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PCF Vie et débats 2015

Europe, Grèce et dommage collatéraux

 

Vers quel abime vont nous entrainer les europhiles ?? 

 

Leçons tirées de l’épisode grec*

 

Matthieu MONTALBAN, Maître de Conférences en Sciences économique à l’Université de Bordeaux, Vice-Président d’Espaces Marx Aquitaine

Alors que tout le monde sait, y compris les économistes libéraux et ceux du FMI, que la dette grecque n’est pas remboursable et que la seule chose à faire est de faire défaut, les ministres des finances de l’Eurogroupe, en particulier Dijsselbloem et Schäuble, ont rivalisé de stupidité pour imposer des plans d’austérité qui attaquent à l’os l’économie grecque. Varoufakis a révélé combien Schäuble et les autres n’avaient que faire des arguments économiques, seuls le respect de la règle et la punition découlant de ce non-respect les intéressent ; mieux, il a révélé que l’objectif réel de Merkel et Schäuble était de faire plier la France et l’obliger à se « néolibéraliser » encore plus. Il ne s’agit pas là d’économie, mais de pouvoir et d’idéologie. L’échec de la stratégie de Tsipras aura au moins eu le mérite de clarifier un certain nombre de points, dont certains doutaient encore.

1. Une monnaie unique suppose un fédéralisme budgétaire poussé, qu’il est politiquement impossible à obtenir ou presque des citoyens européens et de leurs gouvernements.

Cette leçon n’est pas nouvelle, mais l’expérience a permis de mesurer combien elle était vraie. En effet, la disparition des taux de change amène mécaniquement des processus de concentrations des activités dans certains pays ou régions, et donc des déficits de balance commerciale pour les autres pays ou région. Ces problèmes n’en sont pas si la redistribution existe à l’échelle de l’ensemble de la zone concernée : un déficit commercial de l’Aquitaine par rapport à l’Île-De-France ne pose guère de souci étant donné la redistribution fiscale et les péréquations territoriales.

Rien de tel n’existe dans la zone euro, et les citoyens européens, notamment allemands (mais cela se vérifierait sûrement pour beaucoup d’autres) n’en veulent pas et préfèrent faire payer leurs amis grecs. De ce fait, les problèmes de compétitivité ne peuvent se « régler » que par la baisse des salaires et la réduction de la protection sociale. Comme en plus, l’UE abrite des paradis fiscaux comme le Luxembourg qui jamais ne voudront remettre en cause leur « modèle », la concurrence fiscale est la règle, poussant tous les pays à baisser leurs impôts et donc soit à s’exposer à des problèmes d’endettement, soit à se voir forcés à plus ou moins long terme de réduire leurs dépenses publiques et leur protection sociale. Ergo, la zone euro ne peut fonctionner ni de façon « sociale » ni keynésienne.

2. Le régime politique de l’UE ne peut plus s’appeler démocratique

Le capital s’était accommodé de la démocratie durant la période fordiste dite des 30 Glorieuses. Mais, cela lui coûta cher puisque avec un tel pouvoir syndical (largement lié à la présence de l’URSS), il dût concéder des avancées en termes de salaires, protection sociale, intervention de l’Etat et fiscalité comme jamais. La « révolte » néolibérale (qui n’est autre que la révolte du capital, donc des rentiers et capitalistes) n’est rien d’autres que le moyen de revenir sur ces concessions, tout en imposant un régime politique et économique qui empêche tout retour en arrière, une fois les dites concessions annulées.

L’archétype de cette stratégie nous est donné par l’architecture de l’Union Européenne, dont la forme ressemble beaucoup à « la constitution économique » qui contraindrait les états à appliquer les préceptes ordolibéraux allemands de la concurrence libre et non faussée, de l’équilibre budgétaire et de la stabilité des prix via une banque centrale indépendante, sans que les décisions démocratiques ne puissent influer sur ces préceptes. Nous avions écrit dans un précédent édito (en 2012) que le dernier étage de la fusée ordolibérale était sur le point d’être achevée et qu’elle serait lancée sur une orbite implacable (notre ami Bernard Conte en disait autant). C’est maintenant chose faite. Il faut dire que la structure à deux étages (Etats et échelon communautaire) est une bonne façon de justifier des choix injustifiables devant ses électeurs, mais qu’on a choisi soi-même de pousser à l’échelon communautaire (« on n’a pas le choix, c’est l’Europe ») ; et comme par principe, la construction européenne doit avancer, toute critique eurosceptique est devenue « populiste » chez nos élites.

Rappelons quelques déclarations de nos « élites » européennes, qui permettent de vérifier combien leur adhésion implicite à l’ordolibéralisme et au rétrécissement de la démocratie grâce à l’Europe. Jean-Claude Juncker : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Wolfgang Schäuble : « La France serait contente que quelqu’un force le Parlement, mais c’est difficile, c’est la démocratie. » Martin Schultz (« social-démocrate » donc « de gauche ») dit espérer en Grèce « un gouvernement de technocrates, pour que nous puissions continuer à négocier », tout en dénonçant l’attitude du gouvernement de Syriza.

L’UE et les gouvernements européens, au lien de dénoncer les régimes des autres, comme celui de Poutine et de nous faire couler des larmes de crocodile sur les droits de l’Homme, feraient mieux de balayer devant sa porte. Quand on passe au-dessus des résultats des référendums, qu’on fait revoter le peuple ou le Parlement tant qu’il n’a pas avalisé « l’approfondissement de la construction européenne », quand on érige des barrières à la circulation des migrants ou quand on soutient un gouvernement ukrainien composé pour partie de néo-nazis alors qu’on hurle à la montée de l’extrême-droite en Europe, on n’a vraiment aucune leçon à donner. A croire que parce que la démocratie serait née en Grèce et en Europe, il faudrait qu’elle prenne fin aussi au même endroit.

3. La nécessaire clarification du positionnement de la gauche de gauche face à l’UE

Le débat européen a toujours été un poison au sein de la gauche, un moyen de diviser pour mieux régner. En soi, cela pourrait suffire à justifier l’euroscepticisme.

Aujourd’hui, le débat se focalise sur « sortir ou non de l’euro», ou mieux « changer les traités ». C’est une mauvaise façon de poser le débat. Ayant clarifié la nature du gouvernement et du projet européen, le débat devrait être « pour ou contre la sortie de l’UE ».

Quand les pro-européens de gauche disent, « changer les traités», notamment les parties concernant la concurrence libre et non faussée et le marché intérieur, se rendent-ils compte que cela revient à les abroger purement et simplement ?

L’essentiel de la substance législative de l’UE se trouve-là (outre les directives qui en découlent, cf toute la jurisprudence qui s’est sédimentée), et on s’imagine que (1) les autres pays accepteraient de revenir dessus (croyez-vous que les pays de l’Est, qui entrent dans l’UE pour son libéralisme économique, accepteraient ?

Croyez-vous que les Allemands, qui sont attachés à ses principes depuis le début, cèderont ?

Ne parlons même pas des Anglais qui ne veulent qu’une zone de libre-échange etc…), (2) qu’abroger des traités de fonctionnement de l’UE ne revient pas à en sortir de fait et à l’abolir ? L’erreur fut pour les français de s’imaginer que le projet, c’était l’Europe sociale. En 60 ans, il n’y eut aucune avancée sur ce sujet, faut-il encore attendre 60 ans de plus de régression sociale avant de sortir de ce carcan ?

L’ennui, c’est le risque de donner des voix au FN, mais on ne va quand même pas s’amuser à dire que la Terre est plate parce que les élites du FN pensent qu’elle est ronde. Il est évident, contrairement à ce qu’un Jacques Sapir peut dire, qu’aucune alliance avec le FN n’est possible (pour la bonne raison que ce parti, outre d’être anti-immigrés, est aussi anti-fiscaliste, anti-syndicats, anti-droit de grève, bref pro-capital national), mais il est nécessaire de clarifier notre positionnement par rapport à l’UE. Pour ma part, après avoir longtemps soutenu la construction européenne de façon critique (on fait tous des erreurs de jeunesse), mon choix est désormais limpide… Errare humanum est, perseverare diabolicum

(*) C’est la règle à Espaces Marx. Les éditoriaux sont sous la responsabilité de celle ou celui qui les rédige, et ne reflète pas une position de l’association.


Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF », « Refuser d’aborder le débat, nous replier sur le postulat que seule l’extrême droite conteste l’euro et l’Union européenne, serait suicidaire à l’heure où la contestation de la construction européenne est partagée par une fraction toujours plus importante de la population. Pire, laisser la contestation de l’UE à l’extrême droite est une erreur politique qui pourrait se révéler lourde de conséquences. Alors que faire ? Rester dans la posture que nous avons adoptée au début des années 90, à savoir que l’UE est une construction démocratique que l’on peut réorienter de l’intérieur ? Ou l’analyser pour ce qu’elle est, à savoir un outil de domination du capitalisme contre les peuples, une superstructure politique dont les dirigeants n’hésitent pas à broyer la souveraineté populaire lorsqu’elle ne va pas dans le sens qui leur convient ? » [Suite…]  Voir les commentaires que succitent cette déclaration

 

Rémi Herrera, « Mais cette crise de l’euro évidemment a des spécificités. On a cru, on nous a fait croire que l’on pouvait créer une monnaie sans état, sans Europe politique. On nous a fait croire qu’on pouvait faire converger de force sous hégémonie allemande des économies extrêmement différentes, sans développer les institutions politiques européennes adéquates, budgétaires, fiscales, d’harmonisation sociale par le haut. C’est exactement le contraire qui a été fait, c’est un échec….. Les grands propriétaires du capital ne feront aucune concession. Ils nous mènent la guerre et ils la mèneront jusqu’au bout…. Au nombre de ces discussions, bien sûr, figure la nécessité de sortie de l’euro, tout spécialement pour les pays de l’Europe du sud, tout spécialement pour ceux qui sont les plus exposés comme c’est le cas de la Grèce. Ce serait mentir que de dire que ça se passera sans difficultés. Mais ce serait mentir, c’est mentir encore plus que de dire que sortir de l’euro serait condamner à la catastrophe. Ça c’est totalement faux. Ça c’est pour étouffer toute velléité, tout esprit de résistance, tout espoir d’alternative en nous. Donc il faut absolument résister à ce catastrophisme-là, à cette propagande catastrophiste… Donc, pour nous, il y a urgence à rouvrir des espaces de débat démocratique comme sur la sortie maîtrisée de l’euro. Je ne vais même pas vous dire qu’il faut sortir de l’euro, je vais vous dire qu’il faut en discuter ». [Suite…] 

 

Cédric Durand, « La fin de l’Europe - Il y a quinze ans, le succès du lancement de la monnaie unique a alimenté une vague d’europhorie à travers le continent. La Stratégie de Lisbonne de 2000 promettait de faire de l’Union européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité et d’une plus grande cohésion sociale. » Les enthousiastes dépeignaient l’Union comme « un phare de lumière dans un monde troublé ». Marcel Gauchet et Jürgen Habermas faisaient valoir que la nouvelle formule européenne – en termes de gouvernance démocratique supranationale et d’Etat-providence – était destinée à servir de « modèle pour les nations du monde ». Les prévisions des jours européistes ne se sont jamais matérialisées. Au contraire : rétrospectivement, la séquence toute entière apparaît comme une histoire d’échecs ininterrompus. Les performances de la zone euro en termes de croissance économiques ont été largement en deçà de celles de toutes les autres régions, avant et après la crise, et le virage austéritaire de 2010 a produit une magnifique débâcle économique. Le PIB n’a toujours pas retrouvé son niveau de fin 2007, ce qui en fait l’une des pires crises économiques de l’histoire récente – surpassée seulement par la catastrophique restauration capitaliste russe des années 1990. » [Suite…]

Gilbert Rémond,  « La Grèce dans la tourmente entraîne aussi toute la gauche dans l’œil du cyclone. L’édition du Monde-Europe du 29 07 rend compte d’un article du quotidien grec conservateur Kathimerini . Ce dernier donne une information stupéfiante. La cour suprême grecque a transmis au parlement deux plaintes déposées contre Yanis Varoufakis qui est accusé, rien de moins que de haute trahison. Savez-vous pour quoi ? Parce qu’il a osé réfléchir secrètement avec un groupe de personnes choisies de lui, a un plan d’action pour instaurer un système bancaire parallèle et une monnaie nationale en cas d’échec des négociations avec l’Eurogroupe. Il faut pourtant savoir qu’en novlangue européiste, nous disons depuis le référendum sur la constitution européenne qu’il faut toujours avoir par devers soi un plan B pour de telles circonstances. Eh bien c’est un cas de lèse-majesté lorsque comme la Grèce l’on appartient à une nation dite de seconde zone. » [Suite…] 

Jean Ortiz, « L’UE est devenue, selon Maastricht et consorts , une machine de guerre contre précisément l’indépendance et la souveraineté des pays et des hommes.» Longtemps j’ai cru que pour changer les choses il vaut mieux être dedans que dehors, ne pas laisser la chaise vide...Longtemps j’ai cru que l’on pourrait peut être un jour changer de l’intérieur cette Europe du pognon, cette création à mes yeux artificielle, qui entend mettre au pas pour l’éternité et sous la botte allemande et de la finance, les peuples, sommés de comprendre que hors du néolibéralisme : point de salut. Et qu’ils se le mettent bien dans la tête : il n’y a pas d’alternative ! Soumission et résignation. Et qu’ils passent sous les fourches caudines « d’experts », de « technocrates » non élus, de traités et pactes liberticides, sinon toute tête dissidente, comme celle de Tsipras, sera tranchée et brandie comme un trophée, écrit Ignacio Ramonet dans le « Diplo » édition espagnole. Avertissement à tous ceux qui voudraient un changement : la BCE, le FMI, l’UE, l’OMC ... remplacent désormais les « marines », les « G’Is », l’armée allemande. [Suite…]

 

Jacques Sapir, Yanis Varoufakis commence par dire : « Je dois admettre que nous n’avions pas de mandat pour sortir la Grèce de l’Euro. Ce pour quoi nous avions un mandat était pour négocier un arrangement avec l’Eurogroupe la Banque Centrale Européenne qui rende la position de la Grèce viable dans le cadre de la zone Euro. Le mandat allait cependant un peu plus loin – au moins dans mon estimation. Je pense que le peuple grec nous avait autorisé à poursuivre cette négociations avec énergie et vigoureusement au point de dire que si nous ne pouvions avoir un accord viable nous devrions considérer une sortie (de la zone Euro) ». [Suite…]

 

Jacques Sapir, « L’Euro est devenu un obstacle tant à la démocratie (et on l’a vu en Grèce) mais aussi à une politique en faveur du travail et opposée à la finance. Mais, elles n’épuisent nullement le sujet. L’Euro a accentué et généralisé le processus de financiarisation des économies. C’est du fait de l’Euro que les grandes banques européennes sont allées chercher des subprimes aux Etats-Unis avec les conséquences que l’on connaît en 2008. Ainsi, non seulement la zone Euro a entraîné une partie de l’Europe dans une très faible croissance, mais elle ne l’a pas protégée de la crise financière de 2007-2009. Le résultat est donc clair. Si des politiques néfastes pour les économies peuvent être mises en œuvre hors de l’Euro, ce dernier implique des politiques néfastes. En fait, aucune autre politique économique n’est possible tant que l’on est dans l’Euro. C’est l’une des leçons de la crise grecque. Aussi, un démantèlement de la zone Euro apparaît bien comme une tâche prioritaire. » [Suite…]

 

Bernard Cassen, « Cette « nuit du 13 juillet », celle de la démonstration de l’impossibilité de faire coïncider la surface du carré des mesures progressistes et celle du cercle de l’euro sera sans doute un moment crucial de l’histoire de l’Union européenne. Malgré quelques divergences de façade, avec François Hollande dans le rôle de l’entremetteur, tous les gouvernements membres de l’eurogroupe ont envoyé un message lumineux aux opinions publiques européennes : prenant à contre-pied le mot d’ordre altermondialiste « Une autre Europe est possible », ils leur ont fait savoir qu’ « une autre Europe est impossible » dans ses paramètres actuels. » [Suite…]

 

Stefano Fassina, ancien Vice-Ministre des finances du gouvernement italien, membre du Parlement de ce pays et l’un des membres éminents du Parti Démocrate actuellement au pouvoir, a écrit dans un texte qui a été publié sur le blog de Yanis Varoufakis :

« Nous devons reconnaître que l’Euro fut une erreur de perspective politique. Il nous faut admettre que dans la cage néo-libérale de l’Euro, la Gauche perd sa fonction historique et qu’elle est morte comme force servant la dignité et l’importance politique du travail ainsi que de la citoyenneté sociale en tant qu’instrument d’une démocratie réelle ». [Suite…]

 

Emiliano Brancaccio, « … l’adhésion à outrance de la gauche à l’euro constitue aujourd’hui un simple reflet narcissique, un écho d’un temps qui fut, lorsque la mondialisation avançait sans obstacles apparents et on s’illusionnait de pouvoir recueillir résiduellement quelques fruits, ou même seulement quelques miettes. Avec le regard encore tourné vers cette phase dépassée, la gauche paraît aujourd’hui plus que jamais hors du temps historique… ». [Suite…]

 

Stathis Kouvélakis, « Ainsi, quand Tsipras affirme le 13 juillet qu’il n’avait pas d’autre choix que de signer cet accord, il a en un sens raison. À condition de préciser qu’il a fait en sorte de ne pas se retrouver avec d’autres choix possibles. » [Suite…]

 

Jeremy Cronin. Secrétaire général adjoint du Parti communiste sud-africain, membre de la direction de l’ANC, ministre de la Fonction publique. « Tout d’abord, à regarder la situation grecque du point de vue du Sud, clairement, un plan B était et reste la seule voie de sortie, même si de tels choix peuvent s’avérer difficiles. Notre lecture est que le paquet d’austérité imposé à la Grèce est davantage dicté par des motifs politiques que par des impératifs économiques. Toute tentative de tracer une voie nationale relativement souveraine fondée sur un mandat démocratique doit être punie comme un avertissement pré-électoral en Espagne, en Italie, au Portugal, en Irlande et partout où agissent des formations politiques anti-capitalistes. Je suspecte que ce soit la raison pour laquelle le FMI a pris une position plus économique et moins politique a clairement indiqué que l’arrangement actuel n’était pas durable. » [Suite…]

 

Jacques Sapir, « On voit la nature profonde du document de la CEN dans l’extrait suivant : « Mais le grexit serait la meilleure façon de légitimer le discours nationaliste de l’extrême droite (Aube dorée en Grèce, FN en France…) ». Autrement dit, si Mme Marine le Pen dit qu’il fait soleil à Athènes en plein midi, nous devrions tous nous précipiter sur nos manteaux et nos parapluies et crier qu’il pleut et qu’il fait froid à Athènes. Tel est le niveau de raisonnement ou est tombé le Comité Exécutif National du PCF dans son document de travail. Cela en dit long sur la terreur qui semble avoir saisi ses rédacteurs, mais aussi très long sur jusqu’où les membres de la CEN sont prêt à aller pour induire les cadres et les militants de leur parti à emprunter une voie sans issue. Car, il faut le redire encore et encore, un GREXIT n’est nullement la propriété d’un parti, mais une solution économique et politique, qui doit être traitée d’un point de vue économique et politique, et non idéologique. Le Comité Exécutif National du PCF a donc commis un document qui est largement idéologique. Il en dit long sur le désarroi de la direction du PCF (ou d’une partie de celle-ci) confrontée à la réalité, une réalité qu’il n’hésite pas à tordre ou a dissimuler. Car, il y a suffisamment de personnes de valeurs au sein de ce parti pour que l’on puisse penser que ces distorsions de la réalité, et ces mensonges, ne sont pas le produit de l’ignorance mais bien celui d’une ligne politique. » [Suite…]

 

Descartes, « Alors pourquoi ces réjouissances ? Eh bien, parce qu’on a sauvé l’Euro ! L’Euro devient la nouvelle version de la « relique barbare » dont parlait Keynes, à laquelle l’économie réelle, c'est-à-dire, la vie des hommes et des femmes qui vivent de leur travail, doit être sacrifiée. » [Suite…]

 

Aurélien Bernier, « Nous payons des années d’entêtement sur les questions européennes d’une gauche radicale qui n’a pas voulu aller au bout de son raisonnement. Malheureusement oui, c’est un cas d’école. La gauche radicale européenne défend une réforme des institutions de l’intérieur. Mais cette crise démontre que l’UE n’a absolument aucune intention de lâcher quoi que ce soit. Il n’y a pas de doute là-dessus. Et que dans un contexte de négociation, avec ce « tabou de la rupture » présent à chaque instant, il n’y a absolument rien à attendre de bon. Je suis à la fois inquiet et en colère. Inquiet parce que je crains que le parti qui soit le plus renforcé par cette crise ne soit celui de l’extrême droite, c’est-à-dire Aube dorée. En France, ce sera exactement la même chose avec le Front national. Car l’échec de Syriza, c’est l’échec de la position de réforme de l’intérieur que défend l’ensemble de la gauche européenne. » [Suite…]

 

Bernard Cassen, « Il suffisait pourtant d’un minimum de raisonnement logique pour comprendre que, par définition, une politique monétaire ne peut être la même pour des économies profondément différentes, voire divergentes, comme par exemple celles des Pays-Bas et de Chypre ou de la Grèce. Une solution tout aussi « européenne » aurait été une monnaie commune, seule convertible, permettant de conserver des monnaies nationales aux parités révisables par concertation entre les gouvernements en fonction des situations. » [Suite…]

 

ATTAC France, « Coup de grâce à l’infime légitimité de la construction européenne. Il apparaît à l’évidence que, telles qu’elles sont construites, l’Union et européenne et l’Union économique et monétaire ne possèdent plus aucune légitimité autre que celle de satisfaire la loi des marchés financiers. Aujourd’hui, tout va dans le même sens : refus de mettre sous contrôle les banques faiseuses de crise, refus de procéder à des réformes fiscales justes, refus de s’orienter vers des transitions soutenables. » [Suite…]

 

Frédéric Lordon, « L’euro interdit radicalement toute politique progressiste possible. S’il en était encore besoin, le traitement criminel infligé à la Grèce en six mois de brutalisation (rebaptisée « négociation ») prouve que l’entreprise de « transformer l’euro », ou l’hypothèse d’un « autre euro possible », sont des chimères qui, par désillusions successives, ne mènent qu’à l’impasse et à la désespérance politiques. Abandonner aux extrêmes droites toute perspective politique d’en finir avec l’euro et ses institutions est une faute politique qui condamne les gauches européennes à l’impuissance indéfinie. Sauf à continuer de soupirer après ce qui n’arrivera pas — un « autre euro » et l’« Europe sociale » qui va avec — le réarmement des gauches européennes passe donc impérativement par l’imagination de l’après-euro. » [Suite…]

 

Bernard Foutrier, (adhérent PCF), « Le combat du PCF sur le « terrain de l'Europe » est un combat immanquablement voué à l'échec comme en  témoigne bien  ce qui se passe contre la Grèce, cette orientation pro-européenne du PCF signe son abandon définitif de la perspective du combat pour l'instauration du socialisme et finalement son ralliement à la social-démocratie dont il n'est plus que l'aile gauche dérisoire. » [Suite…]

 

Frédéric Lordon, « A ceux qui, sincèrement de gauche, se sont refusés si longtemps à voir l’impasse de l’euro, pour entretenir l’illusion d’un improbable « rapport de force » qui permettrait d’en changer la configuration, à ceux à qui il aura fallu le calvaire grec pour (commencer à) mesurer la radicalité idéologique des institutions européennes, il faut dire qu’après que cette erreur ait assommé les Grecs de Syriza, elle assommera les Espagnols de Podemos, et puis que nous y passerons tous ». [Suite…]

 

François Asensi, « Cette crise a changé ma perception de l’euro. C’est aujourd’hui un instrument des politiques d’austérité et de réduction des dépenses publiques. C’est un carcan qui s’oppose à toute politique sociale. Un carcan dont il faut peut-être sortir. » [Suite…]

 

Wolfgang Streeck, « « En fait, la cohésion de la zone euro ne repose plus que sur la peur des conséquences que pourrait produire son éclatement ». Wolfgang Streeck Directeur émérite de l’Institut Max-Planck pour l’étude des sociétés, Cologne, Mai 2015 » [Suite...]

 

Jean-Claude Paye, « Grèce : Mettre les populations dans un sentiment d’impuissance. Dans ses célèbres conférences, l’historien Henry Guillemin, nous rappelait une phrase, datant de 1897, de Maurice Barrès, maître à penser de la droite nationaliste française : « la première condition de la paix sociale est que les pauvres aient le sentiment de leur impuissance. » Ce paradigme éclaire le résultat des négociations menées par Alexis Tsipras. Les citoyens furent appelés par leur premier ministre, à se prononcer, à travers un référendum, contre les propositions de l’UE qui furent rejetées par 61% des votants. A la suite, Tsipras accepte un accord encore plus défavorable pour les populations grecques. De plus, tout en se soumettant au dictat de l’UE, il déclare : « je ne crois pas à cet accord. C’est un mauvais accord pour la Grèce et pour l’Europe, mais j’ai dû le signer pour éviter une catastrophe »  » [Suite…]

 

Jacques Sapir, Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges. « Article sans complaisance, mais sans hostilité, il s’agit de l’une des nombreuses personnes qui aujourd’hui s’interrogent sur les raisons qui peuvent pousser la direction du PCF, contre l’avis d’un nombre grandissant de ses militants, à une telle errance sur l’estimation de l’euro, de l’Europe et sur alignement de fait sur le PS. Est-ce que la réponse sera celle adoptée à l’égard des militants, la condamnation voire la diffamation?  » [Suite…]

 

Jacques Sapir, « Si la « gauche radicale » n’est pas aujourd’hui dans la même crise que la social-démocratie, elle risque néanmoins de se trouver face à une crise d’orientation de première grandeur. En effet, l’européisme qui caractérise la « gauche radicale » a été lui aussi condamné par le Diktat imposé à la Grèce. La question est aujourd’hui posée de savoir si la « gauche radicale » va accepter de n’être qu’une force d’appoint de la social-démocratie ou si elle est capable d’assumer toutes les conséquences d’un programme de rupture. Mais, un tel programme de rupture n’est plus, aujourd’hui, compatible avec l’européisme. » [Suite…]

 

Jacques Sapir, « Et si la France n’y a pas participé, elle a verrouillé la porte du local où s’est tenu ce crime et elle a poussé le bâillon dans la gorge de la victime. La phrase prononcée et écrite par François Hollande prend alors un tour sinistre : « Mais aujourd’hui, même si cela a été long, je pense que ça a été pour l’Europe, une bonne nuit et un bon jour ». Car, nous savons aujourd’hui que cette torture aura été infligée pour rien. L’accord signé le 13 juillet au matin se défait désormais d’heure en heure. La perspective d’une sortie de la Grèce hors de la zone Euro est à nouveau à l’ordre du jour. On peut commettre un crime en politique, mais s’en vanter alors que le résultat est des plus incertain n’est pas le signe d’une grande intelligence. C’est, tout au plus, le produit d’un aveuglement profond, d’un fanatisme idéologique, d’une raison délirante qui sont appelés à être sanctionnés aux prochaines élections. » [Suite…]

 

Jacques Sapir, « Sur le fond, il est clair que le refus de Tsipras de mettre en œuvre ce « plan B » est lié à son refus, quel qu’en soit les motifs, de rompre avec le cadre de l’Euro et de l’Europe. Les explications sur la crainte de provoquer la « banqueroute » des banques ne tiennent pas, car, justement, ce plan visait à porter remède à la situation des banques. La décision d’Alexis Tsipras est politique. Placé devant le choix entre le programme de Syriza et l’UE, il a choisi l’UE et l’austérité. C’est ce qui explique sa capitulation la semaine suivante et l’acceptation du Diktat européen du 13 juillet.» [Suite…]

 

Joseph Stiglitz, « Que le programme soit ou non bien mis en œuvre, il conduit à des niveaux insoutenables de dette, comme ce fut le cas en Argentine: les macro-politiques exigées par la Troïka entraîneront la Grèce dans une dépression plus profonde ». [Suite…]

Francis Arzalier, Polex, « Dans ce but, les dirigeants Européens ont livré peu à peu la maîtrise des économies de leurs pays respectifs aux banquiers de l’Union, notamment par le biais de l’Euro, monnaie supranationale, et démantelé progressivement les protections frontalières, au détriment des conquêtes sociales de chaque nation. » [Suite…]

 

Raoul Marc Jennar, « On ne peut plus s’illusionner sur la possibilité, dans le cadre de l’UE, de ses institutions et de son mode de fonctionnement, d’une autre union des peuples d’Europe. Cette possibilité n’existe pas ». « On ne mettra fin à l’oligarchie technocratique qui dicte aux peuples d’Europe les volontés patronales euro-américaines qu’en faisant disparaître la Commission européenne. On ne mettra pas fin aux politiques européennes sans supprimer les institutions qui les engendrent. » [Suite…]

 

Jacques Sapir, « La décision d’Alexis Tsipras est politique. Placé devant le choix entre le programme de Syriza et l’UE, il a choisi l’UE et l’austérité ». [Suite…]

 

L’historien britannique Perry Anderson, « Tsipras et ses collègues ont répété à qui voulait les entendre qu’il était hors de question d’abandonner l’euro. Ce faisant, ils ont renoncé à tout espoir sérieux de négocier avec l’Europe réelle — et non l’Europe qu’ils fantasmaient ». [Suite…]

 

13/08/2015

La fin de l’Europe, par Cedric Durand. [Suite…]

11/08/2015

La Grèce dans la tourmente entraîne aussi toute la gauche dans l’œil du cyclone. [Suite…]

08/08/2015

Europe : Mea Culpa. Jean Ortiz. [Suite…]

04/08/2015

Varoufakis et le plan « B ». Jacques Sapir. [Suite…]

02/08/2015

Les perspectives d’un Front contre l’Euro. Jacques Sapir. [Suite…]
L’impossible quadrature du cercle de l’euro. Bernard Cassen. [Suite…]

31/07/2015

Pour Varoufakis. Jacques Sapir. [Suite…]
Sortir de l’euro ? Il y a deux manières (de gérer la transition). Emiliano Brancaccio. [Suite…]

30/07/2015

Le temps est venu d’une rupture par Rémy Herrera. [Suite…]

29/07/2015

Stathis Kouvélakis : « Le non n’est pas vaincu, nous continuons ». [Suite…]
Déclaration du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF ». Grèce et U.E. : premières réflexions pour ouvrir le débat après la note du CEN du 17 juillet. [Suite…] 
La Grèce et la direction du PCF par Jacques Sapir. [Suite…]
Jeremy Cronin : « Il y a une sympathie des BRICS pour la Grèce ». [Suite…]

28/07/2015

L’UE, système néo-colonial du XXIème siècle. Francis Arzalier. [Suite…]
Les yeux qui s’ouvrent : non, une « autre Europe » n’est pas possible ! Raoul Marc Jennar.  [Suite…] 
Joseph Stiglitz: Grèce, l’agneau sacrificiel. [Suite…] 
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27/07/2015

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François Hollande : Contradictions et démagogie. Jacques Sapir. [Suite…] 
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21/07/2015

« La Grèce ne peut pas rester dans la zone euro et, en même temps, changer de politique » (Costas Lapavitsas, député de Syriza). [Suite…] 

20/07/2015

L'économiste Frédéric Lordon : « Il faut sortir de l'euro ». [Suite…] 
La gauche et l’euro : liquider, reconstruire. Frédéric Lordon. [Suite…]
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19/07/2015

Aucun avenir ne peut être bâti sur les décombres de la Grèce (ATTAC FRANCE). [Suite…] 
A droite toute : Tsipras remanie son gouvernement et se sépare des frondeurs. [Suite…] 
Crises. Jacques Sapir. [Suite…]

18/07/2015

Tsipras n’avait pas de plan B, Merkel en avait deux. Bernard Cassen. [Suite…] 

17/07/2015

« L’échec de SYRIZA, c’est l’échec de l'idée d'une réforme de l'UE de l'intérieur ». (Aurélien Bernier). [Suite…] 

16/07/2015

Grèce : Du « rêve européen » au cauchemar du même nom. Descartes. [Suite…] 

15/07/2015

L’Euro, raison délirante. Jacques Sapir. [Suite…] 
Contre une austérité à perpétuité. Sortir de l’euro ? Frédéric Lordon. [Suite…] 

U.E., ouvrir en grand le débat sur les alternatives à l’austérité !

 

Europe sociale ou rupture progressiste : ouvrir vraiment le débat après l’expérience grecque

 

, par  lepcf.fr
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124 communistes de 35 départements lancent un appel pour ouvrir en grand le débat sur l’Union Européenne et les alternatives à l’austérité après le coup grec. Ce texte sera transmis à l’Humanité et nous espérons sa diffusion car des milliers de communistes, de progressistes sont en attente d’un débat ouvert sur la critique de l’Union Européenne et connaissent la diversité des positions communistes en Europe.

 

Les signatures sont ouvertes en ligne avec ville et code postal, en précisant si vous êtes adhérent du PCF, la section et vos éventuelles responsabilités.

Europe sociale ou rupture progressiste : ouvrir vraiment le débat après l’expérience grecque.

 

Le mémorandum imposé à la Grèce est un séisme politique dans toute l’Europe, bousculant les propositions alternatives à l’austérité. Oui ou Non, une autre politique est-elle possible dans le cadre de l’Union européenne ?

 

Le débat européen traverse les courants politiques, à droite comme à gauche. Depuis Maastricht puis le NON français de 2005, on sait qu’il est socialement marqué, opposant ouvriers, employés, jeunes, quartiers populaires, refusant très majoritairement les politiques européennes, aux professions libérales, cadres et centres-villes urbains, plus favorables à l’intégration européenne. 

 

Le dernier congrès du PCF "rallumez les étoiles" a confirmé l’orientation pour une "Europe sociale" avec l’adhésion au PGE. La faucille et le marteau ont été remplacés par les étoiles européennes sur les cartes du parti. Les textes alternatifs, considérant l’UE comme une construction de la mondialisation capitaliste, sont restés minoritaires. 

 

La force acquise par les mouvements de gauche radicale en Grèce et en Espagne semblait confirmer cette voie pour une autre Europe, avec la victoire de Syriza puis la force des 61% du NON grec. 

 

Mais le choc d’une nouvelle vague d’austérité imposée à la Grèce et acceptée par Alexis Tsipras est une douche froide pour tous les militants, toutes les luttes sociales, pour la souveraineté des Etats. Ce choc a conduit à de nombreuses hésitations et discussions des communistes, à l’image des parlementaires communistes hésitant entre les votes Oui et Non. 

 

La direction du PCF a proposé une analyse de cette situation à partir de trois scénarios. L’Europe de la finance et de l’austérité de la droite et des partis socialistes gouvernementaux, l’Europe de la concurrence nationaliste des extrêmes droites, et l’Europe sociale de la gauche radicale. 

Nous considérons qu’un débat large et ouvert conduirait à envisager un quatrième scénario.

 

- Que faut il de plus que 61% du peuple pour imposer une autre politique ? Faut-il une majorité à l’échelle de toute l’Europe pour mener une autre politique dans un pays ?

 

- Un dirigeant du PCF devrait-il accepter de mettre en œuvre une politique d’austérité plus dure que celle de Hollande pour éviter une « catastrophe financière » ?

 

- Quelle différence entre Hollande élu ennemi de la Finance pour la servir quelques mois plus tard, et Alexis Tsipras élu contre les mémorandums d’austérité, pour en appliquer un 6 mois plus tard ?

 

- Quels points communs entre les mémorandums grecs et la situation française (MES, TSCG, ANI, code du travail, retraites, privatisations, démantèlement des services publics…..) ?

 

- Les pertes de souveraineté poussées ne mettent-elles pas la Grèce dans une situation néo-coloniale ? 

 

Ces questions conduisent à envisager un quatrième scénario, celui d’une révolution de nature anticapitaliste dans un pays, conduisant à la rupture avec les traités européens existants. Une telle rupture permettrait de ré-ouvrir l’histoire européenne sur la base de l’intérêt des peuples, dans une approche internationaliste, avec les forces diverses qui veulent construire un monde multipolaire s’imposant à l’impérialisme militariste US. 

 

Le plan B proposé par Yanis Varroufakis, les propositions de Éric Toussaint issues de l’audit de la dette grecque, les analyses de nombreux économistes progressistes, les positions des communistes grecs ou portugais, montrent que de plus en plus de progressistes refusent de s’enfermer dans l’Europe sociale et réfléchissent hors du cadre porté par les partis du PGE. 

 

Nous demandons l’ouverture d’un débat pluraliste avec tous les communistes, les syndicalistes, les progressistes, pour donner des arguments solides et partagés aux militants sur les alternatives possibles à l’austérité, à la domination des institutions non démocratiques de l’UE, à la toute puissance du système banquier et financier. 

 

Ce débat doit poser en toute clarté les éléments de crédibilité comparée du scénario de l’Europe sociale, et de celui d’une rupture progressiste avec l’UE. 

 

Henry AHIER, Mèze (34), secrétaire de section, Jean-Yves ALLEGRE, Istres (13), Jean-Pierre ALLIE, Montélimar (26), psychanalyste, Caroline ANDREANI, Pantin (93), membre du CN du PCF, Claude ANDREANI, Pantin (93), Marie-Catherine ANDREANI, Pantin (93), Francis ARZALIER, Taverny (95), historien, secrétaire du collectif Polex, René AZOU, Ouest Biterrois (34), Jasmin BALLESTE, Sud-Est Biterrois (34), Philippe BAOT, Mèze (34), syndicaliste chômeur, Pierre BARBAGELATA, Carqueiranne (83), Paul BARBAZANGE, Béziers (34), membre du CN du PCF, Michelle BARDOT, Strasbourg (67), secrétariat de section, Francis BARRERA, Limoux (11), retraité SNCF, Luc BASIN, Romans (26), comité de section, Jérémie BEAU, Lyon (69), Floriane BENOIT, Fontaine (38), ancienne journaliste L’Humanité, Marie BIEGEL, Pignan (34), Danièle BLEITRACH, Marseille (13), sociologue, Pierre BOUIS, Béziers (34), Pascal BRULA, Lyon (69), Laurent BRUN, Vénissieux (69), syndicaliste cheminot, Robert BRUN, Romans (26), comité de section, Andres BRYANT, Abbeville (80), comité de section, Marie-Christine BURRICAND, Vénissieux (69), membre du CN du PCF, Gilles CALAMAND, Haute-Loire (43), membre du CD 43, Gérard CALVINHAC, Bordeaux (33), Robert CANONGE, Cavaillon (84), retraité SNCF, Michel CAPRON, Clermont-l’Hérault (34), Jacques CHARRAZAC, Biganos (33), Jean Pierre CITKIC, Strasbourg (67), chercheur, Jean-Pierre COGNARD, Saint-Uze (26), Marie-Paule COLBACK LEIATO, Jura (39), Nicolas COSSANGE, Herault (34), secrétaire départemental MJCF 34, AiméCOUQUET, Béziers (34), Jacques CROS, Béziers (34), conseiller municipal, CD 34, Florian D’ASPRES, Boulogne (62), Alain DE POILLY, Fontenay-sous-Bois (94), Maurice DÉCAILLOT, Contigné (49330 ), économiste, ancien membre de la section économique du PCF, retraité, Jean-Claude DELAUNAY, Villejuif (94), professeur honoraire d’économie, membre de la section économique du PCF, membre des comités de rédaction de La Pensée et d’Actuel Marx, Michel DESCHAMP, Grigny (91), Marianne DUNLOP, Arras (62), Carole DUPERRAY, Lyon (69), François EYCHART, Paris (75), enseignant, Marie-Christine EIGELDINGER, Saint-Fons (69), syndicaliste, Emilien ESTUR, Besançon (25), archéologue, trésorier de la JC 25, Jacqueline FAKIRI, Vaulx-en-Velin (69), militante au chômage, Cyrill FERRO STEYAERT, Nord (59), David FRIGGE, Saint-Denis (93), Hervé FUYET, Malakoff (92), Gérard GARCIA, Cazouls-lès-Béziers (34), ClaraGIMENEZ, Pignan (34), conseillère municipale, Françoise GOUX, Ris-Orangis (91), trésorière de section, Eric HALGAND, Pessac (33), Rémy HERRERA, Paris (75), chercheur au CNRS, Hubert HERVE, Paris (75), Guy JACQUIN, Vénissieux (69), Edmond JANSSEN, Paris (75), Brenda JORIOZ-HADJ, Herblay (95), Gérard JOUSSERAND, Saint-André-de-Corcy (01), Jean JULLIEN, Drôme (26), Jean JacquesKARMAN, Aubervilliers (93), maire-adjoint, membre du CN du PCF, Christiane LACAZE, Parentis-en-Born (40), Emmanuel LACAZE, Landes (40), Georges LAMAZOU, Baudreix (64), maire-adjoint, Fernand LAPARRA, Blayais (33), technicien, secrétaire de section, MaryseLAURENT, Herault (34), Armand LECOQ, Béziers (34), comité de section de Béziers, CD 34, Jean-Claude LLINARES, Sud Biterrois (34), secrétaire de section sud Biterrois, Christophe MAILLOT, Saint-Denis (93), Clara MALHUE, Béziers (34), Europalestine, Jean-PierreMEYER, Sanary (83), membre du CN du PCF, Pierre-Alain MILLET, Vénissieux (69), adjoint au maire de Vénissieux, Sandrine MINERVA, Lodève (34), Aymeric MONVILLE, Courbevoie (92), David NOËL, Hénin-Beaumont (62), secrétaire de section, Jérémie OZOG, Grasse (06), Eleni PATAKOU, Grigny (69), Marius PELLET, Villefontaine (38), Willy PEPELNJAK, Fontaine (38), secrétaire de section, membre du CD, Nicolas PEYRAUD, Marseille (13), secrétariat de section Marseille 13, Alain PICARD, Feyzin (69), Michèle PICARD, Vénissieux (69), maire de Vénissieux, Françoise PICO, Fontaine (38), ancienne adjointe au maire, membre du bureau de section, Francis PLANTIER, Saint-Thierry (34), syndicaliste, cheminot retraité, Sylviane PLAT, Vienne (38), Eric PLEE, Aubervilliers (93), conseiller municipal, Hervé POLY, Pas-de-Calais (62), secrétaire fédéral, membre du CN du PCF, Mireille POPELIN, Villeurbanne (69), enseignante retraitée, Jean-PierreQUIRIN, Rahon-l’Etape (80), Gérard REQUIGNY, Saint-Denis (93), Rosa REQUIGNY, Saint-Denis (93), Gilbert REMOND, Vaulx-en-Velin (69), Marie-Jeanne RIVERA, Limoux (11), militante syndicale, lutte dans les usines de chaussure Myris, Nicole RIVIERE, Le Tourne (33), Joël RIVRON, Saint-Nazaire (44), comité de section, Jean-Louis ROLLAND, La Rochelle (17), Roger ROMERO, Gujan-Mestras (33), Claude ROUSSIE, Monein (64), Marc RUER, Aubervilliers (93), maire-adjoint, Eric RUIZ, Aubevoie (27), membre du CD 27, LaurentSANTOIRE, La Courneuve (93), Bruno SAPIN, Rhône (69), Aurélien SCANDOLARA , Vénissieux (69), syndicaliste fonction publique, conseiller municipal, Fabrice SELINGANT, Loiret (45), Nicole SEMERIA, Angrie (49), Christine SEMPERE, La Ciotat (13), ancienne conseillère municipale, Richard SEMPERE, La Ciotat (13), Michel SENEGAS, Béziers (34), Pierre-Jean SERRIERES, Annonay (07), comité de section, Deo TANDA, Vénissieux (69), internationaliste, Béatrice THIVOLLE, Bernard TRANNOY, Bassin d’Arcachon (33), DanielleTRANNOY, Bassin d’Arcachon (33), membre du CN du PCF, Jean-Pierre TRICAUD, Bergerac (24), Serge TRUSCELLO, Vénissieux (69), secrétaire de section, Yves VARGAS, Seine-Saint-Denis (93), Frédéric VERRET, Hurepoix (91), ancien secrétaire de section du Hurepoix, Danièle VIALLET, Pignan (34), Pierre VIALLET, Pignan (34), Jean-Claude VILLAME, Crozon (29), physicien, Gautier WEINMANN, Leforest (62), secrétaire de cellule, Antoine WOHLGROTH, Aubervilliers (93), conseiller municipal, conseiller communautaire délégué, Joël YAN, Section de Nay Est (64). 

Trou de mémoire ?

 

Publié le 30 Décembre 2015

S'il reste des communistes
chez les « amis de l'Huma »,
qu'ils appellent vite Le Hyarric
 
Trou de mémoire ?
C'est un agrandissement (donc de qualité médiocre) d'une photo d'une délégation au congrès de Tours.
 
Le journal, ce n'est ni le Figaro ni le "Petit écho de la mode" (et pourtant, un patron à découper par semaine) non, c'est l'Humanité.
 
Bizarre que ceux qui s'autoproclamment ses héritiers propriétaires l'oublient et que ceux qui hurlent devant ses dérives doivent rappeler ses pages de gloires.
 
Aujourd'hui, pas un mot dans l'Huma, pas un communiqué du P"c"F.
 

Et après certain diront que Canaille le Rouge abuse quand il parle de hors-sol ... 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

De déchéance en déchéance

 

Publié le 30 Décembre 2015

Des voix s'expriment

pour dénoncer

le putsch constitutionnel en préparation.

De l'émotion (légitime)

mais aussi de l'hypocrisie chez certains.

Et surtout, peu de retour

sur les racines de ces situations.

 

De déchéance en déchéanceDe déchéance en déchéance
Non seulement le comportement ultra réactionnaire du duo Blummollet-LaValls est une atteinte frontale à la démocratie, à la République et leurs valeurs historiques mais de plus cela va élargir la ligne de fracture au sein de la société française entre les excluables-expulsables et les préservés par le droit du sang valeur artistocratico-faciste de la grande bourgeoisie française.
 
Elu avec les voix de la Grand' borne ou des Minguettes, Blummollet sert le Parc Monceau et Marne la Coquette.
 
Même Joxe, pourtant peu disert , s'insurge publiquement (lintégral de son texte  que Canaille le Rouge ne validera pas, loin s'en faut, dans sa totalité : "contre-le-projet-de-loi-constitutionnelle-l-appel-de-pierre-joxe-la-gauche-vivante:".
 
Certes, ce n'est d'autant pas parole d’évangiles (surtout pour La Canaille qui ne croit pas aux évangiles et qui de plus a comme militant subit les foudres de son auteur quand il était ministre de l'intérieur de Mitterrand) mais cela vaut le coup de le relever .
 
C'est de Pierre Joxe, plus réactif que Pierre Laurent  qui tacle Valls et Hollande de bonne façon, donc c'est à engranger :
 
"...le stupéfiant exposé des motifs du projet (n° 3381) de réforme constitutionnelle.

Comme ce texte officiel semble être passé inaperçu, j’en cite cet extrait éclairant, facilement consultable sur le site de l’Assemblée :

« ... pour des personnes nées françaises, les lois républicaines n’ont jamais retenu la possibilité d’une déchéance de nationalité... Il en a d’abord été ainsi de la Loi du 7 avril 1915 puis avec la Loi du 10 août 1927 ainsi qu’avec le Décret-loi du 12 novembre 1938... Ainsi toutes les caractéristiques dégagées par le Conseil constitutionnel dans sa jurisprudence sont réunies pour qu’il existe un principe fondamental reconnu par les lois de la République relatif à l’absence de possibilité de déchéance de nationalité pour une personne née française même si elle possède une autre nationalité » (Ass. Nat. : projet n° 3381, exposé des motifs).

On le sait, qu’un ou plusieurs personnages politiques parvenus au pouvoir changent d’avis, renient leurs promesses ou oublient tel ou tel engagement pris publiquement, ce n’est pas un phénomène rare.

On l’a déjà constaté en France sous la Ve République ; mais aussi sous la IVe – qui en est morte ; sous la IIIe et déjà sous la IIe République – celle de Badinguet ; sans oublier notre Première République – celle de la Terreur.

Ce qui est singulier dans les circonstances présentes, c’est le contraste entre certaines déclarations passées – mais récentes – et les décisions qui les contredisent...."
Cela montre que des possibilités de rejet des atteintes à la République existent . Les déclarations ne suffisent pas. L'abscence d'appel à la mobilisation du P"c"F est affligeant. La une de l'Huma .fr du 30 décembre sur la question : sauf erreur à signaler à Canaille le Rouge qui s'engage à rectifier,  silence du P"c"F :
De déchéance en déchéance
Pas d'illusion sur "l'aile non droitière affirmée" du PS. Juste pour pointer ce signal de la réalité du dérapage vers les ravines fangeuses de l'extrême droite par la Blummollet'connexion.
 
Chacun notera dans la période le silence réjouit du MEDEF qui voit l'état d'urgence lui libérer son espace repressif et le débat être déporté vers des espaces le faisant aparaître comme extérieur où pourtant sa responsabilité est totalement engagée : c'est historiquement sur la demande du patronat que la bourgeoisie française au pouvoir a structuré des politiques coloniales et migratoires (et sa capacité à atiser des réflexes racistes pour semer ses ferments de divisions) qui sont le creuset des questions non pas du chômage mais de la composition historique des catégories de ses victimes.
 
Si 20% et plus des jeunes des citées sont au chômage c'est d'abord la ghéttoïsation des banlieues ouvrières, (ceintures, puis "ZUP"puis "ZUS" ; espace de stockage de la force de travail préservant les centres villes et beau quartier de tout risque de contamination subversive) liée l'importation de main d'oeuvre à bas coût d'abord intramétropolitaine (Bretons Picards Languedociens etc.) par le patronant de l'industrie automobile la sidérurgie le BTP puis les commerces et les services pour peser sur ce "coût du travail" que le pouvoir de droite en place en 2015 persiste à vouloir comprimer pour gonfler les profits.
 
Chômage de masse qui nait avec les délocalisations industrielles sinistrant les bassin tetiles sidérirgiques, miniers ...regarder la carte de l'influence du f-haine et celle de l'abstention qui marque au fer rouge la désertion par les forces qui prétendaient représenter les abondonnés du droit social de vivre.
 
Cela ne peut ni ne doit excuser les inciviltés et crimes ou délits  mais ne pas non plus faire oublier qu'on a la délinquence de son milieu social . Ce ne sont pas les fraudeurs fiscaux, trafiquants d'oeuvres d'art et autres spéculateurs qui pourront démentir. La fraude à la sécu et le travail au noir c'est une alouette issue de 90% de la population pour un cheval provenant des 10% qui restent. Au point que certains d'entre eux (dont les 10%) savent avec brio jouer habilement de leur double nationalité pour se préserver des foudres de la justice (et là pour ces terroristes économiques ou culturels, pas de déchéance de nationalité de prévue).
 
Oui Valls est entrain de mériter l'accollement de ce "La" devant sont patronyme. Reste à savoir maintehant s'ils vont oser convoquer le congrès pour la saint Philipe (normalement -mais ont-ils encore des notions de normalité - cela leur est interdit tant que le pays est sous la férule de l'administration sous régime d'état d'urgence) ; quitte à faire des cadeaux au f-haine, autant leur livrer avec un emballage qui finisse de les séduire.
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Socialistes ou COMMUNISTES? Enjeux des congrès du PARTI [Tribune libre]

Socialistes ou COMMUNISTES? Enjeux des congrès du PARTI [Tribune libre]

Le PCF est né il y a 95 ans à Tours, il a été gravement endommagé, il y a 15 ans, à Martigues. Le 37éme congrès, convoqué en juin 2016, lui redonnera-t-il la formidable impulsion de ses débuts où au contraire  l'handicapera-t-il encore d'avantage? Tribune libre d'Enver, publiée sous la responsabilité de son auteur et n'engageant ni le PCF ni la Section Oswald Calvetti.

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1920: on ne peut pas aménager le capitalisme

Socialistes ou COMMUNISTES? Enjeux des congrès du PARTI [Tribune libre]

Le 25 décembre 1920, les socialistes français se réunissent à Tours pour leur 18ème congrès. Celui-ci s'achève, cinq jours plus tard.  Tandis qu'une minorité de congressistes reste fidèle à la SFIO (section française de l'Internationale Ouvrière), issue de la 2ème Internationale, la majorité se crée un nouveau mouvement, la section française de l'Internationale Communiste (SFIC), ancêtre du Parti communiste français.

Les socialistes affirmaient (et affirment toujours) qu’il est possible de réformer le capitalisme  dans le sens des intérêts du monde du travail. Cependant les délégués  constatent que ça ne marche pas :

•    La deuxième internationale (socialiste) a échoué : elle n’a pas évité la guerre de 14-18,
•    Le parti socialiste se montre incapable de faire voter au parlement des réformes sociales,
•    La CGT (à cette époque socialiste) est impuissante : les grèves tournantes de mai 1920, n'ont abouti à aucune avancée sociale mais  ont entraîné le licenciement de 18.000 métallurgistes,

Ils tirent donc la leçon de ces échecs et 2/3 d'entre eux fondent la section française de l'Internationale Communiste (SFIC), affiliée à la 3ème Internationale. Le Parti communiste est né. Son but, clairement affirmé, n’est pas d’aménager le capitalisme mais de le remplacer par le socialisme. 

A Tours, les délégués ont dit non à la guerre impérialiste, non au parlementarisme qui donne une place démesurée aux rôles des élus, non au réformisme, non au colonialisme, oui à l’internationalisme, oui au marxisme, oui à la classe ouvrière, oui à la solidarité envers les peuples opprimés et ils se sont donnés  un outil efficace  pour mener la lutte de classe qu’impose le capital: le Parti communiste français.

La mise en œuvre de ces résolutions sera plus compliquée et plus douloureuse  que prévue.  Il n’est pas question ici d’en faire le bilan  mais il faut noter qu'elle permit à notre parti d’être un acteur essentiel des luttes émancipatrices du 20ème siècle. 

Parmi toutes les avancées ainsi obtenues,  je voudrais en souligner une dont la perte s’avère aujourd’hui tragique. Le sociologue Julian Mishi en parle ainsi « Alors que de puissantes logiques sociales excluent les catégories populaires (ouvriers, petits paysans et artisans, employés des services…) de la vie politique, le PCF a effectivement réussi, pendant un temps, à contrer ces dynamiques inégalitaires. Tout un ensemble de dispositifs visaient à assurer l’accueil puis la promotion d’adhérents d’origine populaire, des adhérents qui avaient souvent commencé à militer au sein de leur entreprise à la CGT. Par ce caractère populaire, le PCF n’avait pas d’équivalent sur la scène politique et pouvait apparaitre aux yeux de beaucoup comme le porte-parole légitime de la   classe ouvrière ». 

2000:  au congrès de Martigues, on jette le bébé avec l’eau du bain

Socialistes ou COMMUNISTES? Enjeux des congrès du PARTI [Tribune libre]

En 2000, le calamiteux congrès de Martigues privera la classe ouvrière de son Parti.

Sous la houlette de Robert Hue et dans la confusion suivant la défaite des pays socialistes, les délégués jettent  le bébé avec l’eau du bain. Que ce soit sur la question de la classe ouvrière, de l’impérialisme, de la mondialisation, de la lutte des classes, de la Révolution, des alliances, du Parti, ils cherchent à tout prix à se séparer de thèses fondatrices du marxisme: plus de classe ouvrière mais « un mouvement citoyen », plus de socialisme mais « une société de partage » (une part pour le capital une part pour le travail ????!!!!).

Le bilan des décisions qui furent prises à Martigues n’a jamais été fait. Tout au plus peut-on constater, sans  bien sûr réduire les causes du déclin à cette seule explication, que notre Parti n’a cessé de depuis de dépérir…

2016: Remplacer le PS ou retrouver notre raison d’être ?

Socialistes ou COMMUNISTES? Enjeux des congrès du PARTI [Tribune libre]

Le 37éme congrès du Parti se tiendra du 2 au 5 juin.  Il est probable qu’on y retrouvera les questions débattues à Tours et à Martigues.

A coup sûr, ceux qui pensent qu’il est possible d’aménager un « alternative à gauche » à l’intérieur du système proposeront d'agréger notre Parti à un regroupement ectoplasmique de  « citoyens », de  type Syriza-Podémos. Leur objectif: remplacer et tenir le rôle de l'actuel parti socialiste en profitant du fait que celui-ci est  "carbonisé"  dans l’opinion par la politique de Hollande-Valls-Macron. 

Ceux qui ne croient pas à une "alternative à l’austérité" à l’intérieur du capitalisme s’intéresseront au moyen d’en sortir.  Leur préoccupation ne sera sans doute pas de refaire pour la nième fois un programme merveilleux (que l’on  n’appliquera pas plus que les précédents). Ils chercherons à mieux faire fonctionner le Parti pour qu’il puisse retrouver son rôle et son efficacité pour l’émancipation de tous les exploités; cela dans les redoutables conditions de la France d'aujourd'hui.


Pour éviter le naufrage sociale démocrate et  mettre en ordre de marche un parti révolutionnaire ouvert, accueillant et efficace il faudra, plus que jamais,  "Que les bouches s’ouvrent" (*) . A nous d'y veiller.

Enver
 

(*) Titre d’un article du secrétaire général du Parti ,  Maurice Thorez, paru dans l’Humanité en 1931. Dans cet article Maurice Thorez en appelait aux militants pour sortir le Parti des graves difficultés dans lesquelles il était plongé. Jusqu’à Robert Hue cet article fut  régulièrement soumis à la réflexion des militants dans les moments difficiles.

SOURCE : Rouge Cerise

Publié par Michel El Diablo

C'ÉTAIT EN 1981... Mais les choses ont-elles vraiment changé SINON EN PIRE car il n'y plus de parti communiste digne de ce nom !

Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1997

Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1997

 

 

 

Il y a 95 ans la nuit finissait à Tours

 

Publié le 29 Décembre 2015

80 ans plus tard,
elle retombait à Martigues.
 
Il y a 95 ans la nuit finissait à Tours
Depuis, le mouvement ouvrier et démocratique erre dans une nuit polaire qui n'en finit pas.
 
Pendant ce temps, une poignée de notables hante les antichambres de l'ex SFIO devenue solférinicratie, la rejoint en votant l'état d'urgence, tandis que le monde du travail souffre et n'entrevoit pas d'issue dans le moment. 
 

Rédigé par Canaille Lerouge

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Marcel Trillat. « Quand il y avait Berlinguer »

 

Hommage circonstancié au dirigeant et intellectuel italien
 

MARDI, 29 DÉCEMBRE, 2015

L'HUMANITÉ

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Guillaume CLEMENT
 

Par Marcel Trillat Réalisateur
 

La télévision, si souvent décevante, offre parfois des moments miraculeux, d’une beauté à pleurer. C’était le cas le soir du 15 décembre sur Arte. Deux documentaires diffusés coup sur coup, comme si, l’espace d’une soirée, s’affrontaient sous nos yeux le pire et le meilleur de cette espèce paradoxale : l’humanité. On venait de subir, accablés, les aboiements de haine de l’auteur de Mein Kampf et, sans transition, comme pour nous consoler, comme pour nous dire : « Attendez, ne perdez pas espoir, l’espèce humaine n’enfante pas que des monstres assassins de masse. Elle a parfois le visage d’un ange ! »
 
En une heure, Walter Veltroni faisait revivre l’un de ces êtres qui semblent avoir été touchés par la grâce, Enrico Berlinguer, secrétaire général du Parti communiste italien, symbole inoubliable de cet « euro-communisme » qui enchanta tellement notre jeunesse. Autre paradoxe, cet homme admirable avait fait son apparition en Italie une poignée d’années après la mise hors d’état de nuire de l’autre monstre qui galvanisait les foules en hurlant lui aussi à la mort, Benito Mussolini, l’inventeur du fascisme.
 
Difficile d’imaginer deux hommes, enfantés par la même nation, la même civilisation, plus opposés que ces deux-là : le matamore bouffi d’orgueil, brutal et sans pitié, et l’humaniste timide, nageant dans ses costumes, provoquant l’adhésion et l’affection de milliers de ses concitoyens grâce aux seules armes de son charme, de son intégrité, de son intelligence, de sa force de conviction, de sa main tendue fraternelle. Défenseur des humbles, ami des artistes, bête noire des Américains, des services secrets à leur solde et de la fameuse loge P2, c’est aussi un démocrate intransigeant et courageux qui n’hésite pas à faire l’apologie de la liberté, à Moscou, en plein congrès du Parti communiste soviétique, sous le regard glacial de Leonid Brejnev, qui vient tout juste d’envoyer ses chars mater à Prague les partisans du « socialisme à visage humain ».
 
Je sais, je sais, pour un marxiste « il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun », et ce sont les peuples qui décident de leur destin, pas les leaders, si charismatiques soient-ils. Parfois, pourtant, il y a comme un état de grâce entre les uns et les autres, fait de respect mutuel, étranger à toute manipulation. Enrico Berlinguer était l’ami de Salvador Allende et ce n’est pas par hasard. La dernière séquence du film tire les larmes. Berlinguer est en campagne électorale à Padoue. Il va jusqu’au bout de son dernier discours qui se termine par un hommage vibrant aux femmes luttant pour leur émancipation. Ivre de fatigue, il vacille sous les encouragements de la foule : « Enrico ! Enrico ! » Dans quelques heures, il va mourir dans sa chambre d’hôtel. Les images de ses obsèques à Rome sont bouleversantes. Tout un peuple en larmes, des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des prolétaires, des intellectuels. Près du cercueil, un homme effondré, Marcello Mastroianni.
 
Quelques années plus tard, j’étais correspondant de France 2 à Rome. François Mitterrand est venu passer quelques jours de vacances en Toscane. À ma grande surprise, les premiers à venir se prosterner devant celui qu’on surnommait « le Florentin », dont l’excellent film de William Karel montrait, la veille justement sur France 2, à quel point il était la parfaite antithèse d’Enrico Berlinguer, furent ses successeurs – Occhetto, D’Alema – qui s’apprêtaient à faire du grand PCI un petit parti démocrate à l’américaine, converti sans état d’âme au plus pathétique des libéralismes. Berlinguer était bien mort. Deux fois !
Faire retrouver au communisme  son fondement démocratique 
 

Né le 25 mai 1922 en Sardaigne, celui qui en deviendra
le secrétaire général de 1972 à sa mort, le 11 juin 1984, adhère au Parti communiste italien (PCI) en 1943 en même temps qu’il participe à la résistance antifasciste. Élu au Comité central en 1948, Enrico Berlinguer est nommé par Palmiro Togliatti responsable des jeunesses communistes italiennes en 1949. Élu député en 1968, 
il critique lors d’un congrès à Moscou l’invasion de 
la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques pendant 
le printemps de Prague. « Nous voulons parvenir 
à réaliser, dans l’Occident européen, un modèle économique, social, étatique, qui ne soit plus capitaliste mais qui ne recopie aucun modèle et ne répète aucune des expériences socialistes jusqu’ici réalisées, et qui,
en même temps, ne se réduise pas à exhumer des expériences de type social-démocrate, lesquelles se sont limitées à la gestion du capitalisme », déclara-t-il dans 
un entretien à la Repubblica daté du 2 août 1978 intitulé « L’identité du PCI ». « Berlinguer voulait que le PCI 
se réapproprie pleinement la représentation de classe », écrit Guido Liguori, dans Berlinguer rivoluzionario. 
Ses héritiers politiques, qui poussseront à la dissolution du PCI en janvier 1991, liquideront son héritage 
en se mettant à la remorque du réformisme libéral.


Cela n'arrive pas qu'aux autres, communistes français, inutile de jouer les autruches, nous sommes largement engagés dans le même processus qui a conduit à la liquidation du PCI (Parti communiste Italien) la survie du PCF dépend pour l'essentiel de la capacité de résistance des militants de base.

 

Pietro Ingrao, le communiste italien qui voulait la lune et la paix. [Suite...]

Italie. Décès d’Armando Cossutta. [Suite...]

Guido Liguori : « À l’origine de la dissolution du PCI, un déficit de conscience théorique ». [Suite...]

 

Guido Liguori retrace ici de manière magistrale la mort en 1991 de l’organisation de masse qu’était le PCI : le travail de trois générations de militants sacrifié en 15 mois. Pour donner quoi ? Un autre parti (PDS) qui changera encore deux fois de nom pour un échouage final dans un alliage avec un pan de l’ex-Démocratie chrétienne…

 

Au regard de l’étiage auquel est aujourd’hui tombée la vie politique italienne, on mesure l’étendue de la perte que constitue la liquidation en 1991 de cette organisation de masse qu’était le PCI. Le travail de trois générations de militants sacrifié en 15 mois sur l’autel du mouvementisme sociétal, du happening multipolaire et de l’abandon de la centralité de la lutte des classes. Pour donner quoi ? Un autre parti (PDS) qui changera encore deux fois de nom pour un échouage final dans un alliage avec un pan de l’ex-Démocratie chrétienne…


Pourtant ce coup de force n’a pas été un coup de tonnerre dans un ciel serein, mais le résultat d’une longue incubation d’un PC où grandissait le réformisme et pour lequel la chute de l’URSS ne sera en fait qu’une aubaine saisie au vol pour le passage à l’acte final.

Qui a tué le Parti communiste italien ?

 

GUIDO LIGUORI

357 pages

13,20 euros

Référence : 978-2-915854-32-9

 

 

Ami, entends-tu ?

 

Publié le 28 Décembre 2015

la réaction,
sous toutes ses formes,
qui se déchaîne.
Ami, entends-tu ?

"Dans l’après-midi, après s’être déplacés, sans incident, dans plusieurs lieux d’Ajaccio, environ trois cents manifestants s’étaient massés aux portes du quartier populaire ajaccien des Jardins de l’Empereur, faute de pouvoir y pénétrer comme ils l’avaient fait les jours précédents en raison d’un arrêté préfectoral pris dans la nuit de samedi à dimanche et valable jusqu’au 4 janvier. Une cinquantaine de personnes étaient encore sur place en fin d’après-midi.

« L’arrêté a été parfaitement respecté », a assuré le préfet de Corse Christophe Mirmand sur BFM TV, relevant que les manifestants n’avaient pas cherché à entrer dans le quartier sécurisé par un important dispositif de police." 
Le Monde 28/12/2015
 
L'Etat d'urgence interdit les manifs à Paris ; le pouvoir laisse les factieux s'organiser et défiler à Ajaccio. 
 
Que les crétins ayant agressés pompiers et policiers soient retrouvé et présenté à un juge, bien sûr. mais laisser se lonter des expéditions punitives sur des bases, cela resemble trop à la tolerence d'une forme de pogrom pour ne pas dénoncer la tolérance gouvernementale  (pour une chemise de soie LaValls avait mis la France en émoi.
 
Et là, "il contient".
 
Notons qu'on a jamais vu de "manif de masse" à Ajaccio pour aller chercher les incendiaire de maquis, les truands qui tirent à l'arme de guerre dans les rues ou les affairistes verreux et autres promotteurs délinquants qui pillent les finances insulaires. 
 
C'est bien d'une structuration fasciste qu'il s'agit avec ces évènements (qui sont tout sauf que des incidents).
 
En vérité ce que fait le gouvernement c'est marquer un pli contre le mouvement populaire en satisfaisant par ce cadeaux la vieille réaction française qui depuis son "dehors les métèques" des années 30 combat le droit du sol né avec la Révolution.
 
Ami, entends-tu ?
Pour ceux qui avaient encore des doutes, le twitt ci dessus, juste sorti de la benne à ordure.
 
Voila le choix de LaValls. Il laboure et sème les autres sauront sarcler et récolter.
 
Il est à noter (et Canaille le Rouge attend toujours le moindre embryon de démenti argumenté) que depuis aout 14 toutes les mises en guerre dont celles coloniales, les régression et répressions sociales majeures, toutes ont été initiées et mises en oeuvre par la galaxie "SFIO Radicaux". La droite ne faisant "qu'affiner le produit" voir parfois (guerres coloniales) organisant sous la pression populaire la sortie du marigot.
 

Rédigé par Canaille Lerouge

♫ Méditerranée, égout de fanges accumulées♫, de Franco à Bénito passant par Ajaccio

 

Publié le 27 Décembre 2015

 

♫ Méditerranée, égout de fanges accumulées♫, de Franco à Bénito passant par Ajaccio
 
♫ Méditerranée, égout de fanges accumulées♫, de Franco à Bénito passant par Ajaccio
Franco et Milian Astray 1936, faschos d'Ajaccio 2015.
 
Belle image de la continuité de la finesse intellectuelle du fascisme ordinaire 
 
De la connerie comme un des beaux-arts:
 
Agiter un drapeau à tête de Maure
pour hurler "les arabes dehors". 
 
Version 2016 de la bêtise crasse du socle putride du fascisme ordinaire.
 
Imaginez-vous  à Cherbourg hurler " sauvons La Hague, les Wikings à Copenhague" ou à Roissy "boutons les francs hors d'ici" ?
 
C'est un retour au source de tous les poncifs gluants du fascisme. 
 
Le général espagnol José Millán-Astray est l'auteur du cri de ralliement franquiste pendant la guerre d'Espagne « Viva la muerte ».
 
En matière de fascisme ce clone de Bénito en connait un rayon.Il est aussi l'auteur de ce célèbre  « À mort l'intelligence ! » cri de guerre prononcé en octobre 1936  à l’université de Salamanque, contre son recteur le philosophe Miguel de Unamuno (lequel pourtant à l'étalonage de mesure franquiste était loin d'être un dangereux bolchévik).
 
Les brailleurs d'Ajaccio sont de cette fange de la société : hooligans au stade le samedi, pogromistes dès la nuit tombée.
 
C'est ainsi que la boucle se boucle avec ceux qui veulent "corsiser" la Corse, y insulariser "la France aux français" (qui dès lors ici perdent leur droit à majuscule) et installer le droit du sang (qu'ils aiment voir verser si c'est celui des autres) contre le droit du sol de tous ceux qui y produisent les richesses captées par toutes les formes de mafias, en tête celle du capital (Voir le scandale de la "privatisation" spoliation du peuple français (corse comprise) dans l'affaire de la SNCM.
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Le train du déshonneur. Fanon ou Macron il faut choisir

 

Publié le 26 Décembre 2015

Deux ans après avoir tenu des propos forts
concernant une figure emblématique
de l'engagement citoyen,
la balle est dans son camp:
y rester ou le quitter ?
la réponse mesure
le niveau de conscience
Le train du déshonneur. Fanon ou Macron il faut choisir
 
Ch. Taubira, Garde des Sceaux, c'est à dire gardienne de ce qui engage la parole et la signature de la France, s'apprête à organiser l'actualisation de la loi qui a servi à fabriquer des banis et des apatrides.
 
Elle qui se parfume de défendre les valeurs portées par un des plus grands penseurs francophones de la seconde moitié du 20eme siècle, Frantz Fanon, ne peut pas ne pas mesurer le sens de ce qu'elle peut ou pas avaliser.
 
Rester comme bernique sur le rocher du camp Hollande Valls Macron, quand on rappelle le parcours de Frantz Fanon,  est un exercice des plus périlleux tant l'Homme fut sans concession:
 
Frantz Fanon est né en 1925 à Fort-de-France (Martinique), territoire français de par la grace de la traite négrière, des planteurs et esclavagiste devenue département par décision des héritiers des précédents et des relais dont ils disposent en métropole.

Fanon abandonne ses études secondaires au lycée Schoelcher (où il est l’élève de Césaire) pour partir libérer la France occupée par les nazis. Il prend les armes à 18 ans, accompagné de son ami Marcel Manville, Fanon est blessé dans les Vosges alors qu’il combat avec les volontaires antillais. Il découvre le racisme et la discrimination propres à la France hexagonale.

Il revient en Martinique pour passer son baccalauréat avant de repartir en France où il fait ses études de médecine à Lyon.

En 1952, il publie son essai fondamental Peau noires, masques blancs. La question du racisme et de ses victimes, véritablement aliénées, y est abordée d’un point de vue psychiatrique. Cet essai fait scandale, y compris dans les milieux intellectuels parisiens dits progressistes, où Fanon découvre à quel point les préjugés sont virulents sous le vernis de la bonne conscience.

En 1953, Fanon est médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida (Algérie). Un an plus tard, il prend résolument le parti du FLN pour l’indépendance de l’Algérie. En 1956, renonçant à sa carrière, il remet sa démission au gouverneur de l’Algérie, Robert Lacoste, qui l’expulse. Dès lors Fanon, réfugié à Tunis, prend une part active au FLN, s’exposant à plusieurs attentats.

Après avoir participé en 1959 à la délégation algérienne au congrès panafricain d’Accra, il est nommé ambassadeur du gouvernement provisoire algérien au Ghana.

Atteint d’une leucémie, il est soigné à Moscou, puis à Washington et il meurt en octobre 1961 à Bethesda (Maryland) sous le nom d’Ibrahim Fanon, peu après la publication de son second ouvrage majeur, Les damnés de la terre, à l’époque interdit en France, où il développe une condamnation sans appel de la colonisation.

Frantz Fanon, déchu de la nationalité française, est enterré en Algérie.

Mais en France, comme dans le reste du monde, l’influence de sa pensée et son oeuvre est immense.
 
A donner des gages à la droite et à son extrême on fini dans leur même gamelle.
 
A force de déchoir, les ministres de ce gouvernement et ceux qui le soutiennent se mettent au ban de la civilisation. C'est la piste pour rester dans l'histoire comme Taliban de l'ordre bourgeois.
 
Alors, madame Taubira, la déchéance de nationalité vous continuez ?
 
Ayez donc la grandeur de quitter le radeau de la méduse avant que les requins bleus et blancs bruns ne viennent vous sacrifier.
 
Il vous reste peut de temps pour basculer dans la honte ou sortir avec les honneurs des marais fétides du marigo matignonesque.
 
Le train du déshonneur. Fanon ou Macron il faut choisir
Le train de l'histoire ne siffle jamais trois fois
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Réflexions de fêtes : Cette société ne conçoit plus le bien sans la marionnette du mal

 

27 Décembre 2015

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Ce qui se passe en Corse est inqualifiable comme tout acte raciste qui prétend restaurer la légalité républicaine par une ratonnade ou un pogrome, mais voici des années maintenant que chacun se prête à ce que la lutte des classe soit ainsi transformée en caricature raciale et communautariste. Le fond de l’affaire, la responsabilité essentielle revient bien sûr à ceux qui ont intérêt à un tel simulacre fasciste.

 

Regardez ce qui se joue, qu’il s’agisse du péril dit « terroriste », mais dont l’origine, chacun le sait, est à rechercher dans les interventions occidentales détruisant des nations pour mieux les piller, font  régner le chaos  entretenu par des potentats alliés des occidentaux comme les Souadiens ou le gouvernement turc, ou qu’il s’agisse de la délinquance, fruit de la misère mais aussi lumpenprolétariat voyou qui protège dans les quartiers dits sensibles l’emprise fondamentaliste, les principales victimes en  sont les musulmans.

 

Cela ne veut pas dire qu’il faille tout tolérer au nom des « victimes » réelles, mais bien au contraire il s’agit de partir des victimes réelles et des coupables pour lutter contre tous les viols de légalité, de la souveraineté nationale  l’insécurité générée par la voyoucratie.

 

L’impérialisme et le capitalisme a intérêt à désigner parmi les victimes les boucs émissaires, pour mieux poursuivre ses propres exactions et le tonneau sans fond des crimes qu’il engendre.  Cela ne devrait pas étonner un communiste, un marxiste ; si eux- mêmes ne cédaient pas à la même idéologie et aient peur de s’opposer aux véritables coupables, quitte à mettre tout le monde dans le même sac jusqu’à accepter la loi d’urgence…  Et dans le même temps parce qu’ils sont désormais incapables de se battre pour l’emploi, le pouvoir d’achat, la paix sur des bases de classe, il s’alignent sur certains bobos qui jouent d’autant plus les dames patronnesses qu’ils ne vivent pas aux côtés des victimes.

 

J’ai subi quelques chocs ces derniers temps, ne parlons pas de l’inertie au plan international, lutte pour la paix, solidarité avec les communistes interdits, reprise des analyses médiatiques les plus éculées, il y a longtemps que les communistes semblent avoir renoncé à se situer dans un monde international. Mais même au niveau national,  par exemple la mobilisation pour « Charlie » en janvier dernier. Il aurait fallu beaucoup de réflexion sur ce qui se passait, offrir d’autres perspectives que l’émotion.

 

J’ai vécu avec distance cette mobilisation, faute d’une pensée collective qui soit raison et pas pathos.  D’abord parce que qu’on le veuille ou non elle affirmait la défense des « valeurs » de l’occident de tolérance, de liberté face à l’obscurantisme supposé du monde du Moyen orient et du Maghreb. Excusez-moi mais en tant que communiste, me situant dans l’Histoire et pas dans l’immédiateté, j’ai tendance à voir les responsabilités sur ce qui se passe en méditerranée également chez nous. Il y a eu la colonisation, celle-ci se poursuit, mais aussi plus récemment les expéditions punitives auxquelles je me suis opposée d’abord avec les communistes puis de plus en plus seule. Il ne reste à titre de traces que le cas palestinien, devenu lui-même exclusif de tout autre lutte et communautarisé à son tour. Donc proclamer que la France est terre de liberté d’expression et de paix alors que partout nous sommes parmi les forces réactionnaires qui entretiennent des troupes de voyous, ce n’est pas avancer sur le chemin de la transformation nécessaire mais nous entretenir dans le « choc des civilisations » et à ce titre ce qui se passe en Corse est la simple caricature d’une manière d’être intolérable. Quand le PCF a renoncé à être une avant-garde, était-ce une manière de s’aligner sur le politique démagogique ; à chercher non pas à tracer une perspective mais les moyens de plaire en suivant  les pulsions politiques, les stéréotypes et se condamner à jouer les arrières gardes du politicien ordinaire? En outre, si je n’ai pas pu adhérer à Charlie, c’est parce que ces vastes mouvements de foule n’avaient pas eu lieu quand trois petits enfants avaient été tués pour la seule raison qu’ils étaient juifs. C’était en quelque sorte normal de tuer des enfants parce qu’ils étaient juifs, donc israéliens et futurs maîtres du monde selon certains crétins complotistes qui n’étaient pas tous à droite loin de là. J’en ai eu la preuve quand cette imbécile qui se croyait communiste m’a expliqué que c’était le mossad qui avait tué ces enfants ou quand cette fille de républicains espagnols m’a déclaré que les juifs emmerdaient tout le monde avec leur Shoah, ou quand des défenseurs des palestiniens ont prétendu non pas me faire signer une pétition contre le CRIF, mais en soutien de Pascal Boniface qui avait expliqué que le gang des barbares était le produit du CRIF. Exactement la démarche de ceux qui aujourd’hui se croient autorisés à hurler leur haine dans une cité d’Ajaccio, attribuer à tous les juifs, à tous les musulmans, la faute commise par certains voyous ou fascistes.

 

C’est ça la démarche des Corses, mais aussi celle des indigènes de la République, revendiquer la vengeance contre tous au lieu de dénoncer le capital, racialiser la lutte des classes. Et cela va désormais bien au-delà des dits indigènes de la république, on part dans les cités sensibles avec pour seule bannière le foulard palestinien et on invite ces cités à voter contre Marine Le Pen. Il n’y a rien d’autre à leur proposer, ni lutte ensemble pour le droit à la santé, à l’éducation, utiliser leur peur et l’insécurité profonde qui est la leur et qui dépasse largement la violence d’une terre sans loi mais l’utilise comme tous les lumpenprolétariat pour rendre la vie de tous impossible et déporter toujours plus la société vers la droite.

 

Et le chœur médiatique tel des charognards en train de croasser au-dessus de nos peurs et de nos solitudes qui provoquent les mouvements de foule sur la haine et le vide social nous incite à ces regroupements fictifs pour nous faire oublier ce qui nous manque réellement et qui en est à l’origine…

 

Ces imbéciles en train de s’ébaudir sur les fines manœuvres de Hollande pour l’emporter au présidentielles sur ce désespoir organisé nous montre jusqu’où nous sommes désormais tombés, ne plus être capables de voir le bien, si on ne monte pas la marionnette du mal, le grand Satan, l’autre.

 

Je voudrais terminer ces réflexions par une anecdote. Je passe tous les dimanche et les jours de fête dans la maison de retraite de ma vieille mère qui a 97 ans. C’est un endroit exceptionnel, un hôtel 4 étoiles où le personnel se dévoue pour favoriser la convivialité, mais parfois il est dur de continuer à aider à vivre des gens qui perdent l’ouïe, la vue et le désir d’être ensemble. Alors je joue au dominos avec eux et le jour de Noël j’ai vu certains d’entre eux revivre. Beaucoup d’entre eux avaient été accueillis dans leurs familles, ceux qui restaient étaient les délaissés et ma mère qui ne veut pas sortir. L’une d’entre eux qui a 95 ans était déchirée parce que son fils unique était parti au ski sans même l’embrasser. Elle avait quitté Toulouse pour se rapprocher du fils à Marseille et jamais il ne venait la voir. Elle avait un pull et un tricot, un chef d’œuvre fait de ses mains. Elle a commencé à nous raconter sa vie, son père mineur et elle allant à l’école avec des sabots. Nous avons parlé de la mine, je leur ai raconté celle du Ladrecht dans laquelle j’étais descendue quand le PCF se battait pour sa survie. Elle s’est mise à nous expliquer son travail de mécanicienne en confection, les poches faites en série… Un homme qui était technicien dans la sidérurgie est intervenu et nous avons décrit ensemble la fonte de l’aciérie, les brames en fusion… Je leur ai raconté mon métier de sociologue dans les usines… Tous ces gens étaient en train de revivre, ils avaient trouvé un langage commun, celui du Travail. Quand je les ai quittés, ils m’ont tous remercié en disant la bonne journée qu’ils avaient passée.

 

Sans le travail, sans la création il n’y a aucune raison de vouloir vivre ensemble, peut-être le voyage dans le respect de l’hôte  donne le temps de la récréation, la curiosité, encore faut-il l’apprendre, le pratiquer comme un art qui n’a rien à voir avec le tourisme.  Le tourisme, la consommation correspond  à cette vision de missionnaire imposant sa foi à qui n’en a rien à foutre… Ce plaidoyer de politicard vendant avec démagogie sa propre vertu au moment même où on  traite l’autre avec inhumanité. La coopération engendre le respect alors que l’idéologie de « l’amour » et des droits de l’homme n’est le plus souvent qu’un leurre qui couvre de plus en plus l’innommable dans les pratiques. Le racisme n’est pas qu’un mal, il pénètre ce que nous croyons être notre vision du bien, notre référence insupportable à l’éthique.

 

Pourquoi je vous dis ça, parce que je ne supporte plus cette vague identitaire et que le vivre ensemble c’est de créer ensemble et tout est fait pour nous empêcher d’œuvrer ensemble… D’avoir le sens des différences, mais dans la coopération et pas dans le mythe fusionnel imaginaire et morbide… Qui nous laisse comme des épaves  abandonnées au seuil de la mort un soir de Noël….

 

Joyeux Noël et bonne année
Danielle Bleitrach

 

Je fais des cauchemars récurrents, de ceux qui récurrent même les casseroles les plus sales.


Cette nuit, j’ai à nouveau cauchemardé grave :


Et si F.H. gagnait les primaires chez les « républicains », loin devant Juju et Nico ?

Et si le Medef se donnait pour président un migrant catalan, un étranger, un vrai, un bien intégré, pas ambitieux ni brutal pour deux sous ?

 

Et si l’on proposait des macronis aux pauvres et des macaronis aux autres ?

 

Cette nuit, j’ai cauchemardé grave :


Et si au nom de « l’état d’urgence exceptionnellement permanent » nous allions pilonner La Paz, pour le fun ? Et si nous accordions l’asile aux fantômes de Daladier, de Pétain, de Laval, de Papon, de Thiers, de Franco, de Pinochet ?

 

Si au lieu de bombarder la Syrie nous bombardions le PSG ? Il paraît que ceux qui finance(raie)nt le terrorisme aiment aussi le ballon... surtout rond ! Les ronds bien ronds. Les pépètes... et la dèche pour les autres.

 

Cette nuit, j’ai cauchemardé grave :


Et si les militants étaient invités, comme en 40, à rejoindre les bois par petits groupes pour s’y reposer, méditer sur la COP21, étudier comparativement le comportement des corbeaux d’aujourd’hui et de ceux d’hier, réfléchir aux bienfaits du droit du sang, de la « race », du tout sécuritaire, de la peur de l’autre, d’une démocratie « d’exception », de « basse intensité », d’une « dicta-molle » ?

 

Et si pour assurer leur « lisibilité », on obligeait les « rouges » à porter l’étoile rouge ?

 

Si on les hébergeait gratuitement dans des camps à la belle étoile écolo,flanqués du statut protecteur d’« indésirables », d’« ennemis de l’intérieur », pour permettre au « système » d’œuvrer au bien commun des classes dominantes si nécessiteuses ?

 

Et si on enterrait un « Front de Gauche » qui n’a jamais vraiment existé, que l’on n’a jamais voulu structurer à la base pour que « le peuple » en fasse son affaire, son à faire ?

 

Et si on le réduisait une nouvelle fois à des manœuvres d’appareil, à des calculs boutiquiers, à une addition de généraux aux maigres troupes, et à de petites, toutes petites, ambitions personnelles de tel ou tel ? Et si certains préféraient la tambouille politicarde façon « caste » ? Et si pour le « sauver », l ’« élargir », on tuait définitivement cet espoir ? Sans rendre des comptes...

 

Cette nuit, j’ai cauchemardé grave :


Et si on l’on « repartait », au nom de la lutte contre le « danger fasciste », avec cette « gauche » plurienne, cette nouvelle droite qui délibérément a saigné et saigne et trahit et méprise et humilie, et réprime, les banlieues, les couches populaires, les militants, les immigrés, les déchireurs de chemises garde chiourmes, les exclus, les précaires, les mauvais étrangers, qui trucide par calcul les valeurs de gauche, qui renie une laïcité ouverte, le mélange, le partage, la lutte des classes ; qui a entrepris la « liquidation » méthodique des forces anticapitalistes pour enterrer -enfin- toute possibilité d’émancipation sociale, culturelle, humaine...?

 

Au petit matin, j’ai enfin rêvé :


Et si la gauche, sans besoin de préciser « de gauche », se recomposait pour de vrai, incarnait à nouveau des projets de rupture, mobilisateurs, généreux, des idéaux, des utopies, des passions, des espoirs, si elle recrédibilisait le changement de société, engageait la refondation du socialisme et se le fixait comme chemin, comme « étoile » ?


Si elle reprenait des valeurs abandonnées et dévoyées par les uns et les autres : la nation et l’internationalisme, la souveraineté nationale, l’insécurité sociale, le terrorisme de la pensée unique, la justice sociale et écologique...

 

Mon Dieu, délivrez-moi de mes cauchemars cauchemardesquement cauchemardesques, et rendez-moi mes rêves d’antan !

 

Hier, nous répandions au col de Py, dans l’Ariège, les cendres d’un guerrillero espagnol (le commandant « Robert ») ; il prit les armes, après l’Espagne, pour défendre par antifascisme un pays qui le reçut pourtant comme un chien, comme un « étranger indésirable ».

 

Debout les consciences, debout les résistants d’aujourd’hui, debout les utopistes concrets !

 

Jean Ortiz
Samedi, 26 Décembre, 2015

»» http://www.humanite.fr/blogs/mon-dieu-delivrez-moi-de-mes-cauchemars-593964
URL de cet article 29770 

27 décembre 2015

Le respect des lois de la République est un devoir pour tous.

 

Une embuscade, visiblement préparée de longue main, pour agresser des pompiers dont l’unique mission est de porter secours à autrui, est un acte criminel. Il ne peut être que le fait d’une bande de voyous qui prétend interdire à quiconque l’accès à un territoire sur lequel elle voudrait exercer impunément ses activités délictueuses.

 

L’indignation générale et la solidarité massive à l’égard des sauveteurs sont parfaitement légitimes. Elles se sont exprimées avec toute la détermination nécessaire, dans le respect des principes et des lois de la République.

 

Elles ne sauraient dégénérer en représailles antireligieuses et en manifestations racistes. Nul n’a le droit de confondre l’immense majorité des musulmans de Corse, qui ne pose aucun problème à personne, avec une poignée de voyous masqués qui s‘en est pris aux pompiers et aux forces de l’ordre.

 

Le respect des lois de la République est un devoir pour tous : ce principe vaut pour les agresseurs cagoulés comme pour les « vengeurs » instrumentalisés.

 

C’est aux forces de l’ordre et à elles seules, qui revient de traquer les voyous et de les traduire devant les tribunaux. Le calme doit revenir. Tous, élus, pouvoirs publics et simples citoyens doivent retrouver le chemin d’un vivre ensemble qui tarira, à la source, le recrutement des bandes mafieuses.

 

26 12 2015

 

Les fédérations PCF de Corse du Sud et de Haute Corse

Foyers de putréfactions et d'infections fascistes

 

Publié le 26 Décembre 2015

A qui profitent les crimes ?
Quand l'identité sert
de contrefeu réactionnaire
à l'exigence de souveraineté,
c'est de lutte de classe
qu'il s'agit.
 
Foyers de putréfactions et d'infections fascistes
Droit de tirer sur les immigrés en Hongrie, arabophobie en Scandinavie, la Pologne réaffichant ses vieux démons, nazis antisémites en Ukraine, criminalisation des communistes en europe orientale et pays baltes.
 
Retour vers des religions décrètées pivots sociaux de la société française avec le ministre de l'intérieur de la République Française officiellement présent à un culte catholique le 24 décembre tandis que se déroule un pogrom antislamique en Corse. (saccager un lieu de culte rappelle la sinistre nuit de cristal et fait partie de la définition de l'acte).  
 
Peut-on répondre à la barbarie fasciste de janvier et novembre 2015 par un état d'urgence permanent en laissant un élus monter une milice privée et laisser des adeptes des bras tendu faire la loi à Ajaccio? Honorer ici les goupillons et banaliser la mise a sac d'une salle de prière ? C'est dans ce débats qu'on cherche à nous enfermer.
 
Personne qui regarde la nature fondamentale des régimes des pays traversés par cette déferlente que Camus a si bien nommé : la Peste.
 
A qui cela profite-t-il? Qui se cache derrière le concept d'identitaire ? Comment expliquer cette coordination des menées fascistes ? Qui les finances et comment ? De Daesh au F-haine, des loups gris de Turquie au Vlaams-Blok de Belgique, Pégida d'allemagne, ligues d'Italie etc..UDC en Suisse et autres nationalistes intra ou extra Schengen, qui y trouve son compte (rarement terme ne fut si bien ajusté à la réalité).
 
Curieux comme ceux qui dénient aux peuples leur droits politique à la souveraineté caresent dans le sens du poils une pseudo identité.
 
Voici le point de vue de Francis Arzalier, Historien auteur d'un ouvrage  "les Régions du déshonneurs" paru aux éditions Vuibert (Albin Michel). en 2014.
 
Dans sa présentation, nous pouvons lire cela, quelle actualité : 
 
"Quatre vingts ans après les « années 30 », l’actualité semble revenue des identités exacerbées, manipulées. Au Maghreb, la Libye livrée au chaos des séparatismes concurrents par l’invasion française, exsude des armes et des bandes armées en tâche d’huile, jusqu’au Sahara et au Sahel : trafiquants djihadistes au Mali, en Centrafrique ou Nigéria, prétextant une religion, une ethnie, une langue, tous agressent leurs peuples et justifient les interventions extérieures armées. En Europe, les séparatismes s’enflamment, en Ecosse contre le Royaume Uni, en Flandre contre la Belgique, en Catalogne contre l’Espagne, etc.
En Ukraine, des opposants en appellent à « l’Europe » contre un gouvernement élu, jugé trop russophile, et les héritiers des « nationalistes » pro-nazis déboulonnent la statue de Lénine à Kiev.
En France, patrons et salariés mêlés en « bonnets rouges » se rassemblent à Carhaix sous une mer de drapeaux à l’hermine noire, et dénoncent « Paris », et exigent que la Bretagne ait un sort particulier au sein d’une « Europe » aspirant à être fédérale…   Les « leçons du passé » oubliées, n’auraient-elles servi à rien ?".
 
Le texte qui suit est daté du 7 décembre. 3 semaines plus tard, quelle actualité, et surtout des outls de reflexion et pistes d'analyse pour construire la riposte !
 
DES VILLAGES DE CORSE A CEUX DE PICARDIE, DE DRESDE A COPENHAGUE, LE BALLET DES IDENTITÉS AGRESSIVES
 
Si on en croit nos médias quotidiens, ces temps derniers, l'identité se parfume à la haine de l'autre.
 
Juin 2015: alors qu'un été flamboyant se déploie sur les collines corses, le village de Prunelli di Fiumorbu fait durant quelques jours les titres des journaux à son corps défendant: des parents d'élèves y ont refusé de laisser leurs enfants chanter à la kermesse de l'école une chanson en langue arabe ( celle des quelques immigrés du lieu ), a côté du français, du corse, de l'anglais. Dans la foulée, de courageux anonymes, par le biais des " réseaux sociaux ", ont menacé les institutrices au nom leur identité " menacée d'invasion ", sont venus taguer les murs de slogans anti-Arabes, et les ont contraintes à annuler la fête.
 
Ne nous méprenons pas : ce lamentable fait local n'est pas, contrairement aux assertions de la " grande presse " française, symptomatique d'une " société corse en crise " ( Le Monde ), mais l'indice parmi bien d'autres d'une xénophobie fort répandue de Méditerranée à la France du Nord, voire a l'ensemble du continent européen.
 
Le pire en matière d'identités agressives vint en novembre, a l'issue d'une arrière saison si ensoleillée qu'elle incitait à l'optimisme. Et pourtant, le 13 de ce mois ont lieu des centaines d'assassinats dans les rues de Paris, perpétrés par de jeunes Français qui ne se reconnaissent plus dans leur nation et leur famille, au point de leur cracher leur haine, en se faisant les exécuteurs d'une insurrection moyen- orientale, ou la terreur le dispute au fanatisme prétendument " islamique ". C'est au nom d'un Coran qu'ils n'ont pour la plupart jamais lu, que ces enfants perdus en perte de repères se croient les paladins d'une nouvelle identité qui les pousse à tuer tout ce qui n'est pas eux. On a dit jusqu'à satiété à quel point ces exécutions avaient révulsé l'opinion, en insistant plus que de raison sur le discours d'amour universel, en Marseillaises tricolores et en bougies du souvenir, qui a déferlé le long des rues sur la France meurtrie. Ce mouvement compassionnel justifié ne doit pas occulter la réaction en miroir des xénophobies réciproques au cœur de cet hiver français 2015. Dans les semaines de novembre et décembre, les agressions contre des mosquées, des Kebab, contre des Musulmans en un mot, allègrement confondus avec les crimes " djihadistes " par certains, se sont multipliés, bien qu'on en parle peu, qu'on la formule avec prudence.
 
Puis vint le coup de massue des elections du 5 decembre: Maître en démagogie, le Front National a su engranger les conséquences traumatisantes des politiques " d'austérité ", de l'afflux organisé de migrants, et des attentats djihadistes. Parti de tous les Nationalistes, des résidus du Petainisme aux Gaullistes oublieux des temps d'Algerie, il réunit les sectateurs d'une nation qui serait expurgée de toute lutte de classes entre exploiteurs et exploités, au profit de dérives "identitaires". Il a su habilement se poser en défenseur des petites gens contre les " technocrates européens", sans mettre en cause le moins du monde l'idéologie " libérale " et le Capitalisme qui les anime. Mais la fille Le Pen et sa nièce savent tout aussi bien que l'ancêtre OAS quels fantasmes agitent leur électorat. Marine conclut sa campagne en Nord-Picardie en félicitant " les Français qui ne veulent pas porter la djellabah ".Et Marion en Provence ajoute pour sa part:
 
" nous ne sommes pas une terre d'Islam...qui n'a pas vibre au Sacre de Reims n'est pas vraiment français ".Et c'est sur ces énormités dignes des temps de pogrom ou de camps de concentration qu'elles recueillent 40 pour cent des voix en Nord-Picardie, la region demeurée la plus ouvrière de France, et sur les rivages lumineux de Méditerranée....
 
Une vison pathologique, irrationnelle, d'une identité fière de sa peau blanche, de ses " valeurs " chrétiennes, humanistes, qui seraient menacées de "remplacement" par les immigrés à peau sombre, musulmans de culture ou de pratique religieuse, est devenue habituelle aux propos de comptoir. Elle sert de substrat tacite au geste électoral de ces 40 ou 50 pour cent d'electeurs de certains villages picards, milliers de braves gens meurtris par la société qu'ils ne comprennent plus, et qui traduisent leur rancoeur en votant pour le Front National: Il leur offre un bouc émissaire responsable de tous ses maux, chômage, délinquance, l'envahisseur bronzé qui menace son univers. Le phénomène est de tous les états européens ( interviews du journal Présent, hors-série nov/dec 2015 ): Il se traduit par la croissance en Suisse de l'UDC, dont le leader Oskar Freysinger veut défendre " le drapeau national ( qui ) porte une croix, et notre hymne national ( qui ) à la forme d'un cantique ". En Pologne, il gonfle l'électorat du FIS, dont le député Marek Jurek dit refuser " l'islamisation de notre pays ". Il vote en Italie pour la Lega, qui n'est plus seulement du Nord, et dont le Sénateur Volpi affirme clairement s'opposer au "déferlement migratoire " et défendre les " valeurs ancestrales ". Les pays nordiques voient à chaque échéance électorale croître les mêmes défenseurs hargneux d'une identité prétendument menacée, Vrais Finlandais à Helsinki, "Démocrates" de Suède ou de Norvège, Parti du Peuple Danois à Copenhague, qui se définissent tous comme " identitaires ". Comme les partisans de l'universitaire britannique John Laughland, proche du parti UKIP, qui pourfend le " Londonistan ":("seulement 44,9 pour cent de la population de Londres se déclare blanc britannique ". Et les manifestants de Pegida à Dresde en Allemagne ne sont pas en reste, pour lesquels la formule " Nous sommes le Peuple " exprime la volonté de défendre " le sang germanique", comme il y a 70 ans....
 
Identités clamées comme une insulte à la face du monde, pour lui signifier qu'on est différent, et généralement supérieur, par sa race parfois, sa couleur de peau, sa religion, sa langue, sa culture, que sais je encore... Identités prétendument menacées par les Arabes ou les Noirs, les Musulmans ou les Chrétiens, les Roms ou les gens du voyage, les plombiers polonais ou les migrants syriens, qui sais je encore....
 
Ces bulles de colère xénophobe qui viennent exhaler leur puanteur à la surface des sociétés d'Europe, révélent les tensions et frustrations qui les agitent en profondeur. Faudrait il craindre de les voir envahir le monde, provoquer partout le chaos et la haine?
 
Ce phénomène xénophobe n'est pas nouveau en Europe, il était présent un peu partout au années 30 du XXeme siècle, il y féconda les fascismes européens en Allemagne, en Croatie, et en France les Ligues, au cœur d'une crise économique et sociale qui n'avait rien à envier à celle de notre siècle. Mais, différence fondamentale de contexte, les mouvements progressistes et rationalistes étaient en 1936 très forts, adossés à des organisations ouvrières actives en luttes de classe sans concessions: Cela a permis par exemple à la France d'échapper au naufrage fasciste, et de gagner quelques étapes de progrès par le Front Populaire. Ce bloc de forte résistance antixenophobie - antifascisme est en 2015 émoussé et parfois moribond: le Capital transnational a décimé les " forteresses ouvrières", " les Gauches " souvent converties aux dogmes du " Marché ", à la guerre impérialiste au nom des " Droits de l'Homme ", et à l'opportunismecarriérisme, ont oublié que l'action politique n'était que le moyen de changer le monde, et n'y voient plus qu'un objectif, conquérir les pouvoirs et leurs prérogatives. Les organisations " rouges ", qui se voulaient en 1936 de Solidarité avec les militants étrangers persécutés pour leur combat anti-fasciste ou leur "race ", se déclarent en 2015 "humanistes ", et ne sont plus que caritatives....
 
Les ripostes rationnelles ou moralisatrices aux dérives xénophobes sont certes nécessaires, mais en aucun cas suffisantes. les xénophobies contemporaines ne seront vaincues que grâce à la reconstruction d'un mouvement révolutionnaire, arme de ses idéaux d'égalité entre les hommes et les peuples. Car dans le tryptique que nous a légué 1792, Fraternité, Liberté, Égalité, les deux premiers préceptes sont conditionnés par le troisième.
 
RIEN DE PLUS ACTUEL EN 2016 QUE LE RASSEMBLEMENT DE TOUS LES COMMUNISTES ÉPARPILLÉS EN CHAPELLES CONCURRENTES, INEFFICACES DE CE FAIT, ET LE DÉBAT ENTRE EUX:
 
COMMENT, SUR QUELLES BASES, CRÉER UNE ENTITÉ COMMUNISTE UNIQUE ET ACTIVE, RESPECTUEUSE DE NOS
 
DIFFÉRENCES LÉGITIMES, AU SEIN DE LAQUELLE CHAQUE MILITANT COMPTE POUR UN, ÉVITANT LE CAPORALISME DES DIRIGEANTS ET LE LEGITIMISME DES ADHÉRENTS QUI ONT FAIT TANT DE MAL AUX ORGANISATIONS ANTERIEURES?
 
Face au déferlement d'idées d'extrême-droite qui menace, face à la destruction programmée par les tenants du Capital transnational des quelques acquis sociaux qui nous restent, ce débat ne relève pas du sexe des anges, il est d'une urgence absolue.
 
Francis Arzalier

Le lundi 6 decembre 2015

Corse, après les menées racistes factieuses de Noël

 

Publié le 26 Décembre 2015

Un point de vue communiste
 
Corse, après les menées racistes factieuses de Noël
"Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en 201., à A. De l’avis général, ils n’y étaient pas à leur place, sortant un peu de l’ordinaire. À première vue, A est, en effet, une ville ordinaire et rien de plus qu’une préfecture française de la côte méditerranéenne."
 
Les lignes qui précèdent sont la reprise de l'incipit de Camus. Canaille le rouge a juste pris la liberté de changer le "O" d'Oran en "A", de changer de siècle, tout en laissant les lieux baignés par la même mer. 
 
En corse, une situation nouvelle est en train de s'installer, pleine d'interrogations et de dangers pour la démocratie pour l'unité nationale autour des valeurs républicaines.
 
Canaille le Rouge a en ligne le point de vue de Francis Arzalier qui fait le lien entre cette situation et le glissement global des sociétés sur des bases ultraréactionnaires fascisantes.
 
Les communistes Corses tentent ici de donner un éclairage de ce nouveau paysage politique. Il le fond dans un contexte difficile où une partie de la bourgeoisie insulaire part à l'aventure avec un equipage recruté pour partie dans des rangs mafieux et où les vieilles recettes ultraréactionnaire du chauvinisme et du nationalisme transpire par tout les pores du nouvel exécutif avec comme objectif de museler toute souveraineté populaire au nom de la délégation donné à des chefs. 
 
Après le 13 décembre, le danger était repoussé nous déclâment en choeur les partis Zinstitutionels. Sauf que la droite affairiste spéculative Corse ou non-Corse reste la droite, que comme sur le continent les faillites répétées des politiques économiques et sociales jumelées aux cousinages douteux avec le grand banditisme a construit une logique tout aussi dangereuse.
 
Voici ce qu'en dise les communistes de Corse qui depuis des années ont pris des distances avec ce qui s'apparente en matière de réflexion communiste à une forme particulière de la dérive du continent.
 
Réseau des communistes de corse  
 
Michel Stefani Conseiller à l'Assemblée de Corse 
 
Installation de la nouvelle Assemblée de Corse et rapport de force avec l’Etat français 

19 Décembre 2015 
 
Passation de serment, Dio vi salvi régina, l’intronisation des présidents de l’Exécutif et de l’Assemblée de Corse a eu lieu sous le regard ému du père spirituel du nationalisme contemporain dont l’acte fondateur, nous dit-on, a eu lieu à Aléria le 22 aout 1975. La Collectivité territoriale de Corse a donc vibré ce 17 décembre aux accents du nationalisme victorieux après 40 ans de lutte contre « l’Etat français colonial ». Le discours du nouveau président de l’Assemblée de Corse, prononcé en Corse sans traduction, en était imprégné.
 
Parsemée de nombreux assassinats, plasticages et autres dérives pas toujours distinctes du banditisme, cette période de la violence indépendantiste, au delà de l’engagement militant et désintéressé de certains, fut effectivement douloureuse pour la Corse et son peuple. Avec insistance, il a été fait rappel que les indépendantistes ne cesseront jamais de réclamer l’indépendance même si cette revendication ne figure pas au « contrat de mandature » établi au moment de la fusion des deux listes indépendantiste et autonomiste.
 
La passation de serment renvoie elle à un exercice des fonctions électives proche de l’esprit anglo-saxon mais pas forcément républicain au sens de la souveraineté populaire. Tout le monde aujourd’hui s’accorde, à tout le moins dans le propos, s’agissant de l’éthique, de la transparence, du bon usage de l’argent public, de l’honnêteté… mais le contrôle démocratique et citoyen reste indispensable à plus forte raison quand se dessine la création d’un pouvoir unique sans consultation des Corses.
 
La référence à la « Giustificazione della Rivoluzione di Corsica » de don Grégorio Salvini, interpelle car elle ne peut être, au détour d’une phrase, extraite du contexte de l’époque (1729 1764) et maladroitement située dans la Philosophie des Lumières alors qu’elle s’inspirait de la pensée de Saint Thomas d’Aquin en prônant, non l’égalité, mais le maintien des droits de noblesse tout autant que la fin de la domination génoise.
 
Pour ce qui est de l’émancipation du peuple, se placer sous la protection de la vierge Marie ne semble pas être le chemin le plus approprié pour s’émanciper du droit divin. Quant à la domination on ne peut interpréter les choses qu’avec la symbolique donnée à cette installation et l’objectif de faire abstraction d’une partie de notre histoire en occultant le 9 septembre 1943 et par la même le choix du peuple corse confirmant celui de Pascal Paoli le 30 novembre 1789 « notre adhésion à libre Nation française n’est pas servitude mais participation de droit ».

Le paradoxe est bien celui là désormais pour les élus nationalistes d’exercer des fonctions exécutives dans une institution de la République française tout en rejetant celle-ci. De fait, dans un hémicycle où théoriquement la pluralité des opinions se traite avec égard, les usages républicains, cette installation l’a montré, n’ont été respectés que partiellement même si la stricte conformité au code général des collectivités territoriales a prévalu.
 
Cette volonté hégémonique des le début de la mandature, repose sur une vision politique déformante de la légitimité du suffrage universel, indiscutable certes, mais limitée somme toute à une majorité relative. Deux votants sur trois n’ont pas voté nationaliste le 13 décembre et ceux-ci peuvent en effet se sentir déconsidérés à l’issue de cette installation officielle, historique pour le nationalisme corse et sans doute pour l’institution elle-même qui n’a jamais connu ça depuis sa création en 1982.
 
Toute en faisant la part des choses, nous ne pouvons que partager l’inquiétude de nombreuses personnes, qui ressentent le discours du président de l’Assemblée de Corse, non comme la « main tendue » à celles et ceux dont les origines sont autres, mais au sens contraire. C’est d’autant plus justifié que Corsica libéra a indiqué dans sa campagne : « la seule communauté de droit sur la terre corse est le peuple corse ». Cela est complété par la revendication d’un statut de résident assorti d’obligations telles que la résidence depuis dix ans et la maitrise de la langue corse. En résumé le droit du sang.
 
Nous pourrions également égrener les propositions libérales qui mises en cohérence, structurent un programme anti France, appuyé sur les quatre décennies écoulées et la promesse « d’un rapport de force avec l’Etat français ». Nous restons convaincus que la perspective de progrès, économique, social, écologique et démocratique se situe ailleurs, dans une France solidaire, respectueuse de l’originalité de la Corse dans toutes ses dimensions. Cela implique d’écrire une autre Constitution pour sortir de la sclérose actuelle et promouvoir la République sociale, comme Jean Jaurès l’imaginait, pour « l’avènement d’une société plus harmonieuse et plus juste ou le travail sera souverain ».
 

Michel Stefani
Secrétaire de la Fédération de Haute-Corse du PCF

Comme il dit: joyeux Noël !

 

25 Décembre 2015

 

Déchéance : on a les références qu'on mérite.

 

Publié le 25 Décembre 2015

Toute pratique est pratique d'une théorie.
ou les enseignements de l'histoire.
Déchéance : on a les références qu'on mérite.
Au moment de mettre ce livre sous presse, je viens d’apprendre qu’effectivement, la Junte m’a « déchu » de la nationalité chilienne. 
 
(Armando Uribe, Le livre noir de l’intervention américaine au Chili,
traduction de Karine Berriot & Françoise Campo,
bas de page 223, Seuil, 1974)
 
Aragon pour stigmatiser la normalisation en Tchécoslovaquie avait écrit à l'automne 1968 : 
 
"Je me refuse à croire, qu'il va se faire là-bas un Biafra de l'esprit."
 
La version actualisé 2015 conduit à reprendre l'image :
 
" il faut se refuser d'admettre qu'il puisse s'instaurer ici les méthodes dont usa Pinochet au Chili"
 
Conclusion de Canaille le Rouge : la sociale démocratie est un naufrage de l'humanité
 
Les mots sont très politiques.
 
Déchoir en est une image particulièrement forte 
 
Quand des actes prennent une telle dimension cataclysmiques, quand un Tsunami brun menace de dévaster la France le retour sur les mots et leur sens est indispensable.
 
Ce que propose la doublette Valls-Hollande est du niveau de ce qui restera dans l'histoire un moment majeur d'infâmie d'Etat.
 
C'est du même niveau historique que la révocation de l'Edit de Nantes, que l'abrogation des décrets Crémieux en Algérie colonisée, synonyme du rétablissement du banissement.
 
Le déchu et le banis sont frère. Ils fabriquent des appatrides et en cela violent la signature de la France sur tous les traités internationnaux ratifiés depuis 1945.
 
Valls avait annoncé la couleur lors de l'instauration de l'état d'urgence. :
 
"Les autorités françaises ont informé le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe d’un certain nombre de mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence […], mesures qui sont susceptibles de nécessiter une dérogation à certains droits garantis par la Convention européenne des droits de l’homme", 
 
Certains alors avaient pris cela à la légère et disaient à ceux qui comme Canaille le Rouge s'insurgeaient contre cette ignominie qu'ils abusaient.
 
Qui à l'air malin maintenant ?
 
Les personnes visées le sont au titre de terrorisme. Les mêmes mots 75 ans après. C'est ce qui conduira au Mont valérien, pour ne parler que de ce lieu là parmi de nombreux autres à plus milles exécutions de "terroristes".
 
Ne pas connaitre son histoire condamne à la revivre.   
 
A ceux qui claironnent qu'il ne faut pas abuser, relisez le chapitre du dessus.
 
Pétain condamné à mort à la libération, gracié par De Gaulle, fut déchu de ses droits et titres, pas de sa nationalité. La France d'alors pourtant meurtie avait un autre sens de la dignité politique que les disciples du François francisqué de 40, père spitituel de celui qui joue son François Napoléollande.
 
Le bannissement politique et la déchéance de nationalité outre les gouvernement Pétain, a été utilisé massivement en France après la Commune, pendant le régime militaire du Brésil (1964-1985) au Chili de Pinochet à l'encontre des dissidents politiques.  
Souvenez vous pour les moins jeunes des réactions de ce qui n'était pas encore la Solférinocratie, déjà plus la SFIO mais toujours la social démocratie quand ils appelaient (ils n'avaient là pas tord) à manifester contre la déchéance nationalité soviétique imposé à Soljenitsine.
 
La droite rose aujourd'hui au pouvoir en France use des méthodes qu'elle stigmatise chez les autres. 
 
Déchéance : on a les références qu'on mérite.
 
Littéraire
  • (auxiliaire être) Tomber d'une situation supérieure : Il est déchu de son rang.
  • (auxiliaire avoir) Perdre de sa valeur ; s'affaiblir, décliner : Autorité qui déchoit.

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déchoir

verbe intransitif conjugaison (bas latin decadere, du latin classique cadere, tomber)
"Tomber dans un état moins brillant, moins avantageux que celui où l’on était".(À la voix passive) Déposséder
Les exemple retenu par les dictionnaires donnent en soi du sens à une démarche :
  • Peter Schwarber fut même déchu de ses droits de bourgeoisie et banni de la ville. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
  • Au moment de mettre ce livre sous presse, je viens d’apprendre qu’effectivement, la Junte m’a « déchu » de la nationalité chilienne. — (Armando Uribe, Le livre noir de l’intervention américaine au Chili, traduction de Karine Berriot & Françoise Campo, bas de page 223, Seuil, 1974)
​après celui qui est déchu, regardons le statut de "celui qui déchoit"
  • Diminuer, s’affaiblir, en parlant des choses.
    • Son crédit, sa fortune, sa réputation commencent à déchoir.
    • Dans la décadence de l’Empire romain, l’éloquence elle-même commença bientôt à déchoir.
    • Pouvoir déchu.
  • Décliner, en parlant d’une personne avancée en âge, lorsque les facultés du corps ou de l’esprit commencent à s’affaiblir en elle.
    • Commencer à déchoir.
Finalement Quand on en est conduit à déchoir quelqu'un de ses droits en s'affranchissant de ce qui fait la légitimité de celui qui en décide ce n'est même plus un faux pas ni une erreur, mais une déchéance.
 
La France est sous le feu de la critique de tout ce que le monde compte d'espace de liberté.
 
Valls se paient même le luxe de nous laisser administrer une leçon de liberté par ses coopains les sabreurs de Ryiad. Cela aidera à mesurer dans quel cloaque ce pouvoir nous entraine.
 
Soixante douze heures après le conseil des Sinistres ayant arrêté la forfaiture, la garde des Sceaux, malgré le viol des principes de la constitution et e la signature internationale de la France reste à son poste.
 
Où est la dignité ?
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Pour reconstruire l'Arsenal. Marx certes. Mais fouillons la malle à idées. De More à Erasme.

Publié le 23 Décembre 2015

Nous ne sommes pas
des voyageurs sans bagages
Retournons nos sacs,
ouvrons nos malles.
Pour reconstruire l'Arsenal. Marx certes. Mais fouillons la malle à idées. De More à Erasme.
Sortons de leurs chiffons qui les protègent mais les enclouent les armes du combat des idées indispensables pour barrer le chemin de la régression et faire de l'armée disparate des gueux méprisés des hors sols d'aujourd'hui la force de ceux qui firent Valmy.
 
Canaille le Rouge il a peu a mis Thomas More l'Anglais ici dans la lumière. Au tour du Hollandais Erasme d'être convoqué sous les projecteurs.
 
Ces pères de la pensée moderne qui avec Rabelais leur disciple seront les pairs des penseurs des lumières. n'est-il pas temps de les convoquer pour le plaisir de l'esprit et se servir des armes qu'ils nous ont léguées ? 
 
Parce que nous sommes veille de Noel et moment de grâce pour ...ceux qui travaillent au mal du plus grand nombre, cette pique d'Erasme pleine d'actualité :
 
La plus folle et la plus méprisable de toutes les classes humaines, c’est celle des marchands. Occupés sans cesse du vil amour du gain, ils emploient pour le satisfaire les moyens les plus infâmes. Le mensonge, le parjure, le vol, la fraude, l’imposture remplissent leur vie entière ; malgré cela, ils croient que leur or doit les faire passer pour les premiers de tous les hommes ; et il se trouve assez de moinillons flatteurs qui ne rougissent pas de leur donner en public les titres les plus honorables, pour attraper quelque petite partie d’un bien si mal acquis.
 
Erasme Eloge de la Folie
page 85 de l'édition publiée par 
l’Université du Québec à Chicoutimi
 
Le Texte dont est extrait ce qui précède est de 1511. De même que d'aucun se drappent dans la mémoire de Jaurès après s'être évertuer à étrangler sa voix, le gang des faussaires forfait et autres condotierre du capital ont annexé Erasme pour mieux le vider de son sens.
 
Canaille le Rouge vous passe le lien pour disposer d'une édition en français contemporain tous le mode La Canaille le premier n'a pas pu faire ses humanités à l'ombre d'un Gaffiot.
 
Pour reconstruire l'Arsenal. Marx certes. Mais fouillons la malle à idées. De More à Erasme.
Et notre si sympathique hérétique de poursuivre : 
 
L’esprit de l’homme est ainsi fait qu’on le prend beaucoup mieux par le mensonge que par la vérité. Faites-en l’expérience ; allez à l’église quand on y prêche. S’il est question de choses sérieuses, l’auditoire dort, bâille, s’embête. Que le crieur (pardon, je voulais dire l’orateur), comme cela est fréquent, entame un conte de bonne femme, tout le monde se réveille et se tient bouche bée. De même, s’il y a quelque saint un peu fabuleux et poétique, à la façon de saint Georges, de saint Christophe ou de sainte Barbe, vous verrez venir à lui beaucoup plus de dévots qu’à saint Pierre, à saint Paul ou même au Christ. 
 
Ainsi fabrique-t-on des Tapie vénérés par les chantres aujourd'hui appelé média, lesquels inspirés par leur maîtres ressortent-ils des frigos de l'histoire les restes avariés qu'ils espéraient bien un jour nous repasser. Des reliefs putrides qu'imprévoyant les générations d'avant--  dont celle de la canaille -- tout à la liberté retrouvée n'avaient pas ou mal nettoyés.
 
Guidés par leur comète Maréchalisée, les revoilà. Ils nous montre l'étoile brune et son halo bleuâtre affichés comme unique danger. Il est bien réel. Mais aujourd'hui ce sont les Valls, des Macron, des Taubira qui mages de mauvais augures au nom du besoin de lumière et de sérénité nous recouvrent le pays de ténèbres et arment les faiseurs de guerres.
 
Sur les guerres Erasme nous écrit ceci qui pourrait être aussi bien dit à l'antenne aujourd'hui :
 
On dira bien qu’en guerre l’intelligence joue un très grand rôle. Dans le chef, je l’accorde ; encore est-ce l’intelligence d’un soldat, non celle d’un philosophe. La noble guerre est faite par des parasites, des entremetteurs, des larrons, des brigands, des rustres, des imbéciles, des débiteurs insolvables, en somme par le rebut de la société, et nullement par des philosophes veillant sous la lampe.
 
On croirait que notre humaniste a pris ses notes et croquis au camp de Satory.
 
Pour ne pas être trop long, juste une petite(enfin, petite!)  dernière pour la route vous permettant de traverser la semaine du solstice d'hiver et de reprendre pied vers les jours s'allongeant.
 
Que nous dit Ersame à propos du chef, monarque exclusif de l'époque, aujourd'hui en France terre devenue monarchie républicaine que Canaille le Rouge avait nommé "Monarblique" du temps des ténèbre sarkozienne où la méphistolférienne engeance symbolisée par Blummollet nous replonge.
 
Voila comment Désiserius Erasmus Roterodamus nous peint la réalité du Roi et apporte au tableau son brin de folie, seule réalité de la sagesse :
Erasme par Holbein le jeune
Erasme par Holbein le jeune
 
Dès qu’il a pris le pouvoir, il ne doit plus penser qu’aux affaires politiques et non aux siennes, ne viser qu’au bien général, ne pas s’écarter d’un pouce de l’observation des lois qu’il a promulguées et qu’il fait exécuter, exiger l’intégrité de chacun dans l’administration et les magistratures. Tous les regards se tournent vers lui, car il peut être, par ses vertus, l’astre bienfaisant qui assure le salut des hommes ou la comète mortelle qui leur apporte le désastre. Les vices des autres n’ont pas autant d’importance et leur influence ne s’étend pas si loin ; mais le Prince occupe un tel rang que ses moindres défaillances répandent le mauvais exemple universel. Favorisé par la fortune, il est entouré de toutes les séductions ; parmi les plaisirs, l’indépendance, l’adulation, le luxe, il a bien des efforts à faire, bien des soins à prendre, pour ne point se tromper sur son devoir et n’y jamais manquer. Enfin, vivant au milieu des embûches, des haines, des dangers, et toujours en crainte, il sent au-dessus de sa tête le Roi véritable, qui ne tardera pas à lui demander compte de la moindre faute, et sera d’autant plus sévère pour lui qu’il aura exercé un pouvoir plus grand.
 
En vérité, si les princes se voyaient dans cette situation, ce qu’ils feraient s’ils étaient sages, ils ne pourraient, je pense, goûter en paix ni le sommeil, ni la table. C’est alors que j’apporte mon bienfait : ils laissent aux Dieux l’arrangement des affaires, mènent une vie de mollesse et ne veulent écouter que ceux qui savent leur parler agréablement et chasser tout souci des âmes. Ils croient remplir pleinement la fonction royale, s’ils vont assidûment à la chasse, entretiennent de beaux chevaux, trafiquent à leur gré des magistratures et des commandements, inventent chaque jour de nouvelles manières de faire absorber par leur fisc la fortune des citoyens, découvrent les prétextes habiles qui couvriront d’un semblant de justice la pire iniquité. Ils y joignent, pour se les attacher, quelques flatteries aux masses populaires.
 
Représentez-vous maintenant le Prince tel qu’il est fréquemment. Il ignore les lois, est assez hostile au bien général, car il n’envisage que le sien ; il s’adonne aux plaisirs, hait le savoir, l’indépendance et la vérité, se moque du salut public et n’a d’autres règles que ses convoitises et son égoïsme. Donnezlui le collier d’or, symbole de la réunion de toutes les vertus, la couronne ornée de pierres fines, pour l’avertir de l’emporter sur tous par un ensemble de vertus héroïques ; ajoutez-y le sceptre, emblème de la justice et d’une âme incorruptible, enfin la pourpre, qui signifie le parfait dévouement à l’État. Un prince qui saurait comparer sa conduite à ces insignes de sa fonction, rougirait, ce me semble, d’en être revêtu et redouterait qu’un malicieux interprète ne vînt tourner en dérision tout cet attirail de théâtre.
 
Faites que ces armes à idées ne se morfondent pas sur leur ratelier. Qu'elles circulent et essaiment .descendre désarmés et nus sur le champ de bataille seraient suicidaires.
 
Chercher dans les bibliothèques blindages assurés et munitions nouvelles.S'en munir, les distribuer. Les avoir avec soi au coeurs des mélées qui s'annoncent.
 
Le combat va être âpre, l'ennemi est sans pitié tant il sait ce qu'il a à perdre et nous à y gagner. Il est pour nos enfants et petits enfants impératif de ne pas le fuir... et de faire ceder ces forces qu'Erasme sait si bien brocarder.
 
Mais en attendant, tout cela pour vous donner rendrez vous de l'autre coté de la nuit de Noël
 
Bonne première partie de fêtes et à bientôt pour vous en souhaiter tout autant pour la seconde Canaille le Rouge qui vous salue bien
 
P-S si Érasme et les allumeurs des Lumières vous passionnent et si vous passez par Selestat (entre Strasbourg et Colmar), il n'y a pas que les guérites de fin d'année pour gogo à marchands du temple à y voir, prenez deux heures pour visiter la Bibliothèque humaniste.
 
Vous ne le regretterez pas.
 
Canaille le rouge ne sait pas où en sont les travaux, voila le site pour en savoir plus : 
 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées - PCF

 

Publié le 22/12/2015 à 13:14 par bezierspcf

 

région,languedoc-roussillon

DÉMOCRATIE

 

Comment peut-on promettre la démocratie aux citoyens si on ne l'applique pas dans sa propre organisation politique ?

 

Marie-Pierre VIEU et Jean-Luc GIBELIN qui ont été désignés par un vote interne par les communistes de la Région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées pour mener les opérations électorales n'ont pas reçu de mandat pour la suite.

 

Par exemple, faut-il créer un groupe communiste dans l'assemblée régionale ou pas ?

 

Personnellement, je réponds oui à la création. C'est la garantie d'un fonctionnement responsable des élus communistes. Contrairement à l'idée répandue, cela ne cassera pas la dynamique, si elle existe, de la liste Onesta. Au contraire, ce sera un enrichissement dans la diversité et le respect de chacun, et non le doigt sur la couture du pantalon.

 

Dans ces conditions, il apparaît naturel que les adhérents du Parti Communiste de la nouvelle région soient consultés pour savoir si un groupe d'élus communistes doit être constitué pour respecter les électeurs communistes.

 

Aimé COUQUET, Conseiller municipal communiste de Béziers, Conseiller communautaire, Conseiller régional honoraire.

 

OUI nous pouvons être les dindons de la farce…

 

23 Décembre 2015

PODEMOS est-il rien d’autre que Yes we can d’Obama? A savoir  une opération de communication  managé par le capitalisme Etatsunien, face à la déconsidération du politique de l’ère Bush ? un détournement d’un mouvement d’indignés et que le capital récupère aisément, un maïdan, un conglomérat de groupes hétérogènes, qui va du communautarisme racial au féminisme en passant par le mariage pour tous, le social, la consommation, les marques devenus programme sans risque pour le patronat? Et où on finit par hériter d’un président noir, alors même que le racisme s’enfle y compris dans les commissariats de police, un prix Nobel de la paix qui multiplie les interventions bellicistes et pousse l’OTAN vers le conflit nucléaire. Le changement d’enveloppe qui sert à maintenir un système en crise jusqu’à la destruction intégrale.

 

Un mouvement anti-austérité qui ne touche, ni au capital, ni à l’Union Européenne et qui rassure l’OTAN… Après la Grèce, l’Espagne comme horizon indépassable du Canada dry de la Révolution…

 

Même la « réforme » est abandonnée au capital et quelle réforme…

 

L’intéressant est de voir comment on tente de vendre  en France un mai 68, sans la classe ouvrière, un ersatz  adapté à l’état d’une France qui a peur de son ombre et qui cherche à conserver l’existant en se payant de mots sans contenu réel, avec la grande peur du loup mitterrandien le Front National -doublé de l’autre créature des expéditions néo-coloniales et des alliances saoudiennes, Daech… Une France douillette, celle  des bobos que l’on dupe sans difficulté…  l’héritage  recueilli par les médiocres Hollande et Cambadelis, ce moment où la France a basculé dans les miasmes de Vichy sous couvert d’une gauche fréquentable par le patronat.

 

Mais pourquoi se désespérer parce que nous n’avons pas de PODEMOS en France, nous avons l’équivalent avec le jeune Macron qui renouvelle les cadres, la jeunesse du politique au profit du capital tout en se disant de gauche. Yes We Can démanteler le code du Travail et continuer à se dire socialiste… Voter l’état d’urgence, organiser le grand gala du sauvetage de la planète toujours avec Obama dans le rôle phare en tabassant les écologistes qui manifestent. Et le tout pour sauver les meubles aux régionales, galop d’essai des présidentielles.

 

Arriver à faire voter uniquement pour ou contre le FN, convaincre la banlieue de ne se mobiliser que pour ça alors même que la santé, l’éducation, un travail parait hors de portée, un vote communautariste ou de peur.

 

Une telle forfaiture du politique ne peut s’accomplir que parce que le PCF a été détruit de l’extérieur et de l’intérieur pendant plus de 20 ans.

 

Yes we can en finir avec l’idée de révolution en France, ce droit à l’insurrection des masses face à l’injustice.

 

Yes We can renoncer à la base populaire de l’électorat en lui substituant une bande de bobos centrés sur les mœurs et jouant à se faire peur avec la marionnette fasciste créée par le PS, il n’y a plus d’alternative révolutionnaire, celle qui donnait sens jadis à la vie politique du vieux pays de la lutte des classes.

 

Podemos, Yes we can va être recyclé par la direction du PCF pour se maintenir à la tête du PCF jusqu’au Congrès, en nous vendant un galimatias expérimenté du côté du sud ouest et qui va en douceur remobiliser les éternels légitimistes et les petits nouveaux cherchant la pierre philosophale du machin qui plaît et attirerait l’électeur …

 

On nous vendra Podemos après Syriza pour mieux transformer le PCF en nouveaux radicaux de gauche à attacher au char de Hollande et Valls, pour un premier tour de la présidentielle juste derrière Marine Le Pen… Les débris du PCF seront ainsi utilisés pour assurer quelques postes de sénateurs ou même de députés pour les fossoyeurs du PCF.

 

Et avec l’étranglement du parti communiste, toute la combativité indéniable des Français, les luttes qui se multiplient peuvent être isolées, étouffée par le système médiatique qui ne s’y intéresse pas, l’impossible jonction, une chape de plomb qui s’abat sur toute résistance, Yes We can être poussés au désespoir dans l’indifférence générale.

 

Bien triste et si prévisible à cause non seulement de ceux qui dirigent le PCF actuellement mais aussi d’une opposition dérisoire, incapable de s’unir et dont chaque pseudo dirigeant organise un « rassemblement » autour de sa personne à l’exclusion des autres… Quelle tristesse…

 

Yes we can, PODEMOS trahir le peuple français si nous ne sommes pas capable de nous unir pour apporter une alternative crédible et pas ce conglomérat de petits chefs dans et hors du PCF…

 

Oui la France a besoin des communistes mais autant que ceux-ci sont capables d‘opérer un rassemblement sur leurs fondamentaux: dénonciation du carcan de l’UE qui interdit toute alternative à la politique du capital, dénonciation de l’élection présidentielle et plus généralement du mode de scrutin français qui organise un bi-partisme mortifère, refus de l’OTAN, nationalisation des secteurs clés de l’économie et au prix de ces quelques fondamentaux, la revendication de politiques anti-austéritaires, la défense du service public, le droit à un revenu décent ne seront pas que les cache-misère d’une démission annoncée…

 

En sachant que l’élection n’est qu’une étape et qu’il faudra une mobilisation populaire, un parti, des syndicats, des associations, des citoyens en capacité de se défendre…

 

Ce n’est pas plus utopiste que de croire que Yes we can sans nous en donner les moyens, en croyant que le capital lachera le morceau sans lutte à cause de bulletins dans l’urne et de manifestations spontanées d’une joie hors de saison.

 

Danielle Bleitrach

Publié le  par Descartes

L'extrême droite a bien gagné une région

 

Vendredi 13 décembre on vous a expliqué, chers citoyens-électeurs, que l’extrême droite avait manqué son coup. Et qu’aucune région ne serait présidée par l’extrême droite. Et bien, on vous a trompé, on vous a menti. Il y a aujourd’hui une région dirigée par l’extrême droite dans notre beau pays, et cela dans l’indifférence quasi-générale. Je parle bien entendu de la région Corse.
 
Vous ne me croyez pas ? Eh bien, regardez le programme défendu par l’alliance « nationaliste » qui est arrivée en tête et qui aujourd’hui occupe la présidence de l’assemblée territoriale corse. Vous y trouverez pas mal de choses qui rappellent furieusement le discours du Front National…
 
Prenons par exemple une vieille revendication des « nationaliste », la « corsisation des emplois ». Il s’agit de réserver les emplois, et notamment les emplois publics, aux « vrais corses » plutôt qu’aux estrangers venus du continent. Ca ne vous rappelle rien ? Quelle différence avec la « préférence nationale » dont le Front National a fait son cheval de bataille ?
 
Dans la même logique, on trouve le « statut de résident », une règle qui imposerait aux « estrangers » venus du continent une obligation de résidence permanente dans l’île avant de pouvoir acheter une bien immobilier, obligation dont les « vrais corses » seraient bien entendu dispensés…Il n’est pas non plus inutile de rappeler que, loin d’avoir un retour critique sur les violences des années passées, les « nationalistes » aujourd’hui aux manettes de la Corse les revendiquent. Par exemple l’affaire de la cave d’Aléria, dont on oublie convenablement de rappeler qu’il s’agissait d’une vulgaire « ratonnade » destinée à chasser les viticulteurs pied-noirs installés en Corse après l’indépendance algérienne et qui menaçaient les intérêts des viticulteurs corses « de souche ».
 
Il faut enfin rappeler les « arabi fora » qui se multiplient sur l’île de beauté, et sur lesquels les nationalistes sont fort discrets. La sociologue Liza Terrazoni explique très bien pourquoi dans une tribune parue dans Le Monde du 27 juin 2015 :
 
« Au centre de l’idéologie nationaliste corse, il y a l’idée selon laquelle le peuple corse formerait une minorité : un groupe oppressé, culturellement, politiquement et économiquement, par une majorité, incarnée par l’Etat français. Dès les années 1970, cette idée est articulée à la question identitaire, et l’argument de la minorisation ethnique est placé au cœur de la rhétorique nationaliste. 
 
On parle sérieusement de « substitution ethnique », de « génocide » , méthodiquement mis en place par l’Etat français, dont le dessein serait de faire disparaître le peuple corse. Persécution contre les entreprises corses, aliénation de la terre, remplacement des fonctionnaires et des cadres corses par des continentaux, immigration par les étrangers et les continentaux sont dénoncées ».
 
Cette « substitution ethnique », ça ne vous rappelle rien ? Bien sur que si : on retrouve la théorie du « grand remplacement » dont se réclament les groupes les plus droitiers de l’extrême droite française.
 
Et maintenant, last but not least, le nouveau président de la collectivité de Corse fait son discours d’investiture… dans une langue qui n’est pas celle de la République, et que beaucoup de ses concitoyens ne comprennent pas. On se souvient du scandale des soupes populaires « identitaires » contenant du porc. Les bonnes âmes avaient vu à juste titre une tentative d’exclure certains de nos concitoyens. Mais qu’ont-ils à dire lorsque le président d’une collectivité territoriale de la République prétend exclure de la vie politique du territoire ceux qui ne comprennent pas une langue régionale ?
 
La question qu’on pourrait se poser est pourquoi notre classe politique, si prompte à jouer le « front républicain » lorsqu’il s’agit de contrer le Front National, n’a rien à dire lorsqu’un « nationalisme » raciste et xénophobe s’installe en Corse. Pire, on trouve encore des hommes politiques et des organisations pour juger que les « nationalismes » corse, breton, occitan ou basque sont « de gauche ». A gauche, agiter le drapeau à la tête de maure, à la croix occitane, aux hermines est parfaitement admissible et même encouragé. Agiter le drapeau tricolore, c’est – ou du moins c’était, car les choses changent – l’expression diabolique du nationalisme cocardier. Comme quoi, il y a des « nationalismes » respectables et d’autres qui sont détestables. Quand les français – de toutes ethnies et origines – crient « nous sommes chez nous », c’est l’horreur dans le poulailler. Mais criez la même chose en corse, en breton ou en occitan, et ça passe sans problème (1). Pire encore : On sait que ces « nationalistes » régionaux ont souvent eu – et pour certains, ont toujours – recours à la violence. Avec des morts et des blessés. Ces « nationalistes » revendiquent cette violence, exigeant l’amnistie pour ce qu’ils appellent les « prisonniers politiques ». Cela ne semble gêner personne. Imaginez-vous ce que serait la réaction médiatique s’il venait au Front National l’idée de jouer de la Kalachnikov, de revendiquer la violence de l’OAS et demander une mesure d’amnistie pour les siens ?
 
Une fois qu’on a fait le constat, la question à se poser est « pourquoi ». De toute évidence, pour nos élites politico-médiatiques – toutes acquises aux « classes moyennes » - les « nationalismes régionaux » ne sont pas considérés pas une menace. Les « nationalismes nationaux », au contraire, sont vus comme particulièrement menaçants. Pourquoi ? Je pense que c’est parce que les premiers tendent à affaiblir les Etats nationaux, alors que les deuxièmes tendent à les renforcer. Or, l’Etat national constitue la principale menace pour les projets de globalisation, dont les « classes moyennes » tirent tant d’avantages…
 
En tout cas, cette différence de traitement devrait nous interroger quant à la sincérité de ceux qui se remplissent la bouche des « valeurs républicaines ». Pourquoi n’ont-ils rien à dire quand les « nationalistes » locaux diffusent leur discours et leurs valeurs d’extrême droite ?
 
Pourquoi ce qui serait horripilant à Lille ne le serait pas à Bastia – ou à Toulouse, ou la « gauche radicale » a fait liste commune avec les « occitanistes » ?
 
Descartes

(1) On notera que sur les douze listes présentes au premier tour, seules quatre d’entre elles n’ont pas formulé le nom de leur liste en Corse. Il s’agit de celles de « Les Republicains », du Front National, de Début la France et de… Emile Zucarelli, dont on connaît l’engagement républicain.

ANC, une nouvelle organisation communiste

 

par  pam

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Charles Hoareau l’avait annoncé à la dernière réunion de coordination des assises, une nouvelle "association nationale des communistes" a été créé pour, selon ses statuts, rassembler les communistes dans leur diversité, sans se situer en concurrence avec les organisations existantes et donc ne pouvant présenter de candidats à des élections...

 

Si cette nouvelle structure permet à des militants de mieux s’organiser, tant mieux. Mais on peut s’interroger sur ce qu’elle pourra faire que ne faisait pas les nombreuses structures existantes, dont celles ayant déjà cette forme d’association ouverte, comme Rouge Vif. Qu’est ce que l’ANC fera de mieux que Rouge Vif ? Nous verrons à l’usage.

 

L’objectif de "rassembler les communistes" est partagé par la plupart des militants. La démarche des assises cherchaient à en créer pas à pas les conditions. On peut comprendre que certains cherchent à tout prix un raccourci. Mais il n’y a aucun "truc", ni bien sûr de "sigle" pour résoudre des difficultés qui demandent des liens personnels et politiques et non de simples déclarations d’intention. Et si certains se cherchent en fait un leader, ils devraient tenir compte des échecs répétés des tentatives successives de "coordination" ou "convergence" conduite par des dirigeants historiques dont aucun n’a su résister à l’émiettement...

 

La seule vérité est celle de l’organisation réelle, celle qui se construit dans un quartier ou une entreprise, celle qui consacre ses efforts à ancrer des liens politiques avec les masses dans l’action, la formation, la propagande... Et de ce point de vue, internet est un terrible piège quand il conduit à croire qu’en consacrant son temps à donner son avis sur un site ou un réseau social, on a contribué à la reconstruction politique d’un point de vue communiste.

 

Pour notre part, nous continuerons à porter nos efforts à faire vivre et renforcer des structures militantes de bases dans le parti communiste, malgré sa direction, malgré les contradictions, parce que nous pensons que ne pas dire aux travailleurs que la question du parti communiste est essentielle est leur mentir, même par omission. Ils ont un besoin urgent de (re)prendre conscience de la nécessité de leur propre organisation politique, donc d’un parti communiste. Aucune association, collectif ni syndicat ne remplacera cette exigence.

A propos de la conférence de Badiou « penser les crimes de masse »

Critique de la « structure du monde contemporain »


 

par  Xuan,

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A propos de la conférence de Badiou du 23 novembre : « penser les crimes de masse »

 

Critique de « structure du monde contemporain »

 

Cette conférence suivant les attentats terroristes du 13 novembre mérite certainement une étude attentive de ses différents aspects, et sa conclusion au moins devrait nous inspirer


« Je suis d’un optimisme inébranlable, n’est-ce pas, donc je pense que c’est ce qui se fera. Mais le temps presse. Le temps presse… »

 

Ceci n’exclut pas d’en critiquer les aspects erronés, ici sa présentation du monde contemporain – les citations de Badiou sont en citation.

Nous avons aujourd’hui un capitalisme installé de façon explicite à une échelle qui est l’échelle planétaire. Ce qui fait que ce capitalisme mondialisé est, non seulement, un capitalisme qui a retrouvé son énergie dissolvante, mais qui, aussi, l’a développée de telle sorte qu’à présent on peut dire que, considéré comme une structure globale, le capitalisme constitue une maîtrise pratiquement incontestée de l’ensemble de la planète.Le deuxième thème, c’est l’affaiblissement des États. C’est une conséquence assez subtile du premier mais qui est tout à fait intéressante à dégager.Vous savez tous que l’un des thèmes les plus moqués du marxisme a été le thème du dépérissement de l’État. Le marxisme annonçait que la réorganisation de l’État, après la destruction révolutionnaire des Etats-nations dominés par le capitalisme, déploierait en définitive, par un puissant mouvement collectif de type communiste, une société sans Etat, une société que Marx appelait celle de « l’association libre ».

Eh bien, nous assistons à un phénomène tout à fait pathologique, à savoir à un processus capitaliste de dépérissement desEtats. C’est un phénomène fondamental aujourd’hui, même s’il est masqué par la subsistance, pour un temps historique probablement assez long, de pôles étatiques d’une assez forte puissance. En vérité, la logique générale du capitalisme mondialisé, c’est de n’avoir pas de rapport direct et intrinsèque à la subsistance d’États nationaux, parce que son déploiement est aujourd’hui transnational. Dès les années soixante, on avait mis en évidence le caractère multinational des grandes firmes. Mais ces grandes firmes sont devenues depuis des monstres transnationaux d’une tout autre nature.[Structure du monde contemporain]

 

Dépérissement de l’état

 

Selon le marxisme le dépérissement de l’état advient dans la société communiste, lorsque les classes ont disparu.Ceci n’est possible qu’après une phase de transition socialiste, où la classe ouvrière devient classe dominante et la bourgeoisie classe dominée, où la dictature du prolétariat remplace la dictature de la bourgeoisie, condition indispensable pour l’émancipation de toute la société [1].Quelle en est la raison ? C’est que l’état, qui apparaît là et au moment où se manifeste la division de la société en classes, quand apparaissent exploiteurs et exploités, [2] n’est pas un arbitre au-dessus des classes mais constitue la machine de guerre de la classe dominante, destinée à briser la résistance de la classe dominée. Il va de soi que cette fonction ne peut disparaître - et avec elle l’état lui-même - que lorsque la lutte des classe a pris fin. [3]Mais pour Badiou ce scénario est exclu. Selon les thèses anarchistes ou libertaires, le dépérissement de l’état doit commencer dès le renversement de l’état bourgeois. Pour Badiou c’est le capitalisme lui-même qui initie ce dépérissement, faisant l’économie de la révolution elle-même. L’état ne serait plus une nécessité dans la lutte des classes.Mais en fait c’est la nature de classe de l’état bourgeois que Badiou est en train d’oublier.

Non seulement les États sont largement devenus ce que Marx pensait déjà d’eux, à savoir « les fondés de pouvoir du capital ». Mais je ne sais pas si Marx a jamais imaginé qu’il avait raison au point que, depuis trente ans, la réalité lui donne. Non seulement les Etats sont des fondés de pouvoir du capital, mais il y a de plus en plus une espèce de discordance entre l’échelle d’existence des grandes firmes et l’échelle d’existence des États, qui fait que l’existence des grandes firmes est diagonale aux États. La puissance des grands conglomérats industriels, bancaires ou commerciaux ne coïncide ni avec la sphère étatique, ni même avec celle des coalitions d’Etats. Cette puissance capitalistique traverse les Etats comme si elle en était à la fois indépendante et maîtresse. [2) L’affaiblissement des États]

Voilà une manière habile de s’affirmer marxiste et de détourner le marxisme de son propos. Qui dit domination dit rapport de domination et non indépendance, y compris vis-à-vis d’états vassaux d’une puissance impérialiste, impliquant des relations politiques et militaires suivies.Contrairement à ce que prétend Badiou, les rapports du capital envers ses « fondés de pouvoir » impliquent l’entretien de liens réciproques, notamment immortalisés par la Françafrique et toujours maintenus à grand renfort d’interventions militaires.Les liens consanguins entre les grands corps d’état et les principaux groupes capitalistes sont monnaie courante, et divers think tanks comme Terra Nova ou le Siècle sont des lieux de rencontre privilégiés mais pas uniques entre grands patrons, politiciens et faiseurs d’opinion.Les faits montrent sans sortir de nos propres frontières que bien loin de dépérir, l’état renforce de jour en jour sa poigne de fer sur le peuple, afin de faire respecter la dictature des classes dominantes, sur le plan juridique, institutionnel, administratifs, policier, militaire, et dans la propagande de masse assénée par les divers empires de presse, radios, TV.Il intervient également par la surveillance de masse, électronique, téléphonique, vidéo et physique.Tandis que l’état accroît les contraintes envers les masses, il en soulage davantage les monopoles capitalistes.Les lois Macron illustrent parfaitement ce processus et son accélération, comme sa nomination au ministère de l’économie a parfaitement illustré l’absence totale d’indépendance entre les milieux d’affaire et l’Etat.

 

victoire, vaste et ramifiée, des firmes transnationales sur la souveraineté des Etats

C’est ainsi qu’on peut constater que des firmes de dimension considérable, la plus grande firme française par exemple, Total, ne paie aucun impôt en France. En quoi donc consiste son caractère « français » ? Bon, son siège doit être quelque part à Paris, mais… L’État français, vous le voyez, n’a pas de prise véritable y compris sur des pôles de puissance qui affichent leur nationalité française. Il y a, en cours, une victoire, vaste et ramifiée, des firmes transnationales sur la souveraineté des Etats. [1) Le triomphe du capitalisme mondialisé]

Victoire sur la souveraineté des états ? Là encore Badiou isole l’état bourgeois de sa nature de classe. Et on se demande bien quel besoin aurait une firme de remporter une « victoire » sur son propre « fondé de pouvoir ».Dans la nuit du 15 au 16 décembre, le gouvernement a manœuvré le Parlement, l’obligeant à revenir sur son vote, afin de dispenser les entreprises françaises de déclarer leur reporting, laissant ainsi libre cours à l’optimisation fiscale c’est-à-dire à l’évasion fiscale.S’agit-il d’une démission de l’état ? Certes non, car le but est de favoriser les entreprises françaises dans la concurrence internationale. Il s’agit d’une accentuation de la lutte de classe au profit de la bourgeoisie, parallèlement à l’accentuation de la concurrence entre les pays capitalistes et leurs monopoles. L’Etat bourgeois joue ici pleinement son rôle en épaulant les monopoles nationaux dans la jungle de la concurrence capitaliste, et en faisant porter au peuple le fardeau de la fiscalité.Par ailleurs lorsque l’état bourgeois vend y compris à perte des secteurs industriels ou commerciaux, ceci n’a rien de nouveau. Soit parce que des considérations géopolitiques impérialistes ou l’intérêt d’un secteur monopoliste plus vital l’emportent sur le bilan commercial immédiat (comme ce fut le cas avec Qatar Airways), soit parce qu’il doit s’incliner devant un concurrent. Mais ce n’est pas la victoire des firmes transnationales sur la souveraineté des Etats, c’est la victoire d’une firme nationale ou transnationale sur une autre firme nationale ou transnationale, et d’un état sur un autre état.D’indécrottables premiers communiants comme Montebourg s’insurgent :« Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey dans un paradis fiscal de Sa Majesté la reine d’Angleterre, et lui-même est résident suisse ! Il va falloir que M. Drahi rapatrie l’ensemble de ses possessions et biens à Paris, en France. Nous avons des questions fiscales à lui poser ! » Ceci n’a pas empêché Patrick Drahi de mettre la main sur SFR, objectant qu’il l’avait déjà mise à la poche en investissant 3 milliards d’euros.Dépérissement de l’état ? Non, c’est le gendre du comte Antoine de Labriffe qui n’a rien compris ni à la fonction de l’état bourgeois ni aux règles de la concurrence capitaliste, rêvant d’instaurer un « capitalisme coopératif » sur sa bonne mine, et qui se fait débarquer avec sa marinière et son mixer, et renvoyer à ses études comme le cancre à son radiateur.

 

« Too big to fail »

Il est d’ailleurs très frappant que les banques elles-mêmes soient devenues des ensembles si considérables, qu’on admet, comme un axiome, que leur chute est impossible : « Too big to fail. » Trop gros pour chuter. C’est ce qu’on dit souvent à propos des grandes banques américaines. Ce qui signifie que la macroscopie économique l’emporte sur la capacité étatique.[2) L’affaiblissement des États]

Manque de bol la FED vient de mettre fin à son mandat original de prêteur de dernier ressort des banques. L’article du ‘goldbroker’ indique :Avec le Dodd-Frank Banking Reform Act, qui permet maintenant aux banques de ré-hypothéquer l’argent et les comptes de leurs propres clients dans le cas d’une crise de liquidité, cela démontre que la banque centrale américaine n’a désormais plus à suivre son mandat original – être le prêteur de dernier ressort – puisque c’est maintenant le public qui fournira les fonds pour sauver les banques lors des futures crises.Cette décision reprend outre atlantique l’initiative chypriote de 2013 procédant au sauvetage des banques en piochant dans les comptes des particuliers. Depuis l’idée a fait des petits enItalie et en Suisse suivant la Directive européenne sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances » (BRRD).L’expérience de 2011 a montré que le sauvetage des banques au moyen des dettes souveraines met en péril l’ensemble de l’économie. Par ailleurs cet endettement n’est plus en mesure d’assurer de nouvelles faillites.Où l’on voit qu’il s’agit bien d’une décision d’état se déchargeant directement des dettes capitalistes sur le dos du peuple au lieu de plomber l’endettement souverain.Loin de dépérir, l’Etat bourgeois prend soin de protéger les intérêts de l’ensemble des grandes entreprises.

 

Encore une certaine vigueur…

« la logique générale du capitalisme mondialisé, c’est de n’avoir pas de rapport direct et intrinsèque à la subsistance d’États nationaux, parce que son déploiement est aujourd’hui transnational. » « Et il s’en faut de beaucoup que la norme de la puissance soit représentée par les Etats et par eux seuls. Bien sûr, il existe encore des pôles étatiques constitués ou qui manifestent encore une certaine vigueur, les grands pôles de type États-Unis, Chine. Mais, même dans ces cas-là, le processus est celui que nous avons décrit. Ces grands pôles ne sont pas porteurs d’autre chose. » [2) L’affaiblissement des États]

« Encore une certaine vigueur » : une paille, il s’agit seulement des deux principales puissances mondiales.Dans le cas des USA le processus est celui de l’impérialisme le plus agressif et belliqueux et qui défend jalousement les intérêts de ses monopoles. Qui peut affirmer sérieusement que l’état fédéral US soit entré dans une phase de dépérissement ?Concernant la Chine, l’Etat dirige les entreprises y compris privées ou étrangères à travers ses banques comme Eximbank ou China Development Bank. Les entreprises étrangères écopent régulièrement de lourdes amendes, sont publiquement dénoncées pour leur pollution, leur incurie sanitaire, l’absence du syndicat, leurs escroqueries ou simplement évincées comme ce fut le cas pour Google, le nucléaire français ou le TGV.Pour prendre un exemple récent, lors du sommet annuel de Wuzhen initié par la Chine sur Internet et sur le thème « la liberté est l’objectif, l’ordre est le moyen », qui se déroulait du 16 au 18 décembre, est apparue la volonté de « re-nationaliser » Internet, fondé aux origines comme « au-dessus ou par-delà les Etats ». Xi Jinping déclarait à cette occasion ’Nous devons respecter les droits de chaque pays de gouverner leur propre cyberespace’…’aucun pays ne devrait viser l’hégémonie en ligne ou s’immiscer dans les affaires intérieures d’autres pays’ [4]. Les médias occidentaux sont tombés à bras raccourcis sur la justification de sa censure par la Chine ; les révolutions de couleur fomentées dans les états-cibles de l’occident nécessitent la plus totale liberté d’expression numérique.

 

Mais certains politiciens bourgeois se demandent déjà si l’exemple ne pourrait pas être appliqué sous dictature capitaliste comme le député UMP des Yvelines Jacques Myard :

« J’espère que l’on va prendre conscience de la nécessité de nationaliser ce réseau, d’avoir la capacité de mieux le maîtriser, les Chinois l’ont fait ». Il ajoutait peu après : « Il faut savoir qu’Internet fonctionne par l’attribution des DNS (Domain Name System) aux différents opérateurs, sorte de routeur central du système, lequel est totalement aux mains d’une société américaine, l’ICANN, laquelle est elle-même le faux nez du gouvernement américain. Cela signifie que les États-Unis sont totalement maîtres du système et peuvent ainsi espionner le monde entier, pour leur propre sécurité, mais aussi pour leurs intérêts industriels ou commerciaux. Ils savent, eux, ce qu’est l’intelligence économique.De surcroît, le logiciel du principal système d’exploitation est truffé d’erreurs permettant de multiples attaques de hackers qui peuvent paralyser des systèmes entiers, allant des hôpitaux aux centrales nucléaires, en passant par les médias. Le cas de l’attaque russe sur l’Estonie en avril 2007 ou encore la tentative chinoise de blocage des bases de données du gouvernement allemand en mai 2007, alors même qu’Angela Merkel se trouvait en visite officielle à Pékin, en sont des exemples développés dans le rapport d’information n°2085 (page 203) des députés Jacques Myard et Jean-Michel Boucheron « Les enjeux géostratégiques de la prolifération ».Il est donc indispensable de maîtriser ce réseau qui échappe aujourd’hui totalement à la France et aux Etats européens. L’une des solutions, avancée par Louis Pouzin, inventeur du principal protocole de l’Internet, le TCP/IP, serait que la France maîtrise ses DNS et crée des espaces de confiance au sein d’Internet qui échapperaient à toute tentative d’intrusion ». Cette « nationalisation » d’Internet, loin de porter atteinte à la liberté de communication, va au contraire la renforcer. »

Où l’on voit que la fondation d’Internet « au-dessus ou par-delà les Etats » n’est qu’un euphémisme pour désigner la toile US et que ledéploiement transnational du capitalisme mondialisé n’est autre que l’hégémonisme américain.Mais la guerre économique que se livrent les états ne se limite pas aux grandes manœuvres des USA. On n’a pas oublié la façon dont Papandréou fut proprement éjecté par Sarkozy et Merkel en 2011, ni le dédit imposé à Syriza cette année même. Dans ce dernier cas ce n’est pas le grexit souhaité par l’Allemagne qui l’a emporté, contre toute logique strictement comptable, mais la volonté politique de conserver ce pivot dans la région des Balkans suivant l’appel de Delors du 4 juillet. Affaiblissement de certains états … sous le talon de fer des autres. Badiou a la mémoire courte ou bien sélective.

 

Partage du monde et hégémonisme

Malgré cela, les tâches régaliennes de protection des firmes, de contrôle des circuits des matières premières ou des sources d’énergie, ont dû continuer à être assumées en partie par des moyens étatiques. Elles ne pouvaient pas être assumées seulement par les mercenaires des firmes. Il y a donc, depuis des années, voire des décennies, une activité militaire incessante des Etats occidentaux. Il faut rappeler que les interventions militaires de la France en Afrique durant les quarante dernières années, il y en a eu plus de cinquante ! On peut dire qu’il y a eu un état de mobilisation militaire quasi chronique de la France pour maintenir son pré carré africain… Et il y a eu, comme on le sait, de grandes expéditions, des conflits gigantesques, la guerre d’Algérie, la guerre du Vietnam et puis finalement la destruction de l’Irak, et puis ce qui se passe en ce moment. Donc le point n’est pas la fin des interventions impériales, absolument pas. La question porte sur la différence de modalité de l’intervention impériale. La question demeure toujours : Que faire pour protéger nos intérêts dans les contrées lointaines ? [3) Les nouvelles pratiques impériales]

Voilà que réapparaît le rapport direct et intrinsèque à la subsistance d’États nationaux et que le capitalisme mondialisé reprend sa figure nationale et ses habits de colon. Pas pour longtemps.

ce qui apparaît petit à petit, c’est l’idée que plutôt que prendre en charge la tâche pénible de constituer des États sous tutelle de la métropole, ou plus encore, des États directement métropolitains, la possibilité c’est tout simplement de détruire les États. Et vous voyez la cohérence de cette possibilité avec la désétatisation progressive du capitalisme mondialisé. On peut après tout créer, dans certains espaces géographiques remplis de richesses dormantes, des zones franches, anarchiques, où il n’y a plus d’Etat, où, par conséquent, on n’a plus à discuter avec ce monstre redoutable qu’est toujours un État, même s’il est faible. [3) Les nouvelles pratiques impériales]

Badiou fait référence ici à la destruction de la Libye et à la subversion de la Syrie avec Daech. Il s’avère que cette politique de terre brûlée n’aboutit à rien de bon sinon au développement du terrorisme dans les métropoles impérialistes elles-mêmes, à une crise des réfugiés sans précédent, tandis que le pillage impérialiste n’y trouve pas son compte. Par ailleurs c’est oublier que la vocation de Daech est la constitution d’un Etat Islamique à l’image de l’empire du calife omeyyade Abd al-Malik ibn Marwan, et nullement la dissolution de l’Etat.

Récapitulons. Nous avons une structure du monde contemporain dominée par le triomphe du capitalisme mondialisé. Nous avons un affaiblissement stratégique des États, voire même un processus en cours de dépérissement capitaliste des États. Et troisièmement, nous avons de nouvelles pratiques impériales qui tolèrent et même encouragent dans certaines circonstances, le dépeçage voire l’anéantissement des États. [3) Les nouvelles pratiques impériales]

On ne reviendra pas sur la fable de l’affaiblissement stratégique voire du dépérissement capitaliste des états. Et remarquons au passage que le dépeçage voire l’anéantissement des États est réalisé par d’autres états qui eux ne sont pas au bord de l’anéantissement.Il reste à faire un sort au capitalisme mondialisé.

 

triomphe du capitalisme mondialisé


La question demeure toujours : Que faire pour protéger nos intérêts dans les contrées lointaines ? [3) Les nouvelles pratiques impériales]

Badiou ne précise pas dans sa question contre qui faut-il protéger nos intérêts ?Il semble que les pratiques impériales s’exercent uniquement contre ces contrées lointaines.Il existerait par conséquent un capitalisme occidental mondialisé, imposant sa loi au reste du monde.


“ Du point de vue purement économique, écrit Kautsky, il n’est pas impossible que le capitalisme traverse encore une nouvelle phase où la politique des cartels serait étendue à la politique extérieure, une phase d’ultra-impérialisme”, c’est-à-dire de super-impérialisme, d’union et non de lutte des impérialismes du monde entier, une phase de la cessation des guerres en régime capitaliste, une phase “d’exploitation en commun de l’univers par le capital financier uni à l’échelle internationale. ”

[…]“ Du point de vue purement économique ”, l’“ ultra-impérialisme ” est-il possible ou bien est-ce là une ultra-niaiserie ? [Lénine – l’Etat et la Révolution]La thèse du capitalisme mondialisé a fait florès dans les milieux économiques y compris progressistes, qui considèrent que la destruction de l’économie féodale et l’interpénétration des trusts et des monopoles intervenant à l’échelle internationale a atteint un tel degré qu’on peut les considérer comme un tout unique, capable de faire et défaire les états et leurs lois.Mais elle ne reflète qu’un aspect de la réalité et sous certains côtés, réhabilite la thèse de la « finance cosmopolite et enjuivée » des années 30, destinée à blanchir les monopoles capitalistes nationaux tout en désignant alors un bouc émissaire.Les dispositions du TAFTA ou les amendes pharaoniques payées par les banques en servent parfois d’illustration, alors qu’elles ne sont que des épisodes de la guerre entre les pays impérialistes et leurs monopoles, et tout particulièrement de l’hégémonisme US envers des puissances impérialistes secondaires.Voici ce qu’écrivait Lénine il y a un siècle :

Si les capitalistes se partagent le monde, ce n’est pas en raison de leur scélératesse particulière, mais parce que le degré de concentration déjà atteint les oblige à s’engager dans cette voie afin de réaliser des bénéfices ; et ils le partagent “ proportionnellement aux capitaux ”, “ selon les forces de chacun ”, car il ne saurait y avoir d’autre mode de partage en régime de production marchande et de capitalisme. [Lénine - L’impérialisme stade suprême du capitalisme]L’impérialisme se caractérise justement par une tendance à annexer non seulement les régions agraires, mais même les régions les plus industrielles (la Belgique est convoitée par l’Allemagne, la Lorraine par la France), car, premièrement, le partage du monde étant achevé, un nouveau partage oblige à tendre la main vers n’importe quels territoires ; deuxièmement, ce qui est l’essence même de l’impérialisme, c’est la rivalité de plusieurs grandes puissances tendant à l’hégémonie, c’est-à-dire à la conquête de territoires — non pas tant pour elles-mêmes que pour affaiblir l’adversaire et saper son hégémonie (la Belgique est surtout nécessaire à l’Allemagne comme point d’appui contre l’Angleterre ; l’Angleterre a surtout besoin de Bagdad comme point d’appui contre l’Allemagne, etc.). [id.]

L’impérialisme « mondialisé » doit donc être considéré sous le double aspect de l’unité et de la contradiction.

 

Quoi de neuf depuis Lénine ?

 

Pourtant en cent ans le monde a bien évolué, et si le super-impérialisme de Kautsky n’est en fait qu’un impérialisme hégémonique parmi d’autres, des bouleversements autrement sérieux et définitifs ont transformé les contradictions internationales.Les luttes coloniales souvent armées ont abouti à l’indépendance politique. Elles se sont poursuivies contre le néo-colonialisme sur d’autres terrains, notamment économique, afin de parvenir à une réelle indépendance et de rattraper le retard séculaire des anciennes colonies en quelques décennies.A travers ces luttes extrêmement difficiles contre des adversaires supérieurs sur les plans militaire, technologique, économique, scientifique, certains pays dits émergents sont parvenus à sortir la tête hors de l’eau, à défier les puissances impériales ; et maintenant les forces économiques immenses libérées par leurs milliards d’ouvriers et de paysans les font trembler.La domination du dollar, pilier de l’hégémonie américaine est remise en cause à travers de multiples échanges régionaux, par les banques et fonds d’investissements des BRICS, et par des alliances concurrentes.Ainsi l’hégémonie US est-elle vouée à disparaître en tant que super-impérialisme, et Badiou ne juge pas utile d’en dire un seul mot, à tel point que « BRICS » et « émergent » ne figurent pas un instant dans son discours.La structure du monde contemporain telle qu’il la décrit, où Brics et émergents se sont volatilisés, et où la concurrence meurtrière entre les monopoles se résume à la protection de nos intérêts dans les contrées lointaines, ne correspond pas à la réalité des contradictions internationales.Tout au plus reprend-elle quelques marronniers de la vulgate altermondialiste.Elle n’est pas marxiste et s’y oppose sur la nature de l’Etat.Elle néglige que la concurrence capitaliste est la cause fondamentale des guerres.Elle est aveugle aux transformations majeures des rapports internationaux.

 

 

Notes

 

 

[1L’Etat est un ’pouvoir spécial de répression’. Cette définition admirable et extrêmement profonde d’Engels est énoncée ici avec la plus parfaite clarté. Et il en résulte qu’à ce ’pouvoir spécial de répression’ exercé contre le prolétariat par la bourgeoisie, contre des millions de travailleurs par une poignée de riches, doit se substituer un ’pouvoir spécial de répression’ exercé contre la bourgeoisie par le prolétariat (la dictature du prolétariat). C’est en cela que consiste la ’suppression de l’Etat en tant qu’Etat’. Et c’est en cela que consiste l’’acte’ de prise de possession des moyens de production au nom de la société. Il va de soi que pareilremplacement d’un ’pouvoir spécial’ (celui de la bourgeoisie) par un autre ’pouvoir spécial’ (celui du prolétariat) ne peut nullement se faire sous forme d’’extinction’. [Lénine – L’Etat et la Révolution]
 
[2« Il ne manquait plus qu’une seule chose ; une institution qui non seulement protégeât les richesses nouvellement acquises par les particuliers contre les traditions communistes de l’ordre gentilice, qui non seulement sanctifiât la propriété privée si méprisée autrefois et proclamât cette consécration le but suprême de toute communauté humaine, mais qui mît aussi, sur les formes nouvelles successivement développées d’acquisition de propriété, autrement dit, d’accroissement toujours plus rapide des richesses, l’estampille de la légalisation par la société en général ; une institution qui non seulement perpétuât la naissante division de la société en classes, mais aussi le droit de la classe possédante à exploiter celle qui ne possédait rien, et la prépondérance de celle-là sur celle-ci.Et cette institution vint. L’État fut inventé. » [Engels - L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat]
 
[3« Cette ’extinction’ ou même, pour employer une expression plus imagée et plus saillante, cette ’mise en sommeil’, Engels la rapporte sans aucune ambiguïté possible à l’époque consécutive à la ’prise de possession des moyens de production par l’Etat au nom de toute la société’, c’est-à-dire consécutive à la révolution socialiste. Nous savons tous qu’à ce moment-là la forme politique de l’’Etat’ est la démocratie la plus complète. Mais il ne vient à l’esprit d’aucun des opportunistes qui dénaturent sans vergogne le marxisme qu’il s’agit en ce cas, chez Engels, de la ’mise en sommeil’ et de l’’extinction’ de la démocratie. »[Lénine – L’Etat et la Révolution]
 
[4Wuzhen, Zhejiang, 16 décembre (Xinhua) — Le président chinois Xi Jinping a exhorté mercredi les pays à respecter leur cyber-souveraineté mutuelle et à s’abstenir de rechercher une hégémonie sur Internet.M. Xi a exprimé ce point de vue au cours de son discours clé, lors de la cérémonie d’ouverture de la 2e Conférence mondiale de l’Internet, organisée dans la ville chinoise de Wuzhen, dans la province du Zhejiang (est du pays).L’égalité souveraine, un principe établi par la Charte des Nations unies, représente une norme fondamentale des relations internationales modernes, et elle couvre tous les aspects des relations d’état à état, dont le cyberespace, a-t-il ajouté.Les pays ont le droit de choisir de manière indépendante le mode pour avancer sur la voie du cyber-développement, ainsi que pour publier leurs propres règlements et politiques publiques, a-t-il noté, ajoutant que le droit de participation à la gouvernance internationale du cyberespace, en tant qu’égaux, devait être respecté par tous.

 

Aucun pays ne doit rechercher l’hégémonie sur Internet, s’ingérer dans les affaires internes des autres pays, ni s’engager dans, être de connivence avec, ou soutenir des activités sur Internet qui portent atteinte à la sécurité nationale des autres pays, a-t-il conclu.

Comment briser l’étau de l’UM-Pen-S en gestation ? – par Georges Gastaud

 

20 Décembre 2015

sarko le pen fn, LR UMPEN, brun bonnetLe vent du boulet des régionales vient à peine de passer que déjà les grandes manœuvres politiciennes qui nourrissent le Front « national » () redémarrent en grand.


Et c’est Valls qui annonce que de nouvelles mesures « pour l’emploi » – entendez par là de nouvelles attaques contre le CDI, contre le SMIG et le « coût du travail », contre le statut de la fonction publique, contre la Sécu et les retraites, vont être promues par le gouvernement qui recherche manifestement sur ces sujets l’accord de la droite et du MEDEF. Et qui ne fera ainsi qu’accentuer la droitisation de la vie  française avec en bout de course son « extrême droitisation ».


Et c’est  qui prend prétexte de la fraternisation franco-allemande de 1915 (à l’époque la bourgeoisie française la réprimait furieusement mais aujourd’hui que la soumission à Merkel est de règle, on lui trouve opportunément des vertus…) pour convoler dans le nord avec Xavier Bertrand, le pionnier de la nouvelle jonction électorale /. Tout montre que loin d’infléchir à gauche sa politique, comme le lui demandent à genoux les prétendus « frondeurs », le PS hollandien va aggraver son virage néolibéral, prendre appui sur la peur du FN pour mettre en place une sorte d’alliance de travail UMPS entièrement au service du patronat et de l’UE. Bref, loin de tirer quelque leçon que ce soit de l’immense rejet populaire dont est victime la fausse gauche, et à sa suite, la pseudo-« gauche radicale » et « euro-constructive », l’Élysée et Matignon n’apportent qu’une réponse politicarde sur la base d’un calcul sordide : créer des passerelles avec la droite « modérée » de Juppé et Cie (sic !), marginaliser Sarkozy et son discours mal démarqué de celui du FN, et – comme le PS le fait scandaleusement depuis l’époque de Mitterrand – instrumentaliser le FN dans le rôle du repoussoir qui permettra à Hollande – croit-il – d’être le concurrent de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle et de gagner à quelques points près au second tour.

 

Sauf que c’est jouer avec le feu. Pour ne prendre qu’un exemple, dans la ville de Lens ravagée par la désindustrialisation et par le déclassement du prolétariat industriel, le FN a passé les 25% aux municipales, les 30% aux départementales et les 40% aux régionales…

hue laurent hollandeQuant au PCF et aux autres forces « euro-constructives », leur discours est totalement inaudible et c’est elles, pour l’essentiel qui paient la facture social-libérale du PS.

 

Non seulement parce que, par la faute principalement de la direction du PCF (surtout soucieux de sauver ses postes au second tour en ralliant les listes PS, ce qui impose que le PCF ait la tête de liste au premier, non seulement parce qu’il s’est révélé incapable d’articuler la moindre critique dure de la sacro-sainte « Europe », de fustiger l’euro-régionalisation du territoire (dans le Nord-PdC-Picardie, Fabien Roussel a éludé la question), en un mot d’être un véritable opposant de gauche à Hollande-MEDEF et à l’UE.

 

Or il faut bien que la LÉGITIME colère sociale « sorte » quelque part et étant donné que le FN est devenu – et pour cause – le centre des discours politiques (et non pas la vie des travailleurs, l’avenir des jeunes et de la Nation), étant donné aussi que MENSONGÈREMENT, Marine Le Pen parle « à » la classe ouvrière et qu’elle feint de défendre la nation, étant donné que la « gauche » radicale pratique largement l’auto-phobie nationale et que le PCF lui-même a retiré depuis plus de vingt ans toute référence à la classe ouvrière dans ses statuts, beaucoup d’ouvriers et d’employés déclassés ou menacés de l’être par l’euro-mondialisation se tournent, soit vers le FN, soit vers l’abstention ou le vote nul, en croissance exponentielle.

 

Quant aux jeunes que le discours ambiant stigmatise sous le nom de « fils d’immigrés », d’aucuns cherchent à les pousser vers le communautarisme, cette solution idéale pour le système en crise qui a vitalement besoin d’un peuple français clivé, divisé, c’est-à-dire impuissant.

 

Ne parlons pas des régionalismes alsacien, breton ou corse (désormais aux commandes à Ajaccio, l’indépendantiste J.-G. Talamoni cherche ouvertement l’affrontement avec la République française, rebaptisée « Paris » ou « l’Etat ») : ils font leurs choux gras du discours néolibéral dominant contre le « jacobinisme » qui pousse à la déconstruction européenne des États-nations ; dans la ligne de l’irresponsable contre-réforme territoriale portée par le PS et l’UMP, doublée par la destructive « Charte européenne des langues régionales et minoritaires, la connivence antirépublicaine des partisans de l’Europe fédérale et des adeptes du repli, voire du séparatisme régionaliste, ne peut qu’ébranler l’idée même de territoire national avec de très graves conséquences pour le mouvement ouvrier et démocratique.  

 

Si l’on veut redonner de l’espoir aux travailleurs, si, tout simplement, on veut éviter de terribles épreuves de toutes natures à notre peuple, il ne reste donc que trois issues possibles :

 

  • Tout d’abord que, bousculant les états-majors syndicaux inertes et euro-dépendants, les syndicalistes de classe aidés par les vrais communistes relancent au plus tôt le combat social, qui est le terrain principal de la lutte contre la fascisation, la communautarisation et la lepénisation du pays : quand les travailleurs luttent « tous ensemble en même temps », ils se tournent contre l’adversaire réel (comme en décembre 1995), c’est-à-dire l’UE, le capital et les partis qui les servent ; quant aux lepénistes, ils assistent impuissants à l’arrêt des trains et des avions ; c’est pourquoi il est urgent que les forces réellement progressistes, non « socialo-dépendantes », se rencontrent pour décider ensemble d’une manifestation nationale unitaire tournée non seulement contre le FN et la droite patronale, mais contre Valls-MEDEF, contre la politique impérialiste et néocoloniale de Hollande et de l’OTAN, sans ménager le moins du monde la sacro-sainte « construction » européenne ;

  • Ensuite que les forces progressistes 100% anti-UE et 100% anti-Le Pen (assez de mains tendues équivoques à l’extrême droite, la Le Pen ne veut pas sortir de l’UE et on ne discute pas avec un parti xénophobe) organisent ensemble une table ronde pour rendre visible la seule alternative possible à l’UM-PEN-S de plus en plus fascisante, antisociale, antirépublicaine, antinationale : celle d’une , Patriotique et Populaire (), impulsé par une Alliance Rouge Marianne clairement progressiste retrouvant les grandes traditions du vrai PCF, le parti du Front populaire et de la Résistance qui savait unir la Marseillaise à l’Internationale, le drapeau tricolore au drapeau rouge frappé des emblèmes ouvrier et paysan ;
  • Enfin, que les vrais communistes, membres ou pas du PCFs’unissent dans l’action au lieu de se séparer dans l’auto-proclamation, sur la ligne potentiellement fédératrice et majoritaire des « quatre sorties » : de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme.

Il est minuit moins cinq, tant sur le terrain international où, manifestement, le gouvernement français continue, à la remorque d’Obama, de cibler davantage l’Etat souverain de Syrie que Daesh et ses parrains des pétromonarchies et de l’intégriste turc Erdogan que sur le terrain national où, à coups d’états d’urgence à rallonge largement tournés contre la gauche de gauche, les forces dominantes et le FN prennent en tenaille la République aux cris de « liberté, égalité, fraternité ».

 

, secrétaire national du .

 

pétition

Signez et faites signez la pétition pour un referendum sur l’euro et l’Union Européenne, TOUS ENSEMBLE, brisons les chaînes de l’Union Européenne

Entretien avec Julian Mischi, auteur du livre « Le COMMUNISME Désarmé »

 

19 Décembre 2015

Enfin une vision optimiste : plus le PCF perd des élus, plus il est obligé de chercher des ressources dans sa base militante et avoir des dirigeants moins soumis au PS… La course est donc engagée entre la base populaire en train de se reconstruire et la direction actuelle qui continue à lorgner des sinécures de sénateur pour la retraite… je plaisante? mais à peine…

(note de danielle Bleitrach)

 

Publié par Michel El Diablo

 

Julian MischiJulian Mischi

Julian Mischi

 

Julian Mischi, dans votre livre Le communisme désarmé (Editions Agone, 2014), vous mettez en relief la baisse du nombre et du poids relatif des adhérents issus de ce que vous appelez « les classes populaires ». L’engagement de militants syndicaux dans le parti, par exemple, est nettement moins important que dans les années 70 ou 80. Sur la même période, le programme du parti a été modifié. L’expropriation des capitalistes n’y figure plus. Y a-t-il un rapport entre l’évolution sociologique du parti et celle de son programme et de son discours ?

 

Alors que de puissantes logiques sociales excluent les catégories populaires (ouvriers, petits paysans et artisans, employés des services…) de la vie politique, le PCF a effectivement réussi, pendant un temps, à contrer ces dynamiques inégalitaires. Tout un ensemble de dispositifs visaient à assurer l’accueil puis la promotion d’adhérents d’origine populaire, des adhérents qui avaient souvent commencé à militer au sein de leur entreprise à la CGT. Par ce caractère populaire, le PCF n’avait pas d’équivalent sur la scène politique et pouvait apparaitre aux yeux de beaucoup comme le porte-parole légitime de la « classe ouvrière ».

 

Depuis surtout une trentaine d’années, on note une diminution de la place des classes populaires au sein du PCF. Cela résulte d’abord des recompositions du monde du travail, qui rendent plus difficile l’engagement dans ces milieux. L’ensemble rassemblant ouvriers et employés reste numériquement important, mais ce salariat d’exécution et /ou subalterne est davantage fragmenté et fragilisé que par le passé. L’évolution de la composition sociale du parti traduit en cela les transformations socioculturelles des milieux populaires.

 

Néanmoins, les inflexions de leurs discours porté par les dirigeants communistes n’ont pas freiné ces tendances, elles les ont même plutôt accompagnées. Au-delà de références programmatiques précises, je pense à la progressive mise en sourdine du principe (et de ses implications) selon lequel l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Ce principe se traduisait concrètement par une politique des cadres attentive à donner une place centrale aux militants ouvriers. La question de l’origine sociale des militants est devenue secondaire en même temps que fut délaissée la référence à la classe ouvrière comme principal acteur révolutionnaire. L’abandon de cette notion peut bien sûr se justifier par la prise en compte des évolutions du salariat, marqué par la féminisation et le développement des services. Mais elle s’est accompagnée d’un abandon plus général de la réflexion sur les rapports de classe, une réflexion éclipsée par la mobilisation de notions a-classistes comme le « salariat », voire les « gens » dans les années 1990.

 

La priorité donnée au recrutement d’ouvriers a été abandonnée. On ne fait pas grand-chose pour favoriser la création de cellules dans les entreprises. Vous évoquez divers facteurs extérieurs au parti qui ont pu contribuer à sa déconnexion avec les travailleurs, mais vous dites que celle-ci résulte aussi de « logiques internes ». Pensez-vous que la déconnexion avec les travailleurs s’est opérée à l’avantage de certains éléments, ou de certains intérêts, dans le parti ?

 

Concernant l’organisation dans les entreprises, il faut bien avoir à l’esprit que la constitution de contre-pouvoirs militants est particulièrement difficile en ces temps de répression syndicale et d’atomisation des collectifs de travail. En outre, la présence communiste dans les entreprises a toujours été, en réalité, relativement réduite, même du temps de la forte influence de ce parti. Sur le lieu de travail, c’était l’engagement à la CGT qui primait. Mais, même fragiles, les sections d’entreprises occupaient une place centrale dans l’univers communiste car elles fournissaient ses principaux dirigeants, dont beaucoup étaient d’anciens ouvriers qualifiés de la métallurgie.

 

Or, cette matrice ouvrière et syndicale à l’engagement s’est profondément réduite à partir des années 1980-1990 en même temps que le PCF et la CGT se sont progressivement éloignés l’un de l’autre. Une autre matrice, celle des engagements municipaux, est devenue prépondérante. C’est autour des collectivités territoriales que le PCF s’est restructuré avec non seulement les élus, mais aussi tout le personnel politique spécialisé gravitant autour d’eux. Logiquement, les enjeux électoraux sont devenus prépondérants alors que la question du militantisme en entreprise apparaît plutôt secondaire pour ces professionnels de la gestion politique locale qui ont d’ailleurs peu de culture syndicale. Élus et cadres des collectivités locales peuvent même s’opposer aux militants ouvriers de la CGT lors de conflits sociaux que connaissent certaines municipalités communistes comme je l’évoque dans l’ouvrage.

 

Il faut dire aussi qu’indépendamment des intérêts de chacun, le simple fait de délaisser les dispositifs organisationnels de sélection et de formation de porte-paroles d’origine populaire, conduit automatiquement à favoriser les catégories sociales plus diplômées dans l’organisation, en particulier les enseignants et les cadres de la fonction publique. De l’alliance entre les classes populaires et la petite bourgeoisie culturelle qui a fait la force du mouvement communiste, il ne reste progressivement plus qu’un seul versant.

 

La place des élus est devenue prépondérante dans la vie interne du PCF. La tradition qui veut qu’ils reversent leurs indemnités tend à limiter les dérives « carriéristes » que l’on observe ailleurs. Et pourtant, de nombreux élus acquièrent une grande autonomie par rapport au parti, au point que, dans bien des cas, les militants n’ont pratiquement aucune prise sur l’action politique des élus. Y a-t-il, à votre avis, un remède à cela ?

 

La question de l’autonomie des élus est un problème structurel du mouvement ouvrier. C’est l’un des ressorts de la création du PCF suite à ce qui est perçu comme la « trahison » des députés socialistes lors de la Première guerre mondiale. Mis à part les années 1920, les élus communistes ont cependant toujours eu des marges d’action non négligeables vis-à-vis de leur parti. Mais cette situation a pris une toute autre ampleur dans les 1980 et 1990 : les élus locaux peuvent se permettre des stratégies autonomes car ils sont capables lors des scrutins locaux de contenir la baisse d’influence que leur parti connaît aux élections nationales.

 

Ensuite, à partir de la fin des années 1990, on observe un mouvement de renforcement de la place des élus (et de leurs collaborateurs) dans l’appareil. Les dirigeants des fédérations ont en effet pour consigne d’entrer dans les assemblées départementales et régionales. Les permanents ne pouvant plus être rétribués par un parti dont les ressources financières se réduisent, ils doivent rechercher d’autres sources de financement, celles des mandats électifs.

 

Le fait qu’il ait encore de très nombreux élus est bien sûr une force pour le courant communiste, une force qui fait défaut à d’autres partis comme le NPA ou le PG. L’ancrage municipal du PCF a été déterminant dans la force passée de cette organisation et dans son implantation dans les milieux populaires. Mais, aujourd’hui, avec le déclin de la base militante et la diminution des ressources financières, les élus et les enjeux électoraux occupent une place centrale dans l’organisation.

 

Or, aux côtés de la prise de mandats électifs ou du travail auprès des élus, tout un horizon militant mériterait d’être également valorisé : éducation populaire, militantisme syndical, travail intellectuel, entraide locale, etc. Selon cette perspective, il devrait être possible d’envisager une promotion militante pour un jeune communiste sans qu’il ne devienne automatiquement élu ou collaborateur d’élu. Cela nécessite probablement de renforcer les capacités des militants à intervenir dans l’espace local indépendamment des élus. Ou encore de réhabiliter la fonction de secrétaire « politique » des sections et des fédérations. Il s’agit là d’un rôle militant clef, situé à l’intersection des engagements associatifs, syndicaux, électifs, etc.

 

D’un point de vue idéologique, l’essor des structures de gestion des collectivités territoriales, le développement de l’intercommunalité en particulier, pourraient faire l’objet d’une analyse critique afin d’assurer une meilleure résistance à la vulgate technocratique qui touche l’ensemble des partis de gouvernement. La diffusion d’une conception pragmatique et technique de l’action municipale appelle manifestement à une repolitisation des débats qui se déroulent dans ces instances aux règles de fonctionnement opaques. Face à la professionnalisation de l’administration communale et intercommunale qui marginalise plus que jamais les classes populaires, il y a bien sûr un enjeu à développer le rôle des écoles du parti dans la formation des militants.

 

Enfin, comment voyez-vous l’évolution future du PCF ?

 

En tant que sociologue, il m’est difficile de répondre à cette question. Mais les évolutions récentes laissent présager tout de même des recompositions militantes. Une recomposition d’abord liée à la réduction du nombre d’élus locaux, qui a atteint un tel point que des fédérations entières sont forcées de se réorganiser autour de réseaux essentiellement militants, autour de dirigeants n’ayant pas de mandat électifs. Ces derniers sont, de fait, moins sujets à rechercher une alliance à tout prix avec les socialistes. Des situations locales particulièrement conflictuelles, où élus et militants se font affrontés lors de la préparation des élections municipales de mars 2014, se pacifient tout simplement parce qu’il n’y a quasiment plus d’élus ou parce que ceux-ci ont quitté le parti pour garder leur siège.

 

On peut également entrevoir une recomposition induite par l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants communistes issus des rangs des « jeunes » communistes qui ont rejoint le mouvement dans la deuxième partie des années 2000. Ces militants sont entrés dans le communisme à travers des luttes, contre la seconde guerre du Golfe, et surtout contre le Contrat Première Embauche (CPE) et le Traité Constitutionnel Européen (TCE). Par rapport à leurs prédécesseurs, ils sont moins issus de familles militantes ou de municipalités communistes. Ils peuvent sûrement favoriser un renouvellement des équipes militantes, mais cette dynamique est fragilisée par les déchirements que connaît le Front de Gauche.

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19 décembre 2015

Régionales : Déclaration d'Action Communiste

 

La politique du gouvernement a été sanctionnée
 
Le second tour des élections régionales, orchestré sur l’air de «la patrie en danger » ne fait pas illusion, : c’est bien la politique du gouvernement qui a été sanctionnée.  D’abord par une abstention qui demeure massive, ensuite par un désaveu considérable des partis, qui en alternance gouvernent la France, enfin par une montée retentissante du Front National.  Dans le même temps ces élections ont confirmé, s’il en était besoin, l’effondrement des forces de progrès, animées essentiellement par le PCF.  Pour un nombre grandissant de Français, la droite classique et le PS sont responsables du chômage, des conditions de travail et de vie aggravées, de l’insécurité grandissante.  Le mouvement de balancier électoral qui caractérise l’alternance a perdu beaucoup de son amplitude : le mascaret « UMP-UDI » annoncé s’est réduit en clapotis et la débâcle prévue pour le PS et ses alliés a été contenue.  Les premiers ont perdu bon nombre de voix au profit du FN ; les seconds ont profité d’un surcroît de participation provoqué par la menace d’une prétendue guerre civile.  Reste que ces partis apparaissent considérablement affaiblis.  A tel point que certains de leurs ténors respectifs, inquiets quant aux échéances présidentielles futures, réclament du changement : de ligne pour Juppé, Kosciusko-Morizet ou Bertrand chez les Républicains, carrément de cap pour Benoît Hamon ou de simple inflexion pour Cambadélis chez les socialistes.  Mais les Français ont suffisamment payé pour savoir que ce genre de promesses n’engagent  que ceux qui y croient et jamais ceux qui les font.  Tout porte à croire, si rien n’est fait, que les électeurs continueront de bouder les urnes et que le FN verra son influence continuer de grandir dans ce pays.
 
Le vote FN est nourri  par le rejet des partis qui se sont prononcés pour cette UE de plus en plus antisociale, de plus en plus antidémocratique

Ne nous illusionnons pas : le vote FN est de plus en plus national et il progresse constamment.  En 2007, il était à 10%, à la présidentielle de 2012 il était à 18%, puis à 25% aux Européennes et aujourd’hui il atteint 30%.  Les raisons de cette progression sont bien sûr multiples, à la fois structurelles et conjoncturelles.  Cependant elles trouvent principalement leur source dans le rejet des partis tour à tour responsables de la politique d’austérité voulue par Bruxelles afin de favoriser le grand patronat et les banques au détriment des peuples.  Tous les partis, qu’ils soient de droite avérée, de gauche prétendue ou de gauche sincère ont participé peu ou prou des gouvernements passés.  Ils se sont tous prononcés – bien qu’à différents titres – pour cette Europe décriée parce que de plus en plus antisociale, de plus en plus antidémocratique.  Ce faisant ils ont ouvert un boulevard au FN qui paraît être, aux yeux des Français, le seul désireux de rendre à la France sa souveraineté, condition sine qua non d’un changement de politique.La stratégie d'union avec un PS de plus en plus droitier  a ouvert un boulevard au FN
 
La stratégie d'union avec un PS de plus en plus droitier  a ouvert un boulevard au FN

L’effondrement de la gauche progressiste en général et du PCF en particulier tint à ces deux raisons majeures.  Ce dernier ayant maintenu  contre vents et marées pour des raisons électoralistes sa stratégie d’union avec un PS de plus en plus droitier et ayant rejoint les partisans de l’Europe qu’il combattait jusqu’en 1993.

La  progression constante des voix favorables au FN est d’autant plus inquiétante qu’elle s’accompagne d’un enracinement accru dans les secteurs urbains, auprès des ouvriers, des employés et des chômeurs qui représentent plus de 40% des électeurs FN.  Quand on sait que 24% des jeunes de moins de 25 ans sont victimes du chômage, qu’un tiers d’entre eux se sont abstenus lors du premier tour des Régionales et que 35% des autres ont voté Front National, on se dit que notre jeunesse a besoin d’emploi, de salaire et d’idéal et que l’inquiétude doit faire place à l’action dans le camp des forces de progrès.

Agir pour délivrer notre peuple du carcan de l'UE et lui permettre de choisir souverainement des changements profonds à l'opposé des choix capitalistes et européens
 
Oui, il nous faut agir pour sortir de l’Europe et délivrer notre peuple du carcan d’austérité que celle-ci lui impose.

Agir pour retrouver notre souveraineté nationale afin de pouvoir mener efficacement la lutte pour conquérir des avancées sociales, économique et démocratiques.

Agir pour rassembler le peuple de France autour d’un projet de gouvernement de nature à changer vraiment la vie et susceptible d’inciter les Français à vouloir majoritairement des changements plus profonds encore menant pas à pas vers un socialisme aux couleurs de la France.

Agir par conséquent pour redonner un idéal à notre jeunesse et à une majorité de nos concitoyens.
 

Action Communiste, le 16 Décembre

La fin de l'histoire par la présidentielle ?

 

Publié le 19 Décembre 2015

Heureusement que d'autres aident à réfléchir

quand ceux qui devraient y aider

sont perclus de conformisme.

La fin de l'histoire par la présidentielle ?

«Comment se résoudre à un devenir sans surprise, à une histoire où plus rien ne peut survenir à l’horizon, sinon la menace d’une continuation? Ce qui surviendra, nul ne le sait. Mais chacun comprend qu’il faudra, pour le percevoir, être calme, divers, et exagérément libres.»

 

Cette citation est tirée du cour inaugural de Patrick Boucheron titulaire de la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIII-XVIe siècle », cour présenté au collège de France ce 17/12/2015.

 

De lui aussi cette phrase à dédier au gouvernement et à ceux qui l'accompagne dans as course à la surenchère sur la droite extrême : 

 

"Faire peur, à défaut de faire croire, sans jamais rien faire comprendre : tel est assurément le moyen le plus sûr de se faire obéir."

 

Vendredi 19 décembre, 2 jours après cette réception au collège de france, moins d'une semaine après la déculotté prise par les listes où avec ses partenaires il avait été ramené à une portion lilliputienne ou éliminé, le secrétaire national du Parti communiste français a annoncé vouloir un rassemblement avec "le plus de personnalités de gauche possible pour dire que nous voulons construire une candidature commune". De quoi soulever d'enthousisame les cages d'escaliers des HLM et dynamiser les files d'attente de Pôle Emploi.

Une candidature pour faire quoi ? Porter quoi ? Répondre à quelle attente et attente de qui ? On ne sait pas il fait une candidature.

C'est l'illustration parfaite du célèbre axiome " il a atteint le fond, mais il garde l'espoir : il creuse encore "

La question à laquelle il se refuse de répondre a pourtant été posée de deux manières convergentes : est-ce par des aggiornamento électoralistes qu'il est possible de construire une alternative à la crise politique qui roule pour le f-haine ? Notre peuple qui majoritairement se réfugie loin des urnes et ne descend sur le terrain que pour rejeter l'extrême droite et va ainsi à contrecœur légimiter les droites de toutes nuances, va-t-il trouver dans cette propositions des raisons d'espérer, des pistes pour une alternative ?

La déclaration de Laurent revient à dire " nous avons reçu le message : vous ne voulez pas de nos épinards. Au lieu de vous les servir en branche, on vous les mets hachés dans l'assiette ".

Les Français ne veulent plus de ces épinards. Or l'élection présidentielle est structurée, calibrée et orientée pour que ne soient servis que des épinards. Si certains aiment, c'est leur droit. Mais est-ce normal que les hors sols décident là-haut du menu ce qu'ils vont imposer à tous de manger en permanence ?

En France, à coup d'aménagement à la hussarde et hors controle par la souveraineté populaire d'une constitution que le PCF avait rejeté et que le P"c"F d'aujourd'hui ne conteste plus puisqu'il n'en fait pas un objet de combat politique, la vie politique ne se passe plus au-delà de cet espace institutionnel lequel ignore le monde économique où se structurent les conditions de d’exploitations et de l'aliénation, monde qui centrifuge ceux qui s'opposent aux institutions chargées d'assurer la pérennité de l'ordre social.

 

Enrégimenté à coup de Fillon, puis de Valls, de leurs écuyers Bertrand ou Macron, les institutions sont chargées de magnétiser les suffrages pour entretenir cette légitimité.

Horizon indépassable de l'espace politique, s'inscrire dans la course à la présidentielle pour arriver dans les 5 premiers des habituels 12 candidats (ce qui n'est pas gagné). Cela pour ensuite appeler à faire barrage à la menace-épouvantail construite par ceux la même qu'on va appeler à soutenir au second tour. Que le veuillent ou pas ceux qui par ailleurs disent combattre Fukuyama, ils participent ainsi à alimenter l'idée que d'un point de vue institutionnel ce serait la fin de l'histoire.

Outre cette phrase de Patrick Boucherot qui ouvre cette p@ge et est en cela un immense ballon d'oxygène, voici une belle même si plus longue citation du même que Canaille le rouge dédit à tous ceux qui refusent le piège, ces arracheurs de chemises, ces casseurs de fatalité, ces démailleuses d'ordre établi :



"Étonner la catastrophe, disait Victor Hugo, ou avec Walter Benjamin, se mettre en travers de cette catastrophe lente à venir, qui est de continuation davantage que de soudaine rupture.


Voici pourquoi cette histoire n’a, par définition, ni commencement ni fin. Il faut sans se lasser et sans faiblir opposer une fin de non-recevoir à tous ceux qui attendent des historiens qu’ils les rassurent sur leurs certitudes, cultivant sagement le petit lopin des continuités. L’accomplissement du rêve des origines est la fin de l’histoire, elle rejoindrait ainsi ce qu’elle était, ou devait être, depuis ces commencements qui n’ont jamais eu lieu nulle part sinon dans le rêve mortifère d’en stopper le cours.


Car la fin de l’histoire, on le sait bien, a fait long feu. Aussi devons-nous du même élan revendiquer une histoire sans fin — parce que toujours ouverte à ce qui la déborde et la transporte — et sans finalités. Une histoire que l’on pourrait traverser de part en part, librement, gaiement, visiter en tous ses lieux possibles, désirer, comme un corps offert aux caresses, pour ainsi, oui, demeurer en mouvement."



Pourquoi tout cela à propos d'un future échéance électorale présidentielle ?

Dans son interview du 4 décembre dans l'Humanité P Laurent réussi le tour de force de justifier sa non-condamnation de l'état d'urgence voir son adoption par ses collègues députés ou sénateurs, à ne parler que de sécurité quand la désertions des urnes est due à l’inexistence de réponses politiques sociales culturelles à la désespérance de l'électorat. Cultivant ainsi son petit lopin des continuités en s’asseyant et pesant sur le couvercle de la boite à rêves. Alors que le communisme, c'est le mouvement, Laurent se complait dans l'inertie qui fait le lie de tous les conservatismes. 

Un dirigeant se déclarant communiste qui dans cette longue interview ne prononce, ni le mot salaire, ni celui de protection sociale, encore moins celui de patronat ou de capital ; nous sommes arrivés au fond de la dérive qu'on pourrait qualifié de mexicaine avec son Parti Révolutionnaire Institutionnel et sa célèbre armée qui compte plus de généraux et d'officiers que d'hommes de troupe. Il est vrai qu'entre Pierre Laurent et le sous-commando Marcos, il y a l’immensité du continent qui sépare Léon Blum d'un sous-commandant Marcos ou DSK de Che Guevara.

Pour sortir du piège politique, il faut se sortir de l'entonnoir de la présidentielle. Laurent s'y engage et nous appelle à l'y suivre pour réduire le reste de ceux qui lui font encore confiance.

 

Pour ce qui concerne Canaille le Rouge, refus de l'entonnoir, ça le gave et il refuse cette obscène danse des canards.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

La France et le monde ont besoin des communistes

 

19 Décembre 2015

Légende: il a l’air bien ce nouveau film dont tout le monde parle …

 

Une conviction m’anime et elle peut paraître paradoxale parce que nous sommes partout entrés dans une vague contre révolutionnaire qui parait tout submerger : La France et le monde ont besoin des communistes.

 

Dire cela, alors que visiblement notre pays aux dernières élections a été submergé par la droite et l’extrême-droite peut paraître irréaliste. Alors que les « socialistes » au gouvernement méprisent si ouvertement le PCF qu’ils en font les larbins de leurs tactiques à géométrie variable de la Bretagne au Languedoc en passant par l’Ile de France, qui peut accorder le moindre crédit à des gens qui se respectent aussi peu?

 

Comment parler de communisme alors que le gouvernement en est à détruire l’ancien parti socialiste pour mieux contribuer à la création d’un parti démocrate à l’américaine, le résultat de l’union de ce qu’il restera du PS et du centre? Mélenchon avait raison quand il a dit hier matin sur BFMTV/RMC, que François Hollande avait pour intention de « liquider le mouvement socialiste et de passer à autre chose, comme c’est le cas par exemple en Italie ». Il pense que la stratégie du président est « beaucoup plus profond(e) » qu’une « tactique politicienne ». Il a ajouté « en Italie, ils ont liquidé le Parti communiste, ils ont liquidé le Parti socialiste et créé un parti soi-disant de la gauche ». Mélenchon a souvent raison, mais c’est tout, sauf un dirigeant qui convient à la période, il n’a aucun sens de ce qu’est un parti, un rassemblement populaire et il est toujours à la recherche d’une union de sommet qui ne mène nulle part, mais qui sert à l’actuelle direction du PCF à toujours plus liquider le parti.

 

La stratégie de François Hollande n’est pas celle d’un homme seul flanqué de Valls et de Macron,  le même mouvement s’organise dans toute l’Europe et il n’a rien de spontané, c’est une stratégie atlantiste et capitaliste qui va avec le verrouillage de tout changement progressiste dans le cadre de l’UE. Centrisme contre droite hyper-conservatisme et poussée de gauchisme populiste vite remis dans les rangs, l’art de se maintenir jusqu’au bout, quand le fascisme n’est plus opposé à la démocratie mais son prolongement par temps de crise..

 

En Amérique latine on assiste au même reflux, c’est le retour en force de la grande coalition de l’extrême-droite au PS pour en finir avec l’espoir révolutionnaire, et Manuel Valls félicite les vainqueurs, les stipendiés des USA, peut-on être plus clair? … 

 

Partout la preuve est faite qu’il faut aller jusqu’au bout, et s’attaquer au fascisme passe par la lutte contre le capital, une lutte à mort qui exige beaucoup de force et de détermination. Il y a ce qui se passe en Ukraine, en Russie. Si Poutine, attaqué en Asie Centrale, comme en Europe a paru être un contrefeu aux tentatives hégémoniques des USA et de leurs alliés de l’OTAN, il reste marqué par le poids de l’oligarchie qui partout est prête à se vendre au capital…

 

Et sa résistance partout est empêchée par son refus d’une véritable indépendance nationale qui passe par la nationalisation des moyens de production, la fin d’une économie de rente qui nourrit cette oligarchie et ruine le pays…  Partout ces monopoles financiarisés luttent pour le monopole de l’énergie et celui de l’armement et pour cela dépouillent les peuples de tous leurs acquis, les jettent dans la guerre qu’elle soit internationale ou civile.

 

Le vieux système fait eau de toute part, mais tant qu’il n’a pas d’alternative prête à aller jusqu’au bout de la transformation, les victoires momentanées se transforment en défaite parce que le peuple, les exploités se sont trouvé affaiblis, apeurés ils cherchent une niche ou survivre. Les démagogues qui laissent croire à la facilité de la bataille, à la possibilité de ne pas changer grand chose, le spontanéisme, l’individualisme ont contribué au désespoir.

 

Partout la situation exige une opposition frontale contre les monopoles financiarisés. La nation souveraine reste le meilleur cadre pour mener ce combat, mais la nation, sans l’action d’un parti contre ces monopoles n’est qu’un leurre. Le capital garde le fer au feu de l’extrême droite. Il faut donc détruire le cadre national, l’aspirer dans des conglomérats technocratiques où tout changement est interdit et dissoudre la nation par le morcellement identitaire intérieur et créer le contrefeu fasciste qui prétend défendre la nation en créant l’Union sacrée contre le bouc émissaire étranger.

 

Je résume, mais chacun aura compris le fond de ma conviction… la situation parait souvent confuse parce que le capital assure son hégémonie en s’emparant des contraires, en les imprégnant de ses buts ; espaces suprarégionaux, régionalisme et simulacres identitaires nationaux peuvent tous être utilisés par lui si l’on ne met pas en évidence la paix et la dimension de classe de toute politique, si l’on ne se donne pas les moyens de développer l’initiative populaire par toutes les voix démocratiques possibles, les élections, les manifestations, les luttes et en dénonçant les « état d’urgence » qui sont en fait les moyens d’en finir avec cette expression populaire.

 

Mais il existe un moyen essentiel, duquel dépendent tous les autres, c’est l’existence d’un parti révolutionnaire et c’est là que le bât blesse… Pour le moment avec la complicité active des dirigeants actuels du PCF, non seulement ce parti paraît parfaitement inutile mais les communistes ont été eux-mêmes convaincus de leur inutilité, de la nécessité de se fondre dans des conglomérats hybrides, pratiquant les combats de chef et cela dure depuis plus de 20 ans… Même l’idée communiste se vide et ne paraît plus qu’un gadget… Cela participe de cette contrerévolution et de cette possible fascisation qui déferle sur nous…

 

OUI le Front de gauche est une catastrophe et il faut en finir avec lui, comme il faut en finir avec l’appartenance au parti de la gauche européenne. Comme le dit justement un camarade, le Front de gauche est la voiture balai pour assurer d’abord l’élection, sans condition d’un candidat du PS et maintenant de la droite en vue de la grande coalition. Mais pour cela il ne suffit pas d’attaquer Mélenchon, mais bien de remettre en cause la stratégie des dirigeants du PCF. Un combat a commencé pour la préparation du Congrès du PCF. Il est évident que la direction du PCF va tout faire pour poursuivre sur sa ligne qui est celle de servir de force d’appoint électoral au PS. Ils vont attribuer par exemple à Mélenchon, au front de gauche leurs déboires pour mieux continuer à l’identique.

 

Mais qui a imposé de telles « solutions », qui a masqué non seulement le PCF dans le Front de gauche, mais le Front de gauche dans des étiquettes encore plus hasardeuses, des slogans encore plus vaseux? Qui a détruit la confiance des communistes en leur propre parti? Est-ce Mélenchon? Est-ce l’œuvre  des autres groupuscules? Est-ce celle  des refondateurs qui devaient sauver la « gôche »? Non, ce fut un choix de l’actuelle direction et elle doit rendre des comptes non seulement pour la débâcle des régionales, mais pour n’avoir plus laissé que l’abstention à ceux qui désespèrent de la situation. La jeunesse en particulier.

 

Alors ce combat a-t-il encore un sens, le congrès ne sera-t-il pas manipulé, englué dans un mélange de légitimisme et de sauve-qui-peut des employés des collectivités locales? Même si la colère est grande, il est évident que l’actuelle direction va tout faire pour perpétuer sa liquidation.  Et le fait est que tant qu’il subsistera un sigle PCF approprié par ceux qui depuis tant d’années ont choisi la destruction d’un parti révolutionnaire, le communisme pourra être assassiné dans notre pays en toute impunité et les autres tentatives risquent de déboucher sur des groupuscules dans lequel le pays a peu de chances de se reconnaitre. Ceux qui mènent la liquidation- le PS, parce que celui qui finance dirige et donc au-delà les forces acquises au capital- l’ont bien compris, ce qui nous vaut dans un coin un petit médaillon pour présenter une politique qui comme dans les Bouches du Rhône n’a plus rien à voir avec les choix communistes. Je ne crois pas que l’on puisse faire fi de cette stérilisation, ni de celle de fait de la perte du journal l’Humanité. Il faut donc ne pas déserter le terrain de la reconquête..

 

Par rapport à la création de l’ANC, on peut effectivement s’interroger, il existe les assises du communisme, le PRCF a fondé une structure indépendante, Est-ce que la création de l’ANC ne va pas gêner plutôt qu’aider ce combat du Congrès pour recréer le PCF sur la base de ces fondamentaux ?

 

J’imagine mal les communistes tels qu’ils sont accepter au sein de ce qui reste leur parti une double appartenance. Comme je l’ai dit aux camarades qui fondent l’ANC à Marseille, cette création empêche de fait tous ceux qui comme moi auraient pu souhaiter participer à ce Congrès. Toutes les forces qui auraient pu mener le combat au sein du parti dans un débat démocratique en sont écartées avec eux, les plus combatifs, les plus proches de ceux qui souffrent. je partage leur colère face à la fédération du PCF qui nous conduit dans le mur.. Je suis désormais dans le quatrième arrondissement à Marseille, celui géré par Frédéric Dutoit qui a déjà laissé les quartiers nord au PS, un garçon au demeurant sympathique mais qui nous poussera toujours plus loin dans la voie des abandons. Retourner au parti pour mener le combat alors que toutes les forces vives en sont écartées devient impossible .

 

Ce qui pourtant est le plus caractéristique aujourd’hui est la montée de cette exigence, la nécessité d’un parti communiste digne de ce nom. Comment y parvenir? Si j’étais à Vénissieux, et dans d’autres zones de combat, il est clair que je serai au PCF et je me battrais pour reconquérir le parti, pour ne pas laisser détruire l’hypothèse même du communisme, dans l’état de la situation dans les Bouches du Rhône à la fois à cause de la destruction du PCF et du refus des forces vives d’y retourner je suis comme bien d’autres paralysée. Le spectacle de ce qu’il ne faut pas faire…

 

C’est pourquoi je tenterai à ma manière de participer à la perpétuation de l’hypothèse communiste à partir d’un grand débat politico-théorique sur le communisme au printemps, c’est le seul apport unitaire qui me reste. Je vous en parlerai bientôt, et ce blog restera je l’espère un lieu de dialogue entre nous, une manière aussi de nous relier au mouvement du monde.

 

Nous avons besoin du communisme et des communistes parce que le fascisme se glisse dans nos manques, dans la désertion du terrain qui est pourtant assoiffé de notre présence, celui d’un parti communiste, uni autour de ses fondamentaux et discipliné…

 

Un parti proche des couches populaires qui sache transformer le besoin normal de sécurité de chacun en lutte pour l’emploi, la paix, le salaire  et surtout désigner le véritable adversaire pour dénoncer la guerre de tous contre tous.

 

Danielle Bleitrach.

Création de l’Association Nationale des Communistes

 

18 Décembre 2015

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de : Association Nationale des Communistes


jeudi 17 décembre 2015

Nous créons l’ANC

 

 Parce que les politiques menées depuis 30 ans aggravent les inégalités et paupérisent une grande partie de la population,


 Parce que les choix du PS désespèrent les classes populaires qui se détournent d’un engagement politique dans lequel elles ne croient plus,


 Parce que ces mêmes choix et ces mêmes politiques enfoncent le pays dans les guerres et encouragent la montée du fascisme,


 Parce que face à cela, contrairement à ce qui a pu exister dans le passé même avec des défauts et des erreurs, le point de vue communiste ne s’exprime plus et donc ne pèse plus au plan national laissant le peuple désarmé face au capital,


 Parce que depuis des années, nous travaillons ensemble patiemment et avec ténacité pour redonner espoir et perspectives à celles et ceux que le capitalisme exploite,


 Parce qu’il peut suffire de 3 lettres pour rappeler tout à la fois la lutte contre toutes les discriminations et celle pour la justice sociale

 

Nous créons l’ANC, L’Association Nationale des Communistes.

 

Comme le précisent nos statuts ci-joints, la volonté de rassemblement qui préside à sa création, implique qu’adhérer à l’ANC n’impose pas, pour celles et ceux qui sont dans ce cas, de quitter l’organisation à laquelle ils appartiennent. Dans le même ordre d’idée, nos statuts interdisent toute candidature élective au seul nom de l’ANC afin de ne pas rentrer en concurrence avec des organisations existantes.

 

C’est donc, animés de cette volonté de rassemblement et de reconstruction, que nous appelons celles et ceux qui veulent nous rejoindre :

 

 À se faire connaître à ancdefrance koo orange.fr,


 À adhérer à l’ANC (par chèque de 10€ ou plus à envoyer au 45 rue des dames Paris 75017),


 À co-écrire son programme en envoyant leurs contributions à ancdefrance koo orange.fr, éléments de programme politique s’articulant (mais la liste n’est pas exhaustive ni immuable) autour de : Internationalisme – La route vers le socialisme – La propriété collective – Permettre à ceux qui souffrent le plus du capitalisme de prendre la direction du mouvement – Les discriminations et le morcellement de la société – La re-visitation des questions de la laïcité….

 

Et leur donnons rendez-vous à l’assemblée générale qui se tiendra le

 

Samedi 16 janvier

 

Complexe Sportif Nelson Mandela 6 avenue Francis de Pressensé 93210 La Plaine Saint-Denis (Accès : RER B La Plaine Stade de France ou RER D Stade de France) Parking

 

Comme l’écrit Francis Arzalier au lendemain du 1er tour des régionales 2015 :« rien de plus actuel en 2016 que le rassemblement de tous les communistes éparpillés en chapelles concurrentes, inefficaces de ce fait, et le débat entre eux : comment, sur quelles bases, créer une entité communiste unique et active, respectueuse de nos différences légitimes, au sein de laquelle chaque militant compte pour un, évitant le caporalisme des dirigeants et le légitimisme des adhérents qui ont fait tant de mal aux organisations antérieures ? Face au déferlement d’idées d’extrême-droite qui menace, face à la destruction programmée par les tenants du Capital transnational des quelques acquis sociaux qui nous restent, ce débat ne relève pas du sexe des anges, il est d’une urgence absolue. »

 

Première liste de signataires : ALLEON Serge ACC11- LANGLET Claude coordination communiste 59 – ARZALIER Francis historien collectif Polex 95 – BAOT Philippe agriculteur Rouge Vif 34 – BARRERA Francis ACC 11 – BEAULIEU Claude retraité 06 –BEDHOUCHE Momo syndicaliste Carrefour 13 – BEN AZZOUZ Kamel collaborateur d’élus PCF 62 – BENHAMIDA Jelloul ancien responsable fédération PCF 30 – BONNAURE Chantal rouge vif Aubagne 13 – BOUSSALA Othmane syndicaliste nettoyage 13 – CADRAN Anthony rouge Vif 06 – CAZORLA Gérard syndicaliste ex FRALIB 13 – CHANCOGNE Alain retraité banque 33 – CHÂTEAU Line communiste Charleville 08 – CLARET Christophe syndicaliste Port de Bouc 13 – CONNANGLE Michel communiste 33 – CORDAT Philippe syndicaliste 41 – DE LA CRUZ Jean Pierre communiste 83 – DECOURCELLES Michel coordination communiste 59 – DULOUT Vincent syndicaliste enseignant Rouge Vif 14 – EFTHIMIADI Hervé syndicaliste Port St Louis 13 – GIRAUD René ex PCF, adhérent AFASPA 69 – GUILLEMIN Jean Claude ACC 11 – HIDRI Rim syndicaliste ex FRALIB 13 – HOAREAU Charles syndicaliste rouge vif 13 –KERCHOUNI Razika syndicaliste PCF 93 – JOB Alain ACC 11 – LEBERQUIER Olivier syndicaliste ex FRALIB 13 – LE GLOHAEC Yves PCF ISERE 38 – LENORMAND Pierre collectif Polex 41 – LEVY Jean syndicaliste retraité de la banque PRCF, Polex, animateur du blog « canempechepasnicolas » 75 – MALCLES Robert Communiste Nîmes 30 – MATEU Raymond communiste Port de Bouc 13 – MAUDUY Edmond syndicaliste Air France 13 – MOUSSA Youssouf militant associatif rouge vif 13 – PAGE Jean Pierre syndicaliste international 72 – PALAO Richard syndicaliste retraité sécu 45 – PENICHON Jean journaliste Rouge Vif 84 – PEYRET Michel ex député PCF 33 – PIAUT Bob militant comité chômeurs 92 – PINNA Serge Rouge Vif 84 84 – PRIARONE Lucie syndicaliste retraitée Rouge Vif 13 – RIOU Françoise syndicaliste Paris 75 – SERRIERES Pierre-Jean syndicaliste, PCF 07 – SUING Guillaume coordination communiste 59 – TOQUE Stéphane syndicaliste énergie 75 – TOURTAUX Jacques Blog Le sanglier rouge 08 – TRICAUD Jean Pierre PCF 24 – TROUILLLOT Fred Collectif La Sociale 34