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Ce que vont nous apprendre les archives de l’ONU sur l’Holocauste

 

 19 Avril 2017 

Ce que vont nous apprendre les archives de l’ONU sur l’Holocauste
Des déportés lors de la libération du camp d’Auschwitz en 1945. (Elizaveta Svilova / AFP)

Les archives de l’ONU utilisées pour poursuivre les nazis seront rendues publiques cette semaine. Ces dernières révèlent des détails sur les camps de la mort et la Shoah, une façon de lutter contre le négationnisme.

 

Pour la première fois, les archives de la Commission des crimes de guerre des Nations unies, datant de 1943, vont être rendues publiques par la Wiener Library de Londres, rapporte le « Guardian », ce mardi 18 avril. Un catalogue pourra être consulté en ligne. Cette bibliothèque a été fondée en 1934 par le Docteur Alfred Wiener pour surveiller l’antisémitisme nazi. A l’aube de la Seconde Guerre mondiale, il a expédié sa collection à Londres et a travaillé avec le gouvernement britannique pour fournir des preuves pour les procès de Nuremberg.

 

Les archives en question avaient été classées et ont cessé d’être utilisées, sous l’impulsion des Etats-Unis, lorsque l’Allemagne de l’Ouest est devenue un allié au début de la guerre froide. Le président Harry Truman, mais aussi des responsables britanniques, avaient à cette époque estimé que le combat contre le communisme était prioritaire, ce qui aurait freiné les poursuites contre les nazis.

 

Les Alliés au courant des massacres dès 1942

 

L’annonce de la publication de ces archives intervient peu de temps après la sortie du livre « Human Rights After Hitler: The Lost History of Prosecuting Axis War Crimes » de Dan Plesch, directeur du Centre des études internationales et diplomatique de Londres, qui a eu accès à ces documents depuis une décennie.

 

Selon cet ouvrage, les puissances alliées étaient au courant des massacres de Juifs dès 1942.

« Les grandes puissances ont émis des commentaires sur le meurtre de masse des Juifs deux ans et demi plus tôt que ce qui était généralement supposé. On pensait qu’ils l’avaient appris quand ils ont découvert les camps de concentration, mais ces commentaires datent de décembre 1942 « , a expliqué le chercheur au quotidien britannique « The Independent », le 18 avril.

 

Un autre document, de mars 1943, cite l’un des ministres membres du cabinet de guerre de Winston Churchill, le vicomte Cranborne. Il a déclaré que les Juifs ne devaient pas être considérés comme « un cas particulier » et que le Royaume-Uni accueillait déjà trop de réfugiés.

 

La justice d’abord réclamée par les pays envahis

 

Les fichiers sur le point d’être rendus publics, que Dan Plesch a étudiés pour son ouvrage, révèlent des informations importantes sur les camps de la mort, les crimes de guerre nazis et l’Holocauste. On y apprend notamment que les premiers à avoir demandé que justice soit faite sont des pays qui ont été envahis comme la Pologne ou la Chine, avant même que la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou la Russie lancent les procès de Nuremberg, en novembre 1945.

 

Toujours selon le « Guardian », les documents dévoilent également que le viol ou la prostitution forcée ont été poursuivis comme crimes de guerre dans des tribunaux de pays plus éloignés comme la Grèce, les Philippines ou la Pologne à la fin des années 1940. Jusqu’alors, la reconnaissance de ce type de crimes de guerre était considérée comme une avancée légale des années 1990 après le conflit bosnien.

 

Des détails sur les camps d’Auschwitz et Treblinka  

 

Le gouvernement polonais en exil a également pu fournir des descriptions détaillées des camps de concentration d’Auschwitz et Treblinka où des millions de Juifs ont été gazés. Une archive d’avril 1944 explique notamment que les victimes étaient forcées d’enlever leurs vêtements et comment « les sols des chambres en terre cuite… devenaient très glissants quand ils étaient mouillés ».

 

D’autre part, certains des plus anciens fichiers collectés accusent directement Adolf Hitler pour son rôle dans la coordination et le contrôle des unités nazies de Tchécoslovaquie. Là-encore la majorité des documents ont été rapportés par le gouvernement de ce pays, alors en exil. Plus de 300 pages détaillent ses ordres et ses responsabilités. Le Führer avait été accusé en secret par une réunion de la Commission des crimes de guerre fin 1944.

 

 

 

Un document de la Commission des crimes de guerre des Nations unies de décembre 1944 accusait Adolf Hitler de crimes de guerre. (Capture d’écran « The Independent »)

 

« Une ressource pour combattre le négationnisme »

 

Alors que ces archives ne pouvaient être consultées qu’avec l’accord du gouvernement et du secrétaire général de l’ONU, le chercheur Dan Plesch a aidé à convaincre Samantha Powers, l’ambassadrice américaine à l’ONU de les rendre accessibles. Ce qu’elle a fini par accepter. Pour lui, « c’est une importante ressource pour combattre le négationnisme de l’Holocauste ».

 

L’archiviste de la Wiener Library a également déclaré au « Guardian » :

 

« Nous anticipons un fort intérêt. Certain des fichiers PDF contiennent plus de 2.000 pages. […] Il se pourrait bien que les gens soient en mesure de réécrire des chapitres cruciaux de l’histoire à l’aide de ces nouveaux éléments de preuve. »

 

Marlène Thomas