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Quand Noblecourt du Monde juge la CGT hors-jeu !

 

Publié le par FSC

Il est des critiques acerbes qui sont au final flatteuses.

Pour Noblecourt pour être dans le jeu il faut s'incliner devant les impératifs du "dialogue social" qui conduisent au final à se coucher devant les contre-réformes exigées par Bruxelles et l'oligarchie.

Nous sommes donc effectivement très flattés qu'il nous considère comme "hors jeu", comme se considèrent hors jeu, hors système tous ceux qui ont commencer à résister à la macronmania médiatique et aux agressions que tout ce beau monde s'apprête à organiser contre le monde du travail!

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SOURCE : Le Monde
Michel Noblecourt

La CGT se met hors jeu

 

Un pouvoir peu légitime. Un projet social inacceptable. Une concertation bidon. Au moment où la concertation sur la réforme du code du travail, par voie d’ordonnances, entre dans le vif du sujet avec des discussions bilatérales entre le directeur de cabinet de la ministre du travail, Antoine Foucher, et les partenaires sociaux, la CGT durcit nettement le ton. Dans une déclaration publiée mardi 13 juin, la centrale de Philippe Martinez commente d’abord le premier tour des élections législatives, « marqué par le fort taux d’abstention (51,3%) jamais connu sous la Ve République, c’est un électeur sur un deux qui n’a pas voté ». Si elle anticipe « un raz-de-marée du parti présidentiel dans la prochaine assemblée »« le record d’abstention, ajoute-t-elle, ne peut pas s’interpréter comme un blanc-seing au programme du Medef et de la finance porté par le président Macron ». En clair, Emmanuel Macron n’aura pas, aux yeux de la CGT, la légitimité suffisante pour mettre en oeuvre sa politique.

La centrale taille ensuite en pièces le projet du président de la République : « sa volonté de casser le code du travail, la protection sociale, d’augmenter la CSG qui va pénaliser les retraités les plus modestes et les salariés les plus précaires réjouit le patronat« . Le réquisitoire se poursuit par un rejet de la concertation telle qu’elle a été conçue par le premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre du travail, Muriel Pénicaud : « La CGT condamne la méthode de consultation des organisations syndicales menée au pas de charge, ainsi que l’annonce des ordonnances qui sont un déni de démocratie. La CGT se rendra aux rendez-vous sans pour autant être l’alibi d’un pseudo dialogue social ».

La CGT ne pratiquera pas la politique de la chaise vide et participera à la concertation mais elle n’en attend rien, y voyant une sorte de jeu de dupes. Faisant état de« nombreuses luttes sur les lieux de travail », elle rappelle ses revendications –« nouveaux droits et garanties sociales, augmentation de salaires, de pensions, et des minima sociaux, temps de travail à 32 heures pour toutes et tous » – qui, pour la plupart, se situent hors du cadre de la concertation en cours. Elle veut faire de « la troisième semaine du mois de juin des temps forts d’initiatives et de mobilisations » et poursuivre la sensibilisation pendant l’été mais n’évoque pas, à ce stade, de journée nationale d’action. Le 7 juin, Catherine Perret, la numéro deux de la centrale, avait indiqué que la CGT « part du principe qu’il y aura forcément une journée d’action ». En durcissant le ton, la centrale de Philippe Martinez se met délibérément hors jeu. Une stratégie différente de celle de Force ouvrière. La centrale de Jean-Claude Mailly, qui avait accompagné la CGT dans son combat contre la loi El Khomri, a certes mis en avant des « lignes rouges » qui susciteraient son opposition résolue mais elle est entrée pleinement dans la concertation pour tenter de peser sur une réforme du code du travail qu’Emmanuel Macron est bien décidé à mener à bien.

Au départ pourtant, Philippe Martinez avait eu un discours plus ouvert. Le 29 mai, au sortir d’un entretien avec Edouard Philippe, il avait estimé que « le calendrier mérite d’être précisé »« Nous avons réclamé du temps, avait-il ajouté, il faut largement que ça aille au-delà de l’été, c’est à dire le 21 septembre » [date-butoir avancée ensuite par le premier ministre]. S’il y avait un désaccord sur le calendrier, il n’avait pas rejeté le principe de la concertation et n’avait pas parlé de « pseudo dialogue social ». Le premier ministre, avait indiqué le secrétaire général de la CGT, « a dit qu’il était ouvert à toutes les propositions de toutes les organisations syndicales ». Philippe Martinez réclamait« une vraie négociation » et soulignait qu’il avait présenté quinze pages de propositions pour « un code du travail simplifié et renforçant les garanties des salariés ». Il n’avait pas caché son opposition à ce qu’il qualifiait d’« ordonnances Roi Soleil » mais il n’avait pas occulté le fait que cette méthode avait été utilisée en 1982 par François Mitterrand, qui disposait pourtant d’une large majorité, pour l’abaissement à 39 heures de la durée légale hebdomadaire de travail, la cinquième semaine de congés payés et la retraite à 60 ans. Il s’agissait, il est vrai, de réformes de « progrès social ».

Pour Philippe Martinez, il semble bien qu’avec une majorité « entre 400 et 440 sièges »Emmanuel Macron aura les coudées franches pour « casser » le code du travail – un procès qui est nourri à la fois par La France insoumise et par le Front national – et que la concertation ne sera qu’un leurre. Mais ce durcissement interroge aussi sur les marges de manoeuvre en interne du secrétaire général de la CGT. En avril 2016, au congrès de Marseille, il avait obtenu sa réélection en s’appuyant sur les fédérations et les unions départementales les plus radicales de la confédération, qui prônaient la grève générale reconductible pour obtenir le retrait de la loi El Khomri et dénonçaient une CFDT « collabo ». A l’avant-garde de la contestation contre la loi travail, Philippe Martinez avait réussi ensuite à conforter son autorité.

Le 22 avril, à la veille du premier tour de l’élection présidentielle, il avait commenté, dans une interview au Monde, la perte par la CGT de sa première place dans le secteur privé:« Cela reflète la difficulté à mettre en oeuvre l’orientation prise il y a plusieurs années d’être un syndicat qui s’adresse à tous les salariés ». Interrogé sur l’image d’une CGT qui dit toujours non, il avait répondu : « Cette image nous colle à la peau. Depuis deux ans, je m’évertue à dire qu’on doit être le syndicat qui dit non mais qui pour autant conteste et propose. La CGT a beaucoup de propositions. Sur une banderole, en tête de manifestation, il est facile d’afficher nos oppositions mais dans nos tracts et dans nos liens avec les salariés, il faut développer pour quoi on se bat ». Et, avait-il ajouté,« l’image de la CGT est souvent caricaturée par des politiques ou certains médias. La meilleure façon d’en sortir est d’aller au contact direct des salariés, être à leur écoute et montrer qu’on a des propositions dans notre besace. Si c’est cela un ajustement, oui on va ajuster ». Le durcissement sur la réforme du code du travail montre que Philippe Martinez n’a peut-être pas encore tout à fait les coudées franches pour procéder aux« ajustements ».

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La pensée Noblecourt

Michel Noblecourt le préposé au Monde sur les questions sociales, très proche de la CFDT

Voir sur le site d'Acrimed :

http://www.acrimed.org/Quand-Michel-Noblecourt-voit-rouge

extrait :

« Grande plume » du « grand » quotidien du soir, Michel Noblecourt est un symptôme parmi tant d’autres d’une certaine conception du journalisme qui gangrène l’élite de la profession : adepte du commentaire plutôt que du compte rendu et de l’enquête, acteur plutôt qu’observateur ou analyste des rapports de force sociaux et politiques sur lesquels il écrit, il n’a de cesse d’asséner ses partis pris pour ramener le débat public dans le « cercle de la raison »

Et :

"Président d’honneur de l’Association des journalistes de l’Information sociale, Noblecourt est aussi à ses heures perdues expert pour la fondation Jean Jaurès, la boîte à idées du Parti socialiste. Il a ainsi collaboré en 2015 à un ouvrage intitulé Le moteur du changement : la démocratie sociale ! [1] conçu par deux éminents représentants des « partenaires sociaux » dont on ne peut pas dire qu’ils soient de farouches partisans de la lutte des classes : Jacky Bontems, qui a été pendant plus de 15 ans le numéro 2 de la CFDT, et Aude de Castet, cadre dirigeante au sein de l’Institut de l’entreprise, le puissant think tank patronal. Cerise sur le gâteau, l’ouvrage est préfacé par François Hollande. PS + CDFT + Institut de l’Entreprise : même s’il ne l’avait jamais vraiment cachée, au moins Michel Noblecourt affiche la couleur en participant à cet attelage pensé pour aguicher les journalistes en quête de « modernité »,, tout en se faisant le promoteur actif de cette conception du « dialogue social » qui renforce la place de la négociation syndicale au détriment de la loi (Le Monde, 16 janvier 2013)."

ET encore :

Haro sur la CGT

"Pendant des années, Noblecourt s’est satisfait des orientations prises par la direction de la CGT, et a applaudi des deux mains à sa « mutation ». Éloignement du Parti communiste, adhésion à la Confédération européenne des syndicats, rapprochement avec la CFDT lors de mobilisations intersyndicales, «  pragmatisme » de Bernard Thibault : les années 2000 étaient à ce point bénies aux yeux de Noblecourt que les défaites des syndicats apparaissaient alors comme autant de signes de leur maturité. À l’exemple du conflit sur les retraites en 2010. Malgré de gigantesques manifestations, le gouvernement de François Fillon n’avait pas renoncé à imposer sa réforme. Qu’importe ! s’exclamait Noblecourt. Car le syndicalisme, « faute de résultats, a amélioré son image ». Surtout, « l’intersyndicale a affiché un esprit de responsabilité évitant les surenchères et la politisation alors même qu’un vent d’antisarkozysme soufflait de plus en plus fort sur la contestation  ». Les grèves reconductibles ont échoué, et « la contestation n’a pas bloqué le pays comme lors du mouvement social de 1995 ou plus encore en Mai 68  ». Le tout sous un titre éloquent : « Une défaite en chantant pour le syndicalisme » (Le Monde, 5 novembre 2010) !

Mais toutes les bonnes choses ont une fin : désormais, Noblecourt déplore les orientations prises par le syndicat. Car voici que la CGT se radicaliserait ! Le journaliste a ainsi observé avec effroi les discussions tenues lors de son 51ème congrès à Marseille (Le Monde, 23 avril 2016). Décrivant « une ambiance survoltée, virant souvent au chahut », il déplore que « la CGT offre le visage d’un syndicat qui s’isole et se fragmente ». En cause ? Le choix du secrétaire général, Philippe Martinez, de prendre ses distances avec le « syndicalisme rassemblé » – ouvert à la CFDT – de ses prédécesseurs. Il faut dire que le dirigeant syndical n’a pas manqué dans son discours d’ouverture de fustiger «  certains chroniqueurs  » qui « nous traitent de dinosaures, de derniers des Soviets », si ce n’est de «  terroristes ». Et puis, relate le journaliste, le congrès a été marqué par des appels répétés à la grève générale et « des attaques d’une violence inédite contre les “traitres” et les “collabos” de la CFDT – rebaptisée “C’est fini de trahir”. » Ce choix d’une ligne jugée trop « radicale » par le quotidien vespéral est présenté comme le reflet d’un « repli identitaire », et la marque de l’opportunisme de son principal dirigeant, soupçonné de suivre son aile gauche « pour s’assurer une réélection tranquille » (Le Monde, 5 avril 2016). Conclusion lumineuse du spécialiste des syndicats : la CGT se radicalise, donc elle s’affaiblit. "