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Politique Européenne

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La Catalogne et l'Espagne: après ces élections régionales, on prend les mêmes et on recommence?

Le gouvernement central de Madrid, dirigé par le très réactionnaire Parti populaire, avait dissous le gouvernement régional de Catalogne démocratiquement élu mais partisan d'une république catalane. Le PS espagnol s'était aligné sur Madrid. Le gouvernement central comptait bénéficier de cette dissolution et se faire plébisciter. Le moins qu'on puisse dire est que la parti héritier de la dictature franquiste vient de subir une déroute monumentale.

La Catalogne et l'Espagne: après ces élections régionales, on prend les mêmes et on recommence?

135 députés et majorité absolue de 68 sièges

Votants: 81,94% soit + 7% sur 2015

Partis de droite:

Ciutadans: 37 députés +12

Parti populaire: 3 députés  -8

Parti socialiste, cousin de la gôche française: 17 députés  +1

CatComù-Podem dit de la gauche radicale:  8 députés  -3

Partis indépendantistes:

Ensemble pour la Catalogne (droite): 34 députés  +5

ERC (réformiste): 32 députés +11

CUP (extrême-gauche): 4 députés  -6

Rajoy, le premier ministre espagnol a déclaré ne vouloir discuter avec Cuitadans, parti de droite arrivé en tête, pour la formation du futur gouvernement catalan. Il s'aligne ainsi sur la position de l'UE du capital dont on connaît son goût pour la démocratie.

Mais dans l'arc politique issu de cette élection régionale, seule la CUP se déclare contre l'UE. Défaite du parti issu du Franquisme oui, mais émergence de Ciutadans, formation de droite et dont les dirigeants sont issus d'une scission du Parti populaire.

Ce qui reste du PC espagnol s'est aggloméré dans CatComù-Podem et agite toujours le mirage d'une Europe sociale tout comme cette composition politique électoraliste.

Ce n'est donc pas demain que des lendemains chanteront pour une république espagnole des travailleurs.

La Catalogne et l'Espagne: après ces élections régionales, on prend les mêmes et on recommence?

L’OTAN demande une conversion à l’économie de guerre

 


Par Wolfgang Jungmann – Le 15 novembre 2017 – Source NEOPresse

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

Le Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a appelé, à l’occasion de la rencontre des ministres de la Guerre de l’OTAN, à orienter la planification de l’infrastructure civile vers les besoins de l’armée : « Il ne s’agit pas seulement de commandement. Nous devons également veiller à ce que les routes et les ponts soient assez solides pour supporter les plus massifs de nos véhicules et que les réseaux ferroviaires pour le transport rapide de blindés et de matériel lourd soient bien équipés. »

 

Les rôles clés seraient assurés par les gouvernements nationaux, le secteur privé et l’Union européenne.

 

Stoltenberg n’a laissé planer aucun doute sur la direction que prendront les mouvements de troupes : « Les routes et les voies mal adaptées pour le transport des chars rendent actuellement difficile par exemple un déplacement rapide de troupes vers les pays baltes. »

 

C’est de nouveau contre la Russie. Exactement comme le Führer avait développé le réseau d’autoroutes par tous les moyens dans les années 1930, pour déplacer le plus rapidement possible des troupes et du matériel vers l’Est (le dernier tronçon de l’A2, qui reliait Berlin à la Ruhr, a été inauguré ponctuellement le 23 septembre 1939, pour le début de la Seconde Guerre mondiale), le renforcement de l’infrastructure de transport fait partie aujourd’hui encore d’une préparation consciencieuse et responsable de la guerre.

 

L’ensemble de l’UE a immédiatement pris position, claqué des talons et promis solennellement de remettre prochainement en état le réseau de transports à l’abandon en Europe. Die Zeit rapporte : « Federica Mogherini, la représentante de l’UE pour les affaires étrangères, a annoncé à Bruxelles que la Commission européenne diffuserait, d’ici la fin de la semaine, des propositions sur la manière dont le transport de troupes à l’intérieur de l’Europe peut être amélioré»

 

Cette entrée massive de la politique en faveur d’une économie de guerre, dans laquelle toutes les activités se concentrent uniquement sur le renforcement de la capacité de faire la guerre, est le point culminant d’une propagande belliqueuse s’aggravant sans cesse. En la matière, un pas entraîne toujours l’autre. Il semble toujours que l’OTAN soit en position défensive par rapport à la Russie et qu’en plus sa force militaire doive être nettement supérieure.

 

Ainsi les agressions actuelles de l’OTAN contre la Russie sont fondées sur la situation en Ukraine, sa prétendue annexion de la Crimée et son intervention dans la guerre en Syrie. Ici, la véracité des faits et du contexte historique ne joue aucun rôle.

 

L’important est de présenter toutes les agressions par les États-Unis et l’OTAN exclusivement comme des mesures défensives. Presque toujours, au début d’une crise, d’un conflit, on peut entendre les bruits de bottes de l’OTAN.

 

Par exemple, les États-Unis ont mis le feu en Ukraine il y a plusieurs années, lorsque s’y jouait en 2004, aux yeux du public, une mise en scène convaincante.

 

« Soixante-cinq millions de dollars fournis par les contribuables ont été versés depuis 2002 par le Département d’État américain pour les élections en Ukraine, par le biais du NED et des fondations des partis Démocrate et Républicain aux États-Unis, respectivement le NDI et l’IRI », écrit Der Spiegel dans son numéro 46 de 2005. Il cite le sénateur républicain Ron Paul :

 

« Nous ne savons pas exactement combien de millions ou de douzaines de millions de dollars le gouvernement des États-Unis a dépensé pour l’élection présidentielle en Ukraine. Mais nous savons qu’une grande partie de cet argent était destinée à soutenir un candidat spécifique ». Puis il explique à ses lecteurs : « Victor Iouchtchenko ».

 

En ce moment, des faits importants, selon lesquels les élections présidentielles aux États-Unis auraient été manipulées par la Russie, constituent ainsi un levier pour continuer à stigmatiser la Russie.

 

Comme on le sait, l’affaire du changement de régime et de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN a mal tourné à l’époque. Der Spiegel a toutefois écrit ces mots prophétiques en 2005 déjà :

 

« D’un autre côté, il n’y a plus de retour en arrière possible pour les États-Unis et leurs alliés. Beaucoup d’argent, beaucoup d’efforts ont été investis. Dans les semaines précédant l’élection (de Iouchtchenko à la présidence de l’Ukraine), des valises d’argent liquide provenant des États-Unis furent livrées à l’aéroport de Kiev, raconte la comptable de l’organisation d’opposition ‘Notre Ukraine’. Un don américain privé de plus de 150 000 dollars a été temporairement mis à l’écart parce que personne ne savait plus où l’affecter. »

 

Ce qui était vrai alors l’est encore plus aujourd’hui. S’il y avait à l’époque « beaucoup de millions ou de douzaines de millions de dollars », en 2014, dix ans plus tard, selon la secrétaire d’État américaine alors en poste Victoria Nuland, c’était plus de 5 milliards de dollars que les États-Unis et leurs alliés avaient investis dans un changement de régime en Ukraine, dont l’unique but était d’encercler la Russie. Nuland a mentionné cette somme dans une conversation téléphonique interceptée par le service de renseignement ukrainien le 28 janvier 2014.

 

Tout le monde sait qu’il faut des retours sur investissement. Les retours, dans une Ukraine colonisée par l’Occident, permettraient avant tout de bloquer facilement les livraisons de pétrole et de gaz de la Russie, puisque ces sources d’énergie sont amenées dans l’UE par le système de pipeline ukrainien. Ensuite, les fournisseurs d’énergie dominés par les États-Unis se précipiteraient.

 

L’hebdomadaire Die Zeit cite le prof. John Mearsheimer, qui enseigne la science politique à l’Université de Chicago, dans un article d’Alice Bota du 17 mai 2015, dans lequel celle-ci se donne toute les peines du monde pour nier l’influence américaine en Ukraine :

 

« Selon lui (le prof. Maersheimer), Washington poursuit sa politique d’ingérence en Ukraine, dix ans après la Révolution orange. Pour lui, c’est clair : les manifestations sur le Maïdan, qui ont finalement abouti au renversement du président Victor Ianoukovitch le 22 février 2014, ont été préparées par les Américains pendant des années, avec beaucoup d’argent. Un coup d’État. L’Amérique voulait un changement de pouvoir car elle voulait gagner de l’influence sur l’Ukraine. »

 

Bien que l’on veuille absolument nous faire croire que les manifestations du Maïdan ont conduit au renversement de Ianoukovitch, les manifestants étaient, dans le meilleur des cas, des figurants dans un drame qui se déroulait devant l’opinion publique mondiale, et dont le déroulement et l’issue étaient décidés depuis longtemps. Les temps changent, de même que Serge Eisenstein a essayé en 1928, avec les moyens du cinéma muet et des milliers de figurants, de donner une image de la Révolution d’Octobre qui avait très peu à voir avec la réalité, les tireurs de ficelles aux États-Unis ont donné, avec l’aide des nouveaux médias, l’image d’une insurrection populaire en Ukraine qui n’a jamais eu lieu.

 

Le renversement du pouvoir à Kiev était décidé depuis longtemps. Le Maïdan n’a été que l’occasion bienvenue de frapper enfin. Après plusieurs semaines de manifestations contre un gouvernement corrompu, qui n’a pas hésité à « violer son propre peuple », le monde était prêt pour le « décompte final ». Le 20 février, la violence s’est intensifiée. Il y a eu des coups de feu.

 

Le soir, 70 personnes gisaient, mortes, sur le pavé. Les responsables des tirs en embuscade ne sont toujours pas identifiés, encore moins jugés. [Si, on sait aujourd’hui qui étaient les tireurs. Voir cet article, NdT]Notamment parce que le nouveau gouvernement a montré peu d’enthousiasme pour faire la lumière.

 

L’important n’était pas la vérité, mais ce qui était tenu pour la vérité dans l’opinion publique et c’était l’histoire que les médias racontaient déjà alors que les corps des morts n’étaient pas encore froids : les Berkut, les forces spéciales de Ianoukovitch, avaient tiré indistinctement dans la foule – sur ordre du président. Ainsi Ianoukovitch était définitivement discrédité et visé. Il a fui la foule excitée par le parti nazi « Secteur droit » : « Ils réclament la peine de mort, ils veulent le mettre au pilori, mais il doit au moins aller au tribunal », et Der Spiegel se réjouissait encore le 24 février de voir enfin en Russie un spectacle semblable à la pendaison publique de Saddam Hussein ou à l’ignoble assassinat de Kadhafi.

 

Les forces qui se trouvaient maintenant au pouvoir en Ukraine ne représentaient plus du tout une grande partie de la population ukrainienne. Selon le dernier recensement à peu près fiable, environ 8 334 100 Russes ethniques vivaient en Ukraine, soit 17,3% de la population totale. L’une des premières mesures du nouveau gouvernement a été la suppression du russe comme deuxième langue officielle. Cela a suscité la colère, en particulier, des habitants des oblasts de Lougansk et de Donetsk, où la proportion de la population russe est respectivement de 39% et de 38,2%, et en Crimée, où les Russes sont majoritaires. La loi existe toujours. Si elle n’est plus en vigueur actuellement, elle  pourrait à tout moment le redevenir.

 

La population a protesté, ce qui a poussé le nouveau gouvernement à envoyer des troupes [contre les régions rétives du Donbass, NdT] qui, armées jusqu’aux dents, ont même utilisé l’artillerie. En juillet, le nouveau président ukrainien, le fabricant de chocolat et oligarque Porochenko, a déclaré, tout à fait dans le style des généraux de la Wehrmacht lors de la Seconde Guerre mondiale : « Les militants paieront de centaines de vies celle de chacun de nos soldats. »

 

Die Welt écrivait le 19 décembre 2012 :

 

« Les directives du haut commandement de la Wehrmacht de septembre 1941 ordonnaient par exemple de fusiller de 40 à 100 ‘communistes, nationalistes ou démocrates’ par soldat allemand tué… Dans la Yougoslavie occupée, le général Franz Böhme avait établi que pour chaque soldat allemand tué, il fallait fusiller 100 otages, et que pour chaque blessé, il fallait en fusiller 50. »

 

Wilhelm Keitel, le commandant en chef de l’armée allemande, a été condamné à mort par pendaison le 1er octobre 1946 lors du procès de Nuremberg contre les principaux criminels de guerre, entre autres à cause de ses « ordonnances de représailles » [contre les otages civils, NdT]. La peine a été exécutée le 16 octobre 1946 à Nuremberg.

 

En Crimée, le gouvernement russe devait craindre pour le maintien de sa flotte de la mer Noire à Sébastopol. Déjà sous le président Iouchtchenko, pro-occidental, l’accord conclu en 1997 et valable jusqu’en 2017 sur l’utilisation des installations par la flotte russe à Sébastopol était utilisé par l’Ukraine comme moyen de chantage sur la Russie.

 

Au cours du conflit gazier de 2005-2006, l’Institut pour la sécurité nationale de l’Ukraine a proposé qu’« une série de compromis politiques devait être recherchée suite à l’augmentation rapide des prix de l’approvisionnement en gaz, fixés dans l’accord ukrainien [avec la Russie, NdT]. Cela comprenait l’accord sur le retrait anticipé (au 1er janvier 2012) de Crimée de la flotte russe en mer Noire et le protocole dans lequel la Russie devrait déclarer explicitement qu’elle n’aurait pas d’objections à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN dans un avenir prévisible (2008-2010) », comme l’écrit assez maladroitement Lyudmyla Synelnyk dans l’ouvrage paru en 2013 “Energieressourcen und politische Erpressung : Der Gasstreit zwischen Russland und der Ukraine” (Ressources énergétiques et chantage politique : le conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine). En 2008, Iouchtchenko se penchait encore une fois personnellement sur la question. Lyudmyla Synelnyk écrit :

 

« C’est ainsi que le 20 mai 2008 (donc quelques mois avant la guerre en Géorgie d’août 2008) – contrairement aux affirmations de la presse occidentale selon lesquelles cette exigence était une réaction à la participation d’éléments de la flotte russe à la guerre) – le gouvernement ukrainien a été chargé par décret présidentiel de préparer un projet de loi sur l’abrogation de l’accord russo-ukrainien sur le stationnement de la flotte de la mer Noire russe après 2017. »

 

Bien que le traité ait été prolongé de 2010 à 2042, Poutine savait que l’expulsion de la flotte de Sébastopol menaçait la Russie au plus tard en 2017, les États-Unis prenant ensuite possession des installations, les forces au pouvoir à Kiev n’ont d’entrée pas reconnu la prolongation de l’accord.

 

On peut appeler cela une politique de puissance, mais la Russie devait agir, tant en Ukraine de l’Est, dont la séparation du reste du pays était planifiée et acceptée tout à fait ouvertement avec un haussement d’épaules dans les médias occidentaux dès le début du Maïdan, qu’en Crimée. La Russie avait été massivement défiée par les États-Unis, l’OTAN et l’Union européenne. Mais maintenant, elle était présentée comme l’unique agresseur.

 

On reconnaît sans peine le même schéma dans le cas de la Syrie. Des troubles intérieurs limités ont été utilisés pour amener dans le pays des mercenaires, des armes et des munitions en grand nombre sous le prétexte de protéger la population d’un dictateur massacreur de son propre peuple. Un mémorandum qui se trouvait dans les courriels piratés de Hillary Clinton démontre qu’il ne s’agit en aucun cas, pour les États-Unis, de liberté et de droits de l’homme pour la population syrienne.

 

Le document ne porte ni la date ni le nom de son auteur, d’où on peut déduire qu’il s’agit d’un proche collaborateur de Clinton, ou de la ministre américaine des Affaires étrangères de l’époque elle-même. À partir de quelques passages du texte, on peut facilement dater la rédaction du papier à mars-avril 2012, donc à un stade très précoce de la guerre en Syrie.

 

La toute première phrase dans le document de WikiLeaks dément la version américaine de l’ingérence : « La meilleure façon d’aider Israël à faire face à la menace nucléaire croissante de l’Iran est d’aider les Syriens à renverser le régime de Bachar al-Assad. »

 

Il s’agissait donc à l’évidence d’affaiblir l’Iran en le privant de son plus fidèle allié. Il s’agissait de maintenir le monopole d’Israël sur les armes nucléaires au Proche-Orient : « Ce dont l’armée israélienne s’inquiète vraiment – mais ne peut pas en parler ouvertement – c’est de la perte de son monopole nucléaire. Une capacité nucléaire iranienne ne mettrait pas seulement fin à ce monopole, mais pourrait aussi inciter d’autres adversaires, comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, à s’équiper d’armes nucléaires. »

 

La secrétaire d’État américaine ou l’un de ses plus proches collaborateurs révèlent au printemps 2012 les vraies réflexions de l’administration Obama : « C’est la relation stratégique entre l’Iran et le régime de Bachar al-Assad en Syrie qui permet à l’Iran de saper la sécurité d’Israël (…) par ses alliés au Liban, comme le Hezbollah, qui est soutenu, armé et formé par l’Iran en Syrie. »

 

De cela, il n’y a qu’une conclusion à tirer : « La fin du régime d’Assad mettrait fin à cette alliance dangereuse. »

 

Visiblement, on ne faisait pas confiance à ses propres négociations avec l’Iran sur la limitation de son programme nucléaire, ces dernières n’avaient d’emblée qu’une fonction d’alibi : « Les négociations sur la limitation du programme nucléaire iranien ne résoudront pas le dilemme sécuritaire d’Israël. Elles n’empêcheront pas non plus l’Iran de continuer à développer la partie décisive de son programme nucléaire – la capacité d’enrichir l’uranium. »

 

Et donc, en 2012, le renversement d’Assad n’était considéré à Washington que comme la première étape d’une importante solution définitive. La petite guerre avant la très grande contre l’Iran : « Faire tomber Assad ne serait pas seulement une énorme bénédiction pour la sécurité d’Israël, cela atténuerait également la peur compréhensible d’Israël de la perte de son monopole nucléaire. Ensuite Israël et les États-Unis pourraient développer une vision commune au moment où le programme iranien serait si dangereux qu’une action militaire pourrait se justifier. »

 

On pensait procéder avec Assad et sa famille comme auparavant avec Saddam Hussein en Irak ou Mouammar Kadhafi en Libye : « Sa vie et sa famille étant en danger, seule la menace ou l’usage de la force changera l’esprit du dictateur Bachar al-Assad. »

 

On n’avait pas non plus l’intention de se laisser entraver par le droit international. Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait approuver une intervention militaire contre la Syrie, a été écarté d’autorité : « La Russie ne soutiendra jamais une telle mission, donc cela n’a aucun sens de passer par le Conseil de sécurité des Nations unies. »

 

Quant à la Russie alliée de la Syrie, où se trouve sa seule base militaire en Méditerranée, elle était encore considérée comme beaucoup trop faible pour qu’on doive se préoccuper davantage de sa réaction : « Certains soutiennent que la participation des États-Unis fait courir le risque d’une autre guerre avec la Russie. Mais l’exemple du Kosovo montre autre chose. Dans ce cas, la Russie avait de vrais liens ethniques et politiques avec les Serbes, des liens qui n’existent pas entre la Russie et la Syrie, et même alors elle n’avait rien fait de plus que se plaindre. »

 

Comme on sait, tout s’est ensuite déroulé un peu différemment. Vraisemblablement aussi parce que Hillary Clinton n’était plus la ministre des Affaires étrangère des États-Unis pendant le second mandat d’Obama et qu’elle se préparait, avec son équipe de néocons et de fauteurs de guerre, à sa propre campagne présidentielle de 2016. Obama a reculé plusieurs fois devant une participation directe des États-Unis à la guerre en Syrie.

 

À la demande d’Assad, la Russie s’est activement engagée en septembre 2015 contre les terroristes islamistes avec des frappes aériennes et a mis fin à l’interminable effusion de sang du peuple syrien, à quelques exceptions près. Mais dans la propagande, la Russie était désormais l’agresseur, comme si c’était Poutine qui avait été à l’origine des nombreux morts en Syrie pour des raisons stratégiques et non les États-Unis.

 

Revenons maintenant à la demande de l’OTAN de transformer graduellement notre économie en une économie de guerre.

 

Avec la stigmatisation en tant qu’agresseur qui a attaqué d’autres pays comme l’Ukraine et la Syrie, en violation du droit international, il y a l’avertissement injustifiable que l’ours russe pourrait aussi intervenir militairement contre d’autres pays, et en premier lieu contre les États baltes. Alors la peur a été attisée et rapidement, l’appel à s’armer a retenti. La Russie ne comprend que le langage de la force, il faut la retenir, montrer sa force.

 

Aucun épouvantail, aucune comparaison avec des événements historiques catastrophiques n’a été et n’est suffisant pour retenir les applaudissements de l’industrie de l’armement et des faucons. On a cité à maintes reprises la politique d’apaisement du Premier ministre britannique Neville Chamberlain à l’égard d’Hitler en 1938. Si Chamberlain avait alors remis énergiquement Hitler à sa place, soutient-on encore et encore, la Seconde Guerre mondiale n’aurait jamais eu lieu.

 

La stupide comparaison de Poutine avec Hitler est censée faire peur aux gens. Ils doivent se préparer à la grande confrontation avec le Mal éternel. Comme dans toute économie de guerre, ils doivent mettre de côté leurs besoins personnels au profit du grand effort nécessaire pour écraser l’ennemi décrit comme hyper-puissant.

 

Adieu les nouvelles places en crèche, adieu les écoles toute la journée, la prise en charge des enfants et des jeunes, adieu les systèmes de retraite équitables, la dignité dans la vieillesse, les investissements dans le système de santé et les soins.

 

Dorénavant, chaque euro sera utilisé pour la formation à la défense. Chaque pays doit consacrer 2% du produit intérieur brut, chaque année, pour son armement. À cela s’ajoutent maintenant les coûts énormes pour élargir les routes sur lesquelles les blindés pourront rouler vers l’Est, pour renforcer des ponts qui devront supporter les énormes colosses de métal. Sans aucun égard pour l’environnement, les autoroutes devront pouvoir être utilisées en cas de guerre comme pistes d’atterrissage et de décollage pour les bombardiers meurtriers. Les lignes de chemin de fer doivent être modernisées, non pas pour se rendre mieux, plus vite et plus ponctuellement de A à B, mais pour qu’on puisse les employer, en cas de besoin, pour la victoire.

 

Mais chers concitoyens, soyez confiants et donnez volontiers pour les chars, les fusées et les bombardiers. Pour le moment, ils ne veulent que votre argent. Mais tôt ou tard, ils viendront et ils vous demanderont vos enfants et vos petits-enfants.

 

Wolfgang Jungmann

 

Le néo-franquiste Mariano Rajoy, chef du gouvernement de Madrid, ultra-conservateur et « plus pourri que les égouts de la ville », selon un syndicaliste ami, a reçu une belle claque aux élections catalanes du 21 décembre 2017, imposées précisément par lui.

Savourons donc notre plaisir... Les trois formations « indépendantistes » obtiennent la majorité absolue : 70 sièges sur 135.

 

MAIS l’avenir d’une « République catalane » sociale, progressiste, non inféodée à Bruxelles, n’est pas assuré pour autant. La stratégie du rejeton franquiste Rajoy tenait en quelques mots ? Jeter de l’huile sur le feu de la crise aiguisée par lui et « le système », depuis des mois, refuser tout dialogue, toute remise en cause d’une « transition » obsolète... afin de ramasser la mise politicienne. Son parti, le « parti populaire », vomi par les Catalans, arrive en dernier, tout à fait en queue. C’est que « Marianito », ce triste personnage, et ses acolytes, ont réprimé, sans aucune retenue, le référendum du premier octobre 2017, et la déclaration unilatérale le 27 octobre 2017, d’une brumeuse « République catalane »... cognant sur femmes, enfants, vieillards... Tout fait matraque ! Tous des « rouges » ! M. Rajoy a fait en réalité un coup d’État qui ne dit pas son nom, et mis la Catalogne sous tutelle de Madrid, humiliation suprême, jeté des dirigeants « indépendantistes », élus démocratiquement, en prison, condamner d’autres à l’exil. L’article 155 visait à installer en Catalogne une « dictature molle », à briser les résistances, à réinstaurer l’ordre ancien : répression d’Etat et misère sociale, violation des droits de l’homme, atteinte aux libertés de base... La droite ultra a voulu appliquer aux Catalans le bâillon et le corset d’un franquisme encore présent dans les réalités et les mémoires. On le sait : l’Espagne n’a pas réellement « défranquisé ». Le franquisme fut un régime parmi les plus sanglants de l’histoire contemporaine. L’article 155 ressemble comme goutte d’eau aux oukases franquistes.

 

En 2006, alors qu’un nouveau statut d’autonomie de la Catalogne, plus large, avait fait la quasi unanimité, « Marianito » l’héritier du franquisme, le fit annuler par une justice majoritairement dépendante, provoquant en Catalogne des réactions de colère populaire, de dignité, et une montée en flèche de la revendication « indépendantiste » (elle tournait à l’époque autour des 5% à peine). La majorité des « indépendantistes » associent désormais la revendication nationale à la souveraineté, au respect par Madrid des droits historiques des Catalans, au fait national, culturel, encore brimé. L’emprise mortelle du libéralisme, de Bruxelles, a exacerbé les exigences. La tentative de reprise en mains vient de connaître un échec cinglant. Le taux de participation aux urnes a atteint une record historique : plus de 82% de votants.

 

Dans les conditions fort difficiles du moment, avec un roitelet sorti de sa réserve, outrepassant son rôle de chef d’Etat « modérateur », avec un matraquage inouï des droites « unionistes », la victoire des « indépendantistes » n’en est que plus significative des attentes démocratiques et sociales des Catalans. Avec un président légitime, Carles Puigdemont (« Démocrates », PDeCAT), contraint à l’exil et un vice-président Oriols Junqueras, gauche républicaine de Catalogne, (ERC), embastillé à Madrid, le résultat des trois formations « indépendantistes » (ajoutons le bloc CUP-Junts per Catalunya), constitue bien une victoire populaire, même si elle n’est pas dénuée d’ambigüités et de contradictions de classe. Et même si la nouvelle droite (Ciudadanos) « Ciudadans », cache-sexe de l’autre, l’ancienne, issue du franquisme, a drainé ceux qui veulent le statu quo et ont peur..., la peur, un argument électoral facile.

 

Seule une réparation, seule une libération rapide et une amnistie de tous les détenus, les poursuivis, seule une issue politique négociée, seule « une Espagne (enfin) de toutes les Espagne », plurinationale, fédérale, seul un nouveau pacte fédéral, un processus constituant, pourront éviter la rupture définitive, si cela est encore possible.

 

Jean ORTIZ

URL de cet article 32726 

Les fondations allemandes, instrument d’un impérialisme particulier dans un monde globalisé par Monika Karbowska

 

22 Décembre 2017

Monika a fait un brillant exposé dans ma cellule sur la fin de la Pologne populaire et la situation des travailleurs détachés aujourd’hui. Tout le monde était passionné, elle a consacré une partie de l’exposé au rôle des fondations allemandes. Sur demande des camarades, elle leur  a envoyé hier une intervention qu’elle avait réalisé’e dans le cadre du forum alternatif Resistance de Sousse le 26 mars 2015. Je vous en fait bénéficier, en pensant que les vacances de la Noël vous rendront studieux sur un sujet aussi important pour comprendre la nature de l’UE

 

(note de Danielle Bleitrach)


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Intervention réalisée dans le cadre du Forum Alternatif Résistance de Sousse, le 26 mars 2015

Cet article est basé sur l’ouvrage de Dorota Dakowska « Le Pouvoir des fondations, des instruments de la politique étrangère allemande », paru en 2014 aux Presses Universitaires de Rennes. Polonaise d’origine, fondatrice de l’Association des Etudiants Polonais en France en 1996, Dorota Dakowska a soutenu son DEA à l’Institut des Sciences Politiques de Paris en 1999. Son sujet était déjà les fondations en tant qu’instrument particulier des politiques de la France et de l’Allemagne à l’égard de la Pologne en transformation capitaliste. Actuellement Dorota Dakowska est maître de conférences en Sciences Politiques à l’Université de Strasbourg et son ouvrage est le fruit de 15 ans de recherche et de sa thèse de doctorat. Elle a notamment travaillé sur les archives des ministères allemands des affaires étrangères et de la coopération, sur les archives des fondations elles-mêmes mais aussi en réalisant de multiples entretiens avec les responsables politiques allemands, polonais, hongrois.

 

L’article suivant est un condensé de ce travail de recherche complété par des expériences personnel de travail avec les fondations.

 

Les fondations allemandes sont riches d’une impressionnante dotation financière publique : 460 millions d’Euros leur ont été distribué pour l’année 2010, par exemple. Indissociable du système politique allemand, les fondations « participent à la mise en œuvre de la politique étrangère et de l’aide au développement »[1] de l’Allemagne, alors même qu’elles apparaissent dans leur communication comme des « ONG » désintéressées et oeuvrant pour des valeurs humanistes supérieures.

 

Les fondations politiques allemandes en tant que produit de l’histoire de la RFA

 

Selon le travail de recherche de Dorota Dakowska, les fondations allemandes sont issues des programmes d’éducation politique imposés à l’Allemagne vaincue par les Alliés en 1945. Mais la structure politiques de fondations et le rôle social de fondations dans la société allemande est bien plus ancien : ses racines plongent dans l’organisation sociale du 19 siècle. En effet, à l’époque, ce sont des fondations en tant qu’organismes corporatistes intermédiaires entre le capital et le travail qui mettent en œuvre les politiques sociales de Bismarck. En 1925 est fondée la plus ancienne des fondations existantes, la Fondation Friedrich Ebert dont l’objectif était de perpétuer le souvenir du 1er chancelier de la République de Weimar. Elle était alors financée par des dons privés et dirigés par des militants socialistes. Un de ses axes de travail était le financement de bourses aux étudiants de la classe ouvrière. Interdite par les nazis, elle renaitra en 1947 sous une tout autre forme.

 

Le nazisme a détruit les structures sociales et politiques de l’ancienne Allemagne. Les Alliés de la coalition anti-nazie, par la conquête de l’Allemagne et leur politique de dénazification ont dissous les structures instaurées par les nazis. Les fondations politiques allemandes sont le fruit de  la « Stunde Null » (« Année zéro »), allemande, de la création des deux Allemagnes, de deux blocs antagonistes et de l’affrontement entre les deux Allemagnes. Les alliés occidentaux créent la RFA et décident de la teneur de la Loi Fondamentale allemande qui marque la démocratisation mais aussi l’occidentalisation de la nouvelle Allemagne, son arrimage au nouveau système politique occidental mis en place par les Etats Unis en Europe. Ce sont également les USA et la Grande Bretagne qui décident de la mise en place des structures étatiques de l’Allemagne occidentale encore occupée. Le Ministère des Affaires Etrangères de la RFA crée en 1950 tout d’abord comme structure dépendante de la chancellerie, donc directement de Konrad Adenauer, met en œuvre la politique d’hostilité vis-à-vis du bloc communiste et de la RDA. La RFA ne reconnait pas la RDA et la combat sur la scène internationale conformément à la « doctrine Hallstein ». La RFA adhère à l’OTAN en 1955 suite au rejet par le peuple français de la Communauté Européenne de Défense préconisée par les USA.  En 1956 le Parti Communiste Allemand est interdit en RFA.

 

C’est dans ce cadre de mise en place par les Occidentaux de structures sociales et politiques nouvelles en RFA que naissent les fondations politiques. L’objectif est de former de nouveaux responsables et militants politiques acquis à la politique et aux institutions des pays occidentaux. La nouvelle fondation Ebert acquiert en 1954 sa personnalité juridique. Son objectif est alors de former de nouveaux cadres politiques du SPD et de former et influencer les chercheurs universitaires acquis aux idées socialistes. La Fondation Konrad Adenauer est crée en 1952 par les députés du CDU au Bundestag (le parti Chrétien Démocrate d’Adenauer). Elle est d’emblée financée par le CDU et dirigée par des politiques professionnels de ce parti. Deux de ces dirigeants, Bruno Hech et Konrad Kraske sont responsables des campagnes électorales de la CDU dans les années 50 et 60 et on peut dire, les artisans de ses victoires. La Fondation Friedrich Naumann est crée en 1958 par le Parti Libéral, allié des chrétiens démocrates.

 

Au début des années 60 les USA préconisent pour  les pays du bloc de l’Ouest la stratégie de « l’aide au développement » et réorientent la politique des fondations allemandes vers l’action à l’étranger. Le but est d’influencer les Etats nouvellement indépendants en Afrique et en Asie afin de les éloigner de toute tentation de communisme et surtout d’éviter qu’ils ne reconnaissent la RDA et collaborent avec elle. Le Ministère des Affaires Etrangères allemand ne voulait cependant pas être concurrencé et il fut finalement décidé que les fondations des partis politiques allaient devenir un instrument de travail du nouveau Ministère de la Coopération de la RFA. C’est ainsi que les fondations des partis politiques de la RFA allaient devenir un outil important dans la politique anti-communiste de la « diplomatie des idées » mise en œuvre mondialement par les pays du bloc occidental[2].

 

Dans cette lutte les initiatives privées, entreprises, églises, associations étaient chargée de propager dans le monde le modèle économique, social et politique occidental. En Allemagne de très grandes entreprises comme Thyssen, Krupp, Volkswagen, créent leurs propres structures sur le modèle de la Fondation Ford. De même les fondations des partis nouent des relations étroites avec les fondations des entreprises américaines. La Fondation Ebert collabore dès le début des années 60 avec les fondations Carnegie, Ford, Kellog, Gugenheim, Rockefeller, mais aussi avec le Council of Foreign Affairs (agence états-unienne publique pour la politique étrangère), le Conseil Mondial des Eglises et l’ONU. Elle manifeste ainsi son souci de défendre les priorités de la politique étrangère de la RFA et se définit comme un « canal complémentaire de la politique étrangère » allemande en Afrique et Amérique Latine. A ce titre la Fondation Friedrich Ebert non seulement soutient et propage la politique ouest allemande visant à discréditer l’Allemagne de l’Est, mais aussi elle récolte des informations, forme et informe les agents du ministère des Affaires Etrangères de la RFA sur les « agissements de la RDA en matière d’infiltration politico-culturelle dans les pays en développement »[3].C’est à cela que servent les imposantes représentations de la FES au Caire en Egypte et à Accra au Ghana au début des années 60. Très vite, la Fondation Ebert devient un « centre d’expertise » sur le Tiers Monde pour les diplomates ouest-allemands. Dès 1966 la FES dépasse en savoir faire, capacités opérationnelles et notoriété son maître américain : elle devient un « centre d’expertise » sur le Tiers Monde également pour les fondations américaines ! [4] En 1981 Ronald Reagan crée le National Endownment for Democracy sur le modèle des fondations allemandes. La NED est aujourd’hui le principal centre de financement et centre de ressources pour la mise en œuvre des déstabilisations politiques et sociales menées par les USA dans les pays qu’ils veulent soumettre à une orientation pro-occidentale et libérale: c’est la politique du regime change et des « révolutions de couleurs », dont la Révolution Orange et le Maidan en Ukraine sont l’exemple le plus frappant. D’autres agences américaines publiques et privées, le National Democratic Institut, USAID, les fondations de Goerge Soros complètent ce redoutable dispositif.

 

Le financement et le fonctionnement des fondations politiques allemandes

 

Le financement étatique des fondations politiques allemandes est ancré dans la Constitution (Loi Fondamentale) de l’Allemagne car il découle de son article 21 : « les partis politiques participent à la formation de la volonté politique du peuple ». Les partis sont donc chargés de « former » la volonté politique des citoyens en les « instruisant » politiquement via les fondations. C’est ainsi que les fondations obtiennent chaque année une « subvention globale » et le rapport de leur activités n’est donc pas détaillé. La Commission Budgétaire du Bundestag se réunit chaque année avec les dirigeants des fondations qui discutent avec le rapporteur de la Commission de leurs actions. Les Fondations reçoivent une somme correspondante au prorata du nombre de députés de leur parti respectif[5]. Aujourd’hui en 2012, la somme globale que les fondations obtiennent est 450 millions d’Euros annuels. Aucun Etat ne peut prétendre à disposer d’un instrument de soft power en politique étrangère aussi riche, aussi structurée et aussi bien doté.

 

A partir des années 70 les fondations s’engagent à l’étranger grâce à des financements massifs : leur objectif est alors de « promouvoir la liberté » afin de contrer le régime soviétique partout dans le monde. Un des instruments les plus importants de cette stratégie est le financement de bourse d’études aux étudiants de payse extra européens afin de les former en Occident. Même si de nombreux étudiants obtiennent des diplômes techniques, les jeunes diplômés gardent des liens idéologiques et amicaux avec leurs bienfaiteurs des fondations et constituent à tout moment un vivier important pour un recrutement politique. Les fondations allemandes organisent aussi massivement des séminaires « pour encourager l’intérêt citoyen pour la vie politique et approfondir l’engagement politique»[6] ou elles propagent les idéologies occidentales – le libéralisme, les droits de l’homme, le modèle ouest-allemand de gestion économique, de fonctionnement social et politique. Elles élaborent des stratégies électorales pour les partis que la RFA veut soutenir et parfois créent de toutes pièces des partis politiques pro-occidentaux[7].

 

Cet interventionnisme dans le champ politique des pays du Sud n’est pas fortuit. Le BMZ, le Ministère de la Coopération allemande, a élaboré pour les fondations un programme stratégique qui reflète avant tout les intérêts de l’Etat ouest-allemand. « L’Etat octroie à certaines organisations privées allemandes dotées de différents profils politiques et idéologiques, des fonds pour qu’elles puissent mettre en œuvre des projets de formation et des mesures de conseils avec des partenaires dans les pays e développement qui présentent aussi différentes opinions politiques et idéologiques et qui poursuivent divers objectifs politiques dans leurs pays. Ces projets de formation ont pour but d’influencer le développement de ces pays à travers une orientation de leurs élites dans un sens socio-politique déterminé » – le rapport du BMZ du 4 juin 1969, jamais publié est on ne peut plus clair.[8][i]

 

Il est aisé de comprendre que l’ensemble des fondations allemandes couvre TOUT le spectre politique d’un pays en développement et de ce fait peut influencer et contrôler l’ENSEMBLE de l’élite politique de ce pays. C’est bien cette « unité dans la diversité » qui fait la puissance des fondations politiques allemandes en tant qu’instrument de politique étrangère de l’Etat allemand.

 

Chaque fondation utilise ses propres symboles et valeurs politiques – chrétiens, socialistes, libéraux, écologistes, communistes, et mobilise des images de leaders politiques et culturels pour promouvoir son image. Ce n’est pas pour rien que la fondation chrétienne-démocrate porte le nom de Adenauer, la socialiste celle d’Ebert, que les Verts ont pu utiliser la renommée d’un écrivain nobliste Heinrich Böll, que le parti PDS puis die Linke annexe l’image mondialement connue de la leader communiste Juive et Polonaise Rosa Luxemburg pour en faire une icône du nouveau parti de la gauche anti-capitaliste allemande. Chaque fondation doit aussi dans son action à l’étranger créer des partenariats avec des organisations et groupes qui sont capables de mobiliser des images de leader locaux. Les fondations allemandes sont ainsi associées à des noms de personnalités respectables de la culture locale et ainsi elles vont attirer à elles la confiance des populations du pays ou elles agissent. Concrètement les Conseils d’Administration des fondations sont composés d’anciens ministres, de députés, de dirigeants du parti en question. Ainsi Johannes Rau et Willy Brandt ont participé à la direction de la Fondation Ebert, et Oskar Lafontaine dans celle de Rosa Luxemburg. La présence de ces hommes puissants dans les directions des fondations démontre s’il en est encore nécessaire que les fondations allemandes ne sont pas les « ONG » désintéressées qu’elles prétendent être.

 

Lorsque les Verts entrent au Parlement allemand en 1983, ils ne disposent pas de fondation. Le parti porte alors plainte au Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe et obtient satisfaction en 1986. La Fondation Regenbogen (Arc en Ciel) est crée cette année là, puis, lorsque survient la réunification, les Verts absorbent le mouvement Alliance 90 issu de l’Allemagne de l’Est et la fondation Regenbogen devient la Fondation Heinrich Böll. Elle se spécialiste dans la création de partis écologistes partout ou cela est possible, dans la promotion des structures féministes et LGBT. Par exemple, c’est la Fondation Böll qui encourage et finance la création du parti des Verts Polonais en 2004, les premiers contacts ayant été nouées avec les féministes polonaises au tournant des années 2000. De même la Fondation Böll a cherché à se faire une place en Tunisie post-révolutionnaire en finançant la création d’un parti écologiste et en démarchant (sans succès d’ailleurs) certains leaders des soulèvements tunisiens de 2008 et 2911.

 

L’histoire de la fondation Rosa Luxemburg est en tout point similaire. En 1990 la classe politique ouest-allemande s’attendait à voir le SED, ex parti communiste de la RDA disparaitre de la scène de l’histoire. Ce ne fut pas la moindre surprise quand ce parti, transformé en PDS, non seulement survécut, mais rapidement se constitua en 2ème force politique dans les Länder de l’Est en gagnant de nombreux sièges dans les élections locales, régionales et même nationales. Comme les Verts, le PDS déposa en 1992 plainte au Tribunal de Karlsruhe et gagna en 2005 son procès. Cette année là apparut la Fondation Rosa Luxemburg qui de fait devint la Fondation du nouveau parti die Linke, justement crée alors par l’unification du PDS, des mouvements sociaux altermondialistes actifs dans les Länder de l’Ouest (WASG) et la scission Lafontaine du SPD.

 

C’est ainsi que les plus virulents critiques du système politique ouest-allemand non seulement intégrèrent le système dans son ensemble mais en tirèrent un grand profit financier et politique. Avec l’argent reçu des deux fondations purent salarier de nombreux militants, ouvrir des bureaux à l’étranger et étendre leur pouvoir significativement. En 2012 la Fondation Rosa Luxemburg comptait 169 employés et 16 bureaux à l’étranger. [9]

 

Le rôle des fondations dans la politiques étrangère de l’Allemagne

Le principe de subsidiarité est à la base de la construction de l’Etat ouest-allemand dès les années 40. Contrairement à la France l’Etat allemand délègue un maximum de ses tâches et responsabilités au niveau inférieur de sa structure. Selon ce principe la politique étrangères allemande peut et doit être déléguée à des structures comme des fondations, des Eglises, des entreprises, des ONG et aussi des institutions publiques et semi-publiques autonomes. Ces entités deviennent alors des acteurs majeurs de la politique étrangère de leur pays[10].

 

La loi allemande distingue les « agences de mise en œuvre » de la politique, des « agences autonomes » dépendantes des ministères. Les fondations politiques des partis sont des « agences autonomes de mise en œuvre » de la politique étrangère allemande. L’organisation évangélique protestante « Brot für die Welt », deuxième grand bailleur de fonds du Forum Social Mondial de Tunis en 2013 et 2015 à côté de la Fondation Ebert, est ainsi une autre « agence autonome de mise en œuvre » des intérêts nationaux de l’Allemagne. [11]. Le mot « autonome » est cependant un peu trompeur : on peut parler d’autonomie juridique mais pas d’autonomie financière puisque ces organisations sont financées à 95% par des fonds publics. Il n’est donc pas étonnant que le rapport du Ministère de la Coopération de juin 1969 déjà cité ait défini le rôle des fondations et autre agences comme des instruments de formation des élites politiques des pays visés dans le but de conformer les attitudes et décisions de ces élites aux intérêts nationaux de l’Allemagne. C’est bien pour cela que les fondations ont comme cibles des syndicats, des partis, des mouvements, des associations et toute sorte d’individu qui peut à un moment donné jouer un rôle dans sa communauté, sa culture, son Etat. De fait, les fondations politiques jouent un rôle complémentaire de la diplomatie allemande qui sans elles ne « disposerait pas de réseau de contacts et d’éléments qui permettent de nouer des liens avec des groupes sociaux des autres pays »[12]. On comprend ainsi que l’image de l’ONG non partisane, préoccupée par le bien commun sert à masquer les vrais buts qui ne sont pas forcément ceux des partis politiques allemands, mais plutôt ceux des ministères des Affaires Etrangères et de Coopération de l’Allemagne. En 1973 face aux accusations d’ingérence des pays étrangers, le Ministère de la Coopération recommandait déjà dans un rapport interne que « le financement étatique de certains projets ne soit pas divulgué »[13] . Les fondations servent un peu de sociétés écrans qui permettent à l’Etat allemand de se distancier des problèmes politiques qu’elles peuvent créer par leur ingérence et ainsi de sauvegarder une bonne image de l’Allemagne.

 

Comment ça marche ? Les actions politiques concrètes et l’intérêt de l’Allemagne

Une fois la décision prise à la Commission Budgétaire du Bundestag consacrée à la politique des fondations, le Ministère de la Coopération verse l’argent aux fondations et informe le Ministère des Affaires Etrangères allemand de toutes les mesures que les fondations vont entreprendre à l’étranger. Ce ministère a aussi en charge le contrôle de la conformité des actions des fondations avec les intérêts de l’Allemagne. Les directeurs de chaque fondation rendent des rapports réguliers sur l’activité de leur fondation dans chaque pays aux départements concernés du ministère des Affaires Etrangères – Afrique, Amérique Latine, Asie et Europe de l’Est. Ainsi, la masse d’informations rassemblées par les fondations sur les organisations et acteurs politiques des pays visés est utilisée par les diplomates allemands. « Les bureaux des fondations à l’étranger envoient régulièrement des rapports à leurs centrales en Allemagne et à leurs ministères de tutelles. Ces rapports fournissent une description détaillée des partenaires à l’étranger, de leur rayonnement et de la nature des relations entretenues. Ils sont une source d’information prise en compte parles diplomates et recoupés par les avis envoyés par les ambassades ».[14] Les directeurs des fondations sont aussi associés à l’élaboration de documents stratégiques du ministère des Affaires Etrangères, surtout après 1990.

 

Dans le monde actuelle globalisé et surtout depuis 1989, la notion « d’ingérence étrangère » d’un pays dans la politique intérieur d’un autre pays avait perdu sa connotation infamante qu’elle avait auparavant. Il semblait acquis qu’il est acceptable que certains pays possèdent des organisations puissantes servant à influencer les élites des autres pays. Cependant les changements en Amérique Latine depuis 2002 amenèrent les fondations allemandes à être accusées d’ingérence. La Chine a toujours critiqué les fondations allemandes pour leur soutien au Dalai Lama. Depuis 2005 la Russie s’est doté d’un arsenal juridique qui vise également les fondations allemandes, autant que les fondations américaines. La loi russe décidant que les associations et individus financés par des fondations étrangères doivent se déclarer « agent de l’étranger » revient à la définition traditionnelle de la souveraineté de l’Etat qui doit à tout moment contrôler ce que les pays étrangers font sur son territoire et teinte les bénéficiaires de cet argent « étranger » du goût ancien de l’infamie. La question est encore plus brûlante après les récents événements en Ukraine qui ont provoqué la plus grave crise internationale entre les puissances depuis 1989 puisqu’il est connu que les fondations américaines et allemandes avaient largement financé et parfois crée les partis ukrainiens pro-occidentaux (la fondation Adenauer présentait le parti UDAR de Klitschko comme son œuvre).

 

Mais les fondations allemandes ont en réalité mené la même politique depuis le début, élargissant seulement le champ géographique de leurs actions. En Espagne, au Portugal et en Grèce après 1974 les contacts noués par la Fondation Ebert avec les partis socialistes ont fait qu’Ebert a largement influencé la conversion de ces partis à l’économie libérale et à l’adhésion à l’Union Européenne. Dans les années 60 et 80 la Fondation Adenauer forme et soutient financièrement et idéologiquement les leaders et militants des partis chrétiens démocrates d’Amérique Latine et de l’Europe du Sud. La Fondation Ebert agit aussi sur les syndicats tandis que la Fondation Naumann s’occupe des milieux d’affaires. Le soutien de la Fondation Ebert aux socialistes dans la révolution des œillets faisait partie de la stratégie de l’Allemagne de l’Ouest d’éviter à tout prix que les communistes n’arrivent au pouvoir au Portugal.[15]

 

Plus récemment dès novembre 2011 le ministère de la Coopération a alloué 5,4 millions d’Euros supplémentaires aux fondations pour leur action d’influence sur les révolutions arabes. Cet argent était destiné en particulier aux nouvelles associations, structures et partis crées ou sorties de la clandestinité en Tunisie, en Egypte, Algérie, Yémen, Bahreïn, Palestine et Jordanie. Cet argent a certainement aussi servi à financer les Forums Sociaux Mondiaux en Tunisie, de 2013 et 2015, et il semble peu probable que l’allocation de cette subvention spéciale et la décision prise de tenir un premier FSM en Tunisie soit une coïncidence[16]. Il est plutôt certain que l’Allemagne a décidé de financer le Forum Social Mondial en Tunisie depuis 2011 parce que cela était conforme à ses intérêts et à ses ambitions dans cette région du monde : pousser les intérêts français pour faire de la place aux intérêts des milieux d’affaire allemands, contenir la révolution tunisienne entre le désert et la mer Méditerranée afin que l’agitation ne viennent pas contaminer l’Europe en crise, corrompre syndicats et partis de gauche afin qu’ils abandonnent toute idée d’indépendance et de souverainisme à l’image de Tsipras en Grèce. De plus, la formation massive en Tunisie de jeunes chômeurs, d’étudiants, de jeunes salariés, de travailleurs du secteur public au mode de fonctionnement et aux principes de l’Etat allemand (subsidiarité, décentralisation, régionalisation, dialogue entre patrons et salariés plutôt que grève, acceptation des structures religieuses comme acteurs de la vie politique plutôt que laïcité) met en oeuvre une stratégie qui a déjà fait ses preuves en Pologne dans les années 1989-1995, une stratégie qui a parfaitement profité aux intérêts de l’Allemagne et devrait donc logiquement permettre une plus grande expansion de ses intérêts en Afrique du Nord.

 

L’exemple du « régime change » et l’influence des fondations en Pologne depuis 1980

 

En 1972 est signé l’accord bilatéral historique entre la Pologne Populaire et l’Allemagne de l’Ouest. L’accord aboutit à la reconnaissance mutuelle de ces Etats, à l’acceptation par l’Allemagne de la frontière Oder-Neisse, à la reconnaissance symbolique par Willy Brandt de la responsabilité de l’Allemagne dans l’hécatombe de la 2 Guerre Mondiale (la fameuse scène de Brandt à genoux devant le monument à la mémoire des insurgés du Ghetto de Varsovie en décembre 1972) et ouvre la voie à la reconnaissance par la RFA de la RDA – c’est la célèbre Ostpolitik de Willy Brandt. Dès les années 70 la fondation Ebert entreprend donc de travailler en Pologne. En 1971 elle y envoie Klaus Reiff, journaliste et salarié de la fondation. Reiff noue habilement des liens avec des professeurs de l’Instytut Zachodni (Institut Occidental, important centre de recherche sur l’histoire des relations germano-polonaise fondé par le Ministère des Affaires Etrangères polonais après la guerre), du PISM (Polski Instutyt Stosunkow Miedzynarodowych – Institut Polonais des Recherches internationales, centre de recherche en politiques étrangères dépendants de l’Académie des Sciences) et de l’Institut du Journalisme de Varsovie. En 1979 Reiff devient un ami proche de Mieczyslaw Rakowski. Rakowski n’est pas n’importe qui, mais le rédacteur en chef de l’important et influent hebdomadaire « Polityka ». Cet hebdomadaire est une référence au sein de l’élite de la gauche pro-communiste polonaise, libre de ton et partisan officieux d’un dialogue avec Solidarnosc après l’état de siège en 1981. Rakowski devient en 1987 le dernier premier ministre de l’Etat communiste. Dans ces temps sensibles, le gouvernement allemand soutient ouvertement Solidarnosc en dépit de l’accord polono-allemand de 1972 et Reiff est alors employé de l’ambassade allemande en Pologne[17].

 

Dès 1980 la fondation Ebert accorde de nombreuses bourses pour de jeunes Polonais afin qu’ils fassent leurs études supérieures en Allemagne de l’Ouest. Elle rassemble aussi des informations sur les dissidents polonais et les dirigeants et militants du Parti communiste polonais favorables aux « réformes » de « régime change ». 255 étudiants polonais sont bénéficiaires de bourses d’études de la part d’Ebert de 1980 à 1989. On comprend ainsi facilement que la fondation Ebert, et derrière elle le SP, ont joué un rôle fondamental dans le tournant idéologique néolibéral des jeunes dirigeants du Parti Ouvrier Unifié Polonais (PZPR), et donc dans la conversion néolibérale, européiste et atlantiste de Aleksander Kwasniewski, ministre de la jeunesse dans le dernier gouvernement communiste de Rakowski en 1987-89, chef du SDL, parti socialiste héritier du PZPR. Aleksander Kwasniewski a été président de la République de Pologne de 1995 à 2005.

 

Pendant la durée mouvement Solidarnosc, de septembre 1980 à décembre 1981 et après la déclaration de la loi martiale par le général Jaruzelski et la délégalisation de Solidarnosc, la fondation Adenauer s’occupait des dissidents polonais issus de Solidarnosc et proches de l’Eglise catholique. Elle a notamment aidé, invité en Allemagne et formé Tadeusz Mazowiecki, devenu premier ministre après les premières élections partiellement libres du 4 juin 1989.[18] La fondation Ebert n’est pas en reste et comprenant l’importance politique de l’Eglise polonaise, elle noue dès 1981 des contacts avec l’épiscopat polonais. Klaus Reiff écrit alors « La lutte pour le pouvoir en Pologne a déjà commencé »[19]. En fait elle fut gagnée par les fondations allemandes avec une déconcertante facilité puisque grâce aux contacts existants depuis 10 ans, « les parlementaires polonais, élus dans le premier scrutin ouvert à la compétition, le 4 juin 1989, recherchaient des contacts en Allemagne par la biais des canaux familiers de la fondation ».[20]

 

Dans la gigantesque « transformation » capitaliste polonaise (mais aussi est allemande pendant ce même temps) les fondations allemandes sont aux avant-postes : elles forment des centaines, des milliers de dirigeants polonais – des députés, des journalistes, des conseillers municipaux, des chercheurs, des étudiants- à « la démocratie et l’économie du marché », selon une expression sanctifiée par cette époque. Elles influencent ainsi énormément les programmes politiques des nouveaux partis polonais. Il est fréquent que les députés polonais fraichement élus dans les élections législatives en 1991 suivent le matin un cours d’une fondation et le écrivent l’après midi la loi à laquelle le cours était consacré. Les médias présentent alors massivement l’Allemagne comme le seul modèle valable à suivre, le plus abouti, le plus réussi en Europe. Maintenant que nous savons que ces mêmes journalistes suivaient les cours des fondations, nous pouvons mettre en doute leur objectivité et leur impartialité face à une telle pression. Cependant de nombreux chercheurs, professeurs éminents répétaient ces éléments idéologiques en toute innocence : l’époque était telle que tout ce qui portait l’épithète de « démocratique » et venait de l’Occident devait être juste et bon[21].

 

Dès 1989 les fondations de la droite allemande s’installent alors en Pologne (Naumann, Hans Seidel), les fondations des entreprises allemandes (Thyssen, Krupp) suivent de près tandis que les fondations américaines financent de très larges milieux des nouvelles élites, politiques économiques, médiatiques. Les fondations Carnegie, Rockefeller, Soros (sous le nom de Stefan Batory) mènent leur propre politiques en créant des structures de types think thank, des partis politiques, des magazines, des télévisions, des associations patronales etc. L’Union Européenne crée alors sa propre structure financée par la Commission Européenne la Fondation Robert Schumann. La Pologne devient un test grandeur nature de la nouvelle politique tous azimuts de ces organisations. La libéralisation et la privatisation rapide du marché de l’éducation leur permet de s’installer dans le segment de la formation des élites – par exemple la Fondation Adenauer finance directement la célèbre université catholique de Lublin dépendante de l’Eglise catholique, ainsi que l’Université Catholique de Varsovie existant auparavant sous le nom d’Institut de Théologie de Varsovie.

 

Les fondations créent de toutes pièces des partis politiques qui n’existaient pas dans la société polonaise, financent et forment leurs militants et leurs membres. Par exemple le KLD, Kongres Liberalno-Demokratyczny (Congrès Libéral Démocratique) dont est issu Donald Tusk, a été crée en 1991 par l’Institut d’Etudes du Marché de Gdansk, une fondation entièrement dans les mains de la Fondation Adenauer[22]. Lorsque les dirigeants des partis, dont celui de KLD, perdent les élections en 1993, ils sont immédiatement employés dans des instituts fondés et financés par les fondations allemandes[23]. Cela permet au ministère des Affaires Etrangères allemands de les garder de côté et les préparer tranquillement à reprendre le pouvoir sans qu’ils aient besoin de gagner leur vie dans le dur système néolibéral qu’ils venaient justement de créer pour le peuple polonais ! D’autres institutions, mi centres de recherche, mi think thank, mi partis ont été crées par la Fondation Adenauer : Le Centre des Recherches Internationales (Centrum Stosunkow Miedzynarodowych, dirigé par Janusz Reiter, ambassadeur de la Pologne en Allemagne de 1989 à 1995), l’Institut des Affaires Publiques (Instytut Spraw Publicznych, dirigé par Leszek Balcerowicz, le « chicago boy » polonais et exécutant de la stratégie du choc du FMI et de la Banque Mondiale en 1989). Le Centre a aussi formé Aleksander Smolar, qui devient directeur de la Fondation Soros en Pologne, appelée en Pologne Fondation Stefan Batory.

 

Petit à petit, après une période de confusion et d’action tous azimuts, les fondations se spécialisent et se partagent le territoire de la Pologne. Les fondations de droite dont surtout Adenauer gardent la main sur les milieux chrétiens, conservateurs, ultralibéraux et libéraux tandis qu’Ebert s’intéresse aux milieux féministes et aux syndicats. La fondation Ebert finance depuis 1990 la thématique du genre et du féminisme à l’Institut de Sociologie de l’Université de Varsovie. Ce n’est pas un hasard : c’est bien dans ce milieu qu’est né le mouvement féministe polonais moderne, en mai 1989 en réaction au premier projet de loi criminalisant l’avortement. A l’époque ce mouvement polonais qui organise de puissantes manifestations et une pétition de 1,5 million de signatures pour un référendum sur l’avortement n’a aucun lien avec les milieux féministes allemands et certainement pas avec les fondations. Il est plutôt proche du mouvement laïque Neutrum qui réclame le retrait de la directive du ministère de l’éducation instaurant l’éducation religieuse dans les écoles publiques en août 1990 et plus tard l’abolition du concordat donnant d’immense privilèges au Vatican en Pologne. Même s’il n’est pas certain qu’Ebert ou Adenauer aient directement joué un rôle dans l’interdiction définitive de l’IVG en Pologne le 7 janvier 1993, ce qui est sûr est que le financement de programmes « genre » dans les universités polonaises a considérablement assagit le mouvement féministe polonais dès 1994 et l’a détourné notamment de la lutte pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat privilégiant les thématiques de parité et d’identité.

 

La Fondation Ebert met sur pied par contre tout un programme de formation des syndicalistes polonais au « dialogue social » cher à la conception allemande du capitalisme, aussi bien dans Solidarnosc que dans OPZZ, le syndicat post-communiste. Le but est de faire des syndicalistes des « partenaires prévisibles » sachant que ce qui est surtout en jeu est la continuation de la main-mise par les multinationales occidentales et notamment allemandes sur l’outil de production polonais par le biais des privatisations. En 1991, 1992, 1993, Solidarnosc et les autres syndicats appellent plusieurs fois à des grèves générales contre les privatisations. Ces grèves n’aboutissent jamais et ne prennent pas une ampleur suffisante pour renverser le rapport de forces en faveur de la classe ouvrière polonaise. En effet, les dirigeants syndicaux sont passés par des formations leur apprenant à « éteindre » une grève par une négociation parcellaire sur des détails et à dépolitiser le débat économique. Certains d’entre eux deviennent députés, ministres, hauts fonctionnaires comme Zbigniew Bujak, le leader de Solidarnosc en clandestinité (Bien qu’opposé au capitalisme en 1991, Bujak finit par taire ses critiques en devant le directeur des Douanes). Du haut de ces positions politiques, les anciens ouvriers et techniciens n’ont plus aucun scrupule à profiter du nouveau système abandonnant la classe ouvrière au nouveau système ultralibéral[24].

 

Les fondations allemandes ont pour objectif de soutenir les analyses politiques et économiques en termes de « dialogue inter-partisan » et poussent leurs protégés à abandonner toute référence à la lutte des classes, l’analyse marxiste ou même l’analyse de la chose politique en termes de souveraineté nationale. Elle forment directement des politiques célèbres comme Jan Maria Rokita (député et ministre), Andrzej Olechowski (ministre des affaires étrangères 1993-95), Donald Tusk (premier ministre de 2010 à 2014, actuel président de l’UE), Pawel Piskorski, (dirigeant du syndicat étudiant indépendant NZS à la Faculté d’Histoire de l’Université de Varsovie en 1987-90, député libéral en 1991 à 23 ans, Maire libéral de Varsovie de 1999 à 2002 et eurodéputé), Jacek Saryusz Wolski, (négociateur polonais pour l’adhésion à l’UE et ministre)[25].

 

Et bien d’autres, plus jeunes, sortent formés et prêts à prendre les rênes des institutions polonaises pour continuer la politique qui réussi si bien à l’Allemagne, les USA et l’UE depuis 1989. La fondation Ebert forme également un politique bien plus chevronné et influent : Leszek Miller, leader des Sociaux Démocrates, premier ministre pendant la négociation finale de l’entrée de la Pologne dans l’UE de 2001 à 2005. C’est que les fondations créent rapidement des « écoles de jeunes leaders » pour les partis politiques polonais, financent ces structures et invitent les jeunes polonais prometteurs à des stages en Allemagne[26].

 

Les « petites » fondations eurent également un impact énorme sur leur cible d’action. La Fondation Heinrich Böll a crée un parti des Verts ensemble avec des féministes polonaises comme Agnieszka Graff et Agnieszka Grzybek. Les contacts existaient bien avant puisque la Fondation avait déjà financé des initiatives féministes comme le Centre des Femmes (Centrum Kobiet).

(Cette partie de l’exposé est basé entièrement sur l’expérience de l’auteure de l’article et non sur le livre de Dorota Dakowska).

 

La Fondation Rosa Luxemburg arrive en Pologne en 2005. Elle y est dirigée par un Allemand, Holger Politt. Elle finance alors, dès 2006, des conférences scientifiques de gauche comme celle tenue par les milieux laïques à Kuznica na Helu à laquelle j’ai participé en octobre 2006. La Fondation publie des livres dont les articles de cette rencontre. Très vite la fondation commet des erreurs politiques majeures qui divisent la gauche polonaise renaissante et elle est vite perçue en Pologne comme un facteur de désintégration, presque comme une organisation coloniale venue de l’Allemagne. La Fondation Rosa Luxemburg finance des publications d’intellectuels de gauche, comme les livres de Maria Szyszkowska, présidente du Parti Socialiste et Laïque Racja, à condition toutefois que ces personnalités se conforment aux directives de la fondation. Par exemple, en échange de ce soutien, la fondation exige du parti RACJA en 2008 la collaboration avec les milieux socio-libéraux et une rupture de relations avec le Parti Polonais du Travail et le syndicat Aoùt 80 alors en pleine expansion qui collabore avec la 4ème Internationale et le NPA français. Pis, la fondation Rosa Luxemburg de Pologne, emmené par l’intransigeant Holger Politt, excommunie, lance une campagne de diffamation dans les milieux de la gauche européenne altermondialiste à l’encontre de Boguslaw Zietek, le leader du PPP et d’Août 80. Elle le désigne partout comme « fasciste » et interdit à de nombreuses organisations d’inviter les militants de ce parti et ce syndicat. Par exemple, la Fondation Rosa Luxemburg a interdit au Parti de la Gauche Européenne d’inviter une militante féministe du PPP à un séminaire que j’organisais pour le Congrès du PGE à Prague en novembre 2007 dans le cadre du réseau féministe El Fem. J’ai personnellement vu Holger Politt physiquement attaquer un militant du syndicat d’Août 80 présent à ce congrès en tant que journaliste. Politt voulait le chasser du Congrès mais n’a pas pu le faire car ce militant polonais possédait une carte de presse. Cependant la tension était à son comble.

 

La Fondation Rosa Luxemburg s’est rendu coupable d’autres manipulations qui ont durablement affaibli la gauche polonaise renaissante : elle a influencé la scission violente d’ATTAC Pologne et l’expulsion de cette association des militants proche d’Août 80. Elle a manoeuvré pour empêcher l’adhésion au Parti de la Gauche Européenne comme membres observateurs des deux partis, RACJA et le PPP, en imposant à contrario l’admission d’une organisation socio-libérale et carriériste, les Jeunes Socialistes. Le PGE a refusé l’adhésion des deux partis, pourtant bien plus sérieux et solides, au prétexte que les Jeunes Socialistes déjà admis en son sein s’y opposaient ! Las de cette activité destructrice de cette institution censée représenter la gauche anti-capitaliste allemande, quelques militants polonais dont moi-même avons fait appel à des députés de die Linke de notre connaissance afin de leur demander d’intercéder auprès de la direction de le Fondation à Berlin, de demander que cessent ces attaques et que Politt soit renvoyé de Pologne. Il est intéressant de voir que c’est à cette occasion que nous avons pu voir que les députés eux même, hauts responsables de die Linke, furent impuissants à changer la stratégie et les décisions de la fondation Rosa Luxemburg. Il apparut que le parti ne contrôlait pas sa propre fondation. Maintenant nous savons pourquoi : parce que les fondations réalisent toujours les stratégies des ministères des Affaires Etrangères et de Coopération allemand et pas toujours de leur parti. Finalement Holger Politt a fini par être renvoyé mais remplacé par son adjointe Joanna Gwiazdecka, particulièrement haïe dans les milieux de la gauche polonaise pour son suivisme aveugle vis-à-vis de Politt dans les années précédentes. La seule victoire fut que la Fondation décida de ne plus se concentrer sur la Pologne et elle déporta son attention vers les Balkans ou jusqu’à présent elle ne commit pas les erreurs faites en Pologne.

 

Dans les Balkans la fondation Rosa Luxemburg a financé la partie politique du Subversive Festival de Zagreb, le Forum des Balkans, en 2012 et 2013. Actuellement elle travaille à la création d’un parti de gauche de type « Syriza » en Serbie et Bulgarie, ce qui depuis des décennies de défaite de la gauche dans ces pays apparait très attractif pour de nombreux jeunes militants issus des nouveaux mouvements sociaux de 2011 en Serbie et 2013 en Bulgarie. Mais d’autres estiment déjà que la stratégie de la fondation ne correspond pas aux besoins réels des peuples des Balkans et est source de division et non d’unification.

 

Le rôle des fondations allemandes dans la construction des fondations politiques européennes

 

Les fondations allemandes de part leur énorme réseau politique jouent un rôle important dans le processus d’adhésion des pays de l’Est à l’Union Européenne. Par la suite, forte de cette expérience des arcanes de la bureaucratie bruxelloise, elles organisent un lobbing intensif en vue de créer des fondations politiques au niveau européen, sur le modèle d’elles mêmes. Elles y parviennent en 2007 : le règlement 1524/2007 de la Commission Européenne décide que les fondations politiques européennes ont pour mission de favoriser l’intégration européenne, qu’elles sont financées par la Commission et qu’elles doivent réaliser ainsi la politique de leur parti politique européen respectif. Dès 2006 les fondations allemandes organisent un Réseau Européen de Fondations Politiques dans lequel elles sont les plus riches et les plus fortes. D’ailleurs c’est toujours un Allemand qui se trouve à la tête de chaque fondation politique européenne, à l’exception de la franco-autrichienne Elisabeth Gauthier qui est à la tête de la Fondation Transform, qui fait office de fondation officielle pour le Parti de la Gauche Européenne depuis 2007. La Fondation Ebert est à l’origine de la Fondation Européenne des Etudes Progressistes, crée en 2008, la Fondation Adenauer possède le Centre des Etudes Européennes, la Fondation Böll a crée la Fondation Européenne Verte et la Fondation Naumann le Forum Européen Libéral. Les financements, salariés et bureaux proviennent tous de la Commission Européennes.[27]

 

Conclusion

 

En conclusion il convient de reproduire quelques chiffres : en 2010 la Fondation Adenauer a obtenu 125 millions d’Euros de budget, possède 80 filiales dans le monde, dirige des projets dans 120 pays et emploie 563 salariés. La Fondation Ebert a reçu 149 millions d’Euros, emploie 620 salariés, possède 110 filiales et dirigent des projets dans 110 pays. La Fondation Naumann reçoit 46 millions d’Euros, salarie 188 personnes, possède 44 filiales et dirige 100 projets dans le monde. La Fondation  Heinrich Böll reçoit 50 millions d’Euros, salarie 278 personnes dans le monde dans 52 filiales et dirige des projets dans 72 pays. La Fondation Rosa Luxemburg reçoit 30 millions d’Euros, emploie 134 personnes dans 14 filiales dans le monde et dirige des actions dans 50 pays. Enfin, la Fondation Hans Seidel a reçu 46 millions d’Euros, salarie 182 personnes dans 29 pays[28].

 

Indéniablement ce partage du spectre politique ressemble plus au fonctionnement d’une multinationale qu’à celui d’une association militant pour le bien commun.

 

La question clé est : qui, quelle organisation dans le monde peut rivaliser avec pareille puissance financière et organisatrice ? Une réponse à cette question permettrait d’avoir enfin une stratégie de résistance.

 

[1] P.12, Dorota Dakowska, « Le pouvoir des fondations, des acteurs de la politique étrangère allemande », Presses Universitaires de Rennes, 2014

[2] P.33 op cit.

[3] P.34 ; op ;cit

[4] P.39 op.cit

[5] P.43, op.cit, note de bas de page N°40

[6] P.45, op.cit, « Gemeinsame Erklärung », 1998, KAS, FES, FNS, HSS, HBS

[7]  P. 88 , 89 de nombreux exemples en sont donnés pour l’Afrique et l’Amérique Latine. Par exemple  la  Fondation Ebert a financé la campagne du Parti Progressiste Voltaïque en 1978 au Burkina Faso, p ; 89.En  1988 la Fondation Adenauer a financé et formé des militants chrétiens démocrates appelant à voter contre Pinochet. Au Portugal la fondation Ebert a financé la formation de militants socialiste dans la fondation José Fontana et Antonio Sergio en 1975, p.90

[8] P. 79, note 3 « BMZ, Bericht über die Förderung der gesellschaftspolitischen Bildung in den Enwitcklungsländer”, (Rapport sur la promotion de l’éduction politique dans les pays en voie de développement”, Kap.2302tit.686, Bonn, juin 1969, p.2, Archives courantes du BMZ

[9] P.62-69

[10] P. 78, op. cit, chapitre « la place des fondations dans l’administration corporatiste allemande ».

[11] P. 78 dernière ligne, op.cit

[12] Rapport BMZ, 1973, p.13, 14 cité p. 80, op.cit.

[13] P.81, op .cit

[14] P.84, ligne 12, op.cit

[15] P. 90 en haut de la page

[16] P.90, dernière ligne et note N°19

[17] P.p.95, op ;cit

[18] P.100-103, op.cit

[19] P. 103, note N°20, fonds Reiff, 1989

[20] P. 104 haut de page, op.cit

[21] P.105 « Dès 1989 le recours aux fondations politiques s’imposa. Les ministères fédéraux les considéraient comme des instruments utiles pour compléter da coopération technique et financière par une action ciblée sur les structures politiques et sociales à savoir les partis politiques et les gouvernements, les syndicats et autres groupes d’intérêt, les médias, et les centres de recherche. Assurer un passage pacifique à la démocratie et l’économie de marché fut une priorité de la politique étrangère allemande motivée par la préservation de la stabilité dans la région ».

[22] P.108, op.cit

[23] En septembre 1993 le peuple polonais excédée par les privatisations massives, le chômage, la misère, la destruction de l’Etat et du tissu industriel vote le retour des communistes en donnant une majorité à la coalition du SDL (post communiste) et du Parti Paysan (ex allié communiste) dans l’espoir de revenir à une politique plus raisonnablement social démocrate et moins destructrice de la société. Hélas, les dirigeants de ces partis avaient déjà pris le tournant néolibéral entre autre grâce aux fondations et ils continuent la transformation néolibérale.

[24] P. 111-112, op. cit

[25] P. 117, encadré, op.cit

[26] P.120 – 123, op.cit

[27] P. 188-191 ; op ; cit

[28] P.199., op.cit

Autriche, fascistes au pouvoir, pour prendre date, le bureau des (2) poids et (2) mesures

 

Publié le 20 Décembre 2017

 avec ceux qui se taisent

 ceux qui tournent la tête 

 et ceux qui approuvent

Autriche, fascistes au pouvoir, pour prendre date, le bureau des (2) poids et (2)mesures

Ce qui suit est d'un certain J-C Juncker ci devant fraudeur fiscal eoficiel et organisateur des détournements idoines à ses heures perdues, président du machin dit UE qui organise  fraude fiscale et casse sociale et protection de ses co-auteurs

 

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est refusé mardi à "tout préjugé" sur le nouveau gouvernement autrichien du chancelier conservateur Sebastian Kurz, qui va gouverner avec l'extrême droite du FPÖ. "Ce n'est pas du tout mon objectif d'avoir le moindre commentaire à l'égard du gouvernement qu'il vient de former. (...) Je suis contre tout préjugé", a affirmé M. Juncker à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec M. Kurz.

 

"Ce gouvernement a pris position très clairement en faveur de l'Europe et c'est ce qui compte pour moi", a insisté M. Juncker. "Nous allons juger le gouvernement autrichien, comme tous les gouvernements, sur ses actes", mais "ce qui a été écrit dans le programme du gouvernement nous convient presque à 100%", a estimé le chef de l'exécutif européen.

 

Rédigé par Canaille le Rouge

20 décembre 2017

Markus Salzman, Autriche, l'ombre du passé est à nouveau présente

 

« Quand en 2000, indique Markus Salzman, le leader de l’ÖVP, Wolfgang Schüssel, a formé le premier gouvernement avec le FPÖ, dirigé à l’époque par Haider, des manifestations massives ont eu lieu en Autriche et des sanctions ont été imposées en Europe. Des manifestations ont de nouveau été convoquées à Vienne, mais l’UE n’a pas prononcé une syllabe de critique, bien que le gouvernement Kurz-Strache soit beaucoup plus à droite que le gouvernement Schüssel-Haider. Dans un pays où la classe dirigeante a eu recours à la dictature au début des années 1930 et a largement soutenu l’Anschluss avec l’Allemagne nazie en 1938, l’ombre du passé est à nouveau présente. Ce développement ne peut être compris que si l’on examine la banqueroute des anciens partis et mouvements ouvriers. Aujourd’hui, les sociaux-démocrates et les syndicats, qui par le passé ont participé à des manifestations, sont tous autant de droite que Kurz. Le SPÖ social – démocrate a déclaré sa volonté de former une coalition avec le FPÖ, ce qui s’est déjà produit au niveau des régions. Les syndicats sont parmi les plus ardents défenseurs de la coopération avec le FPÖ... »

Reprenons la lecture de l'évocation de Markus Salzman...

Michel Peyret


Publié par le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI)

Les extrémistes de droite entrent au gouvernement en Autriche

Par Markus Salzman 
19 décembre 2017

Le Parti du peuple autrichien (ÖVP) conservateur et le Parti de la liberté (FPÖ) d’extrême droite ont passé un accord de coalition gouvernementale et ont présenté le programme du gouvernement ainsi que les ministres samedi. Le gouvernement doit prendre ses fonctions ce lundi.

Ce sera le gouvernement le plus à droite à Vienne depuis l’État austro-fasciste dirigé par Kurt Schuschnigg, qui gouverna l’Autriche de 1934 jusqu’à l’Anschluss avec l’Allemagne hitlérienne en 1938. Le FPÖ est membre du groupe « l’Europe des Nations et Liberté » au sein du Parlement européen, qui comprend le Front national français, le PVV néerlandais de Geert Wilders, le Lega du Nord italien et d’autres partis d’extrême droite.

Sebastian Kurz, le nouveau chancelier, sera le plus jeune chef de gouvernement d’Europe à l’âge de 31 ans. Au cours de l’année écoulée, il a pris le pouvoir au sein de l’ÖVP et a dicté le cours depuis. Pendant la campagne électorale, il a imité l’agitation anti-refugiés du FPÖ et ses slogans sur l’ordre sécuritaire.

Alors que Kurz et le chef de cabinet de la chancellerie, Gernot Blümel, ont attribué sept ministères aux personnalités de l’ÖVP moins connues, caractérisées avant tout par leur loyauté envers Kurz, les six ministres du FPÖ contrôlent un certain nombre de postes clés. Comme le soulignent de nombreux journaux, le FPÖ contrôle « toutes les forces en uniforme ». Pour la première fois depuis 1945, un parti occupe les postes de ministre de l’intérieur, de ministre des affaires étrangères et de ministre de la défense.

Le vice-chancelier sera le dirigeant du FPÖ Heinz-Christian Strache. Il a connu une longue carrière dans divers groupes d’extrême droite. En raison de sa participation à des sports militaires avec des personnes condamnées plus tard comme extrémistes de droite, une plainte a été déposée contre lui en raison d’un soupçon d’activités nationale-socialistes. Il a même été arrêté lors d’un événement néo-nazi en Allemagne il y a 30 ans.

Le secrétaire général du FPÖ, Herbert Kickl, sera ministre de l’Intérieur. Cet ancien rédacteur de discours de Jörg Haider est devenu célèbre pour des slogans électoraux tels que « pas d’Islam chez nous » et « les pays occidentaux aux mains des chrétiens ». Quand le FPÖ se scinda en 2005, il rompit avec Haider et rejoignit la faction la plus à droite sous Strache.

L’année dernière, il a participé à une conférence des soi-disant défenseurs de l’Europe à Linz, qui a réuni des idéologues de la droite et de l’extrême droite. Kickl s’est récemment plaint de « l’immigration incontrôlée en provenance d’États non membres de l’UE ainsi que de l’ouverture totalement inconsidérée du marché du travail aux pays d’Europe de l’Est ».

Mario Kunasek sera ministre de la Défense. L’officier subalterne de 41 ans est un dirigeant de longue date du FPÖ qui entretient des liens étroits avec le camp néo-nazi. Il a été signalé comme ayant des liens avec le Mouvement identitaire et le Parti du Peuple, un parti ouvertement fasciste avec des néo-nazis prêts à commettre des actes de violence. En janvier 2016, il a demandé sur sa page Facebook que les demandeurs d’asile soient empêchés d’entrer dans le pays.

Le politicien du FPÖ Norbert Hofer, qui a perdu l’élection présidentielle de 2016 face au candidat des Verts Alexander Van der Bellen, sera ministre des infrastructures. Hofer, qui aime se présenter publiquement comme un modéré, a rejoint une ligue étudiante de l’extrême droite à l’âge de 37 ans en tant que membre honoraire.

Karin Kneissl, qui est une personnalité sans étiquette mais a été nommée par le FPÖ, sera la ministre des Affaires étrangères. Elle est connue pour ses critiques acerbes contre l’UE et son soutien à l’indépendance de la Catalogne. Kneissl a fait ses premières armes pour le FPÖ au plus fort de la prétendue crise des réfugiés en 2015. Kneissl a affirmé que les réfugiés, dont la plupart avaient fui les guerres en Irak et en Syrie, étaient en grande partie des réfugiés économiques.

Le ministre de la Justice Josef Moser est également un ancien membre du FPÖ. Ce juriste sans étiquette a participé à l’élection sur la liste de Sebastian Kurz et a été nommé par l’ÖVP. Moser a été recruté au FPÖ en 1991 par Haider et a dirigé son cabinet pendant un an. De 1992 à 2002, il a été chef du groupe parlementaire du FPÖ. En 2004, il est passé à la Cour administrative autrichienne, où à maintes reprises il a réclamé des coupes budgétaires drastiques.

Le programme du nouveau gouvernement correspond à son personnel. Un important renforcement de l’armée tant à l’intérieur qu’à l’étranger, une vaste campagne de répression contre les réfugiés, des attaques contre les programmes sociaux et des réductions d’impôts constituent les piliers du programme du gouvernement, intitulé, « Ensemble. Pour notre Autriche. »

La police sera considérablement renforcée ; 2100 recrues et 2000 postes de stagiaires seront créés. Les pouvoirs de la police et des agences de renseignement seront étendus. La surveillance des communications sur Internet sera considérablement élargie. Les plans pour un renforcement militaire sont formulés en termes extrêmement vagues. Il est fait référence dans ce domaine à « l’équipement approprié sur le plan juridique, organisationnel et budgétaire de l’armée ». Cependant, déjà dans la grande coalition lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, Kurz préconisait une expansion significative de l’armée.

Le gouvernement prévoit des attaques majeures contre les réfugiés et les étrangers. Il a l’intention d’introduire des contrôles plus stricts sur les écoles maternelles islamiques et les écoles privées, et s’arroger la possibilité de les fermer en dernier recours.

Les demandeurs d’asile seront forcés de remettre tout leur argent lorsqu’ils présenteront une demande afin de pouvoir couvrir les coûts de la procédure. Les autorités auront accès aux téléphones portables des demandeurs d’asile afin que les fonctionnaires puissent confirmer les itinéraires et les identités au moyen d’informations personnelles et de comptes sur les réseaux sociaux. Les demandeurs d’asile ne recevront que des prestations en nature et pas d’argent. De plus, le gouvernement veut réduire le délai de recours lors d’une procédure d’asile.

Selon le programme du gouvernement, l’obligation de confidentialité des médecins sera assouplie si la maladie d’un demandeur d’asile est « en rapport avec des soins médicaux ». Etant donné que les soins chez un généraliste impliquent également une assurance maladie, cela pourrait avoir un sens large et servir de prétexte pour abolir les droits démocratiques.

Les attaques contre les couches les plus faibles de la société ne sont que le prélude à une offensive majeure contre les travailleurs. Les prestations sociales de base seront réglementées à un taux uniforme dans tout le pays et les prestations pour un couple non-marié seront plafonnées à 1500 €. Cela signifiera des baisses de prestations douloureuses pour les gens dans la précarité.

Sous le titre « Plus de justice dans la construction de logements sociaux », le programme prévoit un « ajustement régulier des loyers » (c’est-à-dire des augmentations de loyers) dans le logement social, dont dépendent de nombreuses personnes dans les grandes villes, en particulier Vienne. L’objectif est l’élimination définitive de la construction de logements sociaux.

La grande coalition a tenté depuis plus de 10 ans de réduire les retraites. Kurz et Strache sont maintenant fermement résolus à le faire. À cette fin, les régimes spéciaux de retraite existants seront éliminés et l’âge de la retraite sera constamment augmenté.

Le gouvernement, à l’instar de l’Agenda 2010 de l’Allemagne, va modifier les règles de propositions d’emploi dites « raisonnables » pour les chômeurs. Cela se traduira, par exemple, par le fait que des chômeurs qualifiés à Vienne seront contraints d’entrer dans l’industrie du tourisme au Tyrol qui pratique de faibles salaires.

Avec la loi sur la flexibilité du temps de travail, les protections pour les employés seront finalement brisées. L’augmentation confirmée de la journée de travail à 12 heures est un premier pas dans cette direction. La réintroduction des frais de scolarité pour renforcer les finances publiques transformera une fois de plus les études en un privilège pour les riches. Des économies budgétaires supplémentaires vont suivre, étant donné qu’un soi-disant frein à l’endettement doit être ajouté à la constitution.

Quand en 2000, le leader de l’ÖVP, Wolfgang Schüssel, a formé le premier gouvernement avec le FPÖ, dirigé à l’époque par Haider, des manifestations massives ont eu lieu en Autriche et des sanctions ont été imposées en Europe. Des manifestations ont de nouveau été convoquées à Vienne, mais l’UE n’a pas prononcé une syllabe de critique, bien que le gouvernement Kurz-Strache soit beaucoup plus à droite que le gouvernement Schüssel-Haider.

Dans un pays où la classe dirigeante a eu recours à la dictature au début des années 1930 et a largement soutenu l’Anschluss avec l’Allemagne nazie en 1938, l’ombre du passé est à nouveau présente.

Ce développement ne peut être compris que si l’on examine la banqueroute des anciens partis et mouvements ouvriers. Aujourd’hui, les sociaux-démocrates et les syndicats, qui par le passé ont participé à des manifestations, sont tous autant de droite que Kurz. Le SPÖ social – démocrate a déclaré sa volonté de former une coalition avec le FPÖ, ce qui s’est déjà produit au niveau des régions. Les syndicats sont parmi les plus ardents défenseurs de la coopération avec le FPÖ.

Le président Van der Bellen, dont la victoire sur le candidat du FPÖ Hofer a été salué comme une victoire sur l’extrémisme de droite, n’a imposé aucune condition à la formation du nouveau gouvernement, même s’il avait des options pour le faire. Il a simplement insisté pour qu’il déclare sa loyauté sans restriction à l’Union européenne, ce qu’il a fait par la suite.

Cela a été d’autant plus facile qu’il y a un certain nombre de gouvernements de droite en Europe. Il est bien connu que Strache voudrait faire de l’Autriche le cinquième membre du groupe d’États appelé Visegrad, composé de la Pologne, de la Hongrie, de la République tchèque et de la Slovaquie, qui sont tous dirigés par des régimes nationalistes de droite. Le FPÖ a également conclu un traité d’amitié avec le parti de Russie unie de Vladimir Poutine.

Alors que Kurz et Strache apparaissaient devant les caméras à Vienne, les extrémistes de droite européens se sont rencontrés à Prague. Geert Wilders et Marine le Pen étaient tous les deux présents. Ils ont qualifié l’entrée du FPÖ dans le gouvernement d’« historique ». Le Pen a parlé de « nouvelles formidables », tandis que Wilders a déclaré que c’était un « excellent résultat ».

(Article paru en anglais le 18 décembre 2017)

Posté par Michel Peyret

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Autriche: le pays natal d'Hitler rejoue à l'extrême droite

Autriche: le pays natal d'Hitler rejoue à l'extrême droite

Dans le gouvernement autrichien dirigé par la droite réactionnaire, l'extrême droite obtient les ministères de l'Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères. Son chef de parti, Heinz-Christian Strache, devient lui vice-chancelier et ministre de la Fonction publique et des Sports. Le président de la République autrichienne, dénommé écolo de gauche par beaucoup en France,  a confirmé ce gouvernement, se lavant les mains dans cette peste brune.

Que va en dire l'UE du capital, elle si prompte à dénoncer toute victoire électorale de la véritable gauche radicale de par le monde? Et lorsque les ministres européens recevront leurs homologues d'extrême droite, une poignée de mains sera-t-elle immortalisée, comme à Munich en 1938, quand la France et la Grande-Bretagne signaient un traité avec l'homme respectable qu'était Adolf Hitler?

Dernièrement en Pologne, 60 000 individus d'extrême droite ont défilé à Varsovie, capitale de ce pays, sous le salut nazi. C'est la droite réactionnaire qui dirige la Pologne et Bruxelles se dit prête à agir pour sauvegarder l'Etat de droit: Paroles, paroles, paroles... sans aucun effet

En Autriche, la droite réactionnaire et l'extrême droite ont défendu les mêmes idées nauséabondes durant la campagne des législatives.

Un axe politique Varsovie-Vienne se constitue dans lequel le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie servent de boussoles. Le patronat autrichien et polonais cautionnent. En Allemagne nazie, le capitalisme allemand a soutenu jusqu'au bout le régime nazi. Lisez l'ouvrage d'Eric Vuillard l'Ordre du Jour, prix Goncourt 2017, pour s'en convaincre.

Mais hélas, la peste brune ne touche pas que la Pologne ou l'Autriche dans l'UE du capital. Et il serait fou de faire l'autruche en France, dans la patrie qui donna au monde les Droits universels de l'homme, en laissant faire Emmanuel Macron, comme en 1939-1940, on se crut protéger par la ligne Maginot.

Je vous mets en lien l'expression de Canaille le rouge sur ce sujet:

Tsipras veut abolir le droit de grève

 
14 Décembre 2017

PAR  · 

 

Deux rappel, Mélenchon et Clémentine Autain chantant : « il a de la classe notre Tsipras »… Tout le monde peut se tromper, mais le communiste qui fera confiance à ceux qui lui promettront une telle Europe, où qu’ils soient y compris à la tête de l’humanité, du parti ou de la France insoumise ne pourra pas dire qu’il ne sait pas… Deux remarques, le démantèlement du code du travail vient de l’UE soumis au patronat mais nous avons -encore- les moyens de refuser les diktats européens, vers quoi nous dirige-t-on dans la confusion totale?  Là encore il y a le Congrès et la nécessité de discuter de ce que nous voulons exactement, l’Europe conditionne trop de choses pour que nous fassions passer le sujet à la trappe.

 

(note de Danielle Bleitrach)


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Et pendant ce temps, en Grèce, Tsipras continue son entreprise de démolition au bénéfice de la structure économique obsolète de l’UE.


Par Constant Kaimakis


Paru sur le Vilain Petit Canard


Décidément, l’ancien leader de Syriza devenu aujourd’hui premier ministre, faux-nez d’une soi-disant gauche radicale n’en finit pas de démontrer qu’il n’est qu’un vulgaire traître aux valeurs qu’il prétend défendre. Même la droite n’aurait pas osé.
 

C’est par surprise, avec le dépôt, de 3 amendements non prévus à l’Assemblée hier, qu’Alexis Tsipras souhaitait limiter le droit de grève des syndicats et a ainsi mis le feu aux poudres. Immédiatement les syndicats ADEDY, PAME et de nombreux syndicats de base ont appelé à une riposte massive ce matin.À midi, le rassemblement prévu place Klafthmonos, comptait des centaines de manifestants, en colère et très déterminés.  Ils ont marché vers le Ministère du Travail où ils se sont attaqués au système de fermeture et ont réussi à envahir le hall du ministère! Les affrontements avec les forces de police ont été très violents.  D’autres manifestants ont tenté alors de se rendre chez le Premier Ministre, violemment reçus par les forces anti émeute à coups de matraques et de gaz!

 

Il faudrait 50% + 1 des votes pour qu’un syndicat puisse déclencher une grève contre 20% actuellement

 

La manifestation a continué vers le Parlement où des étudiants et des syndicats de base ont tenté de déborder les policiers de garde et de rentrer dans l’Assemblée (cf Vidéo). La police a là aussi riposté violemment avec une pluie de gaz lacrymogènes!

 

Ces amendements limitant le droit de grève ont rendu furieux les syndicalistes: selon la nouvelle loi il faudrait 50% + 1 des votes pour qu’un syndicat puisse déclencher une grève. La loi actuelle dit que seulement 20% des membres du syndicat sont nécessaires pour décider d’aller en grève. La confusion a régné dans les rangs des députés et du gouvernement avec une forte pression de la droite de ND sur Syriza… au point qu’on parlait de retrait des textes incriminés ce matin dans les couloirs du Parlement. Cependant, se débarrasser de la restriction de grève 50 + 1 n’est pas facile car le gouvernement grec en a déjà fait part à Bruxelles…

 

Les syndicats du secteur public et privé ont annoncé une grève générale de 24 heures le 14 décembre 2017.

13 décembre 2017

Johannes Stern, Allemagne, la légitimation de la politique fasciste

 

« Les positions militaristes de l’AfD, indique Johannes Stern, recoupent celles du personnel dirigeant de l’État et de l’armée, et sont largement partagées par tous les partis au parlement. Dans son programme, l’AfD demande : « Compte tenu des menaces actuelles qui pèsent sur l’Europe et la nouvelle orientation géopolitique des États-Unis […] il faudrait que les forces armées soient de nouveau prêtes pour le combat ». Elles doivent être « réformées de manière à garantir leur disponibilité au combat dans les déploiements de la plus haute intensité. Pour cela, des changements structurels, humains et matériels complets sont essentiels ». Quelques jours avant le congrès de l’AfD, l’inspecteur général des forces armées allemandes a parlé en termes quasi identiques lors d’une table ronde... »

 

Reprenons la lecture de la présentation des évolutions politiques en Allemagne...

 

Michel Peyret


Le congrès de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) de la semaine dernière, le parti xénophobe et anti-immigration d’extrême droite, a marqué une nouvelle étape dans la légitimation de la politique fasciste en Allemagne. Sept décennies après la chute de la dictature hitlérienne, les médias allemands ont traité le congrès des fascistes comme un événement politique majeur et légitime, tandis que le président allemand Frank-Walter Steinmeier a fait étalage de son invitation à sa résidence officielle de deux dirigeants de l’AfD pour des négociations en vue d’une coalition.

 

Bien que l’aile droite au nationalisme extrémiste et völkisch de Björn Höcke ait dominé le Congrès, les médias et les politiciens de l’establishment ont critiqué l’AfD non pas pour son extrême militarisme et sa xénophobie, mais pour son manque d’unité.

 

Comme le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung se plaignait lundi, l’AfD affichait « un chaos embarrassant ». Et ceci-après que son groupe parlementaire se soit présenté comme « uni et politiquement capable ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitung a exprimé une opinion similaire, se plaignant du fait que « non seulement les modérés, mais aussi les radicaux fussent simplement des observateurs d’un parti sans chef ». La chaîne d’information Phoenix a même diffusé le congrès en direct à la télévision et a commenté les disputes entre les différentes factions comme s’il s’agissait d’un match sportif.

 

Le congrès de l’AfD doit être pris avec le plus grand sérieux politique. L’AfD est un véhicule pour les forces d’extrême droite qui prônent les immondices longtemps considérées comme ayant été abandonnées en Allemagne : le racisme, le nationalisme völkisch et le militarisme. Alexander Gauland a été élu nouveau codirigeant du parti, un homme qui, pendant la campagne électorale, fédérale a loué « les réalisations des soldats allemands dans les deux guerres mondiales » et a demandé que le médiateur fédéral pour l’intégration, Aydan Özoguz, un Allemand d’origine turque, soit « éliminé » en étant envoyé vers la Turquie. Le professeur d’économie Jörg Meuthen a été confirmé dans son poste de chef du parti.

 

L’AfD sera donc dirigée par deux personnalités proches de « l’aile » d’extrême droite au sein du parti. Tous deux ont participé cette année à une réunion organisée par Höcke au Kyffhäuser, un monument de l’époque du Kaiser, qui dans les années 1920 est devenu un lieu de rencontre pour les nationalistes völkisch et plus tard les Nazis. En 2016, Höcke y a craché – en présence de Gauland et Meuthen – sa « furor Teutonicus » (fureur teutonique) et l’émergence d’une « nouvelle mythologie » pour le peuple allemand.

 

L’élection de Gauland est directement liée à une intervention de la faction Höcke. Pour bloquer l’élection du candidat « modéré », le chef de l’AfD de l’État à Berlin, Georg Pazderski, la faction de Höcke a proposé Doris Sayn-Wittgenstein dans l’élection. Porte-parole de l’AfD au Schleswig-Holstein, celle-ci a prononcé un discours provocateur, a fulminé contre les antifascistes et a défendu le Mouvement identitaire néo-nazi. Elle a non seulement ouvert la voie à Gauland, mais a été dans les traditions de sa classe, la haute noblesse allemande. Heinrich Prinz zu Sayn-Wittgenstein, un de ses ancêtres, était un officier hautement décoré de la Wehrmacht. Il participa, entre autres, à la guerre d’anéantissement contre l’Union soviétique.

 

C’est seulement parce qu’elles bénéficient du soutien de l’appareil d’État que les traditions et les cliques extrémistes et militaristes de droite qui, à deux reprises, ont conduit le monde à la catastrophe au cours du XXᵉ siècle, peuvent redresser la tête de manière aussi agressive. Le congrès de l’AfD a été sécurisé par une police lourdement armée, qui a aspergé des manifestants avec des canons à eau pendant que les délégués de l’AfD les encourageaient. « Rester ferme. Dans cet esprit, laissez jaillir l’eau ! Elle atteint toujours la cible », s’enthousiasma le juge de Dresde Jens Maier, affilié à l’AfD.

 

Au cours de la dernière semaine, le chef de l’État en personne, le Président Frank-Walter Steinmeier, a donné sa bénédiction au spectacle de la droite à Hanovre. Après une réunion avec Steinmeier au Palais de Bellevue, la dirigeante parlementaire de l’AfD, Alice Weidel, a tweeté : « Hier, Alexander Gauland et moi étions invités avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier. En plus des discussions exploratoires sur la formation d’un gouvernement, le sujet était l’élection de notre exécutif fédéral à Hanovre. »

 

Ce n’est pas une simple coïncidence si Steinmeier, dans sa tentative d’installer un gouvernement de droite, fait l’éloge de l’AfD. Lorsqu’il était ministre des affaires étrangères, M. Steinmeier a proclamé la « fin de la retenue militaire » en 2014 et a été fortement impliqué dans le coup d’État de droite en Ukraine. Sous sa direction, le ministère des affaires étrangères a lancé un processus dit de révision afin de briser l’opposition populaire, profondément enracinée, au militarisme et à la guerre. Steinmeier a rédigé des documents de stratégie prônant la militarisation de l’Europe sous la direction allemande, et il s’est félicité dans une série de discours et d’articles du « nouveau rôle mondial de l’Allemagne ».

 

Les positions militaristes de l’AfD recoupent celles du personnel dirigeant de l’État et de l’armée, et sont largement partagées par tous les partis au parlement. Dans son programme, l’AfD demande : « Compte tenu des menaces actuelles qui pèsent sur l’Europe et la nouvelle orientation géopolitique des États-Unis […] il faudrait que les forces armées soient de nouveau prêtes pour le combat ». Elles doivent être « réformées de manière à garantir leur disponibilité au combat dans les déploiements de la plus haute intensité. Pour cela, des changements structurels, humains et matériels complets sont essentiels ». Quelques jours avant le congrès de l’AfD, l’inspecteur général des forces armées allemandes a parlé en termes quasi identiques lors d’une table ronde.

 

Le Sozialistische Gleichheitspartei – la section allemande du Comité international de la Quatrième Internationale – a analysé les motivations objectives du retour du militarisme allemand dès septembre 2014 dans une résolution où nous avions prévenu : « La propagande de l’après-guerre selon laquelle l’Allemagne avait tiré les leçons des terribles crimes des nazis, était « arrivée en Occident », avait adopté une politique étrangère pacifique et s’était développée en une démocratie stable s’est révélée être des mensonges. L’impérialisme allemand montre une fois de plus ses vraies couleurs telles qu’elles ont émergé historiquement, avec toute leur agressivité ici et à l’étranger ».

 

Ce pronostic est maintenant confirmé, soulignant l’urgence de la construction du SGP. Tous les autres partis – avec le Parti de gauche en tête – sont opposés à de nouvelles élections parce qu’ils craignent beaucoup plus un développement socialiste de la classe ouvrière que la montée de l’extrême droite. Le SGP est le seul parti qui s’oppose à cette folie. Nous appelons à de nouvelles élections pour construire une alternative socialiste au capitalisme, au fascisme et à la guerre.

 

(Article original allemand paru le 5 décembre 2017)

Posté par Michel Peyret 

Désormais l’Espagne sait que Puigdemont est l’agent russe Cipollino

 

12 Décembre 2017

19.11.2017

 

La ministre espagnole de la Défense María Dolores de Cospedal a appris, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue letton, que Carles Puigdemont était bien un agent de Vladimir Poutine et que la crise catalane était donc orchestrée depuis la Russie. Quel dommage que la conversation ne soit qu’un canular des farceurs russes!

 

María Dolores de Cospedal, ministre espagnole de la Défense, a récemment reçu un coup de téléphone peu ordinaire. Un homme qui s’est présenté comme Raimonds Bergmanis, son homologue letton, a évoqué la «menace russe» et le rôle de la Russie dans la crise qui déchirait la Catalogne. La ministre a appris que le Président catalan destitué était un agent des services spéciaux russes connu sous le nom «Cipollino», si l’on veut croire les spécialistes russes du canular téléphonique, Vovan et Lexus.

 

«Puidgemont, je ne sais pas comment vous allez le traiter, mais il ne faut pas flirter avec lui car c’est une histoire dangereuse», a déclaré d’une voix grave le ministre letton. «Puigdemont travaille depuis longtemps pour le renseignement russe. Nous avons même appris son pseudo dans les services spéciaux, Cipollino», a-t-il prévenu Mme Caspedal.

 

Le faux ministre letton de la Défense a souligné qu’il fallait être vigilant et a d’ailleurs proposer d’aider Madrid, en déployant des unités lettones à Barcelone. Mme Caspedal a répondu vouloir en parler avec le chef du gouvernement et le Président Mariano Rajoy. Elle a demandé comment son interlocuteur a appris ces informations.

 

Le «ministre» a dit les avoir obtenues de «sources fiables», partiellement en Ukraine. Il a appelé à prévoir un scénario similaire que celui «dans le Donbass». La femme politique l’a remercié pour les importantes informations et a pointé la nécessité d’ouvrir les yeux de la société espagnole sur ce qui se passait en réalité.

 

«Je crois que vous n’avez jamais soupçonné le fait que Puigdemont était un agent pendant tout ce temps?»

 

«Non, non, nous ne nous en doutions pas exactement. Nous savions que quelque chose de cette sorte se passait, mais nous ne supposions pas qu’il existait des liens aussi étroits», a répondu Mme Caspedal.

 

De même, la «menace» croissante que présente la chaîne russe RT a été abordée. A la question de savoir si l’Espagne envisage d’interdire RT, la ministre a répondu par l’affirmative, mais n’a tout de même pas donné de précisions quant à des mesures concrètes.

 

Selon les farceurs, Mme Caspedal a ensuite compris que la conversation était un canular. Quelque temps plus tard sur sa page Twitter, elle a qualifié le dialogue de «très étrange» et a affirmé savoir maintenant «que c’étaient des Russes».

 

Les-crises.fr DT | 12 décembre 2017 à 5 h 00 min | Étiquettes : EspagneRussie | Catégories : GéoPolitique | URL : https://wp.me/p17qr1-Qgd

11 décembre 2017
Investig’Action, le capitalisme et la santé des travailleurs
 

« L’accélération, indique l'article de Investig’Action, de la productivité au milieu des années 90 partout dans l’OCDE et l’essor des nouvelles technologies ont totalement transformé le mode de production et les modes de management des entreprises. Tout va beaucoup plus vite, les rythmes s’accélèrent. Tout ceci a eu un impact très positif pour la compétitivité des entreprises. Mais avec le recul, on peut sans crainte de se tromper affirmer que cette transformation a eu un impact inversement très négatif pour le travailleur, voire catastrophique pour l’environnement... »

 

Reprenons la lecture de l'article de Investig'Action...

 

Michel Peyret


Jean-Jacques Lagarde : « Le capitalisme : ses objectifs pour quoi ?, pour qui ?, et les limites des "adoucisseurs" conquis dans son cadre.

 

Le mode de gestion dans l’entreprise, le mode de production et le mode de redistribution provoquent des altérations et une érosion catastrophique qui déminéralise l’homme tout comme son environnement.

 

C’est le paradoxe de notre société néolibérale (capitaliste) que de vouloir coûte que coûte une croissance infinie dans un monde constitué d’une biomasse, d’une biodiversité et d’une biomotricité qui ont leurs limites.


Motricité mutilée. Causes et conséquences de l’intensification des charges de travail

 

Qu’est-ce qui pousse à toujours vouloir produire plus et augmenter la cadence ?

 

Quelles sont les conséquences pour la santé du travailleur ?

 

Comment le concept d’obsolescence programmée prouve que ce monde marche sur sa tête ?

 

Dans ce troisième volet de son dossier consacré à la motricité mutilée, Carlos Perez, écologue du mouvement, se penche au chevet des travailleurs et de mère Nature.

 

Quelles sont exactement les causes de cette « insoutenabilité » et de cette hausse de pression sur l’empreinte écomotrice d’une part et sur les forces motrices soit les travailleurs, d’autre part ?

 

L’accélération de la productivité au milieu des années 90 partout dans l’OCDE et l’essor des nouvelles technologies ont totalement transformé le mode de production et les modes de management des entreprises. Tout va beaucoup plus vite, les rythmes s’accélèrent. Tout ceci a eu un impact très positif pour la compétitivité des entreprises. Mais avec le recul, on peut sans crainte de se tromper affirmer que cette transformation a eu un impact inversement très négatif pour le travailleur, voire catastrophique pour l’environnement.

 

Il n’est plus très compliqué de recouper les informations glanées dans les différents médias pour avoir une cartographie réaliste de la catastrophe de notre modèle dominant sur la santé psychomotrice des travailleurs.

 

Que disent les enquêtes à ce propos ?

 

L’intensification dans le monde du travail est de plus en plus insoutenable, c’est un véritable danger qui pèse sur les épaules des forces motrices.

 

Une étude de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) relève ainsi : « L’intensification du travail, après avoir connu une pause lors de l’enquête 2005, reprend sa progression. En trente ans, la proportion de salariés dont le rythme de travail est déterminé simultanément par au moins trois contraintes est passée de 6 % en 1984 à 35,2 % en 2013. (…) Entre 2005 et 2013, pour les salariés en France métropolitaine, les contraintes de rythme de travail se sont accrues, au moment où les changements organisationnels se sont multipliés et où l’insécurité de l’emploi a beaucoup augmenté. C’est ce qui ressort de l’étude de la Dares, réalisée à partir de l’enquête Conditions de travail de 2005 et 2013 auprès d’un grand nombre d’actifs occupés (34 000). »

 

C’est donc tout un protocole d’évaluation et d’augmentation des compétences qui a été mis en place dans les entreprises pour accroître la charge, l’intensité et les rythmes de production des forces motrices. Globalement, tout s’accélère.

 

Les reportages, les articles et les livres ne manquent pas sur le sujet de l’intensité et l’insoutenabilité de ce nouveau modèle de production managériale ainsi que son manque d’humanité. Par exemple, les reportages suivants : Le travaille un monde sans pitié Le coût de l’excellence ou La révolution manageriale.

 

Tout doit s’accélérer. Il n’y a pas d’autres alternatives.

 

Se pose alors la question : pour quoi faire ?

 

On nous dit que le but de cette accélération est de préserver le cap de la compétitivité. Mais comment peut-on produire toujours plus, plus vite et plus longtemps, tout en préservant le bien-être et la santé des forces productives, le bonheur intérieur brut et la qualité de l’environnement ?

 

Le tout dans une croissance qu’on voudrait infinie ?

 

C’est le paradoxe insurmontable de la société néolibérale.

 

Ce paradoxe de la compétitivité permanente se retrouve dans la crise de surproduction que nous vivons. Et il s’illustre parfaitement à travers le concept d’obsolescence programmée. Cette technique est utilisée par des industriels qui proposent volontairement des produits dont la durée de vie est limitée et qu’on ne peut pas réparer.

 

Le but ?

 

Que le consommateur remplace son téléphone, sa machine à laver ou sa télévision le plus souvent possible.

 

Le problème n’est pas que nous manquons de tout. Nous avons trop de tout. Mais pour maintenir une croissance artificielle, nous inventons la destruction programmée de ce que nous produisons. Ce montage artificiel doit ainsi maintenir les forces motrices dans l’action et dans le cadre de production imposées par les idéologies dominantes.

 

Comme l’expliquait Marx, « c’est la nature de la production capitaliste de produire sans se préoccuper des limites du marché (…) Le marché s’étend plus lentement que la production (…) Vient un moment où le marché devient lui-même trop étroit pour la production. Cela se produit à la fin d’un cycle. Mais cela signifie simplement que le marché est saturé. La surproduction est manifeste. » (Marx, Théorie de la plus-value)

 

Lawrence Summers, ex-secrétaire au Trésor américain, prévient : « Les dangers auxquels fait face l’économie mondiale aujourd’hui sont plus importants qu’à l’époque de la faillite de Lehman Brothers, en 2008. C’est indiscutable. L’économie chinoise – qui représente 16 % de la production et 30 % de la croissance mondiale – continue de ralentir (à 6,9 % officiellement, mais nettement moins en réalité). Les exportations et les importations chinoises chutent depuis plusieurs mois. Les prix des marchandises baissent du fait d’une contraction de la demande. Ce sont les symptômes de ce que les marxistes appellent une crise de surproduction – ou de “surcapacité”, selon la formule des économistes bourgeois. Les forces productives – l’industrie, la technique et la science – étouffent dans les limites des Etat-nations et de la propriété privée des moyens de production. »

 

C’est la qu’intervient l’obsolescence programmée. Produire pour détruire. C’est ce que nous avons trouvé de mieux pour garder le cap de la productivité et de la croissance, une chimère qui se mord la queue. Produire toujours plus, plus vite et plus longtemps, pour tout détruire et tout recommencer.

 

Pour le travailleur, quels sont le sens et l’intérêt de ce modèle de production ?

 

Difficile de répondre, alors qu’émergent “les jobs à la con” : « Le sociologue Émile Durkheim avait prédit que la perte de normes et de repères serait le prochain mal du siècle. Au travail, cette tendance est assez symptomatique de notre époque. À l’été 2013, l’anthropologue américain David Graeber publiait une tribune qui avait eu l’effet d’une bombe, intitulée «Du phénomène des jobs à la con». Sa théorie : à cause des progrès technologiques,la société invente des rôles et produits des métiers inutiles. Il vise particulièrement les secteurs suivants : ressources humaines, management, conseil, finance, et une grande partie des emplois de bureau. L’anthropologue va plus loin. Selon lui, les salariés visés savent pertinemment que leur travail n’a aucun sens ou aucune utilité ».

 

Une perte de sens que pointe également,  les travaux de l’UCL: « Dans les évaluations, lorsque la quantité́ devient plus importante que la qualité́ et que disparaît toute délibération sur les critères d’un travail bien fait, les professionnels peuvent se voir dans l’obligation de bâcler leur travail. D’où le sentiment souvent exprimé d’une perte du sens du métier ».

 

Pour la force motrice ou « le travailleur », cela se traduit par une perte de sens de ce que font les mains et l’esprit. Le tout étant lié au processus d’intensification, le pouvoir de la mesure, les évaluations multiformes et la sélection. Tous tendus vers l’excellence.

 

Dans des entreprises dont les organigrammes deviennent indéchiffrables et dont les tâches et attributions sont maintenues dans le flou, le travailleur se sent impuissant et comme piégé dans un TGV sans frein où il na plus aucun contrôle.

 

Pour le travailleur, les résultats de cette configuration pleine de paradoxes et de contre-sens est que cette activité économique et productiviste bouleverse son empreinte écomotrice. Elle altère ses capacités de production au point de créer des catastrophes psychomotrices en masse. Selon l’OCDE, plus de 360.000.000 millions de personnes seraient touchées par la dépression dans les pays industrialisés. Les forces motrices, les travailleurs, ont l’impression de manquer de temps, de devoir s’adapter en permanence et de ne plus rien contrôler.

 

Compétitivité, position concurrentielle et restructuration constituent une triade, pierre angulaire de notre système de valeurs dominant. Ses résultats sont véritablement catastrophiques pour les travailleurs. Les traumatismes psychosociaux liés au monde du travail génèrent des pathologies lourdes.

 

L’agence européenne pour la sécurité et la santé au travail le pointe dans un rapport: « Les travaux de recherche menés sur plusieurs décennies mettent en évidence le lien existant entre les risques psychosociaux et le stress au travail ainsi que les conséquences négatives sur la santé, telles que les problèmes de santé mentale (dépression), les maladies cardiovasculaires, les troubles musculo-squelettiques et également, plus récemment, le diabète. Il n’est habituellement pas facile de déterminer dans quelle mesure le travail contribue au développement de ces effets négatifs, mais lorsque l’on étudie la charge financière du stress et des risques psychosociaux, il convient de tenir compte des coûts associés également à ces problèmes de santé. »

 

En mai 2016, la Fondation Travailleur autrement commentait un rapport de l’OIT : « A l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail qui se déroulait le 28 avril, L’OIT (Organisation internationale du Travail) a publié un rapport sur les tendances mondiales du stress au travail et de son impact : 20 à 25 % des travailleurs seraient concernés. Dans «Stress au travail : un défi collectif», l’Organisation Internationale du Travail dresse un panorama mondial de la situation de stress lié au travail, sont ampleur et ses répercussions sur la santé des travailleurs.

 

Le rapport au travail et à l’entreprise connaît une mutation sans précédent. La mondialisation et la révolution numérique bouleversent les manières de travailler : nouvelles formes d’emploi, nouveaux modes d’organisation du travail ou encore nouvelles exigences (flexibilité, productivité accrue face à la concurrence internationale…). Dans un contexte marqué par la précarisation de l’emploi, avec un chômage important et une peur de perdre sont emploi, le travailleur évolue dans un environnement de plus en plus stressant. Toutes les professions sont affectées, tous les continents sont touchés. Le stress ne connait pas de frontières. »

 

Les conséquences sont importantes, et à plusieurs niveaux :

 

Stress au travail : Quatre Belges sur cinq souffrent du stress au travail titrait un article de la RTBF; au Royaume Unis en 2010-2011, le Bureau pour la Santé et la Sécurité (HSE,2010-2011) donnait une estimation prudente du coût du stress, de la dépression et de l’anxiété, à savoir 3,6 milliards de GBP;

 

En Australie d’après des statistiques de 2008-2009, Safe Work Australia (2012) a estimé que le stress psychologique lié au travail coûte à la société australienne 5,3 milliards de dollars australiens (AUD) par an. Ce chiffre inclut les coûts résultant des perturbations de la production et les coûts médicaux;

 

Au Canada, le coût annuel du stress au travail et des maladies liées au stress (y compris le coût des soins de santé mentale, des services sociaux et autres) pour la société a été estimé à 2,75 milliards de dollars canadiens (CAD) pour une faible prévalence du stress et à 8,25 milliards de CAD pour une prévalence plus élevée (Shain, 2008). De même, une estimation prudente du coût annuel pour les employeurs canadiens des maladies mentales liées au stress et de la perte de productivité s’établit à entre 222 millions et 2,75 milliards de CAD. La somme de ces chiffres a conduit les auteurs à estimer le coût total du stress lié au travail au Canada entre 2,9 et 11 milliards de CAD.

 

Aux États-Unis en 1987, Matteson et Ivancevich ont déterminé que le stress au travail coûtait 300 milliards de dollars américains (USD) à l’économie américaine. Ils ont considéré que l’économie américaine était constituée d’entreprises fictives employant chacune 1.000 personnes et ont calculé le coût de l’absentéisme lié au travail, de l’augmentation des effectifs, des contre-performances et des mauvais résultats ainsi que de la rotation de personnel dans les entreprises de cette taille. Ils ont ensuite constaté qu’en moyenne, le coût du stress par employé s’élevait à 2.270 USD. Ils ont ensuite multiplié ce chiffre par le nombre total de travailleurs américains de l’époque, soit 108 millions, et ont obtenu un coût annuel de 300 milliards d’USD.

 

La dépression : Sur le coût de la dépression en Europe, Sobocki et Al (2006) ont regroupé les données nationales et européennes de 28 pays européens afin d’évaluer le coût global de la dépression en Europe. En utilisant les données de prévalence sur une période d’un an, ils ont estimé qu’en 2014, le coût global de la dépression en Europe s’élevait à 118 milliards d’EUR, soit 1 % du PIB de l’Europe.

 

Maladies cardiovasculaires : Le coût des maladies cardiovasculaires peut également être lié au travail. Il s’agit des derniers résultats d’une méta-analyse (comportant la somme de plusieurs grandes études européennes) ayant porté sur plus de 200 000 personnes. En France, la cohorte Gazel a suivi, de 1989 à 2006, 20 000 agents EDF. Le but était d’établir le lien entre les contraintes au travail et l’incidence de la maladie coronaire. Chez les grands stressés, le risque d’infarctus s’est révélé augmenté de 23 %. Cela signifie que, sur les 100 000 infarctus annuels en France, 4 000 seraient imputables au stress au travail. En 2012, le rapport du Réseau européen du cœur (Nichols et al., 2012) s’est intéressé au coût global des MCV pour l’économie de l’Union européenne dans son ensemble et pour chaque État membre en particulier. Il a estimé le coût annuel des MCV pour l’économie de l’Union européenne à 196 milliards d’EUR en 2009.

 

Troubles musculo-squelettiques : A l’instar des systèmes de production qui les génèrent, les troubles musculo-squelettiques liés au travail se mondialisent. Tel est le constat établi à l’issue de la septième édition de Premus, congrès international sur les TMS liés au travail, qui s’est tenue à Angers (Maine-et-Loire), en fin d’été. Pendant cinq jours, le point a été fait sur les connaissances scientifiques les plus récentes portant sur la physiopathologie, l’épidémiologie et la prévention de ces pathologies, qui représentent la principale cause de maladies professionnelles dans le monde. Première cause de maladie professionnelle en France, les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) sont des douleurs articulaires provoquées par des gestes répétitifs.

 

Comment prévenir ces douleurs ?

 

Quelles sont les solutions pour améliorer les conditions de travail ?

 

Il est difficile d’estimer précisément le coût des TMS, selon cette étude, parce qu’il en existe une grande variété. Certains auteurs tentent de quantifier le coût des TMS en général, tandis que d’autres se concentrent sur un type de TMS, par exemple les douleurs lombaires ou l’arthrite (Parsons et al., 2001).

 

Au niveau de l’Union européenne, on estime que les coûts directs des TMS représentent jusqu’à 2 % du PIB; les douleurs lombaires chez les travailleurs européens coûte plus de 12 milliards d’EUR par an (Bevan et al., 2009) et l’arthrite rhumatoïde 45 milliards d’EUR par an (Lundkvist et al., 2008).

 

Au Royaume-Uni, on estime qu’en 2008 les « TMS et affections associées » ont coûté 186 millions de GBP aux services de santé nationaux. Les dépenses de santé imputables à l’arthrite rhumatoïde s’élevaient à 560 millions de GBP par an, ce chiffre atteignant 1,8 milliard de GBP si l’on y englobe la perte d’emploi et les arrêts maladie (Morse, 2009). Toujours au Royaume-Uni, on a calculé qu’en 1998, les dépenses de santé, les soins informels et les pertes de production imputables aux douleurs lombaires représentaient un total de 10,67 milliards de GBP (Maniadakis et Gray, 2000).

 

Aux Pays- Bas, le coût annuel des lésions répétitives liées au stress au travail s’élève à 2,1 milliards d’EUR (Bevan et al., 2009). En Irlande, le coût annuel de l’arthrite rhumatoïde a été estimé à 1,6 milliard d’EUR (Arthiritis Ireland, 2008) et à 2 milliards d’EUR en Espagne (Lajas et al., 2003).

 

Diabète lié au travail : Le stress provoqué par le travail augmente la probabilité de développer un diabète de type 2, selon une nouvelle étude scientifique allemande. Cette étude confirme les conclusions d’une précédente étude canadienne de l’Université de Toronto qui révélait que 19% des cas de diabète de type 2 était associés chez les femmes au stress au travail.

 

Le mode de gestion dans l’entreprise, le mode de production et le mode de redistribution provoquent des altérations et une érosion catastrophique qui déminéralise l’homme tout comme son environnement. C’est le paradoxe de notre société néolibérale que de vouloir coûte que coûte une croissance infinie dans un monde constitué d’une biomasse, d’une biodiversité et d’une biomotricité qui ont leurs limites.

 

Le corps est le réceptacle de toutes nos tensions. Chaque traumatisme s’incruste dans le corps et petit a petit, il peut se verrouiller et devenir notre ennemi. Le corps est l’image somatique de nos traumatismes. Ce n’est pas à notre motricité et à nos corps de s’adapter au besoin des entreprises, mais aux entreprises de s’adapter à notre motricité et à nos limites corporelles.

 

Source: Investig’Action

 

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Posté par Michel Peyret

Publié par El Diablo

Que cache l’indignation affichée par Bruxelles contre L’ÉVASION FISCALE ? [Par Pierre LÉVY]

Que cache l’indignation affichée par Bruxelles contre L’ÉVASION FISCALE ? [Par Pierre LÉVY]

La condamnation de la fraude et de l’évasion fiscales permet de passer sous silence leur véritable cause, en l’occurrence la libre circulation des capitaux, analyse Pierre Lévy, rédacteur en chef du mensuel Ruptures.

 

Elle n’est pas peu fière, la Commission européenne, d’avoir publié sa «liste noire» de dix-sept pays ou entités soupçonnés de favoriser l’évasion fiscale. Parmi les Etats nommés, on trouve du reste la Corée du Sud. Tiens, pour une fois, la Corée du Nord n’est pas dans le viseur. Un oubli, très certainement…

Car Bruxelles soigne sa com’. Après la publication des «révélations» connues sous le terme (forcément) anglais de «Paradise papers», l’Union européenne entendait montrer sa vertu, d’autant que les grands médias n’ont pas manqué d’afficher leur indignation face à ce scoop incroyable : la fraude et l’évasion fiscales séviraient aux quatre coins de la planète via des paradis fiscaux[…]

LA SUITE :

Que cache l'indignation affichée par Bruxelles contre l'évasion fiscale ?

 

 

 

 

Que cache l'indignation affichée par Bruxelles contre l'évasion fiscale ?

La condamnation de la fraude et de l'évasion fiscales permet de passer sous silence leur véritable cause, en l'occurrence la libre circulation des capitaux, analyse Pierre Lévy, rédacteur en ch...

 

https://francais.rt.com/opinions/46274-que-cache-indignation-affichee-par-bruxel

Financial Times : Martin Schulz appelle à « États-Unis d’Europe »

 

10 Décembre 2017

Si la grande coalition arrive à se former, c’est-à-dire si comme le dit l’article le SPD réussit à vaincre les résistances du parti, ce sera en adoptant une intégration européenne toujours plus poussée. Ce discours fait pour vaincre les résistances des militants s’aligne sur la politique préconisée par Macron avec ministre des finances commun et promesses qui ne mangent pas de pain de surveillance de l’évasion fiscale. toujours dans le cadre du « demain on rasera gratis » la protection de salaire minimal alors même qu’aujourd’hui code du travail sont démantelés sous contrainte de l’UE. On voit se dessiner la future campagne des européennes avec une grande coalition qui reproduirait le macronisme et sous couvert d’Europe et de nouveauté rallierait droite et PS. Dans un tel contexte on ne peut que juger plus sévèrement encore l’initiative de  Pierre Laurent, n’attendant même pas que le congrès fixe pour les militants une politique européenne et proposant à un Benoit Hamon acquis à cette Europe là une liste commune.

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach)

 

Martin Schulz demande l’approfondissement de la construction européenne par la création des « États-Unis d’Europe ».

https://www.ft.com/content/ec2a8982-db4a-11e7-a039-c64b1c09b482

 

Le partenaire potentiel de la coalition de Merkel propose que les membres de l’UE s’inscrivent ou quittent le bloc

 

DÉCEMBRE 2017 1135

 

Le leader des sociaux-démocrates allemands a appelé les Etats membres de l’UE à s’engager en faveur des « Etats-Unis d’Europe » d’ici 2025, établissant un ambitieux programme de réformes européennes, son parti ayant accepté de discuter avec Angela Merkel de la formation d’un nouveau gouvernement.

 

Martin Schulz a déclaré lors d’une conférence à Berlin jeudi qu’il souhaitait que les Etats membres de l’UE se mettent d’accord sur un nouveau « traité constitutionnel » pour établir une union fédérale et que les pays qui ne s’inscrivaient pas dans cette perspective devaient quitter le bloc. « Un tel traité constitutionnel doit être rédigé par une convention qui inclut la société civile et le peuple. Ce traité constitutionnel devra ensuite être soumis aux Etats membres et ceux qui ne l’approuveront pas devront automatiquement quitter l’UE », a déclaré M. Schulz.

 

Il a également appelé à un changement radical dans la position de l’Allemagne sur la réforme de la zone euro. Sa position fait écho à plusieurs demandes formulées par le président français Emmanuel Macron mais est en contradiction avec les positions de longue date du gouvernement Merkel.

 

« Nous n’avons pas besoin d’un diktat d’austérité européen, nous avons besoin d’investissements dans un budget de la zone euro », a déclaré le leader du SPD. « Nous avons besoin d’un ministre européen des finances qui freine la course à la baisse de la politique fiscale et met fin à l’évasion fiscale insupportable. Nous avons besoin d’un cadre européen pour un salaire minimum qui mette fin au dumping salarial»

 

Dans une interview à l’ancien ministre allemand des Finances, M. Schulz a ajouté: « L’UE ne peut pas se permettre quatre années supplémentaires de politique allemande envers l’Europe à la Wolfgang Schäuble ». La proposition de M. Schulz d’organiser des discussions exploratoires avec la CDU / CSU sur la formation d’un nouveau gouvernement a été approuvée par une large majorité de délégués jeudi soir.

 

La proposition souligne que les pourparlers à venir ne visent pas spécifiquement une nouvelle « grande coalition » et que la base du parti devra approuver tout accord futur avec Mme Merkel.

 

Le chef du SPD a insisté sur le fait que les pourparlers ne mèneraient pas « automatiquement » à une soi-disant grande coalition , mais a exhorté sa base réticente à ne pas exclure une alliance officielle du gouvernement dès le départ. « Nous n’avons pas à gouverner à n’importe quel prix, mais nous ne devons pas non plus éviter de gouverner à n’importe quel prix », a-t-il déclaré.

 

Le chef du SPD a été soumis à une pression croissante pour mettre fin à l’impasse à Berlin et renouveler le lien avec l’Union chrétienne-démocrate de Mme Merkel et son parti frère bavarois, la Christian Social Union.  La CDU / CSU et le SPD sont au gouvernement depuis 2013, mais les trois partis ont lourdement perdu lors des dernières élections générales en septembre. Après une campagne terne menée par M. Schulz, les sociaux-démocrates n’ont obtenu que 20,5% des suffrages, leur pire résultat dans l’histoire moderne allemande.

 

Jeudi, M. Schulz a décrit le résultat comme une « défaite amère » qui a souligné la nécessité d’un renouvellement.  « Nous n’avons pas réussi à répondre à la question de ce que la social-démocratie représente au 21ème siècle. Notre plus gros problème est que [nous] avons perdu notre profil », a-t-il dit. De nombreux électeurs, a déclaré M. Schulz, ont vu le SPD non plus comme leur représentant mais comme « une partie de l’establishment ».

 

La défaite de septembre a incité les dirigeants du SPD à faire la promesse de reconstruire le parti dans l’opposition, ainsi que les promesses répétées de M. Schulz qu’il ne renouvellerait pas la grande coalition. Mais il a été contraint de rompre cette promesse le mois dernier, après l’échec des pourparlers de coalition entre le bloc conservateur de Mme Merkel, les démocrates libres pro-affaires et les Verts de gauche.

 

Pour éviter une nouvelle élection, Mme Merkel pourrait également former un gouvernement minoritaire – un scénario favorisé par certains sociaux-démocrates, mais le chancelier a tout sauf exclu.

 

L’accent mis sur la réforme de l’UE est une initiative  récente de la part de M. Schulz, ancien président du Parlement européen, qui a été critiqué pour ne pas avoir abordé les problèmes de l’UE pendant la campagne. Rolf Müller, un membre du SPD de Thuringe qui a suivi le discours de jeudi lors de la conférence, a déclaré: « Nous aurions pu gagner 7 à 8% de plus dans les élections s’il avait prononcé un discours comme celui-ci cet été. Il n’a jamais parlé de l’Europe. » Elisabeth Humbert-Dorfmüller, un autre membre du SPD, a suggéré que la nouvelle orientation de l’UE pourrait rehausser la popularité du parti: « Il a présenté une vision que nous n’avions pas auparavant. Il a aussi de la crédibilité parce qu’il est lui-même issu de l’UE et qu’il peut vraiment faire avancer le débat. »

 

La conférence du SPD mardi a également élu M. Schulz pour un autre mandat en tant que chef de parti. Il a obtenu le soutien de 81,9% des délégués – une baisse par rapport à 100% lorsqu’il s’est présenté pour la première fois plus tôt cette année.

 

Ca n’a pas duré longtemps: Les néo-nazis finlandais refont surface une semaine après leur interdiction

 

10 Décembre 2017
© REUTERS / LEHTIKUVA / Markku Ulander

A peine une semaine s’est écoulée depuis que le Mouvement de résistance nordique a été officiellement interdit en Finlande pour être violent et néo-nazi, mais cela n’a pas empêché des centaines de ses partisans de marcher à travers Helsinki pour célébrer le Jour de l’Indépendance.

 

Fin novembre, le Mouvement de résistance nordique (NMR) a été interdit en Finlande, en devenant le premier mouvement politique en quarante ans à être mis hors la loi dans le pays.

 

La RMN, qui a longtemps été dans la mire des autorités finlandaises pour son programme anti-immigrés et suprématistes blancs, a finalement été interdit après un épisode violent, quand un de ses membres  a agressé un piéton qui avait échangé des mots avec les manifestants lors d’un rassemblement dans le centre d’Helsinki. La victime est décédée d’une hémorragie cérébrale une semaine après l’agression. Son assaillant a ensuite reçu un prix de ses camarades RMN. cependant le porte parole national norvégien NRK .a expliqué que la récompense  n’était pas destinée à glorifier l’attaque, mais plutôt à soutenir l’homme dans une situation difficile,

 

Cette semaine, cependant, les membres du NRM ont refait surface lors des rassemblements du Jour de l’Indépendance, qui arassemblé des centaines de radicaux dans la seule capitale. Bien que les marches aient regroupé à la fois des nationalistes et leurs adversaires, des militants de gauche et des anarchistes, qui étaient plus nombreux que leurs adversaires, les manifestations se sont bien déroulées, avec seulement dix personnes arrêtées.

 

La composante d’extrême droite des rassemblements a réuni environ 450 manifestants dans le centre d’Helsinki. Un comptage de citoyens a répertorié quelque 80 soldats d’Odin et quelque 320 membres de la RMN.

 

« Ils ont dit que les nazis étaient morts et ils voulaient s’appeler national-socialistes », a déclaré le politicien d’Helsinki Thomas Wallgren du Parti social-démocrate au quotidien Hufvudstadsbladet.

 

Bien que le NRM ait largement accordé de la publicité à cet événement sur son site Web et invité tous ceux qui partageaient leur opinion d ans d’autres pays, Wallgren n’a pu repérer que des Finlandais dans la foule.

 

« Je n’ai entendu que le finnois, pas le russe, le suédois ou le polonais », a déclaré Wallgren.

Cette semaine, l’opérateur de ferry baltique Viking Line a refusé d’accueillir 24 passagers appartenant à la RMN qui se dirigeaient vers Helsinki.

 

Les sympathisants du Mouvement de résistance nordique néo-nazi (Nordiska motstandsrorelsens) manifestent dans le centre de Stockholm (Dossier)
© AFP 2017 / JONATHAN NACKSTRAND

Auparavant, le chercheur suédois Christer Mattson de l’Institut Segerstedt à Göteborg a soutenu que l’interdiction pourrait finalement devenir inutile dans la lutte contre l’extrémisme de droite pour la simple raison que les membres fortement motivés par l’idéologie trouveront un autre moyen d’auto-organisation.L’idée que d’anciens membres de la NMR se regrouperont et referont  surface dans les rues finlandaises a également été exprimée par Leo Hertzberg de la police finlandaise.

 

La RMN réunit plusieurs centaines de membres à travers la Scandinavie  et cherche à établir un seul état national-socialiste sur la base  de l’autosuffisance nordique et de la scission de l’UE. La RMN est une farouche opposante à l’immigration des pays «non-blancs» et promeut  fortement des images traditionnelles nordiques et viking telles que les runes.

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Ouf, pas de paradis fiscaux dans l'UE du capital

Figurez-vous que, sans rire et très doctement, les 28 ministres des finances de l'UE ont publié ce mardi 5 décembre urbi et orbi une liste de 17 méchants qui font dans le paradis fiscal et dans l'évasion du même métal. Et sonnez hautbois, résonnez musette, aucun de ses états voyous n'appartient à l'UE du capital.

Ils ont pour noms: les Samoa, les Samoa américaines, l’île de Guam,Bahreïn, Grenade, la Corée du Sud, Macau, les Iles Marshall, la Mongolie, la Namibie, les Palaos, Sainte-Lucie, Trinité-et-Tobago, la Tunisie, les Emirats arabes unis, le Panama et la Barbade.

La Commission européenne, dirigée par Jean-Claude Juncker, ex-premier ministre du grand-duché du Luxembourg, état fondateur de l'EU, a initié cette liste, à cause parait-il des scandales financiers des gros qui ont plein de fric, dévoilés par la presse et qu'aucun service d'espionnage des grands nous gouvernants ne connaissait. C'est dire l'aspect de la chose.

Bon, ils ne nous prennent pas pour des çons à Bruxelles et on peut s'en féliciter. En effet, ni la Belgique, ni le Luxembourg, ni l'Irlande, ni Malte, ni Chypre, ni les Pays-bas, ni le Royaume-Uni -oui parce que la GB est encore dans l'UE- ni le Portugal cher à un certain chanteur et ni d'autres états européens ne font dans la fraude et l'évasion fiscale.

Tout ça parce que l’Union européenne a choisi d’exclure d’emblée les pays européens de cette liste : ils sont déjà censés se conformer au droit de l’UE en matière de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales. Source: la Commission européenne.

Du coup, il faut remercier en masse cette UE qui, comme une certaine lessive, lave plus blanc que blanc. Non?

Sinon, je vous conseille cet écrit ci-dessous, approuvé à Bruxelles, le 28 janvier 1706, par le censeur catholique des livres à lire et surtout à ne pas lire. Comme l'UE impose sa vérité et ses dogmes capitalistes aujourd'hui.

Ouf, pas de paradis fiscaux dans l'UE du capital

Objet : URGENT- Le gouvernement SYRIZA veut interdire le droit de grève

 

Chers camarades, 


Le gouvernement grec dirigé par Syriza s’attaque au droit de grève. Avec la législation en discussion au parlement 99% des grèves seront déclarées illégales en Grèce. Immédiatement à l’appel de PAME de nombreuses manifestations ont été organisées dans tout le pays. Le ministère du travail qui refusait de recevoir des délégations a été envahit par des travailleurs en colère, d’autres refoulés avec des gaz lacrymogène qui manifestaient devant le Parlement et la résidence du 1er Ministre Tsipras. 


Une grève générale est décidée le 14 décembre. Les camarades de PAME ont besoin de notre soutien. Il faut envoyer des messages nombreux de solidarité et le faire d’autant plus que la CES est dorénavant complice tout comme ses affiliés sur place qui se cachent. 


Cette orientation réactionnaire de Syriza aux ordres de Bruxelles et du patronat vise les travailleurs et militants combatifs de PAME, elle nous vise également car la Grèce est le laboratoire de ce que l’union Européenne et Macron rêvent d’appliquer en France avec la complicité de la CES, de la CFDT et le silence d’autre


Cela appelle une riposte de notre part et un soutien total aux militants de PAME qui se battent courageusement. Ils nous ont soutenu nos grèves et manifestations dans notre riposte à la destruction du code du travail en 2016 et 2017, soutenons les aujourd’hui. Ils on un besoin urgent de notre solidarité.


Fraternellement, Jean-Pierre Page 


Commentaire de B.T :

Syriza est aussi membre du PGE au même titre que le PCF. Que fait-on dans la même galère. L'ami de Pierre Laurent Tsipras fait dans le Jules Moch. J'espère qu'il est au moins gêné et qu'il nous le fera savoir 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le ministre portugais des finances prend la présidence de l'Eurogroupe au sein de l'UE du capital

Dois-je ajouter que le marché, doux nom pour désigner le capital, est libre et non faussé sur notre vieux continent mais aussi dans le monde? Bref, Mario Centeno est un économiste de gôche, comme l'était François Hollande avec son gouvernement, ou comme les socialistes s'apprêtant à entrer dans celui dirigé par Angela Merkel en Allemagne.

On dit que le gouvernement du Portugal, dirigé par les socialistes et soutenu par le Pc et un fg portugais, fait dans  l'austérité budgétaire"furtive". C'est à dire, un coup je te vois beaucoup, un coup, je te vois moins. Et donc pas vraiment la rupture avec le capital. D'ailleurs le Pc portugais vient de perdre des plumes lors des dernières élections municipales en soutenant le gouvernement.

Pour en revenir à l'Eurogroupe, réunissant tous les pays avec la monnaie capitaliste commune, c'est un gouvernement de la zone euro connu pour son opacité et ses défaillances en matière de lutte contre les paradis fiscaux ayant pris l'euro comme monnaie. C'est là le moins que je puisse écrire.

"C’est un honneur. Nous avons une fenêtre très unique pour continuer à mieux préparer nos économies et nos sociétés", a déclaré le ministre desfinances portugais Mario Centeno, lundi 4 décembre, juste après avoirété choisi par ses pairs.
 
Bon, j'avais cru lire que certains en France applaudissaient le gouvernement portugais de coalition des gauches. Un exemple qu'on pourrait mettre en route dans notre pays. Avant ou après l'Europe sociale?
 
Et un dessin entre "partenaires" de la zone euro. Qui date peut-être, ou peut-être pas.
Le ministre portugais des finances prend la présidence de l'Eurogroupe au sein de l'UE du capital

Publié par El Diablo

Symboles de l'Union européenne [par Jean-Paul Lecoq, député PCF]

Jean-Paul Lecoq , député PCF de Seine-Maritime (source photo: l'humanité)

Nous publions ci-dessous, pour votre information, l’intervention du député Jean-Paul Lecoq à l’Assemblée Nationale.

 

Quand Jean-Paul Lecoq parle de « refondation de l’europe » nous avons envie de lui dire : pourquoi pas ? Mais vite nous constatons que cette volonté se heurte aux réalités. Aujourd'hui, il existe un traité et pour le modifier il faut l'unanimité des 27 états (article 48 du TFUE). Ainsi, mettre d’accord tous les États membres sur un traité de contenu progressiste c’est se bercer d’illusions…Peut être quand les poules auront des dents… En clair c'est impossible !  Donc pour « refonder l'europe » il faut d'abord sortir des traités en cours, le seul moyen « légal » étant l’utilisation l'article 50 du TFUE comme le fait  le Royaume Uni après le référendum sur le Brexit - Le reste c'est malheureusement du bavardage sans conséquences concrètes, sinon qu’il entretient la confusion et l’illusion - Tant que le PCF n'aura pas revu sa position sur ce sujet il n'a aucune chance de regagner en influence notamment dans les milieux populaires, de plus il laisse la place aux discours plus ou moins clairs de certaines formations politiques que par ailleurs il voudrait, selon le cas, concurrencer ou combattre.

 

El Diablo


Commentaire amical de B.T : Je partage totalement le propos ci-dessus. Mais encore faut-il constater qu'il vaut tout autant pour France Insoumise, cela mérite d'être rappelé. Plus de 60% d'abstention aux élections en Corse. Il n'y a pas besoin d'aller voir plus loin. Comment pour les milieux populaires peuvent-ils voter communiste ? Alors que le PCF de fait ne l'est plu. Dont les dirigeants n'ont en fait qu'un seul rêve. Aller vers un congrès de Tours à l'envers. Autrement dit, un rassemblement constituant un des dispositifs d'intégration du monde du travail aux objectifs du Kapital. 


Intervention dans la discussion générale à l'Assemblée Nationale:

 

Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, pour nous, le destin de l’Europe, notre destin, est une affaire non pas de symboles, mais de contenu. Le problème n’est pas tant de savoir où planter un drapeau, mais ce qu’il dit, ce qu’il représente. Quel sens symbolique et politique revêt-il pour les peuples européens ?

 

Nous croyons dans la force des symboles dès lors que ceux-ci portent une réalité commune, comme c’est le cas pour notre hymne, la Marseillaise, notre effigie, Marianne, et notre devise, « liberté, égalité, fraternité », qui nous rappelle constamment que sans égalité ni fraternité, il n’y a pas de liberté généralisée. Ces symboles, auxquels on peut ajouter le drapeau tricolore, placent notre régime républicain dans le sillon de la Révolution de 1789.

 

Nous, députés communistes, assumons pleinement cet héritage politique et sommes fiers de ces symboles, qui sont la métaphore de notre identité commune dans la ligne des idéaux révolutionnaires, et de notre projet politique fondé sur la République et la démocratie.

 

L’identité et le projet politique : voilà ce que les symboles sous-tendent. Et voilà le véritable débat qui s’ouvre. Nous nous sentons européens et nous n’avons pas de leçon d’Europe à recevoir, surtout lorsque celle-ci a la faiblesse de vouloir s’enseigner à partir d’un drapeau.

 

Nous sommes les enfants d’une famille politique qui s’est opposée aux deux guerres mondiales qui ont saigné à blanc les peuples et les nations du continent pendant que les barons de l’argent prospéraient. Nous sommes d’une famille qui n’a cessé de construire des ponts entre les cultures, les savoirs, les peuples et les nations, une famille qui considère qu’en raison de son histoire, de sa culture, de ses valeurs, mais aussi de l’intérêt de ses populations, l’Europe sera sociale ou ne sera pas. Nous sommes d’une famille qui considère que l’idée d’Europe doit et devra perdurer, mais pas sous le joug des intérêts privés.

 

Le problème de l’Europe porte donc bien sur son projet politique. Pour emprunter cette formule à un célèbre dialogue prémonitoire de Michel Audiard, déclamé ici même, à cette tribune : « Je ne vous demanderai pas d’oublier ce que vous êtes, en repoussant cette Europe des maîtres de forges et des compagnies pétrolières, cette Europe de la fortune contre celle du travail, de l’industrie lourde contre celle de la paix. Je me contenterai de vous exposer en quoi le cap que vous suivez se situe à contre-courant de l’intérêt des populations. » Vous avez reconnu le texte déclamé par Jean Gabin dans Le Président.

 

Des siècles d’une histoire mouvementée, souvent dramatique, quelquefois exaltante, ont forgé des nations à partir de la volonté des peuples présents sur ce même continent. Tous se sont sentis européens et tous ont exprimé une pensée européenne. Pourtant, et malgré de nombreuses tentatives funestes, ce ne sont ni les rois ni les empereurs qui sont parvenus à jeter les bases d’une Europe politique. Ce sont les peuples.

 

L’Europe est démocratique. Tous ses États sont démocratiques, parce que ses nations ont conquis la démocratie. Le drapeau de l’Union symbolise donc à la fois l’identité européenne, que nous embrassons, et son projet politique, c’est-à-dire celui d’une Europe néolibérale et technocratique qui s’apparente plus à une « Union des marchés européens » qu’à une union des peuples.

 

Cette Europe des marchés, nous la rejetons. C’est une Europe dont les peuples se sont détachés parce qu’elle s’est détachée d’eux. Pourtant, que l’idée d’Europe est belle ! Cette position, notre position, s’est déjà exprimée avec force lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, un texte qui consacrait ces fameux symboles de l’Union en leur donnant un sens que le peuple français a rejeté.

 

En votant « non » à près de 55 %, les Français sont allés contre les intérêts de quelques-uns. Il a donc fallu rétablir les choses, et c’est le couple Merkel-Sarkozy qui a repris les principes et les règles de la Constitution européenne pour les insérer dans le traité de Lisbonne aujourd’hui en vigueur.

 

À la suite de la crise de 2008, après laquelle l’Union européenne a laissé les peuples exsangues financièrement, les Européens ont assisté à la crucifixion du peuple grec, qui avait osé défier l’Europe. Mais tout le monde n’est pas perdant dans cette affaire : la Banque centrale européenne a empoché cette année 7,8 milliards d’euros grâce aux bons du Trésor grec qu’elle détient depuis 2012.

 

Nous restons en effet convaincus que ce n’est pas en buvant la potion néolibérale jusqu’à la lie que nous sauverons l’Union, et moins encore que nous serons sauvés du péril nationaliste et xénophobe qui peut s’exprimer ici et là. Il est hors de question de repenser la construction européenne en s’appuyant sur la peur de l’autre. Le nationalisme est une impasse mortifère pour les peuples européens et se fait toujours le brutal allié du capitalisme décomplexé dès qu’il arrive au pouvoir.

 

Aujourd’hui, les peuples d’Europe attendent des actes de solidarité au regard des difficultés économiques et sociales auxquelles ils sont confrontés. Si l’Union d’aujourd’hui avait une devise, ce serait « austérité, compétitivité, précarité ». Suggérons-lui « protection, paix, justice et solidarité », car l’Europe ne pourra se faire sans faire passer l’humain d’abord. Nous, communistes, croyons dans une refondation de l’Europe qui serait consacrée par un véritable traité social européen porteur des valeurs de justice, de liberté et d’égalité, sur lesquelles reposeraient des normes protectrices pour les travailleurs, les jeunes, les plus âgés, les handicapés, et pour la planète.

 

Les solutions, nous les défendons depuis longtemps. Premièrement, il s’agit de détruire ce dogme néolibéral qu’est le traité sur la stabilité, comme nous l’avions proposé en déposant conjointement avec le groupe Die Linke au Bundestag une proposition de résolution européenne dès 2011. La règle d’or, notamment les limites de 3 % du PIB pour le déficit et de 60 % pour la dette publique, muselle toute politique de relance progressiste, et tout espoir pour les peuples de reprendre leur part de la richesse.

 

La lutte contre l’évasion fiscale constituera la clef de voûte de ce projet, puisqu’elle permettra aux États européens de retrouver une certaine vigueur financière. Près de 1 000 milliards d’euros par an s’évaporent en Europe. Qu’elle soit légale ou illégale, l’évasion fiscale est un fléau. Comment laisser filer tout cet argent avec autant de flegme que M. Juncker ?

 

Un traité européen ambitieux permettrait à la Banque centrale européenne de renégocier les dettes souveraines et de relancer l’investissement. Le quatrième acte pour une nouvelle Europe serait de mettre fin aux traités commerciaux négociés dans le plus grand secret, comme le CETA – l’accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne –, et qui sacrifient les peuples et la planète sur l’autel du profit des multinationales.

 

Même la commission en charge de l’évaluation de l’impact attendu de l’entrée en vigueur du CETA mise en place par le Gouvernement n’a pas pu faire autrement que de critiquer cet accord dont les retombées économiques seront dérisoires. Il aura d’ailleurs fallu un plan d’action du Gouvernement pour le mettre en œuvre. Si nous ne laissons pas le peuple français s’exprimer sur cette question, il sera alors de notre responsabilité de rejeter cet accord.

 

La directive sur les travailleurs détachés devra aussi être revue de fond en comble pour ne plus être l’instrument de dumping social favori des entreprises européennes. J’étais parmi les premiers à le dire à cette tribune dès 2009.

 

Une fois ces traités détricotés, le chantier suivant consistera à créer ensemble une harmonisation par le haut des conditions de travail des salariés et une protection sociale et environnementale de la plus haute exigence pour tous. Inspirons-nous des joyaux français pour redonner du souffle à ce projet : la retraite par répartition, la sécurité sociale, l’expression des cultures et leur respect. L’Union européenne ne peut-elle pas, à l’appui de normes progressistes, imposer par son marché intérieur ses valeurs aux multinationales ?

 

Enfin, pour pérenniser le projet européen, il faudra raffermir sa place sur la scène internationale et diplomatique. Cela fait trop longtemps que l’Union européenne est invisible et faible sur ce plan.

 

L’Union n’est pas au service de la paix : elle reste bloquée dans les interminables tergiversations franco-allemandes. La gestion de la crise des migrants en est le terrible exemple. En repoussant ces derniers en Méditerranée et en Libye, où ils sont parfois vendus comme esclaves et très souvent maltraités, l’Union européenne a montré un visage inhumain dont personne ici ne peut être fier.

 

L’Union européenne doit aussi être à la pointe de la lutte contre les inégalités internationales. Pour cela, elle devrait être le plus puissant allié de l’ONU et en respecter chaque résolution, à commencer par celles sur la pleine reconnaissance de l’État palestinien, sur l’organisation d’un référendum au Sahara occidental et sur les Comores.

 

Quand les uns disent « Europe de la défense », je veux leur répondre « Europe de la diplomatie et de la paix » ! Nous, députés communistes, nous engageons à répondre à cette volonté populaire parce que nous préférons convaincre plutôt qu’imposer. C’est pourquoi nous voterons contre cette proposition de résolution inspirée par des calculs politiciens.

 

Que pour les peuples et les citoyens d’Europe l’hymne à la joie devienne véritablement l’hymne de la joie dans la construction européenne ; dès lors, le drapeau de l’Union pourra flotter avec fierté au côté du drapeau français.

 

Jean-Paul Lecoq

Député de la Gauche démocrate et républicaine (GDR)

 

SOURCE:

ROUGE CERISE

http://www.pcf84danielecasanova.fr/

Publié par El Diablo

Contre la course aux ARMEMENTS, au nom de l'aspiration de paix de nos peuples, ARRÊTONS la militarisation de l’UE !

Contre la course aux ARMEMENTS, au nom de l'aspiration de paix de nos peuples, ARRÊTONS la militarisation de l’UE !

Les partis communistes et ouvriers signataires condamnent le projet de « Coopération structurée permanente » (dont le sigle en anglais est PESCO)comme étant une initiative militariste agressive.

 

L'Allemagne impérialiste, sous la direction du Ministre de la Défense Von der Leyen, prendra la direction des 23 états membres pour constituer ce qu'elle appelle « L'armée européenne ». Dans ce but, elle confirme qu'une force militaire commune est une idée de base de la Communauté européenne. Pourtant, jusqu'à présent, les mentors du projet d’intégration ont essayé de nous vendre ce projet comme un projet de paix.

 

En fait, le projet PESCO ne fait qu’augmenter le danger de guerre sous le prétexte d'arriver à « l'autonomie stratégique ». Cela signifie que l'UE doit être en capacité de faire la guerre indépendamment des États-Unis et de l'OTAN. Ainsi, en plus d'obliger les États à se lancer dans une course à l'armement permanente, le PESCO exige des États participants des contributions substantielles aux futures interventions militaires de l'UE. Les États participants seront non seulement tenus d'augmenter leurs dépenses militaires, mais aussi de participer à des projets d'armement communs et de fournir des soldats pour des « groupements tactiques de l’UE ».

 

Ceci signifie que les sommes destinées aux dépenses militaires ne peuvent pas être dépensées à des fins sociales. Chaque euro dépensé en armement est un euro qui est refusé aux retraités, aux étudiants et à leur éducation, aux enfants et à leurs écoles et garderies, aux familles et au soutien aux malades.

Nous, communistes, demandons la dissolution de l'OTAN, l’arrêt de la militarisation de l'UE, et invitons à résister aux guerres impérialistes !

 

Partis signataires :


Parti Communiste Allemand -Parti du Travail d'Autriche- Parti Communiste Wallonie-Bruxelles- Parti du Travail de Belgique - AKEL, Chypre - Parti Communiste des peuples d'Espagne - Communistes de Catalogne - Parti Communiste de Finlande - Parti Communiste du Luxembourg- Nouveau Parti Communiste des Pays Bas - Parti Communiste de Pologne - Parti Communiste Portugais - Parti Communiste de la Bohême et Moravie - Union du Peuple Galicien - Parti Communiste Roumain.

 

SOURCE :

Solidarité Internationale PCF

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Sur l'intensification de la militarisation et de l'agressivité de l'union européenne - déclaration des partis de l'initiative communiste européenne

 

03 Décembre 2017

(Traduction NK pour Solidarité Internationale PCF)

 

L'Union Européenne, l'OTAN et les gouvernements bourgeois de leurs états membres sont engagés dans une course aux armements croissante et dans l'élaboration de plans et de préparatifs militaires, qui constituent un grave danger pour les peuples.

 

Ces développements reflètent les contradictions entre les gouvernements de l'UE et de l'OTAN ainsi que leurs contradictions avec d'autres centres impérialistes et puissances rivales qui se concentrent sur le contrôle des hydrocarbures et des oléoducs au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Méditerranée orientale ainsi que dans d'autres régions.

 

Ce processus, qui concerne les profits capitalistes et la répartition des parts de marché, constitue un grand danger pour la paix et la sécurité des populations, bien qu'il soit accompli au nom des peuples. L'Union européenne, en tant qu'union impérialiste, renforce sa militarisation. Guidée par sa «Stratégie globale» et par le Livre blanc sur la Défense, elle a créé l'Union Européenne de la Défense et le Fond qui lui est associé, tout en renforçant le contrôle systématique de la promotion des armements par ses états membres à travers l'Examen Annuel Coordonné en matière de Défense (CARD).

 

Dans le même cadre, l'UE promeut des forces et formations militaires visant à la création d'une «armée de l'UE» telle que la coopération structurée permanente (PESCO), les groupements tactiques, les intergroupes en concurrence avec les États-Unis et l'OTAN, ou en coopération avec eux, servant dans chaque cas les intérêts des monopoles européens.

 

Face à ces développements dangereux, les peuples doivent être organisés et préparés, ils doivent être vigilants et renforcer leur lutte contre les plans militaires aventureux, les interventions et les guerres des gouvernements bourgeois et des organisations impérialistes telles que l'UE et l'OTAN.

 

L'Initiative Communiste Européenne :


- Appelle les peuples à condamner les gouvernements bourgeois de leurs pays qui favorisent le renforcement des armements, l'amélioration, l'extension et l'augmentation des bases militaires américaines, de l'OTAN et de l'UE dans leurs pays ainsi que les diverses concessions pour la mise en œuvre des leurs plans impérialistes contre les peuples.


- Renforcer la lutte contre l'UE, l'OTAN et toutes les alliances impérialistes.


- Nous luttons pour le droit des peuples à choisir indépendamment de leur propre voie de développement, y compris le droit de se désengager de l'UE et de l'OTAN. Nous intensifions notre lutte pour le socialisme qui est nécessaire et urgent.

30 novembre 2017

Naissance de la Pesco, fille de l’OTAN

 

Après 60 années d’attente, annonce la ministre de la Défense Roberta Pinotti, va naître en décembre la Pesco, “Coopération structurée permanente” de l’Union européenne, dans le secteur militaire, initialement entre 23 des 27 Etats membres.

 

C’est le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, qui explique ce que c’est. Participant au Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, il souligne “l’importance, mise en évidence par de nombreux leaders européens, que la Défense européenne soit développée de manière à ne pas être compétitive mais complémentaire à l’Otan”.

 

La première façon de le faire est que les pays européens accroissent leur propre dépense militaire : la Pesco stipule que, parmi “les ambitieux et les plus contraignants engagements communs” il y a “l’augmentation périodique en termes réels des budgets pour la Défense afin d’atteindre les objectifs convenus”. Au budget en continuelle augmentation de l’Otan, dont font partie 21 des 27 Etats de l’Ue, s’ajoute maintenant le Fonds européen de la Défense à travers lequel l’Ue accordera 1,5 milliards d’euros annuels pour financer des projets de recherche en technologies militaires et acheter des systèmes d’armes communs. Ce chiffre sera celui de départ, destiné à augmenter au cours des années.

 

En plus de l’augmentation de la dépense militaire, parmi les engagements fondamentaux de la Pesco se trouvent “le développement de nouvelles capacités et la préparation pour participer ensemble à des opérations militaires”. Capacités complémentaires aux exigences de l’Otan qui, dans le Conseil Atlantique Nord du 8 novembre, a décidé l’adaptation de la structure de commandement pour accroître, en Europe, “la capacité de renforcer les Alliés de façon rapide et efficace”.

 

A cet effet deux nouveaux commandements sont institués. Un Commandement pour l’Atlantique, avec la mission de garder “libres et sûres les lignes maritimes de communication entre Europe et Etats-Unis, vitaux pour notre Alliance transatlantique”. Un Commandement pour la mobilité, avec la mission "d’améliorer la capacité de mouvement des forces militaires Otan à travers l’Europe”.

 

Pour que les forces et armements puissent se déplacer rapidement sur le territoire européen, explique le secrétaire général de l’Otan, il faut que les pays européens “éliminent de nombreux obstacles bureaucratiques”. On a beaucoup fait depuis 2014, mais il reste encore beaucoup à faire pour que soient “pleinement appliquées les législations nationales qui facilitent le passage de forces militaires à travers les frontières”. L’Otan, ajoute Stoltenberg, a en outre besoin d’avoir à disposition, en Europe, une capacité suffisante de transport de soldats et armements, fournie en grande partie par le secteur privé.

 

Plus important encore : qu’en Europe soient “améliorées les infrastructures civiles -comme routes, ponts, voies ferrées, aéroports et ports- de façon à être adaptées aux exigences militaires de l’Otan”. En d’autres termes, les pays européens doivent effectuer à leurs frais des travaux de conformité des infrastructures civiles pour un usage militaire : par exemple, un pont suffisant pour la circulation des cars et poids lourds devra être renforcé pour permettre le passage des chars d’assaut.

 

Voilà la stratégie dans laquelle s’insère la Pesco, expression des cercles dominants européens qui, bien qu’ayant des conflits d’intérêts avec les cercles étasuniens, se re-compactent dans l’Otan sous commandement USA quand entrent en jeu les intérêts fondamentaux de l’Occident mis en danger par un monde qui change. Voilà alors que pointe la “menace russe”, face à laquelle se lève cette “Europe unie” qui, alors qu’elle fait des coupes dans les dépenses sociales et ferme ses frontières intérieures aux migrants, augmente les dépenses militaires et ouvre les frontières intérieures pour faire circuler librement soldats et chars d’assaut.

 

Manlio Dinucci

 

Article original en italien :

Nasce la Pesco costola della Nato

Traduction par Marie-Ange Patrizio

Edition de mardi 21 novembre 2017 de il manifesto

 

https://ilmanifesto.it/nasce-la-pesco-costola-della-nato/

Photo : Illustration ©FREDERICK FLORIN / AFP

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2017

 

Vu sur Mondialisation

L’Humanité : En s’érigeant en tribunal de la Révolution d’Octobre, le Parlement européen sombre dans le révisionnisme

 
29 Novembre 2017
La politique de l’UE est claire, créer un équivalent immonde entre communisme et nazisme, pour mieux soutenir les nazis d’aujourd’hui et réprimer les communistes, cela va avec sa politique anti-sociale
 
(note de Danielle Bleitrach)

JEAN-JACQUES RÉGIBIER
JEUDI, 23 NOVEMBRE, 2017
HUMANITE.FR

Pour vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, « la révolution de 1917 en Russie a été le début d’une vague de régimes totalitaires, » qui a ouvert la voie au « nazisme et au fascisme. Photo : AFP

 
Pour vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, « la révolution de 1917 en Russie a été le début d’une vague de régimes totalitaires, » qui a ouvert la voie au « nazisme et au fascisme. Photo : AFP
 

Au cours d’un débat tendu sur la révolution russe d’Octobre 1917, l’extrême-droite européenne a fait entendre sa haine du communisme, relayée par la majeure partie de la droite et une partie des libéraux. Cette offensive pour discréditer l’une des plus grande tentative de contestation de l’ordre capitaliste au cours du XXème siècle, est partagée par l’ensemble des institutions européennes.

 

Quand il écrivait en 1847, dans une phrase devenue culte, qu’« un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme », Marx pouvait-il deviner que deux siècles plus tard, son constat n’aurait pas pris une ride ? La seule chose qui a changé, c’est la liste de « toutes les puissances de la vieille Europe » qui, selon Marx, s’étaient « unies en une Sainte Alliance pour traquer ce spectre. » A celle énumérée dans le Manifeste (« le pape, le tsar, Metternich et Guizot, les radicaux de France et les policiers d’Allemagne »), on peut aujourd’hui en substituer une autre: la Commission européenne, le Conseil européen, le Parlement européen dans son immense majorité, et le Conseil de l’Europe (1).

 

« Le legs de la révolution totalitaire bolchévique. » C’est sous ce titre qui avait au moins le mérite d’annoncer clairement la couleur, que le Parlement européen était appelé à débattre mercredi 15 novembre lors de la dernière session parlementaire. Débattre est en l’occurrence un bien grand mot. Ce fut surtout l’occasion pour l’extrême-droite de prendre la tête d’une anachronique croisade antibolchévique, épaulée par la droite (PPE) et pratiquement tous les libéraux (ALDE), profitant de l’occasion pour vanter les mérites de l’ordre néolibéral et des principes censés le soutenir (démocratie parlementaire, droits de l’homme et état de droit), au point de faire douter de leur universalité (2).

 

L’entassement de ces invectives antibolcheviques 100 fois rabâchées (la fameuse caricature du bolchevique au couteau entre les dents) serait sans importance si elles n’étaient proférées comme des évidences dans l’une des plus grandes instances internationales, qui prétend ainsi – et c’est le plus grave – remplacer les centaines d’études produites par les historiens depuis un siècle, toutes ayant en commun d’analyser la révolution d’Octobre dans le cadre général des grandes révolutions qui, depuis 1789, ont rythmé l’Histoire universelle et ouvert le monde à la modernité.

 

Mais ce qui est encore plus grave, c’est que loin de se résumer à quelques propos de députés d’extrême-droite surchauffés par le thème, ce qu’on a entendu au Parlement européen constitue bien la base de l’analyse de l’histoire de l’Europe, partagée, comme on va le voir, par toutes les institutions européennes.

 

Feu sur Octobre 17 !

 

A commencer par la Commission européenne. Pour son vice-président, Frans Timmermans, « la révolution de 1917 en Russie a été le début d’une vague de régimes totalitaires, » qui a ouvert la voie au « nazisme et au fascisme. » Pour lui d’ailleurs révolution bolchévique, nazisme et fascisme doivent être mis dans le même sac. Le commissaire européen conteste le fait que la Révolution d’Octobre ait pu résulter d’une immense colère populaire face à la misère, la guerre et la faim, et n’hésite pas – on jugera du niveau pitoyable de la métaphore – à comparer le communisme à l’alcoolisme qui est « bon à court terme et mauvais à long terme. » Outre qu’il est toujours amusant d’entendre un commissaire européen qui n’a été élu par personne, vanter les mérites de la démocratie (3), on fera remarquer que

 

1/ aucun historien sérieux ne considère que le stalinisme n’est la même chose que la Révolution d’Octobre, et que

 

2/ l’URSS n’a jamais rien eu à voir, ni idéologiquement, ni politiquement, avec l’Allemagne nazie, qui avait engagé contre elle « une guerre d’annihilation » (selon les propos d’Hitler), dont l’URSS est sortie victorieuse, au prix de 26 millions de morts. C’est l’URSS, qui a payé le plus lourd tribut pour libérer l’Europe du nazisme, il faut le rappeler, puisque la forme la plus courante du révisionnisme consiste à oublier certains faits historiques, et à fonder son analyse de l’Histoire sur ces oublis.

 

Pour le Conseil européen, c’est l’Estonien Maati Maasikas qui a sonné la charge contre la Révolution d’Octobre, celle-ci n’ayant entraîné, selon lui, que « destruction, famine, guerre et massacres. » Encore une fois, il s’agit là d’une contrevérité flagrante puisque c’est bien au contraire le régime tsariste qui est responsable de la guerre qu’il a déclarée, entrainant destruction, famine et massacres.

 

La Russie est le pays qui a enregistré le plus grand nombre de victimes au cours de la Première guerre mondiale, qu’elles soient militaires (1 700 000 morts sur les champs de bataille), ou civiles (1 500 000 morts ), alors que l’engagement de la Russie n’a duré « que » 3 ans, un an de moins que pour les autres belligérants. Ces 3 200 000 morts (un peu plus selon d’autres estimations) sont à inscrire exclusivement au palmarès du pouvoir tsariste. Rappelons également, que ce sont bien les bolcheviques, comme ils l’avaient annoncé dans leur programme avant la Révolution, qui ont arrêté la guerre. Ils seront d’ailleurs le seul groupe politique en Europe, spécialement parmi les groupes d’obédience socialiste, non seulement à faire de la paix leur objectif central, mais aussi à réaliser leur promesse.

 

Rappelons aussi que l’immense majorité des pays qui ont plongé l’Europe dans une guerre qui fera 20 millions de morts et 21 millions de blessés, était composée de régimes parlementaires (à l’exception de la Russie et de l’Empire ottoman) – c’est le cas particulièrement pour deux des principaux belligérants, le Royaume-Uni et la France. Ce sont donc des démocraties comparables à celles d’aujourd’hui qui ont été responsables de l’extermination d’une partie de la jeunesse européenne. On sait maintenant que l’enjeu de la boucherie de 14-18 était le partage du monde et des empires coloniaux entre puissances capitalistes, comme l’avaient d’ailleurs analysé les bolchéviques ainsi que Jean Jaurès, avant qu’un fanatique d’extrême-droite ne l’assassine.

 

Non seulement, contrairement aux contrevérités distillées par les représentants de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe, le libéralisme économique et la démocratie parlementaire n’ont pas permis d’éviter les massacres de 14-18, mais ce sont eux qui les provoqués, et non pas les bolchéviques qui les ont stoppés.

 

Droite et extrême-droite, main dans la main

 

On passera sur les inepties de la droite (PPE) mettant sur le même plan les bolcheviques, le nazisme, le stalinisme, mais aussi le « djihadisme » ( ? ), la Corée du Nord (dont la constitution ne fait plus référence au communisme), la Russie de Poutine (qui n’a pas fêté la Révolution d’Octobre) – opinion soutenue par la députée de lettonne Sandra Kalniete. Ou bien celle de Laszio Tokes (PPE, Hongrie) regrettant « cette Europe jadis chrétienne menacée dans son identité par le bolchevisme et l’athéisme, » et qui doit « se débarrasser de cet héritage destructeur qu’est le communisme », tandis que d’autres (Asim Ademov, PPE, Bulgarie) n’hésitent pas à voir dans la Révolution d’Octobre «  la catastrophe morale la plus grande de toute l’histoire de l’humanité. »

 

On ne s’attardera pas non plus sur les propos d’une extrême-droite hallucinée voyant « l’U-E entre les griffes des néo-marxistes », et « le bolchevisme, vivant dans l’Union européenne (Marcel de Graaf) – « 95% des gens ici présents sont des communistes ou d’autres types de rouges », a scandé à l’adresse de ses collègues un député d’extrême-droite polonais (Janusz Korwin-Mikke), obligeant le président de séance à lui demander de ne pas insulter ses collègues (!) Tandis que le député britannique Nathan Gill, de l’UKIP (très en verve l’UKIP dans ce débat) voit des « similitudes entre le régime instauré par les bolchéviques et l’U-E », et dans la Commission européenne, « une résurgence du Politburo » (!)

 

Au milieu de ce déchaînement de propos révisionnistes – un véritable festival – les députés de la Gauche unitaire européenne, très isolés, ont eu bien du mal à remonter le courant, en proposant un bilan plus respectueux des faits et plus équilibré. Le député tchèque Jiri Mastalka a ainsi fait remarquer que même si la Révolution d’Octobre 1917 pouvait donner lieu à un débat controversé, elle n’en restait pas moins un des jalons historique du XXème siècle et que c’était, de toutes façons, non pas au parlement européen mais aux historiens d’en juger. Pour la députée socialiste française Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy (S et D), il ne faut pas oublier non plus que « derrière 1917, il y avait des femmes et des hommes exploités et en colère, qui vivaient dans la servitude et la misère, une population qui s’est soulevée contre l’autocratie, contre un empire féodal injuste et chantre des inégalités. »

 

(1) Au motif de dénoncer les « populistes » sans jamais désigner  à quels groupes particuliers il fait allusion, le Conseil de l’Europe rejette comme contraire à la démocratie, ceux qui « entendent porter la voix de celles et de ceux qui se considèrent comme exclus du « système », et déclarent vouloir mettre en place des politiques plus justes, plus équitables et plus durables », « s’attaquant aux valeurs libérales qui fondent nos sociétés (sic.) » Tous les progressistes et les défenseurs de l’environnement se reconnaîtront dans cette description. (Propos liminaire du Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjorn Jagland, au Forum mondial de la démocratie, du 8 au 10 novembre 2017 à Strasbourg.)

 

(2) Emmanuel Macron, que cette question de l’universel occidental semble tarauder (il l’a également évoquée dans son discours à la Cour européenne des droits de l’homme le 31 octobre , a dit lors de la COP23: « les pays riches ont imposé au monde leur universel. Il leur est interdit désormais d’imposer leurs tragédies. » Le problème, c’est qu’il y a déjà longtemps que les pays riches ont imposé les deux. Cette manière faussement naïve de poser, en le biaisant, un problème réel, est l’une des constantes de la sophistique macronienne.

 

(3) « Le fait que la démocratie soit érigée au rang de valeur suprême pour l’adhésion (à l’Union européenne, ndlr) n’épuise en rien la question de la démocratie au sein du système politique européen » remarque Nicolas Levrat, dans un ouvrage de « La Documentation française » paru en 2012 , intitulé « La construction européenne est-elle démocratique ? » A cette question, Nicolas Levrat répond que « de l’avis d’une majorité de citoyens, la réponse semble clairement négative », et ajoute : « en dépit d’une floraison d’institutions et de procédures, le sentiment de déficit démocratique persiste. »

 

jeudi 30 novembre 2017

Praljak, le cadavre de trop du TPI pour l'ex-Yougoslavie?

Hier 29 novembre 2017, le général Slobodan Praljak a avalé la ciguë après avoir été confirmé coupable par les membres du TPI pour l'ex-Yougoslavie en appel. Choc de deux mondes, dont la coexistence est impossible. Celui des idées, qui peuvent conduire au sang, et celui de la bonne morale, qui cache le sang. Praljak serait-il le cadavre de trop de cet étrange tribunal où l'on meurt beaucoup?
 
Sans revenir sur les détails de la guerre de l'ex-Yougoslavie, disons qu'avec le recul, elle commence à beaucoup ressembler aux prémisses du démantèlement de l'espace post-soviétique que l'on voit perdurer aujourd'hui. Avec la chute de l'URSS et le maintient de la Russie dans un état de faiblesse durant toutes les années 90, tout a commencé très vite. La mort de Tito réveille les revendications ethniques et d'indépendance. En 1991, des négociations politiques sont lancées entre les serbes et les bosniaques, mais tombent dans une impasse. Le 29 février 1992, le pouvoir bosniaque organise un référendum d'indépendance, auquel ne participent pas les serbes. Il ne reste plus qu'à reconnaître les résultats. Mais le morcellement d'un pays risque toujours de provoquer des crises violentes, une manifestation est alors organisée à Sarajevo le 5 avril, où pour la dernière fois les serbes et les bosniaques ont manifesté ensemble pour la paix. Sans que l'on n'ait pu établir d'où, des tirs éclatères sur la foule. Les victimes sacrificielles permirent de justifier l'intervention occidentale dans le processus politique interne yougoslave. L'UE a reconnu dès le 6 avril les résultats du référendum et le morcellement du pays avec l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine. Le 7 avril fut le tour des Etats Unis. Ca ne vous rappelle rien? Passons. Comme prévu et manifestement attendu, la guerre a pu commencer. Par deux fois, l'OTAN a lancé une opération militaire particulièrement violente contre le pays et principalement les serbes, montrés seuls responsables du conflit par la communauté internationale. La disclocation du pays est célébrée en 1995. Dans la première partie du conflit, de 1992 à 1995, le nombre des victimes est à ce jour difficilement estimable: de 70 000 à 200 000.
 
En 1999, l'OTAN se souvient à nouveau de ce morceau de terre, et le fondement d'une nouvelle intervention dite "humanitaire" fut la cause des albanais et le nettoyage ethnique imputé aux serbes. Mais les informations sur les dégâts causés par les bombardements démocratiques lancés contre les serbes sont classés secrets-défenses aux USA et aucune information ne filtre sur la détermination des cibles civiles qui furent nombreuses, comme le montre ce rapport de l'Institut de recherche sur l'énergie et l'environnement, pointant notamment le bombardement systématique des installations industrielles civiles, ayant entraîné des dangers réels immédiats et à long terme pour la population civile, sans même parler des problèmes juridiques de bombardements de cibles civiles en violation du droit de la guerre. Pour autant, aucune action en justice internationale n'a été lancée contre les pays occidentaux responsables de ces désastres. L'impunité totale qu'ils ont alors ressentie leur a totalement délié les mains dans ce que nous voyons aujourd'hui.
 
Ces problèmes étiques et ce parti-pris politique immédiat explique peut-être ce qui ressemble de plus en plus à du fanatisme de la part du Tribunal prénal international pour l'ex-Yougoslavie. Si au départ, les deux parties au conflit, les serbes et les bosniaques furent reconnus coupables du déclenchement de la guerre, finalement sous la pression de la politique internationale et grâce à l'objectivité toujours incontestable de la presse occidentale, les serbes sont les pricipaux figurants présumés coupables de cette étrange institution quasi-judiciaire.
 
D'une manière générale, la justice pénale internationale est une justice à part, c'est la justice des vainqueurs. Elle repose bien sur un motif politique et défend une vision idéologique. C'est elle qui est censée poser la vérité officielle, construire l'histoire officielle du Bien contre le Mal. Pour que les peuples dorment en paix, il est important qu'ils soient persuadés que le Bien a gagné. Ces mécanismes fonctionnent lorsqu'il existe un réel consensus sur le mal, comme en ce qui concerne les crimes nazis lors de la Seconde Guerre Mondiale. Avec cette instance, l'Occident a voulu réutiliser ce qui avait finalement bien fonctionné, oubliant qu'il en manquait ici les fondements moraux, le bien et le mal étant particulièrement imbriqués. D'une certaine manière, la puissante campagne médiatique qui accompagne ce processus de blanchiment para-judiciaire et de légitimation internationale fonctionne dans l'ensemble assez bien au regard des populations occidentales, qui n'ont pas eu accès à d'autre point de vue que le point de vue officiel dans ce conflit extrêmement complexe et ne remettent absolument pas en cause l'intervention de l'OTAN. Ce but a été atteint, un autre coupable a été trouvé.
 
Non seulement le fondement de cette "justice" a ainsi été légitimé, mais le déroulement du spectacle est présenté sous un jour particulièrement favorable. Lorsque la presse française parle des conditions de détention, elle présente la prison où sont incarcérés les détenus, principalement les dirigeants serbes, comme une prison modèle:
Il faut dire que la prison de la Cour Pénale Internationale est un peu particulière. Cette prison de haute sécurité, située dans le quartier résidentiel de Scheveningen à La Haye, la capitale des Pays-Bas, fonctionne en respectant le principe fondamental de la justice internationale: le respect des droits de l'homme. "Les détenus sont des accusés qui attendent leur jugement, et qui sont donc présumés innocents, ce qui n'est pas toujours très bien compris à l'extérieur: ils possèdent des droits qu'ils n'auront plus une fois condamnés", expliquait Marc Dubuisson, le directeur des services d'appui judiciaires de la Cour au Figaro.
Ils peuvent se faire à manger, rencontrer leurs conjoints, un modèle même de tolérance. Or, dans ce monde merveilleux, où les "présumés innoncents" sont incarcérés jusqu'à 15 ans avant d'entendre leur verdict, on meurt beaucoup et l'on ne soigne pas vraiment. L'on se souviendra de la réaction hystérique de la communauté internationale suite au décès en prison en Russie de Magnitsky, qui blanchissait les fonds pour le magnat Browder. Cette mort a donné lieu à une révision totale du système de soins. Mais dans la prison du TPI, on continue allègrement à mourir.
 
Il faut dire que l'accès au soin est très sélectif. Nombreux dirigeants serbes ont des problèmes cardiaques, sans avoir d'accès aux traitements, ni de consultations avec des spécialistes, Milocevic en est mort. Un autre, a vécu un an avec une tumeur au cerveau avant d'être renvoyé dans un hôpital en Serbie pour y mourir. C'était trop tard, il n'a pas été soigné pendant trop longtemps. En général, 6 dirigeants serbes sont morts, soit "suicidés" par pendaison notamment, soit de maladie par manque de soins, soit 'd'une arrêt du coeur". Aucune enquête n'a abouti à quoi que ce soit, aucun élément ne filtre. 2006, suicide de Milan Babic. 1998 suicide de Slavko Dokmanovic. Voir le reportage pour les russophones:
 
 
Nous sommes très loin de l'image bobo de la prison modèle que l'on veut nous vendre. 
L'attitude des juges, si l'on peut les appeler ainsi, laisse également à désirer. L'on se souviendra du procès de Mladic, qui après plusieurs infarctus se sent mal lors du prononcé de son jugement. Le juge ne lui permet pas d'avoir accès à un médecin. Lorsqu'avec ses dernière forces il déclare "Tout cela n'est qu'un tissus de mensonges, c'est un tribunal de l'OTAN", le jugement sera lu sans lui, c'est plus commode de se retrouver entre soi, entre personnes du même monde. De toute manière l'affaire était réglée, comme l'affirmait le procureur, "tout jugement autre qu'une condamnation à vie serait une honte pour la justice." Justice est faite, il peut être satisfait. Mais la question des soins n'est pas réglée et il y a un véritable problème d'image de la justice. Alors peut-on encore parler de justice?
La manière dont les hommes sont traités dans ce tribunal est très éloignée des standards internationaux requis en la matière. La justice est un processus qui doit suivre des règles, mais qui doit également être conforme à l'image de la justice. C'est ce que ne cesse de marteler l'Europe. Couper les micros lorsque les paroles dérangent (l'on se souviendra de Milosevic), refuser des pauses à des personnes malades (le cas notamment de Mladic), refuser les accès aux soins (ils sont trop nombreux pour être cités), sont des violations flagrantes des droits des personnes en jugement. Que ce tribunal remette de facto en cause la présomption d'innoncence est attendu dans ce type de "justice de légitimation", mais remettre en cause la nature humaine de la personne poursuivie lui confère un niveau très sophistiqué de barbarie.
Face à ce qu'il n'a pu considérer comme de la justice, le général croate Slobodan Paljak s'est suicidé en avalant du poison après avoir déclaré:
Praljak n'est pas un criminel. Je rejette avec mépris votre verdict
Le juge, dans un autre monde, ne semble pas faire attention à ce qu'ingurgite l'accusé, il lui demande simplement de se taire et de s'asseoir.  Sur la vidéo, c'est flagrant:
 
 
Le juge se moque éperdument de ce qu'avale démonstrativement Praljak, lui a des choses importantes à faire, il doit rendre la justice et condamner ces monstres. Puisqu'ils sont ici, devant lui, ce sont des monstres. Or cet individu le gêne, à gesticuler comme ça. Il détourne l'attention de la Justice. C'est manifeste, il est contrarié. Et lorsque l'avocate tente de faire comprendre que Praljak a avalé du poison, l'on ne voit strictement aucune empathie apparaître sur le visage du juge, juste de la contrariété. Un homme meurt devant ses yeux et lui, ça le dérange, car l'ordre du jour va en être perturbé. Un tel niveau de cynisme tend à l'inhumain. 
 
L'une des avocates de Praljak, Natacha Favo Ivanovic, déclare qu'il faut absolument trouver les responsables. La question des méthodes de travail de cette juridiction doit être posée.
 
C'est le moins que l'on puisse dire, un véritable problème moral se pose. Praljak est-il le cadavre de trop de ce tribunal qui a fini par rendre la vengeance et non la justice, discréditant d'autant le système très fragile de la justice internationale?
 

Carnet vert

Publié le 27 Novembre 2017
 

 Sous le haut patronage de Monsieur Stéphane Travert Lauréat 2017 du prix La Brinviller 

 

et de Madame Angéla Merkel aumonière de la bourse de Francfort,

 

Monsieur Bayer et Madame Monsanto

 

ont le plaisir de vous convier le

à la confirmation sacramentelle

de leur fils

 

 

Glyphosate

 

la bénédiction sera administrée par

Monseigneur Junker

en présence de tous les membres

du conclave bruxellois de l'ordre séculier de l'UE.

 

 

Gants, masque et combinaison de catégorie Ⅲ et de type PB3 (modèle de soirée) obligatoire

 

A l'issue de la cérémonie, un buffet de produits bios sera offert aux participants

 

Rédigé par Canaille le Rouge


Nota de B.T : Ne pas confondre buffet avec Marie-George, encore qu'elle n'aurait pas tellement fait tâche.

 

Publié par El Diablo

La FRANCE est-elle encore un pays SOUVERAIN ? L’exemple du glyphosate

La FRANCE est-elle encore un pays SOUVERAIN ? L’exemple du glyphosate

L'Union Européenne autorise le glyphosate pour cinq ans : de Philippot à Bové, la classe politique scandalisée

 

Les 28 Etats-membres, réunis en comité d’appel après l’échec des tentatives précédentes pour s'accorder, ont décidé le 27 novembre de ré-autoriser le pesticide de Monsanto pour cinq ans. L'Allemagne a fait basculer le vote en se prononçant pour.

 

La Commission européenne a annoncé que les Etats membres de l'UE, réunis au sein d'un comité d'appel, avaient voté le 27 novembre en faveur d'une nouvelle autorisation pour cinq ans du glyphosate, l'herbicide controversé.

 

Dix-huit pays ont voté en faveur de la proposition de l'exécutif européen, représentant à peine plus des 65% de la population de l'UE nécessaires. Neuf s'y sont opposés, dont la Belgique et la France, et un pays s'est abstenu. La majorité qualifiée requise a pu être obtenue, contrairement à un premier vote début novembre, grâce au vote « pour » de l'Allemagne.

 

La classe politique française scandalisée, de gauche à droite

 

José Bové, député européen, a réagi sur Twitter, en dénonçant : «Le scandale du glyphosate se poursuit. On en reprend tous pour cinq ans, paysans, consommateurs. Le principe de précaution est foulé aux pieds. Bayer et Monsanto ont réussit à tordre le bras à Mme Merkel. C'est la victoire du business sur la science.»

 

[…]

 

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

 

L'UE autorise le glyphosate pour cinq ans : de Philippot à Bové, la classe politique scandalisée

https://francais.rt.com/international/45994-glyphosate-autorise-pour-cinq-ans

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le glyphosate autorisé par l'UE du capital pour une nouvelle durée de 5 ans: dites c'est quand l'Europe écologique ou sociale, comme vous voulez?

Voilà, le glyphosate, pesticide classé  "cancérogène probable"en mai 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, organe de l'OMS, vient de voir sa licence  autoriser à nouveau pour 5 ans sur notre vieux continent. La France de Macron sollicitait 3 ans et pas son interdiction absolue. 18 pays, dont l'Allemagne de Merkel patronne de l'Ue, ont soutenu la Commission de Bruxelles et le lobby des syndicats patronaux de l'agriculture dont la FNSEA en France.

Ah, ce capitalisme qu'on veut humaniser...

Attention, Une pétition officielle demandant la disparition progressive du glyphosate dans l'UE, classée "initiative citoyenne européenne", a récolté plus d'un million de signatures. Elle a été déposée selon les règles établies par l'UE du capital auprès de la Commission qui doit y répondre d'ici le début de l'année prochaine. Après qu'elle aura entériné le prolongement du glyphosate dont la licence expire ce 15 décembre.

Ah, c'est quand même bien ficelée l'EU au service du capitalisme libre et non faussé.

Le glyphosate autorisé par l'UE du capital pour une nouvelle durée de 5 ans: dites c'est quand l'Europe écologique ou sociale, comme vous voulez?

Publié par El Diablo

Élections EUROPÉENNES en 2019 : le RETOUR des listes NATIONALES ?

La loi électorale d’avril 2003 avait créé huit circonscriptions, pour l'élection des députés français au parlement européen.

La loi électorale d’avril 2003 avait créé huit circonscriptions, pour l'élection des députés français au parlement européen.

Elections européennes : pourquoi Macron veut des listes nationales

 

Le président de la République souhaite mettre fin à l'exception française des circonscriptions. Les prochaines élections européennes auront lieu en 2019.

 

L'échéance est dans plus d'un an mais, dans le calendrier politique, c'est déjà demain. Pour réformer le mode de scrutin des élections européennes en France, le président de la République  a organisé pendant deux jours des consultations avec quatorze responsables politiques. Et la question de la nationalisation des élections divise d'ores et déjà les partis.

 

Car en finir avec le mode de scrutin actuel et prononcer la disparition des huit circonscriptions françaises implique forcément un changement de stratégie politique. Si la France Insoumise et le FN se sont déjà prononcés en faveur d'un retour aux listes nationales, LR et le PS sont beaucoup plus mitigés.

 

La France reste pour autant une quasi-exception dans l'Union européenne puisque les listes nationales sont en vigueur dans la plupart des 28 pays de l'Union, à l'exception de la Belgique, de l'Irlande, de l'Italie et de la Pologne qui conservent elles aussi plusieurs circonscriptions.

 

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Publié par El Diablo

ALLEMAGNE: de la catastrophe sociale à la catastrophe politique

ALLEMAGNE: de la catastrophe sociale à la catastrophe politique

De lacatastrophe sociale à la catastrophe politique : après l’échec de la “coalition Jamaïque”, l’Allemagne est ingouvernable.

 

Les élections fédérales allemandes de 2017 se sont tenues le 24 septembre 2017. Elles ont vu l’élection de 94 députés d’extrême-droite : je dis bien 94 députés d’extrême-droite !

 

Le paysage politique allemand “présentable” – c’est-à-dire pro-européen ! – est morcelé en un puzzle de partis dont aucun n’a de majorité franche, celui de Mme Merkel pas plus que les autres.

 

Sans coalition, l’Allemagne est ingouvernable

 

Nous avons déjà vu ce film.

 

Nous savons ce que sera le XXIe siècle en Europe.

 

Dans l’Union européenne en général, la catastrophe sociale provoque en réaction la catastrophe politique.  L’Espagnel’Irlandel’Autriche sont elles aussi ingouvernables sans coalitions de fortune.

 

Et maintenant au tour de l’Allemagne.

Rappel ::

 

-en 2016, il y avait 860 000 sans-abri en Allemagne ;

 

-en 2018 : il y aura 1,2 million de sans-abri en Allemagne.

 

Et aujourd’hui, l’Allemagne est ingouvernable.

 

Regardez bien la photo ci-dessous. C’est une photo historique.

ALLEMAGNE: de la catastrophe sociale à la catastrophe politique

C’est la photo d’Angela Merkel, qui s’exprime devant les journalistes, dans la nuit du 19 au 20 novembre 2017.

Sur la photo, les dirigeants de la droite pro-européenne, la CDU, entourent Angela Merkel : ils ont des têtes d’enterrement.

Ils ne peuvent pas gouverner sans coalition de quatre partis : la CDU d’Angela Merkel, la CSU de centre-droit, le parti libéral FDP et les Verts. C’est la coalition dite “Jamaïque” parce que les couleurs de ces quatre formations sont celles du drapeau jamaïcain. Mais cette coalition hétéroclite ne parvient pas à se former tant les divergences sont importantes.

Voilà pourquoi depuis le 24 septembre, l’Allemagne est ingouvernable.

C’est la mort du soi-disant « modèle allemand ». Social et politique.

SOURCE :

23 novembre 2017

Yves Sandoz, Débat : le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes

 

« A la remise d’un prix, nous dit Yves Sandoz, que lui avait précisément attribué la «Generalitat de Catalunya», Claude Lévi-Strauss avait tenu des propos qui prennent une résonance toute particulière dans le contexte actuel: «J’ai connu une époque où l’identité nationale était le seul principe concevable dans les relations entre Etats. On sait quels désastres en résultèrent. Telle que vous l’avez conçue, l’eurorégion crée entre les pays de nouvelles relations qui débordent les frontières et contrebalancent les anciennes rivalités par les liens concrets qui prévalent à l’échelle locale sur les plans économique et culturel.» Il est en effet indispensable dans le monde actuel d’engager sereinement des débats, aussi bien entre les Etats qu’à l’intérieur de ceux-ci, sur le partage du pouvoir et des solidarités à plusieurs niveaux. L’aiguillon nationaliste démagogiquement utilisé à des fins politiciennes, que ce soit au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ou à celui de l’unité nationale, n’a pour seul résultat que d’envenimer ce débat nécessaire et de faire peser la menace de «désastres» tels que ceux évoqués par Claude Lévi-Strauss... »

Reprenons la lecture des consodérations de Yves Sandoz...

Michel Peyret


Plus d'informations sur l'image Manifestation de soutien aux leaders catalans pro-indépendance qui ont été arrêtés ou sont menacés de l'être. Barcelone, 11 novembre 2017. 


© ALBERT GEA/REUTERS/FILE PHOTO

Europe Espagne Epoque

Yves Sandoz, professeur honoraire de droit international humanitaire
Publié mercredi 22 novembre 2017 à 19:11.

Qu’est-ce qu’un peuple, au juste?

OPINION. Le mouvement indépendantiste catalan pourrait inspirer d’autres peuples à revendiquer l’autodétermination en Europe. Mais qu’est-ce qu’un peuple, et qu’en dit le droit international? Mise au point du professeur Yves Sandoz

Y a-t-il un peuple catalan qui a le droit de disposer de lui-même? Si même des spécialistes du droit international ont des avis partagés, c’est en premier lieu parce que les notions de «peuple» et de libre détermination n’ont jamais été vraiment clarifiées, laissant ouvertes diverses interprétations d’un droit pourtant reconnu dans la Charte des Nations unies. Pour les uns, il s’agissait d’abord de permettre au peuple de chaque Etat de déterminer son système politique mais il était pour d’autres, et il est devenu ensuite essentiellement, le droit des peuples colonisés de se libérer, même par la force armée si nécessaire.

La crainte de nombreux Etats, notamment ceux nouvellement indépendants, que la défense du droit de libre détermination ne devienne un prétexte à des interventions étrangère, a ensuite replacé la souveraineté nationale au premier plan: la légitimité démocratique d’un gouvernement, qui n’est hélas encore qu’une exigence embryonnaire, a peu pesé face à celle-ci. La page du colonialisme tournée, ou presque, les frontières nationales semblaient donc être devenues un tabou. La sécession finalement avortée du Biafra, au terme d’une terrible guerre commencée il y a un demi-siècle, était ressentie comme le risque d’une première fissure dans l’Afrique, prélude à beaucoup d’autres et à un affaiblissement de ce continent déjà fragile si l’on remettait en question les frontières héritées du colonialisme.

 Une définition toujours contestée

Ce tabou est toutefois tombé en Afrique, avec l’Erythrée d’abord, qui a regagné son indépendance, mais aussi en Europe, avec notamment le démantèlement de la Yougoslavie et l’effondrement de l’URSS. Quoique la Russie n’ait pas accepté la reconnaissance contestée du Kosovo, celle-ci lui a donné prétexte pour annexer la Crimée conformément à la volonté exprimée par un vote du «peuple» de Crimée. Cette définition du mot «peuple» reste donc au cœur de bien des contestations et elle est sujette à des louvoiements opportunistes: la Russie, qui a défendu le droit du «peuple» de Crimée à disposer de lui-même, et auparavant celui des «peuples» d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud de se séparer de la Géorgie, s’est opposée avec une grande violence aux revendications indépendantistes du «peuple tchétchène», au nom de l’unité du «peuple russe».

La communauté internationale se contente d’enregistrer, le cas échéant, une situation nouvelle en cas de sécession aboutie

Ne peut-on donc pas donner à cette question politique une réponse juridique? On aurait pu l’espérer quand la Cour internationale de justice (CIJ) a été saisie d’une demande d’avis consultatif sur la conformité au droit international de la déclaration unilatérale d’indépendance relative au Kosovo. Mais la CIJ a éludé le problème. Si elle s’est bien prononcée sur le fait que, selon elle. La déclaration d’indépendance du Kosovo «n’a pas violé le droit international», elle s’est empressée d’ajouter qu’elle n’était pas «tenue, par la question qui lui est posée, de prendre parti sur le point de savoir si le droit international conférait un droit positif de déclarer unilatéralement son indépendance, ni, a fortiori, sur le point de savoir si le droit international confère en général à des entités situées à l’intérieur d’un Etat existant le droit de s’en séparer unilatéralement». On admet donc, en général, que cela reste une affaire interne et que la communauté internationale se contente d’enregistrer, le cas échéant, une situation nouvelle en cas de sécession aboutie.

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 Ce qu’en disait Lévi-Strauss

Quelle conclusion tirer de tout cela? A la remise d’un prix que lui avait précisément attribué la «Generalitat de Catalunya», Claude Lévi-Strauss avait tenu des propos qui prennent une résonance toute particulière dans le contexte actuel: «J’ai connu une époque où l’identité nationale était le seul principe concevable dans les relations entre Etats. On sait quels désastres en résultèrent. Telle que vous l’avez conçue, l’eurorégion crée entre les pays de nouvelles relations qui débordent les frontières et contrebalancent les anciennes rivalités par les liens concrets qui prévalent à l’échelle locale sur les plans économique et culturel.»

Il est en effet indispensable dans le monde actuel d’engager sereinement des débats, aussi bien entre les Etats qu’à l’intérieur de ceux-ci, sur le partage du pouvoir et des solidarités à plusieurs niveaux. L’aiguillon nationaliste démagogiquement utilisé à des fins politiciennes, que ce soit au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ou à celui de l’unité nationale, n’a pour seul résultat que d’envenimer ce débat nécessaire et de faire peser la menace de «désastres» tels que ceux évoqués par Claude Lévi-Strauss.

Posté par Michel Peyret

Haine et complot nazi dans la police municipale de Madrid

 

23 Novembre 2017

22 novembre 2017
Cet article non seulement montre comment les événements de Catalogne sont en train d’offrir des espaces d’impunité au franquisme-fascisme dans la société espagnole, ici la police et les complicités dans le PPE. Il propose un syndicalisme de masse et de classe pour lutter contre ce pourrissement. Mais je crois qu’il faut encore approfondir l’exemple espagnol. Ce que j’ai toujours craint est en train de se vérifier, un certain gauchisme, des mouvements généreux mais communautaristes et sur le fond incapables de prendre des mesures concrètes ont en quelque sorte fait sortir la réalité du capitalisme en Espagne mais aussi dans toute l’Europe, le fascisme devient l’alternative plus ou moins assumée clairement. Y aura-t-il effectivement non seulement des syndicats de classe et de masse pour y faire face mais également un parti communiste capable de partir des exigences du monde du travail et d’une véritable conception démocratique de la citoyenneté pour rassembler et faire face. Cette question ne concerne pas seulement l’Espagne
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)
Manuela Carmena dans une image de fichier.

Manuela Carmena dans une image de fichier.

Seul un syndicat de classe, qui intègre dans son idéologie une vision sociopolitique de l’action syndicale et qui est fier de sa position démocratique, est capable de faire respecter la loi et de défendre les droits fondamentaux des citoyens.

LA PLAINTE DE CCOO

 

Nous connaissons par la presse numérique – Eldiario.es, plus tard répliquée dans Infolibre et Público – les commentaires que dans un chat qui regroupe le « quart de nuit » de plus de 100 policiers municipaux de Madrid,  qui ont été déversés sur le maire, Manuela Carmena, en plus de souhaiter qu’elle ait été tuée par les tireurs fascistes dans le bureau d’Atocha en janvier 1977.

 

La police municipale a continué à insulter Podemos et Pablo Iglesias, ainsi que des journalistes du Sixième Pasteur et Ferreras. Dans le groupe, avec le rôle actif  de cinq ou six « animateurs », la figure d’Hitler était exaltée comme l’auteur de l’holocauste et des opinions terribles étaient exprimées sur les immigrants et les « Maures » dont l’ extermination était devenue un but. 

 

Cette conversation et ses commentaires ont été connus grâce à une plainte du délégué de CC.OO., police municipale, qui y a participé. Après avoir exprimé sa ferme opposition à ces commentaires, il a été menacé de mort à plusieurs reprises et expulsé du groupe  de discussion. Il a actuellement la protection de la police, lui et sa famille. Le juge enquête sur l’affaire.

 

Il n’est pas excessif  de dire que le développement de la « question catalane » depuis  la convocation et la tenue du référendum et les événements ultérieurs jusqu’au renvoi du gouvernement et la suppression de l’autonomie de la Communauté autonome par l’application de l’art. 155 de la Constitution, a généré  un espace grandissant d'immunité  pour l’expression de Franco et l’idéologie nazie-fasciste à partir de l’exaltation de la nation espagnole et de son drapeau. Dans le chat dans lequel on a dénoncé les insultes ignobles adressée au maire, le souhait qu’il ait été assassiné comme ses camarades travailleurs du bureau Atocha, et d’autres commentaires sur d’autres personnalités de la gauche, émanent  de la critique l’action de la police lors du référendum du 1er Octobre et sont montées en flèche ensuite,  dans le déchaînement d’une spirale de haine et de xénophobie. C’est la première question qu’il faut garder à l’esprit, parce que le sentiment d’impunité dont jouissent les porteurs de l’idéologie nazie-fasciste  leur permet d’afficher publiquement leur recours à un moyen énergique pour arrêter – et éliminer essentiellement – la gesticulation politique démocratique qui exprime une grande partie de la citoyenneté regroupés autour des options à gauche ou, dans le cas de Madrid, sur la candidature citoyenne qui gouverne la ville.

 

Le deuxième point à noter est que les gens qui étalent  leur haine publique et leur  l’aversion démocratique et vantant le génocide nazi comme un bon moyen de faire face à l’immigration – « la nourriture des poissons », « la chasse aux Guarros » – sont des employés publics d’un corps armés, qu’ils doivent donc garantir l’accomplissement des droits et libertés de la citoyenneté, tout le contraire de ce qu’ils affirment et pratiquent.  Il est donc inconcevable que ces personnes puissent continuer à être des policiers municipaux. La sécurité et la liberté de tous ceux qui résident à Madrid exigent qu’ils soient suspendus de l’emploi et du salaire, soient sanctionnés et expulsés du corps.

 

Un autre aspect remarquable est le silence institutionnel devant  cette affaire. Ni le ministère de l’Intérieur, si zélé dans le contrôle des communications sur les réseaux sociaux, ou le ministre de la justice – on pouvait s’y attendre préoccupé par le remplacement du procureur général après sa mort inattendue à Buenos Aires – ont jugé bon de publier une déclaration de condamnation. Et le Parti populaire de Madrid, qui ne peut soutenir aucune position devant le Conseil municipal qui ne soit  pas négative, a comparé les expressions nazifascistes de haine qui se sont étalées dans le chat de la police municipale avec la manifestation politique que certains étudiants ont convoquée face à un acte religieux, laissant entendre que pour ce parti les uns et autres faits sont comparables en montrant publiquement dans quelle conception de la démocratie se reconnait ce parti qui est celui qui gouverne l’Espagne.

 

Mais le plus frappant est le silence des cent policiers du chat qui n’ont pas questionné – et bien sûr dénoncé – ces expressions. Selon les informations parues dans la presse, la plupart d’entre eux pensent que c’est une conversation « joyeuse et divertissante » de sorte que ce qui y est dit doit être interprété comme une blague ou un soulagement sans implication politique ou professionnelle. Et beaucoup plus encore l’attitude des syndicats de la police municipale de Madrid, qui ont affirmé qu’ils ne partagent pas les expressions du chat, mais n’ont pas rejoint la plainte de CC.OO. et même n’ont pas  exprimé leur désaveu inquiet..

 

C’est le point douloureux de la question. La conversation du chat a été dénoncée par un délégué de CC.OO. – qui, comme il a été dit, a été immédiatement menacé de mort et bénéficie de la protection de la police face à la probabilité de telles menaces – et a été pris en charge par la section syndicale de ce syndicat. Mais pour une grande partie des autres salariés – et l’avis des autres syndicats – la plainte n’aurait pas du intervenir, car elle crée une mauvaise image du corps de la police municipale de Madrid et ces cas auraient dû être résolus tranquillement par des procédures disciplinaires internes sans le rendre public. Dans ce cas, le corporatisme agit comme un puissant élément de désaveu de l’iintervention démocratique.

 

C’est ce qu’ont choisi le délégué et la section syndicale de CCOO, une intervention démocratique qui considère à juste titre qu’était incompatible avec l’exercice du rôle qu’ils doivent mener à bien comme employés du secteur public avec ce genre d’expression publique – dans un champ collectif d’une centaine de policiers – essentiellement non démocratiques, violents et politiquement incompatibles avec les idéologies du cadre constitutionnel espagnol. Cette médiation syndicale en faveur de la démocratie a signifié que le délégué dénoncé a dû faire face à des risque personnel, et en tant que syndicat, doit faire face à des entreprises de désaveu  de quelques-uns des membres du corps et à l’incompréhension et le manque de solidarité des autres syndicats qui y interviennent. Quand tant  d’opinions  se déversent contre le syndicat sur la base de leur revendication « l’égoïsme », la performance de CC.OO. la police municipale à Madrid, exigeant le respect de la démocratie de ses composants comme condition d’exercice de la fonction publique devrait être considérée comme exemplaire  et considérée à l’unanimité en comme celle de acte exemplaire et citoyen.

 

Il est très courant d’entendre dire que la seule manière pour les corps de police de remplir leur mission de défense de la liberté et de la sécurité des citoyens est de les priver de leurs droits syndicaux afin d’éviter leur « politisation ». Le cas de la haine et le complot nazi de la police municipale de Madrid démontre exactement le contraire. Seul un syndicat de classe, qui intègre dans son idéologie une vision sociopolitique de l’action syndicale et qui est fier de sa considération démocratique, est capable de faire respecter la loi et de défendre les droits fondamentaux des citoyens qui sont à la base de la liberté et la sécurité que vous devez garantir en tant que fonctionnaires.

 

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