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Environnement 2015

Publié par Michel El Diablo

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE: «La thèse officielle? Une foutaise!» [Werner Munter]

Werner Munter

Werner Munter

Par Laurent Grabet le 03 mai 2014 

CLIMATOSCEPTIQUE :Spécialiste reconnu des avalanches, le Suisse Werner Munter planche nuit et jour depuis trois ans sur le réchauffement climatique. Et, pour lui, l’homme n’y est pour rien!

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Il y a une semaine, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pointait une nouvelle fois d’un doigt accusateur l’homme et le CO2 qu’il produit comme principaux coupables du réchauffement climatique. Pour Werner Munter, spécialiste mondialement reconnu des avalanches, qui se penche compulsivement sur le phénomène depuis trois ans, «ces gens sont des imbéciles qui répètent en boucle des bêtises, le savent et sont payés pour!» Le Bernois nous a longuement reçus dans son appartement d’Arolla (VS) pour étayer ces accusations entre une tranche de viande séchée et deux verres de Cornalin. Son diagnostic climatosceptique, loin d’être celui d’un hurluberlu, est partagé par d’éminents scientifiques dont deux Prix Nobel. Il nous l’explique.

Vous affirmez que l’homme n’a rien à voir avec le réchauffement. Pourquoi ?

Précisons tout d’abord que je ne conteste pas le réchauffement lui-même. Je l’ai d’ailleurs constaté en tant que guide de montagne en voyant les glaciers reculer. Celui qui nous fait face par exemple a perdu 100 m depuis que j’ai acheté cet appart en 1989. En 2005, le pilier Bonatti des Drus s’est effondré à cause du réchauffement du permafrost. Ce que je remets en cause, ce sont les causes de ce réchauffement. Elles n’ont rien à voir avec l’homme ou avec le CO2 comme on nous le serine. Je suis arrivé à cette conclusion pour trois raisons.

Quelles sont ces raisons ?

La première, c’est tout simplement l’analyse des données climatiques reconstituées sur des millions d’années. Rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons. Ces optima correspondent à des cycles naturels. Au Moyen Age, il était par exemple possible d’aller en vallée d’Aoste depuis Arolla avec les troupeaux car le glacier n’existait plus. Lors des deux premiers optima, le Sahara était une savane avec des lacs, des arbres et des éléphants. Avant cela, pendant des centaines de milliers d’années, il a fait plus chaud qu’aujourd’hui. Et parfois jusqu’à 7 degrés plus chaud! Or le GIEC se concentre sur les 150 dernières années. Autant dire qu’il regarde autour de son nombril. Les reconstructions paléoclimatiques montrent aussi que, pendant des centaines de millions d’années, il n’y a pas eu de corrélations entre le CO2 dans l’atmosphère et la température sur terre.

Votre second argument ?

La concentration de CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un poison – dans l’atmosphère est négligeable. Il y en a un peu moins de 0,5‰ dans l’atmosphère, et au maximum 5% de cette quantité est imputable à l’homme. Pour un million de molécules d’air, il y a seulement 20 molécules de CO2 produites par l’homme. Et chaque année, notre industrialisation rajoute 4 molécules de CO2 pour chaque million de molécules d’air, mais la moitié est absorbée par les océans et les plantes. Et on veut nous faire croire que cette infime proportion due à l’homme est une catastrophe? J’ai beaucoup de peine à le croire (rires).

Pourquoi dès lors la thèse officielle fait quasi consensus? Vos collègues scientifiques ne sont pas tous des imbéciles !

Ces théories visent à nous culpabiliser. Quand des scientifiques comme ceux du GIEC disent qu’ils veulent sauver la planète, je dis qu’ils ne sont pas crédibles. Ils mentent pour préserver des intérêts économiques dont les leurs. Car il y a tout un business derrière la lutte contre le réchauffement. Il y a une volonté de faire peur aux gens par exemple en dramatisant la montée des océans, alors que ceux-ci ne s’élèvent que de 2 à 3 mm par an! C’est aussi une manipulation intellectuelle de parler de CO2 en tonnes plutôt qu’en proportion. Des tonnes, ça impressionne, mais rappelons que l’atmosphère pèse 5 000 000 000 000 000 tonnes!

Votre dernier argument est que la thèse officielle contredit les lois de la physique. C’est-à-dire ?

Celle de la thermodynamique en particulier. Pour faire simple: la terre fait 15° en moyenne. L’atmosphère censément polluée de CO2 est grosso modo à -30° à 10 km d’altitude. Qu’elle réchauffe la Terre qui est bien plus chaude qu’elle est une aberration. La thermodynamique nous dit que la chaleur va toujours vers le froid et jamais dans le sens inverse, ce que correspond à notre expérience quotidienne.

Alors au final, comment expliquez-vous ce fichu réchauffement ?

Je n’ai pas de réponse car trop de facteurs entrent en jeu. Par contre, j’ai des hypothèses. Je soupçonne par exemple les variations de l’intensité du rayonnement solaire – qui répondent à des cycles – de jouer un rôle central, tout comme les processus nucléaires complexes et méconnus qui sont à l’œuvre au centre de notre Terre. Quoi qu’il en soit, c’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat. La nature est bien plus forte que l’homme, nous ne sommes pas les maîtres de la Terre!

SOURCE : Le Matin.ch

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE: «La thèse officielle? Une foutaise!» [Werner Munter]

LIRE ÉGALEMENT ICI un article qui conteste les thèses de Werner Munter

Réaction d’Attac France à l’Accord de Paris par Maxime Combes

 

13 Décembre 2015

samedi 12 décembre 2015, par Maxime Combes

Les États ne sont pas prêts à enclencher la « révolution climatique »


L’accord de Paris franchit les « lignes rouges » fixées par la société civile!

Dans des moments difficiles, on attend d’une conférence internationale qu’elle prenne des décisions courageuses et visionnaires. Ce n’est pas le cas à la COP 21, avec un accord très en dessous du changement de cap requis. A l’État d’urgence climatique, l’accord de Paris oppose un bricolage constitué de la somme des égoïsmes nationaux, aussi bien en matière de financements que d’objectifs de réduction des émissions. Il ne faut pas oublier l’essentiel : l’accord de Paris entérine un réchauffement climatique supérieur à 3°C, sans se doter des dispositifs pour revenir sur une trajectoire inférieure à 1,5°C ou même 2°C.

 

François Hollande souhaitait qu’on se souvienne de la COP 21 comme du moment déclenchant une«révolution climatique» [1]. Par bien des points, l’accord de Paris tranche en faveur des options les plus conservatrices et les moins ambitieuses qui étaient présentes dans le texte de négociation. L’accord de Paris valide une chose positive : les 195 États de la planète sont d’accord pour maintenir un cadre international et multilatéral – bien que très affaibli – de «gouvernance du climat» : pour véritablement changer la donne, il devient urgent que les règles et principes d’organisation de l’économie mondiale et du commerce international soient soumises à l’objectif climatique.

 

 Analyse du texte sur la base des adjectifs utilisés par Laurent Fabius et François Hollande

 

L’accord de Paris est-il ambitieux?

 

  • En entérinant des contributions nationales (INDCs) qui conduisent vers un réchauffement supérieur à 3°C, la COP 21 se montre incapable de désamorcer la bombe climatique.
  • L’objectif d’1,5°C, qui n’est pas un objectif contraignant, ne saurait masquer l’absence d’engagements chiffrés de réduction d’émissions de GES pour les années à venir (art. 2);
  • Aucune date n’est mentionnée pour le pic des émissions et, l’objectif de long-terme, attendu pour 2050, ne concerne que la seconde partie du siècle; la formulation de l’objectif de long-terme ouvre la porte à l’utilisation massive de techniques inappropriées telles que le stockage et la séquestration du carbone, la compensation carbone et la géo ingéniérie.

Sans feuille de route clairement établie, sans mention des points de passage en 2020 et 2050 fixés par le GIEC pour revenir sur une trajectoire inférieure à 2°C, l’accord de Paris met en danger le simple droit à vivre de nombreuses populations à travers la planète.

 

L’accord de Paris est-il doté des moyens suffisants?

 

  • Absence des 100 milliards comme plancher de financement dans l’accord de Paris, renvoyé dans le texte de décision de la COP 21 et donc soumis à de nouveaux arbitrages futurs, sans force contraignante et sans amélioration par rapport à Copenhague;
  • Manque de transparence et de prévisibilité des financements pour l’après 2020 : aucune mention des termes «nouveaux» et «additionnels» pour évoquer les financements futurs, en contradiction la Convention, pas plus que les termes «adéquats» et «prévisibles»;
  • Absence de rééquilibrage au profit de l’adaptation.

Après 25 ans de négociation, et alors qu’ils n’ont jamais débloqué les financements nécessaires, les pays riches historiquement responsables du réchauffement climatique tentent se dédouaner de leurs responsabilités

 

L’accord de Paris fait-il oeuvre de «justice climatique»?

 

  • Suppression des références aux droits humains et des populations indigènes et à la transition juste dans les articles de l’accord de Paris, références renvoyées dans les préambules;
  • Très net affaiblissement du mécanisme de «Pertes et dommages» puisque tout ce qui concerne les responsabilités juridiques («liabilities») est retiré de cet l’accord.

L’affaiblissement du mécanisme de pertes et dommages sonne comme un aveu de culpabilité des pays responsables du dérèglement climatique.

 

L’accord de Paris est-il universel?

 

  • Les secteurs de l’aviation civile et du transport maritime, près de 10% des émissions mondiales (= Allemagne + Corée du Sud) sont exemptés de tout objectif;
  • De nombreuses contributions des États (INDCs), notamment des pays les plus démunis, dépendent de financements additionnels pour mener à bien leur transition énergétique et politiques d’adaptation : ces financements ne sont pas là et pas garantis pour le futur.

L’Accord de Paris ne se donne pas les moyens d’être universel et refuse de s’attaquer à la machine à réchauffer la planète que constitue la globalisation économique et financière.

 

L’accord de Paris est-il juridiquement contraignant?

 

  • L’accord de Paris ne transforme par les INDCs en des engagements contraignants et les mécanismes de révision des engagements sont faiblement contraignants;
  • Aucun mécanisme de sanction n’est mis en oeuvre pour sanctionner les États qui ne prendraient pas des engagements insuffisants, qui ne les mèneraient pas à bien ou qui refuseraient de revoir à la hausse leur ambition.

Alors que les accords de libéralisation du commerce et de l’investissement sanctionnent les pays lorsqu’ils ne respectent pas les règles établies, encore rien de tel en termes de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

 

L’accord de Paris est-il dynamique?

 

  • Il sera impossible de rajouter dans les années futures tout ce qui n’est pas dans le texte de l’accord de Paris (100 milliards comme plancher, …);
  • Des inventaires (stocktaking) sont prévus tous les 5 ans, mais la mise en oeuvre des révisions à la hausse reste dépendante de l’interprétation du texte et de la bonne volonté des États.
  • L’accord de Paris est-il différencié?
  • Avec la mise en oeuvre des INDCs, les États ont accepté à Lima une auto-différenciation en matière de réduction d’émissions de GES : chaque pays met sur la table ce qu’il souhaite;
  • En matière de financements, alors que la Convention-cadre prévoit que les pays historiquement les plus émetteurs débloquent les financements nécessaires à l’adaptation et la mitigation des pays qui en ont besoin, les États-Unis et leurs alliés ont essayé de poursuivre leur oeuvre de démolition des principes de la Convention.
  • L’accord de Paris est-il équilibré?
  • Aucun mécanisme clairement défini pour faciliter le transfert des technologies, notamment pour lever les barrières à l’accès générées par les droits de propriété intellectuelle;
  • Possibilité est laissée aux pays, notamment les plus émetteurs, d’utiliser des mécanismes de compensation carbone pour atteindre leurs objectifs, au détriment d’une réduction domestique des émissions.
  • Maintien de la référence à « la croissance économique » (art. 10)
  • Citations d’Attac France et d’autres Attac en Europe et partenaires

Maxime Combes, porte-parole d’Attac France sur les enjeux climatiques

«Un accord à n’importe quel prix n’était pas le mandat confié à la COP 21, François Hollande et Laurent Fabius. Utiliser les termes « ambitieux », « juste » et « juridiquement contraignant » pour présenter l’accord de Paris est une escroquerie intellectuelle. Y accoler la référence à la « justice climatique », sans contenu, est méprisant envers toutes celles et ceux qui se mobilisent en ce sens depuis des années. Faut-il rappeler que cet accord de Paris entérine des INDCs qui préparent un réchauffement climatique supérieur à 3°C, sans se doter des dispositifs pour revenir sur une trajectoire inférieure à 1,5°C ou même 2°C? L’accord de Paris n’apporte rien de plus que les engagements individuels des États : c’est un accord à la carte qui permet à chaque État de faire ce qu’il veut en matière d’émissions de GES. Il est temps de tourner la page des énergies fossiles. Pas de faire semblant.»

Geneviève Azam, porte-parole d’Attac France

«Par un jeu de vocabulaire, l’accord de Paris, «universel contraignant» affaiblit un peu plus l’un des piliers de la Convention de 1992 et du protocole de Kyoto : la responsabilité climatique est commune mais différenciée, elle suppose des engagements contraignants pour les pays les plus pollueurs, aussi bien en termes de niveau d’émission que de financement. Le souffle éthique et politique qui manque est celui des mouvements de base, des résistances, des alternatives, dont l’énergie et la vision relient les expériences locales à des enjeux qui les dépassent».

Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac France

«Le très pâle accord reflète l’impuissance des gouvernements à s’attaquer aux causes réelles des dérèglements climatiques. Rien d’étonnant : l’avidité des multinationales, les énergies fossiles et l’obsession de la croissance sont considérées comme des données intouchables. La France se prétendait exemplaire, elle ne remet pas en cause ses propres projets climaticides. Ce samedi 12 décembre au coeur de Paris, nous envoyons un message d’espoir et d’action aux citoyens du monde entier : “ils” ont failli, décrétons ensemble l’état d’urgence climatique, ayons le dernier mot et construisons la justice climatique!».

Alexandra Strickner (Attac Autriche)

«Les gouvernements de l’UE ont une fois de plus clairement montré qu’ils se tiennent du côté des multinationales. L’accord qu’ils ont poussé pour est bon pour les entreprises. Il est mauvais pour le climat et les personnes affectées par le changement climatique. Pour nous, il est clair que nous devons élargir nos résistances contre le réchauffement climatique et stopper les TTIP, AECG ou Tisa, l’expansion de l’extraction des combustibles fossiles ou la construction de nouvelles infrastructures s’appuyant sur les combustibles fossiles. Plus que jamais, nous devons multiplier les initiatives et les alternatives venant du terrain pour sauver le climat et développer des modes de vie socialement justes et écologiquement acceptables.»

Nick Dearden (Global Justice UK – partenaire d’Attac France au Royaume-Uni)

«Il est scandaleux que l’accord soit présenté comme un succès alors qu’il sape les droits des communautés les plus vulnérables de la planète et qu’il ne comprend à peu près rien de contraignant qui garantisse un climat sain et vivable pour les générations futures. Il y a des années, ce sont les États-Unis qui ont fait du Protocole de Kyoto un accord inefficace. L’histoire se répète à Paris, puisque les États-Unis, avec le soutien de l’UE et des autres pays riches, ont veillé à ce que les parties les plus importantes du traité soient dépouillées et édulcorées au point de devenir absurdes. Les personnes sont descendues dans les rues de Paris aujourd’hui avec un mélange de colère et de détermination. Une détermination visant à poursuivre leurs mobilisations sur l’action climatique».

P.-S.

Réalisé par Maxime Combes – 1re version à 15h15, samedi 12 décembre.

 

Notes

[1] François Hollande dans une interview au Parisien Magazine le 24 septembre dernier : «  C’est à Paris qu’est née la Révolution française, elle a changé le destin du monde. Faisons en sorte que dans deux cents ans, on puisse dire, c’est à Paris qu’il y a eu la révolution climatique  »

En pleine Conférence climat, l’Europe ouvre les bras aux sables bitumineux canadiens

Alors que la COP21 bat son plein à Paris, l’Europe commence à recevoir du pétrole issu des sables bitumineux canadiens, l’un des hydrocarbures les plus nocifs qui soit pour le climat. Les géants pétroliers comme Total ou Shell tâchent de faire bonne figure dans le cadre de la COP21 en vantant leurs investissements dans le gaz, mais ils préparent en même temps leurs raffineries européennes à recevoir les sables bitumineux canadiens. Ces derniers commencent à envahir l’Europe, directement ou via leur réexportation depuis les États-Unis.

Le site EurActiv.fr rend compte d’une étude commanditée par les ONG Transport & Environment et les Amis de la terre Europe :

Le 6 novembre, le président américain, Barack Obama, a décidé d’annuler le projet du pipeline Keystone XL, qui aurait transporté du pétrole issu de sables bitumineux dans tout le pays. Une décision motivée par l’impact écologique catastrophique du projet. L’extraction et le raffinage du pétrole des sables bitumineux produit trois ou quatre fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que le pétrole brut conventionnel.

De nouvelles recherches menées par MathPro, un cabinet-conseil spécialisé dans le raffinage, indiquent que 71 des 95 raffineries de l’UE, de la Norvège et de la Suisse sont à présent équipées pour traiter de pétrole brut lourd ou prétraité issus de sables bitumineux. L’étude, commandée par les ONG Transport&Environment et les Amis de la Terre Europe, semble indiquer que l’industrie européenne se prépare à réceptionner des importations. (...) L’importation illimitée de sables bitumineux en Europe aurait le même impact climatique que l’introduction de six millions de voitures en plus sur les routes, selon un rapport publié l’an passé.

Comme le montre la carte interactive développée par les deux organisations environnementalistes (cliquer sur l’image ci-dessus), les huit raffineries de Total en Europe ont été adaptées pour traiter les sables bitumineux et présentent un risque « élevé » de recevoir des importations de brut du Canada. De quoi mettre en perspective le discours développés par l’entreprise pour la COP21, qui insistent sur ses investissements dans le gaz, présenté comme moins polluant que les autres sources fossiles (lire notre article).

Lire l’intégralité de l’article sur le site d’EurActiv.fr

Les sables bitumineux envahissent-ils déjà l’Europe ?

Comme le rappelle cet article, l’Union européenne avait envisagé un temps de limiter drastiquement les importations de pétrole issu des sables bitumineux canadiens, dans le cadre de la directive sur la qualité des carburants, en l’étiquetant comme « très polluante ». Mais un lobbying intensif des compagnies pétrolières et du gouvernement canadien - qui négociait au même moment avec l’Union un accord de libre-échange, le Ceta - a eu raison de ces velléités (lire notre article). La première cargaison de pétrole issu des sables bitumineux a atteint l’Espagne en 2014, importée par Repsol.

Selon un article du Guardian, toutefois, ces importations officielles ne sont peut-être que l’arbre qui cache la forêt. Les importations européennes de pétrole depuis les États-Unis ont connu un bond spectaculaire de 73% depuis avril 2014. Comme les exportations de brut états-unien restent strictement interdites à ce jour, il s’agit de pétrole réexporté depuis d’autres pays, principalement le Canada. Selon les experts consultés par le quotidien britannique, il s’agit très probablement de pétrole issu des sables bitumineux... Pour les ONG, c’est une nouvelle illustration de la contradiction entre les objectifs climatiques et les politiques commerciales de l’Europe.

Olivier Petitjean

Photo : Fernando Butcher

Le mix électrique 100% ENR de l'ADEME

Publié le Mardi, 10 Novembre 2015 21:31
Écrit par SLC

... Un mix électrique 100% EnR aurait donc, en France, non pas un objectif climatique, mais uniquement celui de l'éviction du nucléaire. Et cette étude ne permet pas de savoir si cela serait techniquement possible ou économiquement judicieux.

 

C'est par ces mots que Sylvsetre Huet termine son analyse du rapport de l'ADEME qui affirme que la France métropolitaine peut s'alimenter en énergie 100% renouvelables à un prix comparable au nucléaire.

 

Téléchargez cette analyse de Sylvestre Huet : 


http://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/art_sel/Mix-electrique-ADEME_Huet.pdfimages/articles/pdf_files/art_sel/Mix-electrique-ADEME_Huet.pdf

 

Apparue dans les années 60 en France, l'agriculture intensive n'a eu de cesse de se développer depuis. Augmentation de la rentabilité pour les producteurs, diminution des coûts pour les consommateurs, les adeptes du libéralisme économique exultent. Et les externalités négatives, on en parle ?

Pesticides

 

La France est le premier utilisateur Européen de pesticides et le troisième utilisateur mondial (derrière les États-Unis et le Japon). Epandus sur les cultures pour les débarrasser des mauvaises herbes (herbicides), des champignons (fongicides) ou des insectes gênants (insecticides), les pesticides contaminent les sols et les milieux aquatiques (les phénomènes de ruissellement vers les eaux de surface et d’infiltration vers les nappes phréatiques sont dus à l’irrigation et aux pluies). Une partie de l’épandage est également perdue dans l’atmosphère, par envol ou par évaporation. Emportés par les vents ou chargés dans l’eau des nuages, les résidus de pesticides retombent ensuite sur des sols et des eaux situés à distance de la zone d’épandage. Théoriquement, les pesticides sont censés cibler les espèces végétales ou animales à détruire. Cependant, en interférant dans des processus fondamentaux du métabolisme (photosynthèse, croissance, reproduction, etc.), ils ne sont jamais véritablement sélectifs. Nombreuses sont les études qui montrent aujourd’hui leur toxicité sur l’être humain, la faune et la flore : cancers et malformations chez les agriculteurs et leurs familles, disparition des abeilles, phénomènes d’inversion de sexe chez les gastéropodes ou les grenouilles, etc. Les pesticides n’ayant pas tous la même toxicité ni la même persistance, les produits les plus dangereux doivent normalement être interdits. Le problème, c’est que les études de toxicité sont financées par les fabricants eux-mêmes et que l’Union Européenne ne vérifie pas toutes ces études (de plus, seule la molécule active est généralement analysée alors que parfois, ce sont les adjuvants qui sont toxiques). Ainsi, lorsqu’après plusieurs décennies d’utilisation, la toxicité d’un produit ou son accumulation dans la chaine alimentaire est prouvée, un nouveau produit prend le relai et ainsi de suite ... Prenons le DDT. Très utilisé dès le début de la seconde guerre mondiale, il a été dénoncé par les scientifiques dans les années 60 (pour sa cancérogénicité et sa reprotoxicité) mais n’a commencé à être interdit dans les pays occidentaux qu’au début des années 70 ; comme il est peu dégradable (il a été classé en 2004 sur la liste noire des polluants organiques persistants par la Convention de Stockholm), il continue encore aujourd’hui à polluer notre environnement. Aujourd’hui, le pesticide le plus utilisé dans le monde est un herbicide fabriqué par la firme Monsanto : le glyphosate (plus connu sous le nom de Round up). Alors que les études sur sa toxicité font controverse, sa vente aux particuliers pourrait bientôt être interdite en France ...

 

Nitrates, phosphates

 

L’agriculture intensive est responsable de hauts niveaux de nitrates et de phosphates. Cette pollution provient d’une part des engrais minéraux apportés aux plantes (ils facilitent leur croissance) et d’autre part des effluents d’élevage (déjections animales au sein des fumiers et lisiers). Comme pour les pesticides, les nitrates et les phosphates pénètrent dans la terre puis contaminent les eaux par ruissellement et infiltration. La conséquence la plus visible de cette pollution de l’eau est probablement le phénomène d’eutrophisation. Dû à la surabondance de substances nutritives (nitrates et phosphates), il se manifeste par la prolifération de plantes aquatiques, et notamment des algues vertes. Or, cette masse végétale crée un écran qui empêche la lumière de passer. L’eutrophisation engendre alors un autre phénomène, celui de dystrophisation : l’activité photosynthétique se trouve réduite à quelques mètres de la surface, donc l’oxygène se raréfie (phénomène accentué par la décomposition des végétaux morts) et les êtres vivants meurent. D’après un rapport conjoint du ministère de l’agriculture et du ministère de l’écologie publié en 2012, les apports d’azote (composé du nitrate) et de phosphore (composé du phosphate) "ont augmenté de façon considérable à partir des années 1960" (cela correspond au début de l’agriculture intensive en France, ndr). Après avoir précisé qu’en l’absence de contamination, la teneur en nitrates des eaux souterraines est de 2-3 mg/l, le document montre l’évolution de leurs concentrations : 5,5 mg/l en 1971, 7,5 mg/l en 1976 et 21,5 mg/l en 1981 (valeurs moyennes) ; les données pour les années suivantes ne sont pas présentées mais le document stipule que la décennie 1980-1990 marque un maximum. Si les nitrates sont plus surveillés et réglementés que les phosphates, c’est parce qu’ils présentent un surcroît de risque pour la santé humaine : méthémoglobinémie/cyanose, cancers. L’OMS a défini la valeur de 50 mg de nitrates/litre comme la limite au delà de laquelle l’eau n’est pas considérée comme potable. En se basant sur cette valeur, l’Union européenne a établi en 1991 la directive "nitrate" (91/676/CEE), laquelle demande aux états membres de surveiller les concentrations de nitrates dans leurs eaux, de cartographier "les zones vulnérables" (concentration en nitrates > 50 mg/l) et d’établir des programmes d’actions dans ces zones. En juin 2013, la France a été condamnée une première fois par la justice Européenne pour désignation incomplète des zones vulnérables, puis une seconde fois en septembre 2014 pour insuffisance des programmes d’action dans ces zones.

 

Hormones et antibiotiques

 

Depuis les années 80, l’Europe interdit aux éleveurs d’utiliser des hormones de croissance (lesquelles permettent notamment d’accélérer la croissance des animaux et d’augmenter la taille des parties consommables). Cependant, la directive 96/22/CE (dernière en vigueur sur ce sujet) autorise toujours l’usage des hormones pour des "traitements thérapeutiques et zootechniques". En pratique, il s’agit surtout de maîtriser la reproduction (diminution des périodes improductives, augmentation des portées, facilitation des mise bas ...). Cela n’est pas sans conséquences pour l’environnement. Retrouvées dans les eaux par le biais des déjections animales, ces hormones peuvent en effet perturber le système endocrinien d’autres espèces. Elles sont en partie responsables de plusieurs problèmes de santé humaine : phénomènes de puberté précoce, problèmes de reproduction, cancers hormono-dépendants ... Si les antibiotiques peuvent eux-aussi jouer le rôle de facteur de croissance, cet usage a été banni dans l’Union européenne en 2006. Pour le reste, ces médicaments restent massivement utilisés en élevage. La concentration des animaux (associée à la concentration de leurs déchets, à l’augmentation du risque de blessures, etc.) augmente en effet fortement les risques d’épidémie et des antibiotiques sont alors donnés à tout le groupe. On sait aujourd’hui que l’utilisation excessive d’antibiotiques entraîne l’émergence de bactéries résistantes, lesquelles peuvent non seulement transmettre cette résistance à d’autres bactéries mais aussi traverser la barrière des espèces. Les exemples ne manquent pas : preuve de la transmission du SARM (bactérie résistante à la méticilline) entre l’homme et le porc, augmentation de la résistance humaine aux antibiotiques de type fluoroquinolones suite à leur utilisation en élevage, corrélation entre la résistance à l’avoparcine dans les élevages et la résistance à la vancomycine dans les hôpitaux, etc. Ces bactéries peuvent être transmises par contact physique (SARM) ou encore via l’alimentation (entérobactéries productrices de blse) ; autre facteur d’apparition d’une résistance chez l’homme, la transmission des antibiotiques (résidus) eux-mêmes via l’alimentation. La plupart des personnes porteuses de bactéries résistantes (SARM sur la peau ou dans le nez, entérobactéries dans la flore intestinale) ne deviennent pas malades pour autant. Mais les choses peuvent se compliquer dans des conditions défavorables : un traitement antibiotique pourra par exemple se révéler contre-productif (prolifération des bactéries résistantes) ; pire, une intervention chirurgicale (moment pendant lequel le système immunitaire est affaibli) pourra engendrer le passage des bactéries dans le sang et déboucher sur une septicémie ...

 

Pollution de l’air et gaz à effets de serre

 

Selon les scientifiques, les gaz à effets de serre (GES) sont l’un des plus grand facteur d’impact du réchauffement climatique (avec des conséquences telles que la disparition d’espèces etc.). Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de l’élevage est responsable à lui seul de 14,5 % des gaz à effet de serre anthropiques, soit plus que les transports. Il représente environ 9 % des émissions anthropiques de dioxyde de carbone (CO2), 37 % du méthane (CH4) et 65 % du protoxyde d’azote (N20) (le CO2, le CH4 et le N2O sont trois des six gaz à effets de serre ciblés par le protocole de Kyoto). Les émissions de dioxyde de carbone sont essentiellement dues à la déforestation (expansion des pâturages et des cultures fourragères pour le bétail) ; les émissions de méthane (qui agit sur le réchauffement climatique 23 fois plus que le CO2) proviennent essentiellement de la fermentation gastrique des ruminants et de la gestion des effluents d’élevage (respectivement à hauteur de 74 % et 21 %) ; enfin les émissions de protoxyde d’azote (qui a un potentiel de réchauffement climatique près de 300 fois plus élevé que le CO2) proviennent essentiellement des engrais, fumiers et lisiers (produits azotés). Au sein de l’élevage, les bovins sont les plus gros contributeurs de gaz à effet de serre. Ils en émettent environ 6 à 7 fois plus que les cochons ou les poulets (ce facteur multiplicatif est applicable aussi bien en considérant la totalité des animaux que par kilogramme de viande produite). En plus de ces gaz à effets de serre, l’élevage est responsable de 64 % des émissions anthropiques d’ammoniac (notons au passage que la France en est la première émettrice en Europe). Cela pose deux problèmes majeurs. D’abord, l’ammoniac (NH3) est un irritant des voies respiratoires et engendre de nombreuses maladies dans les élevages (bronchite chronique, asthme, fibrose pulmonaire ...) lesquelles peuvent aussi toucher les éleveurs. Ensuite, en se dissolvant dans les précipitations sous forme d’ammonium (NH4+), un ion acide, l’ammoniac contribue sensiblement aux pluies acides et à l’acidification des écosystèmes. Cette acidification perturbe la photosynthèse et détruit les éléments nutritifs des sols et des eaux, causant le dépérissement des forêts, des lacs, etc. Certaines espèces aquatiques, très sensibles au PH, disparaissent. Un rapport de 1999 sur l’état des forêts en Europe indiquait que 20 % des terres sont très acides, 2/3 des forêts sont endommagées et 21,4 % ont subi une défoliation d’au moins 25 % (Commission Européenne, 1999).

 

Déforestation

 

Le secteur de l’élevage est de loin le plus gros utilisateur anthropique de terres. D’après la FAO, 26 % des terres non recouvertes de glace sont employées pour le pâturage et 1/3 des terres cultivables sont utilisées pour nourrir le bétail (rapport de 2006). Selon les données de l’université du Maryland (USA) et de Google, rien qu’en 2014, les forêts ont reculé de 180 000 km2 dans le monde (soit environ deux fois la superficie du Portugal). En Asie, en Amérique du sud ou encore en Afrique, ce phénomène affecte les principaux poumons verts de la planète. La forêt amazonienne, qui est l’une des trois plus grandes forêts primaires du monde, a ainsi perdu en 40 ans environ 800.000 km2 (soit près d’1/7ème) de sa superficie. L’élevage est la principale cause de ce problème et devance largement l’exploitation forestière ou minière. Après une enquête de 3 ans publiée en juin 2009, Greenpeace affirme que l’élevage bovin est responsable à 80 % de la déforestation amazonienne. Une grande partie de l’espace forestier est ainsi transformée en prairie (pour le pâturage des bovins) et une autre partie est utilisée pour la culture de céréales fourragères (soja et maïs essentiellement). L’Union européenne est le quatrième importateur de bovins (derrière les USA, la Russie, et le Japon), lesquels proviennent à 80 % d’Amérique du Sud. Pour nourrir son propre bétail, l’Europe importe aussi énormément de soja (souvent transgénique) depuis le Brésil ou l’Argentine (la France en est d’ailleurs le premier destinataire Européen). Ainsi, la consommation de viande en Europe et en France (les Français sont les premiers consommateurs européens de viande bovine - FranceAgriMer, 2010) est une cause de déforestation en Amérique du Sud. La FAO rappelle par ailleurs que les forêts "sont à la base de la subsistance de plus d’un milliard de personnes". Dans beaucoup de pays en développement, le bois est en effet la principale source d’énergie (chauffage, cuisson des aliments) et le matériau de base des logements ou de l’artisanat. (rapport de 2014). S’y ajoutent un ensemble de "services écosystémiques" difficilement chiffrables mais cruciaux. Ainsi, les forêts recèlent plus de 80 % de la biodiversité terrestre, protègent les ressources en eau (rivières etc.) et offrent de l’air pur. En stockant le carbone, elles jouent aussi un rôle central dans la régulation du climat (la végétation terrestre absorbe environ 1/4 des émissions anthropiques de CO2 et les forêts sont évidemment le "puit de carbone" par excellence).

 

*****

 

Il n’aura fallu que que quelques décennies pour que notre agriculture se transforme en profondeur. L’élevage en plein air (pâturage, activité physique ...) a cédé la place aux systèmes de stabulation (cages, stalles) où des animaux affaiblis sont gavés de produits chimiques (compléments alimentaires, médicaments) ; les cultures de saison et les techniques agroécologiques (assolement, rotation des cultures ...) se sont inclinées devant les monocultures bourrées d’engrais et de pesticides ; les petites exploitations paysannes se sont raréfiés au profit des fermes-usines ultramécanisées ... Aujourd’hui, 80 à 95 % de la production agricole est issue de systèmes intensifs, lesquels ont pourtant largement prouvé leur effet délétère sur l’environnement. Il est urgent de changer de modèle. Il faut arrêter la course effrénée au productivisme (recherche de compétitivité avec l’Allemagne, accords de libre échange avec les USA ...) et encourager une production plus modeste mais de qualité ; les aides de la PAC doivent être réorientées vers les exploitations qui oeuvrent en faveur de l’éthique et de l’environnement (élevage en plein air, respect du rythme biologique des animaux, soins vétérinaire particuliers et non de troupeaux, utilisation d’engrais et de pesticides naturels ...) ; enfin, les consommateurs sont peut-être les plus grands acteurs de ce changement. Comment ? En privilégiant les circuits courts (vente directe, AMAP) et les filières bio (sans produits chimiques), en mangeant des fruits et légumes de saison, en acceptant que l’éthique et la qualité ont un coût, en réduisant (et pourquoi pas en stoppant) leur consommation de viande. Il n’ont qu’à demander et l’industrie s’adaptera ...

Jérôme Henriques

Références

Inserm, Pesticides : effets sur la santé

Ce que vous ne savez pas sur les pesticides

C’est pas sorcier, Pesticides

Le Monde, DDT : pesticide d’hier, cancer d’aujourd’hui

BastaMag, Pourquoi la consommation de pesticides continue à augmenter

BastaMag, La vraie fausse interdiction du Roundup : le coup de com de Ségolène Royal

Reporterre, Mortalité des abeilles : on connait maintenant le coupable

Vedura, Pesticides et agriculture intensive

CNRS, La pollution par les pesticides

Commission européenne (Eurostat), L’azote en agriculture

Université Laval (Canada), Le cycle de l’azote

Union des Industries de la Fertilisation, Le cycle de l’azote

Directive Européenne 91/676/CEE du 12 décembre 1991, concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles

Le Monde, Pollution aux nitrates : la France de nouveau condamnée par la justice européenne

Actu environnement, Algues vertes : un rapport ministériel pointe la responsabilité de l’agriculture industrielle

Vedura, Engrais chimiques

Aquawal, Nitrate et eau de distribution

Arte, Germes tueurs : le réseau de l’élevage intensif

Research gate, Les méthodes de maîtrise de la reproduction disponibles chez les mammifères d’élevage et leur intérêt en agriculture biologique

Agri réseau, L’utilisation des hormones dans la production animale

La Recherche, Viande : Après les hormones, les antibiotiques ?

Directive européenne 96/22/CE, Interdiction d’administrer certaines hormones aux animaux d’exploitation

Commission européenne, Interdiction des antibiotiques comme facteurs de croissance dans les aliments pour animaux (2006)
Le Monde, L’alarmante pollution de l’eau par les médicaments

Partage des eaux, La pollution de l’eau par les produits pharmaceutiques, une menace dont on commence seulement à prendre la mesure
Vedura, Beaucoup trop de bactéries résistantes aux antibiotiques dans le poulet et la dinde

Rapport du sénat, Prévenir les infections nosocomiales : une exigence de qualité des soins hospitaliers

FAO, The use of hormones in animal production

Commission européenne (Eurostat), Agriculture et acidification

Commission européenne (Eurostat), L’agriculture et les changements climatiques
Natura-Sciences, Comment l’agriculture participe à la pollution de l’air

Médiapart, Ammoniac et Agriculture

FAO, Tackling climate change through livestock 
Viande.info, L’élevage accentue l’effet de serre et la déforestation
Commission européenne, Report on forest conditions in Europe 1999 : No improvement of the vitality of European Forests

FAO, Développement durable et lutte contre la déforestation en Amazonie brésilienne : le bon, le mauvais et le pire

FAO, Situation des forêts du monde 2014

FAO, Forêts : Fonctions et importance pour le développement

Greenpeace, En Amazonie

Le Monde, Déforestation : 18 millions d’hectares de forêts perdus en 2014

Le Monde, Les forêts du globe malades du réchauffement climatique

FAO, Elevage industriel et environnement

Vedura, Impacts de l’élevage sur l’environnement

FAO, Le rôle de l’élevage dans la pollution des terres, de l’eau et de l’atmosphère

FAO, L’élevage aussi est une menace pour l’environnement
FAO, Livestock’s long shadow (les grandes ombres de l’élevage)

FAO, Les impacts de l’élevage sur l’environnement

URL de cet article 29461 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Critiquer la COP 21, est-il un crime de lèse-majesté?

En France, patrie de la Révolution de 1789 qui fit décapiter la monarchie absolue de droit divin, mais dont les nouveaux monarques républicains trônent dans le palais de l'Elysée:Oui, puisque le journaliste présentateur de la météo sur France 2 a été licencié pour cela.

Ben oui, mes braves sujets de France, la COP 21 va se dérouler à Paris, plus précisément au Bourget, sous le règne du socialiste François Hollande, lequel a besoin de reverdir absolument son sceptre pour remonter la pente en vue de la présidentielle de 2017. C'est un fait, sitôt intronisé roi élu de la 5e République, le locataire du palais de l'Elysée pense à sa réélection à n'importe quel prix. Et le peuple dans tout ça. "Après moi le déluge", avait dit Louis XV en son temps déjà mauvais pour ses sujets d'en bas.

Pour en revenir au déluge, comprendre au dérèglement exponentiel climatique induit par le capitalisme qui gouverne notre quotidien, nous en sommes à la 21eCOP -cop pour COnférence des Parties-. Les Parties sont les états signataires de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée en 1992 à Rio.

Lesdits états avaient alors reconnu l’existence « d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène ». Cela ne mangeait pas de pain, surtout le pain blanc dont s'empiffre le capitalisme et ça laissait le Marché libre et non faussé asservir notre planète tout en la polluant. Mais si je me trompe, n'hésitez pas à me le dire.

Qu'on ne se méprenne pas, je ne réfute aucunement le dérèglement climatique. Mais je suis partisan d'un monde de justice et de progrès social, contre le capitalisme. Et en laissant debout ce système, pire en donnant, une fois encore, quitus aux majors du capitalisme international, réunis pour la 21e fois, laquelle COP est sponsorisée en plus par des sociétés privés polluantes, on est franchement à côté de la plaque.

Car pendant ce temps où on nous fait prendre des vessies pour des lanternes, le capitalisme, c'est toujours ça:

Critiquer la COP 21, est-il un crime de lèse-majesté?

Et pendant que les hors-sol au service du capital nous lanternent, les géants pétroliers, dont Total pour la France, se sont fendus d'une conférence de presse pour dire alléluia à la COP 21. Oui, vous ne rêvez pas. Le journal de droite Les Echos s'en est fait le porte-voix le 18 octobre 2015.

Patrick Pouyanné, le directeur général de Total, a donc appelé "à un accord efficace sur le climat"Sans Blââgue! Pas d’objectifs chiffrés, ni même d’appel à un prix du carbone, de la part des 10 grands pollueurs de la planète, retient toutefois la feuille économique de droite. Ben oui, business is toujours business, non? Mais les Echos d'écrire:"Ils réduiront le torchage de routine (brûlage de gaz), investiront dans la recherche et les énergies vertes". Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer.

En attendant, côté écolos, ça grenouille sec.
 
Au Sénat, les sénateurs écolos ont adopté une présidence tournante entre Jean-Vincent Placé qui a quitté EELV pour rejoindre le bunker du PS et un EELV pur jus- pour le moment-. Ben oui, de la salade politicienne en veux-tu en voilà.
 
Côté aéroport ND des Landes: c'est parti mon kiki, a édicté Manu Militari Valls et les travaux vont donc débuter. Du coup, EELV, son ban et son arrière-ban, se sont rendus sur les lieux du crime. Mais à Nantes, les élus EELV n'ont pas quitté la majorité municipale dirigée par le PS. Là aussi, business is business pour les indemnités.
 
Vous allez me dire que je m'éloigne de la COp 21. Et donc ce dessin pour finir.
Critiquer la COP 21, est-il un crime de lèse-majesté?

Pour honorer ses engagements : Les requêtes que l’Algérie fera à la COP 21 


Professeur Chems Eddine Chitour

dimanche 8 novembre 2015, par Comité Valmy

Pour honorer ses engagements :
Les requêtes que l’Algérie fera à la COP 21

 

« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. » 

Guillaume d’Orange

 

Il m’a été donné d’animer une conférence dans le programme précurseur de la COP 21 à Marseille. Le thème que j’ai développé portait sur la stratégie algérienne en matière de transition énergétique et de développement durable. L’auditoire était composé de plus d’une centaine de doctorants venant de France et du Maghreb. J’ai d’abord donné mon point de vue sur les attendus de la COP 21 et ma conviction, malgré les effets d’annonce, et surtout l’engagement des « croyants » en un monde meilleur que la bataille est perdue pour les 2°C à ne pas dépasser sous peine d’apocalypse.

 

De fait, à grands renforts médiatiques avant même que la 21e conférence sur le climat n’ait lieu à Paris (COP 21) on présente cet événement comme étant une rupture : il y a un avant-COP21 et il y aura un après-COP 21. Comme d’habitude, le manque d’humilité donne l’illusion que cette nouvelle rencontre va sauver ou non l’humanité. Pourtant, nous verrons qu’il n’en est rien. Les hommes étant ce qu’ils sont et la réalité immuable étant ce qu’elle est, il est à craindre qu’une fois de plus, dès lors que les lampions médiatiques et les récupérations politiques seront faites, chacun continuera comme par le passé à faire ce qu’il veut malgré « des promesses qui, aurait dit un homme d’Etat français, n’engageraient que ceux qui y croient »

 

L’ambivalence du discours des pays industrialisés

 

Le discours des pays développés est ambivalent. On verse des larmes de crocodile sur les petits pays insulaires comme les Iles Maldives qui risquent de disparaître et dans le même temps, on continue à investir dans les énergies fossiles responsables de la débâcle climatique. Sait-on que plus de 900 milliards de tonnes de CO2 ont été émises depuis le début du XXe siècle presque exclusivement par les pays industrialisés et non pas par les pays du Sud non développés, mais qui sont aux premières loges quand il faut payer l’addition des convulsions climatiques.

 

Comment peut-on parler de promesses et de vision nouvelle vers le développement durable quand les pays industrialisés et, de plus en plus, les pays émergents investissent en masse dans les énergies fossiles ? Ainsi, on apprend que ces pays ont dépensé plus de 600 milliards de dollars pour les énergies fossiles et ne s’entendent pas pour arriver à mettre en place un fonds de 100 milliards de dollars pour aider les pays du Sud à lutter contre les changements climatiques dont ils sont responsables ?

 

Olivier Petitjean nous parle du cas de la France dont la position ambivalente s’apparente à la devise du curé de campagne : « Faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais. » Ainsi dit-il : « La seule banque à figurer parmi les sponsors officiels de la Conférence internationale de Paris sur le climat, BNP Paribas, écrit Olivier Petitjean, est aussi le leader français du financement des énergies sales, qu’il s’agisse de charbon, de gaz de schiste, de sables bitumineux ou d’autres sources fossiles. Pour toutes ces raisons, BNP Paribas est nominée cette année aux « prix Pinocchio du climat ». Responsable à lui seul de près de 40% des émissions globales de dioxyde de carbone, le charbon est considéré comme l’ennemi numéro un du climat. Son extraction dans des mines et sa combustion dans des centrales électriques sont aussi une source majeure de pollution de l’air et de l’eau, dont le coût humain est souvent dramatique ». (1)

 

« On estime ainsi à 18.000 le nombre de décès prématurés causés en Europe par la pollution issue des centrales au charbon. Plus généralement, selon une étude rendue publique aujourd’hui par Oxfam France et les Amis de la terre, les cinq plus grandes banques françaises - BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Natixis et Crédit mutuel-CIC - ont investi collectivement pas moins de 129 milliards d’euros dans le secteur des énergies fossiles entre 2009, l’année du sommet de Copenhague sur le climat, et 2014. Leurs investissements dans les énergies renouvelables plafonnent, eux, à 18 milliards d’euros, soit sept fois moins ! « Quand on sait que les cinq prochaines années seront cruciales pour infléchir la hausse des températures, les banques françaises doivent dès maintenant opérer un virage à 180° en sortant des fossiles à commencer par le charbon, et en finançant réellement la transition énergétique », souligne Alexandre Naulot d’Oxfam France ».(1) (2)

 

Requête de l’Algérie pour contribuer à diminuer l’effet de serre

 

La contribution principale de ma conférence à la rencontre de Marseille, a consisté à présenter les efforts de l’Algérie pour une transition énergétique vers le développement durable. Cette option permettrait de désengorger la demande en énergies fossiles et en carburants. L’Algérie n’arête pas de subir les conséquences de l’errance climatique et ce sont des dizaines d’inondations de destruction de biens de morts de personnes auxquels elle a, affaire chaque année , du fait de ces pluies diluviennes alternées de sécheresse au premier rang desquels le Sahara constitue un laboratoire de visibilité en temps réel- il n’est pas besoin d’attendre 2030 pour cela- des régions arides de mémoire d’homme subissent des déluges avec des oueds (fleuves) qui gonflent démesurément emportant tout sur leur passage, notamment des ouvrages d’art dimensionnés pour des situations habituelles.

 

De plus, l’Algérie subit présentement le contre-choc pétrolier et n’a pas les moyens , ce faisant , d’une part de faire face à ces convulsions climatiques d’autres part de lutter efficacement pour réduire ses gaz à effet de serre , qui faut il le rappeler tournent au tour de 140 millions de tonnes (3,2 tonnes de CO2/habitant et par an) à comparer aux 10 tonnes pour l’Européen, aux 20 tonnes pour l’Américain et 30 tonnes pour le Qatari ou l’Emirati !!

 

Transition énergétique et cap sur le Développement durable

 

Toutes ces contraintes lui commandent de revoir fondamentalement son modèle énergétique dans le sens de la rationalisation de la consommation par la chasse au gaspillage, l’investissement à marches forcées dans les énergies renouvelables, l’optimisation de la production de ses énergies fossiles pour réussir cette transition énergétique vers le développement durable, condition nécessaire d’un développement fécond, créateur de richesse qui n’hypothèque pas l’avenir des générations futures, tout en respectant la capacité d’absorption de la planète. Le modèle énergétique que se propose de mettre en place l’Algérie devra aboutir à un bouquet énergétique composé des énergies fossiles ( pétrole, gaz naturel, et même gaz de schiste quand la technologie sera mâture et respectueuse de l’environnement) dont la production et la consommation devront être rationalisées. Il comprendra aussi l’appel aux énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie..) dans le cadre d’un plan Marshall intégré et enfin la chasse au gaspillage qui peut nous faire gagner jusqu’à 20 % de l’énergie consommée avec son corollaire, une vérité graduelle sur les prix de l’énergie. L’objectif étant de répercuter les aides aux classes défavorisées directement et non pas sur les carburants, l’électricité ou l’eau

 

La rationalisation de la consommation : Consommer moins en consommant mieux

 

Justement, dans le cadre de la rationalisation de la consommation de carburant pour diminuer la pression sur les énergies fossiles L’utilisation d’une façon indirecte du gaz naturel avec la production d’électricité peut être aussi confortée par l’utilisation du GPL (sirghaz) comme carburant directement par une politique volontariste en creusant d’une façon conséquente le différentiel entre le gasoil et le GPL (sirghaz) par quatre leviers, à savoir

 

1° Aligner le gasoil sur l’essence et les porter à un niveau prohibitif du gaspillage au minimum 35 DA graduellement pour s’aligner sur les prix qui vont nous éviter l’hémorragie aux frontières ; le renoncement aux importations coûteuses et la contribution réelle à la diminution du CO2. Dans le même temps porter symboliquement le prix du sirghaz à un prix de 10 DA pour bien montrer la volonté des pouvoirs publics à faire admettre que les prix ne sont pas figés.

 

2° Favoriser le GPL (sirghaz) en creusant les différentiels pour les vignettes (du simple au double par rapport aux véhicules à essence et prévoir dans un premier temps la gratuité des autoroutes pour les véhicules roulant au sirghaz

 

3° Le plus important est l’aide de l’Etat à la mise en place du dispositif de conversion au GPL (sirghaz) le prix moyen étant autour de 100.000 DA, l’Etat prendrait à sa charge 50% du coût pour permettre aux utilisateurs d’amortir leurs investissement dans des délais raisonnables. Pour une voiture qui roule 20.000 km/an pour 6 litres aux 100 cela fait 1200 litres achetés à 10 DA le litre cela fait un investissement de 12.000 DA. Si l’automobiliste utilise l’essence, le coût serait de 40.000 DA, le différentiel de 28.000 DA permettrait à l’utilisateur de pouvoir amortir la conversion au sirghaz au bout de deux ans. C’est jouable, d’autant que l’on s’acheminera dans les prochaines années à rationaliser la consommation d’essence et de gasoil en introduisant une carte, carburant annuelle pour un volume donné. Si l’automobiliste consomme plus, il le paiera à un prix plus élevé.

 

4° Pour que cette stratégie réussisse, il est nécessaire que l’Etat donne l’exemple en convertissant les parcs administratifs et ceux des sociétés au GPL. Il en sera de même des flottes captives comme les véhicules des chauffeurs de taxi et les véhicules de transport.

 

De plus, à l’instar de ce qui se passe en Europe, l’Algérie devrait encourager la double carburation essence/ électricité. Il faut savoir en effet, qu’un « plein » de 150 km en énergie électrique coûte 2 euros dans une voiture électrique en France. ​

 

De ce fait, dans les pays où la transition vers le développement durable a un sens les appartements, voire les habitations sont équipées de prises électriques pour voiture. Il y a là un excellent champ pour la création de richesse et la possibilité pour l’Algérie de réduire ses gaz à effets de serre

 

Le développement des énergies renouvelables

 

S’agissant des énergies renouvelables, j’ai décrit, lors de cette conférence, les ambitions du pays, à savoir 22000 MW d’ici 2030 axés principalement sur le solaire (70%) L’éolien (20%) la biomasse et la géothermie, la cogénération. La réalisation du programme permettra d’atteindre à l’horizon 2030 une part de renouvelables de près de 27% dans le bilan national de production d’électricité. Le volume de gaz naturel épargné par les 22 000 MW en renouvelables, atteindra environ 300 milliards de m3, soit un volume équivalant à 8 fois la consommation nationale de l’année 2014. Il est impossible d’atteindre cet objectif avec la cinétique actuelle (à peine 400 MW en construction et clés en main). Justement, pour atteindre cet objectif, il faudrait l’équivalent de 1500 MW par an jusqu’en 2030 avec un cout autour de 60 milliards de dollars. L’Algérie devra financer cet ambitieux programme mais chercher des sources de financement externe

 

Dans ce cadre, l’exemple du Maroc est édifiant. Ce pays dispose d’une stratégie énergétique depuis une dizaine d’années. Son ambition est d’arriver à 42% de son énergie d’origine renouvelable (14% hydraulique, 14% éolien, 14% solaire). Mieux encore, on apprend que ses ambitions sont revenues à la hausse : « 50% d’énergies renouvelables. Et ce au Maroc, où la plus grande centrale à énergie solaire sera bientôt construite. Cette macro-centrale de production d’énergie, composée de quatre centrales d’énergie solaires géantes et d’éoliennes. Cette zone de production sera située entre le Sahara et Ouarzazate, l’ampleur du projet est telle que la structure sera la plus importante construction de solaire à concentration (CSP). Au lieu de panneaux photovoltaïques, le pays devrait ainsi produire la moitié de l’électricité qu’il a besoin d’ici 2020 et même en exporter, notamment en Europe. La structure aura une capacité de production de 580 MW. Une première partie de l’installation, Noor 1, sera installée dès la fin de l’année 2015 et aura une capacité de production de 160 MW. Pour Noor 1500.000 panneaux réfléchissants sont installés dans le désert sur 800 rangées et s’adaptent à l’heure de la journée de manière à suivre les mouvements du soleil. L’idée est, aussi, que le marché soit là aussi compétitif qu’il peut l’être aux Etats-Unis ou en Amérique du Sud sans aucune subvention. Même le Moyen-Orient s’y est mis, sentant le vent tourner à raison du côté du pétrole. La Banque africaine pour le développement a injecté 9 milliards de dollars. (3)

 

Le Barrage vert : un projet structurant

 

Le Barrage vert mis en place il y a plus de 40 ans est un projet structurant : il permettra la lutte contre les changements climatiques développement des énergies renouvelables et développement de l’agriculture L’Algérie ambitionne de réduire ses gaz à effet de serre. Or le bois fournit un combustible économique, renouvelable et au bilan carbone neutre. À la différence des énergies fossiles, l’accroissement forestier permettrait de compenser par la photosynthèse les émissions de CO2 issues de la combustion De plus, les arbres à croissance rapide (des variétés croissent de 1m par an), peuvent permettre à terme une industrie du bois pour le chauffage et l’industrie.

 

L’avancée du désert peut et doit être freinée. Le Barrage vert mis en place il y a 45 ans devrait être réhabilité, les efforts nationaux et l’aide internationale dans le cadre de la COP21 où l’Algérie devrait annoncer son ambition créeront un véritable microclimat sur une bande de 1500 km avec une profondeur de 20 km. Il est possible dans le cadre d’une vision d’ensemble de pouvoir optimiser à la fois, la lutte contre l’effet de serre, par la production d’électricité verte mais aussi la production de bois et aussi le développement d’une agriculture saharienne

 

La richesse du Sahara, ce n’est pas seulement les énergies fossiles, la disponibilité d’une nappe phréatique de 45.000 milliards de m3, c’est aussi et surtout ce que l’on pourrait faire pour développer l’agriculture. Faisons du Sahara une seconde Californie. Il est possible de jumeler les ambitions en termes d’énergies renouvelables en construisant des centrales solaires sur toute l’étendue de cette bande. La disponibilité d’eau et d’énergie électrique peut permettre l’avènement aussi d’une agriculture qui permettra au moins l’autosuffisance alimentaire. La richesse du Sahara c’est aussi l’écotourisme, l’archéologie, les sources géothermiques à vocation multiples.

 

L’Algérie pourra ainsi gagner à la fois son pari de la lutte contre les changements climatiques mais la bataille du développement durable . Pour cela, l’Algérie annoncer à la COP 21 son ambition mais proposer les voies et moyens d’y arriver si des financements multiples notamment le Fonds pour la lutte contre les changements climatiques pouvaient y contribuer

 

Le projet de gazoduc Algérie-Nigeria

 

Une autre vision structurante de la transition énergétique vers le développement durable et diminuer les GES, consiste à développer le gazoduc Algérie-Niger- Nigeria. Le projet de gazoduc transafricain écrit Anisse Terrai, entre l’Algérie et le Nigeria est un projet qui pourrait insuffler une dynamique vertueuse dans tout le Sahel. Trans-African gas pipeline (Tsgp). Il permettrait de transporter du gaz naturel nigérian vers l’Algérie, en passant, très probablement, par le Niger. La disponibilité des réserves de gaz naturel au Nigeria ne fait plus débat.(...) La réalisation du Tsgp implique l’extension du réseau algérien de gazoducs existants, déjà important. Les nouvelles canalisations se concentreront, essentiellement, dans l’extrême sud de l’Algérie et permettront de désenclaver de nombreuses localités. Sonatrach pourra ainsi développer des gisements de gaz naturel, auparavant inexploitables, vu leur éloignement du réseau de pipelines, récupérer le gaz associé torché dans certains champs de pétrole. Par ailleurs, le Tsgp générera des recettes supplémentaires avec les droits de passage et/ou les exportations incrémentales de gaz naturel et de GNL. (...) Le soutien de l’Union africaine (UA) est garanti pour sa part, le Tsgp figurant parmi les projets du Nepad. Le gazoduc renforcera l’intégration régionale entre membres de l’UA. Le Tsgp est un projet structurant et créateur de valeur. L’Algérie a beaucoup à gagner. La stabilisation de la région sahélienne, le développement de l’extrême Sud algérien et l’accroissement des revenus gaziers suffisent, à eux seuls, pour en faire une priorité nationale. » (4)

 

Les financements de ces ambitions

 

L’Algérie a pris des engagements dans le cadre de la COP 21, ses efforts pourraient être potentiellement plus opérationnels si elle pouvait disposer de financements avantageux. Pour ces deux grandes ambitions dans le cadre du développement durable : le Barrage vert, le gazoduc Nigeria-Algérie Ces deux projets sont structurants et permettraient le développement rapide des énergies renouvelables, le développement de l’agriculture. De plus, ce serait de grands gisements d’emplois et de désenclavement du Sud par la création de villes nouvelles pionnières qui désengorgeront le Nord et participeront, ce faisant à la création de richesse.

 

Il est important que l’Algérie annonce lors de la COP 21 cette ambition avec l’aide auprès de différentes instances de financement. C’est d’abord le Fonds Climat prévu de 100 milliards de dollars pour la lutte contre les changements climatiques, ensuite auprès de l’Union africaine car le soutien de l’Union africaine (UA) est garanti ; le Tsgp figurant parmi les projets du Nepad. De plus, le gazoduc renforcera sans nul doute l’intégration régionale entre membres de l’UA. Il reste même à solliciter la Banque maghrébine dont l’ouverture est prévue à Tunis fin 2015.

 

Il est connu en effet que l’intégration économique maghrébine assurerait 2 à 3 points de croissance supplémentaires par an pour chaque pays. Selon une étude du Fonds monétaire international (FMI). Enfin, la mise en place de la nouvelle banque asiatique sous l’égide de la Chine, pourrait dans le cadre d’un partenariat avec ce pays, nous permettre d’accéder aux crédits de cette banque. Si cette ambition était prise en charge, nul doute que nous assisterons à une nouvelle conquête du Sud avec même l’apport de la jeunesse, notamment dans le cadre du Service national. C’est ce type d’utopie mobilisatrice qu’attend la jeunesse pour déclencher un nouveau 1er Novembre pour ce XXIe siècle.

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1.Olivier Petitjean http://www.bastamag.net/les-banques-francaises-investissent-largement-plus-dans-les-energies-sales-que

 

2. Http ://www.fairfinancefrance.org/media/60889/banques-fran%c3%a7aises-quand-le-vert-vire-au-noir.pdf

 

3. Knies, Gerhard. Global energy and climate security through solar power from deserts. Trans-Mediterranean Renewable Energy Cooperation, 2006 - http://www.consoglobe.com/maroc-centrale-solaire-cg#OYil5aOKQISrBjWW.99

 

4. http://www.lequotidien-oran.com/index.php ?news=5220709

 

Article de référence : 
http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/228927-les-requetes-que-l-algerie-fera-a-la-cop-21.html

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

http://chemseddine.over-blog.com/2015/11/pour-honorer-ses-engagements-les-requetes-que-l-algerie-fera-a-la-cop-21.html< :/a>

26 octobre 2015

Climat : Le GIEC sera piloté par les multinationales. Le nouveau président est issu du monde des mutinationales et a été longtemps au service d'Exxon ou Hyundaï

 

 
15 Octobre 2015
Wiebe Eekman
 

Le GIEC (le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat de l'ONU) a un nouveau président. Malheureusement, il ne fait pas partie de ceux pour qui la justice sociale est fondamentale. Avec un passé au service de multinationales comme Exxon et Hyundai, c’est principalement vers les entreprises que le Sud-coréen Hoesung Lee compte se tourner pour trouver des solutions. De quoi s’inquiéter.Dubrovnik, Croatie, 7 octobre 2015. Le groupe d’experts intergouvernemental de l’ONU sur l’évolution du climat (GIEC) s’est réuni pour élire un nouveau président et un nouveau conseil d’administration. Ce n’est pas là une simple formalité, puisque ce vote va en grande partie déterminer la politique future du GIEC. Ils sont six à avoir présenté leur candidature à la présidence. Au second tour, ils ne sont plus que deux candidats : le Sud-coréen Hoesung Lee et le Belge Jean-Pascal van Ypersele. Les deux occupent le poste de vice-président du GIEC depuis plus de vingt ans.1140 pays ont participé à l’élection. Ce sont les gouvernements qui votent. Chaque pays a droit à une voix. Hoesung Lee a obtenu 78 voix contre 56 pour van Ypersele, qui n’a pas non plus été réélu comme vice-président. Ce qui est très inquiétant.

 

Le progressiste van Ypersele


Jean-Pascal van Ypersele est un scientifique et professeur à l’UCL, spécialiste de l’évolution du climat. Depuis toujours, il est connu pour sa grande diplomatie. Trop grande diplomatie, estiment certains, notamment car il aime à répéter que le GIEC a pour mission de fournir des informations, mais qu’il ne peut prescrire la politique à mener.Cela dit, force est de constater que van Ypersele est plutôt favorable à une politique progressiste de gauche. Il défend ardemment les principes de justice sociale et d’équité des pays riches envers les pays plus pauvres.2 Jamais il n’est intervenu contre les mouvements pour la défense du climat ou les syndicats. En 2013, lorsque des centaines de manifestants belges se sont rendus à bord du Climate Express à Varsovie, où se tenait une conférence climatique, il est venu personnellement saluer les militants.

 

Commerce d’émissions


Le nouveau président Hoesung Lee ira-t-il lui aussi à la rencontre des militants ? Il est permis d’en douter. Contrairement à van Ypersele, il n’est pas question de justice sociale et d’équité dans son discours, mais plutôt de coopération avec toutes les « parties prenantes », et surtout les forces industrielles et financières. Du capitalisme vert, pourrait-on dire.Cela n’a rien d’étonnant : Hoesung Lee n’est pas un scientifique spécialisé dans le climat, mais un gestionnaire économique qui a gagné ses galons auprès de multinationales comme Exxon et Hyundai. Sa solution pour sauver le climat ? Augmenter le prix de l’énergie grâce au commerce d’émissions ou encore appliquer des taxes sur le carbone. Ces mécanismes de marché ont pourtant récemment démontré qu’ils sont inefficaces sur le plan écologique et injustes sur le plan social. Van Ypersele a pour sa part toujours préconisé la piste de la solidarité et de la coopération.

 

Clash


Depuis les négociations de Copenhague en 2009, les forces de droite mènent une offensive au sein du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) et suivent une orientation procapitaliste. Beaucoup - et notamment les syndicats, les mouvements pour la défense du climat dans les pays en développement, des auteurs comme Naomi Klein, etc. - ont démontré que l’organisation capitaliste de notre société est à l’origine non seulement des problèmes sociaux, mais aussi du problème climatique. Le Sommet mondial des Nations Unies à Rio de Janeiro, en 2012, a abouti à une nette rupture entre deux tendances. Depuis, les choses n’ont cessé d’empirer.Sous prétexte que « tout le monde doit apporter sa pierre à l’édifice », les grandes multinationales, qui sont responsables de plus de 60 % des émissions, ont été incorporées dans les organes où sont prises les décisions. Alors que la présence des syndicats et des ONG, en tant que représentants des citoyens, est très limitée.

 

Sponsors

 

Récemment on a annoncé « qu’il n’y avait pas suffisamment d’argent » pour organiser la conférence climatique à Paris. En réalité, c’était un simple prétexte pour pouvoir faire intervenir de grandes multinationales comme Total, General Motors et ArcelorMittal en qualité de sponsors.192 pays participeront à la Conférence de Paris. En élisant Hoesung Lee, 78 d’entre eux ont déjà laissé entendre qu’ils étaient plutôt favorables à une politique de droite. Reste à espérer que, sur les 58 pays qui n’ont pas participé au vote à Dubrovnik, beaucoup viendront rejoindre les 56 pays qui ont voté pour van Ypersele, et donc plutôt en faveur d’une politique de gauche.Tout cela constitue une raison supplémentaire d’organiser des manifestations pour soutenir les forces progressistes. L’objectif du Climate Express est d’emmener 10 000 Belges manifester le dimanche 29 novembre à Paris. Des cars sont prévus des quatre coins de la Belgique. Vous pouvez vous inscrire ici.

 

http://www.ipcc.ch/news_and_events/docs/ipcc42/151006_election_of_new_chair.pdf

Les dangers du réchauffement dû au méthane sont sidérants

Le monstre méthane rugit

 

 

Durant une récente randonné au Washington State’s Olympic Park, je me suis émerveillé de la délicate géométrie des feuilles de fougère recouvertes de givre. Les structures cristallines blanches semblaient pousser des feuilles vertes, les recouvrant dans un écrin gelé de beauté temporaire.

 

Progressant plus haut dans les montagnes, je m’arrêtait pour manger et boire un café chaud tout en regardant par dessus une vallée le paysage montagneux enneigé, estimant une chute gelée pour une possible ascension dans le futur. C’est alors que je commençai à me demander durant combien d’hivers supplémentaire elle continuerait de se former.

La disparité de la beauté devant moi ne trouvait pas de réconciliation avec me pensées troublés sur la planète.. J’avais collecté des données et conduit des interview pour des articles sur les rejets de méthane dans l’Arctique durant des semaines, et la réflexions sur ces informations durant les vacances m’avais mené à la dépression. Aller à la montagne m’avait aidé, mais aussi provoqué de grosses inquiétudes pour notre futur collectif.

 

Considérer la possibilité que les humains ont altéré l’atmosphère de la Terre si drastiquement au point de mettre nos propres vies en danger semble, au moins émotionnellement, insondable. Etant donné la taille de la planète on pourrait penser, logiquement, que ce n’est même pas possible. Mais les majestueux pics enneigés près desquels je vis pourraient ne plus avoir de glaciers (et même de neige) durant ma vie d’après certains des scientifiques que j’ai interviewés.

 

Paul Beckwith, un climatologue et météorologue professeur à l’Université d’Ottawa, Canada, est un ingénieur et physicien qui effectue des recherches sur les changements brusque du climat à la foi pour le présent et sur les archives paléoclimatologiques du passé ancien.

 

"Mon point de vue est que notre climat est dans la première étape d’un changement soudain qui, non maitrisé, va mener à une augmentation de la température de 5 à 6° Celsius en une décennie ou deux", m’a dit Beckwith. "Evidement un tel changement du système climatique va avoir des effets sans précédent sur la santé et le bien être de chaque plante et animal de notre planète".

 

Une Planète vraiment différente

 

De vaste quantités de méthane sont gelées dans l’Arctique. Ce n’est pas une information récent que la banquise arctique est en train de fondre rapidement et qu’elle va vraisemblablement disparaître pour de courte période durant l’été à partir de l’année prochaine. Perde cette glace signifie le rejet dans l’atmosphère de plus grande quantité de méthane précédemment stocké.

 

De plus, gisant dans les fonds marin des marges continentales arctiques et dans le permafrost arctique il y a des hydrates de méthanes, souvent décrit comme du gaz entouré de glace. En mars 2010, un rapport dans la revue Science indiquait que cette quantité équivalait entre 1000 et 10 000 gigatonnes de dioxyde de carbone.

 

Par comparison les humains ont rejeté approximativement 1475 gigatonnes de dioxyde de carbone depuis l’année 1850.

Beckwith avertit que perdre la banquise arctique va créer une situation qui "représentera une planète très différente, avec une température moyenne bien plus élevée où la neige et la glace dans l’hémisphère nord deviendra très rare voire même disparaitra durant toute l’année".

 

En des termes plus simples, ce qu’un monde sans glaces arctiques signifie quand il commencera à réchauffer la planète : Moins d’effet d’albédo sur les eaux arctiques signifie que plus de radiations solaires vont être absorbées au lieu d’âtre reflétées (l’albédo de la glace est de 60%, celui de la neige de 90%). Cela va chauffer ces eaux et ensuite la planète entière. Cet effet a le potentiel de changer le climat mondial, modifiant les vents et peut-être même la position du courant-jet. Les courant-jets polaires sont des rivières de vents rapide positionnés dans la haute atmosphère qui poussent les masses d’airs froide et chaude autour de la planète, ce qui joue un rôle crucial pour déterminé le climat de notre planète.

 

"Ce qui arrive dans l’Arctique ne reste pas dans l’Arctique" explique Beckwith. "Le réchauffement rapide de l’Arctique par rapport au reste de la planète (5 à 8 fois la moyenne mondiale) fait diminuer le gradient de température entre l’Arctique et l’équateur.

 

Cette diminution de gradient est en train de perturber le courant-jet, menant a une réchauffement accéléré de l’Arctique, formant une boucle de rétroaction incontrôlée qui cause alors le rejet de plus de méthane dans l’Arctique.

 

Sur terre, cela a déjà commencé. Dans la péninsule de Yamal en Sibérie, de mystérieux trous dans le sol ont attiré l’attention international avant qu’ils ne deviennent plus si mystérieux quand des chercheurs russe ont détecté des quantités significative de méthane à l’intérieur. Maintenant la même zone fait le nouveau l’actualité car des chercheurs ont détecté une augmentation des émissions de méthane venant de la décongélation du permafrost.

 

"Plus les concentrations de méthane dans l’Arctique causé par le réchauffement accéléré à la foi dans l’atmosphère et l’océan augmenteront, plus le courant-jet sera perturbé" dit Beckwith. "La physique démontre que cela va continuer à augmenter la fréquence, l’intensité et la durée des épisodes climatiques extrêmes tels que des pluies torrentielles menant à des inondations étendues dans certaines régions et des sècheresses dans d’autres. Il n’est pas besoin d’ajouter que cela cause d’énormes pertes économiques et constitue une grave menace pour notre sécurité alimentaire globale. C’est pourquoi on peut considérer que l’Arctique est le Talon d’Achile de notre système climatique".

 

Des chercheurs de l’US Navy ont prédit une période libre de glace dans l’Océan Arctique durant l’été 2016. (NDT : avant les prévision était entre 2050 et 2100). Le scientifique britannique John Nissen, président du Artice methane Emergency Group, indique que si la mer libre de glace passe le "point de non retour" et que "l’effet rétroactif de méthane" se fait sentir nous serons dans un "été d’urgence planétaire immédiat".

 

Pourquoi devrions nous être si concerné par le méthane alors que les discutions sur la perturbation du climat semblent se concentrer sur les niveaux de dioxyde de carbone ?

 

Pour l’atmosphère le méthane est une gaz à effet de serre qui sur une courte période de temps est plus destructeur de que le dioxyde de carbone. Quand il commence à chauffer la planète le méthane est 23 fois puissant que le dioxyde de carbone, par molécule, sur une échelle de temps de 100 ans, et 105 fois plus puissant sur une échelle de temps de 20 ans (NDT : la différence s’explique car le méthane ne reste que 12 ans l’atmosphère contre 100 ans pour le dioxyde de carbone) et le permafrost arctique (terrestre et maritime) est rempli de cette substance.

 

Selon une étude publié dans Nature Geoscience, deux fois plus de méthane que ce que l’on pensait précédemment a été relâché du Plateau continental est sibérien, une zone de 2 millions de kilomètres carrés près des côtes de Sibérie. Cette récente étude montre qu’au moins 17 millions de tonnes de méthane sont relâchés dans l’atmosphère chaque année alors qu’une étude de 2010 avait trouvé seulement 7 millions de tonnes annuelle dans l’atmosphère.

 

Pour avoir une meilleure compréhension des implication du réchauffement Arctique j’ai interviewé certains des scientifiques conduisant les études les plus avancés sur le méthane arctique.

 

Le Dr Leonid Yurganov est maitre de recherche scientifique au département de physique à l’Université du Maryland et ses recherches actuelles sont en connexion avec des capteurs de la composition atmosphérique et des niveaux de méthane de l’Arctique. Il est coauteur d’une étude à paraître qui montre comment le récent réchauffement arctique a stimulé les réflexions sur les rejets de méthane du fond marin et déclenché une nouvelle boucle de rétroaction positive. En utilisant des détecteurs son équipe a détecté un accroissement à long terme du méthane sur de vastes étendues de l’Arctique.

 

Yurganov avertit des conséquences d’un réchauffement rapide de l’Arctique.

 

"La différence de température entre les pôle et l’équateur pousse nos courant d’air de l’ouest vers l’est" déclare il." Si la différence diminue le transport d’ouest en est ralentira et les courant nord-sud deviendront plus fort. Cela résultera dans de fréquent changement de la météo aux latitudes moyennes".

 

Bien que Yurganov n’avait pas parlé "d’une rapide et immédiate libération de méthane depuis les hydrates de méthanes" a ce moment il alerta sur ce qui allait arriver quand cela se déclencherait.

 

"Une augmentation du méthane influencera la température de l’air près de la surface" dit il. Cela accélèrera le réchauffement de l’Arctique et changera le climat partout dans le monde".

 

Yurganov n’anticipe pas un effondrement global immédiat durant une décennie. De son point de vue la banquise arctique estivale continuera à diminue de façon régulière mais la fréquence des évènements climatiques extrêmes et l’augmentation du niveau de la mer continuera d’accélérer. "les gens devront s’adapter au changement climatique et à se préparer à un déclin dans leur niveau de vie cause par celui-ci" avertit-il.

 

Yurganov voit une réduction de la population au moyen d’un enfant unique par couple comme une des solutions à notre situation délicate.

 

"La dépopulation, cela résoudra tout les problèmes", dit il. "La Terre avec une plus petite population globale, deux fois moins, émettra moins de dioxyde de carbone".

 

Un autre scientifique qui a étudié les rejets de méthane dans l’Arctique à par contre des nouvelles beaucoup plus inquiétantes.

 

Le spectre imminent d’un soudain rejet de méthane.

 

Natalia Shakhova est professeur à l’Université d’Alaska de Fairbank - International Arctic Research Center, où elle étudie le Plateau continental sibérien arctique oriental (ESAS). Shakhova pense que nous devrions être concerné par ses résultats sur l’ESAS car cette zone diffère significativement pour les émissions de méthane des autres régions du monde.

 

L’ESAS est le plus grand plateau continental du monde, s’entendant sur plus de 2 millions de kilomètres carrés, soit 8% des plateaux continentaux. Shakhova pense qu’il renferme 10 à 15% des réserves mondiales d’hydrates de méthane.

 

"Ces émissions ont tendance à ne pas être graduelles (c’est à dire qu’elles sont soudaine et massives) pour plusieurs raisons" déclare-t-elle.

 

Cela signifie que les émissions de méthane depuis les hydrates de méthanes peuvent "changer de magnitude en quelques minutes" et cela ne sera pas "calme, graduel et contrôlé". Nous pouvons nous attendre a des rejets irréguliers de méthane qui seront difficile a mesurer.

 

Elle explique que la transition d’état physique du méthane depuis le permafrost (terrestre ou l’ESAS), "n’est pas graduel. Quand il change d’état physique c’est relativement court. La différence entre les deux états est comme la différence entre une vanne ouverte et une vanne fermé. Ce type de rejet est comme l’ouverture d’un gazoduc sous pression".

 

Ces rejet immédiat de méthane sur l’ESAS peuvent être déclenché à tout moment par un évènement sismique ou tectoniques, l’affaissement de sédiment causé par la fonte des hydrates de méthanes ou par exemple le glissement de sédiment causé par la fonte du permafrost. L’ESAS est particulièrement enclin à ces évènements car il est trois fois moins profond que la moyenne des plateaux continentaux mondiaux".

 

"Cela signifie que la probabilité que le méthane dissout dans l’eau s’échappe dans l’atmosphère est 3 à 10 fois plus élevé que n’importe ou ailleurs" dit Shakhova. Dans l’ESAS le méthane st principalement transporté sous forme de bulle. Les bulles de méthane remontent à la surface à la vitesse de 10 à 40 cm/s, cela signifie qu’il lui faut seulement quelques minute pour atteindre la surface et s’échapper dans l’atmosphère".

 

En incluant tout ces facteurs Shakhova estime que le réservoir de méthane de l’ESAS est supérieur à 180 gigatonnes, elles ajoute que "ce rôle va s’accroitre avec le temps".

 

Une étude publiée dans la revue Nature en Juillet 2013 confirme ce dont nous a avertit Shakhova : qu’une éruption soudaine de 50 gigatonnes depuis les hydrates de méthane de l’est sibérien est "hautement probable à tout moment". Cela serait l’équivalent d’au moins 1000 gigatonnes de dioxyde de carbone. (Rappelons que les humains ont rejeté 1475 gigatones de dioxyde de carbone depuis 1850).

 

Même le relativement prudent GIEC a lancé un avertissement sur un tel scénario : "La possibilité d’un changement climatique soudain, avec des conséquences potentiellement catastrophiques, ne peut être écarté. Une boucle de rétroaction positive provoqué par le réchauffement peut causer l’émission de dioxyde de carbone ou de méthane depuis la biosphère terrestre ou des océans".

 

Durant les deux dernier siècles, la quantité de méthane dans l’atmosphère a augmenté de 0,7 parties par million à 1,7 parties par million. L’introduction de telles quantités de méthane dans l’atmosphère peut, craignent certains scientifiques, augmenter inévitablement la température globale de 4 à 6° Celsius.

 

Certains scientifiques que j’ai interrogés avertissent de conséquences encore pire.

 

Implications globales

 

Ira Leifer, scientifique de l’Université de Santa Barbara, Californie, et auteur de plusieurs études sur le méthane arctique déclare que les scientifiques ont appris que les émissions de méthane de l’Arctique sont déjà plus élevée que ce que l’on pensait et dit : " le réchauffement de l’Arctique est clair".

Les dangers du réchauffement dû au méthane sont sidérants selon Leifer.

 

"La quantité de méthane stocké dans le permafrost est énorme, même si une petite fraction est relâché dans l’atmosphère sur une duré de quelques décennies il mènera à une augmentation dramatique à l’échelle mondiale" avertit elle. De plus il peut mener à une rétroaction positive où les océan relâcheront plus de méthane ce qui réchauffera l’Arctique encore plus menant à plus de rejet de méthane. Pire ce réchauffement se répandra lentement aux basses latitudes, ce qui contribuera a augmenter le réchauffement arctique.

 

Tout comme Beckwith, Yurganov et Shakhova l’ont noté Leifer avertit qu’un réchauffement de l’Arctique à des implications mondiales.

 

Le climat de la Terre est contrôlé par trois cellules : tropicale, tempérée et polaire. Une diminution de la différence de température entre les pôles et l’équateur entraine une expansion de la cellule tropicale qui entrainera la désertification de certaines zones et plus d’inondations dans d’autres. Pendant ce temps la météo polaire s’étend comme on a pu le voir aux Etats-Unis durant les derniers hivers.


Bien que les humains puissent s’adapter a ces nouvelles fluctuations du climat, l’agriculture et les écosystème ne le peuvent pas.

 

Comme Shakhova, Leifer a exprimer ses inquiétude au sujet de l’ESAS.

 

"Le potentiel est là pour que les émission de méthane augmentent avec le réchauffement des océans". Il confirme aussi les récentes études sur les émissions de méthane dans l’Arctique, y compris la découverte de gaz à des centaines de kilomètres des côtes. Cela signifie que le méthane ne peut venir de sources terrestres ; Leifer en a conclu que cela confirme une origine marine.

 

Cela signifie que le fond de l’océan a déjà commencé à rejeter du méthane très loin des côtes. Beckwith note que les rejets croissant de méthane dans l’Arctique et le massif impact qu’il aura sur le système climatique planétaire signifie : "une perturbation continuelle de la météo et du climat".

 

"L’accélération de ces processus va vraisemblablement mener à un changement brutal changement climatique partant d’un Océan arctique froid, couvert de neige et de glace à une Océan arctique libre de glace. L’état final sera de 5 à 6° Celsius plus chaud et ce changement peut arrivé en une ou deux décennies, comme l’indique les archives géologiques".

 

L’arrivée de l’océan Arctique libre de glace n’est qu’une question de temps et sera probablement avant 2020, considérant le déclin exponentiel de la banquise estivale qui a été déterminé par le Pan-Arctic Ice Ocean Modeling and Assimilation System, corroboré par les mesures du Cryosat et modélisé par le Naval Graduate School Regional Climate Models.

 

Beckwith pense que le premier océan libre de glace durera seulement quelques semaines voir un mois la première fois puis s’étendra à durant mois quelques années plus tard.

 

En attendant le GIEC n’a pas encore traité les émissions de méthanes arctique comme une boucle de rétroaction incontrôlée, pas plus que les médias mainstream.

 

"Alors l’augmentation du réchauffement arctique à cause de l’effondrement de l’albédo produira tout au long de l’année un océan Arctique libre de glaces d’ici à une à deux décennies complétant le passage vers un climat bien plus chaud". dit il.

 

Ensuite Beckwith, comme Shakhova, avertit d’une émission de 50 gigatonne de méthane soudaine et craint que ce ne soit seulement une question de temps avant que cela n’arrive.

 

J’ai demandé à Leifer si il croit que nous avons déjà déclenché une augmentation rapide des température globale pouvant mener au type de changement brutal de climat dont Beckwith parle.

 

Récemment, il a été annoncé que 2014 est l’année la plus chaude jamais mesurée" répond il. "Une grosse partie de la chaleur absorbé par le système climatique durant la dernière décennie a été absorbée par les océans et quand elle reviendra dans l’atmosphère nous verrons une augmentation très rapide des températures moyennes".

 

Une autre "Grande Extinction" ?

 

L’extinction de masse du Permien qui date de 250 millions d’années est aussi relié au méthane, en fait ce gaz est semble il ce qui a causé l’extinction d’approximativement 95% des espèces de la planète. (NDT : en image cela donne ça).

 

Aussi connue comme la "Grande Extinction" elle fut déclenché par une arrivé massive de lave dans une zone de Sibérie qui mena à une augmentation des températures globales de 6° Celsius. Ce qui déclencha la fonte du méthane gelé au fond des mers le relâchant dans l’atmosphère il augmenta encore plus les températures. Cela se produisit sur une période de 80 000 ans. (NDT : on a aussi connaissance d’un événement de rejet massif de méthane il y 55 millions d’années ayant entrainé une augmentation de la température de 5° Celsius, une récente étude montre qu’elle se sera produite en seulement 13 ans !)

 

(NDT 2 : on peut aussi mentionner la chute du taux d’oxygène de 30% à 10%, à comparer avec les 21% actuels).

 

Nous sommes déjà dans ce que les scientifiques considèrent comme la sixième extinction massive dans l’histoire planétaire, avec entre 150 et 200 espèces s’éteignant quotidiennement, un taux 1000 fois plus élevé que le taux naturel d’extinction. Cet événement est déjà comparable, voir même excède, l’intensité et la vitesse de l’extinction de masse du Permien. La différence c’est que la notre est causé par l’homme. (Et elle ne prendra probablement pas 80 000 ans, elle depuis quelques siècles et elle gagne de la vitesse de manière non linéaire).

 

Il est possible que par dessus les vastes quantités de dioxyde de carbone issu des énergie fossiles qui continuent d’entrer dans l’atmosphère en quantité record chaque année, une augmentation des rejets de méthane peut être le signal du commencement d’une sorte de processus menant à Une Grande Extinction.

 

Certains scientifique craignent que la situation soit déjà si sérieuse et que la rétroaction soit telle que nous soyons déjà en train de causer notre propre extinction. Pire encore certains sont convaincu que cela peut arriver bien plus rapidement qu’on ne le pense généralement, au cours des prochaines décennies, ou comme le pense Beckwith encore plus tôt que cela.

 

De retour dans l’Olympic National Park, quand je revenais de ma randonnée, j’ai rencontré une petite harde de wapiti. Je les ais regardé et ils m’ont regardés avant de retraité lentement dans la forêt. En continuant mon chemin je me suis demandé comment il s’adaptaient a ce qu’il arrive à la planète. Leur habitat change dramatiquement, comme leurs sources d’eau et de nourriture. Approchant de mon point de départ, je m’émerveillais devant des arbres couverts de mousse et me demandais comment le magnifique paysage naturel de l’Olympic National Park réagira si le climat est brutalement modifié. Les Montagnes Olympiques abritent la troisième plus grande concentration de glacier des 48 états et les perdent rapidement. Et avec au moins quatre espèce déjà en danger vivant dans le parc l’impact est déjà visible et il est assuré d’empirer.

 

J’en vient a me demander comment l’humanité va répondre, mais je me dis que le fait que la boucle de rétroaction du méthane arctique est déjà bien en route, seulement une réponse internationale d’urgence pour cesser immédiatement toutes les émissions de dioxyde de carbone peut seulement légèrement atténuer la crise, et encore la plupart des action des gouvernement mondiaux sont risibles.

 

Naturellement pour terminer je dois me demander : Qu’est-ce que je fais ?

 

Comment vas tu ?

 

NDT : Parmi les effets du réchauffement climatique l’auteur de ne mentionne pas qu’avec une telle hausse des températures cela entraine l’augmentation du niveau de la mer avec fonte totale des glaces (voir la carte).

 

Peut on encore faire quelque chose ? On peut au moins essayer c’est toujours mieux que de ne rien faire. Quand tout semblait perdu au début des années 1990 les cubains ne se sont pas rendu et ils ont survécu. Les kurdes de Kobané étaient encerclés, pire qu’à Stalingrad car pas d’immense Union Soviétique pour les ravitailler à l’arrière, jute un gouvernement turc hostile et pourtant ils ont gagné. Il faut bien sur sortir des énergies carbonées le plus vite possible pour ne pas encore aggravé la crise. Il faut aussi qu’on impose l’intérêt général au lieu de l’intérêt d’un petit nombre de riches qui pillent tout en laissant le reste dans la misère et la guerre.


»» http://www.truth-out.org/news/item/28490-the-methane-monster-roars
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Rases campagnes

Cela fait beau temps que les campagnes se vident de leur substance humaine. Malgré tout ce qu’elles subissent, elles parviennent à vivre encore. La vie qu’il leur reste pourrait cependant à jamais disparaître sous le coup d’accélérateur donné à l’industrialisation de l’agriculture. Les fermes-usines – mille vaches, douze mille porcs, cent mille poules - qui défraient la chronique et émeuvent une partie de l’opinion publique depuis quelques années ne sont en réalité que les pointes visibles – certes de plus en plus nombreuses – de la colonisation massive des activités agricole par les groupes industrialo-financiers. Ainsi, la grande presse est peu prolixe à propos de l’envahissant groupe français Sofiprotéol, récemment rebaptisé Avril pour de nouvelles aventures, dont le dévoilement de l’emprise tentaculaire révèlerait au grand public tant de surprises. Et notamment celle-ci : le patron de cet empire agro-industriel n’est autre que le Président de la puissante FNSEA ! Mélanges des genres ? A voir…

 

Sofiprotéol-Avril est partout, aux quatre coins de l’agriculture moderne. Leader de plusieurs filières agro-industrielles où ils contrôlent tous les maillons de l’amont à l’aval , le groupe a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 7 milliards d’Euros grâce à ses 8 200 salariés dont 5 500 en France. Depuis trente ans cette pieuvre s’étend en rachetant ou en s’associant avec des entreprises ou des coopératives souvent éloignées les unes des autres du point de vue de la simple logique de production. La logique globale du groupe est en revanche implacable : rendre les agriculteurs totalement dépendant de l’industrie tant pour leurs approvisionnements en « intrants » que pour les débouchés de leur production, qu’ils soient cultivateurs ou éleveurs, sur des exploitations – le mot prend désormais tout son sens – de taille sans cesse croissante. L’hégémonie industrielle signifie tout contrôler du végétal à l’animal. A priori, on a du mal à comprendre qu’une même entreprise puisse s’intéresser à l’huile de colza, aux œufs de poule, aux biocarburants, aux sauces, à l’élevage des porcs, etc. C’est en retraçant l’histoire de Sofiprotéol que tout s’éclaire. Fondée en 1983 par des organisations interprofessionnelles, l’entreprise s’occupait à l’origine d’oléagineux (colza, tournesol) et de protéagineux (pois, féverole). Où est donc le rapport avec les filières animales, comme lors de la tentative de rachat du volailler Doux ? Sofiprotéol donne lui-même la réponse : « l’intégration totale de filières ». En amont, l’on trouve plus de 2,5 millions d’hectares plantés en oléagineux et protéagineux pour une production de l’ordre de 8 millions de tonnes. Le groupe transforme la majorité de ces productions réalisées en France, avec le souci constant d’en valoriser non seulement les parties ’nobles - protéines ou matières grasses - mais aussi les coproduits, appelés tourteaux.

 

Le groupe Sofiprotéol-Avril intervient donc dans une grande diversité de marchés. Cependant, le terme filière comprend une autre dimension : l’interdépendance des stades de production. Ainsi, cela explique l’intérêt du groupe pour les recherches sur les semences, en amont de l’exploitation agricole, qui déterminent en aval de la transformation les caractéristiques des produits. Dans une filière, tout se tient. Sofiprotéol pénètre en un point particulier une filière, y repère tous les débouchés potentiels et s’implante tout au long de la filière, en mettant la main progressivement sur l’ensemble de la chaîne de production. C’est de cette façon que le groupe, au départ spécialisé dans les huiles végétales, à usage alimentaire ou énergétique, est devenu un acteur incontournable dans le domaine de l’élevage. Sofiprotéol est désormais présent dans toutes les filières animales françaises ». Du porc à la volaille, il est leader pour l’alimentation animale grâce à sa filiale Glon-Sanders. Il se situe également en aval, avec des entreprises spécialisées dans la santé animale et l’hygiène des troupeaux, le conseil en conduite zootechnique et des sociétés qui travaillent à la transformation de la viande. L’objectif stratégique fondamental du groupe est donc de Structurer une filière à la fois verticalement, des semences aux produits de consommation, et horizontalement, notamment sur l’axe végétal-animal. Sofiprotéol avoue être déjà présent dans treize métiers et compte bien sûr ne pas en rester là.

 

Le groupe Avril-Sofiproteol s’est développé avec le capitalisme néo-libéral et est ainsi bien de son époque. Il n’est donc pas uniquement un acteur industriel. C’est également un des principaux financeurs de l’agriculture française. Par son activité en tant que fonds d’investissement : en réalité, à l’origine, Sofiprotéol est d’abord un établissement financier, appelé à gérer les fonds de la filière oléo-protéagineuse. D’où proviennent ces fonds ? Des "contributions volontaires obligatoires" ( !), versés par les producteurs d’oléo-protéagineux. En 2002, la Cours des Comptes a dénoncé sans ambigüité ce système financier : « La légalité tant nationale que communautaire du financement d’opérations d’investissement au moyen de « cotisations volontaires obligatoires » apparaît douteuse à plusieurs titres ». La Justice n’a pas cru bon de donner suite à cette sentence. En d’autres temps ou d’autres lieux on eût parlé de racket sur les producteurs. L’intérêt général de la filière est donc depuis longtemps confondu avec celui de l’entreprise financière qui les gère pour réaliser des opérations sans le moindre lien avec la filière oléo-protéagineuse. La Cour des Comptes dénonçait aussi un mécanisme financier opaque par lequel « se sont développées des interventions dans la nutrition animale, les semences, les biotechnologies, puis dans des fonds d’investissement plus diversifiés. » Ces fonds ont ainsi joué un rôle d’apport dans la cession de Sanders à la famille Glon, en 1998. Osons le dire : la fulgurante prospérité de l’empire tentaculaire présidé par Xavier Belin n’aurait pas été possible sans de solides complicités politiques, à commencer par celle des ministres de l’agriculture, toutes tendances confondues, qui se sont succédés en France depuis trente ans. Comme Xavier Belin est en même temps à la tête du syndicat agricole le plus puissant on voit mal comment les choses pourraient changer.

 

En devenant Avril le groupe a annoncé par une campagne médiatique, notamment dans la presse agricole qu’il contrôle pour une bonne part, « un nouveau printemps » pour son développement. Les campagnes, les vraies, ont tout à craindre de ce renouveau. Les exploitations à taille inhumaine vont pousser comme des champignons, tout comme les bâtiments d’élevage désaffectés qui mitent déjà le paysage à mesure qu’ils sont remplacés par de « plus rentables » installations. Pour reprendre le titre du célèbre livre de Rachel Carson publié voilà plus de cinquante ans, tout semble en place pour un « printemps silencieux ».

 

Yann Fiévet

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17 mars 2013

L'étude russe qui prouve que les OGM stériliseront l'humanité au bout de 3 Générations

 

On soupçonnait déjà que la perte de la fertilité était au nombre des graves  dégâts occasionnés, une étude récente va dans ce sens. Une étude qui, si elle n'est pas étouffée, pourrait avoir un grand impact sur les décisions à prendre à l'avenir!

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En 2009, près de 3% des terres agricoles étaient couvertes d'OGM avec 134 millions d'hectares, selon l'ISAAA, qui, chaque année, fait état des cultures des plantes transgéniques dans le monde. Et le dossier des OGM alimentaires - dont de très nombreuses pages restent encore floues à ce jour - pourrait bien s'alourdir prochainement alors qu'une nouvelle pièce en provenance de Russie est sur le point d'y être ajoutée. 

 

Celle-ci prend la forme d'une étude, dont les résultats les plus frappants viennent d'être présentés à la presse en Russie dans le cadre de l'ouverture dans ce pays des Journées de Défense contre les Risques Environnementaux. Elle est même évoquée par Jeffrey Smith, fondateur de l'Institute for Responsible Technology aux Etats-Unis et auteur de référence dans le monde des OGM avec notamment son ouvrage Seeds of Deception (littéralement «les semences de la tromperie») publié en 2003. Menée conjointement par l'Association Nationale pour la Sécurité Génétique et l'Institut de l'Ecologie et de l'Evolution, cette étude russe a duré deux ans, avec pour cobayes des hamsters de race Campbell, une race qui possède un taux de reproduction élevé. Ainsi, le Dr Alexey Surov et son équipe ont nourri pendant deux ans et d'une manière classique les petits mammifères, à l'exception près que certains d'entre eux ont été plus ou moins nourris avec du soja OGM (importé régulièrement en Europe) résistant à un herbicide.

 

Au départ, quatre groupes de cinq paires (mâles / femelles) ont été constitués: le premier a été nourri avec des aliments qui ne contenaient pas de soja, le second a, quant à lui, suivi un régime alimentaire qui comportait du soja conventionnel, le troisième a été alimenté avec en complément du soja OGM et enfin le quatrième groupe a eu des plateaux repas dans lesquels la part de soja transgénique était encore plus élevée que dans ceux du troisième.

 

A la fin de cette première phase, l'ensemble des quatre groupes a eu en tout 140 petits. L'étude s'est poursuivie dans une deuxième phase par la sélection de nouvelles paires issues de chacun de ces premiers groupes. Et, dans la logique du déroulement, les nouvelles paires de la deuxième génération ont, elles aussi, eux des petits, créant de fait la troisième et dernière génération de cobayes. Ainsi, il y a eu au final 52 naissances parmi les spécimens de troisième génération qui n'ont pas consommé du tout de soja, 78 parmi ceux qui ont consommé du soja conventionnel.

 

Mais le troisième groupe, celui qui a été nourri avec du soja OGM, n'a eu que 40 petits, dont 25% sont morts. Et, pire, dans le groupe qui a mangé le plus de soja génétiquement modifié, une seule femelle a réussi à donner naissance, soit 16 petits au total, dont 20% sont finalement morts.

 

Ainsi, à la troisième génération, les hamsters qui, pour les besoins de l'étude, ont eu, dans leur menu, une part importante de soja OGM, n'étaient plus capables de se reproduire...

 

Mais une autre surprise de taille a été observée: certains de ces hamsters issus de la troisième génération se sont retrouvés avec des poils ... dans la bouche, un phénomène d'une extrême rareté.

 

Selon Jeffrey Smith, l'étude du Dr Surov et de son équipe pourrait bien «déraciner» une industrie qui vaut plusieurs milliards de dollars. L'affaire est donc à suivre, mais, quoi qu'il en soit, depuis l'introduction en 1996 dans l'environnement et dans la chaîne alimentaire de produits agricoles transgéniques (issus de semences dans lesquelles y sont ajoutées un ou plusieurs gênes étrangers afin de conférer à la plante une propriété spécifique), les risques qui y sont liés restent encore très largement inconnus car très peu observés, faute d'études suffisamment longues et indépendantes, mais aussi à cause du refus des semenciers de publier leurs propres études (sauf sous la contrainte juridique) pour des raisons de stratégies industrielles et commerciales.

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le principe de précaution, dans ce domaine, semble effectivement illusoire, alors que les incertitudes scientifiques qui demeurent devraient justement le mettre au cœur du processus d'évaluation. Et, d'ailleurs, l'on peut même supposer que cette absence de précaution large et de manque de transparence vis-à-vis du public nuisent par la même occasion aux OGM agricoles expérimentaux (de seconde génération) qui ne peuvent pas être évalués dans les meilleures conditions puisque ceux qui sont actuellement sur le marché ne l'ont été que partiellement (voir le proverbe de la «charrue avant les boeufs»...).

 

Car l'ennui, au fond, c'est que nous tous, les consommateurs, sommes au bout de cette chaîne alimentaire: alors finalement dans l'histoire, qui sont réellement les cobayes?

 

Source : Mediapart