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Syndicales 2016

Publié par El Diablo

1936-2016 : 80 ans de CONGÉS payés [vidéo]

1936-2016 : 80 ans de CONGÉS payés [vidéo]

 

 

Publié par  El Diablo

SYRIE : Quand la NVO, organe de la CGT, reprend le récit néo-conservateur !

SYRIE : Quand la NVO, organe de la CGT, reprend le récit néo-conservateur !

Le 14 décembre dernier la NVO, organe de la CGT sur L'information sociale, juridique et syndicale, a publié un article intitulé : « Alep, l’agonie en direct » sous la plume d'Isabelle Avran.

On y trouve à propos de la situation en Syrie tous les poncifs du récit occidental, ceux de la droite et du gouvernement HOLLANDE - VALLS, comme ceux de tous les défenseurs du droit d'ingérence humanitaire (Gluksman, l'inévitable BHL, Nicolas Hénin, E. Guigou, Cohn-Bendit …), sans oublier les néo-conservateurs états-uniens et autres faucons masqués du parti dit "Démocrate" :

La « communauté internationale » est inerte face au martyr d'Alep, Le véto de Moscou et Pékin au Conseil de sécurité empêche tout projet de trêve, les forces « rebelles » qui contrôlent Alep-est sont en gros des forces démocratiques que la répression du régime d'Assad dès 2011 a contraint à se militariser, le régime s'est livré à des bombardements chimiques en 2013 et a libéré des criminels des prisons afin de pourchasser les militants …

 

Quant à l'intervention russe elle n'obéit qu'à des mobiles économiques et s'apparente aux méthodes de la guerre de Tchétchénie.

Et si l'axe Damas, Téhéran, Moscou est vilipendé, l'intervention américaine de 2003 en Irak est considérée comme ayant seulement contribué à la naissance de Daesh
 
Certes la situation en Syrie n'est pas simple.

Et bien sûr la guerre et ses effets sur les populations civiles sont, comme à chaque fois,abominables et inacceptables !

Qui pourrait le contester ?

MAIS le rôle d'une organisation comme la CGT en charge de la solidarité internationale et de la lutte pour la paix est-il d''enfourcher tous les clichés de la propagande médiatique qui permettent de justifier les interventions étrangères dont celle de notre pays, hors de tout mandat, ni du pouvoir légitime syrien, ni de l'ONU, en violation quotidienne des règles les plus basiques des traités internationaux, en délégitimant tout travail diplomatique nécessaire à un règlement politique permettant d'éviter la violence de la guerre.

Et sans faire allusion et sans s'interroger sur les causes profondes du chaos qui s'est instauré dans ce pays ? De surcroît sans aucune analyse de fond de ce en quoi cette guerre aux enjeux multiples est le prolongement de l'approfondissement de l'exploitation capitaliste, y compris dans les pays occidentaux, et notamment en France.

Car d'autres sources d'information et d'autres voix fussent-elles minoritaires existent (1).

Elles se sont fortement élevées pour contester les différentes affirmations du discours officiel dominant et pointer la responsabilité majeure des interventions guerrières occidentales depuis 2003 en Irak, mais également en Lybie en 2011.

Avec l'objectif de déstabiliser les gouvernements des pays ne répondant pas avec la docilité attendue aux exigences impérialistes des grandes puissances occidentales et de procéder à un remodelage du Moyen-Orient au gré de leurs intérêts économiques et géo-politiques !

Des faits assénés et martelés sans aucune preuve :

Colin Powell, secrétaire d’état américain, qui devant les Nations Unies, montrant en 2003, une fiole contenant soi-disant des armes chimiques.

Colin Powell, secrétaire d’état américain, qui devant les Nations Unies, montrant en 2003, une fiole contenant soi-disant des armes chimiques.

Les précédents des mensonges médiatiques diffusés à grande échelle pour justifier les ingérences impérialistes ne manquent pas. A commencer par le mensonge éhonté du secrétaire d'état US Colin Powell en 2003 devant les Nations unies brandissant un flacon censé prouver la possession d'armes de destructions massives par Saddam Hussein et destiné à faire admettre par l'opinion l'agression de l'Irak.
Avec les conséquences que l'on peut constater aujourd'hui : le chaos dans toute la région et la naissance de Daesh !

Idem pour l'intervention en Lybie où c'est le risque, jamais prouvé, et démenti a postériori, de possibles massacres de la population de Benghazi qui a été brandi tandis que le mandat du Conseil de sécurité de l'ONU autorisant l'établissement d'une « no-fly zone » était délibérément violé par Sarkozy au profit de bombardements intensifs et d'une intervention directe sur le terrain.

Un constat s'impose donc : chaque fois que les puissances capitalistes veulent intervenir militairement quelque part ALORS c'est Hitler soi-même qui se profile ou bien variante, le plus grand génocide jamais perpétré jusque là ! Chaque conflit armé est accompagné de son flot de propagande et mensonges d'Etat. Ce même pouvoir qui, ici en France, organise la dissolution de la République dans l'Europe des Régions et détruit les acquis - sociaux - du programme du Conseil National de la Résistance ; et qui là-bas poursuit d'inavouables buts de guerre.

Avec au bout, les mêmes conséquences désastreuses source de chaos et de migrations déstabilisatrices et massives des populations, lesquelles ne manquent pas de produire des effets d'aubaines pour le grand patronat Français et Européen, et au plan politique en faveur de l'extrême droite!

Précédents donc récents pour ne s'en tenir qu'à eux, qui pourraient bien être le signe de l'isolement croissant de la CGT sur le plan international, du moins son insuffisance de liens internationaux avec les organisations syndicales des pays des cette région du Proche Orient, et sans doute son assujetissement aux directions des organisations syndicales internationales confédérées comme la CES et la CSI, elles-mêmes dépendantes de l'oligarchie dont une partie a des intérêts liés avec les lobbies militaro-industriels.

Tout cela auraient du conduire la NVO à beaucoup plus de retenue et d'esprit critique face à la propagande à propos de la Syrie, et plus précisément ces derniers temps de la bataille d'ALEP dont le traitement médiatique est surabondant (tandis que silence est fait sur les bombardements du Yémen par les pétromonarchies du Golfe), et très différent de celui effectué pour la bataille de Mossoul où les bombes qui pleuvent ont manifestement la délicatesse de leurs euro-atlantistes expéditeurs ! C'est le moins qu'on puisse demander à une organisation qui se veut héritière des grandes traditions de lutte anti-impérialiste !

L'article de la NVO rend impossible aux travailleurs salariés Français auxquels il s'adresse la compréhension des enjeux, ne fait que contribuer à alimenter la source de légitimation de la guerre dont les travailleurs syriens sont les victimes. Il est par conséquent totalement condamnable au regard des devoirs de solidarité internationale et de la nécessaire contribution syndicale à la lutte pour la paix et pour une solution politique équitable des conflits.

Les ingérences guerrières occidentales, l'impérialisme demeurent les facteurs essentiels de l'instabilité et du chaos que connaît le monde actuellement.

Dénoncer ces ingérences, éclairer l'opinion publique à propos des médias-mensonges constituent un impérieux devoir pour le mouvement syndical et pour la CGT en particulier.

Et nous posons publiquement la question : cet article d'un organe officiel de la CGT exprime-t-il l'opinion de la direction confédérale de la CGT et de son secrétaire général ?

Le Front Syndical de Classe

Le 27 décembre 2016

(1) Comme voix différentes de la doxa dominante citons entre autres :

Michel RAIMBAUD, ancien ambassadeur français dans le monde arabe, Pierre Le Corf, jeune humanitaire présent à Alep-Ouest, Jean-Luc Mélenchon avec une vidéo sur Youtube, Eric DÉNÉCÉ, directeur du centre français du renseignement sur LCI ...

(2) Voir à ce propos l'ouvrage de Christian Chesnot et Georges Malbrunot : "Nos très chers Emirs".

SYRIE : Quand la NVO, organe de la CGT, reprend le récit néo-conservateur !

ARTICLE DE LANVO 14 DÉCEMBRE 2016

Alep, l’agonie en direct


Voici trois semaines que la population d'Alep-Est meurt sous le feu du régime et des bombardements russes. Face à l'inaction de la « communauté internationale », et parce qu'il est encore temps de tout faire pour sauver ceux qui survivent dans ce vaste cimetière, mobilisation ce soir à Paris.
 
« C’est l’enfer ». C’est ainsi que l’organisation des secouristes des Casques blancs, qui opère dans les quartiers d’Alep-Est, qualifie ce qu’est devenue la situation dans cette partie de la ville soumise depuis mi-novembre au déluge de bombes du régime syrien et de son allié russe. Des rues jonchées de cadavres, un pilonnage permanent et « d’une intensité inouïe », des mourants sous les décombres...

Plus de 300 morts, parmi lesquels des enfants. D’autres, dont plusieurs centaines d’enfants, malades ou blessés agonisent sous les regards impuissants de leurs familles ou des médecins encore en vie qui n’ont plus rien pour les soigner dans les ruines des hôpitaux. Plusieurs dizaines de milliers de civils ont réussi à fuir, mais quelque 100.000 restent pris au piège de ce feu incessant, des pénuries de vivres, d’eau, de médicaments, de tout. A l’issue de trois semaines de ce déferlement de mort, et après que Moscou et Pékin ont opposé au conseil de sécurité des Nations unies leur véto à tout projet de trêve, les forces russes devaient enfin laisser passer mercredi 14 décembre ceux des civils qui souhaitaient quitter ce véritable cimetière urbain. Sans garantie sur leur destination. Car une partie de ceux qui sont parvenus à partir est morte, assassinée et souvent torturée par les forces loyalistes ou leurs milices.

« Ce sont des terroristes » : une propagande meurtrière

Bachar Al Assad ne cesse d’affirmer qu’Alep-Est est aux mains des terroristes, des jihadistes de l’Organisation de l’État islamiste (OEI, c’est-à-dire Daech). Pur mensonge : les forces dites rebelles qui y résistent encore sont précisément celles qui y ont vaincu l’OEI en 2014, contraignant alors ses forces à évacuer Alep. Et c’est précisément cela, que redoute le régime : une victoire ou des avancées des forces, armées, qui luttent à la fois contre lui et contre Daech.

Depuis le début du soulèvement populaire syrien, en 2011, dans la foulée des soulèvements des peuples arabes contre des dictateurs prédateurs et criminels, Bachar Al Assad a tout fait pour l’écraser, mais aussi pour le contraindre à se militariser et ainsi tenter de le délégitimer. On se souvient qu’en ce début 2011, tous les vendredis, les foules manifestaient contre le régime, là comme en Tunisie ou en Égypte ou au Yémen.... Manifestations unies dans la diversité des confessions (ou des non-confessions...), populaires, pacifistes. D’entrée de jeu, la répression a été massive. Bombardements, enlèvements, tortures... Jusqu’aux bombardements chimiques de 2013...

En bientôt six ans, plusieurs centaines de milliers de Syriens – et de réfugiés palestiniens – sont morts. Des millions ont dû fuir. Nombre de militaires, et même de haut rang, ont déserté pour créer l’Armée syrienne libre (ASL). Une militarisation marginalisant nécessairement les forces civiles des organisations démocratiques. Lesquelles témoignent aussi de la façon dont le pouvoir a ouvert les portes des prisons aux pires criminels pour pourchasser les militants.

L’OEI (Daech), elle, entrant sur le territoire syrien depuis l’Irak (un pays ravagé, détruit, divisé, par la guerre de 1 991, l’embargo, et l’invasion des États-Unis et de ses alliés en 2003) a tenté de prendre en tenailles ces forces dites « rebelles ». La victoire des « rebelles » contre l’OEI à Alep en 2014 aura marqué un tournant. Au point même que, dans un tel contexte, des groupes d’Al Nosra, en sécession avec celles de l’OEI, ont rejoint les forces rebelles…

Mais la propagande est une machine de guerre redoutable. Accusez vos ennemis d’être des terroristes, en l’occurrence accusez-les d’être des terroristes islamistes, accusez-les de prendre des civils en otages, et vous pourrez les bombarder, eux et les civils, en toute impunité...

Les gros contrats de Gazprom

Selon Vladimir Poutine, venu en aide à son fidèle Bachar Al Assad, il s’agit d’éradiquer les « rebelles ». De la même façon que dans Grozny martyrisée, dans la Tchétchénie bombardée notamment durant la Deuxième Guerre (1999-2000), il entendait les chasser jusque dans les moindres coins et recoins...

La désintégration de l’État irakien par l’invasion américaine de 2003, la division du pouvoir selon des critères confessionnels, la marginalisation des populations sunnites, tout cela a contribué non seulement à la formation et à la croissance de l’OEI, mais aussi à la division selon des critères eux aussi confessionnels des États de la région dont les dictateurs sont en quête d’hégémonie. Avec des alliances qui à une autre époque auraient pu paraître contre nature. La thèse selon laquelle « les ennemis de mes ennemis peuvent être mes amis » combine des rapprochements aussi intéressés que léthaux. Damas, Téhéran, Moscou...

Champion de la lutte contre le terrorisme, Vladimir Poutine ? De toute évidence, il craint les déstabilisations aux marges de la Russie. Mais il défend aussi quelques appétits régionaux. Le groupe pétrolier russe Gazprom a ainsi signé mardi 13 décembre à Téhéran deux protocoles d’accord pour le développement des champs pétroliers iraniens de Cheshmekosh et Changouleh, à la frontière irakienne. « Avec la signature de ces deux protocoles d’accord, l’étude de prospection de sept champs a été confiée à des sociétés russes, soit le plus grand nombre de champs iraniens attribués à un pays étranger », a déclaré le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, à l’occasion d’une rencontre avec le ministre russe de l’Énergie Alexander Novak à Téhéran.

L’engagement de Moscou a donc lui aussi un goût de pétrole. Qui fait oublier à ses thuriféraires le coût du sang, payé par tout un peuple.

Pendant ce temps, à Palmyre ou sur le web...

Daech en tout cas, tandis qu’après Homs, après Darraya, les forces du régime et de Moscou pilonnaient Alep, Daech donc a pu avancer tranquillement vers Palmyre. Mais pas seulement. Car le massacre des populations par le régime nourrit aussi la propagande de l’organisation terroriste. Et sa capacité de recrutement. Terrible effet boomerang aux conséquences elles aussi incalculables.

Mobilisations citoyennes

Alep aura agonisé. En direct. Devant l’inaction de ce que l’on nomme « communauté internationale ».

Dans le monde entier, des appels d’ONG, d’organisations de médecins et soignants de la solidarité, d’associations de défense des droits humains, se sont multipliés pour réclamer la fin des bombardements, pour que les parties au conflit autorisent les civils, s’ils le souhaitent, à quitter la ville en toute sécurité, pour un accès humanitaire garanti et l’envoi urgent de vivres, d’eau, de médicaments...

Plusieurs organisations, dont Amnesty International France, le CCFD – Terre solidaire, le Collectif pour une Syrie libre et démocratique, la FIDH, Souria Houria, le MRAP... appellent ce soir (à 18 heures) à Paris (place Stavinsky, près du centre Beaubourg) à un rassemblement en ce sens. Un rassemblement de la conscience face à l’horreur. Pour dire au peuple syrien « solidarité ». Et pour tenter encore d’être efficaces.

SOURCE:

Front Syndical de Classe

 

http://www.frontsyndical-classe.org/

La casse du fret ferroviaire : un « crime » écologique et social

 

Publié le par FSC

 

Source : http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/casse-fret-ferroviaire-crime-ecologique-social-film-video-merci-de-partager/?pk_campaign=feed&pk_kwd=casse-fret-ferroviaire-crime-ecologique-social-film-video-merci-de-partager

 

Commandé par le Comité d’Entreprise SNCF Nord-Pas-de-Calais – un documentaire largement reconnu puisqu’il a depuis fait l’objet d’une large reprise par l’émission « Envoyé Spécial » d’Elise Lucet –  un autre comité d’entreprise cheminot, celui de FRET SNCF, a demandé au réalisateur de réaliser un film sur l’état du transport de marchandises en France en 2016.

 

Qui mieux que Gille Balbastre, fils d’un cheminot en poste durant toute sa carrière en gare de triage, journaliste et réalisateur « spécialisé » dans le domaine du travail, des services publics, de l’économie, aurait pu traiter de ce sujet  ?  Car Gilles Balbastre, l’un des réalisateurs de l’excellent « les nouveaux chiens de garde » mais également de « EDF, les apprentis sorciers » sait mettre en image les réalités complexes et les résultats des vagues de privatisations de nos services publics. Résultat un film brillant, didactique et qui devrait marquer les consciences. De l’aveu même du réalisateur qui savait que le fret ferroviaire n’était pas en forme, son enquête montre une réalité encore pire. C’est ce désastre que le film mais en évidence, montrant à chacun  l’étendue des dégâts et de la rapidité de la casse dont les chiffres pour ahurissants qu’ils sont ne suffisent pas à décrire l’ampleur : 85% des marchandises passent désormais par la route, à peine 10% par le rail. La part du rail a été divisée par trois en une quinzaine d’années seulement.

 

Pourtant, les cheminots tirent le signal d’alarme depuis des années. Mais les médias du système préfèrent traiter de sujet plus importants comme la folie Pokemon et les frasques de Benzema ou de Nabilla… Il faut dire que la destruction du fret ferroviaire ( comme du fluvial d’ailleurs) relève d’une politique organisée, notamment par  l’euro- libéralisation du secteur, ainsi que le dumping social permis par l’Union Européenne.

Les principales leçons que l’on peut tirer après avoir fait et vu ce film sont :

 

1 – des choix économiques et écologiques d’importance sont faits dans notre pays dans une absence totale de débat public et dans un silence médiatique assourdissant,

 

2- la parole des salariés, des élus salariés et des syndicalistes est d’une très grande richesse quand on prend le temps d’aller la chercher et de la restituer.

 

A l’aube d’une campagne présidentielle et législative qui s’annonce plus glauque et réactionnaire que jamais, il faut rendre grâce à un comité d’entreprise comme celui de SNCF Fret dirigé par des syndicats combatifs de créer un espace de liberté pour une information non polluée.

 

Pour visionner le film :

 

 

Publié par El Diablo

SOUSCRIPTION pour la construction d’un MÉMORIAL NATIONAL en HOMMAGE aux VICTIMES du CAPITALISME à LIÉVIN (Pas-de-Calais)

SOUSCRIPTION pour la construction d’un MÉMORIAL NATIONAL en HOMMAGE aux VICTIMES du CAPITALISME à LIÉVIN (Pas-de-Calais)

Nous arrivons à la date anniversaire de la tragique catastrophe de Liévin. Nous restons un groupe de militants à marquer dignement cet anniversaire.


Ces travailleurs, ces mineurs ont été envoyé à la mort ce lendemain de Noël 1974 au nom de la rentabilité chère au capital.


Un groupe de militants de la région prépare la mise en place d'un mémorial dénonçant le système capitalisme comme responsable de ces crimes.


L'auteur de bandes dessinées bien connu, Jacques Tardi a réalisé le dessin placé en pièce jointe avec l'appel.


Un premier mémorial avait été mis en place par les militants qui avaient organisé et animé le Tribunal Populaire de mars 1974.


Il s'agit à côté du mémorial historique de mettre en place un mémorial à toutes les victimes du capital.


Ce projet verra le jour si nous sommes nombreux à le financer. Un plasticien de la région a déjà élaboré un projet.

Amicalement.

Des victimes par millions !

Dans le Bassin minier, à la mine, dans les usines, ont été tués, mutilés, invalidés des centaines de milliers de travailleurs. Le massacre n’a pas frappé que la région, il n’atteint pas que le monde ouvrier : innombrables sont les victimes des accidents du travail, des maladies dues au travail ou provoquées par des pollutions, du harcèlement, de l'épuisement professionnel physique ou nerveux.Les commémorations rituelles des catastrophes de Courrières en 1906 ou de Liévin en 1974 ne suffisent pas, loin s’en faut, pour rendre hommage à l’ensemble des victimes et dénoncer toute cette souffrance.

Autant de crimes non reconnus comme tels !

Ces accidents, ces blessures, tous ces malheurs sont-ils inévitables, sont-ils une fatalité ? Les victimes sont-elles touchées par un coup du sort, frappées par la malchance ? Non ! Les victimes pour la plupart ne sont pas tuées, mutilées, invalidées, suicidées par le travail en lui-même, mais par l’organisation du travail, les rythmes, conditions et horaires de travail. Ce n’estpas letravail qui tue, mais le travail capitaliste ! Autant de victimes, autant de crimes capitalistes restés impunis, non poursuivis.

Cette organisation du travail, ces rythmes et horaires, ces conditions de travail ne sont pas non plus une fatalité. Derrière le système du capital, ce sont des hommes et des femmes qui décident les cadences infernales, la gestion par le stress, la production en sous-effectif, la mise sous pression des salariés. Et ce sont les mêmes, les exploiteurs du travail des autres, les capitalistes, qui en plus de s’engraisser du sang des travailleurs, ont fermé les mines et délocalisé les usines pour perpétrer leurs crimes à l’étranger.

Pour en finir avec tous ces crimes, il faut d’abord les dénoncer. D'où l’idée de s'appuyer sur un lieu d’histoire connu, et d'y dresser un monument dont la vocation sera de pointer les responsabilités de la bourgeoisie capitaliste pour l’incriminer. Ce mémorial, à la disposition de tous, permettrait entre autres, dans un esprit de lutte des classes, des rassemblements et cérémonies pour dénoncer les accidents du travail, maladies du travail, etc. Et ainsi de les défataliser, c’est-à-dire les expliquer socialement, dans le cadre de la société capitaliste et de sa division en classes sociales ; en résumé de les politiser.

Si vous êtes, vous aussi, indigné par ces crimes inacceptables, alors vous comprenez l’intérêt d’un mémorial national en hommage aux victimes du capitalisme, et vous seriez fiers de participer, même modestement, à sa création

(Bulletin ci-dessous).

*************

SOUSCRIPTION EN VUE D’UN MÉMORIAL NATIONAL

EN HOMMAGE AUX VICTIMES DU CAPITALISME A LIÉVIN

(SITE EX-FOSSE SAINT-AME)

Nom: ..............................................................

Prénom :...........................................................

Adresse :..............................................................................................................

................................................................................................................................

Tél : ...................................................................................

Courriel : ..........................................................................

Je souscris en vue de la création d’un mémorial en hommage aux victimes du capitalisme au cœur du quartier Saint-Amé à Liévin.

Je verse …….... euros

Chèque à l’ordre du LAG (mention « mémorial de Liévin » au dos)

et à envoyer avec ce bulletin à :

Lieu autogéré (LAG)

23, rue Jean-Jaurès / 62 800 Liévin

(vous pouvez également recopier ce bulletin sur papier libre)

Publié par El Diablo

Le stupéfiant procès du barrage de Vitrolles, ou comment justifier qu’un camion fonce sur des militants syndicaux

Le stupéfiant procès du barrage de Vitrolles, ou comment justifier qu’un camion fonce sur des militants syndicaux

PAR FRANCK DÉPRETZ – LE 22 DÉCEMBRE 2016

« J’avais l’impression d’être la coupable ». Le 26 mai 2016 près de Marseille, en pleine mobilisation contre la loi travail, un camion fonce sur un barrage filtrant tenu par des militants de la CGT. Bilan : deux syndicalistes grièvement blessés, dont l’un a pour l’instant perdu l’usage de ses jambes. Un mois plus tard, au terme d’une enquête policière expédiée, le chauffeur est totalement relaxé dans le cadre d’un procès surréaliste, où les syndicalistes blessés sont eux-mêmes traités comme des voyous. Près de sept mois après les faits, victimes et témoins reviennent pour Basta ! sur « l’affaire du barrage forcé » (…)

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Le stupéfiant procès du barrage de Vitrolles, ou comment justifier qu'un camion fonce sur des militants syndicaux

Le stupéfiant procès du barrage de Vitrolles, ou comment justifier qu'un camion fonce sur des militants syndicaux

 

26 mai 2016. Un camion fonce sur un barrage filtrant, à un rond-point situé à la sortie d'une zone industrielle de Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône. Nous sommes en pleine mobilisation contr...

 

http://www.bastamag.net/Le-stupefiant-proces-du-bar

Publié par  El Diablo

L’avenir des luttes sociales et du syndicalisme

Débat Samedi 7 janvier 2017 à Saint-Ouen (Seine Saint Denis)

L’avenir des luttes sociales et du syndicalisme:Débat Samedi 7 janvier 2017 à Saint-Ouen (Seine Saint Denis)

L’AVENIR DES LUTTES SOCIALES ET DU SYNDICALISME EN FRANCE ET DANS LE MONDE

Grand débat public autour du livre collectif : « Camarades, je demande la parole ! » avec la participation de trois co-auteurs :

Jean-Pierre Page, ancien responsable du secteur international de la CGT

Philippe Cordat Responsable CGT Centre

Charles Hoareau, CGT 13, ancien dirigeant des comités CGT des chômeurs.

Samedi  7 janvier 2017, de 14h30 à 17h à l’Espace Maymana, 8 rue Raspail 93400 Saint-Ouen

Métro: Garibaldi - ligne 13 

Publié par El Diablo

La condamnation de Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT Mayotte, est inacceptable !

Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT Mayotte (source: lejournaldemayotte.com)

Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT Mayotte (source: lejournaldemayotte.com)

Communiqué de la CGT, de la fédération FNME-CGT et de la Fédération National Ports et Docks CGT

Mayotte

Jeudi 8 décembre 2016, la chambre d'appel de Mayotte a condamné Salim Nahouda, Secrétaire général de la CGT Mayotte et Secrétaire général de l'énergie à Mayotte, à 27.507 euros de dommages pour avoir mené la lutte pour la défense des garanties collectives des travailleurs portuaires, pour avoir dénoncé le non-respect des accords, fruits des luttes récentes à Mayotte, et pour avoir dénoncé la corruption dans la réforme portuaire à Mayotte.

La Confédération Générale du Travail, la Fédération Nationale Mines-Energie CGT (FNME-CGT) et la Fédération Nationale des Ports et Docks CGT dénoncent cette condamnation qui protège ceux qui ne respectent pas les règles et devoirs de la République et sanctionne celles et ceux qui dénoncent cet état de fait.

Salim Nahouda, dans ses responsabilités syndicales, est un lanceur d'alertes contre la corruption qui sévit à Mayotte.

Il ne s'agit que d'une manœuvre d'intimidation et de musèlement de la CGTMa dans une période où ce pays d'Outre-mer, 101ème département français depuis 2011, est en plein combat pour assurer l'égalité des droits avec la métropole et mettre en œuvre la départementalisation.

La Confédération CGT, la FNME-CGT et la Fédération CGT Ports et Docks rappellent que quand on s'attaque à un militant de la CGT c'est à l'ensemble de la CGT que l'on s'attaque. Cette décision judiciaire ne bridera pas les expressions de la CGTMa et de la CGT et, surtout, elle ne bridera pas la lutte que mènent les travailleurs de Mayotte ou d'ailleurs.

La Confédération CGT, la FNME-CGT et la Fédération CGT Ports et Docks sont solidaires de Salim Nahouda, de la CGT Mayotte et des luttes des travailleurs de Mayotte.

Nous dénonçons fermement cette condamnation politique qui va à l'encontre d'une justice indépendante et juste telle que le conçoit la CGT.

Tous solidaires de Salim Nahouda et de la CGT Mayotte !

Montreuil, le 16 décembre 2016

Publié par El Diablo

Le patron du MEDEF avait comparé les militants CGT à des « terroristes » et des « voyous », le parquet réclame la condamnation de Pierre Gattaz

photo d'illustration (source:gouessej.wordpress.com)

photo d'illustration (source:gouessej.wordpress.com)

Militants CGT « terroristes » : le parquet réclame la condamnation de Pierre Gattaz

Le patron du Medef avait comparé les militants CGT à des « terroristes » et des « voyous ». La CGT réclame 10 000 euros de dommages et intérêts.

Pierre Gattaz pourrait être condamné pour ses propos tenus pendant le conflit sur la loi travail. Le patron du Medef avait alors comparé des militants CGT à des « terroristes » et des « voyous ». Jeudi 15 décembre, le parquet de Bobigny a demandé sa condamnation pour diffamation. « Assimiler des syndicalistes à des voyous et des terroristes, dans le contexte actuel, enFrance, est quelque chose qui n'est pas digne et n'a pas sa place dans le débat social », a estimé le procureur, Loïc Pageot, appelant le tribunal à condamner Pierre Gattaz, absent lors de l'audience, sans toutefois préconiser de peine.

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Publié par El Diablo

Les éditions syndicalistes viennent de publier « LA DÉFENSE DE LA SÉCURITÉ SOCIALE » - Commandez la brochure !

Les éditions syndicalistes viennent de publier « LA DÉFENSE DE LA SÉCURITÉ SOCIALE » - Commandez la brochure !

Les éditions syndicalistes viennent de publier "La défense de la sécurité sociale", le rapport présenté par Henri Raynaud, alors secrétaire de la CGT, devant le comité confédéral national les 14 et 15 janvier 1947 pour annoncer et organiser les élections aux conseils d'administrations des caisses de Sécurité sociales du 24 avril suivant.

Ce document historique rappelle l'exploit qu'a représenté la création en 6 mois de la Sécurité sociale (depuis le 1er juillet 1946, date d'entrée en vigueur de la loi d'octobre 45) et tous les obstacles que la CGT a dû franchir pour y parvenir, seule contre tous. Comme l'écrit Henri Raynaud, "oui c'est une victoire pour la CGT que nous avons le droit de chanter parce-que nous avons été capables devant toutes ces difficultés de mettre en place comme elles sont à l'heure actuelle la totalité des caisses de Sécurité sociale dans le pays".

Il s'est agi, en effet, de fusionner les quelques 700 caisses d'assurances sociales (mutualistes, patronales et confessionnelles) en une centaine de caisses primaires ou centrales de sécurité sociale gérées par des conseils d'administration dont les deux tiers des membres étaient des représentants des salariés.

Bernard Friot, qui a préfacé ce texte, rappelle les trois principes fondateurs de la Sécurité sociale par rapport au système antérieur : Une caisse unique, un taux de cotisation interprofessionnel unique et une gestion ouvrière. Il souligne enfin l'actualité du combat pour défendre et étendre cette institution révolutionnaire qu'est la Sécu.

Cette brochure est vendue 3 euros et les frais de port sont offerts à partir de 20 exemplaires. Vous trouverez sur ce site la fiche de présentation et le bon de commande.

SOURCE :

La défense de la sécurité sociale | Livre | Réseau Salariat

 

http://www.reseau-salariat.info/dcfe14efeeca53d8fd4872bc3a6916f7

Publié par El Diablo

La stratégie capitaliste d'AIRBUS : 1000 milliards de commandes = 1164 suppressions d'emplois !

photo d'illustration (source: tempsreel.nouvelobs.com)

photo d'illustration (source: tempsreel.nouvelobs.com)

Sous prétexte de la fusion-absorption d'Airbus group par Airbus la direction générale à mis en place un énième plan de restructuration : "le Plan Gemini".

Airbus a été privatisé en 1997 sous le gouvernement de cohabitation de Chirac-Jospin, Jean-Claude Gayssot était ministre des transports. Depuis les plans de restructuration n'ont pas cessé de se succéder. Pour n'évoquer que les plus récents, le plan Power 8 de 2007 s'est soldé par une suppression de 7900 postes chez Airbus et ses sous-traitants. En 2012, le directeur général d'Airbus, F. Brégier, se réjouissait de la réussite du plan Power 8 "Les objectifs initiaux ont été largement dépassés", (...) nous avons économisé 2,5 milliards d'euros (... et généré) dix milliards d'euros de cash" (1). En 2014 nouveau plan de restructuration : 1400 emplois supprimés en France (2), pour un objectif de rentabilité porté à 10 % dès 2015.

Le 29 octobre 2016, à l'issu du CEE (Comité d'Entreprise Européen) la direction confirmait les orientations définies par T.Enders, président exécutif d'Airbus, septembre 2016 : "Nous sommes en train de réfléchir aux moyens de réduire les coûts de nos structures et d'être plus efficace. Il faut créer des ponts entre les divisions pour permettre le transfert de salariés en fonction des besoins. L'organisation d'Airbus sera plus rationnelle et cette rationalisation s'accompagnera de réductions d'effectifs". Résultat de la réflexion : 1164 suppressions d'emplois, départs à la retraite non remplacés, incitations financières au départ, 325 transferts de postes à Toulouse, fermeture du site historique de Suresnes programmé pour la fin 2018 et des" licenciements secs", ce que n'exclut pas Le PDG d'Airbus : "Je ne peux pas garantir qu'il n'y aura pas de licenciement secs (Enders, le Figaro, 5 décembre 2016).

Le plan Gemini n'est contraint par aucune difficulté économique. Airbus à un carnet de commandes de 1006 milliards, soit 15 années de travail. En 2015, le chiffre d'affaire est de 6,5 milliards d'euros, le bénéfice net de 2,7 milliards d'euros. au 1er semestre 2016, Il a réalisé 1.761 millions de profits.Ce sont les salariés du groupe qui ont créé ces richesses, elles sont le fruit de leur travail et elles doivent leur revenir.

Le plan Gemini c'est 350 millions d'économie, pour gonfler encore les dividendes, T. Enders s'est engagé "à générer de solides rendements aux actionnaires" . En 2015, Airbus a versé 1 milliards d'euros de dividendes, en 4 ans les dividendes ont augmenté de 175% !  Pour réaliser de tels profits la direction d'Airbus veut réduire les coûts en supprimant des emplois, en intensifiant la productivité, en augmentant les cadences. Le plan précise qu'en 2019 c'est 13 gros porteurs A350 qui devront sortir des usines par mois, actuellement il y en a à peine 8,5.

Ce plan, soutenu par les Etats français et allemand qui possèdent chacun 11% des parts d'Airbus, et qui reçoit l'accord des élus de tout bord de la région de Toulouse , n'a qu'une stratégie , c'est la recherche du profit maximum immédiat en surexploitant les travailleurs et en mettant en danger l'entreprise. La direction "dégraisse" dans des secteurs clés pour l'avenir tel que Recherche & Technologie qui est essentiel pour l'innovation. La seule vision industrielle des multinationales capitalistes, incarnées par Airbus, c'est de gonfler les profits!

Airbus, comme toutes les multinationales industrielles et financières, doit être nationalisé, géré et contrôlé par le peuple. Il faut arracher aux capitalistes les richesses créées par le travail qu’ils s’approprient. Cette exigence est incontournable.

(1) Flux de trésorerie disponible, qui représente la capacité d'autofinancement d'une entreprise obtenue dans l'année et qui n'est destinée ni à acheter de nouveaux actifs ni à payer des dettes.

(2) 5800 suppressions au total en Europe.

SOURCE:

La stratégie capitaliste d'Airbus : 1000 milliards de commandes = 1164 suppressions d'emplois

 

http://www.sitecommunistes.org/ch485airbus.htm

Publié par  El Diablo

La chasse aux syndicalistes continue ! Sanction disciplinaire contre Mylène Palisse, conseillère pénitentiaire d’insertion et élue CGT

La chasse aux syndicalistes continue ! Sanction disciplinaire contre Mylène Palisse, conseillère pénitentiaire d’insertion et élue CGT

Mylène Palisse, conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) et élue CGT, a été sanctionnée mardi 13 décembre, par un conseil de discipline, par 7 jours d’exclusion temporaire avec sursis.

L’administration pénitentiaire acculée 

Un verdict qui montre l’impasse de l’administration pénitentiaire face au caractère injustifié et discriminatoire des poursuites disciplinaires qu’elle a engagées contre Mylène Palisse depuis 9 mois pour avoir critiqué les nouvelles méthodes de la prévention de la radicalisation en milieu carcéral.

Sujets brûlants

Dans cette affaire, ressortent deux sujets d’actualité : le contexte de remise en cause de la liberté d’expression syndicale et l’omerta sur la lutte contre la radicalisation en prison, deux questions d’intérêt général.

Le ministère de la Justice doit intervenir

Le ministère de la Justice a tenté de museler la voix des professionnels exerçant dans les Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation à travers une de ses représentantes syndicales, alors même que l’autorité judiciaire est la gardienne des libertés. Aujourd’hui, sa responsabilité est d’intervenir pour infirmer l’avis du conseil de discipline.

Respect de la liberté d’expression syndicale

La CGT et l’ensemble des organisations et associations soutenant Mylène Palisse et la liberté d’expression syndicale demandent l’abandon de la poursuite disciplinaire et le respect de la liberté d’expression syndicale. Jusqu’à ce que le Ministère entende raison, nous appelons l’ensemble des citoyen-nes à signer la pétition « Respecter la liberté d’expression » qui a, en quelques jours, obtenu plus de 2 000 signatures.

Nous appelons à poursuivre la mobilisation par toute action de solidarité envers Mylène pour la défense de la liberté d’expression syndicale jusqu’à l’abandon des poursuites disciplinaires.


Organisations signataires : La CGT insertion probation, La CGT, La CGT Fonction publique, l’UD CGT 65, le SNJ-CGT, L’UGICT-CGT, SOLIDAIRES Fonction publique, La FSU, Le Syndicat de la Magistrature, La Ligue des droits de l’Homme, l’Observatoire des Prisons

Montreuil, le 14 décembre 2016

SOURCE:

 

La cgt

 

http://www.cgt.fr/

 

Retour sur le processus de déréglementation de l’énergie
 
Un texte de Denis Cohen
 

Les 21 et 22 juin 2016, l’Institut d’Histoire Sociale Mines-Energie organisait un colloque sur le thème « 1946-2016. De la nationalisation à la dérèglementation ». Voici le texte de l’intervention de Denis Cohen, secrétaire général de la fédération CGT Mines-Energie de 1989 à 2003.

Nous nous situons dans une période de reprise en main [1]. Au nom de la rigueur, l’ensemble des situations se trouvent remis en cause. Le personnel est mal dans sa peau. Il sent la volonté des directions de gommer toute référence au passé. Tout ce qui fait l’identité d’EDF, entreprise publique au service des usagers mais aussi laboratoire social, est en train de disparaitre. Peu à peu les seuls critères de management deviennent financiers et l’usager devient client. Dans l’atmosphère ultra libérale de l’époque c’est la notion même de service public qui est remise en cause. Or assez vite la direction va considérer que la CGT constitue le principal obstacle à abattre. Pour elle, la priorité est de reprendre le pouvoir afin d’accélérer les changements. Cet aspect le livre de Jean-Claude Poitou, Management contre libertés à EDF GDF en démontre bien la démarche. Une période de glaciation commence.

 

En réunion de la commission supérieure nationale du personnel, la direction se vante de n’avoir jamais changé une virgule à un dossier. Les sanctions à l’encontre des militants de la CGT et des syndiqués se multiplient. C’est le modèle EDF qui est remis en cause. Tout ce qui en fait l’identité est bouleversé. Nous reprenons le terme de « cra-cra » employé par l’écrivain Ismail Kadaré pour en montrer la portée.

 

Les mots sont les uns après les autres gommés : nous étions des agents, nous devenons des ressources humaines. Bien sûr dans ce contexte, tout ce qui a contribué à construire le modèle est remis en cause. Les écoles de métiers qui permettaient un véritable ascenseur social pour des jeunes issus de milieux ouvriers : elles avaient aussi pour les directions, l’inconvénient que les jeunes qui en sortaient connaissant bien leur métier et leurs droits, adhéraient assez naturellement à la CGT. C’est aussi le cas des activités sociales, lorsqu’un cadre et un ouvrier se retrouvent en vacances et en dehors de rapports hiérarchique et qu’ils apprennent à se comprendre.

 

Un autre élément du « Colin-maillard » réside dans la mise sous tutelle de la technique sous le management. Les métiers de l’énergie sont souvent très techniques. L’obsession étant l’incident technique pouvant mettre dans le noir une partie du pays. Du jour au lendemain, les réunions n’abordent plus l’incident technique mais l’incident de management. Pourtant les lois de la physique n’ont pas changées, U= toujours RI. Il faudra attendre la tempête de 1999 pour que cette réalité reprenne sa place. Le maître-mot devient : « Laissez-nous travailler tranquille ».

 

C’est dans ce contexte alors que le malaise n’a fait que s’aggraver dans les entreprises, que les grèves de 1995 éclatent. Le conflit de 1995 est marqué dans les IEG par son extrême radicalité : 27 jours de grève sans aucune heure payée. Les pouvoirs publics, et Nicole Notat, ont reconnu que le mouvement avait été le plus fort dans les IEG.

 

Après la période de glaciation et compte tenu du durcissement de la direction à leur égard, les salariés veulent en découdre. Ils pensent qu’en tapant un grand coup sur la table les choses vont s’améliorer. Nous voilà donc face à une grève extrêmement dure en pleine guerre Alphandéry/Daurès (précisons qu’entre 1994 et 1998, une terrible lutte de pouvoir a opposé la tête d’EDF, le président Alphandéry, et son directeur général, Pierre Daurès). Entre une direction déchirée et des syndicats désunis, le conflit débouche bien sûr sur le maintien du régime particulier de retraite mais ne laisse pas le même sentiment positif que chez les cheminots. Tout simplement parce que dans les régions, le conflit n’a servi qu’à révéler dans la douleur l’incapacité du management à gérer le malaise interne et y apporter des réponses.

 

Louis Viannet, au congrès de la fédération, nous alerte sur le risque de radicalisation. Alors que la situation ne cesse de se dégrader, les 15 [2] se mettent d’accord en 1996 pour la libéralisation du marché de l’électricité. Nous passons d’une libéralisation rampante à une libéralisation institutionnalisée annoncée.

 

Une question se pose quant à l’acharnement concernant la libéralisation de l’énergie. Personne ne pose la question de désintégrer dans l’industrie sidérurgique, les laminoirs des hauts fourneaux ou dans l’industrie pétrolière, l’exploration des raffineries et de la distribution dans les stations-services.

 

Cette question est d’autant plus interpellante que malgré la constitution en juillet 1952 de la CECA, rien n’existe en matière de politique européenne de l’énergie. Pourtant, que ce soit les différentes formes d’approvisionnement comme celles des différentes heures de pointe, une formidable efficacité économique s’en trouverait initiée. C’est cela qui nous pousse à proposer la création d’une agence de l’énergie, un peu à l’image de l’agence européenne du pétrole.

 

Bien sûr, on ne peut comprendre cet acharnement sur les déréglementations sans y intégrer les enjeux financiers. Les Etats-Unis possèdent, avec les fonds de pensions, les fonds mutuels et d’investissement des plus gros investisseurs institutionnels du monde. Ces derniers manquant d’espace dans leur propre pays, avec le FMI ils vont bâtir le discours comme quoi la libéralisation et les privatisations sont la solution.

 

Presque tous les services publics constituent ce que les économistes appellent des monopoles naturels. Un monopole naturel existe quand il est nécessaire aux entreprises d’avoir une certaine taille pour garantir une efficacité économique maximale afin de réaliser des économies d’échelles et ainsi fournir le meilleur service possible au moindre coût pour les usagers. Les monopoles naturels nécessitent également l’investissement de grosses mises de fonds au départ. Comme les rails des chemins de fer, les lignes à haute tension, les tunnels de trains et de métros, les réseaux de gaz, d’eau, de téléphonie.

 

Dans tous ces domaines une véritable concurrence n’est pas possible, sauf à multiplier les réseaux par le nombre de concurrents. C’est pourquoi les monopoles publics restent la solution optimale, ce que l’histoire est en train, une nouvelle fois, de prouver. C’est là que l’on voit que la libéralisation du secteur de l’énergie relève de l’idéologie comme dans tous les autres secteurs.

 

De cet aspect il est une question qui nous est posée : comment est-il possible que nous n’ayons pas pu ou pas su faire converger nos luttes et soyons partis nous faire casser la figure les uns après les autres ? Sans doute la disparition de la coordination du Secteur Public National, véritable lieu d’échanges et de réflexion sur ces questions y a contribué. 1997 c’est aussi l’annonce de la fermeture de Superphénix. A l’arrivée au pouvoir de la Gauche plurielle, les Verts ont réclamé l’arrêt et de démantèlement de Superphénix. Cette décision prise par Jospin est perçue dans la communauté scientifique et la région Rhône-Alpes comme une insulte à l’intelligence. Cette remarquable réalisation commune à la France, l’Italie et l’Allemagne sera sacrifiée sur l’autel de la Gauche plurielle. Ce réacteur innovant et de très haut niveau nous permettait une avance technologique dans le domaine des réacteurs à neutrons rapides pour l’avenir à plus long terme. Les initiatives se multiplient dans la région et reçoivent de larges échos en France et dans le monde. Le conseiller à l’énergie du Premier ministre indien qualifie cette décision de crime contre l’humanité.

 

En juillet 1997, à la suite de la décision de la fermeture du réacteur, les européens contre Superphénix disparaissent et créeront le réseau « Sortir du nucléaire ».

 

Abordant la question du nucléaire, je voudrais m’y arrêter quelques instants car elle pèse sur notre syndicalisme et bien sûr sur les investissements des entreprises. Un débat binaire particulièrement sclérosant s’est imposé ; on serait pour ou contre le nucléaire, et bien sûr la fédération ferait partie du lobby nucléaire. Cette question pèse, y compris dans la CGT. Nous travaillons donc à revenir sur les fins d’une politique énergétique. Celle-ci constitue à avoir une énergie abondante, de qualité, au moindre coût, respectueuse de l’environnement et permettant le droit humain qu’est le droit à l’énergie.

 

Autre chose est ensuite les moyens d’y parvenir. Dans l’arrière-boutique aucune forme énergétique n’est sans défaut ; les énergies fossiles produisent du CO2, l’énergie nucléaire des déchets, les énergies renouvelables sont aléatoires.

 

En fonction de l’état des ressources naturelles et du développement des sciences et des techniques, les questions sont celles du climat, des coûts, en bref tout sauf des questions idéologiques.

 

Nous travaillons donc à ce que l’expression sur ces questions devienne confédérale. Persuadés que notre avis d’hommes de l’art doit être entendu. Même si ce n’est pas aux syndicats de l’énergie de définir la politique énergétique de la France.

 

L’arrivée de la gauche au pouvoir se traduit également par le remplacement d’Edmond Alphandéry comme président d’EDF par François Roussely. Dès son arrivée, celui-ci interpelle ses chefs d’unités sur l’efficacité de la stratégie de guerre. Faut-il faire, dans cette période de mutation intense, contre un syndicat représentant près de 53 % des voix ou avec ? Bien sûr le débat s’engage dans la fédération. Nous sommes nous aussi interrogatifs. Il n’est pas si simple de passer d’une situation de coin du ring où l’on rend coup sur coup à celle de syndicat incontournable. Une partie de notre corps militant pense que c’est un piège sans lendemain ; l’autre est orpheline de la place que nous occupions dans le débat des organismes statutaires et son efficacité pour les salariés. Nous décidons de « payer pour voir », notamment dans la création du Comité de groupe européen et la négociation sur les 35 heures. La question des 35 heures est pour nous importante car nous avions dénoncé, 18 mois plus tôt, un accord signé par la CFDT. L’exercice du droit d’opposition ayant pour conséquence d’annuler des accords locaux. Bien sûr les directions en profitent pour mener une campagne précisant que par la faute de la CGT les agents perdait leurs droits, notamment de retraite anticipée.

 

De fait, entre le moment où nous avons déposé notre droit d’opposition et la décision de justice, de nombreux choix de vie avaient été fait par les salariés. Il nous fallait donc retourner au charbon et faire mieux que l’accord de 1997. Nous reprenions notre place dans la négociation. Bien conscients de l’importance des mutations en cours et du débat dans la fédération, nous choisissons de nous mettre en situation de réalité. Durant toute cette période, nous choisissons de consulter les salariés afin d’être toujours en phase avec ce qu’ils pensent sur ce qui est juste et possible dans une sorte de navette permanente.

 

Le débat s’engage, porteur d’une véritable dynamique. Les salariés s’emparent du débat sur leur temps de travail, dans leur diversité : rurale, urbaine, homme, femme, cadre, ouvrier, métier de chantier, d’usine ou de bureau. Cela nous conduit à un formidable accord jugé comme l’un des meilleurs, articulé aux finalités de service public. Accord que le dessinateur Plantu résumera en reprenant les premiers pas de l’homme sur la lune par : « Un petit pas pour l’emploi mais un grand pas pour la CGT ». Il y avait longtemps que nous n’avions pas ramené du concret à la maison.

 

C’est dans ce contexte qu’éclate la tempête de 1999. Le réseau est par terre. Des millions de Français sont coupés d’électricité. Il va se passer quelque chose d’extraordinaire durant des trois semaines ; les salariés reviennent de congés, les retraités se mettent à disposition pour aider à la remise du réseau. Un formidable mouvement s’engage, véritable osmose entre les usagers et les salariés ; une vraie leçon de service public. Là, excusez du peu, mais le management ne sert à rien pour relever le réseau dans la neige. Il est à noter, et cela mériterait à lui seul un colloque, alors que le réseau est par terre, les conditions de travail certes exaltantes mais exténuantes, difficiles. Aucun accident de travail ne sera à déplorer. Les directions prennent peur. Les salariés ont repris le pouvoir, assuré leur autonomie.

 

Tout sera fait pour gommer cette courte période.

 

L’année 2000 voit le 1er congrès de la fédération. Celle-ci se transforme de fédération de l’énergie en fédération nationale les mines et de l’énergie. Six ans après que l’union nationale des syndicats de l’énergie atomique (UNSEA) ait rejoint la fédération, l’arrivée certes trop tardive des mineurs conforte notre volonté commune d’une fédération de filière d’autant que nous travaillons également avec nos camarades du pétrole en interfédérale.

 

En fait nous avons besoin de nous interprofessionnaliser. C’est bien sûr nécessaire pour gagner en efficacité sur la filière énergétique mais aussi sur notre syndicalisme tout court. La transposition des directives européennes se précise.

 

Nous sommes en pleine période de Gauche plurielle. Lorsque nous rencontrons Lionel Jospin, alors Premier ministre, avec Didier Lereste des cheminots et Frédéric Imbrecht, il nous dit : « Nous ne pouvons plus continuer à refuser l’ensemble des directives. C’est la place de la France en Europe qui est posée. Je suis dans un système de Gauche plurielle, j’ai un ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot ; si je déréglemente le rail, Gayssot démissionne, donc je déréglemente l’énergie ». C’est bien sûr une drôle de façon d’aborder ces questions.

 

En même temps, après avoir vu Lionel Jospin, je rencontre Robert Hue, secrétaire national du PCF qui m’explique que la PCF ne quittera pas le gouvernement pour une question de déréglementation de l’énergie et que le PCF s’abstiendrait à l’Assemblée nationale. Le vote de la droite est connu. Les marges de manœuvre sont bien faibles. De plus je précise que nous avons vu après, dans la vie, que plus on se rapproche de la transposition d’une directive, plus les marges de manœuvre se rétrécissent. Il est d’ailleurs surprenant qu’à l’époque des entreprises comme EDF-GDF n’aient même pas eu de représentation à Bruxelles.

 

Nous optons pour une stratégie qui vise à modifier et détourner les questions au maximum. Celle-ci s’articule sur trois points : d’abord maintenir le statut pour les personnels qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, qu’ils travaillent dans le public ou le privé ; de fait un statut de branche. Le second élément vise à maintenir l’entreprise intégrée. Le RTE, réseau du transport d’énergie, demeure une filiale à 100 % d’EDF même si elle transportera l’énergie des opérateurs quels qu’ils soient. Le troisième aspect est de gagner la reconnaissance du droit à l’énergie au travers une fourniture énergétique minimale pour les plus défavorisés. Notre objectif est simple : nous donner les moyens de pouvoir reconstruire sur un champ certes modifié, ce que nous appelons « le pôle public de l’énergie », intégrant tous les opérateurs et leur imposant de travailler dans le cadre de l’intérêt général.

 

Bien sûr la libéralisation du secteur pose de nombreuses autres questions. Le débat sur les retraites entre dans la suite logique des déréglementations. Depuis le lancement du processus, la question des retraites est au centre de toutes les préoccupations des salariés des industries électrique et gazière bien sûr. 300 000 agents actifs et inactifs en bénéficient. Ces derniers ont la particularité d’être directement assurés par les entreprises sans passer par des caisses de retraites. Le passage aux normes comptables internationales pèse considérablement sur les comptes. Pour EDF la dette en cours est évaluée autour des quatre milliards d’euros. Bien sûr nous voulons inscrire le débat sur les retraites dans notre démarche qui vise à ce que les garanties collectives soient maintenues et élargies à l’ensemble de la branche.

 

Jusqu’alors, les entreprises non nationalisées bénéficiaient de la solidarité avec les opérateurs publics que sont EDF et GDF. Nous arrivons dans une période où nous ne savons pas le nombre ni la taille des opérateurs privés générés par la déréglementation. Nous avons cependant en mémoire le cas d’ENRON. La faillite d’une entreprise privée qui se soldera par la perte totale des retraites pour ses salariés.

 

En tant que syndicat il nous faut donc y apporter des réponses. La question s’ouvre sur des rencontres qui ne paraissent pas forcément complexes parce qu’elles ne touchent pas au contenu des retraites mais à leur financement et ne visent qu’à déboucher sur un relevé de conclusions. De plus nous savons qu’en marge des rencontres nous apporterons des améliorations sur les contenus des retraites, notamment sur les minima de pensions. Celles-ci s’engagent avec quatre fédérations, seule FO refuse d’y participer. Dans ces débats la confédération nous apporte son aide, ce qu’elle poursuivra jusqu’au bout. Le relevé de conclusions est achevé et fait débat dans la fédération.

 

Donc nous sommes dans cette situation où nous décidons la consultation. Le débat est bel et bien réel et naturel mais nous sommes d’accord sur le fait de remettre notre droit à signature aux salariés puisqu’il s’agit de leur retraite, question d’importance s’il en est.

 

Nous allons rencontrer toute une série de difficultés. La première bien sûr réside dans la proximité entre le relevé de conclusions sur le financement du régime de retraites et celui annoncé par Fillon sur les retraites. La seconde réside dans le manque de temps pour expliquer l’enjeu du relevé de conclusions. La retraite n’est un sujet de connaissance qu’à la veille de sa prise et peu de salariés en connaissent les mécanismes. La troisième et sans doute l’assimilation entre réforme du financement de la retraite et ouverture de capital des entreprises, encore renforcée par un déchainement médiatique.

 

Six cent articles de presse sont recensés. A l’évidence cela n’a rien à voir avec un relevé de conclusions ni même la fédération. Le résultat du référendum traduit, me semble-t-il, la peur de sauter dans le vide. 53 % des salariés des IEG disent non. Présenté comme un échec de la fédération, nous rétorquons que cela n’est vrai que pour ceux qui ne consultent que lorsqu’ils sont persuadés que le résultat leur est favorable. Nous sommes dans un contexte où la Droite est puissante et le vent libéral initié par Thatcher et Reagan est toujours présent. L’injonction de Mario Monti sur le statut des entreprises est utilisée par tous ceux qui veulent les privatisations d’EDF GDF. Quelques jours avant l’ouverture du congrès de la fédération, Raffarin annonce qu’il proposera une loi avant fin 2006 pour modifier le statut des entreprises. Ce ne serait qu’une simple adaptation. La position du congrès comme de l’intersyndicale est claire : ce n’est pas négociable. Nous avons besoin de gagner du temps pour engager une grande campagne dans l’opinion publique. Nous engageons celle-ci sur les conséquences pour l’emploi, les garanties collectives pour les salariés. Avant même de s’engager, nous nous rendons vite compte que nous ne sommes pas partis du bon pied. La campagne sur les nantis, engagée depuis des décennies, et le sentiment que les électriciens et gaziers sont des privilégiés pèsent considérablement. Nous changeons le fusil d’épaule et revenons à l’intérêt général : le coût de l’énergie, et le service public. Nous avons des atouts. EDF demeure l’entreprise « chouchou » des Français.

 

Nicolas Sarkozy devient ministre de l’Industrie et propose de déposer un projet de loi le 8 avril. La première riposte voit le jour avec grève et manifestation réunissant 80 % des salariés. L’intersyndicale est reçue deux jours après par N. Sarkozy. L’argument de Bruxelles pèse dans l’opinion publique. La colère est plus centrée sur l’Europe que sur le gouvernement français.

 

Interpellé par nos soins, Mario Monti répond que le statut d’EPIC (Entreprise Publique Industrielle et Commerciale) est compatible avec les traités car introduisant une distinction de concurrence mais que rien dans le traité n’interdit à des entreprises publique d’intervenir dans un secteur libéralisé ; chacun se retrouve devant ses responsabilités.

 

Nous poursuivons ainsi notre bataille pour des sociétés anonymes 100 % publiques. Elle commence à marquer des points. Nous nous investissons aussi dans des forums d’action en conformité avec l’intérêt général. C’est ainsi que naissent les « Robin des bois ». Nous remettons l’électricité au plus démunis, la gratuité aux hôpitaux et retirons leur compteur aux députés qui indiquent vouloir voter la loi. De plus nous investissons dans le champ social. L’ardoise est lourde, les gains aussi. Le point 100, le point d’entrée de la grille des salaires, était largement inférieur au SMIC, ce que nous corrigeons. C’est de là que nous restera la phrase de Frédéric Imbrecht qui résume, à mon avis, nos débats durant cette décennie. A partir du moment où les privatisations ne sont pas négociables, pourquoi s’interdirait-on de parler du reste et bien sûr des questions sociales ?

 

Sarkozy semble hésiter mais sans doute ses ambitions politiques ne se contenteraient pas de sociétés anonymes à 100 % publiques. La loi est votée le 9 août 2004, mettant fin à plus de trois mois de conflit. EDF et GDF sont transformées en sociétés anonymes. L’Etat s’engage à détenir 70 % et plus du capital des deux entreprises. Un contrat de service public est signé entre l’Etat et les entreprises qui précise les modalités de mise en œuvre du service public.

 

Bien sûr les choses ne sont pas finies pour autant. Il a suffi de l’annonce d’une OPA agressive de l’ENEL, l’énergéticien italien, sur SUEZ pour que le rapprochement entre SUEZ et GDF se concrétise. Après avoir pris l’engagement de ne jamais abaisser la participation de l’Etat en dessous de 70 %, le gouvernement de Dominique de Villepin accepte une participation de 30 % plébiscitée en cela par Thierry Breton, alors ministre des Finances. Bien sûr le sentiment de déception est profond. Bernard Thibault et Frédéric Imbrecht, dans une adresse commune aux salariés, déclarent quelques jours après le vote de la loi : « Le formidable mouvement des électriciens et gaziers a marqué des points. Il a conforté les acquis des salariés du secteur et fait progresser plusieurs de leurs revendications. Certes le retrait du projet de loi n’a pas été gagné. Cela peut avoir des conséquences pour les usagers et les salariés. Mais faut-il pour autant considérer que cela constitue la fin de l’histoire ? Certainement pas et nous de démontreront dans l’avenir ».

 

Avec le recul nous percevons mieux ce qu’ont permis ces luttes. Nous sommes aujourd’hui dans une tout autre situation sur ces questions. Le bilan des déréglementations/privatisations est sans équivoque. Que ce soit en France, en Europe et dans le monde, elles n’ont apporté aucun développement humain, technique. Aucune efficacité économique et sociale.

 

Bien sûr il nous reste à écrire de nouvelles pages, c’est le sujet de Marie-Claire Cailletaud. J’en terminerai pour ma part par une déclaration de Bernard Thibault lors d’un meeting à Chalons : « Le syndicalisme n’est pas responsable de tout ».

Notes :

[1] Denis Cohen évoque ici le début des années 1990

[2] Le Conseil de l’Union européenne

Publié par El Diablo

Pollution atmosphérique : MOINS DE CAMIONS, PLUS DE WAGONS…. VITE !

Pollution atmosphérique : MOINS DE CAMIONS, PLUS DE WAGONS…. VITE !
Pollution atmosphérique : MOINS DE CAMIONS, PLUS DE WAGONS…. VITE !

L’épisode actuel de pics de pollution dans les grandes agglomérations du pays semble atteindre une ampleur jamais vue depuis 10 ans. A Paris tout d’abord, puis à Lyon et sans doute ailleurs, des mesures exceptionnelles sont mises en place telle que la circulation alternée des automobiles et la gratuité des transports en commun.

Nous sommes face à un désastre environnemental et une catastrophe sanitaire.

Les mesures ponctuelles, pour nécessaires qu’elles soient, sont très insuffisantes. Il est urgent de s’attaquer aux causes profondes des émissions de polluants.

Or, les transports constituent le premier secteur d’émissions de polluants et de gaz à effet de serre.

Bien sûr, les véhicules individuels sont trop nombreux sur les routes. La seule alternative efficace réside dans le développement des transports en commun.

Par contre, on parle peu du Transport Routier des Marchandises (TRM).

Le TRM est ainsi le principal émetteur de pollution sur Paris et la petite couronne (53% des oxydes d’azote, 40% des particules fines). En 2009, les études montraient que 3 millions d’habitants de l’Ile-de-France étaient soumis à une qualité de l’air inférieure aux normes pour l’oxyde d’azote et 1,8 millions étaient soumis aux dépassements des seuils de particules.

Ces quelques chiffres, auxquels il faudrait ajouter ceux sur la congestion routière permanente, de l’accidentologie et du coût cumulé assumée par la collectivité, pointent une fois de plus l’hégémonie du mode routier dans le transport des marchandises.

En France, plus de 85% des marchandises sont transportés par la route, contre moins de 10% par le rail et moins de 5% par la voie d’eau. En Ile-de-France, première région économique d’Europe où se réalise près du tiers du PIB national, la part du rail n’est que de 5% !!

Il y a urgence à rééquilibrer les parts des différents modes de transport en faveur des plus vertueux.

C’est possible, à condition de sortir le transport et la logistique des griffes du marché. Cela nécessite une vraie volonté de l’Etat. La SNCF doit redevenir l’outil d’une vraie politique multimodale des transports.

Les cheminots et leurs organisations syndicales, aux côtés d’acteurs économiques et institutionnels font des propositions et tracent des pistes concrètes pour relancer le Fret ferroviaire.

C’est l’objet du documentaire « transport des marchandises, changeons d’ère », récemment réalisé par Gilles Balbastre pour le compte du CE National de Fret SNCF.

La Fédération CGT des cheminots

Le 8 décembre 2016 

SOURCE:

Publié par El Diablo

« CAMARADES, je demande la parole » : un livre de Jean-Pierre Page avec Charles Hoareau, Philippe Cordat et Jean-Claude Vatan (Investig'Action)

« CAMARADES, je demande la parole » : un livre de Jean-Pierre Page avec Charles Hoareau, Philippe Cordat et Jean-Claude Vatan (Investig'Action)

Pourquoi ce livre ?

La colère monte chez les travailleurs et nombreux sont ceux qui cherchent une issue à la crise. C’est le cas en France, en Europe et dans le monde. Ce n’est pas une révolution mais déjà plus qu’une rébellion. Les peuples sont-ils en train de reprendre l’initiative ? Et quelle sera la réponse syndicale ?

« Camarades, je demande la parole » explique comment on en est arrivé là et ouvre des perspectives. C’est une contribution à un débat dont le contenu va au-delà des entreprises et de tous les lieux de travail. Le combat pour le changement de société doit demeurer un combat syndical.

Les auteurs sont des syndicalistes et des militants assumant ou ayant assumé des responsabilités souvent importantes dans leurs organisations respectives et ce, à travers le monde. Ils représentent une grande diversité d’opinions, de pratiques, d’histoires et appartiennent à différentes organisations syndicales internationales. Mais on retrouvera chez eux de mêmes préoccupations et souvent des réponses convergentes.

Nous vivons une situation nouvelle faite de risques et de possibles. Par certains aspects, elle est inattendue car jamais autant qu’aujourd’hui le capitalisme ne s’est trouvé si arrogant tout en étant si critiqué !

Le syndicalisme est traversé par des débats, entre ceux qui cherchent à aménager le système et ceux qui entendent confronter sa raison d’être : l’exploitation de l’homme par l’homme. Les inégalités n’ont jamais été si importantes à travers le monde, la contradiction capital/travail si aigüe. Riches d’enseignements sont par exemple les luttes en France contre la réforme du code du travail voulue par l’Union Européenne, le patronat et les gouvernements. Il en est beaucoup question !

Parce que la lutte de classes est internationale, elle pose en termes nouveaux ce que sont les responsabilités du mouvement ouvrier. Cela suppose des remises à plat. Compter sur les victoires mais aussi tirer les leçons des défaites.

En France, en Belgique, en Italie, au Portugal, en Argentine, au Brésil, aux USA, en Inde, les luttes existent, les résistances exigent de nouvelles solidarités. « Camarades, je demande la parole ! » en fait le bilan en puisant dans les expériences de chacun. Partir du local mais penser globalement face à la mondialisation du capital est devenu une exigence à  laquelle personne ne saurait être dispensé de réfléchir.

Voilà pourquoi ce livre met en évidence le besoin d’une rénovation du syndicalisme et se prononce sans ambiguïtés pour un syndicalisme de lutte de classes, démocratique, indépendant et résolument internationaliste !

C’est une responsabilité historique de construire l’organisation dont les travailleurs dans le monde entier ont grand besoin. On ne choisit pas l’époque dans laquelle on vit, mais on choisit de se montrer à la hauteur de ce qu’elle exige !

Michel Collon et  Jean-Pierre Page

BON DE COMMANDE ET INFORMATIONS DIVERSES (en lien ci-dessous)

 

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Publié par  El Diablo

SOUTIEN à MYLÈNE PALISSE, militante CGT, RÉPRIMÉE POUR DÉLIT D’OPINION

SOUTIEN à MYLÈNE PALISSE, militante CGT, RÉPRIMÉE POUR DÉLIT D’OPINION

Mylène Palisse, conseillère d’insertion et de probation dans l’administration pénitentiaire, déléguée CGT, a osé critiquer publiquement des directives ministérielles sensées combattre la radicalisation. Elle est menacée de révocation. Une pétition unitaire est engagée (80 personnalités), ainsi qu’un meeting public et un rassemblement à Paris le 13 décembre 2016.  L’UGFF CGT  mobilise.

Mylène Palisse, conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation et élue CGT risque jusqu’à la révocation pour avoir exprimé des critiques concernant certaines modalités de la mise en œuvre au sein de l’administration pénitentiaire de la prévention de la radicalisation dans les colonnes de l’Humanité en avril dernier dans un article intitulé « Cochez la case djihadiste ».

Interpellé, le Ministre de la Justice, pourtant garant des libertés fondamentales, fait sien l’acharnement de l'administration pénitentiaire en confirmant la convocation de Mylène Palisse le 13 décembre 2016 devant le Conseil de discipline.

-Parce que la liberté d’expression est un droit constitutionnel, inhérent à la démocratie,

-Parce que la liberté d’opinion des fonctionnaires est un des fondements du statut général,

-Parce que les fonctionnaires ne sont pas de zélés serviteurs, exempts de tout droit à la critique et à la parole,

-Parce qu’ils sont légitimes à questionner la mise en œuvre de politiques publiques, dont ils sont les acteurs,

-Parce que ces interrogations relèvent de débats d’intérêt général,

-Parce que la liberté d’expression syndicale ne peut se cantonner à des critiques complaisantes,

-Parce que les libertés syndicales ne sont pas négociables et sont des garanties essentielles dans un État de droit,

Nous exigeons l’abandon immédiat des poursuites disciplinaires contre Mylène Palisse et affirmons haut et fort notre attachement à la liberté d’expression et aux libertés syndicales.

SIGNEZ LA PÉTITION (LIEN CI-DESSOUS) :

VOIR ÉGALEMENT LE LIEN CI-DESSOUS:

Paris: un ouvrier meurt gare d’Austerlitz broyé par une foreuse

10 Décembre 2016
Je me souviens, il y a bien longtemps (en 1979 je crois) car je travaillais sur le monde ouvrier à Fos-sur-Mer (L’usine et la vie écrit avec Alain Chenu, édité chez Maspero), j’avais été confrontée à la mort d’un ouvrier tombé par erreur dans les brames en fusion, un ouvrier de l’écrickage, un intérimaire de ces multiples sociétés crées dans les endroits les plus dangereux. Alors même qu’il était prévue que ce laminoir s’arrête une heure après. C’était d’une totale absurdité, criminel, et ça illustrait de manière saisissante l’âpreté du capital dans l’extraction de la plus-value. C’était comme si le livre  I du capital s’incarnait avec sa livre de chair et de sang. Parfois il m’arrive de me demander pourquoi je ne consacre pas ce blog à cette exploitation comme je l’ai fait pendant tant d’années. La fin de l’URSS m’a obligée à opérer un tournant, je suis en effet convaincue que ce qui permet à l’exploitation capitaliste de se maintenir et de s’aggraver est la manière dont on a transformé cette chute de l’URSS en fin de l’histoire, en horizon politique indépassable et il me semble que je dois lutter à ce niveau-là pour affronter la misère du monde et celle qui règne dans mon pays. Mais quand un ami me transmet ce genre de nouvelles il me prend l’envie comme je le faisais du temps de Révolution ou dans mes recherches d’aller rendre compte des conditions toujours renouvelées de l’exploitation. Ce scandale que plus personne ne voit 
 
(note de Danielle Bleitrach)
08/12/2016 à 08h17
Paris: un ouvrier meurt gare d'Austerlitz broyé par une foreuse
 

 Mort d’un intérimaire embauché par le sous-traitant du sous-traitant de la SNCF.


Ce genre de situation est courant depuis très longtemps déjà. Dans les années 80 EDF employait sur ses chantiers nucléaires ce genre de poupées russes emboitées les unes dans les autres, les sous-traitants des sous-traitants des sous-traitants, qui embauchaient eux-mêmes des intérimaires, pâtissiers ou plâtriers ou n’importe quoi d’autre, pour câbler des boitiers électriques. Ces ouvriers n’avaient pas de vêtements de travail et usaient leurs jeans et leurs pulls dans la boue des tranchées. Le vendredi les employés d’EDF venaient visiter les chantiers avec des bleus impeccables au-dessus des caniveaux où ces nouveaux bateliers de la Volga tiraient des câbles de 300 carré.


Maintenant le Parquet va éclaircir les circonstance de sa mort. Tu parles ! Qui est fautif sinon la SNCF qui impose des contrats léonins aux sous-traitants, lesquels exploitent jusqu’au sang leurs salariés et qui s’adressent aux marchands de viande pour répondre aux charrettes du chantier ? Résultat des ouvriers ignorants des risques doivent utiliser des machines dangereuses. Il y a fort à parier que les dirigeants et les cadres de la SNCF ne seront pas inquiétés, et que dans le pire des cas c’est le chef d’équipe de la boite sous-traitante qui sera mis en cause : « l’entreprise qui a obtenu le marché va être questionnée. »…circulez y a rien à voir !


Sinon ce sera la faute du mort, ce ne serait pas la première fois non plus.

 

« Un homme est mort lundi à Paris 5 broyé par une foreuse, rapporte Le Parisien. Cet ouvrier âgé de 48 ans, « intérimaire pour une société qui travaillait comme sous traitant pour une autre société qui elle-même travaillait pour la SNCF », participait à un chantier de rénovation situé non loin de la gare d’Austerlitz, boulevard de l’Hôpital, lorsque l’incident s’est produit.


L’ouvrier « devait assister le foreur qu’il ne connaissait pas, en remplaçant les mèches dès qu’il le lui était demandé », cite Le Parisien. Alors que la machine bloque, l’homme se penche et coince un coin de sa veste dans la foreuse, qui l’emporte. La scène s’est déroulée devant ses collègues et deux agents de la SNCF.


Le corps de l’homme a été désincarcéré et rapatrié à l’Institut médico-légal, situé dans le 12ème arrondissement, pour y être autopsié. Selon le quotidien, une enquête a également été ouverte par le Parquet de Paris pour éclaircir les circonstance de sa mort. Une source policière a en effet indiqué au Parisien que celles-ci « sont loin d’être claires ». La zone de l’accident a ainsi été mise sous scellés.


La SNCF, de son côté, « déplore cet accident » et a indiqué que « l’entreprise qui a obtenu le marché va être questionnée. » »Paris: un ouvrier meurt gare d’Austerlitz broyé par une foreuse

Il travaillait sur un chantier lorsque la machine a accroché un coin de sa veste et l’a emporté. Une enquête a été ouverte.


BFMTV.COM| PAR BFMTV

Philippe Martinez : « Qui est moderne et qui est ringard ? »

 

07 Décembre 2016


Entretien inédit pour le site de Ballast

http://www.revue-ballast.fr/philippe-martinez-moderne-ringard/


Siège de la CGT, à Montreuil. Philippe Martinez — Secrétaire général de l’un des plus grands syndicats du pays (fondé en 1895, il compte aujourd’hui 680 000 salariés adhérents), fils d’un combattant des Brigades internationales et ancien technicien de la métallurgie aux usines Renault — nous reçoit dans son bureau. Derrière lui, un casque de docker du Havre et un T-shirt féministe. Martinez fut, lors du mouvement social contre la loi Travail, au printemps dernier, l’un des nombreux visages de la contestation — au point d’être décrit par les majordomes du pouvoir libéral comme « l’homme qui veut mettre la France à genoux » (Le Figaro) et assimilé, avec sa Confédération, à Daech (Le Point). Rien moins. Nous le retrouvons donc le mouvement retombé afin de parler, recul étant mais toujours aux prises avec le moment politique présent, modernité à la Macron, histoire syndicale, violences, transition énergétique et sexisme au travail.

 

Vous commencez comme technicien chez Renault en 1982, au lendemain de la victoire François Mitterrand, quelle est l’ambiance qui règne alors ?

 

Je suis arrivé chez Renault un an après son accession au pouvoir. J’avais eu quelques petits boulots auparavant, un peu de chômage, mais rien à voir avec ce que peuvent vivre les jeunes aujourd’hui — les délais pour accéder à un CDI sont dix fois plus long qu’à l’époque. C’était donc mon premier boulot stable, mon premier CDI, et donc un événement dans ma vie. Cette année-là, pour les salariés et tous les travailleurs, les réformes gouvernementales étaient plutôt socialement innovantes. J’en ai d’ailleurs bénéficié puisqu’il avait été décidé que pour mille départs en retraite chez Renault, il y aurait mille embauches : j’ai fait partie du contingent des mille jeunes qui ont remplacé les mille qui partaient. Je n’ai pas croisé tout de suite les militants de la CGT mais ils m’ont raconté plus tard qu’il y avait beaucoup d’euphorie chez les salariés et un peu plus de réserve chez les militants CGT, qui se demandaient, eux, combien de temps ça allait durer. Mais c’était une ambiance un peu particulière ; certains surévaluaient le changement — c’était un vrai changement d’avoir un président de gauche, il n’y avait plus eu de ministre communiste depuis 1947 —, certains avaient peur ; d’autres, la majorité, étaient euphoriques. Et il y avait des militants lucides. Mais l’atmosphère était plutôt joyeuse.

 

Finalement, il y a eu ce que les commentateurs appellent le « tournant de la rigueur » en 1983, ce moment où « la gauche a cessé d’être de gauche ». Ce ressenti domine, à ce moment-là, dans les usines ?

 

C’est un sentiment de trahison. À l’époque, certaines promesses de campagnes avaient quand même été tenues — ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Par exemple, la réduction du temps de travail, les nationalisations, une vraie politique d’emploi. Mais la déception est vite venue, l’incompréhension aussi. Certains disaient qu’il n’était pas possible de faire autrement alors que d’autres considéraient qu’avoir relâché la pression était une erreur ; c’est toujours à celui qui tire le plus fort — donner du mou, au prétexte que la gauche était au pouvoir, s’est fait à la faveur du patronat.

 

Emmanuel Macron critique notre société de statuts, de droits collectifs et de procédures administratives car nous serions désormais dans une société d’individus plus singuliers, moins dociles, plus entreprenants…

 

« C’est l’idée qu’on peut s’en sortir individuellement et en dehors de toute règle collective : tout le contraire de ce que nous portons, tout le contraire de l’histoire de ce pays. »


Macron, je le compare souvent à Tapie, qui est plus de ma génération. J’ai vécu le phénomène Tapie : l’entrepreneur qui va aller faire le bonheur des salariés à leur place, qui rachète des boîtes, qui écrit des livres expliquant comment réussir dans la vie. Il n’a pas dit que tout le monde devait vouloir devenir milliardaire mais, en gros, c’était ça. Ses origines et son parcours ne sont pas tout à fait les mêmes mais la philosophie est identique. C’est l’idée qu’on peut s’en sortir individuellement et en dehors de toute règle collective. Et que tous ceux qui le veulent peuvent réussir dans la vie. C’est tout le contraire de ce que nous portons, tout le contraire de l’histoire de ce pays, le contraire de la solidarité. C’est de la poudre aux yeux, que de la communication. Pour dire des bêtises du type « il faudrait que le temps de travail soit adapté à l’âge », il ne faut jamais avoir travaillé ou côtoyé le monde du travail. Ça ne me dérange pas que des jeunes veuillent travailler 70 heures par semaine. Mais dire que l’avenir c’est de bosser autant quand on a entre 20 et 40 ans et puis qu’après on travaillerait moins… Ça réglerait vite le problème des retraites puisque personne ne vivrait assez longtemps pour y arriver ! Évidemment que le travail est structurant dans la vie, parce que c’est épanouissant — en tout cas, ça devrait l’être. On met en œuvre un savoir-faire, une intelligence ; surtout collective, d’ailleurs : on parle de plus en plus de travail en projet. Mais on s’épanouit dans son travail lorsqu’on a une vie en dehors qui est aussi épanouissante.

 

Or, je le vois dans mon expérience personnelle et dans ma boîte, les ingénieurs cadres ou les techniciens qui partent sur des projets de deux ou trois ans loin de chez eux s’investissent beaucoup dans leur boulot. Mais il y a un moment où la vie personnelle perturbe le dynamisme et la créativité au travail. Dans des secteurs où l’on n’est jamais chez soi, le taux de divorce peut atteindre 50 %… Et il y a la santé. Je sais qu’il y a beaucoup de gens sportifs… (rires) Mais tenir des années en bossant 70 heures par semaine c’est bien, mais l’infarctus finit par guetter. Et quand les gens vieillissent, ils sont épuisés et ne peuvent plus rien faire. C’est pourquoi nous revendiquons le droit à la déconnexion, samedi et dimanche compris. Pour en revenir à Macron, c’est vraiment de la com’. C’est le genre de type qui veut, sous couvert de modernisme, surfer sur des phénomènes de mode mais nie toute forme de solidarité, de collectif. Or ce qui fait la force de notre pays, c’est justement cette solidarité, l’entraide, le fait de travailler ensemble. Ce n’est pas la négation de l’individu, puisque c’est la somme des individus qui génère du travail collectif. On a des tas de conquêtes sociales qui s’appuient là-dessus, par exemple la sécurité sociale. Le slogan de ceux qui l’ont créée était « On paie selon ses moyens et on reçoit selon ses besoins » : voilà une vraie expression de la solidarité.

 

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Par Stéphane Burlot, pour Ballast


Dans la mesure où, pour vous, l’une des valeurs fondamentales de la CGT est la solidarité, on peut imaginer qu’un de ses rôles est de lutter dans l’entreprise contre les idées du Front national. Vous insistez sur le rôle de l’histoire du mouvement ouvrier : la mémoire du passé comme remède pour aujourd’hui ?

 

« Avoir des repères dans l’Histoire, ce n’est pas être nostalgique, c’est pouvoir mieux construire ce que d’autres nous ont légués. »


Non, pas vraiment. C’est plutôt mon côté salarié de l’automobile : pour conduire une voiture, il faut bien sûr regarder devant, mais on a aussi besoin du rétroviseur. On ne construit pas son avenir sans avoir quelques repères historiques. Plus globalement, quand on reprend la période de la création de la sécurité sociale, ceux qui ont écrit le programme du Conseil national de la Résistance — qui avait un titre magnifique : Les Jours heureux — étaient des hommes et des femmes qui résistaient dans la clandestinité, risquant la déportation, la mort, mais la force de ce collectif, de cette somme d’individus, c’était de pouvoir résister tout en imaginant un monde meilleur. Quand on y repense, c’est fou. Il faut s’en inspirer. Même si ce ne sont plus les mêmes conditions — nous sommes en phase de mondialisation —, il est important d’avoir toujours ces repères historiques et collectifs à même de nous rappeler comment nous avons fait pour avancer. D’ailleurs, on dispose aujourd’hui d’outils formidables pour construire un monde meilleur ! On peut communiquer avec quelqu’un à l’autre bout du monde sur des expériences, apprendre à se connaître sans avoir à se déplacer. En termes de fraternité, c’est bien mieux. Ça permet aussi de prévenir certaines formes de racisme. Avoir des repères dans l’Histoire, ce n’est pas être nostalgique, c’est pouvoir mieux construire ce que d’autres nous ont légué.

 

Comment mobiliser massivement le monde du salariat — en particulier au sein du privé —, dans un pays qui compte 6 millions de chômeurs et un rapport de force si défavorable aux salariés ?

 

Cette réponse peut prendre du temps ! (rires) Je crois vraiment à cette idée qu’il faut partir des préoccupations individuelles, mais que personne ne peut s’en sortir individuellement. Il s’agit donc de faire des préoccupations de chacun des revendications collectives. Redonner un vrai sens au mot solidarité. Car certains essaient aujourd’hui d’assimiler la solidarité à l’assistanat. Ensuite, il faut que les salariés et les privés d’emploi s’organisent. On est plus fort ensemble que tout seul. Évidemment que pour les personnes privées d’emploi, c’est plus compliqué puisque leur vie est de plus en plus individuelle. On va tout seul à Pôle Emploi, on n’est pas intégré à un collectif.

 

« Il n’y a jamais eu autant de syndicats et jamais eu aussi peu de syndiqués. »


Il faut s’engager. L’engagement, ce n’est pas l’armée ; ce n’est pas un chef qui impose le garde-à-vous et tout le monde qui marche au pas. L’engagement, c’est partir de nos préoccupations pour s’inscrire dans un collectif en débattant et en fournissant des idées. On a besoin d’un syndicalisme plus fort. On a évoqué la Libération : il y avait moins de syndicats à l’époque. Certains ont cru qu’en multipliant le nombre de syndicats, on multiplierait le nombre de syndiqués. Mais c’est inversement proportionnel, aujourd’hui ! Il n’y a jamais eu autant de syndicats et jamais aussi peu de syndiqués. Il faut donc que le mouvement syndical se ressaisisse. Le syndicalisme, ce n’est pas la compétition, c’est fédérer les énergies. À la Libération, il y avait la CGT, la CFTC et FO venait de se créer. C’est à peu près tout. À l’époque, il y avait 5 millions d’adhérents à la CGT ! En termes de dynamique, c’était autre chose.

 

Il faut aussi prendre du temps pour échanger, débattre dans tous les lieux possibles. C’est tout l’inverse de ce que fait le patronat puisqu’il y a de moins en moins de temps de pause. L’entreprise ou le service, c’est un endroit où on voit du monde, on peut échanger, croiser des expériences. On peut y créer du lien. Ceux qui n’ont pas de boulot sont isolés, mais en entreprise, plein de salariés sont dans le même cas — quoiqu’en disent les discours patronaux sur le « travail en équipe ». La fixation d’objectifs intenables pour les salariés, qu’ils soient ouvriers ou cadres, les livre à eux-mêmes pour ensuite être montrés du doigt lorsqu’ils ne sont pas remplis. Il existe des boîtes qui épinglent la photo, avec du rouge en-dessous, d’un salarié malade alors que celui qui travaille bien a droit à une couleur verte ; c’est d’ailleurs le cas du syndicaliste, absent pendant ses heures de mandat. On fabrique de la compétition entre salariés alors qu’on devrait créer de l’émulation collective. C’est du boulot : on a en face des Macron qui font croire qu’on ne peut s’en sortir que tout seul !

 


Par Cyrille Choupas, pour Ballast


Comment voyez-vous l’émergence de nouvelles formes de lutte, des nouvelles manières de faire de la politique — pensons à Nuit Debout — par des gens qui rejettent « l’ancien monde » des partis et des syndicats ?

 

Comme je le disais, il y a besoin de faire émerger des lieux de discussion ; c’est pourquoi j’ai participé à Nuit Debout. À condition que chacun se respecte et respecte l’objet de l’intervention de celui qui prend la parole, que ce soit une association, un syndicat ou même un parti et sa raison d’être. Il ne faut pas que ce soit un lieu où on explique à celui qui arrive comment il doit faire. Et nous ne sommes pas obligés de nous réunir la nuit pour avoir ce genre d’échanges. Nous revendiquons de pouvoir le faire dans les entreprises. Mais comment y parvenir s’il n’y a plus de temps de pause ? Dans ma boîte, on descend avec son PC pour aller boire un café à la cafétéria — qui est désormais privée. Il y une telle contrainte sur les missions, les objectifs et les projets qu’on travaille même pendant nos pauses café. On devrait pouvoir prendre le temps de débattre et de parler politique dans nos entreprises : arrivé au travail, on a l’impression de ne plus être citoyen, d’être aux ordres. Un syndicat a des adhérents qui décident, une philosophie ; j’ai bien entendu qu’il fallait plus d’horizontalité et moins de verticalité, mais, en réalité, c’est aussi ce que nous défendons.

 

« On devrait pouvoir prendre le temps de débattre et de parler politique dans nos entreprises : arrivé au travail, on a l’impression de ne plus être citoyen, d’être aux ordres. »


On peut tout à fait avoir de l’horizontalité dans une organisation syndicale. Nous disons que ce sont les salariés syndiqués qui sont acteurs et décideurs ; on possède un réseau, un maillage territorial d’entreprises dans lesquelles il faut donner la parole aux syndiqués. Il faut des droits aussi pour ceux qui s’organisent. Les moyens existent, mais uniquement pour les chefs de la CGT pour lesquels le MEDEF et le gouvernement veulent qu’ils aient du temps dans les réunions avec les patrons. Nous voulons une démarche inverse, avec beaucoup de temps pour les délégués et surtout les salariés afin qu’ils puissent se réunir et parler d’un sujet de l’entreprise et régler les problèmes qui montent. Comme je l’avais dit à Nuit Debout, ce n’est jamais la CGT qui décide — au mieux, elle propose —, ce sont toujours les salariés qui prennent les décisions.

 

Faites l’expérience : montez sur un bidon, sur un bureau, où vous voulez, et dites : « C’est la grève générale ! » (rires) Même en 1968, qui devient un mythe, tout s’est décidé dans les entreprises. Personne, d’ailleurs, n’a repris le boulot en même temps après la « victoire ». Par exemple, à Billancourt, chez Renault, ce n’est pas Séguy qui a été sifflé lors de son compte-rendu : ce sont les relevés des accords de Grenelle qui ne nous convenaient pas tout à fait et surtout la direction de Renault qui n’avait toujours pas commencé les négociations. La grève a continué encore un petit moment. Conclusion : ce sont toujours les salariés qui décident ! Des formes d’actions, il y en a des tas. Dans ce monde médiatique dans lequel les journalistes ne rentrent dans une entreprise qu’à l’occasion d’une visite ministérielle ou lors d’un événement organisé par la direction, il faut sortir de sa boîte de temps en temps et manifester. Sinon on ne parle jamais de ceux qui luttent. Mais il y a des tas d’autres formes de mobilisation originales comme celle des salariées islandaises qui gagnent 15 % de moins que les hommes — comme ici, au passage — et décident de travailler 15 % moins longtemps que les hommes. Ce sont des formes d’actions totalement originales décidées par les principales ou les principaux intéressés.

 

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Par Stéphane Burlot, pour Ballast


Face à la rhétorique bien rodée de la « prise d’otage », que pensez-vous de l’idée de mettre en place d’autres modes d’actions qui, à l’image de barrières de péage levées, bénéficient aux usagers et attirent de la sympathie à la lutte ? On sait que les opérations de gratuité sont souvent interdites, mais la grève aussi l’était en son temps…

 

Elle le redevient d’ailleurs ! Je connais plein de salariés licenciés pour fait de grève… Mais oui, ils le font ! On a plusieurs militants ayant participé à des opérations « péages gratuits » qui ont fini convoqués devant le juge, puis condamnés. Aujourd’hui, remettre en cause le capital, c’est-à-dire le pouvoir établi des grands patrons qui gagnent de l’argent sur le dos des autres, est illégal — on ne parle pas des petits patrons de PME ou TPE sous pression des grands groupes. D’où Gattaz qui nous a traités de « terroristes ». Une déclaration grave dans un pays comme la France qui a connu les derniers attentats. Comment ça se passe ? On est d’abord critiqué, puis ringardisé. Les modernes aujourd’hui ? Ce sont ceux qui veulent qu’on retourne deux siècles en arrière. On le voit dans le documentaire La Sociale des images d’archives montrant des patrons qui, en 1936, parlaient déjà du « coût du travail ».

 

« Ça fait cent ans qu’on nous sert le même couplet. Dès qu’on essaie de reprendre le fric qu’ils nous volent, on nous répond qu’on est trop chers. »


Je demande : qui est moderne et qui est ringard ? Ça fait cent ans qu’on nous sert le même couplet. Dès qu’on essaie de reprendre le fric qu’ils nous volent, on nous répond qu’on est trop chers. Aujourd’hui, toute forme de résistance est réprimée — et lourdement réprimée ! Contre les Goodyear qui voulaient uniquement préserver leur usine, la réquisition est de neuf mois de prison ferme ! Dans le contexte actuel, et certainement en raison de quelques pressions politiques, on a une justice qui est en train de dériver. Quant à l’expression « prise d’otage », je la réfute complètement : lorsqu’un patron ne veut pas répondre à une question, tu lui réponds « Tu ne sortiras pas tant que tu ne m’auras pas répondu ». Mais ça, ça arrive aussi dans un couple ou quand des parents interdisent à des enfants de sortir de table tant qu’ils n’ont pas fini leur soupe… Bon et alors, on ne dit pas que c’est une prise d’otage, non ? Toutes les formes de lutte me paraissent bonnes à partir du moment où ce sont les salariés qui les décident.

 

Il y en a pourtant une contre laquelle vous avez pris position : celle de ceux que les médias appellent les « casseurs ». Contrairement à ce qu’affirment les médias et le gouvernement, ce sont souvent des militants politisés. Pourquoi avoir repris cet élément de langage ? Votre désapprobation est-elle purement stratégique ou sont-ils à vos yeux des ennemis du progrès social ?

 

J’ai un avantage, en tant que Secrétaire général de la CGT : je suis toujours en tête de cortège, en première ligne. Et comme ce n’est pas mon style de ne défiler que cinq minutes, j’ai fait environ quatorze manifs’ depuis le printemps ; j’ai pu juger par moi-même de ce qui se passait. Il y a une jeunesse qui ne veut pas se laisser enfermer dans des cortèges régis par la CGT ou autres — tout en étant dans le même temps engagée, souvent, dans un parti, une association ou un syndicat. De tout temps, il y a eu des mobilisations qui ont voulu s’organiser et s’exprimer en dehors des cadres. Dans ces cortèges de tête, je fais la différence entre des personnes en survêtement, capuche et foulard — j’avais aussi un foulard car les lacrymos… ça pique ! —, et ceux qui viennent avec des casques, des armes dans le sac à dos et des blousons en kevlar comme les flics. Dedans, il y en a qui refusent la rigidité du cortège syndical tout en voulant casser le système et d’autres qui dénaturent cette intention pour simplement en découdre, avec un marteau sur l’hôpital Necker. J’ai confiance en une jeunesse dans laquelle les valeurs de solidarité dont je parlais sont très ancrées. Nous n’avons jamais contesté ceux qui veulent défiler devant le carré de tête. Par contre, on a dénoncé comme casseurs, ceux, très organisés, qui viennent habillés normalement puis sont d’un coup casqués et armés. À une manifestation, on a quand même eu quinze blessés par des casseurs dans les rangs de la CGT.

 

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Par Cyrille Choupas, pour Ballast


Dans la logique de ce cortège de tête, il faut s’en prendre aux symboles du capital, c’est-à-dire les concessionnaires, les agences immobilières, les banques, la pub…

 

D’accord, mais l’hôpital Necker correspond à la sécurité sociale, à la solidarité, au développement de la santé. Necker, on l’a collé sur le dos de la CGT qui « casse tout ». Le Premier ministre l’a tout de même dit à l’Assemblée nationale ! Je pense qu’il y a eu des ordres de la préfecture pour qu’il y ait des accidents le 14 juin. Les dockers du Havre se sont fait taper dessus et se sont défendus ; ils sont maintenant convoqués au tribunal. Les symboles du capitalisme ? J’ai des réserves… Il y en a qui exploitent ça pour dénaturer le mouvement ; impossible ensuite de convaincre et de recréer du collectif. Le 1er mai, manifestation traditionnellement familiale, on a vu des familles recevoir des lacrymos. Elles reviendront peut-être une fois sans les gosses, puis plus jamais. Lors de ces mobilisations, on a aussi souffert de cette image violente surexploitée par un certain nombre de médias. Le symbole de Necker comme symbole du capital… Il y a plein de banques au Luxembourg et en Suisse, sinon ! J’ai des heures de vol et j’ai mené des actions dans ma vie : il faut secouer le monde, retenir un patron qui n’a pas répondu à nos questions, secouer des grilles, mais il faut vraiment bien les choisir, ces symboles. Casser les vitres d’un concessionnaire, ce n’est pas s’attaquer au grand capital, ni au patron de cette marque de voiture.

 

Que révèle la tolérance du gouvernement vis-à-vis des manifestations sauvages de policiers, cagoulés et armés, alors qu’il était à ce point intransigeant avec les manifestants contre la loi Travail ?

 

« Il faut secouer le monde, retenir un patron qui n’a pas répondu à nos questions, secouer des grilles, mais il faut vraiment bien les choisir, ces symboles. »


Comme ce sont eux qui manifestent, ils ne peuvent pas être encadrés par la police ! (rires) Plus sérieusement, dans ce climat d’état d’urgence, il y a des tolérances vis-à-vis de policiers cagoulés, voire armés : c’est un jeu politicien sur le symbole de la police, dans un débat public d’affirmation de l’État fort face au risque terroriste. Plaçons la police dans la problématique plus générale des services publics, dont elle fait partie. Quand on supprime 10 000 postes dans la police, comme dans toute organisation, cela a des conséquences sur les conditions de travail, sur le matériel…

 

Même si ce n’est pas la même mission — nous, on considère que la police doit avoir une mission de prévention, de type police de proximité, avant la répression —, on peut comparer cette réduction des effectifs à celle des hôpitaux. La souffrance y est énorme, comme le montrent les mobilisations actuelles. Il faut voir la question de manière plus globale sur l’utilité des services publics dans leur diversité : c’est du lien social, c’est l’égalité des droits des salariés quels que soit la région ou le territoire dans lequel on habite, quels que soient les revenus… On est encore dans une forme de solidarité. Le malaise dans la police, on le retrouve chez tous les agents de la fonction publique avec des conditions de travail dégradées, le fait d’être montré du doigt comme étant supposément des feignants, trop payés, toujours en vacances ou en grève. Il y a évidemment une exploitation politique menée par le Front national, Les républicains et le gouvernement…

 

Quel regard posez-vous sur la transition énergétique et l’opposition qu’il peut y avoir entre les intérêts à court terme, pour les salariés des secteurs de l’énergie fossile ou nucléaire, et l’intérêt général d’ordre écologique ?

 

On l’aborde très tranquillement. On pense en termes de développement humain durable, qui conjugue le développement des salariés et la préservation de la planète. Il faut sortir des schémas réducteurs d’une industrie qui pue et qui pollue. Dans toutes les boîtes, on se bat pour qu’il y ait des investissements pour améliorer les conditions de travail des salariés et la préservation de la Terre. Mais il y a des patrons qui sont capables de te répondre par du chantage en parlant de fermer la boîte et de licencier 5 ou 8 000 salariés. Que leur dit-on, alors ? J’aimerais qu’il y ait autant de mobilisation contre les armes nucléaires que contre le nucléaire civil. À l’ONU, avec d’autres grands pays, la France vient de refuser de signer le processus de désarmement nucléaire ; je n’ai pas entendu beaucoup de commentaires. Il faut remettre toutes les choses à l’endroit. En France, il y a 11 millions de personnes qui sont privées partiellement ou totalement d’accès à l’énergie. En Afrique, c’est encore plus grave. Comment peut-on traiter cette question ? La CGT propose une réflexion sur le mix énergétique, sur la manière de conjuguer plusieurs énergies afin de répondre aux besoins des citoyens, des salariés et de la planète. Ce qui pose notamment des questions sur le recyclage des déchets nucléaires. Mais il y a une hypocrisie généralisée avec un modèle allemand tant vanté : il redéveloppe des centrales à charbon et achète du nucléaire en France.

 


Par Stéphane Burlot, pour Ballast


Le Canton de Genève vient d’attaquer en justice la centrale nucléaire de l’autre côté de la frontière, alors qu’elle lui permet d’acheter de l’énergie à bas prix. Arrêtons l’hypocrisie et débattons sur cette transition énergétique : moyens pour la recherche, investissements sur les nouvelles énergies. Il faut en finir avec une vision court-termiste, tenant de la pure communication. Sur le débat de la taxation des centrales thermiques en France organisé par Ségolène Royal, on s’est battu contre car elles ne produisent que 3 heures par an — soit moins de 2 % de la production énergétique —, et uniquement lors des pics de consommation pour faire le relais. Ces centrales thermiques de Gardanne et de Courtemont produisent une énergie qui coûte en revanche très cher. On revient à cette notion de solidarité : tout le monde doit avoir accès à l’énergie ; lors d’une vague de froid, les chômeurs et les plus pauvres doivent pouvoir se chauffer. On ne veut pas que le débat se limite à l’énergie nucléaire. On peut, par exemple, aborder la question par l’organisation du travail. Macron veut que l’on travaille quand on veut et où on veut. Avant, dans les boîtes, il y avait des horaires fixes avec des bus collectifs payés par les entreprises. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Quand on vous annonce la veille pour le lendemain qu’il faut travailler ce samedi, tout le monde prend sa voiture pour aller travailler. Quand chacun travaille à des horaires différents, c’est la fin du transport collectif. La CGT veut que ces questions soient débattues. J’ai eu l’occasion de parler avec d’éminents représentants du mouvement écologique qui découvrent ces questions-là. Les horaires fixes, les transports collectifs, la mutualisation des moyens entre petites et grandes boîtes avec un seul car électrique peuvent permettre de réduire les émissions de CO2 et les embouteillages. Mais avec nos horaires fixes, on va nous répondre que l’on est passéistes, trop rigides face un monde toujours plus flexible ! J’ai été dans une boîte, vendredi dernier, où on oblige les salariés à vider leurs poubelles au nom de la COP21 : résultat, dix emplois supprimés d’une entreprise sous-traitante. Même si cette question est grave, il faut un débat posé dans le temps long en évitant les effets de communication et de querelles politiciennes.

 

La CGT a publié cette année un guide contre les violences sexistes. A-t-il été conçu suite à des revendications de la base du syndicat ou est-ce une initiative des cadres ?

 

« L’égalité homme-femme est une valeur essentielle de notre syndicat et nous voulons être pionnier dans ce domaine. »


Plusieurs choses ont été faites récemment : un guide de l’égalité, une enquête qui vient de sortir sur l’évolution militante — notamment sur la place des femmes au niveau des postes à responsabilité — et un guide sur le sexisme et les violences faites aux femmes. C’est une démarche de la direction nationale de la CGT. L’égalité homme-femme est une valeur essentielle de notre syndicat et nous voulons être pionnier dans ce domaine. Comment s’assurer que les propositions de ce guide soient respectées, qu’elles aient un effet sur les équipes dirigeantes et au sein du syndicat ? Le collectif égalité femme-homme de la CGT commence à avoir de l’expérience.

 

Lors d’une conférence avec Régis Debray, cette année, vous disiez que la CGT n’est pas machiste mais qu’elle compte trop de machos. Comment expliquez-vous ce décalage entre un souci aiguisé de parité et le fait que des femmes se plaignent de sexisme ?

 

On est la seule organisation syndicale en France qui respecte la parité au sein de la direction de la Confédération. Malheureusement, nous ne sommes pas un vaccin contre des dérives de la société et on a parfois tendance à croire que quand on adhère à la CGT, ça lave de tout. Les militants demeurent influencés par tout ce qui se passe dans la société : mieux vaut donc prévenir que guérir. D’où notre démarche.


Par Cyrille Choupas, pour Ballast


La ministre en charge du droit des femmes a annoncé une campagne contre le sexisme. La CGT a alors fait savoir qu’elle avait un certain nombre de mesures à proposer…

 

La ministre a communiqué sur plusieurs choses. L’égalité, on l’attend toujours. Il y a des lois mais aucune n’est contraignante pour faire respecter l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. Toutes les études sérieuses montrent que l’écart de salaire est d’environ 26 % en France ; les études officielles provenant du patronat minimisent l’écart à 5 ou 6 %. Avec la loi Travail, le gouvernement a tenté de faire un amalgame très malsain entre dérives sexistes et religieuses intégristes. Il y a besoin d’une vraie campagne sur le sexisme et les violences faites aux femmes dans la société, jusque dans les entreprises. Pour le patronat, l’entreprise serait un monde à part, un milieu aseptisé : il préfère des règlements intérieurs plutôt que de faire appliquer des lois de façon identique partout. Pour commencer, faisons appliquer l’égalité professionnelle : mesure de haute portée symbolique pour pouvoir lutter ensuite contre les dérives sexistes.

 

Vous dites qu’associer intégrisme religieux et sexisme est dangereux.

 

Bien sûr, et c’est l’un des problèmes de la loi Travail. Il y a un article qui tourne autour des questions de laïcité et de religion pour mieux les renvoyer à des règlements intérieurs d’entreprise. Comme si, selon l’entreprise où l’on bosse, le problème devait être traité différemment. Le port d’un vêtement de travail est différent selon l’entreprise ; il peut donc être réglé en interne — mais ce n’est pas un règlement intérieur qui peut régler les problèmes essentiels d’ordre sociétaux. Par ailleurs, je refuse l’idée de stigmatiser celui qui ne veut pas serrer la main à une femme. Il y a parfois des raisons de ne pas serrer la main à une femme indépendantes du fait qu’elle soit une femme ; il faut les trouver. Moi, par exemple, il m’est arrivé de ne pas serrer la main à ma cheffe : pas parce que c’était une femme, mais parce que c’était ma cheffe ! Comme j’ai déjà refusé de serrer la main à mon chef quand on s’était engueulés, parce qu’il n’avait pas voulu me donner une augmentation sous prétexte que j’étais délégué syndical. Ça n’a rien à voir avec du sexisme ! Il y a parfois des relations conflictuelles dans le travail liées à la hiérarchie et non au sexe — passer par des règlements intérieurs, c’est la porte ouverte à des sanctions injustes.

 

Toutes les photographies sont de Stéphane Burlot et Cyrille Choupas, pour Ballast.

Publié par  El Diablo

Non à la justice de classe, Vincent MARTINEZ doit être réintégré par AIR FRANCE !

Vincent Martinez

Vincent Martinez

Alors que l’inspection du travail avait refusé le licenciement deVincent Martinez, délégué CGT d'Air France, dans l'affaire dite de "la chemise" ; la ministre du travail Myriam El Khomri vient de valider la procédure de licenciement.

Dans un communiqué laconique, le ministère du travail annonce avoir validé le licenciement de Vincent Martinez, délégué CGT d'Air France accusé d'avoir participé à l'épisode de la "chemise arrachée". Pourtant, l'inspection du Travail avait pris une décision inverse en janvier. Comme dans l’affaire Goodyear, le gouvernement s’acharne sur les militants syndicaux. C’est pour nous totalement inacceptable.

Le communiqué du ministère précise « qu’à l'issue d'une analyse longue et minutieuse des faits survenus le 5 octobre 2015 en marge du comité central d'entreprise du groupe Air France, et sur la base des éléments portés au dossier, il ressort que la faute reprochée est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié protégé ». Là encore cette affirmation vient contredire les témoignages de plusieurs journalistes qui avaient enquêté et montré la fragilité des accusations de la DRH à l’ encontre de Vincent Martinez. Poussant dans le même sens, l’inspection du travail avait pour sa part estimé « qu’il était impossible de déterminer avec certitude" s'il  le DRH bouscule des salariés volontairement, ou s'il est lui-même chahuté".

Cette décision, est en réalité purement politique.  Elle s’inscrit dans la lignée de la politique antisociale, et de répression syndicale, menée par F.Hollande, Manuel Valls et l’ensemble du gouvernement socialiste depuis le début du quinquennat. Mise en grosse difficulté sur la bataille de la loi travail, la ministre du travail Myriam El Khomri, tente ici de prendre une revanche sur les salariés qui refusent de voir le droit du travail complètement détruit afin de répondre aux injonctions d’un patronat toujours plus réactionnaire.

Dans la même semaine, SFR annonce la suppression de 5000 emplois dans la plus grande indifférence gouvernementale ; le gouvernement, lui, préférant s’acharner sur les syndicalistes plutôt que de demander des comptes au patronat sur l’utilisation du CICE.

Nous sommes ici face à une décision qui s’apparente ni plus ni moins à de la justice de classe.

La peur, ou les menaces, ne nous ferons pas reculer ! Jamais !

Mobilisons-nous massivement en signant cette pétition pour exiger la réintégration immédiate de Vincent Martinez, délégué CGT d'Air France.

Car aujourd’hui c’est lui, demain cela peut être n’importe qui d’entre nous !

Pourquoi avoir lancé cette pétition ? Car en tant que syndicaliste je suis totalement scandalisé par l’acharnement dont sont victimes toutes celles et ceux qui se battent quotidiennement pour préserver le droit du travail, assurer des emplois stables et de qualité et protéger les salariés face au pouvoir démesuré des grandes entreprises.  On nous parle très souvent de violence, notamment dans le cas de l’épisode des chemises déchirées chez AirFrance. En l’occurrence nous sommes ici face un vrai cas de violence ; une violence sociale et humaine.

Cette situation de « chasse aux sorcières » est d’autant plus dramatique qu’elle est réalisée sous un gouvernement dit de gauche. Un gouvernement qui n’hésite pas à aller à l’encontre des jugements de l’inspection du travail pour satisfaire l‘intérêt du patronat.

Cette pétition doit aussi montrer que dans toutes les épreuves, nous sommes toujours aussi solidaires et unis. Nous sommes les plus nombreux et les menaces, où les sanctions injustifiées, ne nous ferons pas baisser la garde.

Déjà 79 626 soutiens à ce jour

LIEN CI-DESSOUS POUR SIGNER LA PETITION:

Air France: Non à la justice de classe, Vincent Martinez doit être réintégré par Air France !

 

Publié par  El Diablo

La Confédération Européenne des Syndicats (CES) au service de l’Europe capitaliste

La Confédération Européenne des Syndicats (CES)  au service de l’Europe capitaliste

Dans les documents de la CGT, l’affiliation à la CES est simplement notée en l'absence de toute évaluation critique sur l'orientation et l'action de cette organisation. La CES mérite pourtant que l'on porte une appréciation sur son rôle concret. La CES est-elle une organisation syndicale au service de la défense des travailleurs en Europe ou n'est-elle qu'un outil d'intégration du mouvement ouvrier dans l'ensemble impérialiste que constitue l'Union Européenne? C'est de la réponse à cette question, à partir des faits, qu'il convient de juger de la place de la CGT dans cette organisation.
 
Le sommet social tripartite européen du 19 octobre fournit des éléments d'appréciations. Rappelons que ce sommet social est un lieu de dialogue entre les institutions de l'Union Européenne et des organisations patronales et de la CES. Il est présidé par le Président du conseil européen, le Président de la commission européenne et le chef de l’État membre de l'UE qui préside l'UE. Les organisations patronales sont : Business Europe qui représente les entreprises privées et à laquelle adhère le MEDEF, le Centre Européen des Entreprises à participation publique et l'Union européenne de l'artisanat et des PME. A ce sommet sont intervenus D. Tusk le Président du Conseil Européen et J.C. Junker Président de la Commission Européenne. Le thème de la réunion : « Relever les défis communs de l'Europe : engendrer la croissance, créer des emplois et assurer l'équité » a donné lieu à une déclaration commune entre la CES et les organisations patronales qui sont allées main dans la main à cette réunion. Que dit cette déclaration baptisées : «  Déclaration des partenaires sociaux européens » ?
 

Après avoir fait le constat d'une situation difficile pour la croissance et l'emploi et regretté le Brexit, elle renouvelle son accord de fond avec ce qui fait le fondement capitaliste de l'UE : « respecter les quatre libertés qui lui sont liées : libre circulation des biens, des services, du capital et des personnes » !, plus loin elle marque son accord avec le plan Junker pour l'investissement qui n'est autre qu'un financement public des grandes monopoles capitalistes européens.
 
Ainsi, la CES en approuvant une telle déclaration commune avec le patronat qui en France et ailleurs en Europe licencie à tour de bras et détruit les conquêtes sociales donne quitus à ce dernier pour son action. Elle se place sans appel du côté des intérêts de classe du patronat et tourne le dos aux intérêts de classe des salariés.
 
La CES est un partenaire au service exclusif des monopoles capitalistes. La CES n'est pas une organisation syndicale, elle est un outil de collaboration de classe. Elle n'a pas dit un mot pour soutenir les travailleurs français en lutte contre la loi travail, ni pour soutenir les syndicalistes victimes de la répression. Le plus clair de son activité consiste à convaincre les travailleurs des bienfaits de l'Europe et elle est en fait un appendice de la commission européenne chargé d'intégrer les travailleurs dans la stratégie du patronat. Les syndicats comme la CFDT, sont à l'aise dans la CES, la collaboration de classe elles connaissent, elles la pratiquent tous les jours contre les salariés, mais la CGT elle n'a rien à faire dans la CES. Elle doit organiser ses relations en Europe et dans le Monde sur la base des convergences de luttes entre les travailleurs contre leur ennemi commun le capitalisme.


SOURCE:

Communiqué du Parti Révolutionnaire COMMUNISTES de Loire Atlantique

 

http://www.sitecommunistes.org/ch484ces.htm

05 décembre 2016

Michel Etiévent, Ambroise Croizat et la Sécurité Sociale

 

« Et pourtant c’est lui, lui le bâtisseur de ce beau conquis social de janvier 1946 à juillet 1946 alors qu’il est ministre du travail et de la Sécurité Sociale ( de novembre 1945 à mai 1947) , On vous parlera encore d’une création de De Gaulle… oui mais, voilà,  De Gaulle avait déjà démissionné ( 15 janvier 1946) lorsque Croizat, après avoir conçu les lois ( de création de la sécu ( mai, juin 1946) ) , mit en place les 138 caisses avec la CGT et le peuple de France. (Malgré l’opposition violente de la droite, des assurances privées, des médecins, des patrons, des notables mutualistes, de la CFTC.). De plus De Gaulle sera le premier à la casser en octobre 1967 avec les ordonnances Jeanneney qui suppriment les élections démocratiques des caisses, divisent la sécu en trois branches et établissent le paritarisme qui donne la gestion aux patrons... »

Reprenons le texte de Michel Etiévent...

Michel Peyret


HONNEUR AU VRAI CREATEUR DE LA SECU, le métallo communiste devenu ministre, AMBROISE CROIZAT !

 

Nous publions l’utile mise au point de Michel Etiévent, auteur du livre « Ambroise Croizat ou l’invention sociale ». Halte au révisionnisme anticommuniste, honneur aux grands ministres communistes de la Libération, les Thorez (statut du mineur, statut du fonctionnaire), Croizat (Sécurité sociale, retraites par répartition, Code du travail, comités d’entreprise, conventions collectives nationales…), Marcel Paul (nationalisations industrielles, notamment, EDF), Henri Wallon (relance de l’école publique), sans oublier Laurent Casanova ou Frédéric Joliot-Curie, le reconstructeur de la Recherche publique.

70 eme anniversaire de la sécurité sociale : RETABLISSONS LA VERITE HISTORIQUE

sécurité-sociale sécu                  

Prenons les devants…. Lors de l’hommage national du 70ème anniversaire de la sécu ( si jamais il est rendu!!!!!…), attendez vous encore et ceci malgré l’énorme travail fait pour rétablir l’histoire, à ce qu’ils disent que la sécu a été fondée par Pierre Laroque. ( Ainsi qu’il est  dit souvent…). Ce qui est curieux c’est que lorsque l’on évoque une loi, on lui donne toujours généralement le nom du ministre qui l’a promulguée et non du fonctionnaire qui a participé à sa mise en place: Ainsi dit-on :Loi Macron, Loi Juppé ou Loi Weil par exemple. Et bien non, là on vous dira loi Laroque qui n’était que le fonctionnaire de Croizat ( directeur de la sécu). Ben, tiens, on ne va pas donner à une institution enviée dans le monde entier et que socialistes, patrons et droite s’évertuent à casser, le nom d’un ministre communiste.

 

croizat invention_sociale                   
Et pourtant c’est lui, lui le bâtisseur de ce beau conquis social de janvier 1946 à juillet 1946 alors qu’il est ministre du travail et de la Sécurité Sociale ( de novembre 1945 à mai 1947) , On vous parlera encore d’une création de De Gaulle… oui mais, voilà,  De Gaulle avait déjà démissionné ( 15 janvier 1946) lorsque Croizat, après avoir conçu les lois ( de création de la sécu ( mai, juin 1946) ) , mit en place les 138 caisses avec la CGT et le peuple de France. (Malgré l’opposition violente de la droite, des assurances privées, des médecins, des patrons, des notables mutualistes, de la CFTC.)

 

De plus De Gaulle sera le premier à la casser en octobre 1967 avec les ordonnances Jeanneney qui suppriment les élections démocratiques des caisses, divisent la sécu en trois branches et établissent le paritarisme qui donne la gestion aux patrons.

Juste une petite vérité a rétablir: Pierre Laroque n’est que le commis d’écriture qui mit en forme l’ordonnance portant création de la sécu du 4 octobre 1945. Cette ordonnance est une émanation directe du CNR et de la réflexion et conception collective menée sous la maîtrise d’oeuvre de Croizat dès sa nomination comme président de la Commission du Travail à l’assemblée consultative ( juin 1943) du Gouvernement provisoire à Alger. Et ceci en lien très actif avec les services du ministère de la Santé dirigé par François Billoux, autre ministre communiste, jamais évoqué lorsque l’on parle de la sécurité sociale.

Pierre Laroque ne prendra d’ailleurs ses fonctions qu’en septembre 1944. C’est sûr qu’il est difficile d’admettre la réalité de l’Histoire et surtout l’actualité brûlante et la modernité d’un homme comme Ambroise Croizat à l’heure où droite, patronat  et socialistes veulent privatiser ce bien national qu’est notre belle sécurité sociale.

Le meilleur hommage que nous pouvons rendre à Ambroise Croizat et pour ce 70eme anniversaire est de nous battre sans cesse partout pour que la securité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais qu’elle reste ce que Croizat et le peuple de France qui l’ont bâtie ont voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarités, un rempart au rejet, à la  souffrance et à l’exclusion

Amities à tous

MICHEL ETIEVENT

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Posté par Michel Peyret
05 décembre 2016
Pierre Volovitch, Assurance maladie, la force du dispositif

 

« Au moment où cet article est écrit, indique Pierre Volovitch, je ne connais pas la forme précise que prendra la politique de ce gouvernement, et mon hypothèse est qu'eux non plus ne la connaissent pas. L'Assurance maladie, dans le cadre de la Sécurité sociale, c'est, en principe, un financement basé sur le revenu des personnes protégées et des droits ouverts en fonction des besoins. La force de ce dispositif, c'est la séparation qu'il instaure entre le coût de « l'assurance » et les besoins de soins de l'individu. La mise en place de « franchises », comme l'éventuelle mise en place d'un « bouclier sanitaire » dénaturent profondément ce principe de financement... »

Reprenons la démonstration de Pierre Volovitch...

Michel Peyret


« Franchises » et « bouclier » : des mesures injustes et inefficaces.

Pierre Volovitch, Economiste

Pendant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait annoncé la mise en place de « franchises ». Après les élections, Martin Hirsch, nouveau secrétaire d'Etat aux solidarités, a critiqué cette idée et a produit une note prônant la mise en place d'un « bouclier sanitaire ». Le même Nicolas Sarkozy a annoncé au cours de l'été la mise en place de « franchises » destinées à financer des plans de lutte contre la maladie d'Alzheimer, et contre le cancer. Au moment où cet article est écrit, je ne connais pas la forme précise que prendra la politique de ce gouvernement, et mon hypothèse est qu'eux non plus ne la connaissent pas. L'Assurance maladie, dans le cadre de la Sécurité sociale, c'est, en principe, un financement basé sur le revenu des personnes protégées et des droits ouverts en fonction des besoins. La force de ce dispositif, c'est la séparation qu'il instaure entre le coût de « l'assurance » et les besoins de soins de l'individu1. La mise en place de « franchises », comme l'éventuelle mise en place d'un « bouclier sanitaire »2 dénaturent profondément ce principe de financement.

Pourquoi les franchises seront inefficaces

Les « franchises » viendront s'ajouter aux « tickets modérateurs », « forfaits hospitaliers » et autres « restes à charge ». Dans tous les cas, c'est le malade qui paye, et qui paye d'autant plus qu'il est plus malade. On a réintroduit le lien entre besoins de soins et charge financière. Il s'agit donc d'une mesure injuste socialement.

Pour défendre cette mesure, ses promoteurs prétendent qu'il s'agit d'un moyen d'agir sur l'évolution des dépenses de santé.

Cette idée est fausse pour au moins trois raisons.

Les pays qui maîtrisent le mieux leurs dépenses de santé sont les pays qui les « socialisent » le plusPlus la part des dépenses publiques dans les dépenses de santé est forte et plus la dépense totale est faible. Au Danemark, en Suède, en Grande-Bretagne, là où la part des dépenses publiques dans les dépenses de santé est supérieure à 80 %, la part des dépenses totales de santé dans le PIB est proche de 8 %. Aux Etats-Unis où la part des dépenses publiques dans les dépenses de santé est à peine supérieure à 40 %, la part des dépenses totales de santé dans le PIB est proche de 15 %. Dis autrement, quand la part des dépenses qui reste à la charge des ménages est importante, les dépenses totales de santé peuvent être importantes. En matière de dépenses de santé, la meilleure façon de maîtriser les dépenses c'est d'être solidaires. La réalité, c'est que les procédures de ticket modérateur, de forfait hospitalier, de franchise... ne visent pas à maîtriser les dépenses de santé dans leur ensemble, mais de maîtriser les seules dépenses d'assurance maladie.

Les dépenses de santé sont très fortement concentrées sur un très petit nombre de patients. Une année donnée, la moitié de la population est à l'origine de 5 % des dépenses tandis que les 5 % des personnes qui consomment les plus sont à l'origine de la moitié des dépenses. Si l'on élargit aux 10 % des personnes qu consomment le plus, on arrive à plus des deux-tiers de la consommation de soins. Qu'est-ce que cela veut dire par rapport à la « franchise » ? La « franchise » limite la consommation des petits consommateurs de soins (c'est à quoi elle sert dans le domaine de l'assurance automobile où elle fonctionne actuellement). Elle ne peut en aucun cas agir sur la consommation des personnes gravement malades. Résultat, elle s'attaque donc aux dépenses de santé là où elles sont peu importantes. On vise totalement à coté de la cible. La question des dépenses de santé est une question d'organisation du système de soins, pas une question de « responsabilisation du patient ».

En limitant l'accès aux soins primaires la franchise va renforcer les inégalités (ce qui nous importe au premier chef) et augmenter la dépense(ce qui est paraît-il l'inquiétude de ceux qui parlent de mettre en place une franchise). Si les personnes hésitent, ou renoncent, du fait de la franchise, à avoir recours aux soins primaires, il y a un risque que la pathologie dont elles souffrent s'aggrave. Elles auront recours aux soins plus tard. Il faudra avoir recours à des soins plus onéreux (la pathologie s'étant aggravée) et pour un résultat sanitaire moins bon. On connaît déjà ce phénomène. Les catégories modestes utilisent moins la médecine de ville (les dépenses de médecine ambulatoire des cadres sont supérieures de 16 % à celle des ouvriers). Ce moindre recours à la médecine ambulatoire conduit à un recours plus important à la médecine hospitalière (les dépenses de médecine hospitalière des ouvriers sont supérieures de 13 % à celle des cadres). Le résultat final étant (pathologies plus graves prises en charge plus tard) une dépense totale plus importante. Pour une consommation moyenne de 100, la consommation moyenne des cadres est de 91, celle des ouvriers non qualifiés de 118. En retardant l'accès aux soins on ne fait aucune économie, au contraire on augmente les dépenses, tout en dégradant encore les inégalités sociales face à la santé.

Un « bouclier » pour aller vers une Assurance maladie sous conditions de ressources ?

A peine nommé, le nouveau Secrétaire d'Etat aux solidarités actives s'est ému de la mise ne place de « franchises » qui allait rendre l'accès aux soins plus difficile pour les plus pauvres. Il a remis une note proposant que la franchise soit plafonnée en fonction du revenu des personnes. Dans la foulée, il a proposé que le système de prise en charge à 100 % des maladies de longue durée (ALD) soit supprimé. Si ce type de mesure était mis en place, on irait clairement vers une mise sous conditions de ressources de l'Assurance maladie.

D'un système sous conditions de ressources à un système dual.

Le bouclier sanitaire remet en cause le principe de l'Assurance maladie solidaire où les assurés à état de santé égal sont pris en charge de la même manière, la solidarité s'exprimant en amont au niveau des cotisations.

Avec le système de « bouclier sanitaire », à revenu égal, les plus malades paieront plus de leur poche, puisque chaque année, la totalité du montant du « bouclier » restera à leur charge. Et comme les plus malades sont les plus vieux, on rentre dans un système où à revenu égal, les plus jeunes ne payent plus ou payent moins (car très peu malades) pour les plus vieux.

Malheur aux vieux !3

Avec le système de « bouclier sanitaire » ont met l'Assurance maladie sous condition de ressource. A état de santé égal, plus les assurés auront des revenus élevés, plus ils mettront de temps à atteindre le plafond du «bouclier » et donc à être pris en charge. Ceci pourrait sembler sur le papier plus juste, car permettant une couverture plus favorable aux plus pauvres (en notant toutefois que 2 ou 5 % d'un revenu faible est en réalité une charge plus lourde que 2 ou 5 % d'un revenu élevé).

Mais dans les faits, les plus riches, pour continuer à être pris en charge tout de suite, se tourneront encore plus vers les systèmes d'assurances complémentaires et à terme, ils remettront en question leur participation au système public d'Assurance maladie. Bien sûr, l'importance des changements qu'introduiront ces mesures dépend du montant de la franchise.

La question du niveau des franchises est donc centrale. Si elles sont faibles, les impacts négatifs seront limités, mais elles seront alors incapables de répondre à la question posée, celle du financement. Aux dernières nouvelles, le déficit de l'Assurance maladie est de 6 milliards. Compte tenu que les non-consommateurs et les très faibles consommateurs ne financeront rien (ils n'auront pas de franchise à supporter, ou des très faibles franchises), il faudrait des franchises - qui s'ajouteraient au ticket modérateur, au forfait hospitalier... -autour de 250 € par personnes. Si vous exonérez les plus pauvres, ça fait monter à 300 ou 350 € pour les autres (tout dépend du niveau où vous faites passer la pauvreté...). Les systèmes sous conditions de ressources produisent de la dualité.

Quid des complémentaires ? Dans sa note sur le « bouclier », Martin Hirsch explique sans rire qu'une franchise proportionnelle au revenu, cela veut dire qu'elles devront moduler leur tarif en fonction des revenus - faire payer plus les plus riches. On peut lui signaler que les complémentaires ne sont pas idiotes et qu'elles vont faire payer plus ceux qui auront les plus grosses franchises non pas potentiellement (les plus riches), mais réellement (les plus malades) et que donc la prise en charge des franchises par les complémentaires seront un puissant incitatif à augmenter les tarifs pour ceux qui risquent le plus d'être malades, à savoir les vieux. Ça se fait déjà, ça devrait se faire encore plus.

Ça commence où la pauvreté ?

Le raisonnement sur le « bouclier » parle de plafonnement des franchises en fonction du revenu des personnes. C'est joli en théorie, mais en pratique ?

Pour le moment les caisses françaises n’ont pas les moyens de réaliser ce plafonnement en fonction du revenu. Tant qu'on ne me dira pas comment on réalise cette opération, avec quelle modification de la chaîne informatique des caisses, et à quel coût il manquera un élément au raisonnement.

Si, comme je le pense, on ne peut mettre en place un système qui prenne en compte les revenus de toute la population, on a toujours la solution, sur le modèle CMU, de définir un revenu en dessous duquel il y aura plafonnement, et au-dessus duquel on n'aura pas ce plafonnement. C'est plus facile à gérer par les caisses qu'une proportionnalité en continue sur l'ensemble des revenus. Mais si on met en place ce plafonnement au-dessous d'un seuil qui n'existe plus, au-dessus du seuil on recrée les mêmes problèmes qu'avec la CMU. Injustice pour ceux qui sont juste au-dessus du seuil, création d'une « population » stigmatisable pour ceux qui sont en dessous du seuil Petit détail qui n'en est pas un. Dans cette nouvelle société dans laquelle les heures sup sont exonérées d'impôts et de cotisations sociales, le revenu sur lequel est calculé le « bouclier social », c'est le revenu réellement perçu par le ménage ou le revenu sans heures sup ? Et bonjour la gestion de ce genre d'usine à gaz.... - on calcule le « bouclier » sur le revenu de l'année dernière ? Et si la situation a changé depuis l'année dernière, chômage par exemple...

Faire payer les malades pour financer la maladie

Nos gouvernants savent-il où ils vont ? Devant l'émotion soulevée par le projet de « franchises », Nicolas Sarkozy a annoncé qu'elles serviraient à financer le plan contre la lutte de la maladie d'Alzheimer et à financer le plan cancer. Et là, ça devient formidable. Ce sont les plus malades, et donc en gros les plus vieux, qui sont appelés, en voyant diminuer la prise en charge sociale de leurs soins, à financer d'autres soins. Avec un peu de chance, un malade d'Alzheimer peut avoir une autre maladie. C'est la diminution de la prise en charge de ses problèmes respiratoires ou urinaires qui va financer la prise en charge de son Alzheimer !

Tout le monde connaît l'histoire. Un type recherche sa montre sous un réverbère. Un autre type lui pose la question : « C'est là que vous l'avez perdue ? ». Et le premier répond : « Non, mais ici il y a de la lumière ». Si elle est bien racontée cette histoire peut faire rire. Nous avons un problème de progression des dépenses de soin. Tous les diagnostics sérieux expliquent que l'enjeu est celui d'une autre organisation du système de soins. Peut-être même d'une vraie prise en charge de la santé, et non d'une prise en charge des seuls soins. Ce qui suppose de s'intéresser aux conditions de la santé : travail, logement, alimentation... Mais penser une autre organisation du système de soins, c'est un peu obscur pour ceux qui nous dirigent. Alors que faire payer plus, ils savent le faire (ou croient le savoir). Alors ils vont sous le réverbère (mise en place de franchises), là où ils croient avoir de la lumière, plutôt que d'aller vers ce qu'ils connaissent moins.

L'Assurance maladie dans le cadre de la Sécurité sociale n'est donc PAS un système d'assurance, mais un système de solidarité. Mais ce n'est pas ici qu'on pourra modifier un usage des mots fortement ancré dans l'usage social.

Ici aussi les mots sont trompeurs. Le « bouclier » que propose Martin Hirsch n'a évidemment rien de« sanitaire ». Au mieux, il limitera des dépenses. C'est donc un « bouclier financier », « économique », « social » au mieux si on veut insister sur le fait qu'il est censé protégé les personnes à bas revenus, mais il n'est en aucun cas « sanitaire ».

3 Quand on sait que ce sont plutôt les vieux qui ont voté pour Sarkozy, on se dit qu'il y a une justice !

Posté par Michel Peyret

Publié par El Diablo

Gilles Perret à François Fillon : "Quel serait, avec vous, l'avenir de la Sécu?"

Gilles Perret à François Fillon : "Quel serait, avec vous, l'avenir de la Sécu?"

"Quel serait, avec vous, l'avenir de la Sécu?"

Paris, 28 novembre 2016

Monsieur Fillon,

Sans vouloir vous manquer de respect et compte tenu de votre grande connaissance de l'histoire de notre pays, ainsi que du glorieux héritage du Conseil National de la Résistance, nous nous permettons de vous faire parvenir notre contribution au roman de notre république. Veuillez trouver ci-joint le DVD du film documentaire La Sociale, réalisé par Gilles Perret, actuellement au cinéma.

La Sécurité Sociale fut portée sur les fonts baptismaux par une coalition de résistants gaullistes, chrétiens, socialistes et communistes.

Soixante-dix ans après sa création, elle reste un ferment de notre unité nationale. Nous avons noté que vous souhaitiez "désétatiser", c'est à dire remettre au privé, cette institution qui protège chaque Française et chaque Français, de la naissance à la mort, de manière équitable, efficace et peu onéreuse.

En faisant ce choix, vous n'êtes pas sans savoir que vous allez créer de l'inégalité, de la misère et que vous diminuerez l'espérance de vie de la population.

Lorsque vous aurez visionné le film, nous vous demandons de préciser la politique exacte de santé que vous mettriez en œuvre si vous deveniez président de la République.  Quel serait, avec vous, l'avenir de la Sécu? 

Salutations républicaines.

Gilles Perret, réalisateur, et Jean Bigot, producteur de « La Sociale ».

Gilles Perret

Gilles Perret

Le 9 novembre dernier, sortait sur les écrans français le nouveau documentaire de Gilles Perret, La Sociale qui retrace l'étonnante histoire de la Sécu en rendant justice à ses héros oubliés, mais aussi une utopie toujours en marche, et dont bénéficient 65 millions de Français. Pour son réalisateur, "tout l'enjeu était de réussir à raconter cette belle histoire sans noyer le film dans la masse d'informations que le sujet soulevait". Il fallait donc "trouver, pour l'incarner, des personnages forts, capables d'insuffler de l'émotion, du rire, et de faire passer leur colère et leur combattivité".

Au terme d'une oeuvre comptant déjà 12 documentaires avec pour point commun ce regard singulier sur la réalité du monde économique, politique et social (Ma MondialisationLes Jours heureux), ce réalisateur installé sur les hauteurs des Alpes ne pouvait rester muet face aux inquiétudes que suscite le programme de réforme de la sécurité socialedu candidat de la droite, François Fillon. Voici la lettre que son producteur et lui-même lui ont adressée ce lundi 28 novembre 2016, au lendemain de sa victoire au second tour de la primaire de la droite pour 2017.

Publié par El Diablo

Affaire AIR FRANCE : La CGT dénonce sans réserve la décision inique du Tribunal de Bobigny

photo d'illustration (source: humanite.fr)

photo d'illustration (source: humanite.fr)

Communiqué commun de la Confédération CGT,

de la Fédération CGT Transports

et du Syndicat CGT Air France

Le jugement concernant les salariés d’Air France vient de tomber. 3 camarades viennent d’être condamnés à des peines allant de 3 à 4 mois de prison avec sursis et des amendes concernant les accusations de violence.

Un camarade a été partiellement relaxé, l’autre totalement. Des amendes ont également été infligées à 11 autres camarades concernant des accusations de dégradations.

Dans le même dossier et alors même que l’inspection du travail avait invalidé le licenciement de Vincent Martinez, représentant du personnel, c’est la Ministre du travail elle-même qui a entériné son licenciement démontrant le caractère politique du dossier.

Le seul objectif est de faire baisser la tête aux salariés, pour les empêcher de défendre leur travail, en résistant aux mauvais coups des directions d’entreprise.
Le message envoyé est clair : liberté d’action pour les actionnaires pour détruire l’emploi et nourrir la finance ! La violence est bien dans ce camp-là.
Nul doute que les salariés ne se laisseront pas intimider.

La CGT continuera de porter ses propositions pour préserver l’emploi et en créer de nouveaux. Nous revendiquons notamment des droits nouveaux pour les salariés, afin qu’ils puissent intervenir directement sur les stratégies des entreprises.

La CGT sera toujours au cœur de la lutte pour les droits et libertés de tous les salariés. Dans cet objectif, la CGT se réserve tous droits d’attaquer cette décision de justice inique et politique.

Montreuil, le 30 novembre 2016

SOURCE:

La CGT dénonce sans réserve la décision inique du Tribunal de Bobigny

 

http://www.cgt.fr/Communique-commun-de-la.html

Niés par le patronat, par ses gouvernements qui empilent lois et vexations pour culpabiliser les chômeurs et diviser les travailleurs.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par  El Diablo

AIRBUS: Les profits décollent, mais les emplois s'écrasent

photo d'illustration (source: talkativeman.com)

photo d'illustration (source: talkativeman.com)

Airbus : 1.164 postes supprimés malgré des bénéfices records

Plus de 1.000 postes s'apprêtent à être supprimés chez Airbus dans le cadre de la réorganisation du groupe, a confirmé ce mardi l'avionneur, qui a pourtant enregistré en 2015 un bénéfice net de plus de 2 milliards d'euros...

La direction d’Airbus a tranché. Quelque 1.164 postes seront supprimés en Europe dans le cadre de la restructuration du groupe, a confirmé l’avionneur au cours d’un comité européen qui s’est tenu ce mardi 29 novembre à Blagnac, dans la banlieue de Toulouse. Un plan social qui fait d’ores et déjà craindre des licenciements secs, bien qu’officiellement les négociations ne débutent qu'en janvier 2017 (...)

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

Air france et répression socialiste des luttes sociales

 

Publié le 30 Novembre 2016

Communiqué de la CGT

 

Air france et répression socialiste des luttes sociales

Affaire Air France

La CGT dénonce sans réserve la décision inique du Tribunal de Bobigny

 

mercredi 30 novembre 2016

Communiqué commun de la Confédération CGT, de la Fédération CGT Transports et du Syndicat CGT Air France

 

Le jugement concernant les salariés d’Air France vient de tomber. 3 camarades viennent d’être condamnés à des peines allant de 3 à 4 mois de prison avec sursis et des amendes concernant les accusations de violence.

 

Un camarade a été partiellement relaxé, l’autre totalement. Des amendes ont également été infligées à 11 autres camarades concernant des accusations de dégradations.

 

Dans le même dossier et alors même que l’inspection du travail avait invalidé le licenciement de Vincent Martinez, représentant du personnel, c’est la Ministre du travail elle-même qui a entériné son licenciement démontrant le caractère politique du dossier.

 

Le seul objectif est de faire baisser la tête aux salariés, pour les empêcher de défendre leur travail, en résistant aux mauvais coups des directions d’entreprise.


Le message envoyé est clair : liberté d’action pour les actionnaires pour détruire l’emploi et nourrir la finance ! La violence est bien dans ce camp-là.


Nul doute que les salariés ne se laisseront pas intimider.

 

La CGT continuera de porter ses propositions pour préserver l’emploi et en créer de nouveaux. Nous revendiquons notamment des droits nouveaux pour les salariés, afin qu’ils puissent intervenir directement sur les stratégies des entreprises.

 

La CGT sera toujours au cœur de la lutte pour les droits et libertés de tous les salariés. Dans cet objectif, la CGT se réserve tous droits d’attaquer cette décision de justice inique et politique.

 

Montreuil, le 30 novembre 2016

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Paris, la Maternité des Bluets est en danger: Rassemblement le 24 novembre 2016 à 14h

Paris, la Maternité des Bluets est en danger: Rassemblement le 24 novembre 2016 à 14h
Paris, la Maternité des Bluets est en danger: Rassemblement le 24 novembre 2016 à 14h

Pris sur Commun Commune, en lien son blog

Et l'un de mes articles à ce sujet:

Quand la magistrature se plie aux injonctions patronales

 

Publié le 17 Novembre 2016

Et une saloperie de plus à accrocher

aux basques

des auxiliaires politico judiciaires

du patronat.

 

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Affaire TEFAL

La CGT indignée par la condamnation de Laura Pfeiffer

 

mercredi 16 novembre 2016

Ce mercredi 16 novembre, l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer et le salarié lanceur d’alerte ont vu leur condamnation de première instance confirmée en tous points par la Cour d’appel de Chambéry. Ils avaient été condamnés à 3500 euros d’amende avec sursis, notamment pour violation du secret professionnel et recel de documents volés.

La CGT s’indigne de ce jugement inacceptable à l’encontre d’un salarié lanceur d’alerte et d’une inspectrice du travail qui est condamnée pour avoir fait son travail et dénoncé les pratiques de la multinationale visant à l’écarter de son poste, avec le relais de sa hiérarchie.

Cette condamnation, renforcée par la décision récente du parquet d’Annecy de classer sans suite les plaintes de Laura Pfeiffer contre sa hiérarchie et contre l’entreprise Tefal pour obstacle à ses fonctions, illustre une justice de classe. Il y a bien deux poids et deux mesures et la justice se rend complice des stratégies des entreprises pour échapper à leurs obligations.

La ministre du Travail elle-même se fait le relais des exigences du patronat. La loi El Khomri a introduit un « amendement Tefal » prévoyant un code de déontologie de l’inspection du Travail qui fixera « les règles » que doivent respecter les agents de l’inspection. C’est tout un arsenal disciplinaire destiné à museler encore plus l’inspection du travail. Cette condamnation s’inscrit dans un contexte plus large de criminalisation des mouvements sociaux et de répression des mobilisations.

La CGT soutient les exigences de l’intersyndicale des inspecteurs du travail envers la ministre du travail Myriam El Khomri.

De plus, les sanctions prononcées contre Laura Pfeiffer constituent une violation manifeste de la convention 81 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui garantit l’indépendance de la mission de l’inspection du Travail. Fin août 2016, la CGT a saisi l’OIT.

La CGT réaffirme son engagement avec les militants et les salariés qui se battent contre la casse des acquis sociaux et pour leurs revendications.

La CGT réaffirme son soutien sans faille à tous les militants et salariés victimes des répressions du patronat et du gouvernement.

Montreuil, le 16 novembre 2016

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Service Public et SNCF

 

Publié le 14 Novembre 2016

Missions, moyens,

emplois, entretien

financements,

gestion, contrôle

Au coeur des enjeux démocratiques.

Service Public et SNCF
Service Public et SNCF
Service Public et SNCF

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par  El Diablo

Vers des COUPURES DE L’ÉLECTRICITÉ cet HIVER ? [La CGT]

Vers des COUPURES DE L’ÉLECTRICITÉ cet HIVER ? [La CGT]

Le 8 novembre 2016 :

PASSERA-T-ON L'HIVER ?

Le 20 octobre 2016, la FNME (Fédération Nationale Mines Énergie) CGT a fourni par communiqué une analyse précise sur la situation énergétique du pays.

Les politiques de démantèlement du secteur énergétique, engagées depuis la fin des années 90, conduisent à une désorganisation qui risque de mettre en péril notre capacité de produire l'électricité nécessaire pour répondre aux besoins du pays.

La FNME CGT alerte depuis longtemps sur les conséquences de ces politiques en France et en Europe... Compter sur les pays voisins se justifie en termes de coopérations et de complémentarité mais non en substitution comme cela est envisagé aujourd'hui.

En cela, la FNME s'était adressée, le 16 juillet 2015, à l'OPESCT (Office Parlementaire d'Évaluation des choix Scientifiques et Technologiques) pour demander une étude parlementaire concernant les moyens de production et de réseau nécessaires à la sécurité d'approvisionnement du pays

Pour exemple, alors que la France produit un des kWh les moins chers et les moins polluants d'Europe, elle a acheté, hier, à ses voisins Suisse et Allemand de l'électricité beaucoup plus émettrice de gaz à effet de serre à… 900 euros le MWh.

Aujourd'hui, RTE annonce que le risque de coupure est bien réel... quelle régression !

L'exemple d'hier, où les températures ont été de 5 degrés en dessous de la moyenne, montre qu'il y a de quoi se préoccuper.

Il n'est pas satisfaisant d'envisager des scénarios de délestage !

Les réponses ubuesques de la Ministre sur l'occasion de faire des économies d'énergie sont inconcevables et irresponsables !

Nous rappelons à Ségolène Royal que l'énergie n'est pas une marchandise, c'est un bien vital pour les citoyens.

Les foyers qui risquent d'être coupés, ainsi que les citoyens en précarité énergétique, apprécieront ces paroles politiciennes.

Le gouvernement doit faire le choix de reprendre la main sur un secteur autant stratégique que l'énergie. Il est plus que temps de stopper toutes les « réorganisations » en cours et de faire un bilan des politiques de déréglementation du secteur qui envoient la France et l'Europe dans le mur.

La FNME CGT met en débat sa proposition d'une loi qui permettrait de créer un pôle public de l'énergie avec un véritable service public répondant à l'intérêt général de la nation.

****

Le 20 octobre 2016 :

VERS DES COUPURES DE L’ÉLECTRICITÉ CET HIVER ?

En ce début de période hivernale, la décision d’EDF corroborée par la dernière prescription de l’ASN conduisant à l’arrêt de 5 réacteurs sous trois mois pour procéder à des contrôles ne sera pas sans conséquence sur la nécessaire réponse aux besoins en énergie des usagers, des collectivités et des entreprises.

Cette situation passablement dégradée sur le plan industriel et exacerbée par les exigences de rentabilité, sans le redémarrage total ou partiel des 7 réacteurs déjà arrêtés à ce titre, nécessitera qu’EDF sollicite tous les moyens de production, qu’il s’agisse des centrales Thermiques classiques ou des équipements hydro-électriques.

In fine, le RTE devrait aussi importer de l’énergie en masse auprès des producteurs des pays frontaliers, sans aucune assurance de leur capacité à répondre à court/moyen terme à cette exigence cruciale.

D’ailleurs aucun scénario ne serait écarté par EDF et RTE, allant de l’effacement volontaire jusqu’au délestage imposé par RTE.

La solution est-elle, sans aucun débat public, de continuer le processus de fermeture du centre nucléaire de production d’électricité de Fessenheim et des centrales thermiques de production d’électricité à partir du fuel de Porcheville et Cordemais ?

Il est temps de stopper l’absurdité d’une taxe carbone Franco/Française imposée aux seules centrales thermiques produisant de l’électricité à partir du charbon et qui menace le Havre, Gardanne, Emile Huchet et Cordemais.

La FNME-CGT revendique la fin du bradage à des opérateurs privés les barrages.

La solution n’est pas non plus l’ouverture du capital du RTE qui assure la sécurité du réseau électrique.

La FNME-CGT demande à la Direction d'EDF et aux pouvoirs publics de revenir sur leur décision de fermer les tranches thermiques fuel de 600MW.

Elle exige également qu'un véritable scénario de crise soit mis en œuvre intégrant l'étude de construction de nouveaux moyens de production rapidement disponibles sur le réseau et de mobiliser les moyens de Recherche et Développement et d’Ingénierie pour développer de nouvelles techniques de thermique à flamme de demain (charbon propre, captage CO2, biomasse...).

Pour la FNME-CGT qui dénonce depuis des années la libéralisation du secteur, avec son lot de fermeture des moyens de production et la sectorisation des activités, qui conduisent à ne plus répondre aux obligations de service public, il est temps d’arrêter ce dépeçage de toute la filière. D’autres choix sont possibles, et souhaitables !

En effet le projet de pôle public de l’énergie permet non seulement de lutter contre les dérives constatées actuellement mais assure aussi un service public de qualité en confortant la péréquation tarifaire et l’égalité de traitement sur tout le territoire. Ce pôle public mettra aussi en œuvre les programmes de recherche et développement réalisant une véritable transition énergétique en fournissant à tous d’une énergie décarbonée au juste coût…

La FNME-CGT et ses militants, avec les salariés du secteur, ont engagé depuis des mois des initiatives et des mobilisations pour construire une appropriation collective de ces sujets majeurs pour l’avenir de notre nation. Déterminés ils poursuivront cette démarche jusqu'à son aboutissement.

SOURCE :

Accueil :: Site officiel de la FNME - Fédération Nationale des Mines et de l'Energie - CGT

http://www.fnme-cgt.fr/

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