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Une révolution nouvelle ivre d’un monde nouveau

  Une révolution nouvelle ivre d’un monde nouveau

 

PUBLIÉ LE  

 

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Militant, adjoint à la culture de la ville d'Avion et membre de la direction départementale du PCF (62)

  • guillaumesayon

  • Carte d’identité

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    30 ans -12 ans de carte au PCF, avant cela responsable départemental de la JC - Membre de la direction départementale du PCF dans le Pas-de-Calais - Maire-adjoint en charge de la culture à Avion - Vice-Président de "Droit de Cité" - Porteur des assises de la culture et de l'éducation populaire dans la région avec un collectif d'artistes, de programmateurs, d'élus, de syndicalistes ... - Amoureux de littérature, de poésie, de philosophie, d'histoire, de sociologie et de cinéma - Marxiste jusqu'au bout des ongles, engagé avec le réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" - Un peu italien par ma mère, beaucoup citoyen du monde par mes valeurs - Ecris pour créer des ponts, éclairer, partager et parce que par dessus tout, j'aime ça.
  • Notice
    Les écrits de ce blog sont des prises de position personnelles et à ce titre ils n'engagent que leur auteur. Les textes publiés peuvent être librement partagés en citant néanmoins le nom de l'auteur. Fonctionnant à chaque fois comme un raisonnement construit et logique, ils ne peuvent être tronqués ou dénaturés. Merci et bonne lecture

Lorsque l’on écrit de plus ou moins longs papiers sur nos blogs, nous les militants politiques, nous partons à la chasse de tas d’informations, de chiffres, de citations et nous tentons d’en faire une synthèse la moins bavarde mais la plus complète possible. Par soucis de convaincre, on cherche à vouloir tout dire, tout démontrer, se donner les moyens d’un exposé rigoureux susceptible d’être pris au sérieux. Après tout, remettre en cause la pensée dominante, ses litanies obsessionnelles, cela demande d’y mettre les formes. Cette pensée dominante passe par tous les canaux de l’information, télévisuelle, radiophonique, artistique, littéraire … On se sent un peu démunis face à un tel déferlement. On s’imagine combattre une armée avec une simple fronde. Le petit blogueur que je suis, parfait rêveur, amoureux des lettres, s’imagine pouvoir se dresser en héros face à la marche forcée du monde.

 

Cette fois-ci, je ne vous donnerai pas de chiffres, je ne ferai pas de digressions, je ne parlerai ni de Marx, ni de Lénine, ni de Gramsci, ni de Bourdieu, ni de personne. Je veux simplement vous parler avec simplicité, à cœur ouvert.

 

Je ne fais pas partie des gens qui se découragent. Je ne suis pas de ceux qui gobent le discours officiel, celui qui ne dit pas un mot sur les multiples petites luttes en action dans l’hexagone, celui qui évoque le soleil étincelant et le chant mélodieux du coq en Macronie. Je vis, je travaille sur un territoire où même si demain il pleuvait des paillettes et des roses, la misère resterait toujours aussi grise. Ici c’est Germinal en vrai. Le soleil n’ose même plus pointer le bout de son nez comme le titrait désolé ce matin le quotidien la Voix du Nord.

 

Record battu de non ensoleillement. Record battu pour le chômage aussi, pour la désertification médicale, pour le manque de services publics, pour la pollution, pour le nombre de bénéficiaires des centres d’aide sociale, du Secours Populaire. Il faut réussir à se lever tous les matins pour ensuite affronter cette réalité.

 

Je ne suis pas de ceux à plaindre, je vis confortablement. Cette misère je ne fais que la voir, la côtoyer de par mon travail et mon mandat d’élu local. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai crié avec les loups au départ quand j’ai vu ces émeutes dans les hypermarchés pour acheter cette saloperie de Nutella. Vendu à prix coûtant, donc sans perte pour le distributeur, des centaines de personnes se sont ruées dans les magasins pour essayer d’acheter un pot de pâte à tartiner pour leurs gosses. Moi, j’achète une pâte à tartiner bio, sans huile de palme, respectueuse de l’environnement … Facile de pouvoir juger dans ces conditions. J’ai fini par prendre un peu de recul et me suis dit, mais mon jeune ami, tu ne comprends rien de rien. C’est l’étendue de la misère de toutes ces familles qui nous saute à la figure en réalité dans cette affaire. La misère intellectuelle d’abord et il faut savoir l’admettre, par ce comportement de consommation totalement dingue. Un symptôme de l’hégémonie culturelle qui se rattache au capitalisme de notre temps appuyant là où ça fait mal. Le désir. Désirer pour le philosophe, c’est vouloir quelque chose qui ne sera plus désirable une fois l’avoir obtenu. On finira par désirer autre chose. Le démon capitaliste a créé la publicité, le sucre, les iphones, la pulsion consommatrice. La misère économique ensuite. C’était le spectacle des placards vides, des frigidaires sans âme. Pouvoir acheter le « Saint Graal » du goûter pour ses gosses quand on a presque rien à mettre dans les assiettes, c’est une aubaine rare. La voilà la véritable morale de cette histoire. Honte à ces salopards de distributeurs qui ont réitéré la chose quelques jours plus tard avec des couches pour bébés. Le visage du macronisme triomphant, c’est celui-là ne nous y trompons pas.

 

Et puis il y a eu la mobilisation des retraités contre la hausse de la CSG. Il y a eu de belles et unitaires actions pour s’opposer à la privatisation rampante des offices HLM, à la baisse des APL. Il y a eu un mouvement de fond dans les ehpad, du jamais vu jusque là ! Il y a les premiers blocages dans les lycées, des AG qui rassemblent quelques 200 étudiants dans les universités pour s’opposer à la mise en place de la sélection à l’entrée des universités. Il y a une montée en puissance de la grogne dans les hôpitaux, chez les élus locaux. La France belle et rebelle, attachée à son modèle social, à ses communes, à ses services publics se réveille chaque jour un peu plus. Malgré les pluies de sondages bidouillés, l’anesthésie télévisuelle, le silence des artistes subventionnés, le refrain d’un monde unique contre lequel on ne peut rien, des têtes dures se font de plus en plus nombreuses.

 

Nous rêvons tous d’un cinquantenaire héroïque des événements de 68, comme si un cycle s’achevait et qu’il fallait rallumer une nouvelle mèche pouvant faire sauter le vieux monde. Combien sommes-nous à l’espérer fébrilement sans encore oser le dire ? Depuis longtemps la France n’aime pas les riches et à juste titre. S’il y a des riches, c’est qu’il y a des pauvres. Des siècles d’une pensée universaliste née avec les Lumières, une succession de révolutions certes avortées mais qui ont bousculé le monde, un parti communiste d’après-guerre qui crée avec la CGT la Sécurité Sociale et la fonction publique, et voilà que dans notre ADN national, il existe un gêne insensible à la fable libérale. Le mythe anglo-saxon du self made man ne prend pas dans nos esprits gaullois, c’est comme ça. Macron et sa bande font en sorte de taper vite et fort dans l’espoir de nous l’enfoncer dans le crâne mais comme je l’écrivais plus haut, ça se débat tout en bas.

 

Ca se débat tout en bas et ça cherche à créer des ponts, à se rassembler. Trop de batailles ont été perdues du fait de la dispersion, d’un corporatisme abscons, de la division idiote. Pour pouvoir résister au rouleau compresseur gouvernemental, on prend la mesure de l’intérêt vital de se serrer les coudes. L’assaut du moment est trop dangereux pour pouvoir prendre le risque de faire les éternelles mêmes erreurs. C’est en cela que je suis optimiste. Ne me prenez cependant pas pour un esprit naïf. Tout cela est encore bien timide et l’ennemi en face a encore de nombreuses munitions en réserve même s’il démontre un peu vite ses craintes. Le choix du tout répressif, de la circulaire Collomb, des ordonnances, d’un calendrier serré, tout cela fait la démonstration que le jupitérien Macron sait pouvoir être détrôné de son Olympe.

 

Pour se faire, il va falloir de l’organisation, du contenu, des perspectives. C’est assurément ce qui nous fait cruellement défaut. Aucune de nos organisations n’est à la hauteur de l’enjeu. Au contraire, un crétinisme fulgurant condamne à la mort subite celles et ceux qui doivent incarner notre camp. Personne, ni tribun, ni organisation n’est en mesure de mener le travail de résistance et de fédération dont nous avons besoin. Peut-être est-ce l’heure de l’avènement d’une nouvelle génération que je sais pour une part déterminée, en soif d’une radicalité retrouvée. Peut-être que cette génération qui nous a conduit face à l’océan déchaîné sans pouvoir l’ouvrir en deux devrait pouvoir laisser un peu de place aux suivants, se retirer sans trop faire de bruit, tête baissée. C’est pour cela que je regarde avec espoir et envie ce qui se passe dans les lycées et universités. J’espère voir percer dans la brume, la lumineuse flamme d’une révolution nouvelle, celle qui fera chavirer sans retenue le vieux monde à l’agonie.

 

G.S

 

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