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Syndicales 2015

La CGT et l'état d'urgence

 

Publié le 29 Décembre 2015

Réaffirmation d'une position de fond
Une position de classe.
La CGT et l'état d'urgence
Etat d’urgence
 
Ce gouvernement tourne définitivement le dos aux valeurs humanistes !

En jouant sur l’émotion et la peur, le Gouvernement espère constitutionnaliser l’état d’urgence qui permet d’octroyer plus de pouvoir à la police, aux services de renseignements, à l’administration, ceci au détriment de l’autorité judiciaire. 

Mais chacun aura pu mesurer, depuis les attentats, les dérives de ce « régime d’exception » avec son cortège d’interdictions de manifester et d’assignations à domicile qui relèvent, pour certaines d’entre elles, plus du maintien de l’ordre que de la lutte contre le terrorisme. 

Ce texte doit donc être combattu pour son inutilité face au risque terroriste, et il doit l’être vigoureusement car il met en péril la Démocratie, les libertés individuelles et collectives. 

En effet, les termes flous de la définition de l’état d’urgence font craindre le pire quant à l’utilisation contre les salarié(e)s et les militant(e)s que pourrait en faire ce gouvernement et les futurs…

Pour finir, ce projet de loi constitutionnalise une vieille idée de l’extrême droite, la déchéance de nationalité de citoyens binationaux nés français. Ce calcul politicien, qui crée une sous-catégorie de citoyens, constitue une infamie que la CGT dénonce et combattra avec force.
 
Montreuil, le 29 décembre 2015
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Michel El Diablo

FRANCE: La mise en cause du CODE du TRAVAIL - une nouvelle CONTRE-RÉFORME

FRANCE: La mise en cause du CODE du TRAVAIL - une nouvelle CONTRE-RÉFORME

Le chômage est au cœur du discours, mais ne l'est pas dans la pratique politique. Au contraire, il est instrumentalisé pour tenter de justifier toutes les mesures les plus rétrogrades portant atteinte aux droits sociaux considérés jusque-là comme les mieux établis.

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La prétendue « lutte contre le chômage » dissimule notamment la généralisation de la précarité (y compris dans le secteur public). Elle est conjuguée avec une sorte de sacralisation de l’Entreprise dotée de toutes les « vertus » à qui toutes les libertés doivent être reconnues et tous les moyens attribués parce qu’elle serait la source de tout progrès, y compris social. Il en serait ainsi de la croissance qui quasi-mécaniquement conduirait à la résorption du chômage (1). 

Toutefois, le constat dans toute l’Europe du non-recul du chômage conduit à des positions plus subtiles des forces dominantes (direction des grandes firmes, droite conservatrice et fausse « gauche »). 

La position la plus simpliste est de faire croire qu’il faut un fort taux de croissance pour qu’il y ait baisse du chômage : nul ne tient compte des progrès de la robotisation, des jeux des filiales délocalisées, de l’évasion fiscale conduisant au non-réinvestissement, etc. auxquels les grandes firmes ne veulent pas renoncer. On avance le rôle « primordial » des PME-PMI, prétexte traditionnel pour légitimer les mesures antisociales qui bénéficient aux grands groupes. 

On va jusqu’à « oublier » le thème de la croissance en invoquant les « lourdeurs » du droit du travail et la complexité du Code du Travail, qui devient facteur décisif du chômage ! 

Certains juristes, parmi les plus éminents (2), se croient – étrangement – dans l’obligation de porter assistance au gouvernement (et à son opposition) en soutenant cette thèse (quasi-totalement ignorée des économistes) : la complexité du droit du travail serait à l’origine du chômage puisqu’elle handicaperait l’embauche ! A peine publié, d’autres (3) se portent au secours du rapport Combrexelle qui propose « l’institution d’une règle faisant prévaloir les accords collectifs préservant l’emploi sur les contrats de travail, dans l’intérêt général et l’intérêt collectif des salariés ». 

Cette pensée qui se veut « moderne » apporte surtout confirmation du fait, comme le souligne A. Supiot, que « l’analyse juridique se ferme trop souvent à l’univers des faits » et que le capitalisme traite à toute époque (croissance et récession) le travail comme un produit marchand, facteur le plus simple d’ajustement à ses besoins exclusifs. 

Qui peut nier, en effet, ce que rappelle B. Thibault, que dans 40% des entreprises de plus de 11 salariés, il n’y a aucune représentation du personnel. Et dans 29%, il y a des représentants mais sans étiquette syndicale, soit 69% des entreprises sans présence syndicale, avec des interlocuteurs isolés de toute approche collective(4), autrement dit en position d’extrême faiblesse face aux employeurs. 

Il est vrai que les politiciens et nombre de juristes, dans le confort de leur carrière, n’apprécient pas le syndicalisme, particulièrement la CGT, et que, pour eux, la lutte des classes n’est qu’une invention qui n’est plus reconnue comme une réalité permanente que par quelques « dinosaures » de la pensée sociale et de la militance syndicale ! 

Alors qu’ils dénoncent ce qui ne relèverait plus, à la rigueur, que du XIX° siècle ou du début du XX° siècle, ils apportent des réponses aux problèmes d’aujourd’hui qui ressemblent fort à celles du temps passé ! 

Les menaces qui pèsent sur le Code du Travail ne sont qu’une nouvelle étape de la régression générale du droit du travail depuis des décennies. Désormais, il s’agit de rejeter la loi, comme source majeure du droit du travail, au seul profit du contrat, tout en mythifiant la négociation entre employeurs et salariés et en lui attribuant toutes les vertus de la « liberté ». 

LIRE LA SUITE ICI SUR LE SITE INVESTIG'ACTION

Publié par Michel El Diablo

Des GRÈVES moins fréquentes, mais plus intenses

Des GRÈVES moins fréquentes mais plus intenses
Des GRÈVES moins fréquentes mais plus intensesDes GRÈVES moins fréquentes mais plus intenses
Des GRÈVES moins fréquentes mais plus intenses

20 Minutes, 22 décembre 2015 :

Selon le ministère du Travail, le nombre de grèves en 2013 a atteint son plus bas niveau depuis 2008, mais les mouvements sociaux ont duré plus longtemps et ont concerné plus de salariés…

Moins de grèves, mais des mouvements sociaux plus longs ou plus massifs. En 2013, le nombre d’entreprises affectées par une grève a atteint son plus bas niveau depuis 2008, selon des chiffres du ministère du Travail publiés ce mardi. Néanmoins, les arrêts de travail ont été plus longs ou concernaient davantage de salariés.

Des grèves plus longues ou concernant plus de salariés

En 2013, 1,2 % des entreprises du secteur privé (de plus de 10 salariés) ont été touchées par une grève ou un débrayage, tous secteurs confondus, relève le service des statistiques du ministère (Dares). En 2012, la proportion était de 1,3 %. Elle avait atteint 3,3 % en 2010, année de la réforme des retraites.

Le taux de grèves atteint « son niveau le plus faible depuis le début de la dégradation du contexte économique de 2008 », souligne l’étude, mais « les grèves sont légèrement plus intenses » en 2013 qu’en 2012.

En effet, le nombre de journées de grèves pour 1.000 salariés est passé de 60 à 79. Rapporté aux seules entreprises ayant connu au moins une grève, il passe de 250 à 322 jours. Cet indicateur est le signe que les grèves ont été « plus longues et/ou ont concerné plus de salariés ».

Pourquoi fait-on grève en France ? Les rémunérations restent la cause la plus récurrente de grève mais le motif emploi, en deuxième position, progresse dans tous les secteurs, souligne la Dares.
Les secteurs de l’industrie et des transports plus touchés

En 2013, les secteurs les plus affectés par les grèves ont été l’industrie et les transports, avec un taux similaire de 2,9 % d’entreprises concernées (en très légère hausse par rapport à 2012). Ce sont les entreprises industrielles de fabrication de matériels de transport, notamment automobiles, où le taux de grèves a été le plus élevé : 13,7 % (+ 5 points par rapport à 2012).

Dans les services, la proportion a baissé, de 1,8 % à 1,2 %. Près de la moitié (47 %) des entreprises concernées par des grèves l’ont été dans le cadre de conflits nationaux et interprofessionnels.

SOURCE: Solidarité Ouvrière

Publié par Michel El Diablo

La SÉCURITÉ SOCIALE vous appartient [par Michel Cialdella]

Ambroise Croizat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale en 1945Ambroise Croizat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale en 1945

Ambroise Croizat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale en 1945

Vous lirez ci-dessous l’intervention de Michel Cialdella (retraité, syndicaliste CGT,ex-administrateur de la CPAM de Grenoble) le 14 décembre 2015 lors de la cérémonie organisée par la municipalité de Fontaine (Isère) à l’occasion du 70e anniversaire de la Sécurité sociale.

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 « La sécurité sociale vous appartient »

A l'occasion du 70e anniversaire de la Sécurité sociale, il faut rappeler que L’Histoire ne sert pas à célébrer le passé mais à écrire l’avenir, et qu'il est indispensable de garder la connaissance sur le passé pour analyser correctement le présent, ses contradictions, ses potentialités. Pour éclairer l’avenir, il faut savoir d’où l’on vient.  

La sécurité sociale est née d'une volonté du Conseil National de la Résistance dont le programme doit beaucoup à la CGT et au Parti communiste français. Sait-on assez que le principal rédacteur de ce programme est le communiste Pierre Villon, résistant de la première heure. Programme qu'il a élaboré en liaison avec Jacques Duclos et Benoît Frachon.  

Ce programme est adopté à l'unanimité le 15 mars 1944. Il prévoit : « Un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ».  

Il restait à construire l'organisme qui comprend 4 branches : Maladie, Accidents du travail et Maladies professionnelles, Vieillesse et Famille. Après un long travail de la commission sociale de l'assemblée provisoire, présidée par Ambroise Croizat, qui ne part pas de rien puisque dès avril 1944, à Alger, il impulse un groupe de travail de l'assemblée consultative provisoire sur le sujet (1). Le projet d'ordonnance organisant la sécurité sociale, est un rapport présenté par Georges Buisson (CGT), le 24 juillet 1945, est adopté par l'assemblée consultative provisoire par 190 voix pour et une voix contre. La seule voie ouvertement hostile est celle de Joseph Denais (droite) mais il y a 84 abstentions pour la plupart des députés MRP, la CFTC et quelques radicaux. Ce qui invalide la thèse de l'unanimité ?  

C'est Alexandre Parodi, ministre du Travail, qui signe les ordonnances du 4 et du 19 octobre 1945. De Gaulle, à qui certains attribuent un peu vite la Sécu, ne les a pas signés. Il est à Moscou ce jour-là.   

Le 21 octobre 1945, le PCF obtient 26,2 % et 159 députés à élection de l'assemblée constituante (2). Le PCF devient le premier parti de France. Le Parti socialiste obtient 23,5% et 139 députés. La gauche est majoritaire avec 60% des voix.  

De 1945 à 1947, la CGT voit le nombre de ses adhérents passés de 4 à 6 millions (3).  

Au-delà des chiffres cette dynamique crée un rapport de force favorable aux travailleurs. Il est utile de le rappeler au moment où d'aucuns tentent de nous faire oublier l'utilité des luttes sociales et criminalisent l'action syndicale.  

C'est dans ce contexte que le 22 novembre 1945, soit 32 jours après la publication des ordonnances, Ambroise Croizat devient ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Il est chargé de mettre en place ce grand organisme (4). Pour cela, il organise des centaines de réunions avec les gens concernés (5).   

La droite ne renonce pas.  

Le 22 décembre 1945, 79 jours après la publication des ordonnances, le MRP présente une proposition de loi (6), qui a pour objet de modifier l'ordonnance du 4 octobre 1945. On devine dans quel sens.  

De Gaulle démissionne du gouvernement le 20 janvier 1946 ce qui le met dans l'impossibilité de faire quoi que ce soit pour la Sécurité sociale.  

Pire, en 1948, dans son discours de Compiègne, de Gaulle met l’accent, , sur la nécessité de réduire les dépenses sociales, je cite « réduire les dépenses de manière durable et effective ; cela comporte, en effet, la suppression de services entiers, la mise en ordre radicale des entreprises nationalisées, la réforme profonde du fonctionnement des assurances sociales… » (7) . Voilà, pour l'apport de Gaulle à la Sécu, qu'il appellera toujours "les assurances sociales".  

Le patronat ne renonce pas non plus.  

La CGPF ( Confédération Générale du Patronat Français), qui avait collaboré avec le régime de Pétain et l'Allemagne nazie, change de nom. L'organisation patronale devient C.N.P.F le 21 décembre 1945, et tente de se refaire une virginité en allant chercher pour la présidence un certain Georges Villiers, dirigeant de PME, estampillé résistant, bien que maire de Lyon  de 1941 à 1943, sur proposition de François Darlan, chef du gouvernement de Vichy. Dès 1948,le CNPF soutient que « la Sécurité sociale met en danger l'économie du pays » le 10 novembre 1948, la chambre de commerce de Paris prétend que : « La Sécurité sociale est devenue pour l'économie, une charge considérable. » Dans la foulée, elle fustige les salariés qui selon elle « ont profité de traitements dont ils n'avaient peut-être pas un besoin certain, la moindre maladie a été le prétexte de repos. L’absentéisme s’est développé ». 70 ans plus tard, ils ont du mal à se renouveler.  

En 1949, Paul Reynaud (président du conseil, aujourd'hui on dirait premier ministre) dénonce : « la charge excessive des cotisations sociales qui rend notre situation économique intenable ».  

Incompétence ou mauvaise foi ? Sans doute les deux car nous avons eu ont ensuite, ce qu’ils ont euxmêmes appelé  les « Trente glorieuses ».  

Ce qui n'empêche pas certains de chercher à masquer l'enjeu de classe.  

Ainsi, en 2013, dans un livre publié à la documentation française, Benjamin Ferras inspecteur des affaires sociales prétend que les entreprises ont accepté de contribuer au système d'assurances sociales. (8).  

Pour la sociologue Colette Bec, « le programme du CNR est emblématique d'un consensus et, au-delà, le signe d'une unanimité nationale.». (9). Il faut oser !  

Les gouvernements ainsi que les grands médias font de Pierre Laroque le père de la Sécurité sociale. Ce qui est extraordinaire, car c'est la seule grande réforme qui porte le nom d'un directeur de cabinet alors que toutes les réformes même les plus rétrogrades portent le nom du ministre, par exemple : Balladur, Juppé, Fillon, Douste-Blazy.  

Je ne conteste pas le rôle important de Pierre Laroque qui a mis en forme juridique les longs travaux de la commission sociale, mais ainsi que l'indique le chercheur américain Henry C. Galant : « les défenseurs les plus actifs du nouveau plan de sécurité sociale et de son application étaient les communistes et la CGT... qui était de loin le syndicat le plus puissant. » (6). La mise en valeur de Pierre Laroque sert à masquer les luttes sociales.  

Pour pouvoir mettre en place la sécurité sociale à partir du 1er juillet 1946. Le gouvernement reçu  

« l'appui efficace des dirigeants communistes comme d'ailleurs des éléments non communistes de la CGT... la centrale syndicale qui était, à cette époque, sans nul doute, l'organisation professionnelle la plus représentative.» «... c'est grâce aux efforts de la CGT que les caisses furent prêtes à fonctionner à la date prévue ». Relève Henry C. Galant chercheur américain.  

A sa manière Pierre Laroque, qui fut Directeur Général de la Sécurité Sociale, dans un entretien à la revue Le Droit Ouvrier (10) d'octobre 1995, paru à l'occasion du 50e anniversaire de la Sécurité sociale, rend hommage à la CGT : « Nous avons eu la chance, si c'est une chance, que la CGT ait été pratiquement seule en 1945 à représenter le monde du travail ».   

Tout au long de ces 70 années, les attaques contre la sécurité sociale n'ont pas cessé. Au prétexte d'un déficit que gouvernement et patronat ont eux-mêmes organisé. En effet, lorsque l'on décide entre gens « intelligents », de geler les taux de cotisations, en 1979 pour la retraite et en 1984 pour la maladie, indépendamment des besoins, nous avons, non pas un déficit, mais un besoin de financement.   

La Sécu n'est pas un commerce, mais un formidable moyen de permettre l'accès de tous aux soins de qualité, à la retraite, et aux allocations familiales qui ne sont pas une aide aux pauvres mais un complément de salaire qui reconnait le travail de la famille auprès des enfants. En 1945, Croizat  fait passer la cotisation de 16 à 32 %.   Il triple les allocations (indexées sur les salaires) qui représentent alors la moitié du salaire des familles populaires, ouvrières ou employées.   

Les agitateurs du trou abyssal comptent pour peu de chose les millions de personnes qui ont pu, grâce à la Sécurité sociale, être soignées, avoir la vie sauve, et puissent finir leur vie dans la dignité. Même si je suis conscient qu'il reste beaucoup à faire dans ce domaine.   

Pierre Laroque, dans un avant-propos paru dans la revue française des affaires sociales, (juillet-septembre  

1985) à l'occasion des 40 ans de la Sécurité sociale écrivait : « le risque existait qu'une sécurité généralisée conduisit à développer chez les travailleurs un optimisme égoïste, à courte vue, une tendance à se laisser vivre, à s'endormir dans la satisfaction d'une médiocrité permanente… ». Dans le même avant-propos il écrit : " Il serait raisonnable, comme l'on a d'ailleurs commencé à le faire, d'augmenter la cotisation des bénéficiaires, et peut-être aussi celle de la collectivité, tout en réduisant celle des entreprises "… Si l'on ajoute qu'en 1993 dans un livre de souvenirs, le même Pierre Laroque se prononce contre la retraite à 60 ans qu'il considère comme une erreur. Il montre ainsi ses limites de progressiste.  

La gestion.  

Pendant les 15 premières années, les travailleurs, et notamment les ouvriers, qui disposaient des 3/4 des sièges, ont géré complètement les caisses de Sécurité sociale. Montrant ainsi la capacité de la classe ouvrière à gérer un budget supérieur à celui de l'Etat. Ce qui est insupportable au patronat et à ses soutiens. En conséquence, dès 1960, l'État à mis la main dessus, renforçant les pouvoirs du directeur au détriment des conseils d'administration élus. (Décret du 12 mai 1960) (11).  

À chaque réforme c'est un peu moins de pouvoir pour les conseils d'administration, ou les représentants des salariés ont disposé des 3/4 des sièges jusqu'à la réforme de 1967. Cette réforme De Gaulle /  

Jeanneney vise entre autres à marginaliser la CGT et à donner le pouvoir réel au patronat. Il  suffit à celuici de trouver un syndicaliste jaune, pour avoir la majorité.  

Cette réforme met fin (au moins pour l'instant) aux élections des conseils d'administration. Le paritarisme est instauré.  

En 1983 le gouvernement Mitterrand rétablit les élections avec la majorité des sièges aux salariés, mais sans redonner toutes ses prérogatives au Conseil d'administration. Élus pour six ans les Conseils d'administration auraient dû être renouvelé en 1989. Le gouvernement socialiste les a repoussés jusqu'en 1995, datte à laquelle, les ordonnances Juppé les ont supprimés et ont réinstauré le paritarisme.  

En 2001, le patronat quitte les caisses de Sécurité sociale. Pendant 3 ans leur absence n'a pas empêché les caisses de Sécu de fonctionner ! Pour l'anecdote, à la CPAM de Grenoble, la CFDT a demandé que l'on garde des places dans les commissions pour leur retour.....  

En 2004, c'est la loi dite Douste-Blazy qui supprime carrément les conseils d'administration pour y substituer des conseils d'orientation. Le patronat qui a obtenu en partie satisfaction revient dans les caisses de Sécurité sociale.  

Cette loi qui donne les quasi-pleins pouvoirs au directeur Général de la CNAMTS,  fait entrer les complémentaires (assurances privées et mutuelles) dans une union nationale des caisses complémentaires d'assurance-maladie. (UNOCAM), où elles disposent du pouvoir de peser sur les remboursements. Cette loi ouvre la voie à la privatisation.  

La propriété.  

Pierre Laroque, s'il n'est pas le père de la Sécurité sociale, avait bien compris l'objectif et rappelait en 1946 : « Nous voulons que demain, les travailleurs considèrent que les institutions de Sécurité sociale sont des institutions à eux, gérées par eux et où ils sont chez eux ».  

La Sécurité sociale française est un organisme de droit privé exerçant une mission de service public. Elle n'a ni actionnaires ni PDG. Elle est une propriété sociale. Elle est également la démonstration que nous pouvons nous passer des patrons, et du crédit. Les gouvernements qui doivent exercer une garantie et un contrôle a posteriori n'ont pas de légitimité pour la détruire.  

On nous parle souvent de la dette que nous laisserions à nos enfants. Thème sur lequel il y aurait beaucoup à dire !   

Dans un important ouvrage, l'anthropologue et économiste américain David Graeber écrit :  "Depuis des millénaires, les violents disent à leurs victimes qu'elles leur doivent quelque chose. Au minimum, elles "leur doivent la vie", puisqu'ils ne les ont pas tuées". (12)  

Nous avons le devoir de leur transmettre  une Sécurité sociale encore plus performante que celle que nos anciens nous ont léguée. Loin d'être dépassé, elle est d'une grande modernité comme l'est le programme du Conseil National de la Résistance. Ce qui devrait nous inciter à continuer l'œuvre de ses fondateurs. En faisant plus et mieux dans une France immensément plus riche. Songez que de 1950 à 2013 la richesse monétaire a été multipliée par 7,2 selon l'INSEE.  

La Sécurité sociale est un enjeu de classe. Seule la lutte consciente des salariés permettra que le 70e anniversaire soit celui de sa reconquête.  

Michel Cialdella  

  

Bibliographie.  

  1. - Ambroise Croizat ou l'invention sociale. Michel Etiévent. Editions GAP - 2012  
  1. - L'archipel communiste - Une histoire électorale du PCF - Roger Martelli - Editions sociales - 2008.  
  1. - La CGT de la Libération à la scission de 1944 à 1947 - Annie Lacroix-Riz - Editions sociales - 1983.  
  1. - Un siècle de réformes sociales. Une histoire du ministère du Travail. 1906-2006. La documentation française. Octobre 2006.  
  1. - Pierre Villon, résistant de la première heure. Pierre Villon, membre fondateur du conseil national de la résistance s'entretient avec Claude Willard. Éditions sociales. 1983.  
  1. - Histoires politiques de la sécurité sociale française. 1945-1952. Henry C. Galant. Comité d'histoire de la sécurité sociale. Édition 2005.  
  1. - Traité de Sécurité Sociale : le droit de la Sécurité sociale. Yves Saint-Jours ; L.G.D.J.  1984.  
  1. - La protection sociale en France. Sixième édition. Sous la direction de Marc de Montalembert. La documentation française. 2013.  
  1. - La sécurités sociales. Une institution de la démocratie. Par Colette Bec (sociologue). 2014.  
  1. Le Droit Ouvrier d'octobre 1995  
  1. - Décret n° 60-452 du 12 mai 1960 relatif à l'organisation et au fonctionnement de la Sécurité sociale.  
  1. - DETTE 5000 ans d'Histoire - David Graeber - Les Liens qui Libèrent - 2013. 

 

Le texte en format PDF en lien ci-dessous : /ob_fe0c82_secu-michel-cialdella.pdf

Mac Do, suite

 

Publié le 20 Décembre 2015

 

Valls va-t-il lâcher ses argousins
au lever du jour
pour interpeller
les voyous?
 
Macron et Sapin vont-il envoyer les douanes  et Cazeneuve la Brigade financière perquisitionner dès potron-minet les domiciles des accusés de fraude massive. et escroqueriesC'est que tout autant présumés innocents que les militants d'Air France, ils doivent donc bénéficier du même traitement  si on en croit les discours de Blummollet sur les vertus républicaines d'égalité et de justice.
 
Mac Do, suite
Comptabilité avariée, stocks financiers détournés, anémie d'effectifs, hygiène fiscale désastreuse, obésité des profits et autres pratiques réalisées avec la bénédiction de l'UE et de Junker le patron du centre régional d'hébergement des réfugiés fiscaux. Le patron de Mac Do france, parait-il, fait la gueule. c'est réjouissant.La CGT, elle, semble avoir a la frite : 
 
Communiqué de presse du Syndicat CGT des salariés McDonald's Paris et Ile-de-France
 
Mc Donald's : 
Impunité fiscale et gouffre social

Une nouvelle année s'achève pour McDonald's avec le même sentiment d'injustice du côté des salariés. La plupart d'entre eux, pour ne pas dire la totalité, ne toucheront pas de prime de participation sur les bénéfices, ceux-ci étant délocalisés dans des paradis fiscaux.Grâce à un système de redevances organisé par une holding, ces magiciens de la finance réussissent à rendre déficitaire une activité rentable, privant les salariés de tout espoir de récolter les fruit de leur travail.

McDonald's se contente au quotidien d'assaisonner ses employés à coups de salaires à temps partiel sur le base du SMIC.Au rang des spectateurs, les différents gouvernement qui ont consenti à faire des efforts pour le leader mondial de la restauration rapide : baisse de la TVA en 2009,aides pour les emplois jeunes, aides pour les bas salaires, CICE...

Avec comme contreparie, rien, si ce n'est une formule fiscale au goût indigeste et une politique sociale bien fade.Pendant ce temps, l'enseigne continuait à ouvrir en moyenne 40 restaurants chaque année en appliquant le même système économique, social et fiscal : turn-over vertigineux, discrimination syndicale, sous-effectif chronique, aucun partage des richesses....

Ainsi, nous soutiendrons l'action en justice du comité d'entreprise de McDonald's Ouest Parisien par tous les moyens militants et juridiques, afin que les salariés ne subissent plus les frais de la gloutonnerie financière de l'entreprise.Ça ne se passera plus comme ça chez McDonald's !
 
Selon le communiqué du CE, "l’excédent d’exploitation réalisé chaque année est de l’ordre de 20% du chiffre d’affaires en moyenne, mais chaque restaurant verse des redevances exorbitantes à une société défiscalisante basée au Luxembourg à hauteur de 22% du chiffre d’affaires en moyenne. Le bénéfice est donc impossible".

"Le manque à gagner pour les salariés est grand. Pour l’État français, il est colossal", souligne le communiqué. La plainte vise aussi les chefs de comptes inexacts, faux et usage de faux, et recel. "Ce mécanisme ne concerne pas que McDo Ouest Parisien mais toutes les filiales et tous les restaurants français", a souligné Eva Joly.Au titre du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), McDo France a reçu de l’Etat l’équivalent de 0,7% de son chiffre d’affaires en 2013 le chiffre d'affaire étant de 4,35 milliards d'euros de volume d'affaires en 2012  

Donc à minima 30 450 000 euro de cadeau fiscal.
 

Rédigé par Canaille Lerouge

La CGT, elle sert aussi à cela

 

Publié le 19 Décembre 2015

Quand les députés aident la fraude fiscale
La CGT agit
 
La CGT, elle sert aussi à cela

Le comité d’entreprise de McDonald’s Ouest parisien, représenté par l’ancienne magistrate, porte plainte contre le géant du fast-food pour «blanchiment de fraude fiscale en bande organisée».

  • Eva Joly : « Cette plainte vise à mettre fin à l’impunité fiscale des multinationales »
Tout a changé début 2013 lorsque la CGT est devenue majoritaire au comité d’entreprise de McDonald’s Ouest parisien, une des cinq filiales françaises de la multinationale du prêt à manger.
 
Dès les premières réunions de comité d’entreprise, le syndicat a demandé des primes de participation sur les bénéfices et des hausses de salaires. Mais l’arithmétique de la réponse était sans appel : impossible, puisque les comptes de l’entreprise étaient, cette année-là encore, dans le rouge.
 
Etonnement de Gilles Bombard, secrétaire général du syndicat CGT McDonald’s Paris Ile-de-France, qui passe son temps derrière des comptoirs de McDo qui ne désemplissent pas. Et qui sait que la multinationale ouvre une quarantaine de McDo chaque année en France, devenu un pays modèle de l’enseigne grâce à la « francisation » de ses menus.
 
Gilles Bombard demande alors ce qu’aucun autre élu n’avait réclamé avant lui : une expertise des comptes de la filiale McDonald’s Ouest Parisien. L’étude mettra en évidence les ficelles d’une optimisation fiscale grâce auxquelles l’entreprise parvient à afficher des pertes.
 
Elle montre surtout que ce qui aurait dû être rangé dans la colonne «bénéfices» est en réalité transformé en pertes d’exploitation…
 
Le CE et leur avocate, Eva Joly, décident donc de porter plainte pour « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée » contre McDonald’s Ouest parisien.
 
L’ancienne magistrate, députée européenne des Verts/Alliance libre européenne (Vert/ALE), dénonce l’impunité fiscale des multinationales.
 
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Réformes territoriales : Les modifications recompositions des lieux de décisions et des pouvoirs politiques.

Publié le 18 Décembre 2015

En quoi ils obéissent à des choix de classe.
L'exemple de Paris et sa petite couronne.
 
Réformes territoriales : Les modifications recompositions des lieux de décisions et des pouvoirs politiques.
Un travail de l'IHS CGTdu Val de Marne et de l'URIF CGT publié par la NVO.
 
Si ce premier travail ne fait pas le tour de la question il a le mérite non seulement de bien la poser à partir d'un point de vue de classe , mais aussi à partir de cette approche d'appeler les militants à y reflechir : les institutions ne sont pas neutres.
 
C'est évident pour qui mesure la nature et le rôle de l'état qui mérite bien son qualificatif (montré mais pas dit clairement) d'état bourgeois. Mais est-ce bien intégrer dans la façon de regardre les rendications en matière de logement, de tra,sort, d'équipement public et de services Publics, pour ceux qui doivent y avoir accès comme pour ceux qui mettent en oeuvres ces réponses construites dans des rapports de forces ?
 
Les réformes territoriales au fil des siècles présentent-elles une constante, un dénominateur commun ?
 
Jacques Aubert, président de l’IHS-CGT Val-de-Marne : De tout temps, maîtriser l’organisation du territoire a été une préoccupation essentielle de la classe dominante. En 1789, quand la bourgeoisie prend le pouvoir et chasse la noblesse, et que, avec l’industrialisation du pays, émerge la classe ouvrière, le capitalisme est confronté à un problème nouveau : pour que les usines tournent, il faut que les ouvriers soient présents en grand nombre, qu’ils reviennent chaque jour travailler dans les mêmes conditions que la veille. Il faut donc qu’ils récupèrent leur force de travail.
 
Pour assurer ses profits, le capitalisme doit alors maîtriser le temps, le lieu et l’organisation de la récupération de la force de travail, et cette préoccupation sera l’une des constantes de toutes les réformes territoriales. D’autant plus que c’est aussi un enjeu d’extrême importance pour la classe ouvrière pour qui maîtriser le temps, le lieu et l’organisation de sa force de travail est la condition de son émancipation.

À partir de quel moment l’organisation du territoire est-elle animée d’une vision capitaliste stratégique ?
 
J.A. : À partir de 1850-1870, sous Napoléon III, suite aux émeutes de 1 830 et de 1 848, quand les ouvriers, descendus des faubourgs, feront leur jonction avec ceux du centre-ville de la capitale, prenant en tenaille la bourgeoisie. Ce sera encore le cas en 1871 à Paris, lors de la Commune, et à Lyon, avec les Canuts qui reprennent en main la commune. Les grandes villes qui concentrent la misère sont devenues les lieux de la révolte populaire. Dès lors, les classes possédantes vont vouloir reconquérir les centres-villes en repoussant le peuple vers la périphérie. C’est tout l’objet du programme de remodelage de la capitale, conçu par le baron Haussmann.
 
Pour vider Paris de ses classes populaires, il crée les grands boulevards et, dans le même temps, incorpore à la capitale des communes limitrophes : Belleville, Montmartre, La Villette, etc. On peut dire qu’il s’agit là de la première réforme territoriale pensée et voulue par le capitalisme, mais qui n’atteint pas pleinement son but d’annexion de la petite couronne. Ivry par exemple, trop révolutionnaire, ne sera que partiellement annexée pour créer le 13e arrondissement.

Pascal Joly, secrétaire général de l’Urif-CGT : À Ivry, la partie de la population que le pouvoir peut intégrer politiquement est annexée, alors qu’on laisse la partie de la ville qui est déjà en résistance former la commune d’Ivry indépendamment de Paris. Comme quoi, la bourgeoisie sait aussi tenir compte des rapports de force…
 
Ce qu’il faut retenir de cette séquence, c’est que l’Histoire a toujours des conséquences à longue échéance. Quelques dizaines d’années plus tard, cet épisode donne lieu à la naissance de ce qu’on a appelé la « ceinture rouge », qui va encadrer la ville de Paris.

J.A. : Cet aspect est fondamental ! Quand la bourgeoisie fait venir en masse les travailleurs sur Paris, c’est pour répondre à ses besoins économiques. Un siècle plus tard, elle va vouloir mettre le territoire en correspondance avec les mutations économiques qui ont eu lieu, chasser les ouvriers des centres-villes, et cela produit la ceinture rouge. Un siècle plus tard encore, en 1966, De Gaulle va à son tour adapter le territoire à la nouvelle donne économique.

P.J. : La préoccupation de De Gaulle était d’empêcher la Seine et ses départements de basculer à gauche. Il crée alors d’autres départements autour de Paris, selon un découpage électoral qui va concentrer la gauche, notamment le PC, en Seine-Saint-Denis, pour « l’isoler ». De Gaulle sacrifie donc une partie du territoire pour équilibrer les pouvoirs entre tous les autres départements.

J.A. : C’est encore le cas aujourd’hui. La volonté de la classe dominante est de mettre de nouveau le territoire en correspondance avec une nouvelle phase du capitalisme, qui est celle de l’économie financiarisée. Il faut bien voir que, pour chaque réforme territoriale, il y a en amont une situation économique nouvelle, donc des rapports de force nouveaux qui se créent. Mais, toujours, il y a un besoin de faire suivre le territoire. Et aujourd’hui, cet enjeu est majeur car, tel qu’il est organisé, le territoire représente un danger pour le capitalisme financiarisé.

L’actuelle réforme promet d’accomplir ce qui est présenté comme impossible en France, à savoir décentraliser les pouvoirs de l’État.
 
P.J. : C’est inexact, car, sous couvert de décentralisation, l’actuelle réforme organise en réalité une déconcentration de l’État, avec une reprise en main des destinées des territoires. C’est la fin de la vision jacobine, celle d’un État ­centralisé, mais sur la base de l’égalité entre tous les territoires et, donc, entre tous les citoyens.La mise à mort de cette idée visionnaire des Jacobins est aujourd’hui parachevée par l’actuelle réforme, qui est la plus inégalitaire de toutes, puisque fondée sur le désengagement financier de l’État, qui non seulement ne transfère plus les ressources aux collectivités, mais reprend en main les compétences des communes, notamment en matière d’aménagement du territoire.

En quoi la réforme actuelle affaiblit-elle la démocratie ? En quoi opère-t-elle ce que Pascal Joly considère comme un basculement ?
 
J.A. : La réforme actuelle organise l’adaptation totale de nos territoires aux exigences du capitalisme financiarisé, à sa nécessité vitale d’investir dans tous les aspects de la ville, d’où la suppression des services publics car tout doit être privatisé. Or ce serait impossible en maintenant la notion d’égalité, parce que, selon les endroits, privatiser va être plus ou moins rentable.On a donc besoin d’un découpage territorial qui tienne compte de cette réalité. Et, dans ce découpage, c’est la commune qu’on affaiblit, qu’on éloigne des citoyens. Or, historiquement, la commune, c’est le territoire de toutes les solidarités, là où tout le monde va, où tout le monde se rencontre, où se ­fabrique l’expérience démocratique.

P.J. : Ce n’est pas un hasard si les élections à plus forte participation sont les municipales.

J.A. : Nous sommes dans une phase où la bourgeoisie n’a plus le même besoin qu’auparavant de la démocratie. Alors, on fait sauter le premier échelon de l’expérience démocratique et, ce faisant, on situe le citoyen dans une entité à échelle plus large, on le considère comme désancré, comme mobile. Mais, avec l’éloignement de la commune, c’est l’humain qu’on est en train de modifier.Il faut donc analyser cette réforme dans le contexte de la crise du capitalisme et de la nouvelle donne d’une économie financiarisée pour qui la démocratie est un obstacle. Et bien voir que tout cela est l’aboutissement d’une longue préparation. Aujourd’hui, on ­franchit un cap.

P.J. : L’affaiblissement de la démocratie et l’éloignement des citoyens des lieux de pouvoir ne sont pas un dommage collatéral de la réforme, mais un des effets recherchés. La bourgeoisie dominante, aujourd’hui, refuse cette ­démocratie et elle s’efforce de l’affaiblir là où elle existe.On voit donc bien à quel point la question de l’aménagement du territoire, quels que soient les modes de production et la classe dominante du moment, a toujours été un enjeu de pouvoir. Mais nous avons changé de nature de bourgeoisie dominante, qui n’est plus industrielle, mais financière. Et pour elle, contrôler le territoire, c’est contrôler les classes populaires, pour mieux les dominer, y compris leurs comportements.C’est ce que préfigure le Grand Paris Métropole. Il n’y a qu’à voir la façon dont sont conçus les réseaux de transports du Grand Paris Express, qui relie La Défense aux deux aéroports, pensés pour les hommes d’affaires qui portent en valise les intérêts du capital financier. Il n’y a qu’à voir la conception du type de logements spéculatifs, le type d’économie avec deux activités dominantes et structurantes – le tourisme et la finance. Tout cela découle d’une conception idéologique : faire de Paris la plateforme financière d’Europe et un pôle d’attraction touristique mondial. Et, ce faisant, vider encore un peu plus la métropole de toutes les catégories populaires, qui, par un effet centrifuge, vont être reléguées aux marges de la métropole.

Quel type de société ce projet organise-t-il, pour quels types de citoyens ?
 
P.J. : Nous sommes là dans une construction politique à l’échelle de l’Europe, qui s’appelle l’Europe des régions, qui va signer la fin des États-nations. C’est donc la nature de la République qui change, et l’éloignement des lieux de démocratie y participe, qui va induire un sentiment d’impuissance chez les citoyens, un sentiment de « on n’y peut rien ».

J.A. : En tuant la démocratie, on tue l’héritage des Lumières, où la raison conduisait vers les progrès. C’est dans cette phase de l’Histoire que la bourgeoisie a eu besoin de la démocratie, qui est la condition du raisonnement. Aujourd’hui, ce n’est plus la raison qui gouverne, mais la loi économique. La démocratie avait besoin d’institutions démocratiques.Aujourd’hui, l’économie – et puisque c’est elle qui a raison, et qu’on ne peut rien contre ses lois qui sont supérieures – a besoin de ses propres institutions, qui n’ont plus rien à voir avec la démocratie ni avec la raison. Elle va même modifier l’humain pour en faire un individu libre de tout, de la famille, de son habitation, de son travail, de se vendre à qui il veut, et surtout libre de répondre parfaitement aux conditions du marché.En quelque sorte, un humain déshumanisé, un peu comme ces héros de cinéma, un individu sans attaches, sans psychologie, qui ne fait que réagir aux événements. Un James Bond, toujours libre, qui va de mission en mission, de femme en femme, sans jamais s’ancrer. Voici venu l’auto-entrepreneur idéal de la société totalement libéralisée.

P.J. : Cela s’appelle un totalitarisme, ou un néofascisme.

J.A. : Oui, et comme toujours, c’est la réponse du moment aux besoins du capitalisme dans sa phase de crise.
Réformes territoriales : Les modifications recompositions des lieux de décisions et des pouvoirs politiques.

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Michel El Diablo

Après les ÉLECTIONS régionales le DÉBAT s'ouvre aussi au plan SYNDICAL

Après les ÉLECTIONS régionales le DÉBAT s'ouvre aussi au plan SYNDICALAprès les ÉLECTIONS régionales le DÉBAT s'ouvre aussi au plan SYNDICAL

Après les régionales et dans la perspective du 51e congrès le débat sur les orientations de la CGT devient incontournable.

 

Notre camarade Claude Malter du site "les eaux-troubles" nous communique:

 

Les élections régionales ont été la démonstration d'un échec total de tous les partis politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche, Front national et Front de gauche compris. Tous les partis sont complices de stratégies politiques qui servent plus à pérenniser leurs mandats qu'à assurer véritablement leur rôle, à savoir protéger la population des assauts d'un capitalisme débridé qui se déchaîne grâce aux injonctions anti-démocratiques d'une Union européenne à la solde des États-Unis. Que dire de telles organisations, lorsqu'elles ne s'engagent plus en faveur des chômeurs, des travailleurs précaires, du monde du travail ?

 

Car c'est l'unique but d'un parti politique qui doit installer les conditions lui permettant, une fois au pouvoir, d'assurer la sauvegarde des intérêts essentiels de son pays. Or, le démantèlement systématique du droit du travail et des conquis sociaux par un pouvoir de gauche lâche est l'exemple le plus éclatant d'une classe politique aux antipodes des réalités sociales de notre pays. Il ne faut pas se leurrer non plus sur les intentions toutes théoriques des autres partis politiques dont on ne peut plus espérer le moindre progrès social. La droite ayant déjà fait la preuve de son incapacité à gouverner à travers un Nicolas Sarkozy qui tente la récidive pour 2017, la « gauche de gauche », formée par des partis politiques organisés en « Front » se condamne par une analyse politique au ras des pâquerettes. La tentation du Front national est une impasse absolue, n'insistons pas.

 

Il est cependant intéressant de s'arrêter sur le revirement de la gauche que subissent les travailleurs depuis... depuis le tournant de la rigueur imposé par un certain François Mitterrand en 1983. L'histoire de cette trahison poursuit ainsi les classes dominées les plus fragiles depuis plus de trente ans et s'habille progressivement d'un masque sournois pour se révéler aujourd'hui à travers un parti qui véhicule les valeurs les plus rigides d'une droite décomplexée. C'est d'ailleurs le même Mitterrand qui a permis au Front national de remporter ses premiers succès dans l'hémicycle par l'instauration de la proportionnelle à un moment où le pouvoir socialiste craignait de ne pas être réélu. Depuis cette époque, la leçon a été appliquée systématiquement par la gauche et la droite pour se garantir alternativement un partage fraternel du pouvoir. En 2002, Jacques Chirac est élu avec 82,21 % grâce aux appels de la gauche pour constituer un « Front républicain » et s'opposer à la victoire possible de Jean-Marie Le Pen. La gauche a ainsi cédé le pouvoir à la droite qui a bénéficié d'une campagne de la peur. Les élections régionales de 2015 ne sont que la répétition en grandeur réelle de cet exercice, orchestré par les grands partis classiques pour se partager fraternellement le pouvoir. Cette stratégie, aujourd'hui contestée par certains ténors de la droite, notamment le « récidiviste » précité, devrait pourtant constituer l'ultime astuce offrant cette fois le trône à François Hollande. Il ne s'agit plus de politique, mais de combines oligarchiques. c'est abject !

 

Le Front de gauche reconnait enfin s'être trompé. Mais c'est un peu tard et on peut se poser la question de l'honnêteté d'un tel aveu, car le mea culpa d'Olivier Dartigolles, figure du parti communiste se faisant l’interprète du Front de gauche sur l'échec des élections régionales, reste muet sur l'impasse des orientations politiques qui rendent cette organisation politique inaudible. Le Front de gauche compte-t-il enfin sortir de l'Union européenne et de l'euro pour restaurer la souveraineté du peuple ? Compte-t-il restaurer les capacités de notre pays à décider de son avenir économique et social sans que l'Union européenne n'impose ses conditions ? Lorsque Olivier Dartigolles évoque une « refondation de la gauche », est-il vraiment crédible, alors que le principe du clivage entre gauche et droite est devenu un artifice qui participe justement au reniement de la démocratie ? Faut-il continuer à se battre à gauche quand le terme de « gauche » est désormais dépouillé de toute signification politique, pire, il serait synonyme de tous les renoncements ? Ne faut-il pas plutôt revenir aux fondamentaux traduits par le principe de lutte des classes ?

 

Les organisations syndicales ne sont pas plus épargnées d'une responsabilité démontrée notamment par la défection persistante des salariés. Le réformisme constitue la même impasse que l'illusion d'une transformation politique de l'Union européenne de l'intérieur, c'est-à-dire par l'effet d'un rapport de force... pourtant inexistant et pour longtemps. De même, ce rapport de force indispensable ne laisse aucune chance aux négociateurs syndicaux réformistes pour espérer l'émergence d'un quelconque progrès social. Là aussi, il est indispensable de revenir aux fondamentaux et considérer enfin que la seule issue d'une véritable refondation sociale passe nécessairement par la lutte syndicale, c'est-à-dire la lutte des classes. Le patronat, en passe de gagner cette lutte par les renoncements persistants des directions syndicales, n'hésite pas à exiger sa révolution sociale. Et nous ? Que faisons nous ? Nous courrons après les mêmes recettes qui font aujourd'hui l'échec de la gauche. Nous persistons à vouloir transformer une organisation syndicale européenne de l'intérieur, comme si les instances de l'Union européenne capitaliste ne se donnaient pas les moyens d'une opposition forte.

 

Après 20 ans d'échec à la Confédération européenne des syndicats, la CGT a tout intérêt à se poser la question d'une poursuite d'un combat illusoire. Le 51ème congrès de la CGT est l'occasion de s'affirmer fermement pour revoir les fondamentaux d'une lutte sociale à réussir. A nous de concrétiser cette ambition.

 

SOURCE : FSC

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Elections régionales, ce qu'en pense la FILPAC-CGT

Elections régionales, ce qu'en pense la FILPAC-CGT
Les élections régionales : un premier bilan  catastrophique, estime la Fédération CGT des travailleurs des Industries du Livre, du Papier et de la Communication
 

On ne peut se voiler la face : ces élections régionales sont catastrophiques, dans la mesure où elles constituent un succès non seulement pour le FN et pour la politique antisociale du gouvernement qui le nourrit, mais aussi un véritable désastre pour les classes populaires et les partis qui sont censés les représenter.

Si les attentats du 13 novembre ont joué un rôle conjoncturel non négligeable, ces résultats ne constituent pas moins le révélateur d’une situation politique qui s’est très profondément dégradée ces dernières années. Ils nous renvoient à nos propres erreurs, puisque le désastre est si général que nul ne peut s’en laver les mains. Ils s’inscrivent sans doute aussi dans les profondes transformations de la société française qui se trouve aujourd’hui disloquée par les effets délétères de la crise et des politiques régressives menées tant par la droite que par le PS. La gauche radicale se trouve en tout cas placée au pied du mur et joue aujourd’hui sa survie : l’hypothèse d’un scénario à l’italienne, qui verrait une disparition totale de la gauche du champ politique, n’est en effet désormais plus à exclure.

1. La progression du FN s’est pour l’essentiel faite sur le dos de la droite traditionnelle.

Election après élection, le FN assure son hégémonie sur des couches sociales auparavant acquises à la droite gaulliste. Celles-ci sont constituées d’une part des couches les plus réactionnaires de la classe ouvrière, qui passent sans difficultés des Raoult et autre Morano à la dynastie Le Pen, et d’autre part des secteurs les plus frappés par la mondialisation capitaliste, à l’exemple des agriculteurs qui semblent troquer assez massivement le vote gaulliste pour celui du FN. Ce bloc social trouve son ciment idéologique dans une xénophobie obsessionnelle qui se décline dans le rejet de l’immigration, la sortie de l’euro, le protectionnisme ou encore l’affirmation de l’identité nationale. Ce discours, qui a d’autant plus d’échos qu’il n’est pas sans racines dans l’histoire contemporaine de la France, permet au FN de développer le projet d’un Etat national et autoritaire, de nature sans doute plus poutinienne que réellement fasciste.

L’échec du FN au second tour ne doit pour autant pas amener à sous-estimer l’ampleur de sa progression et surtout l’accélération de son rythme : aux européennes de 1984, le FN avait obtenu 10,9 % des exprimés ; aux présidentielles de 2002, il arrivait au score historique de 16,8 % ; à ces régionales, il a atteint au premier tour 27,7 % des exprimés. Même s’il faut faire sa part à l’indéniable effet des attentats du 13 novembre et au climat anxiogène que Hollande et Valls se sont ingéniés à mettre en place, la dynamique du FN est très inquiétante : alors qu’il recueillait les voix de 7,6 % des inscrits aux législatives de juin 2012, il a obtenu les voix de 10,1 % des inscrits aux européennes de mai 2014, celles de 12 % des inscrits aux départementales de mars 2015 avant de réunir au premier tour de ces régionales pas moins de 13,2 % des inscrits.

S’il continue toujours à susciter le rejet de la grande majorité de la population, le FN est aujourd’hui arrivé à des seuils qui lui offrent la perspective d’arriver prochainement au pouvoir, que ce soit au bénéfice d’un accident électoral, toujours possible dans une élection présidentielle, ou peut-être plus probablement par une entrée dans un gouvernement de coalition, à la faveur d’une alliance parlementaire avec la droite extrême. Le constat est d’autant plus alarmant qu’il n’existe aucun exemple dans les démocraties libérales d’un parti qui ait pu se maintenir durablement au-delà du seuil de 30 % des voix sans se voir ouvrir les portes du pouvoir. Même au temps de la guerre froide, la DC italienne avait ainsi été contrainte à envisager de partager son pouvoir avec le PCI, lorsque celui-ci atteignit aux élections de 1976 son score historique de 34 %, et ce « compromis historique » se serait très certainement réalisé si le PCI n’avait été aussitôt frappé par le reflux général des partis eurocommunistes, qui le reconduisit dès 1979 sous le seuil des 30 %.

Pour franchir les dernières marches qui le séparent du pouvoir, il ne manque sans doute plus au Front National que le soutien d’une partie au moins des classes dominantes, la faiblesse de ses relais dans les milieux médiatiques et intellectuels, dans la bourgeoisie d’Etat et le patronat, constituant pour lui un handicap encore rédhibitoire. De fait, le FN ne ménage pas ses efforts pour séduire le patronat, comme en témoigne la récente disparition dans son programme de la retraite à 60 ans ou encore de l’augmentation du SMIC. Il met ainsi en place les conditions nécessaires au ralliement d’une partie de la bourgeoisie, ce qui constitue une hypothèse d’autant plus envisageable que la crise toujours pas réglée de l’euro pourrait inciter une fraction du patronat à souhaiter un retour au franc et à voir dans le FN le vecteur propice à sa mise en œuvre.

2. Au moins autant que le FN, le PS est le grand vainqueur de cette élection.

 

En additionnant ses voix à celles du PRG et des divers gauche, le PS obtient pas moins de 25,2 % des exprimés au premier tour des régionales. Non seulement l’hypothèse d’une pasokisation du PS ne s’est pas réalisée, mais en utilisant un savant cocktail de brouillage des pistes et d’appel au vote utile contre le FN, Hollande et Valls auront réussi dès le premier tour un score d’autant plus remarquable qu’il était totalement déconnecté de l’échec patent de leur politique économique et sociale. Lorsque l’on constate que les listes du PS et de ses alliés sont passées de 3,2 millions de voix aux européennes de mai 2014 à 5,4 millions de voix au premier tour de ces régionales, on imagine que Hollande pourra estimer avoir pris le bon cap en remplaçant Ayrault par Valls et en faisant appel à Macron.

Le succès du PS doit beaucoup à la stratégie de Hollande et Valls qui reprennent avec le plus grand cynisme les vieilles recettes de la tambouille mitterrandienne. En présentant sans faillir le FN comme son premier adversaire, Valls s’est employé à lui dérouler le tapis rouge, dans le seul but de placer la droite en difficulté. Coincée entre un PS qui se déplace à droite et un FN qui s’institutionnalise, la droite se trouve en effet écartelée entre ceux qui ne peuvent envisager une alliance avec le FN, au risque de tomber dans les bras d’Hollande, et ceux qui s’engagent dans un jeu de surenchères qui les amène dans ceux des Le Pen. En retirant ses candidats dans trois régions, Hollande a réussi un joli coup tactique, affaiblissant Sarkozy tout en attisant les feux de la zizanie au sein même de la droite, qui pourrait bien au final se retrouver avec une double candidature en 2017. Bien qu’ils n’aient sur le fond réussi qu’à enfoncer un peu plus le pays dans la crise, Hollande et Valls ne peuvent que se féliciter de la réussite de leurs petites combinaisons politiciennes, puisqu’ils auront réussi à transformer la déroute électorale que leur prévoyaient tous les commentateurs en un éclatant succès, la majorité des nouveaux présidents de région ayant de fait été élus avec leur soutien et celui de la forte mobilisation électorale de second tour qu’ils auront réussi à susciter.

Si les listes du PS ont pu bénéficier tant des attentats du 13 novembre que de la logique du « vote utile » habilement instrumentalisée par le pouvoir, leur succès est aussi le fruit d’une mutation du PS qui a trouvé son expression idéologique dans la stratégie du Front Républicain. Au-delà de son caractère politicien, le Front Républicain s’inscrit en effet dans le contexte de la profonde transformation d’un PS largement vidé de son ancienne base militante pour ne plus être aujourd’hui qu’un parti d’élus et dont la base électorale se centre de plus en plus sur les classes moyennes bénéficiaires de la mondialisation. Bien que Cambadélis se plaise à ressortir de temps à autre du placard les vieilles formules de l’union de la gauche qu’il a apprises dans sa jeunesse, le discours des dirigeants du PS est marqué par une lente mais bien réelle évolution, qui les amène à remplacer leurs anciennes références sociales par les valeurs transclassistes de la « République ». De ce point de vue, la place croissante que prennent les oripeaux républicains dans les discours socialistes est le signe d’une évolution du PS qui, dans son positionnement comme dans son idéologie, est désormais de nature démocrate plus que social-démocrate.

3. Le bon score du PS se fait toutefois d’abord et avant tout au détriment de la gauche que Hollande est parvenu à marginaliser et à domestiquer.

 

L’exemple d’EELV est emblématique : alors même qu’il avait acquis dans les années 2000 une base électorale stable d’environ 10 % des voix dans les élections locales, EELV s’est fait plumer par Hollande, qui a su jouer habilement des ambitions personnelles de ses leaders, en les appâtant, les affadissant et les divisant par des promesses de sièges parlementaires et de maroquins. Après s’être ainsi laisser divisée et décrédibilisée, la direction d’EELV n’aura finalement récolté que 3,83 % des voix au premier tour de ces régionales, dans un scrutin qui lui était pourtant traditionnellement favorable.

Une stratégie semblable aura aussi permis à Hollande de marginaliser le Front de Gauche, dont les listes n’auront recueilli que 4,06 % des exprimés. En distribuant quelques strapontins aux élections municipales, Hollande était déjà parvenu à séparer la direction PC de celles du PG et d’Ensemble, qui semblaient avoir compris à quel point l’alliance avec le PS pouvait constituer un baiser mortel. La disparition politique du NPA, qui libère le Front de Gauche d’une forte pression sur sa gauche, combinée aux ambitions des uns et aux illusions des autres, aura permis cette fois-ci de lever tous les verrous. Après s’être le plus souvent divisées au 1er tour, les différentes composantes du Front de Gauche se sont en effet toutes rassemblées au 2e tour sur les listes du PS, au moment même où le gouvernement mettait en place l’état d’urgence, déclarant ainsi une véritable guerre au mouvement social. Qui plus est, pour justifier l’injustifiable, autrement dit leur présence sur les listes du PS, EELV et le Front de Gauche ont commis l’erreur d’entrer dans le piège tendu par Hollande, en appelant à « battre la droite et l’extrême droite ». Ils auront ainsi déployé le tapis rouge sur lequel Hollande n’aura plus qu’à dérouler sa candidature présidentielle, car il lui sera facile de marginaliser toute candidature d’EELV ou du Front de Gauche, en expliquant qu’il n’y aura d’autre manière en 2017 de « battre la droite et l’extrême-droite » que de voter pour lui dès le premier tour.

4. La quasi-disparition de l’extrême-gauche du champ électoral et la faillite du Front de Gauche laissent les classes populaires sans aucune représentation politique.

 

Si une partie d’entre elles vote encore par habitude pour le PS, si une autre est de plus en plus sensible à l’extrême-droite, l’essentiel toutefois se réfugie dans l’abstention. En ne participant plus aux élections, la grande majorité des dominés et des exploités montre qu’elle a à juste titre conscience qu’il n’existe aucune offre politique susceptible de les représenter et de défendre sérieusement leurs intérêts. Ces élections ont en fait une nouvelle démonstration, puisque dans nombre de bureaux populaires la participation ne dépasse pas 20 % des inscrits, ce qui est d’autant plus faible qu’une partie significative des habitants de ces quartiers ne dispose même pas du droit de vote.

Cette absence de représentation politique des classes populaires est le problème majeur de la période, dans la mesure où elle les livre pieds et poings liés aux politiques antisociales de la droite et du PS. Depuis la crise de 2007 et l’arrivée au pouvoir de Sarkozy puis d’Hollande, les classes populaires ont payé le prix fort des politiques d’austérité, du chômage de masse, de la précarité et de la casse des services publics. Elles sont aussi les premières victimes de l’état autoritaire que Hollande et Valls mettent sur pied, puisque les perquisitions policières permises par la prolongation de l’état d’urgence se concentrent presque exclusivement sur les populations des quartiers. Elles vont de surcroît être frappées de plein fouet par la nouvelle offensive antisociale que le gouvernement a déjà programmée pour le mois de janvier : sortant renforcé par ces élections, Valls aura encore plus de légitimité pour mener sa désastreuse contre-réforme du code du travail.

* * *

Ces élections régionales auront au final renforcé le cap politique fixé par le gouvernement Valls, mis en perspective la possible arrivée au pouvoir du FN et constituent une étape supplémentaire dans la déliquescence du mouvement ouvrier que nous observons depuis déjà quelque temps. La cote d’alerte est atteinte ; si l’on n’y prend garde, le mouvement ouvrier pourrait disparaître à court terme du champ politique, sans même avoir pour cela besoin que le FN n’arrive au pouvoir : le NPA n’a déjà plus les forces nécessaires pour se présenter, LO est cornérisée sur des positions sectaires et le Front de Gauche est vassalisé comme jamais par le PS. A échelle large, il n’existe d’ores et déjà plus dans le champ politique que trois forces, le PS, la droite et le FN, sachant qu’il n’est pas impossible que les deux premières finissent, volens nolens, par fusionner dans un vaste front républicain.

Plutôt que de se lancer sabre au clair dans des campagnes présidentielles, comme Mélenchon s’apprête à le faire, la gauche radicale aurait tout intérêt à prendre le temps de tirer le bilan de cette situation et de s’interroger sur ses perspectives. S’il est bien évidemment trop tôt pour dégager une voie, l’histoire récente nous a en tout cas montré qu’il y a deux pistes qui ne peuvent mener que dans le mur. La première est celle du sectarisme, qui amènerait à penser que ces événements sont le juste châtiment de la gauche radicale et qu’il faudrait donc se garder de toute confrontation avec les « réformistes » pour se replier avec Lutte ouvrière dans les ermitages de la pensée révolutionnaire. La seconde est celle de l’opportunisme, qui amène pour quelques postes ou d’obscurs raisonnements tactiques à s’allier avec ceux là même que l’on a combattus toute l’année, telle Pénélope détruisant la nuit la tapisserie qu’elle a longuement tissée le jour. Pour ma part, je suis persuadé qu’il n’y a d’avenir pour la gauche radicale qu’en se délimitant strictement du sectarisme et de l’opportunisme, mais pour le moment, l’essentiel est sans doute de prendre conscience de l’ampleur du désastre, en constatant que nous sommes bien devant un champ de ruine et qu’il n’est plus possible de continuer de faire comme avant, sous peine qu’il n’y ait bientôt plus d’après.

Si la situation subjective est réellement noire, la réalité objective offre pourtant de véritables potentialités. Pour être indéniable, le recul global des luttes ouvrières se conjugue en effet avec l’existence régulière d’explosions sociales d’une grande radicalité, la violence avec laquelle les salariés d’Air France ont été réprimés par le gouvernement constituant de ce point de vue un témoignage évocateur de la peur que les classes dominantes continuent à éprouver devant toute irruption des classes populaires. Si Hollande et Valls sont aujourd’hui parvenus par l’état d’urgence à désarmer les classes populaires, la colère reste suffisamment présente pour offrir partout un terreau favorable à la reconstruction d’un nouveau projet d’émancipation politique. Encore faudra-t-il pour ce faire, qu’il soit capable de ne pas s’enliser dans les manœuvres institutionnelles et autres arrangements d’appareil, mais qu’il puisse affirmer son autonomie en combinant ses forces aux nouvelles formes de luttes que l’on a vu surgir ces dernières années, comme celles contre le productivisme et les grands projets inutiles qui se mettent en place dans les ZAD, ou encore celles contre la discrimination et l’islamophobie qui se développent dans les quartiers.

Dimanche 13 décembre 2015

par RIPART Laurent

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le nouveau Star Wars déferle sur la France, la SNCF dégraisse

La première info est à la Une des médias libres et non faussés, la seconde ne les intéresse pas. Auparavant, les mêmes avaient fait de la pub éhontée pour les Le Pen & co. De toute façon, on a les médias que l'on mérite.

Pour en revenir à la SNCF, du moins en ce qu'il en reste après la casse votée par les socialos et les écolos, nouvelle saignée au nom de la rentabilité capitaliste: 1 443 cheminots en moins en 2016, qui s'ajoutent au 1 100 en 2015. Une façon de combattre le chômage sans doute non?

1 443 cheminots en moins en 2016 et 1% de la masse salariale en moins.

34 millions d'euros de chiffres d'affaire en 2016 et 8% en plus sur 2015.

Les bons comptes font les bons amis (du système capitaliste), aurait pu dire Ségolène Royal sinistre socialo des Transports et de l'Ecologie.

La ligne Paris-Cerbère va être supprimée en 2016. Les passagers devront se coltiner 2 changements pour arriver à destination. Bon, c'étaient des pelés et des galeux, pas des businessman qui font Barcelone-Paris presque d'une seule traite.

Avant ces élections, la région Languedoc-Rousillon était régentée par le PS. Désormais, Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon sera dans l'escarcelle d'une ex-ministre de François de l'Elysée. Le Fg avait choisi un Eelv comme tête de liste, un pote de ceux qui ont voté la réforme ferroviaire sans jamais avoir censuré le gouvernement socialo. Le Fg s'est rallié au PS au deuxième tour.

Si je peux, je suggèrerai qu'un conseiller régional PCF soit vice-président en charge des transports dans cette nouvelle baronnie. C'est d'ailleurs le voeu formulé par Cécile Duflot de Eelv: le retour de Star Wars de la Gauche plurielle chère à Robert Hue. En ce temps-là, le camarade Gayssot, ministre coco des Transports, avait paraphé la privatisation d'Air France et laissé en l'état la cassure en 2 de la SNCF (SNCF et RFF) votée auparavant par la Chiraquiland. Aujourd"hui, depuis juin 2014, on en est à 3 bouts (SNCF, Mobilités et Réseaux). Et demain?

"Mais l'heure est à la refondation", estime Olivier Dartignolles, dirigeant et porte-parole du Pc, battu à plate couture lors de ces régionales comme tête de liste du Fg.

Voilà qu'elle est bonne cette idée de refondation. Mais laquelle, une rebelote de la Gauche plurielle avec les dits frondeurs du PS qui ont voté par applaudissements le retour de Claude Bartolone sur son perchoir à l'Assemblée nationale?

C'est vrai que, comme a dit Christian Paul, l'un des députés frondeurs(sic), Le 3epersonnage de l'Etat rassemble bien tous les députés socialistes et il ne faudrait pas en changer.  Benoît Hamon, autre frondeur(sic), éligible en deuxième position sur la liste PS des Yvelines, a été naturellement élu. Alors, toujours encore?

le nouveau Star Wars déferle sur la France, la SNCF dégraisse
15 décembre 2015
SMIC : Communiqué de la CGT
 

Publié par Michel El Diablo

 

Pas de COUP de POUCE au SMIC ! Le gouvernement PS remercie bien sincèrement les salariés modestes qui ont voté pour ses candidats

Pas de COUP de POUCE au SMIC ! Le gouvernement PS remercie bien sincèrement les salariés modestes qui ont voté pour ses candidats
Pas de COUP de POUCE au SMIC ! Le gouvernement PS remercie bien sincèrement les salariés modestes qui ont voté pour ses candidats

Communiqué de la CGT sur le site confédéral

Cette année, à nouveau « le groupe d’experts » recommande de « s’en tenir à l’indexation légale du SMIC » et, de nouveau, il a été entendu par le gouvernement.

Le SMIC ne sera augmenté que de 6 centimes par heure soit de 9 euros bruts par mois. Cette décision est affligeante et au lendemain d’une séquence électorale lourde elle est une véritable faute politique.

LE MONTANT DU SMIC N’A PAS FAIT L’OBJET D’UN COUP DE POUCE, DEPUIS JUILLET 2012 !

Or le pouvoir d’achat de la majorité des salariés en particulier les 11% (soit 1,7 million de salariés) rémunérés au SMIC se dégrade.

EN REVANCHE, LES MARGES DES ENTREPRISES SE PORTENT BIEN.

Selon l’Insee, leur taux de marge moyen est ainsi remonté à 31,1% de leur valeur ajoutée sur les trois premiers mois de l’année, soit son plus haut niveau depuis quatre ans.

L’Insee précise même qu’« au premier trimestre 2015, la valeur ajoutée des sociétés non financières accélère plus fortement que les rémunérations qu’elles versent (y compris cotisations, impôts et subventions sur la main-d’œuvre) ».

LE MONTANT DU C.I.C.E., QUANT À LUI, EST REVU À LA HAUSSE.

L’État compte verser 13 milliards d’euros au titre du CICE l’an prochain, après 12,5 milliards cette année. Or, les entreprises n’investissement pour autant.

Les baisses de cotisations et autres aides au profit des entreprises, sans contreparties de surcroit et l’austérité pour la population, ne donnent aucun résultat probant en termes d’emploi.

Une fois de plus, les conclusions du rapport du groupe d’experts visent à permettre au gouvernement de justifier la politique d’austérité salariale qu’il poursuit, en ligne avec les demandes patronales et les recommandations libérales de la Commission Européenne.

IL EST AUSSI IMPORTANT DE NOTRE POINT DE VUE DE METTRE EN RELATION:

  • l’actualité électorale, et
  • la précarité sociale que subissent de nombreux salariés.

Le reniement des promesses de l’actuel gouvernement, sa politique libérale et d’austérité qui constitue une impasse, produisent du désarroi et offrent un boulevard au repli nationaliste.

La CGT fera en sorte en consultant les salariés, en continuant à faire signer notre pétition pour une hausse des salaires que la situation se traduise en mouvements revendicatifs gagnants pour les salariés!

PLUS QUE JAMAIS, LA CGT APPELLE LES SALARIÉS À S’ORGANISER ET À SE MOBILISER ENSEMBLE DANS DES SYNDICATS CGT.

 

LA RÉÉVALUATION DU SMIC À HAUTEUR DE 1700 EUROS BRUTS EST PLUS QUE JAMAIS À L’ORDRE DU JOUR ET REVÊT MÊME UN CARACTÈRE D’URGENCE SOCIALE !

 

Montreuil le 14 décembre 2015

UD CGT du 92 : Pour la levée immédiate de l'état d'urgence!

 

Publié le par FSC

UD CGT du 92 : Pour la levée immédiate de l'état d'urgence!

Déclaration de la Commission Exécutive de l’Union Départementale CGT des Hauts de Seine


Suite aux attentats du 13 novembre et face à la menace qui continue de peser sur le pays, il est nécessaire de renforcer les moyens des services en charge d'assurer la sécurité de la population. Cela passe en premier lieu par revenir sur les choix de suppression de dizaines de milliers d'emplois induits par les réformes dans les fonctions publiques, conduisant au démantèlement et la privatisation des services publics.

La prolongation de l'état d'urgence pour 3 mois et la volonté du gouvernement d'introduire dans la Constitution un « régime civil de crise » relève d'une autre logique. Ces décisions reposent implicitement sur l’idée que la démocratie est un handicap pour lutter contre le terrorisme.

Nous refusons cette logique et l’instauration d'un ordre sécuritaire conduisant à un Etat d'exception permanent et avec lui la montée de la xénophobie, du racisme, des amalgames et la remise en cause des libertés individuelles et collectives.

Les perquisitions, arrestations et assignations à résidence de militants écologistes, notamment dans les Hauts de Seine, un salarié, bibliothécaire à Malakoff, dans le cadre de la COP21 en sont malheureusement une première illustration.

Conception de la sécurité à géométrie variable, quand dans le même temps sont autorisées les initiatives commerciales, sportives... L'état d'urgence devient une opportunité pour désarmer le mouvement social et les syndicats en interdisant rassemblements et manifestations sur la voie publique. Nous exigeons la levée immédiate de l’état d’urgence.

Les attaques contre les salariés, retraités et chômeurs se multiplient : allongement de la durée de cotisation et baisse des retraites, annonces de nouvelles régressions sur le droit du travail (code du travail, statuts, conventions collectives...), flicages et radiations des chômeurs, coupes dans l'emploi public, remise en cause de la durée du temps de travail...
 
Criminalisation des luttes sociales comme à Air France, EDF, Goodyear (le procureur a requis 24 mois de prison contre 8 salariés dont 12 fermes) et bien d’autres...

Menaces sur l'existence ou fermeture des Bourses du travail se multiplient en Ile de France, sans épargner les Hauts de Seine (Boulogne Billancourt) ainsi que dans le pays, alors qu'elles sont un lieu plus que jamai nécessaire face à la précarité et à la violence des rapports sociaux dans les entreprises.

La CE de l'UD CGT 92, réunie le Mardi 8 décembre, appelle au contraire le monde du travail (salarié-e-s, retraité-e-s, privé-e-s d’emploi), à continuer à revendiquer et à défendre ses intérêts par tous les moyens qu’il juge utile.
 
Pas plus qu'il n'y a de trêve dans les attaques contre les salariés, il ne saurait y avoir de trêve dans l’action syndicale et pour le progrès social. C’est le message délivré par les 2 000 manifestants rassemblés le 2 Décembre devant le TGI de Bobigny en soutien au 5 d’Air France et pour l’arrêt de la casse sociale. Nous appelons à la mobilisation pour la  réintégration des salariés d’Air France et l’arrêt des poursuites et des sanctions. Nous serons encore présents à l’audience du 27 mai 2016.

La CE de l'UD CGT 92, s'inscrit totalement dans la déclaration du CCN du 18 novembre, dans l’appel unitaire « nous ne céderons pas » de plus de 70 syndicats et associations pour la défense des libertés et le vivre ensemble ainsi que dans la déclaration des organisations de jeunesse.
 
La CE de l'UD CGT 92 invite tous les militants et militantes des Hauts de Seine à aller à la rencontre des salariés en se saisissant de la consultation confédérale et de créer les conditions de la mobilisation la plus large. Plus que jamais nous devons combattre les logiques guerrières et mettre en avant les valeurs du syndicalisme CGT : le progrès social, le vivre  ensemble, la paix, l’amitié et la solidarité entre les peuples.


Adopté par la CE de l’UD – Nanterre, le 8 décembre 2015.

COP21, danger d'explosion...

Publié le 13 Décembre 2015

...de rire.
Enfin pas forcément!
Premier avis de la CGT 
COP21; danger d'explosion...
Le 9 décembre la CGT débutait son communiqué par ce : 
 
" Le dernier projet d’accord de Paris, à deux jours de la clôture de la Conférence, n’est pas satisfaisant pour la CGT. Les attentes des travailleurs ne trouvent pas de réponse dans ce texte."
 
Voici son communiqué à l'issue de la phase finale de cette CO du monde :
 
C'est une fois de plus une souris dont vient d'accoucher la COP : l'accord protège les intérêts nationaux plutôt que de tenter de préserver la planète et ses habitants. Pourtant, il y a deux semaines, les chefs d'État avaient affiché de grandes ambitions.
 
Le compromis à minima qui sort aujourd'hui, au lendemain de la clôture officielle, n'est en rien satisfaisant, si l'on excepte la signature des 195 États-Parties et la réintroduction des droits humains dans le préambule de l'accord. En effet, le texte est écrit pour partie au conditionnel, avec des auxiliaires de conjugaison qui en réduisent la portée. En plus, même si l'ambition post 2020 est affichée à 1,5°C, cet objectif n'est assorti d'aucun mécanisme politique ou technique permettant d'y parvenir. Les financements ne sont plus sécurisés et l'abondement du fonds vert a même été sorti de l'accord. Dans le même ordre d'idée, le mécanisme de révision des engagements nationaux ne permettra pas de contraindre un État à relever son niveau d'engagement s'il ne le souhaite pas. Or, l'addition des contributions actuelles conduit à un réchauffement planétaire de 3°C, bien trop loin de l'ambition affichée ! 
 
La CGT estime que, une fois encore, les États ont tout fait pour sauver le processus multilatéral, au détriment du climat, des femmes et des hommes, comme cela avait été le cas à Durban ou Doha. Plus que jamais, les vraies solutions sont entre les mains des citoyen-nes et des travailleurs-euses qui doivent se mobiliser pour pousser les gouvernements à en tenir compte.
 
Juste une observation sur ce texte qui certainement sera à affiner par les instances confédérales (ne serait-ce que dans le cadre de la préparation du congrès).  
 
Alors que le capitalisme mondialisé est cause première des ravages humains, écologiques, économiques, sociaux, alors que l'économie de guerre de la planète est là pour coordonner les exigences des marchés financiers et des oligopoles industriels dont les marchands d'armements, le communiqué ne porte pas ce regard sur les travaux du Bourget.
 
C'est dommage.
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Michel El Diablo

24 mois de PRISON requis contre les 8 militants CGT GOODYEAR ! Rassemblement à Amiens (Somme) le 12 JANVIER 2016

 

24 mois de PRISON requis contre les 8 militants CGT GOODYEAR ! Rassemblement à Amiens (Somme) le 12 JANVIER 2016

LE TRACT en PDF en cliquant sur le lien ci-dessous: [pdf] CGT-GOODYEAR-12JANVIER2016

Maîtrise publique des services publics

 

Publié le 10 Décembre 2015

Les syndicats CGT d'IdF

reprennent l'offensive

 

Maîtrise publique des services publiques

www.cgtparis.fr 
Union des syndicats CGT de Paris
85 rue Charlot 75140 PARIS cedex 03

Téléphone 01 44 78 53 31
Télécopie 01 48 87 89 97
Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Paris, le 9 décembre 2015

Lettre ouverte au ministre de l’Economie

Objet : EDF exclu du CAC40

 

Monsieur le Ministre de l’Economie,

 

La presse économique vient de rendre publique l’exclusion d’EDF du CAC40. Cette décision sera effective le 21 décembre prochain.

 

Dix ans après son entrée en Bourse, EDF va céder sa place à la Foncière Klepierre. La dette de l’entreprise n’a cessé de croître. La crise économique, les investissements et les spéculations contre nature, la catastrophe de Fukushima, les dérapages financiers liés à la construction de l’EPR ont lassé les actionnaires et les investisseurs. Pour la CGT, qui s’est opposée, dès le début, au processus de privatisation, de transformation d’EDF en S.A., cette situation démontre l’échec d’une stratégie de financiarisation du secteur de l’énergie. Depuis des années, notre organisation syndicale estime que l’Etat doit maîtriser dans sa globalité le secteur de l’énergie essentiel pour répondre à l’intérêt général.

 

Si nous avons décidé de vous adresser cette lettre ouverte, c’est que nous considérons que cette exclusion représente une véritable chance pour l’Etat français. La CGT exige de l’Etat français de racheter dans les plus brefs délais le capital d’EDF aujourd’hui privatisé (20 %). Cette exigence concoure à l’idée que l’Etat français doit jouer son rôle de stratège au bénéfice de la population.

 

La CGT, tout au long de son histoire, a toujours proposé une maîtrise totale et publique du secteur de l’énergie en tant que propriétaire exclusif au service de la Nation. Ses propositions ont toujours marqué l’ambition de conjuguer l’efficacité économique et sociale. Ces dernières années, les enjeux environnementaux sont venus compléter nos propositions et affirmer avec plus de force, l’exigence d’une véritable maîtrise totale et publique de ce secteur.

 

C’est pour cela, Monsieur le Ministre, que nous vous demandons d’entamer une démarche de réappropriation totale de la propriété de cette entreprise par l’Etat.

 

Nous estimons cette proposition comme structurant et fondamentale pour notre pays et la population et les salariés qui y travaillent.

 

Nous restons à la disposition de vos services pour entamer tout échange, étude financière et industrielle pour atteindre cet objectif.

 

Monsieur le Ministre, alors que la COP 21 se termine, nous sommes persuadés que nos propositions pour un projet ambitieux, industriel et social pour notre pays, trouveront un écho dans une période de crise économique profonde.

 

EDF, de par sa place dans l’histoire de ce pays, de la qualité des salariés qui y travaillent, peut nous n’en doutons pas répondre au défi de l’emploi, du développement durable, pour assurer à la génération actuelle et future un outil industriel et commercial dont l’objectif majeur est la réponse aux besoins des populations.

 

Restant à votre disposition pour débattre de cet enjeu de société, recevez, Monsieur le Ministère, l’expression de nos salutations les meilleures.

 

Patrick PICARD                                                         Thierry CHEVALIER

Secrétaire Général de l’UD CGT Paris                       Responsable de la fédération

                                                                                    Mines Energie CGT IDF

Rédigé par Canaille Lerouge

La lutte paie

 

Publié le 8 Décembre 2015

Ramer pour les profits des flibustiers
Ramer pour ses droits
Ramer pour le respect de la loi
La lutte paie
Peut-être la fin de la galère pour les marins ? Une première avancée, décisive.
 
La situation jusqu'à février 2014 :
 
La compagnie maritime Condor Ferries assure la liaison quotidienne entre Saint-Malo et l’Angleterre via les îles anglo-normandes Jersey et Guernesey.
 
À bord d'un des bâtiments battant pavillon bahaméen, les salariés bretons ont des contrats de travail de Guernesey qui n’offrent strictement aucun des droits auxquels peuvent prétendre les salariés travaillant en France.
 
« Ni retraite, ni Sécurité sociale, ni indemnisation en cas de perte d’emploi… Notre salaire, c’est du brut, car l’employeur ne paie aucune cotisation sociale », s’indigne Erwan, ancien chef d’entreprise devenu marin et délégué syndical CGT.
 
La VO (enfin ! "NVO" dit-on) nous explique : 
 
L’employeur Condor Ferries fait partie d’une nébuleuse de sociétés et de filiales qui mènent des Bahamas au Luxembourg avec, en bout de ligne, la banque d’affaires australienne Macquarie Group.
 
Numéro un du marché des fusions-acquisitions à Sydney, la société joue sur des montages juridiques complexes pour ne pas payer d’impôt, pour s’implanter dans des paradis fiscaux et pour profiter des aides publiques tout en dynamitant les normes du droit social.
 
Février 2014  (repris encore sur la NVO qui n'est jamais si bonne que quand elle se met au diapason des luttes; il y a du boulot !):
 
Condor Ferries décide de revenir sur ce que les marins considèrent comme le seul avantage : le « 7-7 ». Entendez, sept jours travaillés, sept jours de congés consécutifs. La conséquence immédiate de ce renoncement aurait été une réduction du nombre de jours de congés et des compressions de personnel. La goutte d’eau (très salée) de trop…
 
Une vingtaine de marins bloquent le trafic maritime. Ils dénoncent les conditions de travail, exigent la Sécurité sociale pour les marins, des contrats de droit français ainsi qu’une revalorisation salariale.
 
La mobilisation écarte le projet de la direction. Mais, en guise de représailles de ces jours de grève, Condor Ferries dénonce la convention qui lie bon nombre de son personnel naviguant à la couverture maladie universelle (CMU).
 
« La CMU était le seul lien qui nous reliait un peu au droit français. C’était à chacun d’entre nous de faire les démarches, d’envoyer une copie de notre avis d’imposition. On savait que ce n’était pas normal puisqu’on travaillait en France et qu’on aurait dû bénéficier de la Sécurité sociale, mais c’était le seul moyen d’avoir une protection sociale », explique Erwan écœuré de ces irrégularités.
 
En guise de compensation, l’employeur propose à ses salariés de cotiser à une assurance privée dont les interlocuteurs sont basés à... Bangkok. Sur un salaire moyen de 2 500 euros (brut), la cotisation à la charge des salariés serait d’environ 700 euros.L’alternative ? Ne pas se soigner pour un rhume ou une carie, se passer d’une visite chez l’ophtalmologiste ou « s’affilier, quand c’est possible, à la Sécurité sociale de son conjoint. Les collègues gravement malades doivent, en plus de la maladie, supporter la crainte de ne pas être remboursés, c’est terrible », témoigne encore Erwan.
 
Des politiques locaux à la presse, de la CPAM à la Chambre de commerce et d’industrie de l’Ille-et-Vilaine, Erwan et son collègue rennais Sébastien remuent terre et mer pour faire prévaloir leurs droits.
 
Un avocat nantais, maître Augustin Moulinas, assure le montage juridique du dossier des deux marins qui ont assigné Condor Ferries devant les prud’hommes. Il dénonce la situation ubuesque de ces citoyens, salariés et contribuables français.
 
Il s’appuie sur la jurisprudence en matière de droits maritime et aérien (Affaire Navimer et Ryanair) pour faire valoir que le droit applicable dépend du lieu où se situe le centre effectif de l’activité du salarié. Or, le personnel de Condor Ferries embarque et débarque tous les jours à Saint-Malo, plus connu comme cité des corsaires que zone de non-droit.
 
Mercredi 2 décembre 2015, indépendament du jugement des prud'hommes dont Canaille le Rouge n'a pas encore connaissance, le rapport de force à modifié la donne :  
 
"la CGT des Marins savoure la victoire des salariés de Condor Ferries qui, après une longue bataille, ont enfin obtenu satisfaction : bénéficier d’une couverture sociale comme tout salarié bien que travaillant sous un pavillon de complaisance."
 
COMMUNIQUE  CGT des MARINScgt marins
Les salariés de la société de Condor Ferries, Syndiqués à la CGT des Marins du Grand Ouest viennent de gagner une belle bataille sociale « avoir le droit à une couverture sociale et une reconnaissance comme tout salarié ».Ces salariés se sont battus depuis le mois de février 2014, Laure TALLONNEAU Inspectrice ITF CGT était restée avec eux durant 12 jours de conflit linéaire à bord d’un des navires de la société Condor Ferries.

Ce mouvement était soutenu par le Syndicat CGT des Marins du Grand Ouest, Premier Syndicat du littoral Français.Lorsque nous avions rencontré ces salariés désœuvrés en janvier 2014, nous avions promis une victoire (que nous ne pouvions pas gagner sans eux). Depuis pratiquement deux ans, nous avons avec eux multiplié les rencontres, les points presse, les actions et nous avons gagné parce que nous étions tous déterminés. Le combat sans relâche et la détermination de ces quelques salariés « militants » devraient donner envie à d’autres. Cette victoire sociale pour des Marins sous pavillon de complaisance restera dans les annales et marquera l’année 2015. Nous les remercions de nous avoir fait confiance et nous invitons les autres salariés qui ne sont pas des Marins de la société maritime de Condor Ferries eux aussi à se défendre.En effet une loi vient d’être votée à l’Assemblée Nationale, cette loi oblige l’armateur de Condor Ferries à affilier le personnel « marin » à l’Etablissement National des Invalides de la Marine (la sécurité sociale des Gens de Mer).Assemblée Nationale 23 novembre 2015. Art 19, protection sociale des gens de mer, résidant en France embarqués sous pavillon étranger (hors Union européenne et Espace Économique européen).

Le nouvel article 19 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2016, voté en seconde lecture par l’Assemblée Nationale, le 23 novembre 2015, prévoit une affiliation à l’Établissement national des invalides de la marine – ENIM – des gens de mer marins et au régime général les gens de mer non marins. La mesure entrera en vigueur au plus tard le 1er janvier 2017.

La distinction des gens mer, marins et non marins est précisée par le Décret n° 2015-454 du 21 avril 2015 relatif à la qualification de gens de mer et de marins JORF n° 95 du 23 avril 2015 p. 7143

http://www.legifrance.gouv.fr/…/d…/2015/4/21/DEVT1416706D/jo
http://www.obs-droits-marins.fr/actualites.html…

La MLC et la Convention 188 comportent le même principe : les gens de mer doivent bénéficier d’une protection sociale équivalente à celle des travailleurs terrestres.

Les marins sont rattachés à leur lieu de résidence, mais l’État de leur résidence peut mettre en œuvre d’autres rattachements par le biais de règles régionales (Règlement européen 883/2204 du 29 avril 2004 de coordination des régimes nationaux de sécurité sociale qui se réfère à l’État du pavillon) ou par des conventions bilatérales.

Ainsi les gens de mer ne peuvent être oubliés, là où ils résident, si les travailleurs terrestres disposent d’un système de protection sociale.

Une affiliation obligatoire devait donc être prévue pour des embarquements sous pavillon des Iles Vierges Britanniques, de Bahamas ou même de Guernesey (hors UE).

En sus, l’employeur devrait financer 50 % de cette protection sociale.

Jean-Paul HELLEQUIN

Secrétaire adjoint et Porte parole
« Depuis pratiquement deux ans, nous avons avec eux multiplié les rencontres, les points presse, les actions et nous avons gagné parce que nous étions tous déterminés. Le combat sans relâche et la détermination de ces quelques salariés «militants» devraient donner envie à d’autres. Cette victoire sociale pour des Marins sous pavillon de complaisance restera dans les annales et marquera l’année 2015. Nous les remercions de nous avoir fait confiance et nous invitons les autres salariés qui ne sont pas des Marins de la société maritime de Condor Ferries eux aussi à se défendre », déclare le secrétaire adjoint et porte-parole de la CGT des Marins du Grand Ouest. Jean-Paul Hellequin, 
 
Pour ceux qui ne maitrisent pas toutes les subtilité du régime des marins, un coup de projecteur :
 
La loi oblige désormais les armateurs à affilier à l’Établissement National des Invalides de la Marine leur personnel «marin» résidant en France et embarqué sous pavillon étranger.
 
En clair, à leur assurer une vrai sécurité sociale à travers cet établissement qui n’est autre que la sécurité sociale des Gens de Mer.
 
L’employeur devra financer 50 % de cette couverture sociale. Le reste sera prélevé sur le salaire du marin.
 
Cette mesure entrera en vigueur au plus tard le 1er janvier 2017.
 
Chacun mesure à la fois l'avancée arrachée par la lutte et ce qui reste à gagner.
 
Mais le reste, les marins le ne gagneront pas seuls, c'est la question de la protection sociale globale qui reste posée et des recul à imposer au patronat.
 
Pour Autant, félicitations aux marins maloins et à leur CGT.
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Michel El Diablo

Nous ne laisserons pas salir l'histoire de RENAULT-BILLANCOURT

Nous ne laisserons pas salir l'histoire de RENAULT-BILLANCOURT

On le sait Renault-Billancourt n'a pas été fermé en 1992 pour des raisons économiques.

C'est sous Mitterrand, Rocard que les 10 de Renault sont licenciés, prélude à la fermeture totale.

Il fallait que la "forteresse ouvrière" soit réduite au silence pour que puisse se déployer le règne de l'argent, des Tapie les contre-réformes et la remise en cause de tous les conquis de la Libération et du Conseil National de la Résistance.

A présent c'est la mémoire même de cette histoire et des combats qui la jalonne qui est attaquée travestie sous couvert de témoignages.

C'est pourquoi la vérité devait être rétablie, ce à quoi le texte de l' Association des Travailleurs Renault Ile Seguin, "Nous ne laisserons pas salir l'histoire de Renault-Billancourt" procède.


Une réplique qui doit être largement connue et diffusée.

Et le texte signé le plus largement.

Par ailleurs, l'ouvrage de Youcef Haji, "De Renault-Billancourt à l'Olympia, IDBIHI, parcours d'un marocain 1968-1987" préfacé par Roger Silvain constitue une toute autre approche qui au travers d'un parcours personnel retrace bien l'ambiance et les combats de cette époque.

ASSOCIATION DES TRAVAILLEURS RENAULT ILE SEGUIN (ATRIS)

Nous ne laisserons pas salir l'histoire

de Renault-Billancourt

Samedi 21 novembre 2015 s'est tenu à la Sorbonne un « séminaire Marx 21e siècle », devant un public d'universitaires et d'étudiants. L'invitée en était Laurence Bagot, l'auteure d'un livre paru aux Éditions de l'Atelier sous le titre « Ceux de Billancourt ».

Plusieurs membres d'ATRIS ont assisté à cette réunion et sont intervenus dans le débat.
 

Nous remercions les organisateurs du séminaire de nous avoir permis de nous exprimer. Le contenu de cet ouvrage, sous couvert de témoignages réécrits, choisis à la seule convenance de l'auteure, défigure gravement l'histoire de Renault-Billancourt et la mémoire des dizaines de milliers de salariés qui y ont travaillé de la Libération à la fermeture de l'Île Seguin en 1992.


Sans apporter de preuves, ce livre salit le rôle d'Henri Krasucki, accusé d'avoir voulu « échanger » la fermeture de Renault-Billancourt contre le maintien des chantiers navals de la Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, en 1986. C'est infâme, tout comme affirmer, sans davantage de justifications, que la CGT a abandonné les travailleurs immigrés dans la bataille pour le maintien de l'usine et de l'emploi.

La CGT a toujours été un trait d'union et de solidarité entre les salariés qui défendaient leurs salaires et leurs conditions de travail.
 

Nous appelons toutes les personnes et les organisations concernées par le mouvement social à dénoncer ces mensonges, alliant l'ignorance et la manipulation, qui entachent ce qui fut un des grands chapitres de l'histoire sociale en France.
 

Nous demandons aux médias de nous aider à rétablir, de manière argumentée et contradictoire, la réalité de l'histoire de Renault-Billancourt. Nous sommes à la disposition des historiens, de la presse, des supports audiovisuels et internet pour fournir des éléments, preuves à l'appui, sur ce qu'ont été la vie et les luttes des travailleurs de Renault-Billancourt.


Vous pouvez soutenir cette action d'ATRIS et des premiers signataires en signant ce texte sur l'adresse suivante :

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 

LES PREMIERS SIGNATAIRES


Arezki AMAZOUZ, président d'ATRIS, ancien secrétaire CGT Renault-Billancourt, ancien membre de la CE confédérale ;

Pierre BERNARDINI, défenseur des victimes de l'amiante Renault-Billancourt;

Joëlle CHASTRUSSE, déléguée CGT 1975-82 et 2003-2012 ;

Robert CRÉANGE, ancien directeur CGT des activités sociales du C.E. Renault-Billancourt ;

Mustapha DHAOUADI, ancien secrétaire CFDT à Renault-Billancourt ;

Pierre FABRE, ancien secrétaire général général CGT du groupe Renault ;

Mohand HADJAZ, secrétaire CGT Renault- Billancourt 1970-73 ;

Youssef HAJI, écrivain ;

Aimé HALBEHER, secrétaire général CGT Renault-Billancourt en 1968 ;

Georges HUBSCHMIDTT, ingénieur CGT tôlerie Renault ;

Mostefa IDBIHI, ancien ouvrier, auteur du livre « De Billancourt à
l'Olympia » ;

Ibrahima LY, délégué CGT à Renault-Billancourt jusqu'en 1992 ;

Alain MAS, ancien élu UGICT-CGT, DSC adjoint Renault TCR ;

Michel MONDIOT, ancien technicien Renault-Billancourt ;

G é r a r d M U T E A U , ancien administrateur CGT salarié du groupe Renault ;

Philippe MUTEAU, militant CGT ;

Yves PERRIN, membre des « Dix de Billancourt » ;

Claude POPEREN, secrétaire général de la CGT Renault-Billancourt 1958-1967 ;

Jean-Pierre ROSSI, monteur, Délégué du Personnel CGT ;

Daniel SANCHEZ, secrétaire général de la Fédération de la Métallurgie CGT ;

Roger SILVAIN, secrétaire CGT Renault- Billancourt 1971-76 ;

Serge TONNEAU, ex-tourneur outilleur, militant CGT. ;

Anne-Marie VIERGE, ancienne déléguée CGT à Renault-Billancourt ;

PierreVIERGE, ancien délégué CGT à Renault-Billancourt

VU sur le blog du FSC

Publié par Michel El Diablo

Deux ans de PRISON requis pour la séquestration du DRH de GOODYEAR

le DRH libéré

le DRH libéré

France : Deux ans d’emprisonnement requis pour la séquestration du DRH de Goodyear

Deux ans d’emprisonnement ont été requis mardi contre huit anciens salariés de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord pour la séquestration durant 30 heures en 2014 de deux cadres. Poursuivis devant le tribunal correctionnel d’Amiens pour « séquestration et violences en réunion », le procureur a requis contre chacun d’entre eux une peine de deux ans d’emprisonnement : un an « ferme aménageable » et un an de sursis.

Entre le 6 et le 7 janvier 2014, le directeur des ressources humaines ainsi que le directeur de la production de cette entreprise de 1.143 salariés, fermée quelques jours après, avaient été retenus dans les locaux de l’usine de pneumatiques que plusieurs dizaines de salariés avaient occupée avant de les laisser partir, sans violence.

Parmi les nombreux témoins qui se succédaient à la barre, une inspectrice du travail est venue expliquer le « management pathogène » de la direction de Goodyear. Le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) a comptabilisé 14 suicides en moins de deux ans.

Le procès s’est déroulé sans plaignant : Goodyear avait en effet retiré sa plainte en application de l’accord de fin de conflit signé avec les syndicats fin janvier 2014, tout comme les deux cadres concernés, qui se sont désistés après avoir déposé plainte à titre individuel dans un premier temps.

Le jugement a été mis en délibéré au 12 janvier 2016.

Lu sur Réveil communiste

Cheminots : sourire côté CGT, dépit côté Figaro

Publié le 27 Novembre 2015 

Les cheminots déclarent l’état d’urgence sociale !

 

Cheminots : sourire côté CGT, dépit côté Figaro
Cheminots : sourire côté CGT, dépit côté Figaro
Cheminots : sourire côté CGT, dépit côté Figaro
Cheminots : sourire côté CGT, dépit côté Figaro

LES CHEMINOTS DÉCLARENT L’ÉTAT D’URGENCE SOCIALE !

Élections professionnelles à la SNCF

 

20.11.2015 | Espace presse

    Les cheminots étaient convoqués arbitrairement ce 19 novembre pour élire à la fois, leurs représentants DP, aux CE, aux conseils d’administration de SNCF Réseau, SNCF Mobilités et au Conseil de Surveillance du nouveau Groupe Public Ferroviaire.
     
    La CGT tient avant tout à saluer l’engagement de toutes les cheminotes et tous les cheminots, qui ont malgré des moyens humains et financiers volontairement contraints, organisé ces élections.
     
    Dans un contexte national où la tentation sécuritaire patronale et gouvernementale prime sur la démocratie, face à une direction qui rêve de diviser le corps social, les cheminots ont choisi !
     
    En positionnant à nouveau la CGT comme première organisation syndicale à la SNCF, avec plus de 34% des voix, 11 points devant la deuxième organisation, les cheminots ont confirmé leur attachement à un syndicalisme démocratique, unitaire, rassembleur, offensif et force de propositions.
     
    Ils envoient à la direction du GPF et au gouvernement un signe fort notamment avant la négociation de la future CCN de la branche ferroviaire.
     
    C’est aux côtés de la CGT que les cheminots entendent défendre leurs intérêts et qu’ils réclament une autre réforme du ferroviaire, que la commission européenne permet, quoi qu’en disent ceux qui ont fait le choix de l’abandon du service public SNCF, de l’entreprise intégrée, des CE et CCE.
     
    Les directions de la SNCF, ainsi que le gouvernement, vont devoir se remettre autour de la table des négociations avec la CGT et stopper les entreprises de compromission qu’ils ont érigées ces derniers mois pour trafiquer dans le dos des cheminot-e-s l’abaissement des conditions sociales et casser le service public SNCF.
     
    La CGT, forte de l’expression démocratique des cheminots, agira, comme elle l’a toujours fait pour porter leurs revendications sur l’emploi, les salaires et pensions, les conditions de travail, les métiers, les retraites…
     
    Une mauvaise loi nous a séparés, la CGT agira pour que la future Convention Collective Nationale nous rassemble, que les salariés qu’elle regroupera bénéficient de conditions sociales et de travail élevées et améliorées.
     
    Elle combattra toutes mises en concurrence des salariés qui dégradent la qualité, la quantité et la sécurité des transports, détruisent l’environnement en favorisant les modes les plus polluants et les plus destructeurs de conditions sociales.
     
    A l’approche du grand barnum médiatique de la COP 21, avec l’Union Interfédérale des Transports CGT, la Fédération CGT des Cheminots appelle l’ensemble des salariés des transports à faire entendre leurs voix pour développer des transports collectifs publics de voyageurs et de marchandises qui répondent aux besoins de déplacement et d’approvisionnement des populations, de l’aménagement du territoire, de l’environnement, aux besoins d’amélioration des conditions de vie et de travail de ses salariés.
     
    En votant CGT, les cheminots se sont ouverts la voie du possible et du progrès social.
     
    La Fédération CGT des Cheminots remercie l’ensemble de ses militants et syndiqués qui s’engagent chaque jour avec les cheminots et salariés des filiales du groupe SNCF, malgré une répression grandissante, pour y parvenir.
     
    Bien sûr ils ont des excuses toutes trouvées dans l'actualité qui leur permettent "d'oublier" d'en parler. Pour autant à voir le depit du Figaro,  Pepy et Macron doivent rager, cela fait sourire le cheminot, cela donne du courage pour la suite.
     
    "La CGT conforte ses positions à la SNCF (titre du Figaro)Suite à ces premières élections, la CGT totalise 34,17% des voix (hors filiale) à l'élection du CA SNCF Mobilités, ce qui lui permet de décrocher 3 des 6 sièges réservés aux représentants des salariés (parmi 18 membres). L'Unsa (21,46%), SUD (19,66%) et la CFDT (14,76%) disposent chacun d'un siège.

    Côté SNCF réseau, la CGT, arrivée en tête avec 38,36% des voix, rafle 4 des 8 sièges salariés (sur 24), l'Unsa (24,91%) en obtient 2, SUD-Rail (15,69%) et la CFDT (13,56%) en ont 1 chacun". 
     
    Le plan de Saint Geours (le médefien de l'UIMM, mis en place par Valls et Blummollet comme président du directoire) et son cercle "MP2R2V"* peut et va être mis en échec.Canaille le rouge attend avec impatience le compte rendu des premières réunions de ces C.A..*MP2R2V: Macron, Pepy,Rappoport, Royal, Valls, Vidalies 
     

    Rédigé par Canaille Lerouge

    22 novembre 2015
    Grève à la SNCM : 583 licenciements annoncés par le repreneur
     

    SNCM: la grève se poursuit jusqu'à lundi inclus

     

    Les marins de la SNCM vont poursuivre leur grève, entamée vendredi après la décision du tribunal de commerce de choisir l'entrepreneur corse Patrick Rocca comme repreneur, jusqu'à lundi inclus, a annoncé la CGT.

    • France 3 Corse ViaStella
    • Publié le 22/11/2015 | 14:06
     

    21/11/15 - Les navires de la SNCM à quai dans le port de Marseille © BORIS HORVAT / AFP

    © BORIS HORVAT / AFP 21/11/15 - Les navires de la SNCM à quai dans le port de Marseille

    "La grève s'est renforcée depuis samedi matin avec l'arrivée du Jean Nicoli à Marseille et est reconduite jusqu'à lundi inclus", a indiqué la CGT samedi dans un communiqué.

    Le syndicat proteste notamment contre les 583 suppressions d'emplois qu'entraîne la reprise de la SNCM, en redressement judiciaire depuis plus d'un an, par Patrick Rocca, une décision prise par le tribunal de commerce de Marseille vendredi.

    Le projet de reprise de M. Rocca, 50 ans, dont le groupe comprend 27 sociétés dans le transport, l'immobilier ou les déchets, prévoit la reprise de 845 salariés (873 en comptant les filiales) sur plus de 1.400 en CDI. Trois autres projets de reprise avaient été déposés, par le consortium d'entreprises corses Corsica Maritima, le groupe Baja Ferries et l'ex-directeur du port de Marseille Christian Garin, associé à l'armateur grec Arista.

    Dès le jugement rendu, les salariés de la compagnie s'étaient réunis en assemblée générale sur un ferry de la compagnie et avaient décidé de se mettre en grève immédiatement.

    Ils ont voté un arrêt de travail reconductible avec occupation des bateaux. Un préavis avait été déposé le 10 novembre par l'intersyndicale, à l'exception du Syndicat des travailleurs corses. FO a aussi fait savoir vendredi soir qu'il n'appelait pas à la grève, évoquant des "mouvements perpétuels qui ont largement contribué au déclin de l'entreprise".

    "Il ne pourra pas y avoir de reprise du travail sans une solution pour l'ensemble des salariés", avait commenté après l'AG Frédéric Alpozzo, délégué CGT, devant la presse:"Il va falloir que des discussions s'ouvrent rapidement avec le repreneur".


    Plusieurs incertitudes planent encore sur l'avenir de la SNCM: les acteurs du dossier attendent de savoir si la Commission européenne valide le projet et efface ainsi la condamnation de la compagnie à rembourser plus de 400 millions d'aides publiques jugées indûment perçues.

    L'autre grande inquiétude concerne l'avenir de la délégation de service publique (DSP) du service Corse-continent: annulée par décision de justice, la DSP, attribuée jusque-là à la SNCM et la Méridionale, doit voir ces modalités modifiées à partir de mi-2016.

    L'Office des transports de Corse (OTC), chargé de définir ces modalités, n'a pas pour l'instant pas précisé le nouveau cahier des charges, probablement moins favorable à la compagnie délégataire dans le futur.

    Publié par Michel El Diablo

    Les 4 vérités du JUGE Marc Trévidic (Front Syndical de Classe)

    Les 4 vérités du JUGE Marc Trévidic (Front Syndical de Classe)

    Notre action est avant tout syndicale.

    Mais elle ne saurait être isolée du contexte, et plus que jamais en ce moment.

    Petit à petit la vérité sur la naissance du monstre Daesh, la responsabilité des Etats comme l'Arabie saoudite et le Qatar dans la diffusion du Wahabisme, sousbassement idéologique du terrorisme actuel et la complicité de nos gouvernants et de l'occident se fait jour.

    C'est l'ancien juge Marc Trévidic qui sur France 2 met les pieds dans le plat en affirmant avec force devant un plateau médusé et sans douté gêné aux entournures, n'est-ce pas Pujadas ?:

    La politique américaine vous savez ce que c'est? C'est on adore les fondamentalistes religieux s'ils sont libéral économiquement.

    C'est comme ça depuis des années. C'est leur crédo! C'est super les saoudiens, c'est super le Qatar... Donc ils aiment les fondamentalistes religieux"

     

    Et nos dirigeants aussi Hollande allant vendre les mirages de Dassault très récemment aux Séoud!

    Pas gếné par ailleurs, le moins du monde par les 143 décapitations de l'année en cours dans le royaume!

    L'émission mise en ligne sur Youtube, consultée déjà plus d'un million de fois est visible à l'adresse :

    On peut consulter également l'émission de France inter de ce vendredi et l'article de notre ami Jean Lévy faisant référence à cette émission :

    "Daesh, la fabrique d'un monstre"

    http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2015/11/quand-france-inter-vend-la-meche-le-pourquoi-de-la-crise-au-moyen-orient-et-du-terrorisme-de-daesh-donc-francois-hollande-et-manuel

    et France inter :

    http://www.franceinter.fr/reecouter-diffusions/433571

    Lu sur le blog du Front Syndical de Classe

    Les 4 vérités du JUGE Marc Trévidic (Front Syndical de Classe)

    Union du peuple : ça passe par une lutte déterminée contre le terrorisme, l’impérialisme et les politiques d’austérité et de régression sociale ! 

     

    Transmis par le Front Syndical de Classe

     


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    Le Front Syndical de Classe se joint aux nombreuses organisations qui ont dénoncé les crimes horribles perpétrés vendredi 13 novembre contre des citoyens et travailleurs français, revendiqués par Daesh.

    Le FSC exprime sa compassion pour les victimes et leurs familles. Il dénonce avec la même force les attentats perpétrés contre tous les citoyens de nombre d’autres pays eux aussi touchés par des actes terroristes revendiqués par Daesh.

    Mais ces dénonciations ne serviront à rien si elles ne débouchent pas sur une modification radicale des politiques qui sont à l’origine de ces massacres de populations ici ou ailleurs notamment dans les pays du Proche Orient, premières victimes parmi les autres.

    Les organisations syndicales de France et d’ailleurs ont le devoir d’informer sans concession les travailleurs de la réalité des responsabilités des gouvernements des pays du commandement intégré des forces de l’OTAN, y compris des gouvernements français successifs, durant ces dernières années.

    Au plan intérieur : Des institutions françaises de plus en plus affaiblies par des contradictions de plus en plus évidentes

    Ces attentats perpétrés dans différents pays soulèvent un peu plus chaque jour les contradictions dans lesquelles se débattent les pouvoirs publics, la classe politique des partis de l’alternance et leurs satellites.

    La puissance administrative gouvernementale prend inexorablement le pas sur l’autorité judiciaire, de plus en plus mise mal dans l’exercice de ses prérogatives, battant en brèche chaque jour un peu plus le principe constitutionnel fondamental de séparation des pouvoirs. Ces reculs que le gouvernement français entend conforter par une réforme constitutionnelle, constituent clairement un levier supplémentaire de renforcement du contrôle et de mise au pas des travailleurs au service des intérêts du grand capital, dans un contexte d’usure accélérée du pouvoir en place et de délégitimation croissante des pouvoirs publics et des institutions de la cinquième République.

    La politique étrangère, une question clé pour la sécurité de la population et pour le progrès social

    La situation intérieure à la fois en matière de politique sociale et de sécurité ne saurait donc être appréhendée indépendamment de la situation extérieure et de la politique internationale des gouvernements successifs de la France :

    - Le président de la République dispose de pouvoirs exorbitants : sans consulter personne (pas même le parlement) il peut engager le pays dans n’importe quelle aventure guerrière, et ni Sarkozy, ni Hollande ne s’en sont privés.

    - Ces décisions ont un coût majeur en matière de budget au détriment des politiques publiques, des politiques sociales. Sait-on que le tir du moindre missile c’est 100.000 euros, tandis que le système hospitalier dont on vient de mesurer massivement l’utilité pour la population civile est soumis aux restrictions massives, à la rentabilité marchande.

    - Le manque de transparence des décisions du pouvoir en matière de défense masque à l’opinion comment ce pouvoir agit à l’extérieur, en vue de la défense de quels intérêts et avec quels alliés.

    Nos gouvernements prétendent agir internationalement au nom de la défense des droits de l’homme et de la défense des populations civiles et combattre les dictatures et combattre résolument le terrorisme à l’étranger.

    Combattre les dictatures ?

    Alors comment justifier notre alliance de fait et nos ventes d’armes massives à l’Arabie saoudite quand pour s’en tenir à cela, cette dernière piétine les droits des femmes avec des lois d’un autre âge, condamne un écrivain, pour son expression, à 1000 coups de fouet sur la place publique, décapite au sabre la tête de condamnés à mort, 143 à ce jour pour la seule année 2015, et que le Président Hollande a rencontré ses dirigeants à plusieurs reprises en 2015 sans aucune espèce d’allusion à ces méfaits ?

    Davantage préoccupé de vendre des armes à la dynastie des Saoud accueillis cet été dans le Vaucluse de manière outrageusement et honteusement privilégiée !
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    Combattre le terrorisme à l’étranger ?

    Le gouvernement a engagé depuis trois ans les forces armées nationales sur plusieurs théâtres d’opérations militaires, au motif d’un pseudo droit d’ingérence humanitaire dénué de toute base légale, en contradiction ou dérogation unilatérale avec toutes les règles de droit international et décisions de l’Organisation des Nations Unies. Ce ne serait là seulement qu’arrogance si ce droit d’ingérence ne masquait en fait bien d’autres motivations inavouables et pourtant si bien connues : le vol des ressources énergétiques des pays du proche Orient et la destruction des Etats refusant de se soumettre aux diktats des-dites grandes puissances..

    Quel cynisme ! Alors que le Ministre Fabius jusqu’à peu considérait que la branche syrienne d’AlQaida "faisait du bon boulot," alors que le camp occidental s’est bien gardé jusqu’à peu de frapper les sources de financement de l’OEI , en particulier par la vente du pétrole transitant par la Turquie par file de camions massives de crainte, disait-on hypocritement, de faire des victimes civiles.

    Non jusque-là le gouvernement français comme les occidentaux n’a eu qu’un objectif majeur : imposer le départ de Bachar El Assad, intervenir pour cela en Syrie sans aucun mandat international et donc en violation de la Charte de l’ONU, cofinancer à cette fin des groupes terroristes baptisés pour la circonstance « modérés » comme au temps du soutien en Afghanistan où les talibans étaient baptisés « combattants de la liberté », l’objectif majeur étant alors d’abattre l’URSS...

    On connaît la suite ...

    La lutte pour la paix

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    Oui, il est du devoir du mouvement syndical de se battre pour la paix, indissociable de la lutte pour la démocratie et le progrès social.

    Mais cette lutte ne saurait se réduire à de vagues incantations sans s’appuyer sur une analyse concrète et précise des enjeux de l’heure et des responsabilités dans l’actuelle situation. Dans l’immédiat et dans l’urgence cette lutte passant par l’émergence d’une solution politique en Syrie pour ne rien dire du drame séculaire des Palestiniens.

    De différents côtés (Hollande à l’Assemblée générale de l’ONU le 28 septembre dernier et Guetta sur France Inter) les gouvernements des pays de l’OTAN tentent de faire porter au régime Syrien la responsabilité de l’existence et de la croissance de Daesh. Ce mensonge d’Etat ne résiste pas à un examen sérieux des faits. Et ce n’est pas soutenir inconditionnellement ce régime que de dire que cela est un véritable travestissement de l’histoire.

    La déstabilisation de cette région d’où émerge Daesh est incontestablement le résultat de l’intervention américaine en Irak en 2003, de celle de Sarkozy en Lybie, de soutiens logistiques , de financements directs et fourniture d’armes par les Etats-Unis, la France, l’Arabie saoudite, le Quatar, la Turquie, Israël ...

    En détruisant les structures étatiques de ces pays ce n’est pas la démocratie qui s’est installée mais le chaos propice au surgissement des forces les plus obscurantistes.

    Et ce sont les « fruits » de cette politique dont nous faisons les frais, dont notre peuple fait les frais !

    La lutte pour la paix dans notre pays doit donc s’appuyer sur la dénonciation de ces responsabilités et l’intervention de l’opinion pour la mise sur pied d’une coalition internationale s’attaquant cette fois réellement à Daesh, tout en s’attachant sans faillir à la mise en œuvre d’une réelle solution politique en Syrie et l’ensemble du Proche Orient. Cela passe par un arrêt des combats, un assèchement des sources de financement et de fourniture d’armes, et surtout un compromis entre les acteurs nationaux réellement opposés à la dictature obscurantiste de Daesh.

    Le gouvernement français et ses sous-fifres médiatiques essaie de faire croire que la Russie a changé de politique alors que c’est le gouvernement français sous la pression des événements qui semble s’engager dans la grande coalition proposée par la Russie dès son intervention militaire en vue dans la foulée d’une solution diplomatique au conflit.

    A gauche et chez un certain nombre de pacifistes c’est le "Ni Hassad, ni Daesh" qui fait florès. Mais que l’on sache - quoi que l’on pense de son régime - ce n’est pas Assad qui commandite des attentats en France et un peu partout !

    Et finalement toute cette prétention à incarner les droits de l’homme et à décider de l’extérieur qui doit diriger des pays qui ne sont pas les nôtres au nom du droit d’ingérence si cher à Kouchner, à BHL et à Glucksman n’est-elle pas idéologiquement dans la continuité de toutes les interventions coloniales d’antan, au nom bien sûr de la supériorité de la civilisation occidentale ?

    Et n’est-il pas temps de tirer en tout cas les enseignements de ce que ces interventions et ce droit d’ingérence ont semé comme désordres, comme crimes et comme instabilité généralisée ?

    Seul le respect de la souveraineté des états comme principe des relations internationales est de nature à assurer davantage de stabilité et de sécurité dans le monde… et donc à faire progresser les droits de l’homme en privilégiant l’intervention autonome des peuples et non pas le droit à l’ingérence des grandes puissances !

    Le double sens de l’état d’urgence

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    Nous ne contestons pas les nécessaires mesures pour assurer la sécurité des français.

    MAIS !

    Pour le peuple Français, après les politiques d’austérité, l’heure est donc à de nouvelles restrictions des libertés publiques et individuelles, déjà engagées depuis de nombreux mois et au renforcement des frappes militaires contre Daesh, pour le financement desquelles le « pacte de sécurité » s’impose désormais au « pacte de stabilité », avec le quitus des institutions antidémocratiques bruxelloises et de la troïka. Quant au Parlement Français il s’en trouve réduit à son rôle désormais habituel de supplétif, spectateur de la politique extérieure, comme il l’est devenu sur la quasi-totalité des domaines de politique intérieure, désormais sous contrôle des institutions anti démocratiques de l’U€.

    Pour donner le change face à ses mandants légitimement soucieux de leur sécurité, le gouvernement Hollande-Vals se voit dans l’obligation de remettre des contrôles aux frontières du pays, ou du moins de communiquer en ce sens. Mais la remise en question des accords de Schengen n’est pas à l’ordre du jour. L’Union Européenne, toujours abusivement appelée « l’Europe » par ses promoteurs, ne saurait être contestée : la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes doit impérativement se poursuivre, pour le plus grand bonheur du grand patronat. Qu’il soit Français, Allemand ou d’un autre pays de l’U€, celui-ci se félicite de l’arrivée de centaines de milliers de migrants dans un grand désarroi, tout prêt à vendre leur force de travail à encore moins cher que les populations autochtones. Ces vagues d’immigration de population fuyant le désastre de leurs vies ravagées par des combats de plusieurs années et des structures étatiques en lambeaux vont ainsi permettre au patronat des grands monopoles de disposer de leviers supplémentaires pour organiser encore plus de concurrence entre les travailleurs, détruire un peu plus vite, encore plus facilement, nos conquis sociaux et ainsi baisser la rémunération de la force de travail… tandis que les actionnaires des multinationales continuent de voir exploser leur rendement actionnarial et financier.

    Pour s’en tenir à un seul exemple on voit bien comment à partir du choc provoqué par les événements comment dans les partis de l’alternance et au gouvernement en place, la demande de renforcement de la sécurité et donc des moyens matériels et budgétaires attribués aux diverses forces de sécurité est utilisée pour accentuer et aggraver le sort réservé à la population et mettre en cause les moyens publics ; tel intervenant dans les médias se plaignant des 35 heures, des grèves et tel porte-parole de l’armée se plaignant lui du nombre de cheminots comparé aux effectifs militaires !

    La liquette déchirée d’un cadre d’Air France est sur-médiatisée. Mais silence est fait sur la croissance continue et scandaleuse des grandes fortunes, le « salaire » des PDG, notamment ceux d’Air France, la distribution de dividendes toujours plus importants aux actionnaires et donc sur l’opportunité - la nécessité - de les mettre à contribution eux d’abord et eux exclusivement. Ce qui implique une révision totale des politiques menées et par la droite et par le gouvernement dit socialiste, d’en finir avec l’austérité et les contre-réformes s’attaquant à tous les conquis de la Libération et du programme du Conseil National de la Résistance. 

    Dans un tel contexte, quel est le sens de la journée nationale d’action du 2 décembre ?

    A l’occasion de son récent CCN du 17 et 18 novembre, la CGT a déclaré : « Pas plus qu’il n’y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n’y aura de trêve dans l’action syndicale pour le progrès social ». Le FSC se retrouve dans cette déclaration, qui tranche d’ailleurs avec la déclaration initiale de l’intersyndicale nationale qui ne disait mot de l’agression gouvernementale contre les conquis sociaux et qui s’inscrivait de fait dans l’esprit de l’union sacrée, appelée de ses vœux par le gouvernement Français. Cette nouvelle déclaration de la CGT marque une pertinente opposition aux tentatives du gouvernement d’asseoir son emprise sur toutes les organisations syndicales confédérées et de les associer aux politiques sécuritaires, en plus des politiques d’austérité.

    Alors que les organisations syndicales, notamment la CGT, devraient être à l’initiative d’une résistance farouche aux politiques rétrogrades et réactionnaires mises en œuvre sous pilotage serré de Bruxelles, de la troïka, et de l’OTAN, c’est à dire de l’oligarchie financière, le contenu de l’appel du CCN doit nous interroger sur certains aspects.

    En effet, dans le même appel à organiser une journée nationale d’action le 2 décembre prochain, le CCN s’en tient au thème un peu vague du « NON à la violence sociale, OUI à l’efficacité économique, sociale et environnementale » alors que le 2 décembre incluait :


    - la question de l’emploi

    - La retraire à 60 ans à taux plein

    - Les Libertés Syndicales

    - Les salaires, les pensions et les minimas sociaux

    - La reconnaissance des métiers pénibles

    - Le développement industriel et des services publics

    Et surtout l’appel initial comportait la dimension de la lutte contre la répression syndicale et le soutien aux salariés d’Air France avec l’appel à une manifestation devant le tribunal d’instance de Bobigny à partir de 12 heures ils sont traduits sur demande des dirigeants d’Air France !

    Alors qu’est-ce qu’on fait exactement le 2 décembre ?

    Le FSC soutient d’ailleurs les initiatives locales et départementales qui existent dans le pays pour manifester le 2 décembre devant les préfectures en soutien aux camarades d’air France.

    L’union sacrée, pour le plus grand malheur de la classe ouvrière

    JPEG - 13.1 koOn sait ce qu’elle représente historiquement pour la classe ouvrière et comment, pour s’en tenir à la première guerre mondiale, elle a signifié l’abandon des objectifs de paix et le ralliement aux intérêts des classes dominantes et à la grande boucherie.

    Et c’est cela qui rend suspect l’appel à l’union nationale, les travailleurs perdant de vue leurs propres intérêts et ceux du peuple en s’en remettant aux objectifs des classes dominantes, banquiers et marchands de canon, propriétaires des grands médias privés.

    Contre l’Union sacrée gouvernementale les organisations syndicales non réformistes ont le devoir d’organiser les conditions de l’union du peuple sur d’autres bases, des bases de lutte de classe, à savoir :

    combattre les divisions, rassembler contre une véritable tentative d’installer un climat de guerre civile, ; en permettant de bien identifier les responsables de ces atrocités plutôt que de désigner un bouc émissaire, un ennemi intérieur que seraient les musulmans ou les immigrés dans leur ensemble ; dérives dangereuses qu’il faut combattre dans la cité, dans les entreprises, dans les quartiers, dans les universités et les lieux scolaires… Sans déléguer, comme c’est devenu récurrent, la mise en œuvre de cette tâche aux instances religieuses, signe inquiétant d’une communautarisation des enjeux publics et d’un recul de la laïcité.

    Les moyens et les mesures de l’état d’urgence doivent être tournés exclusivement contre les terroristes et ne servir sous aucun prétexte à museler le mouvement social et ce qu’il reste de démocratie dans notre pays.

    Nous alertons également sur l’institutionnalisation de l’Etat d’urgence, promis à devenir une modalité courante de gestion du pouvoir et qui risque de favoriser la transformation de notre pays en état policier comme le souligne le Syndicat de la Magistrature, tout en intimidant le mouvement ouvrier alors que l’offensive antisociale ne va pas ralentir.

    C’est dire que l’action des travailleurs contre la répression syndicale comme à Amiens pour les Goodyear ou à Air France doit rester à l’ordre du jour comme la nécessité du développement de l’action contre toutes les agressions et les régressions qui demeurent à l’agenda gouvernemental (code du travail, précarisation généralisée, financement de la protection sociale, santé …).

    En ne renonçant pas aux manifestations dans l’espace public !

    Hommage aux services publics : monsieur Hollande, des actes !

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    C’est dire aussi que l’agression contre les services publics doit cesser, tout comme l’entreprise de privatisation rampante, notamment celle des aéroports par exemple.

    Car s’il est un des enseignements que l’on peut aussi tirer des actuels événements c’est bien leur rôle comme on a pu le constater avec la mobilisation exemplaire des hôpitaux parisiens au service des victimes de l’attentat du Bataclan. Et l’hommage qui a été en cette occasion rendu au personnel devrait d’abord se traduire par l’abandon de la réforme Hirsch qui s’en prend directement aux personnels en application du pacte Hollande-Vals de responsabilité, lui-même déclinaison du pacte budgétaire européen !

    Notre devoir

    Le système capitaliste porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage expliquait déjà Jaurès. Aujourd’hui plus que jamais, ce système économique en crise permanente allie guerre sociale à l’intérieur et guerres impérialistes à l’extérieur, déchaînant destructions, misère, pillages.

    Oui nous devons renouer avec les grandes traditions du mouvement ouvrier et syndical de la lutte pour la paix, non pas dans le flou des dénonciations sans contenu véritable mais en désignant nommément les fauteurs de guerre, les bénéficiaires du chaos actuel, les marchands d’armes dont notre pays qui se situe au troisième ou quatrième rang mondial et qui de ce fait ajoute le malheur aux malheurs du monde !

    Les organisations syndicales qui ont une visée transformatrice ont plus que jamais le devoir de ne plus rester sur des positions défensives. Elles doivent être porteuses de propositions permettant d’ouvrir de nouvelles perspectives de transformation sociale et de dépassement du rapport d’exploitation capitaliste, notamment en promouvant de nouvelles formes de socialisation des moyens de production. Ces perspectives ne pourront advenir qu’à la condition qu’elles redeviennent concrètement des organisations de masse. Les travailleurs ont besoin de retrouver de la confiance pour y adhérer et prendre leur part active dans l’organisation syndicale et contribuer collectivement à l’élaboration de revendications sociales émancipatrices.

    Elles doivent prendre au plus vite les dispositions permettant de reconquérir leur indépendance vis à vis des forces du capital et de renouer avec une politique syndicale internationaliste à la hauteur des enjeux actuels. Cela passe entre autre par une rupture claire notamment avec la Confédération Européenne des Syndicats.

    Le Front Syndical de Classe

    19 novembre 2015

    Union nationale pour une guerre sans fin et un état d’exception permanent ?

     

    (Samedi 21 novembre 2015)

     

    Pourquoi les leçons de Charlie n’ont-elles pas été tirées ? À nos morts et nos blessés de janvier s’ajoutent nos morts et nos blessés de novembre. Les rodomontades guerrières d’aujourd’hui masquent l’incompétence ou la manipulation. Ou bien les deux. Ces deux catastrophes nous rappellent que, dans la guerre, la seule victime c’est la population, c’est le peuple. Ce sont les nôtres, encore et toujours. Nous, le peuple, sommes les seuls à ne jamais avoir aucun intérêt à faire la guerre. Jamais.

     

    La peur qu’inspirent les assassinats et les mutilations du 13 novembre est d’autant plus forte qu’elle surgit alors que nous nous croyions à l’abri de la guerre. Et pourtant. Le climat s’est répandu, s’est incrusté même, d’une guerre sourde, rampante, omniprésente, sous la forme du management par la peur pratiquée à haute dose notamment depuis la crise de 2007-2008.

     

    Nous voyons, dans les entreprises comme à la ville nos collègues, les salariés, tous les travailleurs subir ce climat de menace, de chantage, d’intimidation, d’humiliation, de rabaissement de l’individu. Cette pénible atmosphère a été semée par la peur qu’inspire le maniement de l’arme du licenciement, de la dissuasion du chômage, de la chute dans la précarité, du déclassement social.

     

    La souffrance au travail s’est répandue parce que le prix de la vie humaine au travail a chuté vertigineusement. Au point que le suicide, la dépression, l’enfer au travail expriment au quotidien l’intensification et la maltraitance généralisée du salariat. Cette peur sociale se cumule désormais à la peur de la guerre. Quand le prix de la vie humaine est déprécié à ce point sur le marché du travail et dans l’entreprise publique, il ne risque pas d’être enchéri sur le terrain de la guerre.

     

    C’est de ce point de vue que nous examinons la propagande actuelle pour l’unité nationale : Il faudrait par peur se blottir derrière un chef providentiel et lui aliéner nos libertés, pour qu’il nous débarrasse, cette fois c’est sûr, de la bête terroriste. Mais, nous demandons-nous, pourquoi l’unité nationale fonctionnerait pour l’intérêt général alors que sur le terrain social nous perdons jusqu’au droit élémentaire d’accès aux moyens de vie, le salaire ? Nous ne serions, à l’entreprise ou à l’embauche, pas bons à grand-chose mais bons à tout pour l’entreprise de guerre ?

     

    Comment Hollande peut-il nous demander d’enfiler l’habit de l’Union nationale quand on nous refuse la moindre place dès qu’il s’agit des besoins sociaux élémentaires ? Chaque guerre entraîne son cortège de mensonges d’État, ce bourrage de crânes propre à chaque élan patriotique commandé d’en haut. Cette fois on nous assène : qu’importe votre statut de victimes sociales, embrassons-nous sous le drapeau tricolore, l’union est plus impérative et l’emporte en priorité sur votre chômage, votre précarité et celle de vos enfants. Aujourd’hui, alors que le gouvernement poursuit la destruction d’un service public dont à l’évidence nous avons tant besoin, alors qu’il impose l’ordre austéritaire de l’Union européenne et qu’il appuie de mille façons la classe patronale, il faudrait lui aliéner nos intérêts sociaux pour grimper sans mot dire sur le grand porte-avions de la guerre ?

     

    Quelle guerre ? De quelle guerre s’agit-il ? Les terroristes du 13 novembre ou de janvier ne l’ont pas initiée, ils l’ont portée au cœur de nos quartiers. Elle existait bien avant, mais c’était loin, là-bas, en Syrie, en Irak, en Lybie, au Mali. Par un étrange rapport de perspectives, du fait que notre armée n’est plus constituée sur la base de la conscription mais de la professionnalisation, il nous semble que ses théâtres d’opération extérieure, comme ils disent, ne nous concernent pas. L’action de nos troupes appointées comme des fonctionnaires n’aurait aucune conséquence pour la population, quoi qu’ils fassent là-bas, ce dont d’ailleurs nous ne sommes pas informés.

     

    On nous dit c’est une guerre de la civilisation contre la barbarie, c’est une guerre du droit contre le terrorisme,  lequel  n’est  qu’une  expression  bestiale  et  sans  idéologie  d’un  banditisme  international assoiffé de sang. Le fils Bush nous l’avait déjà dit après le 11 septembre. En réalité et au-delà de l’émotion, nous constatons que l’état de guerre permanent a suivi la progression de la mondialisation du capital. Il suit la courbe des profits financiers et la guerre se répand au rythme du commerce des armes, de la protection des intérêts des grands groupes transnationaux. Superposons à la carte de la Lybie la carte du pétrole, la carte des ventes d’armes avec la savante géopolitique nationale, et nous serons éclairés.

     

    Oui, la guerre peut être une porte de sortie des contradictions actuelles du capitalisme, comme ce fut le cas lors des deux guerres mondiales du siècle dernier. Un des moyens de lutte contre le caractère attractif des organisations de type Daesh – car elles attirent – consiste à saper le terrain au désespoir social, à la perte de sens d’une société à telle point inégale et inhumaine que quelques-uns regardent avec indifférence, du haut de tas d’or inouïs, l’immense majorité de la population subir la régression actuelle.

     

    L’égoïsme glacé des financiers et des rentiers pèse dans la déshumanisation de notre société de marché, réduite aux calculs économiques et spéculatifs. Que la réponse au terrorisme ignore la question sociale, le vivre ensemble et ses moyens, alors le militarisme policier emportera le pays vers un totalitarisme encore plus sûrement que le néofascisme du Front national.

     

    Pratiquerons-nous l’autocensure et mettrons-nous en veilleuse nos revendications au nom de l’union sacrée réclamée d’en haut pour faire une guerre sans fin. Ou bien, malgré et contre le renforcement de l’autorité de l’État autour du seul président, volontairement coupé de la souveraineté populaire, nous puisons de l’énergie dans la situation créée pour imposer l’État d’urgence sociale ?

    Choisir notre camp s’impose !

     

    Filpac-Cgt - Fédération des travailleurs des industries du livre du papier et de la communication 263, rue de Paris - case 426 - 93514 Montreuil cedex — Téléphone 01.55.82.85.74 — Fax 01.55.82.85.67Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser."> Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.www.filpac-cgt.fr

    Une autre musique : interview de Ph. Martinez à Médiapart

     

    Publié le 19 Novembre 2015

    Front des Libertés:
    la CGT, elle, tient bon.
    une autre musique : interview de Ph. Martinez à Médiapart
    Tout d’abord, comment comprenez-vous les très rares critiques entendues depuis l’instauration de l’état d’urgence et pourquoi est-ce la CGT, un syndicat, qui tient publiquement cette position en rédigeant un communiqué très critique (à lire ici)?
     
    Philippe Martinez. Il y a eu une déclaration commune d’un certain nombre de syndicats, mais nous sommes allés, c'est vrai, un peu plus loin dans notre analyse. Pourquoi nous ? On s’appuie sur notre vécu au travail, sur notre expérience comme syndicalistes, et c’est peut-être ce qui manque à d’autres. Le lien que nous avons avec les salariés nous oblige à considérer les questions sociales autour de ce sujet.
     
    Mais vous ne vous bornez pas aux questions sociales, vous prenez aussi position sur l’intérêt ou pas d’aller mener une guerre plus affirmée en Syrie ?
     
    Nous avons une petite expérience en la matière depuis 150 ans et l’analyse que l’on en tire, c’est qu’à chaque fois qu’on nous a dit qu’il fallait faire la guerre pour régler le problème, le problème se développe. Car quand on bombarde, on ne fait pas de différences entre les gens, ce sont des bombes qui tombent sur des femmes, des enfants, des hommes… Et après on s’étonne qu’ils fuient et quittent leur pays ! Je le dis souvent aux militants : en France aussi, pendant la Seconde Guerre mondiale, un exode a eu lieu. Donc cette position pacifiste est dans les gènes de la CGT. Nous avons toujours porté ces valeurs-là, et même si les conditions sont un peu différentes aujourd’hui, on doit être là pour les porter.
     
    Et vous ne vous sentez pas trop seuls ?
     
    Vous savez, à la CGT, on est parfois seuls mais c’est pas pour ça qu’on ne dit que des bêtises… Pour avoir un vrai débat, il faut des avis contradictoires. Sous cette notion d’union nationale, on a peut-être tendance à vouloir lisser les commentaires et les arguments. Ce n’est jamais bon pour la démocratie.
     
    Sur la question des libertés, êtes-vous inquiet en tant que membre du mouvement social des restrictions possibles ?
     
    On peut être inquiet, oui, c’est pour ça qu’on interpelle tout de suite le gouvernement. Il faut veiller à plus de sécurité et d’ailleurs on pourrait certainement se donner les moyens d’en faire encore plus, en termes d’effectifs. Y compris, je pense, pour les soignants. On a vu l’engagement des personnels de santé, qui venaient de quitter le travail et qui y sont retournés sans se poser de question. C’est vraiment ça, à mon sens, le service public, et ça méritait sans doute plus que des remerciements au moment où il y a plein de conflits à l’hôpital... Mais oui, nous avons des craintes car une politique de sécurité et une politique sécuritaire, ce n’est pas tout à fait la même chose. Il y a le risque de pouvoir par là-même bâillonner toute forme d’expression. Or les problèmes sociaux restent entiers, et exigent des mobilisations.
     
    Ce qui vous inquiète, c’est qu’on ne puisse plus se rassembler ou la mise sous surveillance du corps social ?
     
    Les deux. Il y a la surveillance individuelle, on va pouvoir bientôt écouter tout le monde, et nous avions d’ailleurs déjà critiqué la loi sur le renseignement à ce sujet. Et puis nous avons peur aussi pour les libertés collectives, le droit de se rassembler, de contester. Est-ce que les salariés d’Air France, par exemple, doivent accepter les licenciements sans réagir ? Ce sont de vraies questions.
     
    Vous estimez également que pour lutter contre la radicalisation, il faut plus de social, plus de justice, plus d’égalité. C’est selon vous la raison numéro un de la dérive de certains Français vers Daech ?
     
    Non, c’est l’une des raisons, et malheureusement, elle n’est pas évoquée. Si on ne lutte pas contre le chômage, la précarité, l’isolement et notamment des plus jeunes, si on les maintient exclus du travail, on les rejette vers des solutions qui ne sont pas les bonnes. On sait bien que même s’il y a beaucoup de choses à faire pour améliorer les entreprises, rentrer dans un collectif de travail permet des échanges, une vie en société, un enrichissement collectif. Tout ça pousse à d’autres aspirations que celles d’aller se faire exploser dans une foule au nom d’une idéologie nauséabonde. L’intégration par le travail, c’est essentiel pour nous. 
     
    La CGT, comme le reste de la société, est traversée par des mouvements contradictoires. Comment la base militante perçoit-elle ce que vous venez de déclarer au sein du bureau confédéral ?
     
    Je viens de faire une assemblée de militants ce matin dans le Doubs, on était une centaine, je n’ai pas entendu de réactions négatives à ce communiqué. Et en même temps, c’est notre rôle aussi, plutôt que de faire comme si le problème n’existait pas, de faire réagir, de planter le décor. La pire des choses, c’est que chacun reste dans son coin avec en tête quelque chose de si traumatisant. Il ne faut pas croire, même en province, même loin de Paris, c’est traumatisant. Donc il vaut mieux clairement dire ce que l’on pense et après on en discute. Ça suscite des questions, sur le racisme c’est clair qu’il y a des tensions. Mais ne pas en parler serait grave dans une organisation comme la nôtre, avec ce qu’elle pèse dans le pays.
     
    Il y a eu aussi des victimes parmi la CGT ?
     
    Oui, une responsable d’une union locale était avec sa fille au Bataclan, et donc deux militantes de la CGT ont été tuées. Un camarade de la métallurgie également. Nous sommes touchés directement, comme beaucoup de familles.
     
    Enfin sur la journée du 2 décembre, cela reste une journée d’action sociale ou le mot d’ordre a-t-il changé ?
     

    C’est une journée d’action sociale. Après Air France, nous avions dit non à la violence sociale. Autour de cette affaire, dans tout le pays, il s’agit de continuer à plaider pour le progrès social (les manifestations seront autorisées ou pas, selon les préfectures, précise le service de presse de la CGT, ndlr). Nous sommes contents de constater que le pacte de stabilité pouvait être contourné, ce dogme qui paraissait si inébranlable. Eh bien, c’est le moment ou jamais : allons-y, fixons-nous des priorités. Le social en est une. 

    Publié par Michel El Diablo

    A l'occasion des 120 ans de la CGT et des 70 ans de la FSM : « Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants, 1939-1949 » Un livre d'Annie Lacroix-Riz. 

    A l'occasion des 120 ans de la CGT et des 70 ans de la FSM : "Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants, 1939-1949" Un livre d'Annie Lacroix-Riz

    A l'occasion des 120 ans de la CGT et des 70 ans de la FSM signalons l'ouvrage d'Annie Lacroix-Riz :

    Annie Lacroix-Riz

    Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants, 1939-1949

    L’unité a assuré, depuis la fondation du syndicalisme, la puissance et la cohésion de la classe ouvrière et des salariés. Elle a été la cible permanente des assauts du patronat et de l’État à son service, secondés, à l’ère impérialiste, par leurs homologues allemands et américains : investisseurs de capitaux à l’étranger, Reich et États-Unis voulaient y écraser les salaires, donc combattre toute résistance ouvrière. C’est cette croisade multinationale qui généra le syndicalisme salarié international. Les forces patronales, unifiées elles, ont trouvé contre les « lutteurs » syndicalistes des alliés dans les éléments réformistes, majoritaires dans les pays du « Centre » impérialiste.


    L’intervention étrangère s’est développée pendant les années 1930, où le Reich allemand s’est ménagé, parmi les salariés aussi, la non-résistance à son invasion puis à son exploitation directe des ressources françaises. Elle a grandi dès la guerre, où les États-Unis ont préparé leur installation dans leur sphère d’influence. L’ouvrage, constitué de travaux échelonnés de la fin des années 1980 à 2012, étudie ces interventions étrangères contre le syndicalisme ouvrier unifié, national et international : l’immixtion allemande en France avant-guerre; puis américaine, en France, en Angleterre et en Allemagne, condition sine qua nond’une exploitation maximale des salariés du Vieux Continent.

    SOURCE : FSC

    Publié par Michel El Diablo

    AIR FRANCE: La CGT réclame une sûreté aéroportuaire PUBLIQUE

    Depuis la privatisation de la sûreté, la CGT dénonce cette perversion de la chasse aux coûts à tout prix. Photo : Bertrand Langlois/AFP

    Depuis la privatisation de la sûreté, la CGT dénonce cette perversion de la chasse aux coûts à tout prix. Photo : Bertrand Langlois/AFP

    Cinq jours après les attaques de Paris et Saint-Denis, dans un communiqué intitulé "État d'urgence: nos aéroports sont-ils correctement protégés ?", la CGT "alerte l'État et les citoyens sur les risques majeurs que courent les aéroports".
     

    Dans un communiqué (voir ci-dessous) la CGT d'Air France fustige la "privatisation" de la sûreté aéroportuaire qui fait peser des "risques majeurs" dans les aéroports, et demande à l'État d'en "assurer" à nouveau la gestion. Selon le syndicat, la sûreté des aéroports était autrefois un "pouvoir régalien" qui a été "sous-traité à des entreprises privées pour des raisons financières". Le marché a été privatisé en 2001. Cette année-là, à la suite des attentats du 11 septembre, "l'État américain n'hésitait pas à renationaliser toute la sûreté de ses aéroports", rappelle la CGT en indiquant que "depuis, les contrôles sont opérés par des policiers assermentés".

    "La sécurité et la sûreté ne peuvent être low-cost !", poursuit le syndicat d'Air France qui "dénonce cette perversion de la chasse aux coûts à tout prix", une "approche essentiellement financière du secteur aérien" qui met à mal "la coordination entre les différents acteurs". La CGT pointe les "failles de cette organisation", notamment "le turn-over et la précarité (plus de 30% d'intérimaires)" qui sont "incompatibles" avec "l'efficacité de la sûreté aéroportuaire".

    La France, frappée vendredi par des attaques ayant fait 129 morts, devrait "plus que jamais (...) revenir à un transport aérien public et une sûreté aéroportuaire assurée par des fonctionnaires d'État", conclut la CGT. Contrairement à la règle en vigueur dans de nombreux pays, ce sont les transporteurs aériens et non la puissance publique qui, dans l'Hexagone, financent les missions de sécurité et de sûreté.

    SOURCE: L'Humanité.fr

    19 novembre 2015

    Fédération des services publics CGT – Bagnolet, 19 novembre 2015

    Réforme territoriale et situation des fonctionnaires

     

    (Résumé)

     

    Pendant les décennies qui ont suivi la deuxième guerre mondiale on parlait d’aménagement du territoire. Progressivement, ensuite, de réforme territoriale.

     

    L’Acte I de la décentralisation, en 1982, a fait des agents publics des collectivités territoriales des fonctionnaires. Un statut de l’élu était prévu ainsi que de nouveaux pouvoirs d’intervention des citoyens et de leurs associations.

     

    L’Acte II, en 2003, a affirmé que l’organisation de la République était décentralisée, que les transferts de compétences devaient être accompagnés des financements correspondants et qu’une expérimentation législative décentralisée était possible sous conditions.

     

    L’Acte III a été initié par Nicolas Sarkozy (loi du 26 décembre 2010), continué par François Hollande. Il va entrainer de profonds bouleversements dans les services publics et dans les conditions de travail et de vie des fonctionnaires.

    Réforme Territoriale en France

    1. Une organisation bouleversée dés structures et des compétences

     

    A St-Dizier, le 20 octobre 2009, Nicolas Sarkozy a dit préférer les « pôles et les réseaux » aux « frontières et aux circonscriptions ».

     

    Dans cet esprit, 14 métropoles seront en place au 1er janvier 2016 (loi du 27 janvier 2014, ce sont les « pôles »). Elles recueilleront les compétences des EPCI et celles des communes concernées. Leur champ d’action s’inscrit dans un cadre international plus particulièrement celui de l’Union européenne (le « réseau »).

     

    De même, 13 régions ont été crées (loi du 15 janvier 2015). Elles absorberont certaines des compétences des départements (transports). Il y a suppression de la clause de compétence générale des régions et des départements (loi NOTRE du 5 août 2015). On relèvera aussi le renforcement de l’autorité du préfet de région, véritable gouverneur de celle-ci.

     

    l y a en fait complémentarité métropoles-régions-intercommunalités sur une base technocratique et autoritaire car il n’y a pas eu de concertation sur ces enjeux. Des transferts drastiques des effectifs et des qualifications seront exigés en dehors de tout système de formation continue et de moyens d’appui. On peut craindre alors un renforcement de la contractualisation et des risques de clientélisme et de corruption accrus.

     

    2.Des restrictions financières causes d’affaiblissement du service public

     

    Une réduction des crédits affecte les financements décentralisé. Une diminution de 11 milliards d’euros de l’aide de l’État aura lieu sur la période 2015-2017 (DGF). Le remplacement de la taxe professionnelle par la contribution économique territoriale ne garantit pas un financement pérenne. Il y a menace sur la fonction sociale des départements (RSA). Mais on doit souligner aussi le rôle de contrepouvoirs des collectivités territoriales.

     

    Il y a eu simultanément réduction des financements des services déconcentrés dans le cadre de la mise en œuvre de la LOLF et de la RGPP ainsi que par le non remplacement d’un emploi sur deux des fonctionnaires partant à la retraite. La politique de restrictions budgétaires actuelle va dans le même sens.

     

    Ces restrictions financières combinées vont avoir un effet négatif sur les investissements, le fonctionnement, les personnels, les capacités d’études avec souvent augmentation de la fiscalité. D’où un risque de recentralisation et la disparition des départements devenus inutile

    3. Des réformes administratives et statutaires discutables

     

    Sous Nicolas Sarkozy s’est produit un démantèlement de l’administration « rationalisante ». Une diminution des directions régionales et départementales (respectivement 8 et 3) était envisagée ; cet objectif a été reconduit. On pouvait se féliciter de la création du Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP, rebaptisé France Stratégie) et de la Modernisation de l’action publique (MAP), mais leur action effective reste peu probante. Par ailleurs, l’idéologie managériale continue d’inspirer les autorités administratives (NPM et réforme des études de l’ENA).

     

    Depuis sa création (1983-1984-1986) le Statut général des fonctionnaires a prouvé sa solidité mais aussi connu de multiples dénaturations. En 30 ans on a compté 225 modifications législatives (respectivement 30, 50, 84 et 61 pour les quatre titres) principalement concernant la fonction publique territoriale (loi Galland du 13 juillet 1987 notamment), alors désignée comme « maillon faible » du statut et présentée en même temps comme une « avant-garde ». Le gouvernement actuel manque d’ambition, faute d’intervenir porc assainir la situation dénaturée et de mettre en perspective des chantiers de transformations structurelles. La loi Lebranchu comporte des points positifs mais appelle aussi des réserves.

     

    On peut donc conclure à une déstabilisation territoriale dont il faut craindre une certaine inefficacité sociale et des régressions démocratiques. Les actions convergentes des populations, des élus et des fonctionnaires doivent être la réponse à ces craintes.

    Attentats, états d'urgences, revendications...

     

    Publié le 18 Novembre 2015

    La CGT intervient dans le débat.
    Et d'une façon offensive.
    Si seulement cela pouvait inspirer
    les notables au ventre mou.
     
    Attentats, états d'urgences, revendications...
     
    Déclaration du Comité confédéral national de la CGT

    mercredi 18 novembre 2015 , par Laura
     
    Le Comité confédéral national de la CGT réuni les 17 et 18 novembre 2015, tient à témoigner son soutien et sa solidarité à l’ensemble des familles touchées par la tragédie du vendredi 13 novembre. Elle salue à nouveau la mobilisation extraordinaire de l’ensemble des agents des services et entreprises publiques.
     
    Ces attentats, perpétrés sur des lieux de culture et de vie, frappent et concernent chacune et chacun d’entre nous, toutes les populations de toutes religions, origines ou nationalités et particulièrement la jeunesse. Des salariés, des adhérents d’organisations syndicales, sont au nombre des victimes, dont plusieurs de la CGT.
     
    Les attentats qui ont touché la France, frappent les populations partout dans le monde, comme à Beyrouth et en Turquie dernièrement, ou lors de l’explosion de l’avion Russe.
     
    Notre solidarité s’adresse à toutes les victimes de ces assassinats. Derrière ces atrocités, des discours trop souvent entendus reviennent à grands pas. La guerre ne règle rien, au contraire. Les lieux de tensions et conflits se multiplient avec leurs cortèges de morts, de destruction, de désolation et de haine. Les multiples interventions militaires (en Irak, en Lybie, en Syrie, etc.), loin d’instaurer la démocratie ont généré un appauvrissement des populations avec des centaines de milliers de victimes et une impasse économique et sociale. C’est le terreau sur lequel le terrorisme se développe, poussant des populations entières sur le chemin de l’exil.
     
    Avant la fin de la 2ème guerre mondiale, lors de la déclaration de l’OIT en 1944, l’ensemble des pays de la planète avait affirmé que seule la justice sociale serait facteur de paix.
     
    Bon nombre de gouvernements l’ont oublié et font le contraire.
     
    La CGT réaffirme ses valeurs de paix et de fraternité dans son combat pour le progrès social, la démocratie, la liberté, la laïcité, nécessaires au bien vivre ensemble. Elle s’insurge contre l’invitation du front national à l’Elysée. Elle refuse toute stigmatisation des étrangers et amalgame entre immigration et terrorisme.
     
    Aujourd’hui, la CGT prend note que le Président annonce dans son discours, ne plus considérer le pacte de stabilité comme un horizon indépassable. Elle exige donc un pacte de progrès, de démocratie sociale, d’éducation, de sécurité et de paix pour toutes les populations.
     
    Nous sommes favorables à un renforcement de la sécurité et des libertés des citoyens. Il ne faut pas confondre des moyens et des effectifs de police et gendarmerie supplémentaires avec une restriction des libertés individuelles et collectives. De même, combattre, écarter les formes de radicalisation passe avant tout par le respect des droits fondamentaux d’accès à l’éducation, à la culture, à la santé et à l’emploi.
     
    Ce n’est pas une quelconque modification de la constitution qui permettra de tarir les sources de financement et d’armement des terroristes. Il faut d’ailleurs souligner que l’Etat français est le 2ème pays vendeur d’armes au monde, devant la Russie et la Chine. La CGT exige l’arrêt de tout commerce d’armes avec les Etats qui entretiennent des liens avec les terroristes. Elle demande que la priorité soit donnée à la recherche de solutions multilatérales dans le cadre de l’ONU.
     
    Elle refuse que les salariés et la population française, à travers des modifications de la constitution, soient placés de fait dans un état d’urgence permanent.
     
    Elle refuse que l’expression revendicative et le mouvement social soient muselés.
     
    Cette situation douloureuse touche la conscience de chacun des citoyens, mais c’est bien le combat pour la justice sociale qui fera reculer les guerres, le terrorisme, le fondamentalisme, la xénophobie, le racisme, l’obscurantisme et la régression.
     
    Plus que jamais, la CGT appelle les salariés à refuser les reculs sociaux et se mobiliser pour les salaires, l’emploi, la réduction du temps de travail et l’amélioration des conditions de travail, la protection sociale, les libertés syndicales.
     
    La CGT engage une large consultation des salariés, afin d’être à l’écoute et de partager avec eux ses propositions pour sortir de cette crise. Elle débattra de la nécessaire mobilisation à mettre en œuvre pour y parvenir.
     
    Pour cela, le Comité confédéral national, appelle à poursuivre et amplifier la rencontre de ses syndiqués dans leurs syndicats, sur leurs lieux de travail.
     
    Après le temps du recueillement, les rendez-vous revendicatifs et mobilisations programmés doivent avoir lieu en travaillant des modalités permettant d’assurer la sécurité des salariés. Pas plus qu’il n’y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n’y aura de trêve dans l’action syndicale pour le progrès social.
     
    Notamment, le 2 décembre où la CGT appelle à une journée nationale d’action organisée en territoire, ayant pour thème « NON à la violence sociale, OUI à l’efficacité économique, sociale et environnementale ».
     
    La CGT œuvre pour préserver les droits et la citoyenneté de tous. C’est en ce sens, qu’elle a sollicité une rencontre avec le Gouvernement, sur le contenu des futures modifications constitutionnelles envisagées et pour les mesures à prendre allant dans le sens des attentes des salariés, dans le cadre de l’état d’urgence.
     
    Montreuil, le 18 novembre 2015
     

    Rédigé par Canaille Lerouge

    L'UD CGT de Paris et l'état d'urgence

     

    Publié le 17 Novembre 2015

    La CGT ne renoncera pas
    au droit de lutter,
    de se rassembler
    et de manifester !
     
    L'UD CGT de Paris et l'état d'urgenceUnion des syndicats CGT de Paris 85 rue Charlot 75140 PARIS cedex 03
    Téléphone : 01.44.78.53.31  - Télécopie : 01 48 87 89 97


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    La CGT ne renoncera pas au droit de lutter, de se rassembler et de manifester !

     

    Prolonger pour au moins 3 mois l’état d’urgence, modifier la Constitution, instaurer la déchéance de nationalité pour les terroristes nés en France, création d'une garde nationale : telles sont les mesures phares annoncées par le Président de la République à la suite des attentats qui ont frappé la France le 13 novembre.

     

    L’Union départementale CGT de Paris est pleinement consciente des dangers et des risques que font courir ces criminels. Elle s’inscrit dans une pratique syndicale responsable, particulièrement dans cette période, de la sécurité des salariés et des populations.

     

    L’Union départementale CGT de Paris tient, cependant, à mettre en garde contre le peu d’efficacité de l’état d’urgence et des dangers graves qu’ils comportent contre les libertés publiques, notamment la liberté syndicale, dans un contexte déjà marqué par une forte répression anti-syndicale.

     

    Il y a, en effet, peu de chances qu’un terroriste kamikaze prêt à se transformer en bombe humaine puisse être dissuadé de commettre son crime par la perspective de perdre la nationalité française.

     

    Et réformer, dans l’urgence, la Constitution, qui est la loi « des temps longs », nous paraît un contresens dangereux, qui réduit le temps de débat démocratique et la nécessaire sérénité qui doivent présider à ce type de réforme.

     

    Alors que de nombreux spécialistes appellent à une judiciarisation plus rapide des enquêtes contre le terrorisme, l’état d’urgence dispense les forces de police de recourir à des mandats avant de perquisitionner, mandats qui, de toute manière, ne leur aurait sûrement pas été refusé, au vu des circonstances.

     

    Les mesures d'urgences devraient plutôt permettre de répondre à la question du financement du terrorisme, notamment l’achat du pétrole et la vente d’armes.

     

    Il est illusoire de penser que nous pourrons-nous battre, ensemble, pour la défense de nos idéaux démocratiques, si nous commençons par renoncer à ces idéaux.

     

    Peu utile, donc sur le plan de la justice, l’état d’urgence apparaît comme dangereux pour les libertés et les nombreuses luttes sociales en cours.

     

    Pour la CGT Paris, il ne peut être question d’accepter qu’un des fondements de notre démocratie, la liberté syndicale, puisse être affaibli au nom… de la démocratie ! Il ne peut, également, être question de brider la contestation des politiques antisociales, que le gouvernement continuerait de mener comme si de rien n’était, au nom de la lutte contre le terrorisme ; ce d’autant plus que la précarité et l’exclusion sociale en sont le terreau.

     

    Nous refusons de renoncer au droit de défendre les intérêts des salariés. Nous savons apprécier par nous-mêmes les circonstances dans lesquelles nous pouvons appeler ou non à manifester ou se rassembler et nous entendons continuer à procéder de la sorte.

     
    Paris, le 17 novembre 2015
     

    Rédigé par Canaille Lerouge

    Publié par Jean Lévy

    Tafta et Code du travail

    Tafta et Code du travail
    Tafta et Code du travail
    Tafta et Code du travail
    Tafta et Code du travail

    Entre les lignes entre les mots

    Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

    uneLe projet d’accord entre les États-Unis et l’Union européenne (grand marché transatlantique, dit TAFTA) vise « la libéralisation réciproque du commerce des biens et services ainsi que des règles sur les questions en rapport avec le commerce[…] au-delà des engagements actuels de l’OMC».

    Cette formulation d’apparence anodine signifie que rien ne doit faire obstacle à la liberté d’installation du capital et à l’extension débridée du commerce.

    Que la croissance des échanges mondiaux n’ait pas eu pour effet de favoriser la croissance (leur propre objectif, dont ne discute pas la nature ici) n’a pas grande importance.

    Que le dézingage du Code du travail et de celui de la Sécurité sociale, renforcé par les politiques « austéritaires » menées au nom de ces principes, ait produit des effets inégaux mais désastreux dans tous les pays de l’Union européenne, en particulier en Grèce, Espagne, Portugal, n’émeut pas les dirigeants et les technocrates de l’Union européenne.

    Ces accords de « libre-échange » visent principalement à supprimer ou à réduire l’impact des normes de protection sociale, sanitaire, alimentaire, environnementale, à faire tomber tous les autres obstacles au « libre marché » (abaissement de ce qui reste des droits de douane, ouverture des marchés publics à tout vent, mise en cause des clauses de protection sanitaire et alimentaire, etc.).

    Autrement dit, ces projets d’accord permettent la poursuite aggravée de la baisse des salaires, des pensions, de la protection sociale, du démantèlement des lois sociales et relatives aux conditions de travail et aux libertés syndicales.

    Les projets de traités offrent en plus un mécanisme permettant aux firmes multinationales d’attaquer et de sanctionner un État dans le cas où une politique sociale ou de service public gênerait leur implantation ou la réalisation de leurs profits. Il s’agit des tribunaux d’arbitrage privés appelés mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE ou ISDS en acronyme anglais), véritable transfert de compétences judiciaires publiques vers des institutions privées.

    D’une façon générale, «toute politique sociale, sanitaire, écologique, tout développement et amélioration des services publics, pourraient être contestés devant des tribunaux privés, échappant au droit public. N’importe quelle firme serait alors en mesure d’attaquer un État ou une collectivité publique au motif que la réglementation sociale ou sanitaire l’empêcherait d’investir comme elle voudrait ou de réaliser les profits qu’elle aurait programmés1».

    De nombreux accords dits de « libre-échange » contiennent déjà de telles clauses, notamment l’ALENA (accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique) et leurs effets sont connus. Des centaines d’exemples montrent la force qu’ont les firmes multinationales dans le cadre de tribunaux privés, grâce en particulier à leur trésorerie, aux conseils juridiques qu’ils paient à prix d’or, et au fait qu’elles obtiennent ainsi le droit de nommer un tiers des « juges » de ce « tribunal » et peuvent s’opposer à la désignation d’un autre tiers de ces juges…

    Quelques cas

    En 1986, Disney a menacé d’implanter son parc d’attractions en Espagne s’il n’y avait pas de recours à l’arbitrage. L’entreprise américaine Lone Pine réclame 250 millions de dollars au Canada après que le Québec a imposé un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste. Le suédois Vattenfall exige 4,7 milliards d’euros à l’Allemagne pour sa sortie du nucléaire. Veolia a prétexté de l’augmentation du salaire minimum de 400 à 700 livres par mois (de 41 à 72 euros), une somme jugée inacceptable par la multinationale, pour porter plainte contre l’Égypte, le 25 juin 2012, devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), une officine de la Banque mondiale. Etc.

    Les Notes de la Fondation Copernic, Josepha Dirringer, Emmanuel Dockès, Guillaume Etiévant, Patrick Le Moal, Marc Mangenot : 

    Le Code du travail en sursis ?

    Editions Syllepse,