-Bas et Belgique étant membres de l'UE du capital. Pays-Bas et Belgique étant même états fondateurs de l'ancêtre de l'UE dont à l'époque le CGT disait tout le mal lorsque le gouvernement socialiste et l'Assemblée nationale avalisaient le Marché commun.

Dites les copains, c'est pour quand l'Europe sociale et démocratique des travailleurs?

Vous remarquerez que je n'emploie pas le terme "camarade". Il paraît que ça fait ringard. Comme la lutte des classes sans doute. Non?

Bon, en attendant, le Fibronil, vous le dégusterez en omelette, sur le plat ou à la coque, ou dans dans la pâtisserie?

Scandale sur les oeufs contaminés: le ministre français de l'Agriculture fait dans le flou capitaliste

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Cédric Herrou réagit à sa condamnation

CAPTURE D''ECRAN SUR L'HUMANITE

CAPTURE D''ECRAN SUR L'HUMANITE

Ce 8 août 2017, Cédric Herrou a été condamné par la Cour d'appel d'Aix à 4 mois de prison avec sursis et à 1 000 euros de dommages intérêts envers la SNCF.

Pour rappel, j’avais été arrêté en octobre 2016 pour « aide à l’entrée et au séjour de personnes en situation irrégulière ». Il n’y a eu aucune flagrance, et aucun passage de frontière d’octobre à ce jour. Nous nous étions installés dans des locaux de la SNCF, abandonnés depuis plus de 20 ans, avec un collectif d’associations dont Médecins du Monde et Amnesty International ainsi qu’une soixantaine de demandeurs d’asile. Notre revendication : la prise en charge des mineurs isolés par la protection de l’enfance, et permettre aux demandeurs d’asile d’accéder à leurs droits. A aucun moment il ne s’agissait de « cacher » ou de « dissimuler » ces personnes, mais bien au contraire de les montrer pour tirer la sonnette d’alarme.
 
Force est de constater qu’un an plus tard, la situation n’a pas changé et a même empiré. J’ai actuellement chez moi de nombreux mineurs isolés qui attendent en vain d’être pris en charge par l’Etat français, et des demandeurs d’asile coincés sur mon terrain, qu’on empêche systématiquement d’accéder à leurs droits. S’ils sortent de chez moi, ils sont sûrs d’être arrêtés et d’être reconduits directement en Italie, sans autre forme de procès. Il est grave que le département des Alpes Maritimes, pourtant frontalier à l’Italie, ne dispose d’aucune infrastructure destinée à l’accueil des migrants.
 
Tous ceux qui veulent me faire passer pour un militant d’extrême gauche, un activiste no border, n’ont rien compris à la situation ici. Il ne s’agit pas d’être pro ou anti-migrants. Les empêcher de passer la frontière est utopique, et tout simplement impossible : tous passent. C’est justement pour cela que nous demandons un contrôle de ces flux, d’éviter la clandestinité des demandeurs d’asile. Notre combat juridique est respectueux des lois de la République française. C’est une lutte légale et juste, à l’image de la France, nation des droits de l’Homme.
 
Mais ma condamnation ce matin montre bien les limites de l’indépendance de la justice française, et la manipulation politique qui se joue dans les tribunaux. Tandis qu’à l’heure actuelle des bateaux d’extrême droite naviguent sur la Méditerranée pour couler les bateaux des ONG, on incrimine un paysan qui se substitue à la carence de l’Etat. 
 
Nous alertons Monsieur le président de la République sur les dérives actuelles face au non-respect du droit d’asile dans le département. 
 
Je n’ai pas le choix de continuer car je considère que c’est mon devoir de citoyen de protéger des personnes en danger. La menace d’emprisonnement ne saurait entraver la liberté que je défends.

mardi 15 août 2017

Camp décolonial: la nouvelle technologie politique adaptée à la France

La deuxième édition du Camp d'été décolonial, validé par le Conseil d'Etat, stigmatise les débats en cette période estivale, pourtant peu propice aux interrogations existentielles. Il est vrai que les interrogations ne sont pas particulièrement existentielles, alternant entre l'autruche du "chacun est libre" il ne faut pas être raciste, à la condamnation du racisme anti-blanc, que la justice refuse toujours de reconnaître. 
 
Pourtant au-delà de cet aspect conjoncturel de la question, le Camp d'été décolonial est une technologie politique mondialisée, déjà testée pour toutes les révolutions à l'Est et au Moyen Orient, soutenues par l'incontournable Soros. Le poing levé est la marque de fabrication que l'on reconnaîtra infailliblement.
 
La marque de fabrique du poing levé
 
La photo du Camp d'été décolonial est celle-ci:
Ces poings levés ont été retrouvés bien avant en Serbie (Otpor), en Géorgie (Khmara), en Ukraine (Udar) ou encore en Arménie, en Egypte etc.
Quelle que soit leur issue, ces mouvements du poing levé ont beaucoup de choses en commun: ils sont organisés et financés de l'étranger (NED, Soros, etc), utilisent des problèmes sociaux réels pour destructurer l'Etat, s'appuient sur des groupuscules de jeunes activistes radicalisés, déracinés et aculturés (supporters de foot, ONG particulières, groupes sur les réseaux sociaux) pour destabiliser la situation sociale.
 
La manipulation des masses
 
En France, le processus n'en est qu'à ses débuts. Il faut tout d'abord transformer l'espace de la société civile avant d'arriver à la deuxième phase, elle politique. La société civile française, par rapport à celle des pays de l'Est est particulièrement pacifique, l'on n'y retrouve pas l'agressivité qui existe en Russie par exemple. Il est donc nécessaire de créer des groupuscules actifs qui permettront d'entraîner les masses. C'est pourquoi ce Camp d'été ne peut être ouvert "aux blancs", il ne cherche pas le dialogue mais la formation.
 
Cette position est assumée sur le site du Camp.
 
1. Il concerne surtout les jeunes, encore non activistes, qui doivent être formés: 
Ce camp d’été n’est pas réservé aux militant.e.s. Au contraire, il a pour objectif de confronter les plus jeunes aux questions qui les touchent et de faire se rencontrer et travailler ensemble 
2. Il doit créer un lien spécifique entre ces membres à l'intérieur du corps national dont ils se distinguent et qu'ils rejettent:
tout militant est l’héritier de luttes passées et même en cours. On connaît très mal cette Histoire, on en sait très peu sur ces luttes et leurs enjeux. Du coup, l’un des objectifs du camp d’été c’est justement de se réapproprier tout ça. Il s’agit également de poser des termes sur ce que nous vivons et de partager méthodes et savoirs, qu’ils soient théoriques ou pratiques. 
3. Le mouvement est présenté comme alternatif. Ici la personnalité des organisatrices est significative:
Militante afroféministe et anti-impérialiste, espère voir la chute du blantriarcat capitaliste
Donc le capitalisme "blanc" pose des difficultés. Si l'argent n'a pas d'odeur, il vient de se doter d'une couleur. Il faut dire que la lutte contre le capitalisme fait plus d'adeptes, que la lutte pour les droits des noirs dans une société pacifiée. 
 
4. La remise en cause de la structure étatique:
Après, plus nous militons et plus nous nous rendons compte que le rouleau compresseur de l’antiracisme moral aka Touche-pas-à-mon-pote a fait des dégâts et a très largement contribué à la dépolitisation de ces sujets. On se retrouve avec des campagnes similaires à #Tous Unis Contre La Haine qui, en se focalisant uniquement sur le racisme interpersonnel et sur les sentiments haine/amour, occultent volontairement sa dimension structurelle, étatique et donc éminemment politique.  
Autrement dit, l'Etat capitaliste blanc est structurellement raciste, il faut donc lutter contre lui. Même le droit de l'homisme Oui-Oui, "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil"  a fait son temps, est dépassé. 
 
Il fut utile pour tuer toute possiblité de réflexion autonome, toute critique devenant immédiatement assimilée à du racisme, l'ère du relativisme triomphant d'une société émasculée laisse la place à celle de la constitution de groupuscules agressifs qui revendiquent la ségrégation raciale, font de "l'auto-apartheid" une marque de fabrique.
 
La société et la classe politique ne sont plus aptes à lutter, dans l'immense majorité n'en ont même plus l'envie et se réfugient dans l'aveuglement et la régression.
 
La préparation de la dimension politique
 
Chaque tentative de destabilisation lancée ces dernières années dans différents pays ont joué sur les particularismes locaux, les complexes de la société, qui furent exploités à des fins politiques anti-étatiques. Dans les pays de l'Est, il s'agissait d'être plus "européen", sans pour autant réellement comprendre ce que cela signifie concrètement. Dans les pays du Moyen Orient, il s'agissait de mouvements "démocratiques" à l'occidentale, même s'ils ont tous entraîné le chaos. La communauté internationale occidentale a toujours largement médiatisé et soutenu ces mouvements. Le cas de la France est une première, car nous sommes le coeur de l'Europe, l'image de la culture européenne. Bref, l'image d'une société qui, si elle doit être complexée, devrait soufrir d'un complexe de supériorité. Et longemps ce fut le cas. Mais depuis l'acculturation de la société est passé par là, l'immigration de masse et parfaitement dirigée, la destructuration de l'enseignement, l'abrutissement et la manipulation de masse ont permis de lancer le processus de transition de nation civilisée à celui de nation qui le fut, de carte-postale dans des enclos déterminés.
 
Le projet n'en est qu'à ses débuts, mais ses chances de réussite sont réelles. L'élection de Macron à la présidentielle est le signe de la haute manipulabilité de la société française et de la démission de la classe politique. La machine médiatique lancée pour faire gagner l'homme de la mondialisation et de la communautarisation a également fait passer des députés totalement incultes politiquement.
 
Le vers est dans le fruit. Macron stigmatise la colonisation, appelle au soutien des migrants, distribue un fascicule pour les députés sur "l'activisme parlementaire", quand ils ne connaissent même pas le Règlement de l'Assemblée. La France qui s'est vendue à cet individu n'a plus besoin de  députés, elle a besoin d'activistes, elle n'a plus de besoin de politique, car elle n'est qu'un élément d'un ensemble mondialisé qu'elle doit contribuer à réaliser.
 
Pour cela, il est important de détruire la politique et donc l'Etat, qui restent des armes, certes bien rangées, mais qui risquent toujours de tirer si un jour quelqu'un veut s'en servir. Créer des revendications communautaristes pour les faire revenir en politique, ce que revendique ce Camp d'été, est un moyen de faire entrer dans le jeu politique des mouvements identitaires devenus acteurs politiques. Ce qui mettra un terme à la Nation française, unitaire et intégratrice. 
 
Ils sont pour l'instant peu nombreux, mais il suffit d'une minorité agressive et d'une majorité apathique pour destabiliser une société. Ce mouvement est d'autant plus nécessaire que l'élection présidentielle devient très compliquée, par manque d'hommes éligibles pouvant défendre les intérêts de la globalisation, la transition vers un régime parlementaire flou est une urgence. L'impopularité du chef de l'Etat arrive vite, est incontournable, dès que la manette médiatique se relâche, il semble alors que les gens (et les journalistes) sortent de leur transe. Le problème est qu'ils s'y replongent sur commande. Le reflex pavlovien a été instauré.
 
Toujours est-il que la globalisation a besoin d'un nouveau corps, l'Etat ne peut en faire partie. Le mythe toujours réchauffé de la société globale a été dépoussiéré et resservi sur un plateau post-moderne, même s'il porte toujours les mêmes oripeaux. Ce mythe, celui d'une société dérégulée dans laquelle l'homme libéré de l'Etat serait totalement libre, cache mal la réalité qu'il entraîne. Plus une société est large, plus la poigne qui la gouverne doit être forte au sommet, sans compter les concurrences claniques à la base. Ce qui nous est proposé avec la globalisation galopante est un régime autoritaire hyper-centralisé, la désétatisation financière et la dérégulation du travail. Le tout avec un parfum de féodalisme local, les hommes n'étant plus protégés par les structures étatiques responsables.
 
Et pour réaliser cela, il faut absolument constituer ces milices d'activistes dans ces Camps d'été, qui garantiront le désordre sociale nécessaire à la destruction des garanties sociales, des acquis sociaux, qui détourneront le regard des vrais problèmes du chomage et de la reprise économique. L'Ukraine devient vraiment le modèle des pays européens.
 

Les profits ? Œufs course !

 

Publié le 13 Août 2017

Avec les lettres de « friponil »,

le poison instillé

par la libre et non faussée concurrence

de la vénérée UE,

 on peut extraire :

 « profi », « fripon »

et « profil »

le troisième qualifiant les seconds

pour l'appât du premier

 

L'avis de la 

Les profits ? Oeuf course !
Les profits ? Oeuf course !

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Capital : Les 10% de français les plus riches capteront 46% des baisses d’impôts

 

14 août 2017
 

publié le 12/07/2017 à 17h17  mis à jour le 13/07/2017 à 16h27

Les 10% de Français les plus riches capteront 46% des baisses d’impôts
Edouard Philippe, Premier ministre, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, au jour de son discours de politique générale de son Gouvernement, devant les députes. Denis ALLARD/REA

Les Français les plus riches sont les grands gagnants des baisses d’impôts prévues par Emmanuel Macron.

 

Voilà qui ne va pas plaire à l’exécutif. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), classé à gauche, a publié mercredi 12 juillet son étude sur l’impact des mesures fiscales prévues par le gouvernement. Cet organisme a ainsi analysé les conséquences macroéconomiques de chacune des réformes proposées dans le programme présidentiel et amendées par le Premier ministre lors de son discours de politique générale. L’institution complète l’étude par le calcul des effets redistributifs ; c’est à dire à qui profitent directement ces baisses d’impôts. Surprise (ou pas) : le premier décile de la population est le grand gagnant.

Si l’OFCE précise que les mesures prévues feront “plus de gagnants que de perdants”, il précise également que sur les 9,15 milliards de baisses d’impôts prévues, 4,20 milliards bénéficieront aux 10% les plus riches, soit 46% du total. Leurs revenus annuels augmenteraient de 2,6% (contre 1,4% en moyenne pour l’ensemble des ménages). Selon les données Insee 2013, il faut gagner plus de 3599 euros nets par mois pour figurer dans cette tranche. Ces 10% de chanceux profiteraient pleinement du plafonnement forfaitaire à 30% sur les revenus de l’épargne, mais aussi de la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Un nouvel impôt qui exclurait les placements financiers tels que les actions, les obligations ou l’assurance-vie. L’OFCE révèle que c’est le dernier centile, 1% de la population soit les 280 000 ménages les plus riches, qui en bénéficie plus particulièrement. Les 9 autres pour cent étant proche du 2ème décile, un des grands perdants de cette politique en raison de son exclusion de l’exonération de la taxe d’habitation.

Retrouvez toutes les vidéos de Xerfi sur XerfiCanal TV . Le groupe Xerfi est le leader des études économiques sectorielles. Retrouvez toutes ces études sur le portail de http://www.xerfi.com

 

>> A lire aussi : Le classement des 20 Français les plus riches en 2017

 

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Au contraire, le dernier décile – les 10% les plus pauvres de la population – serait celui qui bénéficierait le moins (en compagnie du 2ème décile) de ces baisses d’impôts : leurs revenus n’augmenteraient que de 1%, soit moins que la moyenne nationale. Un faible gain annuel donc, s’élevant à 81 euros.

Opposition ou alternative?

 

Jacques SapirPar  · 

La côte de popularité d’Emmanuel Macron continue de s’effondrer. Avec seulement 36% de français satisfaits de son action (et donc près des deux-tiers d’insatisfaits), ceci a à peine trois mois dans la fonction de chef de l’Etat[1], il est désormais en dessous de celle de François Hollande à la même époque. Ceci pourrait apparaître comme anecdotique ; on connaît la volatilité de ces enquêtes d’opinion. C’est bien pourquoi, on le sait, on ne gouverne pas avec des sondages, ni – et Emmanuel Macron ferait bien de s’en souvenir – à la corbeille. Mais, les conditions très particulières de l’élection qui l’a porté à la Présidence de la République font que cette question de la côte de popularité est particulièrement importante. Président par défaut, Emmanuel Macron est menacé perpétuellement d’un procès en illégitimité. C’est bien pourquoi, cette question des sondages va au-delà de ce qu’un sondage nous dit[2].

 

L’importance de la légitimité

 

L’élection d’Emmanuel Macron fut faite dans la plus stricte légalité. Elle aurait dû lui conférer la légitimité. Pourtant, le fait qu’il n’ait pas reconnu la particularité des circonstances dans lesquelles cette élection s’était déroulée a rapidement jeté un doute. Il a été renforcé par les conditions de l’élection législatives qui a succédé à l’élection présidentielle.

 

Naturellement, nombreux sont ceux qui prétendent que la légalité est la légitimité. Que, dans un Etat de droit, même imparfait, la légalité d’une procédure lui confère une totale force juridique. On touche là à une conception positiviste du droit, et des institutions. Les études de cas proposées dans l’ouvrage de David Dyzenhaus, The Constitution of Law, aboutissent, au contraire, à mettre en évidence une importante critique du positivisme[3]. L’obsession pour la rule by law (i.e. la légalité formelle) et la fidélité au texte tourne bien souvent à l’avantage des politiques gouvernementales quelles qu’elles soient. À plusieurs reprises, l’auteur évoque les perversions du système légal de l’Apartheid[4] en rappelant que cette jurisprudence avilissante tenait moins aux convictions racistes des juges sud-africains qu’à leur « positivisme»[5]. Ce positivisme persiste à concevoir les détentions et les dérogations comme des actes parfaitement « légaux », concrétisant des normes plus générales et tirant d’elles leur autorisation.

 

La contrainte inhérente dans chaque acte juridique ne peut se justifier uniquement du point de vue de la légalité, qui par définition est toujours formelle. La prétendue primauté que le positivisme juridique[6] entend conférer à la légalité aboutit, en réalité, à un système total, imperméable à toute contestation. C’est ce qui permet, ou est censé permettre à un politicien de prétendre à la pureté originelle et non pas aux mains sales du Prince d’antan[7].

 

La règle, et ceci est vrai de la règle juridique, ne vaut que parce qu’elle peut être contestée. Mais, cela impose de distinguer la légalité, autrement dit les conditions dans lesquelles cette règle est respectée, de la légitimité autrement dit les conditions dans lesquelles a été édictée et par qui. C’est la légitimité qui incite des individus à se plier à des règles et à respecter des normes. Ce n’est jamais la fonctionnalité de ces règles et de ces normes, quand bien même serait-elle évidente. Le respect des règles implique donc une instance de force qui rende la rupture coûteuse[8], que ce soit sur un plan matériel ou même symbolique. Le respect des règles nécessite donc une autorité, c’est-à-dire la combinaison d’un pouvoir de punir et de sanctionner, et d’une légitimité à le faire.

 

Le juge, en tant que représentant la règle de droit ne peut constituer cette instance. Il peut, et c’est le rôle des cours spécialisées, porter un jugement sur les possibles contradictions au sein de la règle de droit. Il peut vérifier qu’un jugement a bien été pris « dans les règles » ; tel est le rôle des cours de cassation. Il peut vérifier qu’une loi est constitutionnelle. Mais, il ne peut fixer cette constitutionnalité, et il ne peut décider à jamais qu’il n’y aura qu’une et une seule interprétation de la règle de droit. Cela signifie que la légalité ne suffit pas

 

Si la légitimité ne peut plus être fondé, ou n’est plus reconnue, la légalité devient alors le simple paravent d’une tyrannie. On mesure donc l’importance de la notion de légitimité ou d’Auctoritas qui définit ce qui est considéré comme juste. La notion de légitimité est absolument centrale à un fonctionnement réellement démocratique. Toute tentative pour se débarrasser de la légitimité aboutit en réalité à se défaire de la démocratie. Elle conduit la fois à une critique en immoralité (on ne peut plus distinguer le juste du légal) et en impossibilité (les conditions de mise en œuvre sont contradictoires avec les principes fondateurs).

 

La contestation qui vient et la question de la légitimité

 

Cette question de la légitimité, qui est d’ores et déjà posée et au cœur de la contestation du pouvoir d’Emmanuel Macron, pourrait bien devenir décisive dès cet automne. En effet, c’est à ce moment là que le Président, déjà affaibli par une série d’erreurs tactiques, sera confronté à l’opposition des français aux mesures qu’il veut promouvoir. Ces mesures sont connues : dérèglementation du cadre de l’emploi salarié, réformes des prud’hommes…Bref, la « casse », du Code du Travail ou, plus précisément, la substitution d’un cadre protecteur, tant pour le salarié que pour le patron, par un cadre qui traduit bien les options néo-libérales du nouveau pouvoir. Ce projet « macronien », c’est celui d’une désinstitutionalisation de la société et de l’économie, conduisant à une insécurité généralisée[9]. Derrière l’image de la « main invisible », qui prédomine dans l’idéologie d’Emmanuel Macron et de ses conseillers, il y a dans la réalité la main très visible à la fois des institutions, qui assurent le cadre de développement de l’économie, et des firmes (et de leurs dirigeants[10]) qui utilisent ces cadres, mais qui les déforment et les mettent en crise aussi. Que survienne une crise globale, et tout ce beau monde revient bruyamment vers l’Etat adorant à l’instant ce qu’il avait brûlé antérieurement[11].

 

En fait, ces acteurs redécouvrent une notion mise à jour dans les années 1940, ce que l’on appelle le Paradoxe de Shackle[12]: la décentralisation de la décision induit l’incertitude endogène, mais cette dernière devrait logiquement paralyser la décision des acteurs décentralisés. Donc, en apparence, une société constituée d’acteurs décentralisés (au sens où ils ne sont pas les exécutants d’un plan défini ex-ante) est condamnée à la paralysie. Ce paradoxe est central à la compréhension de la société qui est liée à l’économie capitaliste. C’est pour surmonter ce paradoxe qu’il faut des lois, et des lois de plus en plus complexes car la complexité de la société et des interactions au sein de cette société va croissant. Or, l’idéologie portée par Emmanuel Macron postule en réalité une société simple. On voit d’ailleurs la mise en œuvre de cette idéologie dans ce que l’on appelle l’ubérisation des relations sociales. Le conflit entre ce projet idéologique et la réalité de l’organisation sociale est inévitable. Il sera probablement violent. Et, cette violence, posera dans toute son ampleur la question de la légitimité du pouvoir du Président.

 

Le contexte du conflit social qui vient

 

Il faut donc s’attendre à des conflits sociaux importants, sans qu’il soit néanmoins possible d’en prédire l’ampleur et la durée. Et, ces conflits sociaux posent une question de fond : sommes-nous condamnés à 5 années de « macronisme » ou bien la durée du mandat de l’actuel Président de la République pourrait-elle se trouver soudain abrégée ?

 

Poser cette question ne signifie nullement que l’on espère on ne sait quel coup d’Etat. Mais, quand le problème de la légitimité est posé, et quand un pouvoir illégitime entre ainsi en conflit avec la société, il faut trouver une issue.

 

En 1995, on a connu une situation relativement semblable, sauf que la légitimité de Jacques Chirac, le Président alors élu, était bien moins mise en cause que celle d’Emmanuel Macron aujourd’hui. Confronté à un conflit de grande ampleur sur la question de la réforme des retraites, Jacques Chirac eut la sagesse de faire machine arrière et d’appeler à de nouvelles élections législatives, ce qui devait fournir une issue à cette crise. On ait ce qu’il en advint.

 

Mais, on peut penser qu’Emmanuel Macron résistera, hélas, devant ces options. Et ceci est d’autant plus vrai qu’il n’a pas pour lui l’expérience ni la capacité à rebondir d’un Jacques Chirac. Un échec politique de cette dimension signifierait, effectivement, la mort de sa Présidence. Il pourrait, en théorie, s’y résoudre. Il est néanmoins fort peu probable qu’il y soit prêt, et politiquement, et psychologiquement. Dès lors, le problème posé sera simple : soit faire partir Emmanuel Macron, soit se résigner à accepter sa politique et renvoyer la possibilité de changement aux prochaines élections présidentielles.

 

Cependant, est-il possible de forcer un Président à démissionner sans user de la violence ? Tout dépendra, alors, de l’ampleur du mouvement social, que celui-ci se produise dès la rentrée, ou plus tard dans le cours de l’année. Il faudra, d’abord, que l’on assiste à une généralisation des grèves. Sans cela, si le mouvement se contente d’être une suite de journées dites d’action, il n’aura pas la profondeur nécessaire et connaîtra le sort des différentes protestations, comme celles qui ont marqué la « Loi travail ». Si l’on assiste bien à cette généralisation des grèves, alors seul un mouvement de désobéissance civile dans les administrations régaliennes, la police et les forces armées, est susceptible de créer une situation telle qu’elle ne laisse au Président que la démission comme seule voie de sortie. Encore faut-il qu’existe une alternative. Ce qui pose une autre question : les forces opposées à Emmanuel Macron sont elles prêtes à cet affrontement ?

 

Opposition ou alternative ?

 

Cela pose un problème fondamental : celui de la distinction entre opposition et alternative. Et l’on peut penser que parmi les forces politiques qui se disent opposées au pouvoir « macronien », nombreuses sont celles qui sont prêtes à se contenter d’un rôle d’opposition sans vouloir se hisser au niveau de la construction d’une réelle alternative.

 

Les forces d’oppositions sont, aujourd’hui, relativement dispersées. On ne parlera que pour mémoire de la fraction des « Républicains » qui ne s’est pas rallié, comme les « constructifs » au nouveau pouvoir. Entièrement absorbés par des querelles de personnes, cette fraction cache, sous une rhétorique qui se veut offensive, des désaccords de fond qui l’empêchent de se constituer en alternative. Une bonne partie de l’ex-UMP professe des idées économiques qui ne sont pas si différentes que cela de celles du gouvernement et du Président. De fait, nombre de députés partagent les idées européennes (et l’on ajoutera européistes) du Président.

 

Il en va de même pour ce qui reste du P « S ». Ici encore, si l’on peut faire de belles déclarations, il y a bien peu de fond, ou plus précisément un fond qui est – largement – Macron-compatible.

 

Ce qui renvoie la balle aux souverainistes de diverses obédiences. Mais, ces derniers se complaisent dans des querelles, ou vivent dans l’illusion que, si une crise survient, cette crise amènera la population à ne choisir que leur courant. C’est une illusion dangereuse, mais une illusion bien ancrée que se soit dans des références – conscientes ou inconscientes – à une Révolution d’Octobre mythifiée d’autant plus qu’elle est mal connue, ou que ce soit dans le sectarisme le plus plat, qui peut prendre la forme du mythe d’une « union des droites », oubliant l’attraction du « macronisme » sur une partie de ces droites là… Pour pouvoir prétendre incarner une alternative il faut être capable de rassembler bien au-delà de ses propres conceptions idéologiques.

 

En fait, il ne pourra y avoir de construction d’une alternative – si jamais cette dernière doit exister – que sur la base de convergences programmatiques, que se soit en ce qui concerne le refus du projet économique et social d’Emmanuel Macron, le refus de sa vision des institutions, et le refus de sa politique étrangère, toujours plus européiste et plus atlantiste. Cela n’est pas impossible. Mais, cela impliquera que toutes les forces souverainistes soutiennent le mouvement de protestation qui se déclenchera dès la rentrée. C’est la condition minimum pour que puisse commencer à se mettre en place une logique de convergence.

 

La balle est, aujourd’hui, dans le camp des adversaires d’Emmanuel Macron. Sa force, désormais, réside dans leurs divisions et dans leur volonté, consciente ou inconsciente, de rester dans le cocon douillet de l’opposition au lieu de prendre le risque de chercher à constituer une alternative.

 

[1] https://fr.news.yahoo.com/deux-tiers-des-français-mécontents-laction-macron-selon-171805659.html

[2] https://fr.news.yahoo.com/100-jours-macron-entre-promesses-tenues-défis-à-064519937.html

[3] Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, Cambridge University Press, Londres-New York, 2006

[4] Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991.

[5] Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, op.cit., p. 22.

[6] Dont le représentant le plus éminent fut Hans Kelsen, Kelsen H., Théorie générale des normes, Paris, PUF, 1996.

[7] R. Bellamy (1999), Liberalism and Pluralism: Towards a Politics of Compromise, Londres, Routledge,

[8] Spinoza B., Traité Theologico-Politique, traduction de P-F. Moreau et F. Lagrée, PUF, Paris, coll. Epithémée, 1999, XVI, 7.

[9] Voir l’interview-vidéo donnée à Planète-360 : https://www.youtube.com/watch?v=k84AS6JcSsg

[10] Chandler A.D. The Visible Hand – The Managerial Revolution in American Business, The Belknap Press of Havarvard University Press, Cambridge (Mass.), 1977.

[11] Avec de savoureux exemple dans Lordon F., La Malfaçon – Monnaie européenne et souveraineté démocratique, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2014.

[12] Shackle G.L.S., Decision, Order and Time in Human Affairs, Cambridge University Press, Cambridge, 2ème edition, 1969

La classe d’appui des 1% chez Serge Halimi

 

Le thème est abordé dans son texte « Le leurre des 99% » (1) publié ce mois d’aout 2017 dans Le Monde Diplomatique

Serge Halimi reconnait d’abord tout le poids des 1% non seulement au plan mondial face à l’humanité-classe mais aussi dans chaque nation avant de voir l’évidence d’une diversité au sein des 99%. Il écrit : « Certes, 1% de la population s’attribue la majorité des richesses produites sur Terre ; cela ne fait pas pour autant des 99 % qui restent un groupe social solidaire, encore moins une force politique en ébullition. » N’est-ce pas évident ! Y compris pour les jeunes d’Occupy ! Y compris pour moi qui ai développé le concept de peuple-classe ! Ou est le leurre ?

 

Concernant le 1% il indique : "Diverses études venaient d’établir que la quasi-totalité des gains de la reprise économique avaient profité aux 1 % d’Américains les plus riches. Ce ne fut ni une aberration historique ni une particularité nationale. Un peu partout, un tel résultat n’a cessé d’être conforté par des politiques gouvernementales. Les projets fiscaux du président français Emmanuel Macron, par exemple, auront pour principaux bénéficiaires « les 280 000 ménages les plus riches, le dernier centile (...) dont le patrimoine est surtout constitué de placements financiers et de parts d’entreprise (1) ».

 

Concernant le leurre, sa critique vise explicitement le mouvement Occupy Wall Street qui disait « Nous sommes les 99% » S Halimi écrit : "En 2011, le mouvement Occupy Wall Street s’est construit autour d’une idée, d’un slogan : « Nous avons en commun d’être les 99 % qui ne tolèrent plus l’avidité et la corruption des 1 % restants. » Il poursuit : Est-ce à dire que l’ensemble des autres auraient tant en commun qu’ils pourraient fédérer leurs énergies pour renverser l’ordre établi ?. Mais qui a pensé que ce 1% n’a pas de classe d’appui notamment dans le 10% d’en-haut, au sein des possédants, au sein de ceux que l’on a nommé la petite-bourgeoisie. Et ailleurs, chez les fayots du capital ! Mais, tactiquement, on n’est pas obligé de le dire constamment, précisément pour montrer les prédateurs haut de gamme !

 

Concernant la classe d’appui du 1% d’en-haut S Halimi écrit : Les 99 % mêlent indistinctement les damnés de la terre et une couche moyenne supérieure, assez épaisse, de médecins, d’universitaires, de journalistes, de militaires, de cadres supérieurs, de publicitaires, de hauts fonctionnaires sans qui la domination des 1 % ne résisterait pas plus de quarante-huit heures. Voilà la classe d’appui des 1% pour Serge Halimi . Ce que d’autres nommaient petite-bourgeoisie.

 

Du coup il se montre dur et cinglant sur deux passages pour celles et ceux qui envisagent la constitution d’un bloc social des dominés à hauteur des 99% .

 

« Quand, à défaut d’être soi-même milliardaire, on appartient à la catégorie des privilégiés, il est réconfortant de s’en extraire en fantasmant qu’on relève du même bloc social que les prolétaires. »

 

« Réunir des choux-fleurs et des cerfs-volants dans le grand sac des 99 % rappelle un peu le mythe fondateur américain qui prétend, lui, que tout le monde, peu ou prou, appartient à la classe moyenne, que chacun ou presque est déjà riche ou va le devenir (2). »

 

Mais il s’agit d’une position relativement argumentée.

 

« Or, si l’union fait la force, la cohésion aussi... L’histoire nous a appris que les grands moments de communion, d’unanimisme ne durent pas longtemps. Février 1848, la fraternité, Lamartine, ces barricades défendues indistinctement par des ouvriers et des bourgeois débouchèrent quelques semaines plus tard sur l’affrontement meurtrier qui les opposa lors des « journées de juin » (3). Construire une alliance est déjà difficile, y compris entre deux mouvements progressistes d’un même pays. Imaginer un projet commun, une force politique durable sur une base aussi indifférenciée que « l’humanité moins l’oligarchie » relève au mieux de l’utopie, au pis de la volonté de ne pas choisir, de ne pas trancher. Et, finalement, revient à ne pas faire grand-chose, à moins de ne se consacrer qu’à des droits consensuels, à la maltraitance des enfants et aux accidents de la route. »

 

Argumentée sauf la fin, car l’idée de justice sociale et de nécessaire compression des inégalités économiques avec moins pour ceux d’en-haut et plus pour ceux d’en-bas me parait accessible à une large fraction de peuple, de peuple d’en-bas, disons les 90%, que j’ai nommé le peuple social, public ou privé. Et c’est une idée qui me semble-t-il ne mérite pas d’être prise de haut et ainsi rabaissé.

 

Pour ma part, militant critique du 1% d’en-haut mais aussi critique de sa classe d’appui, je continuerais de faire usage du concept de peuple-classe notamment pour distinguer populisme de droite et populisme de gauche car la distinction est ici pertinente.

 

Christian DELARUE
Altermondialiste

Source article de Serge Halimi

 

NB Une suite à ce texte commentaire va être proposée ici (et a déjà été publiée sur amitié-entre-les-peuples.org) sous : « People 99% » : Penser un peuple sans ses dominants économiques d’en-haut. Suite réponse à S. Halimi." par Christian DELARUE

URL de cet article 32162 

Macron-Libye : la Rothschild Connection (Il Manifesto)

Ce qui se passe aujourd’hui en Libye est en quelque sorte le noeud d’une déstabilisation à multiples visages” : a déclaré le président Macron en célébrant à l’Elysée l’accord qui “trace la feuille de route pour la paix et la réconciliation nationale”.

 

Macron attribue la situation chaotique du pays uniquement aux mouvements terroristes, lesquels “visent à profiter de la déstabilisation politique et de la manne économique et financière qui peut exister en Libye pour prospérer”. Pour cela - conclut-il - la France aide la Libye à bloquer les terroristes. Macron renverse, de cette façon, les faits. L’artisan de la déstabilisation de la Libye a précisément été la France, avec les Etats-Unis, l’Otan et les monarchies du Golfe.

 

En 2010, documente la Banque mondiale, la Libye enregistrait en Afrique les plus hauts indicateurs de développement humain, avec un revenu par habitant moyen-haut, l’accès universel à l’instruction primaire et secondaire et de 46% à l’enseignement supérieur. Environ 2 millions d’immigrés africains y trouvaient du travail. La Libye favorisait par ses investissements la formation d’organismes économiques indépendants de l’Union africaine.

 

Les Etats-Unis et la France - prouvent les emails d’Hillary Clinton - s’accordèrent pour bloquer le plan de Kadhafi de créer une monnaie africaine, en alternative au dollar et au franc Cfa (monnaie que la France impose à 14 de ses ex-colonies africaines). Ce fut Clinton - documente le New York Times - qui fit signer au président Obama “un document qui autorisait une opération secrète en Libye et la fourniture d’armes aux rebelles”, y compris des groupes jusque là classifiés terroristes.

 

Peu après, en 2011, l’Otan sous commandement USA démolissait par la guerre (ouverte par la France) l’Etat libyen, en l’attaquant aussi de l’intérieur avec des forces spéciales. D’où le désastre social, qui fera plus de victimes que la guerre elle-même surtout chez les migrants.

 

Histoire que Macron connaît bien : de 2008 à 2012 il fait une fulgurante (autant que suspecte) carrière à la Banque Rothschild, l’empire financier qui contrôle les banques centrales de quasiment tous les pays du monde. En Libye, la Banque Rothschild débarque en 2011, tandis que la guerre est encore en cours. Les grandes banques étasuniennes et européennes effectuent en même temps la plus grande rapine du siècle, en confisquant 150 milliards de dollars de fonds souverains libyens. Dans ses quatre années de formation chez Rothschild, Macron est introduit dans le gotha de la finance mondiale, où se décident les grandes opérations comme celle de la démolition de l’Etat libyen. Il passe ensuite à la politique, faisant une fulgurante (autant que suspecte) carrière, d’abord comme vice-secrétaire général de l’Elysée, puis comme ministre de l’économie. En 2016 il crée en quelques mois son parti, En Marche !, un “instant party” soutenu et financé par de puissants groupes multinationaux, financiers et médiatiques, qui lui ouvrent la voie à la présidence. Derrière le protagonisme de Macron ne se trouvent donc pas seulement les intérêts nationaux français. Le butin à partager en Libye est énorme : les plus grandes réserves pétrolifères africaines et de grosses réserves de gaz naturel ; l’immense réserve d’eau fossile de la nappe nubienne, l’or blanc en perspective plus précieux que l’or noir ; et le territoire libyen lui-même de première importance géostratégique à l’intersection entre Méditerranée, Afrique et Moyen-Orient.

 

Il y a “le risque que la France exerce une forte hégémonie sur notre ex-colonie”, prévient Analisi Difesa, en soulignant l’importance de l’imminente expédition navale italienne en Libye. Un appel à l’”orgueil national” d’une Italie qui réclame sa part dans la partition néo-coloniale de son ex-colonie.

 

Manlio Dinucci

Edition de mardi 1er août 2017 de il manifesto

»» https://ilmanifesto.it/macron-libia-la-rothschild-connection/
URL de cet article 32192 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Patrick Braouezec dans la rubrique « Ah il fallait pas, il fallait pas qu'il y aille, ah il fallait pas, il fallait pas y aller »

Dans une tribune au Monde, Patrick Braouezec, ex-député coco qui avait soutenu le banquier d'affaires Macron lors de la présidentielle, regrette que le chef de l’Etat n’ait pas su "contenir la puissance de l’argent". Non, ne riez pas encore...

"J’espérais qu’Emmanuel Macron rompît avec l’immobilisme de Hollande et la politique réactionnaire de Sarkozy", déclare-t-il également. Sans blââguer?

Il est vrai que le dernier sondage, 100 jours après son élection à l'Elysée, donne 36% de satisfaits à Emmanuel Macron et qu'il est peut-être temps pour certains de tourner sa veste toujours du bon côté.

Mais aussi, comme disait Edgar Faure,  célèbre politicien français:

Patrick Braouezec dans la rubrique "Ah il fallait pas, il fallait pas qu'il y aille, ah il fallait pas, il fallait pas y aller

Etat de droit(e)

 

Publié le 12 Août 2017

Justice de classe et hors sol

 

Etat de droit(e)

Y a-t-il des procès politique en France ?

 

La Réponse est oui, la liste s'allonge mais un cas emblématique, la preuve par Cédric Herrou :

 

La justice lui reproche « une démarche d’action militante ».

 

Or l'action militante fait d'autant plus partie des droits constitutionnels qu'elle s'appuie sur l'exigence militante de voir la France respecter le droit international les traités ratifiés par la France dont de plus elle fut, ce fut son honneur hélas au passé, de les avoir portés et faits aboutir.

 

Qu'un tribunal puisse reprocher de faire par l'action respecter la loi ne met-il pas le dit tribunal et singulièrement le ministère public dans une fâcheuse position qui devrait, si l'état de droit réellement était la norme, en appel comme en cassation ramener les trublions dans les clous de la légalité et conduire le conseil supérieur de la magistrature rappeler les obligations de la loi aux parquets et à leur tutelle ?

 

Que la maire d'une grande ville refuse d'appliquer les arrêts du conseil d’État. Que le ministre de l’intérieur valide les propos racistes d'un élu qui appelle à réprimer ceux qui honorent les engagements internationaux de la France en dit long sur le degré du sentiment d'impunité qui confirme que le concept d’État de droit pour le moins a géométrie variable protège le notable hors la loi et sanctionne le citoyen qui veut la faire appliquer.

 

Nous sommes devant un régime qui oscille entre dictature et totalitarisme. La célèbre phrase du président de la commission européenne trouve là un éclairage et installe le lien avec les exigences du capital : " Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens ".

 

Plus feutrées que les ordonnances et la continuité de l'état d'urgence permanent mais tout aussi violent, ces décisions de justice sont des marqueurs de la dérive autoritariste d'un pouvoir au service d'un système en crise et qui ne dispose que de la violence d'état, l'intoxication médiatique et de l'usage du repoussoir fasciste pour se maintenir et installer un système qui n'a rien à envier au dit fascisme.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par El Diablo

Cent jours après son élection, seuls 36% des Français satisfaits de MACRON

photo d'illustration (source: libération)

photo d'illustration (source: libération)

Un peu plus d'un Français sur trois seulement est satisfait de l'action d'Emmanuel Macron en tant que président de la République, près de cent jours après son élection, selon un sondage Ifop. Soit moins que François Hollande à la même période...

 

D'après une enquête Ifop pour Le Figaro publiée le 11 août, l'action d'Emmanuel Macron, en tant que chef d'Etat, satisfait une minorité de 36% des Français. A la même époque en 2012, son prédécesseur François Hollande réunissait encore 46% d'avis positifs.

Près de deux tiers des personnes interrogées (64%) se disent mécontentes du président de la République, dont 19% «très mécontentes», selon cette enquête. Quelques jours après son élection, le 7 mai, 62% des Français se disaient satisfaits d'Emmanuel Macron, selon une précédente enquête de l'Ifop.

Cent jours après – le 15 août – la suspicion est donc désormais de mise et seules 23% des personnes interrogées considèrent que les choses sont en train de changer «plutôt en bien» en France, contre 39% qui sont d'un avis contraire et 38% pour qui «elles ne changent pas».

Les Français sont en revanche plus partagés sur la tenue des engagements pris par le candidat Macron durant la campagne présidentielle. Si 45% estiment que le chef de l'Etat tient ses engagements, 55% pensent à rebours.

 

SOURCE :

Moins fort que Hollande : cent jours après son élection, seuls 36% des Français satisfaits de Macron

Publié le  par Descartes

APB: Mission impossible

 

Comme tous les ans, le début de l’été est aussi le temps des angoisses des tous nouveaux bacheliers. Car il s’agit de préparer l’année suivante, synonyme pour une majorité d’entre eux d’entrée dans cette vénérable – mais guère vénérée – qu’est l’Université. Il est temps pour eux de sortir de l’enfance et de rentrer dans la carrière…
 
Mais dans quelle carrière ? That is the question. L’étudiant en herbe se retrouve en effet devant des contraintes qui aboutissent à des choix cornéliens. D’abord, il lui faut choisir une orientation qui marquera en toute probabilité le reste de sa vie intellectuelle et professionnelle. Ensuite, se pose à lui le problème de l’employabilité future, en fonction non seulement de l’orientation choisie mais du prestige plus ou moins grande de l’institution qui l’accueillera. A quoi s’ajoutent toute une série de considérations géographiques, économiques, familiales…
 
Du côté des institutions, la question est épineuse aussi. Les institutions d’enseignement supérieur n’ont pas de capacités infinies d’adaptation à la demande des étudiants. Les bâtiments, les enseignants, les équipements ne sont pas extensibles à l’infini, et le nombre d’étudiants qu’une institution peut accueillir dans une carrière donnée sans que la qualité de l’enseignement en soufre est limitée.
 
On se trouve donc devant un problème classique en économie, celui de la réconciliation entre une offre et une demande. Et la réconciliation est confiée à un logiciel complexe au doux nom « Admission Post Bac », mieux connu sous le sigle APB. Et qui contient l’algorithme qui a la délicate charge de décider que Charlotte, qui voulait faire des études de sport à Paris, ira étudier la sociologie à Bastia. Bien sur, il s’agit d’un cas extrême. La grande majorité des étudiants obtient des places qui correspondent plus ou moins à leurs choix. Mais il reste un nombre de cas non négligeable ou des gens sont forcés d’aller a des endroits où ils ne voulaient pas aller, étudier des disciplines qu’ils n’ont pas choisies. Et APB devient vite fait le bouc émissaire de cette situation.
 
A tort. Comme dit le dicton, « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a ». APB est un logiciel d’optimisation dans la réconciliation entre une demande et une offre. Et l’optimisation consiste à trouver la solution qui minimise l’insatisfaction globale. Pour le dire en termes moins technocratiques, l’algorithme trouve la solution qui mécontente le moins possible les gens qui ont le plus grand pouvoir de nuisance. Il n’y a aucune garantie que cette solution contente tout le monde. Prenons un exemple concret : imaginons que vous avez dix clients, et que vous avez dix chambres à louer. Quelque soit la distribution, il faudra bien que quelqu’un se paye la chambre à côté de l’escalier, vous savez, celle où l’on entend tout le monde rentrer la nuit. Et à moins d’avoir la chance d’avoir parmi vos clients un sourd ou un masochiste, vous aurez forcément quelqu’un qui sera mécontent. Et c’est la même chose pour APB : s’il y a cent places en psychologie à Paris et cinq cents demandes, on peut d’avance dire qu’il y aura quatre cents candidats qui n’auront pas leur premier choix.
 
Bien sur, dans mon exemple hôtelier, vous avez la possibilité de compenser celui qui aura cette chambre dont personne ne veut en baissant le prix de la nuitée. Mais dans la logique du partage des places en université, aucune compensation de ce type n’est possible pour celui qui accepterait de changer son choix. Ce qui nous amène au véritable problème qui empoisonne notre système universitaire, et pas seulement au niveau de l’admission en première année : la question de la régulation.
 
Nous vivons dans un monde de ressources limités. Et c’est pourquoi très rapidement l’homme a été confronté à trois questions : comment partager ces ressources, comment stimuler leur production en fonction des besoins, et comment faire pour qu’elles soient utilisées de manière optimale. C’est pour répondre à ces questions qu’on a inventé des mécanismes de régulation, dont le mécanisme de marché reste l’exemple classique. Son fonctionnement est simple : on confronte l’offre et la demande et on produit un signal, le prix, qui oriente les choix des producteurs comme des consommateurs. Si la production n’arrive pas à satisfaire la demande, le prix est élevé et cela encourage les producteurs à produire plus et mieux, et les consommateurs à consommer moins ou à chercher des substitutions. Si l’offre dépasse la demande, les prix baissent, et cela encourage les producteurs à produire moins, et les consommateurs à produire plus. En d’autres termes, le système n’est en équilibre que lorsque la demande et l’offre sont identiques, et dès que le système s’écarte de l’équilibre, le mécanisme de marché produit un signal qui tend à l’y ramener. C’est ce qu’on appelle un équilibre stable.
 
Bien entendu, le marché n’est pas le seul mécanisme de régulation possible. Il en existe bien d’autres. Par exemple, une autorité – l’Etat en général – peut fixer l’offre administrativement, et ensuite partager cette offre entre les différents demandeurs (c’est le cas par exemple pour les places de stationnement). Ou bien fixer la demande à un niveau donné et s’imposer la tâche d’adapter l’offre (le meilleur exemple est celui de l’école obligatoire). Mais le propre de tout système de régulation est qu’il doit réconcilier l’offre et la demande, en jouant sur l’une, sur l’autre, ou sur les deux.
 
Maintenant, revenons aux études universitaires. Comment est régulée l’offre ?  Les études – qu’ils soient ou non universitaires, d’ailleurs – ont un coût. Un coût payé par la collectivité, puisque chez nous les études sont gratuites. Et si la collectivité consent cette dépense, c’est pour retirer un avantage, qui est celui de former les citoyens et les travailleurs dont le pays aura besoin. Il est de l’intérêt général que les citoyens, tous les citoyens, sachent lire, écrire et compter, qu’ils aient une de base connaissance de l’histoire, de la géographie, des sciences. Et c’est pourquoi l’enseignement primaire et secondaire est obligatoire et universel, et que l’Etat s’impose la contrainte d’offrir à chaque enfant une place. Mais la France n’a pas besoin d’un nombre illimité de psychologues, d’historiens, d’ingénieurs ou d’astronomes. Former à grands frais des gens dont on n’aura ensuite pas l’emploi, c’est un énorme gâchis. L’Université n’est donc pas dans une logique d’universalité : elle devrait avoir pour mission de former un nombre limité d’étudiants, en fonction des besoins du pays et non des désirs des candidats. Car l’Université, c’est une institution et non pas une entreprise. Elle est là pour satisfaire un besoin social, et non des désirs individuels de ses « clients ».
 
Mais ce n’est pas ainsi que les choses se passent. En pratique, il n’existe guère de prospective au niveau du système universitaire sur les besoins réels du pays. Tout au plus se contente-t-on de regarder l’état du marché du travail. Les enseignements sont organisés en fonction d’une contrainte budgétaire fixée à priori, budget qui est réparti en fonction de la demande des étudiants et des contraintes de la rigidité de la structure. Ainsi, par exemple, les universités multiplient les formations en STAPS non parce les autorités anticipent un besoin important en professeurs de sport, mais parce que les étudiants ont l’impression qu’on trouve facilement un emploi dans ce domaine avec un minimum d’investissement intellectuel, et font donc pression sur cette filière.
 
Une fois admise l’idée que les places dans les études universitaires sont par nature limitées, se pose la question de leur distribution lorsque la demande dépasse largement l’offre. Et puisque le but de l’Université devrait être de former les savants et les professionnels dont le pays a besoin, c’est la capacité à devenir les meilleurs savants et les meilleurs professionnels  qui devrait être le seul et unique critère pour l’attribution des places. En d’autres termes, la sélection devrait être faite en fonction du mérite intellectuel et académique. Ainsi, le système encouragerait au travail et à l’étude. Et ce système fonctionne d’ailleurs très bien chez nous dans un autre champ : c’est celui des classes préparatoires et des grandes écoles, qui forment des professionnels que le monde entier nous envie – et la meilleure preuve en est qu’ils n’ont aucune difficulté à se faire employer à l’étranger. Et ce système ne nécessite aucun algorithme compliqué du genre APB pour affecter les étudiants sans que cette affectation provoque la moindre récrimination, la moindre contestation, parce qu’elle est fondée sur des critères objectifs et indiscutables.
 
Mais alors, pourquoi l’Université ne peut fonctionner sur le même modèle ? Pourquoi a-t-on laissé le système dériver au point que les choix d’entrée se font sur toutes sortes de critère SAUF celui du mérite académique ?
 
Il faut comprendre qu’une profonde mutation a eu lieu ces trente dernières années dans l’ensemble de nos institutions en général et des institutions éducatives en particulier. Depuis la Révolution de 1789 – et même avant – il y a l’idée que les institutions sont créées non pour satisfaire les désirs des individus, mais pour répondre à des besoins de la société. Lorsque Jules Ferry et Ferdinand Buisson donnent corps à l’école obligatoire de la IIIème République, le but n’est pas de faire le bonheur des fils de paysan, c’est de fournir au pays les travailleurs, les cadres, les soldats dont il a besoin. Le but de l’action publique n’est pas de rendre les gens heureux, c’est de rendre les gens meilleurs pour le plus grand bénéfice de la société dans son ensemble. Et l’élève à qui le système offre gratuitement l’accès à la connaissance a envers la société un devoir de restitution, celui de servir la collectivité y compris éventuellement les armes à la main.
 
Mais avec le développement et la prise du pouvoir par les « classes moyennes », tout change. L’individu, plus que la société, devient le pivot des politiques publiques. L’élève, l’étudiant – mais aussi le professeur – cessent de se concevoir en tant que membres d’une institution, avec les devoirs qui s’y attachent, et deviennent des simples clients. L’institution n’est là que pour leur offrir un service, sans contrepartie. En 1980, un directeur d’une grande école parisienne accueillait la promotion entrante avec cette formule : « cette école a pour mission de former les ingénieurs dont la France a besoin » - sous entendu : on va vous enseigner ce que la France a besoin que vous sachiez, et non ce que vous jugez bon de savoir. Qui aujourd’hui oserait tenir ce langage ?
 
Le problème, c’est qu’on a construit le rapport entre l’étudiant et l’institution sur un mode « client/fournisseur », sans pour autant mettre en place le mécanisme de régulation adapté à ce type de rapport, qui est le mécanisme de marché. En abolissant la sélection au mérite – qui était le mécanisme de régulation de l’ancien système – tout en maintenant la gratuité – qui empêche une régulation de type « marché » - on a mis le système dans l’incapacité de se réguler rationnellement. Et c’est là la source de tous les problèmes : on proclame un « droit aux études » qui dans les faits n’existe pas et ne peut pas exister parce qu’il suppose des ressources infinies, mais qui du coup oblige à distribuer les places limitées en fonction de toutes sortes de critères – géographiques, sociaux, le tirage au sort, l’âge du capitaine - sauf le seul critère qui serait ici justifié, celui du mérite (1).
 
Pour comprendre comment on en arrivé là, il faut comprendre la mentalité de la classe pour qui l’université est le mode de reproduction, c'est-à-dire, les « classes moyennes ». Ces couches sociales vivent dans la crainte permanente du déclassement, puisque leur situation est liée à un capital en grande partie immatériel – fait de diplômes, de clientèles, de réseaux – qu’il faut renouveler à chaque génération. Pendant longtemps, l’accès aux études universitaires a été perçu comme le moyen de renouveler ce capital. Seulement voilà, rien ne garantit que le fils du médecin, du professeur, de l’ingénieur ait la tête aux études, qu’il soit capable de conquérir sa place dans une logique de sélection au mérite. C’est pourquoi, les « classes moyennes » n’ont jamais aimé ce type de sélection, lui préférant largement la sélection par l’abandon – qui permet d’éliminer préférentiellement ceux qui n’ont pas les moyens de « tenir », c'est-à-dire, les couches populaires – et la sélection sur « dossier », qui permet de faire jouer à fond les réseaux, et qu’on voit se multiplier dans les filières sélectives par le biais des « voies parallèles » depuis 1968.
 
Le « bac pour tous » et « l’université sans sélection » sont les deux volets de la machine à reproduire les « classes moyennes ». Mais ces deux principes ont détruit l’Université en tant qu’institution dont la fonction est de créer et de diffuser les connaissances, pour en faire un guichet dispensateur de diplômes censés constituer une assurance contre le chômage. Le problème n’est pas la massification, c’est la massification avec une « masse » qui n’a pas l’autonomie intellectuelle – ni le désir de l’acquérir – indispensable pour suivre un véritable cursus universitaire. La connaissance « universelle », qui est l’âme de l’université, on s’en fout. C’est le diplôme, et non la connaissance qu’on vient chercher. Car c’est là l’un des paradoxes les plus intéressants : pour les parents et les étudiants aujourd’hui, c’est le diplôme qui permet d’avoir un métier, et non les connaissances que ce diplôme est censé certifier. Au point qu’on a vu des syndicats étudiants mais aussi des partis politiques exiger après les grèves étudiantes que ceux-ci puissent avoir leurs unités de valeur validées alors même que les cours et travaux dirigés n’avaient pas pu se tenir… pour ne pas « pénaliser les étudiants ». Mais qui est le « pénalisé » quand on délivre le diplôme de médecin à quelqu’un qui ne connaît pas l’anatomie sous prétexte qu’il a fait grève ? 
 
Il faudrait d’ailleurs s’interroger sur les raisons pour lesquelles les étudiants se précipitent sur des enseignements comme le STAPS, la psychologie, la sociologie ou le droit des affaires, et délaissent les enseignements en sciences dites « dures ». En fait, les étudiants recherchent le meilleur compromis entre l’employabilité future et l’effort intellectuel à investir. Les sciences ont un rapport qualité/prix particulièrement défavorable : même si elles permettent de trouver facilement du travail relativement bien payé, elles demandent un investissement très important au départ. Les étudiants ont donc un raisonnement d’investisseur financier : il faut que ça rapporte vite. Ce n’est pas cela, le vrai esprit universitaire.
 
On peut prévoir que l’on continuera, chaque année, à accuser APB de toutes les fautes. C’est injuste, et c’est idiot. Injuste, parce que l’algorithme ne fait qu’optimiser la distribution des places en respectant les contraintes. Et au vu de la nature des contraintes, il  n’existe pas d’algorithme capable de contenter tout le monde. Idiot, parce que la critique d’APB ne fait qu’occulter l’absurdité d’un système qui ne fait aucune place à une régulation rationnelle, et qui traduit la transformation de l’université française en garderie pour les rejetons des « classes moyennes »…
 
Descartes
 
(1) et accessoirement celui de la capacité à suivre les études universitaires, censé être garantie par un baccalauréat qu’on donne à tout le monde à force de petits coups de pouce bienveillants aux notes des candidats pour ne pas faire baisser celles du ministre et lui permettre de claironner que cette année, une fois encore, on fait mieux que l’année dernière.

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

En 2018, l'Elysée va réformer l'ISF, dit sans rire impôt de solidarité sur la fortune.

A l'automne prochain, sa majorité parlementaire au garde à vous sur ses semelles plombées votera cette réforme à la sauce capitaliste. Les plus grosses fortunes de France ne seront plus taxées que sur leur richesse immobilière, soit une exonération de 49%. Et un manque à gagner pour le trésor public de 2 milliards d'euros à court terme.

Ainsi, le plus friqués d'entre nous, et la barre est haute entre ceux-ci et l'ensemble du peuple français, les plus riches donc n'auront plus à déclarer au fisc leurs bagnoles de luxe, leurs bateaux et leur mobilier de la même espèce, leurs oeuvres d'art, etc, etc. Ils n'auront pas plus à faire état de leurs placements financiers.

Bon, fini l'impôt de solidarité sur la fortune et bon vent à l'Impôt sur la fortune immobilière.

Le 4 août 1789, dans la nuit, l'Assemblée nationale constituante, mettait fin au régime féodal de l'Ancien régime et abolissait les privilèges des nantis de l'époque: la noblesse et le clergé. A l'automne 2017, l'Assemblée nationale parle de les rétablir.

La presse réactionnaire de 1789 parlait de "délire patriotique" et illustrait ainsi cette abolition des privilèges:

En 2018, l'Elysée va réformer l'ISF, dit sans rire impôt de solidarité sur la fortune.

Et en cette été 2017, les médias de la pensée unique écrivent toujours leur haine contre les révolutions et les droits conquis par les luttes des travailleurs.

Confiant dans la justice ou dans l'action ?

Publié le 8 Août 2017

Pendant que Fillon

fait ses courses en toute quiétude

Dans les supermarchés de la Sarthe.

Que Ferrand se pavane

à l'Assemblée nationale.

Que Lagarde pérore

Que Dassault et quelques autres

coulent des jours sereins.

 

Confiant dans la justice ou dans l'action ?

 

La cour d'appel des Bouches-du-Rhône condamne  Cédric Herrou à 4 mois de prison avec sursit pour délit de solidarité et de respect du droit international.

 

Chez Touthenmakron, aider des humains en détresse est un délit,  fabriquer du plan de casse sociale est une vertu ministèrable.

 

Le militant qui était venu en aide à des migrants à la frontière italienne s'est dit sur franceinfo "toujours confiant dans les actions que nous menons, et un peu déçu de l'incompréhension de la Justice".

 

Mais à part cela la justice n'est pas de classe.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Le théorème du RRRRévolutionnaire germanopratin ...

 

Publié le 7 Août 2017
...depuis sa planque du café de flore.
Le théorème du RRRRévolutionnaire germanopratin ...
Du moraliste philosophe au chevet des peuples
 
Il faut soutenir les peuples qui se soulèvent pour chasser un pouvoir oppresseur
 
Et si le soulèvement réussi il faut :
 
a) dire que c'est la victoire du RRRRévolutionnaire qui les accompagne depuis le début ; mais immédiatement préciser
 
b) que le pouvoir corrompt et que le RRRRévolutionnaire sera vigilant
 
c) que prendre le pouvoir n'autorise pas, même confirmé par les urnes, à le garder si des contre révolutionnaire veulent le reprendre dès lors que cela génère de la violence.
 
d) Que se défendre face aux contre-révolutionnaires fait des agressés des dictateurs tel (choisir au choix Robespierre Vallès, Lénine Luxemburg Staline Mao, Hodja l'Oncle Hô, Castro Chavez) et donc leur fait perdre ta solidarité.
 
e) Celui qui use des armes pour riposter aux armes fait de lui un assassin et cela justifie que depuis la Sierra de la rue Danton ou réfugié dans la jungle de la Closerie des Lilas tu apportes dès lors ton soutien aux contre-révolutionnaires.
 
f) Tu dois défendre qu'en permanence pour l'histoire et l'Idée qu'un Allende ou un Néruda, un Lorca ou un Decour  sont toujours un plus alors que ceux de leurs camarades qui ont survécu sont, parce que que vivants, suspect de comportements répressifs et de fournisseur de goulag.
 
Axiome : Ne sont vraiment RRRévolutionnaire que ceux qui admettent que la révolution n'est pas à défendre avec les moyens de l'insurrection face aux contre-révolutionnaire- et qu'elle ne s'accomplit en grand que quand le peuple qui la fait est noyé dans son sang.
 
Tu pourra alors pétitionner dans le Monde, Médiapart ou Libération (évite le figaro pour ne pas être trop associé à BHL).
 
Corrolaire à l'axiome, le synopsis pour un film et l'embauche d'un ou deux nègres pour le sénario ou pour un roman sont en négociation. Tous les postulants disposent de passeport leur permettant d'entrer sans problème chez l'oncle Sam pour les présenter à Hollywood.
 
Rédigé par Canaille Lerouge

Ce que le Général de Villiers a réellement dit 12 juillet

 

Par  · publication  · mis à jour 

Le mercredi 12 juillet, le Général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armés, était auditionné par la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée Nationale[1].

 

Les fuites relatives à cette audition provoquèrent la violente réaction du Président de la République, qui attaqua alors le Général de Villiers, l’accusant d’avoir « porté sur la place publique » un débat qui n’avait pas lieu d’être. La réaction du Général conduisit à une crise, crise qui se solda par sa démission du poste de chef d’état-major des armées. La publication par l’Assemblée Nationale de cette audition permet aujourd’hui de se faire une idée plus nette des propos qui y furent tenus[2]. Les lecteurs pourront se reporter au texte intégral. Ils constateront que jamais le Général de Villiers n’est sorti de son rôle, qui était d’éclairer la représentation nationale sur l’ensemble des problèmes affectant les forces armées.

 

Devant la longueur, et aussi la densité de cette audition, on en publie ici des extraits choisis.

 

La réduction des forces armées n’est plus possible.

 

  • L’un des thèmes importants de l’audition du Général de Villiers a été de mettre en lumière le processus de contractions des forces armées, un processus entamé en 2008, soit sous le mandat de Nicolas Sarkozy, mais qui s’est prolongé sous le mandat de François Hollande. Ce processus rend impossible de nouvelles coupes budgétaires, sous peine de déséquilibrer en profondeur l’ensemble de la défense française. C’est un point important qu’il convient de noter. On le constatera dans l’extrait suivant de l’audition du Générale de Villiers :

     

    « Le système a en outre été fragilisé par le processus qui, entre 2008 et 2014, a affecté la totalité des composantes de nos armées, directions et services : le nombre de militaires est passé de 241 000 à 203 000 et l’organisation territoriale des armées a été repensée de fond en comble, principalement selon une logique d’efficience économique et de réduction des dépenses publiques. Depuis 2008, cinquante formations de l’armée de terre, dix-sept bases aériennes, deux bases aéronavales et vingt bâtiments ont été supprimés.

     

    L’impact de ces réformes, menées dans un laps de temps très court, se fait sentir. Faut-il le rappeler ? Le ministère de la Défense a été le plus important contributeur de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Le modèle s’est alors contracté autour d’un cœur de métier minimaliste, fragilisant du même coup sa cohérence d’ensemble, au moment même où il était davantage sollicité. Lorsque les engagements sont en hausse et le budget, en baisse, j’appelle cela un grand écart. À ceux qui en douteraient, je le dis et je le répète : on a déjà donné, on a déjà tout donné. Il faut maintenant revivifier notre modèle, ce qui, d’ailleurs, n’exclut pas de poursuivre notre transformation permanente et nos réformes de structure pour être toujours plus efficients. »

     

    La position du chef d’état-major est ici très claire. Il n’est plus possible de procéder à de nouvelles coupes. La cohérence d’ensemble des forces armées est aujourd’hui atteinte par ces coupes qui les fragilisent. Il faut donc au contraire commencer à préparer la régénération de l’appareil militaire.

     

    2. Les coupes budgétaires ont des conséquences opérationnelles

     

    Le deuxième point sur lequel le Général de Villiers est explicite porte sur les conséquences opérationnelles de ces coupes et des restrictions budgétaires. Les restrictions budgétaires mettent directement en cause la sécurité des militaires, que ce soit directement (absence ou déficience des blindages et des gilets pare-balles) ou que ce soit indirectement du fait d’un manque de moyen qui contraint les unités à entrer en action sans disposer du soutien, que ce soit le soutien aérien, le soutien de reconnaissance ou autre, adéquat. Des opérations doivent ainsi être reportées, ce qui peut avoir des conséquences opérationnelles extrêmement graves.

     

    « La première consiste à régénérer le modèle, en revenant, au plus vite, sur les lacunes capacitaires les plus pénalisantes, c’est-à-dire sur celles qui menacent directement les aptitudes-clés des armées et qui compromettent dès aujourd’hui la réussite de nos opérations. Concrètement, sur le terrain, le manque d’hélicoptères, de drones ou d’avions ravitailleurs a des conséquences lourdes sur la manœuvre générale : report d’opérations, rupture de permanence, opportunités non saisies, prévisibilité accrue. Il ne s’agit là que d’un exemple parmi d’autres. Pour gagner, il nous faut aussi des gilets pare-balles rénovés, des stocks de munitions reconstitués et davantage de véhicules blindés pour protéger nos soldats. Je rappelle que 60 % de nos véhicules utilisés en opération ne sont pas protégés. Le blindage est le moins que l’on puisse demander et obtenir pour les hommes et les femmes de nos armées qui, eux, ne comptent pas leurs efforts. J’ai encore rapatrié trois blessés le week-end dernier.

     

    Notre deuxième priorité est d’aligner les contrats opérationnels sur la réalité des moyens que nous engageons en opérations, aujourd’hui, considérant, je vous l’ai dit, que le niveau de menace ne diminuera pas dans les années qui viennent. Il faut savoir que nos engagements actuels dépassent d’environ 30 % les contrats détaillés dans le Livre blanc. Les nouveaux contrats devront prendre en compte les effectifs nécessaires, le maintien en condition et la préparation opérationnelle. En 2016, 50 % des rotations des unités de l’armée de terre dans les centres d’entraînement ont été annulées. Les pilotes ont volé en moyenne 160 heures – dont 100 en opération, c’est-à-dire pas à l’entraînement  –, au lieu des 180 heures normées. L’entraînement à la mer de la marine a baissé de 25 %. Une telle contraction du temps et des moyens dévolus à l’entraînement est source de vulnérabilités, auxquelles il convient de mettre un terme sans attendre. C’est le chef de guerre qui vous le dit : à la guerre, toute insuffisance se paie « cash » parce qu’en face, l’ennemi ne s’embarrasse pas de procédés. »

     

    On constate aussi que l’entraînement a été sacrifié, que ce soit l’entraînement des forces aériennes ou des forces navales. Or, la qualité de l’entraînement, et cela est su par les militaires depuis des temps immémoriaux, est une des conditions pour minimiser les pertes en opérations. Que l’on se souvienne de l’adage, maintes fois vérifiés, que « la sueur à l’entraînement évite le sang ». Il est donc clair que l’efficacité et la sécurité des femmes et des hommes de nos forces armées ont été mises en péril par les coupes répétées dans le budget de la défense depuis 2008.

     

    3. La question du budget

     

    Ceci conduit, bien entendu, à la question du budget. Le Général de Villiers salue l’objectif fixé par le Président de la République mais précise par ailleurs qu’il n’est pas « un lapin de six semaines ». Il en appelle donc à la transparence de la décision politique, et précise que les engagements pris doivent être impérativement tenus.

     

    « J’en arrive donc à ma deuxième préoccupation : obtenir des moyens financiers en cohérence avec notre projet. C’est tout l’objet de la trajectoire budgétaire qui doit nous amener à l’objectif fixé par le président de la République : 50 milliards d’euros courants, hors opérations extérieures (OPEX) et hors pensions, en 2025. Se dessinent devant nous trois horizons temporels.

     

    Le premier correspond à la fin de gestion 2017 qui doit absolument être préservée. En opérations extérieures comme sur le territoire national, nos armées assurent la sécurité des Français au quotidien, dans des conditions souvent très difficiles. Comment imaginer ne pas leur donner les moyens nécessaires pour remplir leurs missions ? Les exécutions budgétaires ont été préservées en 2015 et 2016. Cela doit être le cas également en 2017, car les armées ne sont pas moins sollicitées, loin s’en faut.

     

    Le deuxième horizon de très court terme est celui de la loi de finances pour 2018. Cette première marche est essentielle. Je ne suis pas un lapin de six semaines : je sais bien que, si l’objectif de 50 milliards est fixé à 2025 et que la courbe d’évolution du budget démarre très bas, l’élévation de cette courbe ne se produira qu’en fin de période. Nous connaissons la ficelle de cette « remontée tardive » et l’avons déjà expérimentée sous les deux quinquennats précédents.

     

    En ce qui concerne la loi de finances pour 2018, l’équation est simple. Après mise sous contrainte, le socle budgétaire ressort à 34,8 milliards d’euros, dont 32,8 milliards ouverts en loi de finances initiale auxquels il faut ajouter, d’une part, le milliard d’euros décidé par le président Hollande lors du conseil de défense du 6 avril 2016 et correspondant aux besoins supplémentaires indispensables pour faire face à la menace terroriste – non-déflation de 18 750 effectifs et mesures afférentes en termes de fonctionnement et d’infrastructure – d’autre part ; plus 200 millions d’euros décidés ces derniers mois pour financer le service militaire volontaire, la garde nationale avec l’augmentation du nombre de réservistes et les mesures de condition du personnel. Ce socle de 34 milliards d’euros sera dépensé, quoi qu’il arrive. Enfin, il convient d’y ajouter les besoins supplémentaires apparus depuis le 6 avril 2016 : 600 millions d’euros pour soutenir le surcroît d’engagement de nos forces et atténuer le sous-dimensionnement chronique de certains soutiens, dont l’infrastructure et enfin, 200 millions d’euros pour renforcer à très court terme la protection de nos hommes, à titre individuel et pour les équipements – Au total, il convient de bâtir d’emblée sur des bases saines une trajectoire de remontée en puissance pour consolider notre modèle.

     

    Le troisième horizon de court terme est la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025. Elle doit être celle de la régénération et de la projection vers l’avenir. L’ordre de grandeur de l’effort à consentir est d’ores et déjà connu : il s’élève globalement à deux milliards d’euros supplémentaires par an à périmètre constant, hors opérations extérieures et hors pensions. Compte tenu de l’urgence, la LPM doit être votée au plus tôt, c’est-à-dire avant le 14 juillet 2018, pour intégrer comme première annuité le projet de loi de finances 2019. Je rappelle que sous les deux quinquennats précédents, il aura fallu environ deux ans pour que la LPM soit adoptée. »

     

    Il indique aussi que la somme prévue par le budget 2018, et que le Président de la République devait, dans la polémique déclenchée par sa réaction (ou peut-être faut-il parler de sur-réaction) à l’audition du Général de Villiers, mettre en avant comme la « preuve » de son engagement sur les questions de défense, représente en réalité le strict minimum de ce qu’il faut alors dépenser.

     

    Et, en réponse à des questions des membres de la commission, le général revient sur la question de l’annulation des 850 millions d’euros de crédits, annulation que venait d’annoncer M. Darmanin :

     

    « Permettez-moi de revenir sur l’annulation de 850 millions d’euros de crédits en gestion 2017 qu’a annoncée M. Darmanin par voie de presse. Que les choses soient claires : il s’agit d’annulations alors qu’à l’heure actuelle, les crédits ont été gelés à hauteur de 2,7 milliards : 1,6 milliard au titre de la réserve de précaution, 715 millions de report de crédits et 350 millions de surgels. Le ministre des Comptes publics a donc cette fois annoncé une annulation de 850 millions d’euros sur la base du montant du budget total, soit 32,8 milliards, et l’ouverture simultanée d’un décret d’avance de 650 millions d’euros hors pensions, c’est-à-dire au titre du programme 178 « Préparation et emploi des forces ». Reste donc un delta net de 200 millions d’euros. Il m’est un peu délicat de parler de ceci ce matin, dans la mesure où le président de la République n’a pas encore rendu son arbitrage : il le fera certainement demain soir à l’occasion du discours qu’il prononcera à l’hôtel de Brienne.

     

    Quoi qu’il en soit, avant d’envisager les conséquences possibles d’une telle annulation de crédits, il m’importe d’abord de savoir si elle ne sera pas suivie en fin d’année d’autres annulations. Autrement dit, pour garantir le fonctionnement des armées, l’exécution budgétaire de fin d’année ne doit pas être inférieure aux montants inscrits en loi de finances initiale, sans quoi nous nous trouverions dans une situation insoutenable. En outre, aucune autre annulation ni aucun gage ne doivent être décidés d’ici au 31 décembre. Puis le reliquat du surcoût des opérations extérieures – de l’ordre de 300 millions d’euros environ – devra être couvert en fin d’année. Ensuite, il faudra déterminer le niveau du report de charge consenti ; je rappelle qu’en 2016, il s’établissait à environ trois milliards d’euros. Enfin, quid des reports de crédits de 715 millions d’euros : seront-ils reportés sur 2018 ou engagés et ouverts ? »

     

    Il montre bien qu’il s’agit d’une réduction nette, qui vient s’ajouter à d’autres. Il précise que le mécanisme des reports de crédits ne permet pas à la représentation nationale de se faire une idée précise de l’impact des réductions de fait que ces reports entraînent. Ceci renvoie à la question des munitions, une question qui est à l’évidence devenue critique :

     

    « Un mot sur les munitions : les réductions décidées ces dernières années ont globalement porté sur les flux, celui de l’entretien programmé du matériel et de l’entretien programmé du personnel, celui des munitions et celui des infrastructures – comme toujours. Oui, il faut reconstituer le flux des munitions et nous ne pourrons pas attendre 2019 ou 2020 ! Nous avons beaucoup consommé et continuons de consommer beaucoup, et pour cause : on ne gagne pas la guerre sans munitions – un fait simple que l’on semble pourtant redécouvrir. Je ne vous donnerai pas de détails sur l’état des différents stocks, mais il n’est plus temps de discuter en termes budgétaires, car nous n’avons pas le choix. Je n’y peux rien ; c’est ainsi. Il faut agir dès 2018 pour plusieurs raisons : d’abord parce que nous sommes « au taquet », mais aussi parce qu’il s’écoule parfois beaucoup de temps entre la commande de la munition et le moment où elle peut être tirée. Les pièces des munitions sont en effet fabriquées dans différents lieux et pays. Au fond, la France a redécouvert la guerre. Or, il n’est pas aisé de relancer une chaîne industrielle, surtout de manière accélérée. Nous devons être en mesure de disposer de stocks de munitions suffisants. Je ne le demande pas pour ennuyer tel ou tel, mais parce qu’encore une fois, c’est ainsi : on ne gagne pas la guerre sans munitions suffisantes. »

     

    Cela renvoie à une évidence. Pour disposer des munitions suffisantes, il faut les produire. Il n’en est pas d’un obus de 155-mm comme d’une ligne budgétaire que l’on peut remettre d’un trait de plume sur un budget. Pour produire ces munitions, encore faut-il que l’appareil industriel puisse le faire dans les temps impartis. De fait, dans le domaine militaire, ce qui importe ce n’est pas le « juste à temps » de l’industrie civile mais bel et bien la constitution de capacités excédentaires, capacités qui pourront être mobilisées en temps de crise et d’urgence. On est donc dans une logique parfaitement différente de celle de l’industrie civile, et encore plus à fortiori de celle de la banque et des banquiers.

     

    4. Sur la coopération européenne

     

    Un dernier point important de cette audition porte sur la coopération européenne. Le Général de Villiers s’exprime assez clairement sur cette dimension de l’effort de défense. Il souligne la différence de structure et de situation de la France avec l’Allemagne. Mais, ce que l’on peut lire aussi « en creux », c’est la nécessité d’avoir une politique française forte qui ne soit pas simplement la symétrique de celle de l’Allemagne, et qui ne soit pas non plus dictée par les traités européens. La coopération qu’évoque le Général de Villiers, elle est entre Nations, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, mais elle n’est pas au sein de l’Union européenne. C’est un point important dont il convient de se souvenir.

     

    « Vous proposez de dégager l’investissement de défense du calcul du déficit public par rapport à la règle des 3 % du PIB. Je soutiens fermement cette mesure, mais je crois que mon soutien ne suffit pas… C’est un sujet exclusivement politique. Mes homologues européens savent toutefois, en toute objectivité, combien nous contribuons à la défense et à la sécurité de l’Europe. On entend déplorer çà et là que bien des choses vont mal en France. Soit, mais permettez-moi de vous dire ceci : nous avons la première armée d’Europe et elle est considérée comme telle lorsque je suis à Bruxelles. La France dispose de la deuxième armée de l’OTAN. En somme, la France est un grand pays quand elle le veut, et elle l’est aujourd’hui sur le plan militaire. J’ai donc, en tant que CEMA, un rôle dans cette dynamique européenne. L’automne dernier, nous sommes parvenus à réunir les Britanniques et les Allemands dans mon bureau, puis nous avons tenu une réunion du même ordre à Londres ! La prochaine réunion aura lieu à Berlin après l’été. Ce sont des signes ! Nous pouvons explorer d’innombrables pistes de coopération. Nous pouvons coopérer avec les Allemands en matière d’environnement des opérations et de capacités – intelligence, surveillance, reconnaissance (ISR), ravitailleurs, transport aérien, drones – ou encore de logistique et de sécurité et développement, car cette économie puissante peut nous aider. Ils participent à la formation des forces locales, dans le cadre de la mission européenne EUTM au Mali par exemple. Avec les Britanniques, notre coopération porte tout à la fois sur les opérations – j’ai mentionné la CJEF – mais aussi sur les programmes, le traité de Lancaster House ayant tracé de nombreuses pistes. On peut aussi envisager à l’avenir un programme de drone MALE européen avec ceux qui voudront nous rejoindre d’ici à 2025. Autrement dit, je suis persuadé qu’il y a des choses à faire, et je sens une dynamique meilleure qu’auparavant, en particulier avec l’Allemagne, dont je rappelle que la part du PIB consacrée à la défense passera de 1,2 % à 1,5 % en quatre ans, sachant que l’Allemagne a un PIB plus élevé que le nôtre et qu’elle n’assume aucune dépense liée à la dissuasion. C’est dire si, à périmètre équivalent, nous allons devoir nous accrocher pour ne pas être dépassés ! »

     

    Au total, l’audition du Général de Villiers apparaît comme extrêmement digne, responsable, et non pas comme une « mise sur la place publique » du linge sale que le Président aurait souhaité laver en famille. Le fait que le Général de Villiers ait été applaudi sur tous les bancs à la suite de son audition montre bien que, au-delà des désaccords qui peuvent légitimement exister, les membres de la Commission avaient été sensibles à l’exercice démocratique que représente l’information honnête des représentants du peuple !

     

    [1] Membres de la commission :

     

    Présents. – M. Damien Abad, M. Louis Aliot, M. François André, M. Jean-Philippe Ardouin, M. Didier Baichère, M. Xavier Batut, M. Thibault Bazin, M. Olivier Becht, M. Christophe Blanchet, Mme Aude Bono-Vandorme, M. Ian Boucard, M. Jean-Jacques Bridey, Mme Anne-France Brunet, Mme Carole Bureau-Bonnard, M. Luc Carvounas, M. Philippe Chalumeau, M. André Chassaigne, M. Alexis Corbière, M. Jean-Pierre Cubertafon, Mme Marianne Dubois, Mme Françoise Dumas, M. Jean-François Eliaou, M. Olivier Faure, M. Yannick Favennec Becot, M. Jean-Jacques Ferrara, M. Marc Fesneau, M. Jean-Marie Fiévet, M. Philippe Folliot, M. Laurent Furst, M. Claude de Ganay, M. Thomas Gassilloud, M. Guillaume Gouffier-Cha, M. Fabien Gouttefarde, Mme Émilie Guerel, M. Jean-Michel Jacques, M. Loïc Kervran, Mme Anissa Khedher, M. Bastien Lachaud, M. Jean-Christophe Lagarde, Mme Frédérique Lardet, M. Jean-Charles Larsonneur, M. Didier Le Gac, M. Christophe Lejeune, M. Jacques Marilossian, Mme Sereine Mauborgne, M. Philippe Michel-Kleisbauer, Mme Natalia Pouzyreff, M. Joaquim Pueyo, M. Gwendal Rouillard, Mme Sabine Thillaye, Mme Laurence Trastour-Isnart, Mme Nicole Trisse, M. Stéphane Trompille, Mme Alexandra Valetta Ardisson, M. Patrice Verchère, M. Charles de la Verpillière

     

    Excusés. – M. Bruno Nestor Azerot, M. Florian Bachelier, M. Richard Ferrand, M. Christian Jacob, Mme Patricia Mirallès

     

    [2] http://www.assemblee-nationale.fr/15/cr-cdef/16-17/c1617003.asp

    Macron, face aux conséquences de ses actes…

     

    Jacques SapirPar · 

     

    Emmanuel Macron a mangé son pain blanc. Il l’a mangé vite, en jeune homme pressé. Mais il est, aujourd’hui, confronté aux conséquences de ses décisions et de ses actions. La déliquescence du groupe parlementaire de La République en Marche, son propre parti, est devenue évidente aux yeux de tous. Les « couacs » parlementaires se multiplient. Les dysfonctionnements répétés qui affectent son propre gouvernement commencent à être sur la place publique[1]. Il a perdu le capital de confiance qu’il pouvait avoir dans les grandes administrations, et en particulier dans celles qui représentent la force de l’Etat, la police et l’armée. Il ne s’est attaqué, que ce soit en actes ou en paroles, à aucun des grands problèmes qui taraudent aujourd’hui notre pays, et pourtant – ou peut-être à cause de cela – il voit sa popularité fondre à vue d’œil[2].

     

    Il s’est aussi aliéné nombre de ses anciens soutiens, qu’il s’agisse de soutiens dans le cadre national ou à l’international. Il verse désormais dans une démagogie antiparlementariste rampante, avec une loi de « moralisation » de la vie politique à la fois inefficace, injuste, et ne réglant aucun des problèmes auxquels elle prétendait s’attaquer. Il doit se préparer à une crise sociale, dont nul ne peut aujourd’hui prévoir l’ampleur ou la durée dés cet automne, et ce dans une situation où la légitimité même de son pouvoir sera mise en cause.

     

    Erreur de communication ou hypothèses hasardeuses ?

    Cette situation peut s’analyser superficiellement comme le produit de la politique réduite à la communication. Comme tout raccourci, ce dernier contient sa vérité. La communication l’a bien souvent, et trop souvent, emporté sur la substance. On l’a vu dans la contradiction entre son projet, libéral, et la nationalisation des chantiers navals STX. On l’a vu, aussi, justement dans les palinodies auxquelles le vote de la loi de « moralisation » de la vie politique a données lieu.

    Mais, ce n’est qu’un raccourci. Emmanuel Macron, en réalité, bute sur les hypothèses mêmes de son projet politique. Une de ces hypothèses est qu’un pays peut se diriger comme une entreprise. Une autre hypothèse est qu’il suffit d’avoir un chef intelligent (moi, a dû penser Emmanuel Macron) et des médias complaisants, et que pour le reste on pouvait puiser dans la « société civile » pour faire des députés, et un parti politique. Bref, que, en un sens, Lénine, oui ce dangereux révolutionnaire qui a écrit en 1917 L’Etat et la Révolution[3], n’avait pas tort. Qu’une cuisinière peut s’occuper de l’Etat, à la condition – faut quand même pas exagérer – d’avoir la ligne juste et d’être bien encadrée. Le problème est que ces hypothèses se sont révélées fausses. Il y a encore d’autres hypothèses, mais elles sont moins importantes dans le chaos actuel, comme celle d’une nécessaire union avec l’Allemagne, ou celle de la primauté absolue des institutions européennes. Ces hypothèses ont des conséquences importantes sur la politique. Mais, elles ne jouent pas le rôle moteur dans la déconfiture actuelle du gouvernement.

    La politique et le fantasme de la démocratie directe

    Commençons par la première. On le sait, le fantasme de la démocratie directe est très fort. Il s’appuie, et non sans quelques bonnes raisons, sur la décomposition d’une élite politique que l’on connaît depuis maintenant près de vingt ans. Mais, ce n’est – hélas – pas parce que une élite a failli que l’on peut la remplacer par des gens sans expériences de la politique et des principes de l’organisation.

    La politique, au niveau d’un député ou d’un maire, ce n’est pas simplement prendre des décisions. C’est aussi savoir naviguer dans la complexité des règlements de toute sorte. C’est aussi savoir mesurer que tout n’est pas possible instantanément, qu’il faut faire des priorités, qu’il faut aussi les faire accepter par les autres. Bref, que la politique c’est aussi l’art du compromis. Le problème est que, bien souvent, la ligne qui sépare le compromis de la compromission n’est visible que quand on est confronté aux conséquences de ses actions.

    Pour user d’un langage plus châtié, la politique aujourd’hui n’est plus celle que l’on faisait sur l’Agora d’Athènes ou sur le Forum de Rome il y a plus de 20 siècles. D’ailleurs, dès le passage à l’Empire, Rome s’était dotée de bureaux et de fonctionnaires qui faisaient que le pouvoir de l’Empereur n’était que rarement celui d’un homme seul. La société s’est immensément complexifiée ; les Etats se sont aussi complexifiés, et se sont dotés, peu à peu, d’administrations étendues et ramifiées. La politique consiste aussi à savoir utiliser ces administrations sans en devenir l’otage. Et c’est pourquoi la politique s’est professionnalisée. Alors, bien entendu, il n’est sans doute pas sain que l’on ne fasse que de la politique durant toute sa vie. Il est même carrément malsain que l’on ne vive que de cela, car – à ce moment là – le besoin de pouvoir continuer à jouir des moyens de la politique l’emportera sur toutes les convictions.

    Mais, la professionnalisation de la vie politique est une évidence ; elle implique une période de formation et surtout l’équivalent du cursus honorum de la Rome républicaine. Le fait justement de faire ses premières armes au niveau municipal avant de pouvoir accéder à la députation, voire plus haut. Aussi, vouloir limiter le nombre de mandats successifs exercés par quiconque n’est pas nécessairement une bonne idée. Et c’est là où se révèle l’erreur de la fameuse loi dite de « moralisation de la vie politique », loi qui ne moralise rien du tout et qui, bien au contraire, établit de nouvelles normes en matière d’hypocrisie ; on interdit ainsi aux conjoints des députés ou à leurs enfants de travailler pour eux, mais on laisse le champ libre aux maitresses et aux amants, aux filles et au fils de copains ou d’obligés.

    L’Etat n’est pas une entreprise

    Ce qui nous ramène à l’autre erreur fondamentale : penser que l’on peut diriger un pays comme une entreprise. Cette erreur ici s’aggrave de l’indétermination du terme « entreprise ». Car, de quelle entreprise s’agit-il ? Est-il ici question de la petite entreprise en nom personnel, de la start-up qui fait beaucoup fantasmer, mais dont on oublie un peu vite les taux de mortalité, ou de la très grande entreprise internationale ? De même, quand on parle d’une entreprise, il faudrait commencer par préciser son secteur d’activité. Une banque – qui est une entreprise – ne se gère pas comme une entreprise industrielle, qui elle-même n’obéit pas aux même règles qu’une entreprise du commerce. On pourrait ici multiplier les exemples. D’ailleurs, il est frappant que ceux qui prétendent qu’un pays pourrait se gérer comme une entreprise sont bien incapable de donner une définition précise de l’entreprise. De l’esprit d’entreprise, peut-être. Mais la diversité même des types d’entreprises défie tout effort de définition.

    Alors me dira-t-on, on peut quand même définir une entreprise par la règle se subordination (oui, l’entreprise n’est pas un lieu de démocratie) et par la règle de concurrence. Mais, c’est oublier que la coopération a aussi un rôle important à jouer dans le fonctionnement des entreprises, que cette coopération se fasse au niveau de l’atelier ou à des niveaux supérieurs, qu’elle soit implicite ou qu’elle suive les chemins de la coopération explicite, par l’accord et le compromis. Surtout, c’est oublier que pour qu’une entreprise fonctionne, il faut qu’elle résolve un problème de légitimité, que se soit en interne ou en externe, et que ce problème de légitimité ne peut être résolue que parce qu’existent des règles qui sont imposées aux entreprises, et imposées par l’Etat. C’est là l’une des raisons les plus fondamentales pour laquelle on ne peut – et on ne doit – pas confondre l’entreprise et l’Etat, et ce même si de très grandes entreprises sont capables d’arracher aux Etats des pans entiers de leurs fonctions. Cette usurpation n’est jamais pleinement fonctionnelle.

    Les règles du pouvoir

    Vouloir donc diriger un Etat, c’est d’abord et avant tout comprendre que l’on est en présence d’une forme d’organisation qui est qualitativement différente de celle des entreprises, et que cette forme qualitativement différente implique des compétences qui ne s’acquièrent pas en quelques semaines, voire en quelques mois.

    Emmanuel Macron a construit son projet sur deux hypothèses qui s’avèrent erronées. Il en paye le prix aujourd’hui. Sa seule chance d’enrayer la spirale destructrice dans laquelle il s’est mis serait de reconnaître ses erreurs. Mais, s’il avait le courage de le faire – car il faut du courage pour reconnaître que l’on a fait fausse route, l’entêtement étant toujours la voie la plus facile – il détruirait les bases de sa construction politique, qui sont justement liées à ces erreurs. On ne construit pas un projet politique sur un rêve sans conséquences.

    Il est donc bien plus probable qu’il choisisse la voie de l’entêtement, du raidissement autoritaire. Nous le verrons, probablement, avec les troubles et les conflits sociaux de cet automne et de cet hiver. Mais, cela le confrontera immanquablement – à un moment ou à un autre – à la perte de légitimité et de crédibilité qu’il subit déjà dans les deux administrations dont il aura alors le plus besoin : la police et l’armée. Et, à ce moment là, le Président, ce monarque républicain, sera nu…

    [1] http://www.lefigaro.fr/politique/2017/07/30/01002-20170730ARTFIG00125-face-aux-critiques-macron-revoit-sa-methode.php , http://www.ouest-france.fr/politique/emmanuel-macron/c-est-du-pipi-de-chat-comment-emmanuel-macron-recadre-ses-ministres-5165521

    [2] http://www.ouest-france.fr/politique/emmanuel-macron/sondage-forte-baisse-de-la-popularite-d-emmanuel-macron-5156669 et http://www.atlantico.fr/rdv/politico-scanner/chute-record-dans-sondages-petit-comparatif-popularite-presidents-en-debut-mandat-et-ceux-qui-sont-parvenus-inverser-tendance-3126824.html

    [3] http://classiques.uqac.ca/classiques/lenine/Etat_et_revolution/Etat_et_revolution.html

    Le FMI s'en mêle

    Publié le 30 Juillet 2017

    La coupable,

    condamnée et dispensée de peine

    la ramène.

    Le FMI s'en mêle

     

    Le plan d'ajustement structurel concocté avec Merkel et mis en place par Macron reçoit la bénédiction du FMI.

     

    La France bénéficie d'une "opportunité exceptionnelle" pour engager les réformes nécessaires afin de relever les défis auxquels son économie se heurte de longue date, notamment un taux de chômage élevé et une faible compétitivité extérieure, estime le Fonds monétaire international (FMI).

     

    il sera vital de définir et de mettre en œuvre de profondes réformes de dépenses à tous les niveaux des administrations publiques"

     

    "le solide mandat politique (dont disposent Emmanuel Macron et son gouvernement) et l’amélioration de la conjoncture économique (le taux de croissance devrait pouvoir se hisser à 1,5% cette année et accélérer l’an prochain) offrent une opportunité exceptionnelle pour engager un tel paquet de réformes courageuses et complètes."

     

    En matière de fiscalité du capital et du travail, il juge que les projets du gouvernement (baisses de charges et d'impôt sur les sociétés, réforme de l'impôt sur la fortune, nouvelle fiscalité des revenus du capital) "devraient stimuler l’investissement et la croissance de l’emploi."

     

    Et donc Philippe, grand Vizir de Touthenmakron, passe aux actes, ses ministres doivent justifier et de valider, certains ont même latitude pour accentuer.

     

    2 semaines d'exercices :

     

    L'APL rabotée et pour certains supprimée,

     

    12 000 logements type HLM à la trappe, 

     

    331 millions en moins dans le supérieur: l’adieu à la démocratisation de l’université.

     

    50 Millions de moins pour la culture (sans conséquence dit la ministre qui se révèle inconséquente).

     

    Même le budget des hypermacronphiles "français de l'étranger" est impacté à hauteur de 160 millions d'€.

     

    Saignée dans l’aide publique au développement (APD) ,le gouvernement a annoncé lundi une réduction de 141 millions d'euros.Les coupes clairs dans les effectifs et le statut des fonctionnaires. 

     

    Canaille le Rouge ne retient pas le budget militaire qui malgré l’annonce par Bercy d’une réduction budgétaire de 850 millions d’euros pour les armées a ouvert une crise jamais vue sous la 5e République, ce budget lui est augmentation pour obéir aux injonction de Trump.

     

    Ce qui est curieux dans cette affaire c'est que La Canaille ne croise plus personne ayant voté pour le pharaon...même ceux qui venait lui expliquer qu'il fallait utiliser le bulletin Macron pour faire échec à la haine. Même ceux là disent de pas avoir voter pour lui.

     

    Qui et quand ont-il trompé ou trompent-ils leur monde ? Le macronisme secondaire se révèle être une maladie honteuse.

     

    Rédigé par Canaille Lerouge

    Pourquoi ne pas faire pire quand on sait si bien faire dans l'ignoble ?

     

    Publié le 29 Juillet 2017

    Après l'APL rabotée,

    maintenant,

    les logements sociaux

    interdits de construction.

    Le gouvernement empêche la construction de 12 000 HLM

    Le gouvernement empêche la construction de 12 000 HLM

     

    Un récent décret rédigé en catimini prévoit d'annuler plusieurs millions d'euros de crédits destinés à l'origine à la construction de logements sociaux. A quoi joue le nouveau gouvernement...

     

    http://www.explorimmo.com/edito/actualite-immobiliere/detail/article/le-gouvernement-empeche-la-construction-de-12-000-hlm.html

     

    Le théorème de Macron :

     

    Les décrets d'aujourd'hui font les SDF de demain... et les morts de froid des hivers suivants.

     

    Il vont sabrer le champagne par caisses dans les villes anti logement social et à la FNAIM.

     

    Rédigé par Canaille Lerouge

    Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

    Que faites-vous samedi 23 septembre 2017?

    Que faites-vous samedi 23 septembre 2017?

    Partout en France, marchons pour la paix le samedi 23 septembre 2017!

    La CGT fait partie des 115 organisations qui ont signé l'Appel national:

    Partout en France le samedi 23 septembre 2017, marchons ensemble pour un monde de solidarité, de justice, de liberté, d’égalité, de fraternité et de Paix !

    En marche pour la paix – Stop la guerre – Stop les violences

    L’aspiration des peuples à vivre ensemble en paix dans la solidarité, la justice et la fraternité est immense.


    Nous sommes persuadés qu’aucune de nos différences de convictions, d’appartenance ou de sensibilités philosophiques, politiques, religieuses, syndicales ou autres ne doit faire obstacle à l’expression de cette aspiration commune.

    Nous sommes révoltés face à l’augmentation incessante des dépenses militaires qui sont passées de 1.144 milliards de dollars en 2001 à 1773 milliards en 2015 (Sipri en USD taux de change 2014) et favorisent un commerce des armes immoral et dangereux, alors que le budget des Nations Unies pour les opérations de paix est de seulement 8,7 milliards et que la lutte contre le réchauffement climatique nécessite des moyens importants tout comme la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD).

    Pour connaître les 115 organisations en lien

    Partout en France, marchons pour la paix le samedi 23 septembre 2017

    La « nationalisation » de STX et les contradictions du gouvernement

     

    Par  · 

     

    Le gouvernement vient de décider de « nationaliser » les chantiers navals STX[1]. Cette démarche peut surprendre de la part d’un gouvernement qui, jusqu’à maintenant, s’était surtout fait remarquer par des positions inspirées par le libéralisme économique le plus pur. L’objectif affiché est de «défendre les intérêts stratégiques de la France». Le gouvernement possédait jusqu’à présent 33,33% des actions. Cette détention était assortie d’un droit de préemption courant jusqu’au samedi 29 juillet. C’est ce droit que le gouvernement a décidé de faire jouer, à la suite de l’échec des négociations avec l’entreprise italienne, Fincantieri qui devait reprendre une partie du capital[2].

     

    Le cas STX et le conflit Franco-Italien

     

    L’exécutif a voulu négocier un schéma «à 50-50», équilibrant les intérêts français (l’État, l’ex-DCNS Naval Group, Bpi-France et les salariés) et italiens dans le tour de table des Chantiers de l’Atlantique, alors que le compromis initial donnait au camp italien 55 % des parts de STX France. Les causes du revirement du gouvernement français sont connues. Fincantieri est situé sur le même créneau que STX, dont il est le principal concurrent. Alors que le gouvernement présidé par M. Cazeneuve avait accepté que les italiens soient majoritaires, celui de M. Philippe, et bien entendu le Président de la République, ont fait leurs les craintes de nombreux responsables de STX que l’acheteur italien n’intervienne que pour s’assurer la maîtrise de certaines équipements de Saint-Nazaire et laisse péricliter la production sur le site. Or, le gouvernement italien a rejeté la proposition française, que ce soit par la voix du ministre du Développement économique M. Carlo Calenda, ou celle de son collègue du Trésor M. Pier Carlo Padoan.

    C’est donc une décision importante. Mais il convient de la relativiser. Cette décision n’implique une dépense que de 80 millions d’euros. Dans le même temps, le gouvernement de M. Philippe se prépare à privatiser la société Aéroports de Paris, pour un montant estimé entre 2,7 et 7 milliards d’euros suivant les formules de privatisation. Or, ces aéroports (Charles de Gaulle et Orly) peuvent être considérés comme tout autant stratégiques que les chantiers STX. Par ailleurs, le gouvernement français annonce sa décision de reprendre les négociations avec la partie italienne pour aboutir à une sorte d’Airbus de la mer, et donc ne ferme pas la porte à un accord avec l’Italie.

    Les contradictions du gouvernement

    En fait, l’attitude du gouvernement français souligne les contradictions du discours et de la politique de M. Emmanuel Macron.

    Il y a tout d’abord une contradiction évidente dans ce projet de constituer une « Airbus naval ». Rappelons que le précédent d’Airbus se basait sur une expérience de la coopération avec l’industrie aéronautique allemande de plus d’une dizaine d’années. Cette coopération avait porté sur l’avion de transport Transall, mais aussi sur la construction sous licence en Allemagne fédérale du prédécesseur du Transall (le Noratlas) et du Fouga Magister. Par ailleurs, au moment où fut négocié la constitution d’Airbus, un autre programme de coopération, autour de la fabrication de l’Alpha Jet, était en œuvre. Airbus fut donc, à l’origine, le fruit de ces nombreuses coopérations industrielles, où il était clair que la France jouait un rôle directeur. Nous ne sommes absolument pas dans ce type de situation avec la construction navale. L’analogie proclamée par le gouvernement ne repose sur rien. On se paye de mots.

    Rappelons aussi que cette décision met en scène la souveraineté de la France, alors même que le Président ne cesse de chanter les louanges d’une Europe plus intégrée, ce qui passerait par de nouveaux abandons de souveraineté. Et l’on peut voir se manifester ici une nouvelle fois la contradiction qui avait été celle de François Hollande quand il avait décrété l’état d’urgence en novembre 2015. Qu’il s’agisse de François Hollande ou d’Emmanuel Macron, nous sommes en présence de Présidents qui affirment leur volonté d’aller plus loin dans l’intégration européenne mais qui, face à une crise, réagissent dans le sens d’une réaffirmation de la souveraineté française. La contradiction est ici irrémédiable.

    Du rôle de l’Etat dans le développement de l’industrie

    Le gouvernement de M. Philippe et d’Emmanuel Macron apparaît ainsi sans ligne directrice, disant une chose et en appliquant une autre. C’est particulièrement grave dans le domaine industriel qui, moins que tout autre, tolère les mises en scènes et les décisions opportunistes.

    L’entreprise industrielle n’est pas une organisation comme les autres. A l’instar des églises et des armées, elle est une organisation hiérarchique non-démocratique[3], dont la grande majorité des membres a été exclue de la rédaction des institutions internes.

    Elle doit, pour fonctionner, faire appel à des modes de complémentarité issus de la division du travail[4]. En même temps, elle est fondée sur une division radicale entre propriétaires et employés. L’entreprise, dans sa forme capitaliste, repose donc sur un faisceau de fonctions, dont la minimisation des coûts de transaction (thèse de R. Coase) et l’optimisation d’un système local de connaissances collectives[5], en particulier par la mise en place de lignes informationnelles et diffusionnelles (interprétation d’un volume croissant de signaux par les connaissances engendrées par la division technique du travail) font partie mais ne résument pas totalement. Elle assure aussi, il faut s’en souvenir, la prédominance de certaines stratégies d’appropriation sur d’autres[6]. Cette dimension introduit d’ailleurs un niveau d’incohérence dans l’articulation des cohérences que réalise l’entreprise capitaliste.

    L’entreprise publique, elle, peut adopter des institutions internes facilitant la mise en commun spontanée des connaissances individuelles et favoriser la constitution de structures de connaissances collectives. Mais, elle n’est pas sans inconvénient. En premier lieu, pour que l’État puisse se comporter en propriétaire autolimité (c’est-à-dire s’engageant à ne pas faire défection), le domaine productif de l’État doit être limité. Si les engagements financiers issus du secteur public sont trop importants par rapport aux capacités de financement, les travailleurs peuvent craindre soit une rupture de l’engagement interne (sous la forme d’une privatisation ou de l’alignement de la gestion sur la norme des entreprises capitalistes habituelles), soit une revanche fiscale.

    De nombreuses raisons plaident, cependant, pour un secteur industriel public : existence d’une alternative face à des producteurs privés pour les contraindre à modérer leurs prix dans des contrats entreprises privées/État, prise de risque industriel sous forte incertitude, capacité à payer un coût d’entrée important dans certaines activités, qui dissuade des investisseurs privés.

    Cette « nationalisation » de STX pourrait être l’occasion d’une prise de conscience et de la situation de l’industrie française, et de la nécessité d’un secteur public dans certains domaines. Mais, cela exige que le gouvernement se défasse de la chape idéologique du libéralisme mais aussi de l’européisme. Il est, à vrai dire, fort peu probable qu’il en aille ainsi. Cette « nationalisation » risque donc de n’être que poudre aux yeux.

    Notes

    [1] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/07/27/97002-20170727FILWWW00227-bruno-le-maire-annonce-la-nationalisation-de-stx.php

    [2] http://www.lefigaro.fr/societes/2017/07/18/20005-20170718ARTFIG00340-stx-franceattend-le-verdict-d-emmanuel-macron.php

    [3] Il est clair que d’autres organisations, partis politiques, syndicats, équipes sportives, peuvent fonctionner de manière non démocratique. Mais cette forme de fonctionnement n’est en rien propre à leur nature, et d’ailleurs des organisations de ce type peuvent parfaitement avoir un fonctionnement démocratique, qui n’exclu pas le principe hiérarchique, mais donne un pouvoir de contrôle aux membres sur la désignation de cette hiérarchie et l’étendue de ses pouvoirs.

    [4] Ce point est rappelé par C. Pitelis, « Transaction costs, markets and hierarchies: the Issues », in C. Pitelis, (ed.), Transaction Costs, Markets and Hierachies, Basil Blackwell, Oxford, 1993,

    [5] S. Winter, « On Coase, Competence and the Corporation », in O.E. Williamson & S.G. Winter, (eds), The Nature of the Firm – Origins, Evolution and Development, Oxford University Press, Oxford, 1991, pp. 179-195.

    [6] G.K. Dow, « The Appropriability Critique of Transaction Cost Economics », in C. Pitelis, (ed.), Transaction Costs, Market and Hierarchies, Basil Blackwell, Oxford, 1993, pp. 101-132. Voir, pour une analyse très pertinente de cette asymétrie, D.H. Robertson, The Control of Industry, Cambridge University Press, Cambridge, 1923.

    La citoyenneté dans la métamorphose

     

    Anicet Le Pors

     

    Le mot « citoyen » a pu traverser vingt-cinq siècles sans attente majeure et il reste chargé d‘un a priori positif. Il échappe à une définition précise car le concept de citoyenneté est une création continue qui s’inscrit dans une généalogie, plutôt qu’une histoire.

     

    Dans la cité athénienne du Ve siècle avant notre ère les citoyens grecs débattent sur l’agora et pratiquent ce que nous identifions aujourd’hui comme démocratie directe. À ceci près que les citoyens ne représentent qu’environ le dixième de la population. Dans la Rome républicaine le principe d’égalité est essentiellement juridique dans une société oligarchique. L’exercice de la citoyenneté s’inscrit strictement dans le respect de la loi au sein d’une société qui connaît une forte hiérarchisation des pouvoirs. Il s’étend à un nombre croissant de personnes. Les contradictions politiques et économiques que ce système engendre conduisent à l’avènement de l’Empire qui fait de la citoyenneté un moyen d’assimilation des populations conquises, consacré par l’édit de Caracalla en 212.

    La citoyenneté connaît ensuite une longue éclipse au Moyen-Âge Elle est réactivée par la bourgeoisie conquérante des cités sous la Renaissance, le retour au droit romain, à l’étude des Anciens. Les Lumières en approfondissent le contenu et la Révolution française marque l’irruption durable du citoyen sur la scène politique. À son retour d’exil en 1800, Chateaubriand pouvait rapporter que l’on pouvait encore lire au-dessus des porches « Ici on s’honore du titre de citoyen et on se tutoie ». Dès lors, la citoyenneté sera constamment évoquée, notamment lors de l’avènement de chaque République. L’utopie d’une citoyenneté mondiale fleurira sporadiquement, le mouvement socialiste le traduira dans la perspective d’un « homme nouveau ».

    La citoyenneté dépendant donc du moment historique et du contexte, on pet dégager une problématique d’analyse du concept en relevant que sur la base de la précédente brève rétrospective, il n’y a pas de citoyenneté sans valeurs, sans moyens, sans dynamique[1]. Cette problématique revêt une importance particulière dans la situation de crise actuelle pour approfondir le contenu de la citoyenneté et éviter ainsi les facilités courantes conduisant à qualifier de citoyen ou citoyenne l’école, l’entreprise, l’administration, le parti pour se dispenser de dire en quoi cela consiste[2].

    VALEURS ET PRINCIPES

     On ne s’appesantira pas sur la distinction entre valeurs et principes, seuls ces derniers sont à l’origine des règles de droit[3]. Les valeurs et principes ici retenus peuvent être discutés. On les a préféré ceux de la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » dont le caractère opérationnel est incertain : la liberté n’appelle que la réglementation nécessaire à l’ordre public, la fraternité ne se décrète pas.

    L’intérêt général ne s’impose pas naturellement à la communauté des citoyens. Concept simple en apparence, sa définition est en réalité très délicate. Les économistes néoclassiques ont prétendu que l’optimum social qui résulterait du principe de libre concurrence d’acteurs éclairés pouvait être assimilé à l’intérêt général. Mais le citoyen ne saurait être réduit au consommateur ou au producteur. Le juge administratif a considéré que, s’il s’estimait compétent pour identifier un intérêt général, il revenait au pouvoir politique de le définir à l’issue d’un débat démocratique. Mais cette définition a varié dans le temps et dans l’espace. Se pose à ce sujet le problème du niveau pertinent où il doit être défini (cas de l’aéroport de Notre Dame des Landes). Il est aussi parfois soutenu que l’intérêt général n’existerait pas, qu’il n’y aurait que des intérêts de clase; de communauté, ou encore que la loi des hommes serait subordonnée à une loi naturelle (opposition au mariage pour tous) ou religieuse, y compris dans la sphère publique.

    Opérateur de l’intérêt général, le service public est déjà évoqué dans les Essais de Montaigne en 1580. La longue tradition de la France sur le sujet est marquée par les travaux de l’École de Bordeaux à la fin du XIXe siècle. Simple au départ ( une mission d’intérêt général, une personne morale de droit public, un droit et un juge administratifs) la notion n’a cessé de se complexifier. Sa réussite en a élargi le champ mais l’a aussi rendu plus hétérogène. Dans sa gestion, le contrat l’a disputé à la loi. Au sein de l’Union européenne, la notion est subordonnée au principe de concurrence malgré des progrès de la jurisprudence pour prendre en compte des missions d’intérêt général. Dans le même temps, la primauté est donnée à la gestion sur la propriété publique. La question de la propriété publique est aujourd’hui abandonnée par les formations politiques après l’échec des nationalisations de la loi du 11 février 1982 et l’effondrement du bloc soviétique entrainant le discrédit de sa propriété étatique. Pourtant, la propriété publique reste une grande question politique.

    Affirmé en tête de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le principe d’égalité est le fondement de la démocratie. Cette affirmation conduit tout d’abord à bannir les discriminations fondées sur l’origine, la race, la religion, l’orientation sexuelle. Mais l’application du principe doit trouver dans la réalité des applications spécifiques : prendre en compte des différences de situations, faire prévaloir l’existence d’un intérêt général, promouvoir une action publique sous forme d’ « actions positives » dans le respect d’une certaine proportionnalité entre objectifs poursuivis et moyens engagés.

    Cette confrontation du principe à la réalité a entrainé une abondance jurisprudence. Elle siège également dans le traitement de questions de société majeures. Ainsi en est-il des politiques visant à assurer à tous les jeunes une « égalité des chances », sympathique mais sous influence de l’idéologie libérale et qui relève d’un autre état d’esprit que la formation à la citoyenneté. Il s’agit aussi de l’égalité entre les femmes et les hommes. Si le principe d’égalité ne souffre pas de contestation, la réalité le contredit sous de multiples aspects : sous représentation des femmes dans l’accès aux fonctions et mandats électifs, aux emplois supérieurs des fonctions publiques et des responsabilités économiques, précarité accentuée dans de nombreuses situations.

    Le principe marque également les politiques d’immigration. Elle est fondée en France sur le droit du sol et l’égalité des citoyens et s’oppose au modèle basé sur le droit du sang et la reconnaissance de droits spécifiques à des minorités identifiées par leur culture, leur langue, leur religion ou leur ethnie et posant sur cette base des revendications d’autonomie de gestion et d’établissement de liens organiques concurrents des nationalités. Invoquant sa conception de l’égalité des citoyens et citoyennes la France a refusé de ratifier la convention cadre pour la protection des minorités nationales proposée par l’Union européenne et la charte européenne des langues régionales et minoritaires. Le droit à la différence continue d’interpeler.

    Au-delà des consciences individuelles, l’éthique de responsabilité a été déclinée sous différentes catégories juridiques ayant valeur de principes. La responsabilité pénale considère que l’on n’est responsable que de son propre fait et non d’une quelconque appartenance catégorielle. Elle est parfois difficile à apprécier dans un contexte de socialisation des risques. La responsabilité civile oblige la personne qui a causé un dommage ou n’a pas exécuté un contrat à réparation, responsabilité parfois limitée à une obligation de moyens. La responsabilité administrative, longtemps restreinte aux cas de faute lourde, peut être invoquée aujourd’hui plus largement en distinguant les fautes relevant des individus ou du service. Mais on peut évoquer également la responsabilité politique mise en cause de façon croissante sous de multiples aspects : démission provoquée, procédure d’empêchement, investigation journalistique, etc. Sous influence de conceptions juridiques anglo-saxonnes, on observe encore une évolution tendant au contournement du droit positif sous diverses formes : droit souple (code, validation législative et réglementaire d’accords contractuels, théorie des apparences, place faite aux lanceurs d’alerte, etc.

    Ce sont les citoyens et les citoyennes qui font les règles de la morale sociale et c’est le principe de laïcité qui fonde leur responsabilité à cet égard. La loi de séparation des Églises et de l’État a posé les deux principes de liberté de conscience et de neutralité de l’État entrainant celle des services publics, ce dernier cependant moins souvent évoqué que le premier. La loi de 2004 sur la port des signes ostentatoires et prosélytes en milieu scolaire, en fait sur le « voile islamique », et la loi de 2010 sur le « voile intégral » dans l’espace public, ont ouvert le débat sur la place le l’islam dans la société française qui interpelle fortement la conception de la citoyenneté en France et n’est pas près de s’achever en raison d’un approfondissement insuffisant du principe de laïcité et des atermoiements inhérents à son application concrète. La laïcité aussi est une création continue.

    MOYENS ET EXERCICE

     Comme la citoyenneté, le statut du citoyen se définit malaisément. Il ne se réduit pas aux droits civiques dont l’énumération est, au demeurant, surtout présentée lors de leur privation. La notion est essentiellement politique et manifestée surtout par le droit de vote réservé aux nationaux à l’exception des élections municipales ouvertes aux étrangers communautaires de manière restrictive.

    Mais la citoyenneté a aussi des dimensions économiques et sociales qui ont des conséquences sur l’exercice par le citoyen de ses droits et libertés. Cet exercice est ainsi dépendant du niveau et de la qualité des services publics, des combinaisons productives entre capital et travail, de l’accès à l’emploi et à la formation, des droits individuels et collectifs dans l’entreprise, notamment l’accès à la gestion, toutes questions au cœur de la réforme entreprise du code du travail.

    La citoyenneté est ainsi conditionnée par l’ensemble des conditions de vie et de travail du citoyen. Le droit au travail a valeur constitutionnelle puisqu’il figure dans le préambule de la constitution de 1946. Il fonde la créance du travailleur vis-à-vis de la société et sa dignité. Il ne saurait être écarté par la création d’un revenu dit universel ou de citoyenneté. Citoyen, travailleur et ayant droit ne sauraient être confondus.

    La démocratie locale permet au citoyen d’exercer ses droits au plus près des besoins exprimés et des moyens susceptibles de les satisfaire. Elle repose sur le principe de libre administration des collectivités territoriales posé par l’article 72 de la constitution qui connaît des limitations par d’autres principes, l’unité de la République par exemple, l’absence de domaine législatif réservé. La notion d’aménagement du territoire a été remplacée par celle de réforme territoriale. L’acte I de cette réforme, en 1982, a donné un pouvoir exécutif aux assemblées délibérantes, a prévu des garanties statutaires pour les agents publics et les élus. L’Acte II en 2003 a mentionné dans la constitution que la France a une organisation décentralisée, développé le droit de pétition, permis sous conditions un référendum local et des possibilités d’expérimentation, posé un principe d’autonomie financière, prévu des compensations financières en cas de transferts de compétences. L’Acte III amorcé sous le quinquennat Sarkozy, multiforme, poursuit sa mise en place sous le thème de la cohésion des territoires. Il est surtout caractérisé par la mise sur pied des intercommunalités et des métropoles qui bouleverse l’organisation territoriale traditionnelle et accentue la concentration économique avec le risque d’accroitre les inégalités entre centres et périphéries.

    La présidentialisation se traduit également au niveau local dans les prérogatives dévolues aux exécutifs. Les élus ont vu leurs droits étendus mais sans constituer le statut de l’élu envisager el 1982. Le statut des fonctionnaires territoriaux est menacé et, par là, l’ensemble du statut général des fonctionnaires. Les difficultés d’intervention des citoyens ont pour conséquence une croissance régulière des abstentions aux élections locales.

    La cohésion sociale est recherchée par des institutions qui constituent le modèle d’organisation des pouvoirs souhaité par les citoyens L’exigence d’une constitution écrite a été posée par la Révolution française. Depuis, la France a connu quinze constitutions traduisant deux lignes de force illustrées par deux références : démocratique et parlementaire (constitution du 26 juin 1793) et autoritaire et césarienne (constitution du 14 janvier 1852). La IVe République instaurée en 1946, de caractère parlementaire a été marquée par une forte instabilité (25 gouvernements en 12 ans). La Ve République, née des évènements séditieux du 13 mai 1958 a Alger a fait preuve d’une grande longévité mais a été modifiée 24 fois depuis sa naissance, la plus importante étant l’élection du Président de la république au suffrage universel en 1962

    De nombreuses tentatives de réformes voire de remplacement de la constitution de la Ve République ont été réalisées ou simplement formulées. Des commissions (Balladur, Jospin) ont fait de nombreuses propositions qui n’ont pas été suivies d’effet sinon par la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 de grande ampleur sous la présidence de Nicolas Sarkozy. François Hollande a évoqué plusieurs projets qu’il a été incapable de faire aboutir. Le débat pote aujourd’hui principalement sur l’idée d’une VIe République introduite par une Constituante. Or, il convient de remarquer que les changements de république ne sont intervenus en France que lorsque trois conditions étaient réunies : un large rejet des institutions antérieures, un consensus relatif sur le nouveau type de constitution, un contexte appelant ce type de mutation, guerre ou révolution. Ces conditions, à l’évidence, ne sont pas aujourd’hui réunies, mais la question institutionnelle reste dans l’actualité par la volonté du nouveau président Emmanuel Macron.

    Un changement de constitution suppose qu’une convergence idéologique suffisante soit effectuée notamment sur six chantiers : le contenu de la souveraineté nationale et populaire, l’expression de la démocratie directe et notamment par l’usage du référendum, l’élaboration de la loi et en particulier la définition d’un mode de scrutin représentatif, la nature de l’exécutif et son mode de désignation, les principes et structures de l’État de droit, la conception de la citoyenneté résultant des réponses apportées aux questions précédemment soulevées.

    DYNAMIQUE DANS LA MÉTAMORPHOSE

    L’analyse de la citoyenneté, est particulièrement difficile en situation de rupture historique. Les deux derniers siècles ont vu s’affirmer les nationalités mais aussi se développer des empires, des États totalitaires. Le XXe siècle a pu être qualifié de « prométhéen » en ce qu’il annonçait la promotion de la science et du peuple ; mais il s’est achevé par l’effondrement des systèmes étatiques mis en place et l’échec des religions séculières qui s’y étaient développées, laissant le citoyen en perte de repères. Aujourd’hui, de fortes contradictions sont à l’œuvre dans le monde : entre le développement de l’activité humaine et la protection de l’écosystème mondial, entre l’’accumulation des richesse er le développement des inégalités, entre la modernisation ségrégative et la radicalisation politique et religieuse, entre violences étatiques et flux migratoires, etc., et c’est dans ces conditions qu’il convient de donner sens à la citoyenneté. Il s’agit bien d’une situation de rupture et Edgard Morin parle justement à ce sujet de « métamorphose »[4].

    Cela se traduit, dans le moment, par une crise systémique qui intègre une crise de la citoyenneté invitant à son approfondissement, à son dépassement, voire à sa négation. Ainsi, Sophie Duchesne considère que la « citoyenneté à la française » résulte de la combinaison de deux modèles, d’une part la citoyenneté par héritage qui prend en compte tous les acquis des générations, d’autre part la citoyenneté par scrupule qui consiste en un simple contrat équitable entre l’individu et la société, les droits de l’homme suffisant comme références morales; elle relève que la seconde conception tend à l’emporter sur la première[5]. Face au discrédit qui frappe le monde politique, de nombreuses associations se réclament d’une « nouvelle citoyenneté » générée à partir des activités de terrain, délaissant la dimension étatique. D’autres encore privilégient la « citoyenneté de résidence » peu soucieux de critères juridiques et politiques. Ces conceptions ont toutes comme caractéristiques d’être en réduction par rapport aux exigences de la problématique ici proposée. Une version encore plus radicale consiste à s’en remettre exclusivement aux droits de l’homme négligeant l’avis de Jean Rivero pour qui si les droits de l’homme sont des libertés, les droits du citoyen sont des pouvoirs[6]. Avant tout politique et nationale la citoyenneté est aussi contestée aux niveaux infra et supranationaux. L’État de droit en France ne reconnaît pas de droits spécifiques aux communautés minoritaires et la notion de « peuple » n’est pas reconnue constitutionnellement. On pourrait cependant admettre des dimensions régionales (corse, bretonne) à la citoyenneté française dans le cadre de l’organisation décentralisée du pays. Au niveau supranational le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne dispose que « Il existe une citoyenneté de l’Union. Est citoyen de l’Union toute personne ayant la nationalité d’un État membre. La citoyenneté de l’Union s’ajoute à la citoyenneté nationale et ne la remplace pas »[7]. Cette citoyenneté décrétée ne comporte qu’un nombre restreint de droits, elle est de faible densité et semble avoir été surtout instaurée dans une perspective fédérative de l’Union, en l’absence d’un véritable « peuple » européen.

    Reste alors posée l’idée d’une citoyenneté mondiale : perspective ou utopie ? Elle a toujours été présente dans l’histoire longue au sein d’un processus de sécularisation du pouvoir politique qui s’est développé à travers une série de ruptures précédant celle dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui : affirmation du pouvoir monarchique face à la détermination religieuse à la fin du Moyen Âge ; autonomisation de l’État vis-à-vis de la personne du souverain sous la monarchie absolue ; engagement des différentes composantes du peuple dans la conquête de la souveraineté siégeant au sein de l’État-nation au fil du XIXe et du XXsiècle. La métamorphose précédemment évoquée traduit une nouvelle rupture sous forme d’une affirmation identitaire simultanée de l’individu et du genre humain, d’une bipolarisation individuation-mondialisation. Ce mouvement affecte nécessairement notre réflexion sur la citoyenneté, d’une part en affirmant la responsabilité propre du citoyen dans la création du lien social, d’autre part en questionnant la nation comme cadre naturel de la formation de la citoyenneté dans un contexte de mondialisation.

    L’individuation se présente comme lune réaction aux allégeances diverses, religieuses, philosophiques, idéologiques et politiques qui conditionnaient, jusque là, le fidèle, l’adepte, le militant dans son existence sociale. Il revient désormais à l’individu de donner la primauté à la diversité de ses choix de participation à la vie en société dont la combinaison constitue en quelque sorte son « génome de citoyenneté ». Ce profil est d’autant plus singulier qu’il est riche de la multiplicité des engagements[8]. Dès lors, le problème posé à la conduite de la société est inverse de celui connu jusqu’à présent : au-delà du foisonnement des singularités, comment mettre en œuvre des centralités efficaces et démocratiques ?

    La mondialisation ici considérée traduit la promotion du genre humain comme sujet de droit majeur susceptible d’annoncer l’avènement d’une citoyenneté mondiale. La problématique proposée dans ce texte traduit son effectivité montante. Des valeurs universelles s’imposent progressivement telles que la paix, la protection de l’écosystème mondial, le droit au développement, les droits de l’homme; d’autres font l’objet de débats dans lesquels s’affrontent les forces de la modernisation et celles de l’obscurantisme : le service public, l’hospitalité, l’égalité femmes-hommes, la laïcité. Des moyens matériels et immatériels sont développés pour répondre aux nécessités objectives d’interdépendances, de coopérations et de solidarités dans de nombreux domaines : richesses du sol et du sous-sol, communications, transports, sureté, espace, recherche, culture. Les conventions, traités et juridictions se multiplient. La dynamique de ces développements transforme les relations entre les États-nations et les mœurs des populations[9].

    C’est dans cette dialectique individuation-mondialisation, que la citoyenneté à base nationale forge désormais sa vocation à l’universalité.

    [1] Anicet Le Pors, La citoyenneté, Que sais-je ?, PUF, 2011, 4e éd.

    [2] C’est pourquoi les mots citoyen et citoyenne seront toujours utilisés comme substantifs dans le présent texte comme ils l’ont été dans l’ouvrage mentionné par la note précédente.

    [3] Principes généraux du droit, principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

    [4] Edgar Morin, « Éloge de la métamorphose », Le Monde, 9 janvier 2010. Dans le même sens : Anicet Le Pors, Pendant la mue le serpent est aveugle, Albin Michel, 1993.

    [5] Sophie Duchesne, Citoyenneté à la française, Presses de Sciences Po, 1997.

    [6] Jean Rivero, Les libertés publiques, PUF, 1996.

    [7] Voir l’article 20 et suivants du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

    [8] On trouvera un raisonnement de ce type dans Amartya Sen, Identité et violence, Éditions Odile Jacob, 2010.

    [9] Gérard Aschieri et Anicet Le Pors, La fonction publique du XXIe siècle, Éditions de l’Atelier, 2015

    Ras le bol !!!

     

    Publié le 23 Juillet 2017

    De ces pratiques journalistiques

    complaisantes pour les collabos.

     

    Ras le bol !!!

     

    Depuis quelques jours du Monde au Figaro en passant par télé et radios, tous maréchalisent un certain pétainisme rentré qui tend à un pétainisme certain.

     

    En quelle langue va-t-il falloir dire, écrire, clamer que Pétain Philippe, frappé d'indignité nationale n'a plus aucun droit ni titre, maréchal compris ?

     

    Quand Pétain entre dans le prétoire le 25 juillet 1945, il est maréchal de France.

     

    Le 15 aout 45, dès le verdict de la Haute Cour le condamnant à la peine de mort, à l'indignité nationale, à la confiscation de ses biens et lui retirant tous "ses titres et décorations" il est devenu et doit rester devant l'histoire Pétain.

     

    Rédigé par Canaille Lerouge

    Publié par El Diablo

    FORTE CHUTE de popularité de MACRON et de son premier ministre

    photo d'illustration (source photo: le point)

    photo d'illustration (source photo: le point)

    La popularité d'Emmanuel Macron et Édouard Philippe chute brutalement en juillet, selon un sondage

     

    Le président et son Premier ministre perdent 10 et 8 points de popularité en un mois.

     

    C'est la plus forte baisse de popularité d'un président depuis Jacques Chirac, qui avait perdu 15 points entre mai et juillet 1995. Avec 54% de Français satisfaits, la cote de popularité d'Emmanuel Macron a perdu dix points au mois de juillet, selon un sondage Ifop paru ce 23 juillet dans le Journal du Dimanche(JDD).

     

    Le Premier ministre Édouard Philippe connaît lui aussi une forte baisse de sa popularité, puisqu'il enregistre un reflux de huit points sur la même période, passant de 64% à 56% de satisfaits.

     

    Pour le président Macron, 47% des sondés se disent "plutôt satisfaits (54% en juin) et 7% sont "très satisfaits" (10% en juin). Simultanément, le total des mécontents passe de 35% à 43% de juin à juillet, se répartissant entre "très mécontents" (15% en juillet, contre 12% en juin) et "plutôt mécontents" (de 23% à 28%). 3% des sondés ne se prononcent pas contre 1% le mois dernier.

     

    (…)

    LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS:

    La popularité de Macron et Philippe chute brutalement en juillet

     

    La popularité de Macron et Philippe chute brutalement en juillet

    POLITIQUE - C'est la plus forte baisse de popularité d'un président depuis Jacques Chirac, qui avait perdu 15 points entre mai et juillet 1995. Avec 54% de Français satisfaits, la cote de popula...

    http://www.huffingtonpost.fr/2017/07/23/la-popularite-demmanuel-macron-et-douard-philippe-chute-brutalement_a_23043451/

    VOIR EGALEMENT LE LIEN CI-DESSOUS:

    Du jamais vu depuis Chirac en 1995 : Macron perd 10 points de popularité en juillet

     

    Du jamais vu depuis Chirac en 1995 : Macron perd 10 points de popularité en juillet

    La popularité d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe a fortement reculé en juillet. il s'agit de la baisse la plus brutale depuis celle qu'avait connu Jacques Chirac dans les premiers mois de so...

     

    https://francais.rt.com/france/41278-sondage-populari

    Publié par El Diablo

    Un député « macroniste » à la buvette de l'Assemblée Nationale : « Je me sens comme un usurpateur ». (Les révélations de François Ruffin)

     

    François Ruffin (source: france info)

    François Ruffin "craque le off" d'un député LREM : "J'ai l'impression d'avoir volé cette place"

    Il avait prévenu : François Ruffin se voit comme un "député-reporter" à l'Assemblée. Mise en application dans la nuit du 18 au 19 juillet...

    Il l'annonçait moins de dix jours après son élection en tant que député Insoumis de la Somme : François Ruffin se voyait bien "député-reporter". Pas vraiment une surprise de la part du réalisateur de Merci Patron !, également fondateur et rédacteur en chef du journal local satirique Fakir"Je prétends toujours être reporter aujourd'hui, et voilà la manière dont je veux exercer ma fonction", déclarait-il au micro de Jean-Jacques Bourdin le 27 juin.

    Presque aussitôt dit, presque aussitôt fait. Dans la nuit de ce 18 au 19 juillet, c’est sans doute en sa qualité de "reporter" qu’il a publié sur Twitter un off, rédigé "en direct depuis la buvette de l’Assemblée", qui n'a rien à envier aux confidences du genre que l'on peut retrouver à longueur de journaux.

    (...)

    LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

    François Ruffin "craque le off" d'un député LREM : "J'ai l'impression d'avoir volé cette place"

     

     

     

    François Ruffin "craque le off" d'un député LREM : "J'ai l'impression d'avoir volé cette place"

    Il l'annonçait moins de dix jours après son élection en tant que député Insoumis de la Somme : François Ruffin se voyait bien "député-reporter". Pas vraiment une surprise de la part du réa...

     

    https://www.marianne.net/politique/francois-ruffin-craq

    Publié par El Diablo

    Réforme des impôts: MACRON président des ULTRA-RICHES (vidéo)

     

     

     

     

    Publié par El Diablo

    Selon l'OFCE, MACRON va aggraver les inégalités

    Selon l'OFCE, MACRON va aggraver les inégalités

    L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), publie son évaluation des réformes prévues par Macron d’ici à 2022. Il estime que près de la moitié des mesures destinées aux ménages va profiter aux 10 % les plus aisés. Parmi ces mesures qui favoriseront les 10 % les plus riches, on trouve notamment la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF) et la « flat tax » sur l’épargne.

    *****

    Dans une évaluation peu enthousiaste de la politique engagée par le nouveau pouvoir, le think tank jette la lumière sur les cadeaux fiscaux faits aux plus riches.


    Au moins six oreilles (trois paires) ont dû siffler mercredi 12 juillet, celles d'Emmanuel Macron, d'Edouard Philippe et de Bruno Le Maire, lorsque les économistes de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) ont présenté leur évaluation du programme présidentiel pour le quinquennat 2017-2022 [PDF]. Selon eux, ce programme aura en effet pour conséquence d'aggraver les inégalités de pouvoir d'achat et de retarder la décrue du chômage.


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    Selon l'OFCE, Macron va aggraver les inégalités

     

     

     

    Selon l'OFCE, Macron va aggraver les inégalités

    Au moins six oreilles (trois paires) ont dû siffler ce mercredi 12 juillet, celles d'Emmanuel Macron, d'Edouard Philippe et de Bruno Le Maire, lorsque les économistes de l'Observatoire français des

    Publié par El Diablo

    Emmanuel MACRON : « Chef » ou « petit chef » ?

    Emmanuel MACRON : « Chef » ou « petit chef » ?

    Par Régis de Castelnau

    Emmanuel Macron fraîchement élu Président de la République, dans des conditions sur lesquelles il faudra quand même un jour se pencher en détail, a décidé de commencer son mandat avec des méthodes « managériales » nous dit-on. L’arrivée aux plus hautes fonctions du jeune homme a plongé une grande majorité de Français dans une forme d’expectative circonspecte. Récemment sorti d’un chapeau par les médias, bénéficiant du double appui de la haute fonction publique d’État et de l’oligarchie financière, ce n’est pas sa campagne électorale marquée par le creux parfois abyssal de ses interventions qui les a renseignés. Et nous sommes nombreux à nous poser la question simple : « qui est ce gars ? ».

    La candidature Macron a bénéficié de trois circonstances qui ont transformé ce qui n’était au départ qu’un pari en martingale gagnante.

    Tout d’abord l’effondrement imprévu des deux grands partis d’alternance qui structuraient la vie politique en France depuis près de 40 ans. Il est plus facile de raconter l’histoire quand on connaît la fin, mais je me rappelle parfaitement qu’après nous avoir promis Alain Juppé pendant deux ans, on nous assurait François Fillon dans un fauteuil. Quant au PS à 6 %, ce n’était même pas en rêve…

    Ensuite le face-à-face avec Marine Le Pen au deuxième tour c’était la victoire assurée. Emmanuel Macron y est parvenu grâce à la mobilisation de la justice pénale contre Fillon. Puis en recueillant 18 % des électeurs inscrits, avec un vote d’adhésion estimée à 4 % des mêmes inscrits.

    (...)

    LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

    Emmanuel Macron : " Chef " ou " petit chef " ? - Vu du Droit

     

     

     

    Emmanuel Macron : " Chef " ou " petit chef " ? - Vu du Droit

    Emmanuel Macron fraîchement élu Président de la République, dans des conditions sur lesquelles il faudra quand même un jour se pencher en détail, a décidé de commencer son mandat avec des m...

     

    http://www.vududroit.com/2017/07/emmanuel-macro

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    8. Traité d'interdiction des armes nucléaires voté à l'ONU le 7 juillet dernier : la réaction de Pierre Villard, ancien président national du Mouvement de la Paix
    9. Cedant Arma Togae et la démission de Pierre de Villiers
    10. Exclusif: Guillaume Pépy a remis au président de la République sa démission de chef de la SNCF
    11. Les députés macronistes: « Touchez pas à notre grisbi! »
    12. MACRON : le mépris du peuple (citations)
    13. Le sénateur qui dénonce l’évasion fiscale ne trouve aucune banque pour financer sa campagne
    14. « Le peuple de l'abîme » de Jack London : le monde de Macron, avec un siècle d'avance...!
    15. Edouard Philippe, impliqué dans le pillage de l’uranium du Niger par Areva et dans un conflit d’intérêt
    16. MERCI MACRON ! Les 10% de Français les plus riches capteront 46% des baisses d’impôts
    17. Pensée du jour : Le club des abjects recrute au grand jour
    18. Budget 2017 : 331 millions d’euros en moins pour l’Enseignement supérieur et la recherche
    19. Le Vel d’Hiv et la faute d’Emmanuel Macron
    20. Vous qui avez aimé « Merci patron » de François Ruffin, que dites-vous de la première question écrite qu'il compte poser à l'Assemblée nationale?