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19 mars 2017

18 mars 1871 - Premier jour de la Commune de Paris – «  ... Le Capital ! dit-on avec un respect craintif, ... on parle de détruire le capital ! Hein ? ». (Louise Michel)

 

18 mars 1871 - Premier jour de la Commune de Paris -  " ... Le Capital ! dit-on avec un respect craintif, ... on parle de détruire le capital ! hein ? ..". ( Louise Michel )

Extrait de "L'ère nouvelle" - poésie écrite par Louise Michel - Chapitre III

-- Le Capital ! dit-on avec un respect craintif, -- on parle de détruire le capital ! Hein ? ...

 

Ah ! Il y a longtemps que la raison, que la logique en a fait justice du Capital : est-il d'essence supérieure au travail et à la science ?

 

Supposez des Rothschilds quelconques, possédant toutes les mines d'or et de diamants de la terre, qu'en feraient-ils sans les mineurs ? Qui donc extrairait l'or du sable, le diamant de la gemme ?

 

Donnez aux exploiteurs des carrières de marbre sans personne pour en tailler, pour en arracher les blocs...

 

Que ces gens-là le sachent, ils sont incapables de tirer parti de rien sans les travailleurs : mangeront-ils la terre si personne ne la fait produire ?

 

Allez, allez ! il y a longtemps que la Bastille capitaliste ne compte plus pour l'avenir.

 

Et, du reste, cette portion de biens qu'ils détiennent au détriment de la foule des déshérités est infime en regard des prodigieuses richesses que nous donnera la science !

 

Ce n'est pas pour le reconstituer sur la terre qu'on a détruit l'enfer d'outre-vie ; détruit, le jour où l'on a eu conscience qu'il serait monstrueux, ce Dieu éternellement bourreau, qui, pouvant mettre partout la justice, laisserait le monde se débattre à jamais dans tous les désespoirs, dans toutes les horreurs ; et en même temps que l'enfer des religions s'écroulent les enfers terrestres avec les amorces de récompenses égoïstes qui n'engendrent que corruption.

 

C'est avec ces récompenses corruptrices qu'on a fait patienter si longtemps les uns que leur patience est usée, et si bien persuadé aux autres que tout doit se passer ainsi de par l' injustice séculaire, qu'ils ont la conscience ankylosée et commettent ou subissent le crime.

 

Cela est fini : les voiles de tous les tabernacles se déchirent.

 

Finis les trônes, finies les chamarreries de dignités illusoire, finis les grelots humains.

 

Toute chose à laquelle on ne croit plus est morte.

 

On commence à s'apercevoir que les oiseaux, les fourmis, les abeilles se groupent librement, pour faire ensemble le travail et résister au danger qui pourrait surgir ; et que les animaux donnent aux hommes l'exemple de la sociabilité.

 

Comment tombera la geôle du passé que frappent de toutes parts les tempêtes populaires ?

 

Nul ne le sait.

 

Croulera-t-elle dans les désastres ?

 

Les privilégiés, acculés par le malheur commun, feront-ils une immense nuit du 4 Août ?

 

La marée populaire couvrira-t-elle le monde ?...

 

Ce qui est sûr, c'est que le siècle ne se couchera pas sans que se lève enfin l'astre de la Révolution : l'homme, comme tout être, veut vivre, et nul -- pas même l'exploiteur -- ne pourra bientôt plus vivre si le droit ne remplace la force.

 

Prolétaires, employés, petits commerçants, petits propriétaires, tous sentent que d'un bout à l'autre de la société, chacun, dans son âpre lutte pour l'existence, est, à la fois, dévorant et dévoré.

 

Le grand propriétaire, le grand capitaliste, pèse sur le petit de la même manière que les petits boutiquiers pèsent sur les travailleurs, lesquels travailleurs s'infligent entre eux les mêmes lois fatales de la concurrence et ont de plus à supporter tout le poids des grands et petits exploiteurs ; aussi, comme le grain sous la meule, sont-ils finalement broyés.

 

On s'aperçoit, d'autre part, que le soleil, l'air, appartenant à tous ( parce qu'on n'a pas pu les affermer au profit de quelques-uns ), n'en continuent pas moins à vivifier la nature au bénéfice de tous ; qu'en prenant le chemin de fer, aucun voyageur n'empêche les autres de parvenir à destination ; que les lettres ou télégrammes reçus par les uns n'entravent nullement l'arrivée des lettres ou télégrammes au profit des autres.

 

Au contraire, plus les communications s'universalisent et mieux cela vaut pour chacun.

 

On n'a que faire, pour toutes ces choses, de gouvernement qui entrave, taxe, impose, en gros et en détail, on même qui gaspille, mais on a besoin de travail, d'intelligence, de libre essor qui vivifient.

 

En somme, le principe de tout pour tous se simplifie, se formule clairement dans les esprits.

 

On pourrait dire, cependant, que le soleil et l'air n'appartiennent pas également à tout le monde, puisque les uns ont mille fois plus d'espace et de lumière qu'il ne leur en faut, et que les autres en ont mille fois moins ; mais la faute en étant aux inégalités sociales, doit disparaître avec elles.

 

L'ignorance qui les engendre, quelle calamité !

 

L'ignorance des premières notions d'hygiène est cause que tant de citadins -- qui succombent faute d'air -- diminuent encore cette quantité d'air.

 

Comme si la santé -- le premier des biens -- n'exigeait pas qu'on balayât, par la ventilation, les miasmes du bouge où l'on nous entasse, de l'usine où l'on nous dépouille !

 

Comme si pour assainir, l'air pur n'était pas le complément du feu !

 

" Courants d'air ! courants d'air ! " quelle sempiternelle rengaine déchire l'oreille de ceux dont l'enfance s'est épanouie aux douces senteurs des champs, dont les poumons se sont trempés dans l'atmosphère rustique de la belle Nature !

Heureux le riche !

 

Il est de fait que la naissance et la mort, ces grandes égalitaires, ne se présentent pas de la même façon pour le riche que pour le pauvre. Étant donné nos lois iniques, il n'en peut être autrement.

 

Mais ces lois iniques disparaîtront avec le reste : il faut bien arracher le chaume et retourner la terre pour semer le blé nouveau.