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Politique Européenne

En Pologne, une libération du discours antisémite

En Pologne, une libération du discours antisémite

 

22 Avril 2018
Depuis le vote, le 1er février, de la loi niant toute responsabilité de la « nation polonaise » dans la Shoah, une déferlante de propos haineux a envahi les médias et ravivé dans la population un sentiment antijuif.

 

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)

Lors d’une manifestation contre la loi sur la Shoah, devant le palais présidentiel de Varsovie, le 5 février.
Lors d’une manifestation contre la loi sur la Shoah, devant le palais présidentiel de Varsovie, le 5 février. AGENCJA GAZETA / REUTERS

Une marée de jonquilles a envahi, jeudi 19 avril, les rues de la capitale polonaise. Ces fleurs symbolisent la révolte, il y a soixante-quinze ans, des juifs du ghetto de Varsovie contre l’occupant nazi. Mais cette année, la commémoration avait une teneur particulière. Les discours solennels des officiels polonais ont bien du mal à combler les ravages provoqués par le vote, le 1er février, d’une loi mémorielle controversée, condamnant le fait « d’attribuer à la nation ou à l’Etat polonais (…) la responsabilité ou la coresponsabilité » des crimes nazis commis contre les juifs pendant la guerre.

 

Le pays assiste à une libération de la parole antisémite jamais vue depuis 1989. « Pourquoi personne ne veut contrôler l’afflux de juifs ? C’est une pire plaie que les islamistes et les communistes réunis », pouvait-on lire, le 27 janvier, sur un bandeau de la chaîne d’information en continu publique TVP Info, contrôlée par le pouvoir. Les bandeaux en question relayaient les messages des téléspectateurs. « Les juifs ont montré leur vrai visage : l’industrie de l’Holocauste leur sert à extorquer des millions de créances imaginaires à la Pologne. » Un malaise gagne le plateau. Les présentateurs s’empressent de condamner les messages. Mais le mal est fait. Quelqu’un en régie a bien laissé passer ces mots à l’antenne. C’était la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste.

 

Depuis que la loi sur la Shoah a déclenché une crise diplomatique aiguë avec Israël et les Etats-Unis et mis la Pologne sous les feux des projecteurs, sur les médias proches du pouvoir ultraconservateur la bienséance et la retenue ne sont plus de rigueur.

 

Scène affligeantePeut-on rire de la Shoah à la télévision publique polonaise ? Le directeur de la deuxième chaîne, Marcin Wolski, et un publiciste vedette de la presse ultraconservatrice, Rafal Ziemkiewicz, se livrent à des plaisanteries sur les chambres à gaz. Il est aussi…

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2018/04/20/en-pologne-une-liberation-du-discours-antisemite_5288167_3210.html#dqreTxjdg4jq4qvC.99

Répression policière du gouvernement syriza contre une manifestation anti-impérialiste des étudiants grecs

Répression policière du gouvernement Syriza contre une manifestation anti-impérialiste des étudiants grecs

 Solidarité Internationale PCF

17 AVR. 2018

Sous la responsabilité du gouvernement SYRIZA – ANEL

RÉPRESSION POLICIÈRE CONTRE LA MANIFESTATION DES ÉTUDIANTS UNIVERSITAIRES  ET DU SECONDAIRE

 

Le lundi 16 avril, les forces de police anti-émeute ont lancé une attaque contre la manifestation des étudiants universitaires et du secondaire et des travailleurs, en utilisant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes dans le centre d’Athènes, près de la statue de Truman, que les étudiants ont essayé d’abattre pour condamner l’impérialisme américain, qui avec la Grande-Bretagne et la France ont réalisé la récente intervention en Syrie.

 

Le Bureau de presse du Comité Central du KKE mentionne dans son communiqué:

 

Le KKE condamne l’attaque de la police anti-émeute qui a utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes contre une manifestation organisée par des syndicats et des associations d’étudiants universitaires du secondaire contre l’attaque impérialiste en Syrie. Le résultat a été deux arrestations et deux manifestants blessés.

 

Le gouvernement SYRIZA-ANEL a une responsabilité énorme pour cet événement. Non seulement il participe activement à la guerre contre la Syrie, en faisant de nombreuses concessions et recevant même les félicitations de l’ambassadeur américain, mais il cherche aussi à montrer son dévouement aux plans des États-Unis et de l’OTAN en attaquant brutalement les manifestants avec une multitude de forces policières et en protégeant une statue, un fossile d’impérialisme américain ensanglanté.

 

Le peuple et les jeunes tirent leurs propres conclusions sur le rôle du gouvernement grec. Ils ne sont pas intimidés et participeront de manière dynamique aux mobilisations des prochains jours.

 

Répression policière du gouvernement SYRIZA contre une manifestation anti-impérialiste des étudiants grecs
Répression policière du gouvernement SYRIZA contre une manifestation anti-impérialiste des étudiants grecs
Répression policière du gouvernement SYRIZA contre une manifestation anti-impérialiste des étudiants grecs

Les experts suisses identifient le poison des Skripal

Les experts suisses identifient le poison des Skripal

 

 

Selon l’Institut suisse pour la protection des armes nucléaires, biologiques et chimiques (Schweizerisches Institut für ABC-Schutz), le poison prélevé à Salisbury par les enquêteurs de l’OIAC, dans l’« affaire Skripal », est du « BZ ».

 

L’appellation « Novichok » désigne un programme de recherche soviétique et non pas une substance issue de ce programme.

 

Le « BZ » est un innervant de l’Otan, agissant dans les 30 à 60 minutes et pour une durée de 2 à 4 jours. L’URSS, puis la Russie, n’ont jamais travaillé sur ce type de substance.

 

L’Institut suisse pour la protection des armes nucléaires, biologiques et chimiques est une référence mondiale en la matière. Il a procédé à cette analyse à la demande de l’OIAC.

 

Les communistes exigent que le gouvernement n’implique pas le Portugal dans l’agression contre la Syrie

Les communistes exigent que le gouvernement n’implique pas le Portugal dans l’agression contre la Syrie

 

13 Avril 2018

Avril Avril: Le Parti communiste portugais, on le voit est très à la pointe de la dénonciation de la manoeuvre occidentale supposée, et si la majorité des forces politiques portugaises a refusé toute implication militaire, elle n’a pas renoncé à toute implication en matière de négociation. Le PCP a aussi proposé une piqure de rappel sur l’intervention en irak il y a 15 ans

 

(note et traduction de danielle Bleitrach)


13 AVRIL 2018

PS, PSD et CDS-PP ont voté ce vendredi à l’Assemblée de la République, le seul vote qui a exigé la non-implication du Portugal, « nullement dans l’agression contre la Syrie » présentée par le PCP.

Crédits/ Vestnik Kavkaza

Les trois groupes parlementaires ont rejeté la proposition de vote du PCP «condamnant l’escalade actuelle des menaces contre la Syrie». En plus du vote des communistes, d’autres initiatives (BE et membres de la commission parlementaire des Affaires étrangères) se sont réunis  en plénière, mais c’était la seule prooposition qui exigeait que le gouvernement ne soit pas impliqué.

Le texte de la BE a appelé à l’implication du Portugal dans une « solution politique », bien qu’il ait exclu toute participation à des opérations militaires, a été approuvé. Le vote des députés de la commission des affaires étrangères, qui a été approuvé avec les votes en sa  faveur du PSD, PS, BE et CDS-PP, a  supposé comme factuel l’attaque chimique alléguée du week-end passé, alors qu’il est  Nié par ceux qui sont sur le terrain et dans l’ attente d’une enquête de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, dont la mission est déjà sur le territoire syrien.

Une pproposition de vote du PCP a également été approuvé, dénonçant l’entrée à Bagdad il y a15 ans  des forces américaines, dans un processus dans lequel le Premier ministre, Durão Barroso, et le ministre portugais de la Défense, Paulo Portas, avaient joué un rôle de premier plan. Sans surprise, leurs partis – le PSD et le CDS-PP – ont été les seuls à voter contre; le député PAN s’est abstenu.

D’étranges choses se passent dans les pays européens qui résistent aux assauts de Soros

D’étranges choses se passent dans les pays européens qui résistent aux assauts de Soros

 


Par Alex Gorka – Le 28 mars 2018 – Source Strategic Culture

 

Il se passe des choses étranges en Europe de l’Est et en Europe centrale mais ces évènements sont peu mentionnés par les médias. Deux chefs d’État, les Premiers ministres slovène et slovaque, ont démissionné presque simultanément. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a été victime du scandale de l’assassinat de Jan Kuciak, un journaliste qui enquêtait sur la corruption au sein du gouvernement. Il a dû démissionner sous la pression de manifestations populaires.

 

Fico était connu pour son soutien à un renforcement du groupe de Visegrad. Il s’était opposé à Bruxelles sur de nombreux points. Il faut aussi remarquer qu’il prêchait la levée des sanctions et l’amélioration des relations avec Moscou. Il insistait sur le fait que la Russie est un partenaire fiable dans le domaine de l’énergie. Est-ce une coïncidence qu’il ait été contraint de démissionner en pleine campagne anti-russe, entretenue par l’affaire Skripal et d’autres histoires manifestement concoctées et utilisées comme faux prétextes pour des attaques incessantes contre Moscou ? N’était-il pas une menace à la soi-disant unité de l’UE contre la Russie ? Bien sûr qu’il l’était.

 

Fico n’a pas caché le fait que sa décision a été prise à cause des fortes pressions qu’il subissait. Son éviction a été manigancée par des forces extérieures, dont le milliardaire philanthrope George Soros. Par exemple, le président slovaque Andrej Kiska a eu une réunion privée avec le milliardaire en septembre 2017. Ce fut une conversation en tête-à-tête. Aucun diplomate slovaque n’y était présent.

 

Selon le ministre des Affaires étrangères, Miroslav Lajčák, « George Soros est un homme qui a une influence majeure sur le développement en Europe centrale, orientale, et au-delà. C’est un fait qui ne peut être remis en question. » Le Premier ministre Viktor Orbán a dit ceci à son sujet : « George Soros et son réseau profitent de toutes les occasions possibles pour renverser les gouvernements qui résistent à l’immigration. »

 

Le Premier ministre slovène, Miro Cerar, a été attaqué par Soros pour son opposition à la politique de l’UE en matière d’immigration. George Soros n’a pas caché le fait qu’il était un ardent opposant à la position de Miro Cerar. « C’est une obligation pour l’Europe d’accueillir des migrants », a déclaré le financier américain aux Européens. Maintenant, le Premier ministre a été obligé de quitter son poste après que les résultats d’un référendum sur un projet économique clé ont été annulés par le tribunal de première instance et que les attaques des médias contre sa position à l’égard des demandeurs d’asile se sont intensifiées. Cerar n’étant plus aux commandes, le mouvement d’opposition à la dictature de Bruxelles a été affaibli.

 

Qui sera le prochain ? Probablement la Hongrie, qui est devenue la cible des attaques de Soros. Le milliardaire américain a investi plus de 400 millions de dollars dans son pays natal depuis 1989. Il a également annoncé son intention d’influencer la campagne électorale hongroise et a employé 2 000 personnes à cette fin. Le gouvernement veut que son projet de loi intitulé « Stop Soros » soit voté. Il ne fait aucun doute que la Hongrie sera attaquée pour s’être opposée au réseau du financier.

 

Bruxelles va froncer les sourcils, geindre et critiquer le « régime non démocratique » qui gouverne le pays. Les prochaines élections législatives en Hongrie auront lieu le 8 avril 2018. Ce sera un combat difficile pour préserver l’indépendance tout en repoussant les tentatives d’imposer la pression américaine par le biais d’ONG et d’institutions éducatives soutenues par Soros.

La République tchèque résiste également aux activités de Soros. Le président tchèque Milos Zeman a accusé des groupes affiliés à Soros de s’ingérer dans les affaires intérieures de son pays. Le financier exhorte l’UE à faire pression sur la Pologne et à l’obliger à « préserver l’État de droit ».

 

La Macédoine aussi résiste aux activités subversives inspirées par le milliardaire qui vise un changement de régime. Le « réseau Soros » a une grande influence sur le Parlement européen et d’autres institutions. La scandaleuse liste des alliés de Soros comprend 226 députés sur 751. Un membre sur trois – pensez-y ! Si ce n’est pas de la corruption, qu’est-ce que c’est ? Les législateurs manipulés de l’étranger dansent sur la musique de Soros. Ils font ce qu’on leur dit, y compris alimenter l’hystérie anti-Russie.

 

Moscou a sa propre histoire de relations avec le réseau Soros. En 2015, l’Open Society Institute de George Soros a été expulsé de ce pays car considérée comme une « organisation indésirable » créée seulement pour renforcer l’influence américaine.

 

Il serait vraiment naïf de penser que Soros agit seul. C’est un secret de polichinelle que le gouvernement américain s’immisce de façon flagrante dans les affaires intérieures d’autres pays en utilisant le milliardaire comme cheval de Troie. L’Europe est un concurrent qu’il faut affaiblir. L’USAID et le réseau Soros font souvent équipe dans la poursuite d’objectifs communs. En mars 2017, six sénateurs américains ont signé une lettre demandant au département d’État d’examiner le financement gouvernemental des organisations soutenues par Soros. Mais ces efforts n’ont abouti nulle part, Foggy Bottom[Un quartier rupin près de la Maison Blanche, NdT] est toujours du côté de Soros, quoi qu’il fasse.

 

De nombreux pays européens sont engagés dans une bataille féroce pour protéger leur indépendance. L’« empire » du financier cherche à conquérir l’Europe par le biais de pots-de-vin et d’ONG subversives. Ces pays et la Russie résistent à la même menace. C’est peut-être la raison pour laquelle les sanctions contre la Russie sont si impopulaires parmi les politiciens d’Europe de l’Est.

 

Alex Gorka

Critique de la résolution du Conseil National du PCF concernant les élections européennes par Nicolas Maury

Critique de la résolution du Conseil National du PCF concernant les élections européennes par Nicolas Maury

 

07 Avril 2018

Hier soir , réunion de cellule, nous étions une douzaine, le débat a été très intéressant, contradictoire, personnellement j’avais la même position que celle de Nicolas Maury ci-dessous, mais nous étions tous convaincus de parler à partir d’une position commune donc il n’y avait aucun procès d’intention. Personne n’avait lu la résolution.  C’est je pense ce qui caractèrise le débat chez les communistes et qui permet une avancée, ça et la participation aux luttes. Nous sommes tout le temps sur le pied de guerre en soutien des cheminots, jeudi soir, ce samedi matin et mardi . C’est notre base unitaire et fraternelle
 
(note de Danielle Bleitrach)

C’est une nouvelle catastrophe politique et électorale qui s’annonce si cette résolution du Conseil National du PCF est adoptée par les communistes. Pourtant tous les indicateurs sont là pour construire une véritable réflexion politique et communiste sur la question européenne, sans tomber dans les travers « pro ou anti-UE ». En l’Etat ce texte ne tire aucune leçon des montées du populisme et de l’extrême droite en Europe, ne tire aucune leçon de la construction européenne et ne tire aucune leçon de nos échecs stratégiques depuis 1979. En plus d’une naïveté affligeante, ce texte reste dans la lignée d’une fausse radicalité niant le rôle d’un Parti communiste : Organiser le prolétariat et prendre le pouvoir

 

Un peu d’histoire en préambule

 

« Depuis les premiers pas de la construction européenne jusqu’à aujourd’hui, en passant par Maastricht, l’Acte unique ou le Non au référendum de 2005, les communistes se sont toujours opposé•e•s à la mainmise des intérêts du capital sur la construction européenne, rendue possible par les dirigeants politiques libéraux. Nous alertions alors sur les risques de la crise économique, sociale, écologique, politique et même civilisationnelle vers laquelle cette conception nous menait. »

 

C’est historiquement faux, et dangereusement révisionniste, les communistes se sont opposés à la construction européenne et je vous invite à (re)lire ce document du PCF contre le « plan Schumann » (CECA 1951) et cela jusqu’au virage réformiste aux mots d’ordres de « la réorientation progressiste de la construction européenne ».

 

Lors des premières élections européennes (1979), le PCF, dans son manifeste « Pour une France indépendante, une Europe démocratique », dénonce « L’élargissement et l’intégration dans l’Europe supranationale conduiraient notre pays au déclin, à la dépendance, à ne plus être qu’une province secondaire de l’empire américano-germanique. Comme en 1938 pour dénoncer la trahison de Munich, comme dans la résistance à l’occupation nazie, comme en 1954 dans la lutte pour empêcher la création d’une armée européenne sous commandement allemand et américain, le Parti communiste se dresse contre l’entreprise de régression sociale et de capitulation nationale. Il appelle au combat tous les travailleurs, tous les patriotes, ceux qui veulent une France écoutée et respectée, ceux qui veulent « vivre, travailler et décider au pays »

 

Et aujourd’hui « Le PCF s’engage à offrir à notre peuple le choix de l’humain d’abord, du progrès social et écologique, celui du changement en France et en Europe, au service des intérêts populaires (…) Les communistes ne seront pas les témoins horrifiés de l’accélération de l’intégration européenne néolibérale ou de la guerre des nationalismes (…) C’est à travers d’intenses luttes pour la reconquête de pouvoirs sur les orientations de l’Union européenne, et pour le respect des souverainetés populaires et nationales que se situe la voie d’une refondation démocratique de l’Europe. »

 

L’intégration européenne peut compter sur le PCF et sa capitulation idéologique face à la bourgeoise européenne.

 

Critique de la résolution du Conseil National du PCF concernant les élections européennes

 

I- Une méconnaissance de la réalité européenne

 

A) Les objectifs de l’Union européenne sont atteints

 

Une structure au service des capitalistes et de la spéculation

 

L’Union européenne, n’est ni plus ni moins, que la créature issue de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (1951), qui n’avait pour but de « soutenir massivement les industries européennes du charbon et de l’acier pour leur permettre de se moderniser, d’optimiser leur production et de réduire leurs coûts ». L’objectif est atteint.

 

L’Union européenne, n’est ni plus ni moins, que la créature issue de la Communauté économique européenne (1957), qui n’avait pour but que de créer une union douanière (Marché commun européen) et des politiques communes en matière d’agriculture (PAC), de transports et de commerce extérieur. L’objectif est atteint (pour l’EURATOM c’est plus compliqué).

 

Enfin l’Union européenne est l’étape suivante (et espérons définitive) de la construction d’une superstructure capitaliste européenne, avec une union économique et monétaire dotée d’une monnaie unique : l’Euro, avec un marché intérieur de la « libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux ».

 

Ainsi les modèles sociaux, et leurs services publics, sont lentement « libéralisés » (privatisés) et soumis à la « libre concurrence » (désengagement de l’Etat pour ne pas pénaliser le privé toujours plus cher et moins efficace).

 

Toujours plus de concurrence entre les travailleuses et les travailleurs des pays membres de l’UE

 

En 1951, le Parti Communiste Français estimait que la CECA provoquerait de grands dégâts économiques et sociaux dans l’industrie française : Suppression massives de postes, concurrence entre les ouvrier.e.s, atteintes aux droits des travailleuses et des travailleurs (et notamment aux droits à la protection sociale) et la fermeture des bassins miniers et industriels en France. En 2018, on constate que les analyses du PCF de 1951 se sont bien déroulées.

 

L’industrie française est laminée, les mines sont fermées, les emplois massivement supprimés, les régions industrielles sont ravagées par le chômage, la précarité et la misère (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Lorraine …). Et toutes les politiques mises en places depuis 1984 visent à s’attaquer aux droits du travail, à la protection sociale …

 

Concrètement, cela se traduit par le départ de l’appareil productif vers des pays à bas coûts de main d’oeuvre (Europe centrale, orientale) et ses délocalisations vers la Pologne, la Roumanie … L’élargissement de l’Union européenne vers les pays de l’Est permet ainsi de renforcer le capitalisme et la recherche d’une accumulation du capital plus grand.

 

Cela se traduit par des politiques européennes en faveur de cette situation :

 

– La Directive du 12 décembre 2006 relative aux services dans le marché intérieur, dite « directive Bolkestein.


– La Directive 91/440 relative au développement de chemins de fer communautaires (privatisation du rail, ouverture à la concurrence …).


– La Directive concernant les marchés d’instruments financiers (2004) qui renforce les pouvoirs des marchés financiers.


– La Directive concernant le détachement de travailleurs a défini des règles adoptées en 1996 (Directive d’exécution 2014/67/UE).


– La négociation des traités commerciaux internationaux, sans transparence, sans compte à rendre (TAFTA, CETA …).

 

Le capitalisme est la norme de base et les institutions sont organisées comme tel 

 

Il faut se replonger dans l’analyse des textes marxistes e rapport infrastructure/superstructure pour comprendre que toutes les institutions européennes sont crées pour le capitalisme et dans l’intérêt du capitalisme.

 

Ainsi la CECA va se doter d’une Haute Autorité (composée de 9 membres), organe supranational chargé d’élaborer les politiques relatives au charbon et à l’acier. Un Conseil spécial des ministres représentant les 6 pays de la CECA est mis en place pour appliquer dans les décisions de la Haute Autorité, une Assemblée commune (dont seront exclus les communistes) donnera un faire-valoir démocratique à cette superstructure et une Cour de justice chargée de trancher les litiges éventuels (chargée de contrôler « le respect du droit dans l’interprétation et l’application du […] traité et des règlements d’exécution »).

 

Même schéma avec l’Union européenne. La Commission européenne (et son monopole de l’initiative législative) joue un rôle centrale dans le système capitaliste européen et est l’organe exécutif de l’Union. Elle se charge de l’activité quotidienne de l’Union (en indépendance des Etats membres) et a la tâche de surveiller l’application des lois et des traités dans les Etats-membres. Le Parlement européen, sensé représenter les choix des électrices et des électeurs européen.ne.s est en réalité une coquille vide, une simple chambre d’enregistrement, à la différence du Conseil européen (réussissant les chef.fe.s d’État ou chef.fe.s de gouvernement).

 

L’UE dispose d’une Cour de justice de l’Union européenne, dont le rôle est d’assurer que le droit communautaire est appliqué de la même façon dans tous les États et de mettre fin aux disputes en matière légale entre les institutions et les États.

 

Et à la différence de la CECA, l’Union européenne dispose d’une Banque centrale européenne, chargée d’émettre l’euro en tant que monnaie commune et unique de l’Union économique et monétaire, de définir les grandes orientations de politique monétaire de la zone euro et de prendre les décisions nécessaires à sa mise en œuvre, en toute indépendance de tous les pouvoirs politiques et démocratiques. Elle ne répond de ses actes devant personne et pire, elle assume un rôle central dans la supervision et le contrôle des principales banques d’États européens via le mécanisme de surveillance unique depuis novembre 2014.

 

A côté de cela, se trouve une Cour des comptes européenne, toujours indépendante, qui examine la légalité et la régularité des recettes et des dépenses de l’Union européenne, et s’assure de la bonne gestion financière des fonds communautaires.

 

On peut voir là des structures « technocratiques », mais se sont surtout des structures nécessaires au capitalisme européen pour développer sa plus-value dans un espace de 511 millions de personnes.

 

B) Les leurres d’une Europe sociale ne trouvent plus d’échos, d’où la crise d’adhésion à l’idée européenne 

 

Il y a une véritable crise d’adhésion à l’idée européenne. Malgré certains dispositifs populaires (Erasmus, circulation sans visa …) les peuples d’Europe ne s’y retrouvent pas.

 

Les forces qui portent cette idée d’Europe sociale mentent. Pourquoi ?

 

Il y a eu tellement de promesses concernant la construction d’une Europe sociale qu’aujourd’hui ce terme fait grincer des dents. les premiers furent les partis sociaux-démocrates. Et il y en a eu des hommes de « gauche » à la tête des structures européennes :

 

– Les présidents de la Commission : Sicco Mansholt (Parti travailliste – PVDA), Roy Jenkins (Labour), Jacques Delors (Parti socialiste).


– Les présidences du Conseil de l’Europe : Erkki Tuomioja (Parti social-démocrate de Finlande), Douglas Alexander (Labour), Jack Straw (Labour), Jean Asselborn (Parti ouvrier socialiste luxembourgeois), Giórgos Papandréou (PASOK), Anna Lindh (Parti social-démocrate suédois des travailleurs), Hubert Védrine (Parti socialiste), Jaime Gama (Parti socialiste – Portugal) …


– Les présidence du Parlement européen : Martin Schulz (SPD), Josep Borrell Fontelles (PSOE), Piet Dankert (PVDA), Enrique Barón (PSOE), Klaus Hänsch (SPD).

 

La sociale démocratie a longtemps été majoritaire dans les pays de l’UE et dans les institution. Et qu’elles furent les actions menées ?

 

Plus de libéralisme, plus de privatisations, plus de casse des droits sociaux. Il y a un consensus dans les grandes forces politiques européennes (PPE, ALDE, PSE) : renforcer le marché unique, élargir ce dernier et l’enrober de petites avancées sociétales.

 

Notre discours politique, et celui du Parti de la gauche européenne, est le même que celui de la sociale démocratie européenne.

 

La montée des populismes et des forces d’extrême-droites sont la conséquence de cette situation

 

Les populismes et les extrêmes-droites se nourrissent de ces échecs et des non-actions européennes. Les condamner, les dénoncer c’est important, mais il devient urgent de comprendre cette percée et surtout de comprendre pourquoi les Partis communistes (et progressistes) ne parviennent pas a incarner une alternative crédible ?

 

Combien de pays sont tombés dans les mains de l’extrême droite et du populisme ? La Pologne, la Hongrie, l’Autriche, l’Italie … La liste se rallonge et nous n’avons d’analyse sur la situation, nous n’avons pas de grille d’étude, ni de revendications crédibles a opposer aux personnes qui portent le même discours que ces gens là.

 

Il est difficile dans un paragraphe d’analyser cette situation, un travail profond doit être mené et des pistes existent, notamment avec deux exemples, l’un chypriote, l’autre grec.

 

Les échecs des gauches radicales

 

Beaucoup d’organisations progressistes européennes luttent pour instaurer des gouvernements alternatifs, ces organisations se regroupe (majoritairement) au sein du Parti de la gauche européenne (PGE). Dans certains pays, cette gauche est arrivée au pouvoir. Le point commun : S’écraser sur le mur de l’austérité européenne et se retrouver dans l’incapacité de mener une politique de gauche (ou progressistes).

 

Il y a deux situations qui illustrent les échecs de la Gauche européenne : L’exemple chypriote avec Dimitris Christofias (Parti progressiste des travailleurs – AKEL) et l’exemple grec avec Alexis Tsipras (Syriza).

 

Dimitris Christofias est élu Président de la République de Chypre en 2008 avec 53.37% des voix. Pour la première fois, un pays membre de l’Union européenne sera dirigé par un communiste. Un espoir immense s’ouvre en Europe. AKEL (Parti progressiste des travailleurs) n’est pas un parti qui se revendique d’une idéologie post-communiste, il s’agit d’un parti Marxiste-Léniniste, qui veut construire le socialisme.

 

Le secteur financier de Chypre (comme c’est bizarre) se retrouve touché par une crise sans précédent suite aux défauts de paiements partiels sur la dette publique grecque en 2011 et 2012. Les spéculateurs européens et chypriotes vont s’attaquer à Chypre et son gouvernement AKEL.

 

Moody’s et Fitch, des agences de notations étasuniennes, déclassent la note financière de Chypre en 25 juin 2012. Ils reprochent à Chypre un trop important déficits budgétaire. Face à cette situation Dimitris Christofias appelle à l’aide l’Union européenne. Cette dernière lance son mécanisme européen de stabilité et son fonds européen de stabilité financière.

 

Le 25 juillet la Troïka (UE, BCE, FMI) accepte d’aider Chypre (sous condition) et le 30 novembre Chypre doit appliquer son premier plan d’austérité : coupes dans les salaires des services publics, dans les allocations, augmentation de la TVA, des taxes sur le tabac, l’alcool, l’essence, les jeux de loterie, l’immobilier, ainsi que l’augmentation des cotisations pour la sécurité sociale. En échange de ces sacrifices la troïka enverra 10 milliards d’euros (55 % du PIB de l’île) et demande qu’une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires de 6,75 % jusqu’à 100 000 euros et 9,9 % au-delà soit établie. Le Parlement refuse.

 

Alors que le pays éprouve de plus en plus de difficultés à emprunter sur les marchés financiers, les négociations avec l’Union européenne pour une aide du mécanisme européen de stabilité de 17 milliards d’euros et des mesures d’austérité sont quasiment bloquées.

 

Le pays, qui a rejoint la zone euro en 2008 a vu sa dette publique exploser de 49 % du PIB à 83,3 % fin 20121 et son chômage doubler à près de 15 %. Les élections présidentielles du 17 et 24 février 2013 confirme le recul d’AKEL. Face à l’impopularité de son gouvernement dans un contexte de crise financière aigüe, Dimitris Christofias ne se représente pas et le candidat choisi par AKEL, Stávros Malás (42,52%), est battu par le candidat de la droite Níkos Anastasiádis (57,48%). Le candidat de la droite Níkos Anastasiádis estime urgente l’aide européenne et est prêt à renforcer l’austérité.

 

Ainsi la parenthèse communiste se referma sur Chypre. La principale erreur de Dimitris Christofias fût de laisser les banques chypriotes libre d’agir, de spéculer. Il a cherché à jouer selon les règles de l’Union européenne.

 

Le parlement chypriote, à la différence de la Vouli grecque, a refusé le premier plan d’austérité de la troïka. Cette situation s’explique par l’importance de l’AKEL (19 députés sur 54) a tenir une coalition hétéroclitique et a refuser l’austérité. Mais cette coalition, composée aussi de sociaux-démocrates, explosera rapidement.

 

Alexis Tsipras hérite d’un pays au bord de l’asphyxie, d’un pays socialement détruit, sous gestion des financiers (ceux là même qui ont coulé Chypre). Alexis Tsipras arrive au pouvoir avec un soutien important des grecs (36% des suffrages), soutien renforcé par un référendum populaire (5 juillet 2015). Il dispose aussi de l’investissement massif du Parti de la gauche européenne a ses côtés.

 

Le « grexit » devient la nouvelle arme de l’Union européenne pour contraindre le gouvernement grec de capituler. Sous l’impulsion allemande (et de son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, et avec la docile complicité du gouvernement socialiste français, une véritable politique rétorsion est menée contre le peuple grec.

 

Alexis Tsipras, face aux blocages de la troïka fait preuve d’un courage immense. Il confit au peuple le choix de décider de son avenir : « Acceptez-vous le projet d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l’Eurogroupe du 25 juin 2015… » a cette question, 61,37% des grecs disent OXI (non).

 

Bilan : Le gouvernement Tsípras maintient les mesures d’austérité en Grèce. On connait la suite, plan de rigueur sur plan de rigueur, suppression du droit de grève … Tsipras a renoncé au combat et clairement il ne représente plus une alternative crédible.

 

La fausse opposition du capitalisme européen vs le capitalisme national

 

Le « Frexit », le « Frexit progressiste », le « Plan B », il porte plein de noms différents et surtout ne règle rien à la situation.

 

Passer d’une structure supranationale européenne à un retour au cadre national va t-il permettre de reprendre la main sur l’économie et la destinée de millions de personnes ? NON.


Abandonner un espace économique plus ou moins intégrer (avec un retour au Franc) va t-il permettre de relancer les politiques économiques et sociales ? NON.


Le « Brexit » s’accompagne t-il d’un retour de l’Etat-providence, d’un renforcement des droits salariés ? NON.

 

Pour la simple et bonne raison, que le capitalisme européen et le capitalisme national recherche qu’un seul et même but : l’accumulation du capital.

 

La solution repose sur la prise du pouvoir, le renversement du système capitaliste, et donc la construction d’une alternative communiste pour répondre à ces deux engeances. Le PRCF, l’UPR, le FN, l’UKIP (etc.), comme avec le mythe de l’Europe sociale, ne présentent aucune solution crédible, ni viable pour des millions de travailleuses et travailleurs.

 

Alors il faut réinventer un modèle, construire des scenarii, engager des combats, des réflexions et des stratégies.

 

II- La fausse démarche proposée aux communistes

 

En Amérique Latine, certains peuples auraient put intégrer l’ALENA, ou réorienter le MERCOSUR, ils ont préféré construire l’ALBA. Une idée pourtant totalement ignoré du scénario du PCF.

 

A) Toujours pas de critique des stratégies mises en place depuis les premières élections européennes (1979-2012)

 

Qu’est ce qui peut expliquer l’érosion du vote communistes aux élections européennes ?

 

Elections européennes de 1979 : 4.153.710 suffrages (20,52%) – PCF
Elections européennes de 1984 : 2.261.712 suffrages (11,20%) – PCF
Elections européennes de 1989 : 1.401.171 suffrages (7,72%) – PCF
Elections européennes de 1994 : 1.342.222 suffrages (6,89%) – PCF
Elections européennes de 1999 : 1.196.491 suffrages (6,78%) – Bouge l’Europe (PCF et autres)
Elections européennes de 2004 : 1.009.976 suffrages (5,88%) – PCF
Elections européennes de 2009 : 1.115.021 suffrages (6,48%) – Front de gauche
Elections européennes de 2014 : 1.252.730 suffrages (6,61%) – Front de gauche

 

Comment expliquer qu’entre 1979 et 2004 plus de 3 millions de voix ont été perdues ? Pourquoi ce travail de bilan de nos stratégies n’est pas mené ? Comme pour de nombreuses élections, et je pense à la dernière séquence électorale, il devient urgent de faire la critique de nos stratégies et de nos directions. De tirer des bilans critiques de nos actions et d’engager une profonde refonte de notre système d’analyse.

 

Naturellement notre orientation européenne n’explique pas le déclin du PCF. Elle vient de deux facteurs historiques a analyser :

 

1- Une période allant de 1976 à 1994 : Le déclin du communisme mondial, marqué par l’effondrement de l’Union soviétique et des pays socialistes. Et qui impact le PCF (abandon de la dictature du prolétariat, socialisme pour la France …) et ses stratégies (union de la gauche, participation au gouvernement, produisons français …).

 

2- Une période allant de 1994 à 2018 : Le déclin du communisme et son effacement idéologique dans le cadre de la « mutation » initiée par Robert Hue et continuée par Marie-George Buffet et Pierre Laurent (abandon du Marxisme-léninisme, abandon du socialisme et des stratégies de prises de contrôle de l’appareil productif – même cette période est enfin close – cogestion des institutions) et des stratégies qui en découlent (gauche plurielle, collectifs antilibéraux, Front de gauche …).

 

Pourquoi le Parti de la Gauche Européenne ne peut pas agir ?

 

Le Parti de la Gauche Européenne est une coquille vide, vide de sens, vide d’action et qui ne cherche en réalité pas grand chose. Il faut le dire clairement, ce PGE ne sert à rien. Pourquoi ?

 

1- Il ne vise pas la prise du pouvoir.


2- Il ne permet pas l’organisation de campagne trans-nationales.


3- Il ne permet pas de réimplanter des forces de gauche dans des pays où, par exemple, le communisme est illégal (Hongrie, Pologne, Pays Baltes), où les forces progressistes sont groupusculaires.


4- C’est une structure opaque. Et on ne sait pas comment il fonctionne (comment fonctionnent les directions, qui choisit les délégué.e.s lors des congrès, les ordres du jours, le financement …).

 

Donc le PGE est une coquille vide.

 

B) Que faire ? Quelle actions européennes ?

 

Elles nécessitent la prise du pouvoir dans les États membres. Ils restent la base du pouvoir décisionnaire européen.

 

Elles nécessitent une stratégie globale et donc une structure européenne capable de mener ce combat. Donc le PGE est disqualifié par sa structure inefficace, et son absence de réalité concrète.

 

Elles nécessitent de dépasser les contradictions du mouvement communiste européen. Et donc de (re)travailler des stratégies globales avec des partis communistes (même si certains nous haïssent), et des partis progressistes. Il faut créer une structure opérationnelle à l’échelle européenne, avec une véritable direction, avec une véritable démocratie, et un véritable plan d’action (avec des campagnes communes et collectivement menées).

 

C) 14 points pour quoi faire ? pour un véritable programme communiste !

 

L’Union européenne est au service de la bourgeoisie, il nous faut une construction au service des peuples et des travailleurs. Lénine ne prévoit pas en 1917 de réorienter les institutions tsaristes et de réformer ces dernières. Une nouvelle société est crée, reposant sur les Soviets. Pour l’Europe, il nous faut un scénario identique. Il nous faut faire du nouveau et pas un ripolinage d’institutions dévouées au capitalisme.

 

Nos buts doivent être précis, clairs, lisibles :

 

1- Nous voulons créer un espace de coopération entre des pays, des peuples, libres et souverains (ce qui permet de traiter le problème catalan par le dialogue et un choix populaire). Exigeons un haut niveau d’internationalisme, remettons les peuples au cœur des décisions et n’oublions pas que nous devons être au service du prolétariat, classe consciente et révolutionnaire. Bref nous voulons créer un espace où l’exploitation, le dumping, ne sont plus la norme.

 

2- Que élire des eurodéputé.e.s communistes c’est élire des personnes engagées dans la lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses, c’est la lutte pour gagner des conditions de vies dignes de Brest à Rēzekne. C’est la lutte pour le droit de vivre, de travailler et de décider, sans oppression, sans aliénations, sans exploitations.

 

3- Que élire des eurodéputé.e.s communistes c’est élire des personnes qui ont pour but de rassembler les luttes (et non des partis) et porter les revendications des classes ouvrières de tous les pays.

 

4- Que chaque voix obtenues sur notre liste doit permettre de faire grandir, en France comme en Europe, notre projet de coopération d’une Europe des travailleuses et des travailleurs, d’une Europe démocratique et de paix.

 

5- Que chaque voix obtenues sur notre liste doit permettre de faire reculer les forces du capitalisme, de la spéculation, de la réaction.

 

Bref, un projet révolutionnaire, communiste, qui reste à construire.

 

En guise de conclusion :

 

Il reste tout à faire, et le document proposé par le Conseil National du PCF est largement en dessous de toutes les attentes. Rien ne changera et, avec cette ligne là, le déclin du PCF continuera.

 

Enfin l’idée de rassemblement, de listes larges, doit partir de là et de ce programme minimum. Il faut cesser de mettre la charrue avant les bœufs et de prendre les électrices et les électeurs communistes pour des benêts. C’est aussi l’occasion de procéder à un véritable renouvellement des visages et des méthodes de campagnes.

 

La privatisation du rail allemand est aujourd’hui en accusation

La privatisation du rail allemand est aujourd’hui en accusation

 

04 Avril 2018

Non seulement la Grande Bretagne remet en cause la privatisation du rail, mais en Allemagne aussi, et pourtant la logique européenne est de l’imposer.
 
(note de danielle Bleitrach)

BERLIN

Publié mercredi 14 août 2013 à 21:40.

TRANSPORTS

La privatisation du rail allemand est aujourd’hui en accusation

 

Deutsche Bahn a fermé partiellement la gare de Mayence. Les réductions de personnel sont en cause

Pourrait-on imaginer la gare de Genève fermée à la circulation des trains jusqu’à fin août parce que la moitié des aiguilleurs du poste de contrôle sont malades ou bien partis en vacances? C’est ce qui se passe actuellement à Mayence. Faute de main-d’œuvre aux postes d’aiguillage, la capitale de Rhénanie-Palatinat, une ville de 200 000 habitants, doit vivre avec une gare fermée en soirée aux trains grandes lignes. Les trains ICE doivent donc contourner Mayence pour se rendre à destination. La situation est si grave que le trafic régional a été réduit lui aussi en début de semaine. Tout devrait se normaliser à la fin du mois, a promis hier Deutsche Bahn (DB).

 

A la fin du mois? La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans un pays si fier de sa technologie et de son organisation du travail. Les Allemands, qui entretiennent une relation quasi passionnelle avec leur compagnie ferroviaire, ont découvert à Mayence qu’elle était incapable de trouver une équipe de remplacement pour un poste d’aiguillage. Mayence n’est pas une exception, a expliqué le chef du réseau ferroviaire (BD Netz AG). « La situation pourrait avoir lieu n’importe où en Allemagne », a avoué Frank Sennhenn.

 

Face à ce « désastre » qui occupe la une des journaux allemands depuis plus d’une semaine, le président de la DB, Rüdiger Grube, a dû interrompre ses vacances. Il a rencontré les syndicats hier pour leur confirmer que 600 aiguilleurs seraient embauchés pour les situations d’urgence.

 

Cet aveu d’échec a été l’occasion pour les syndicats de dénoncer les réductions de personnel. Pour les seuls employés du réseau (DB Netz), dont les aiguilleurs, le nombre de postes est passé de 52 000 à 35 000 en dix ans. Les autres catégories de personnels ont également dénoncé une pénurie de main-d’œuvre. « Il nous manque 800 conducteurs de train », a expliqué Claus Weselsky, le chef du syndicat des conducteurs de train.

Les experts estiment que cette situation est une conséquence directe de la privatisation de la DB et de sa tentative d’entrée en bourse. L’ancien patron, Hartmut Mehdorn, est accusé d’avoir mené un programme d’austérité dans le seul objectif d’ouvrir le capital aux investisseurs. Pour que l’action DB se vende à bon prix, il fallait rentabiliser au maximum. « La compagnie n’avait qu’un objectif en tête: économiser. Cette stratégie l’a menée dans le mur », explique Heiner Monheim, professeur à l’Université de Trèves.

 

En réduisant la masse salariale, DB a d’ailleurs renoué avec les bénéfices (2,7 milliards d’euros avant impôt en 2012). Mais les dividendes ne sont pas réinvestis dans le réseau ou les matériels, critiquent les experts.

 

Par ailleurs, la DB ne remplit plus son rôle de service public, ajoutent les écologistes. « La Deutsche Bahn est devenue un groupe logistique mondial actif dans 140 pays de la planète », constate Anton Hofreiter, président vert de la Commission parlementaire chargée des transports. « Pourquoi devons-nous au­jour­d’hui être le premier trans­porteur de vin en Australie? C’est absurde », peste-t-il.

 

Le gouvernement Schröder avait engagé cette restructuration de la DB il y a dix ans. L’entrée en bourse avait échoué en 2008 en raison de la crise bancaire. Transformée en société privée dans les années 90, la DB est donc toujours aux mains de l’Etat. Une nouvelle tentative d’introduction en bourse n’est pas à l’ordre du jour.

 

« Pourquoi devons-nous aujourd’hui être le premier transporteur de vin en Australie? C’est absurde »

Affaire Skripal : Les leçons à tirer de la réunion de l'OIAC

jeudi 5 avril 2018

Affaire Skripal : Les leçons à tirer de la réunion de l'OIAC

La réunion de l'OIAC hier n'a produit aucune surprise. L'organisation a soutenu majoritairement la Grande-Bretagne et évidemment refusé à la Russie de participer à l'enquête. La position défensive légaliste de la Russie sur la scène internationale nie une réalité fondamentale: les organisations internationales sont un lieu de combat. Elle ne pourra y trouver ni la vérité, ni la reconnaissance. Il est temps de tirer les leçons de l'affaire Skripal et de cesser de se battre contre le moulin à vent de l'absurde pour aborder le véritable combat.
 
Une fois de plus, la Russie a joué la carte légaliste et une fois de plus elle a perdu. Dès le départ, les Anglais ont refusé d'impliquer la Russie dans la saisine même de l'OIAC, reprenant quasiment l'argument utilisé par l'Ukraine, celui de l'Etat-agresseur. En restant évidemment dans la rhétorique du likely: en substance, rien n'oblige dans la convention une victime à mener l'enquête avec son agresseur potentiel:
John Foggo, the UK’s acting representative to the OPCW, defended Britain’s refusal to allow Russia be involved in the investigation, saying: “We will not agree to Russia’s demand to conduct a joint investigation into the attack in Salisbury because the UK – supported by many other countries – has assessed that it is highly likely that the Russian state is responsible for this attack, and that there is no plausible alternative explanation.
“There is no requirement in the chemical weapons convention, for a victim to engage the likely perpetrator in a joint investigation. To do so would be perverse.”
Et premier pas, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques a légitimé la procédure suivie par les Anglais, écartant la Russie de l'enquête:
Lors de la réunion de mercredi, le directeur de l’OIAC, Ahmed Uzumcu, a défendu le sérieux de l’enquête, précisant que ses équipes se sont rendues à Salisbury le 21 mars, et ont elles-mêmes prélevé des échantillons sur les lieux, puis effectué des prélèvements biomédicaux sur Sergueï et Youlia Skripal ainsi que sur Nick Bailey, le policier qui leur avait porté secours. Placés sous scellés, les échantillons ont ensuite été remis à l’un des laboratoires de l’OIAC à La Haye et sont toujours en cours d’analyse. Les résultats seront connus en début de semaine prochaine.
Ensuite, la communauté internationale, dans l'ensemble, a soutenu la position britannique, qui n'a évidemment toujours pas apporté de preuves, mais continue à faire des déclarations surréalistes:
Le Royaume-Uni estime « fortement probable » que la Russie soit responsable de l’attaque, assurant qu’il n’y a « pas d’autre explication possible ». Non seulement parce que Moscou est capable de produire de telles substances, mais en raison du « bilan de la Russie en matière d’assassinats parrainés par l’Etat » et de « notre évaluation selon laquelle la Russie considère les transfuges comme des cibles », a argué John Foggo, le délégué britannique à l’OIAC.
Bref, la Russie a vu sa proposition d'enquête commune présentée conjointement avec l'Iran refusée. En revanche, elle a obtenu le soutien de 14 pays, en plus de la Chine, essentiellement des pays de l'espace post-soviétique et de quelques autres comme Cuba, la Syrie, le Pakistan ou le Vénézuela. Ce qui n'était pas suffisant pour faire adopter sa proposition.
 
Au lieu de se concentrer sur l'enquête menée par le Comité d'enquête russe concernant l'empoisonnement des Skripal, la Russie annonce une enquête internationale parallèle, avec ces pays. L'on peut sérieusement douter du poids qu'elle aura et de son impact sur la communauté internationale. Ce qui est quand même le but de ces démarches.
 
A la suite de cela, la Russie demande une réunion exceptionnelle cette fois-ci du Conseil de sécurité de l'ONU pour encore parler de l'affaire Skripal, où évidemment les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pourront bloquer toute initiative russe et continuer leurs attaques.
 
Face à ces échecs en chaîne sur les plateformes internationales, le ministère des Affaires étrangères russe note l'hypocrisie et la violation permanente du droit international par les occidentaux, mais déclare vouloir continuer l'enquête dans le cadre de l'OIAC et rester sur la même ligne de défense - donner des réponses rationnelles et chercher la vérité. En quoi la Russie a-t-elle besoin de l'OIAC ou du Conseil de sécurité de l'ONU pour trouver la vérité, cela reste une énigme. Elle y cherche plutôt une reconnaissance, ce qu'elle n'obtiendra pas. 
 
Cette ligne de conduite qui n'a pour l'instant produit aucun effet positif, la position anti-russe de la communauté internationale se renforçant, même si les esprits clairs voient qu'ils se décrédibilisent. Les sanctions vont être renforcées et l'Administration américaine fait tout pour en convaincre Trump.
 
L'on peut alors lire certaines réactions dubitatives dans les milieux des analystes russes pro-Kremlin:
"Nous voulions nous assurer que les Anglo-saxons étaient et restent des russophobes extrêmes et qu'ils ne collaboreront pas avec nous? Parfait, nous en sommes assurés. Maintenant il faut agir en tenant compte de cette expérience unique."
Et l'on en revient toujours au même point, aux mêmes faiblesses dont nous avons souvent parlé ici. La position légaliste est certes importante pour ne pas s'abaisser au niveau de ses adversaires, mais elle ne peut être exclusive. Or, toute la difficulté objective est de savoir comment réagir lorsqu'en face de vous se trouvent des personnes qui ne suivent aucunes règles, je ne parle même pas que des règles juridiques, mais aussi morales. Ils ne sont pas immoraux, mais amoraux.
 
Comment réagir à l'absurde? En cherchant ce qu'il cache. L'absurde ici n'est qu'une technique, une technique de déstabilisation. Pendant que vous tentez de combattre les positions absurdes, vous ne menez pas le véritable combat, vous êtes désorientés. 
 
Sortir d'une position strictement défensive devient urgent, mais cela implique d'accepter le combat. Accepter le combat pour que justement le conflit ne s'amplifie pas. C'est tout le paradoxe de la situation. 
«Nous sommes prêts à coopérer tant avec l'OIAC qu'à l'intérieur de l'OIAC», a signalé Georgy Kalamanov, vice-ministre russe de l'Industrie et du Commerce, présent lors de la réunion de l'OIAC
Ce genre de déclaration, par exemple, ne conduira pas les Occidentaux à respecter la Russie, il faudrait un peu plus de fermeté. Après se faire accuser d'utiliser comme Etat un gaz chimique sur un territoire étranger contre des civils, l'on ne parle pas de coopération. Vous pouvez être conciliant lorsque vous êtes en position de force, ce qui n'est pas le cas. Et tant que cette ligne continuera, la situation internationale ne se stabilisera pas. Au contraire les pays occidentaux ont intérêt à aller le plus loin possible, sans tomber dans le conflit armé direct, pour capitaliser leur victoire politique et être en position de force lors de la véritable négociation qui aura lieu avec la Russie. 
 

Affaire Skripal : Attention, le porridge brûle !

mercredi 4 avril 2018

Affaire Skripal : Attention, le porridge brûle !

Décidément, cette farce de mauvais goût qu'est l'affaire Skripal marquera les manuels de relations internationales, comme l'évènement caractéristique de la décadence de la diplomatie européenne. Alors que la Russie a demandé la réunion de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) aujourd'hui, le comportement de la Grande-Bretagne, qui fait de plus en plus penser à un mauvais épisode de Benny Hill, botte en touche la réunion la concernant. Il n'y a donc aucune preuve à présenter? Mais y a-t-il seulement eu empoisonnement? 
 
Dans un monde où soi-disant la réalité n'existe pas, celle-ci rattrape dangereusement la fiction, dangereusement pour le Gouvernement britannique. Le laboratoire de Porton Down a identifié l'agent comme étant une substance chimique militaire, mais il n'était pas de sa compétence d'en identifier la provenance. Ils ont transmis leurs résultats au Gouvernement britannique, qui possède soi-disant d'autres éléments permettant d'identifier la provenance.
 
Il s'agirait donc d'un gaz militaire. Mais d'un gaz ... qui ne tue pas. Première grande découverte, puisque le policier se porte à merveille, que la fille commence à apprendre le texte qu'elle devra lire devant caméras et que l'espion/ex-espion/ russe / britannique est stablement dans le coma. 
 
Bref, il va falloir croire toute le monde sur parole, puisque à la différence de Litvinenko qui mourrait à petit feu devant les caméras du monde entier et parsemait son agonie de déclarations à la presse, ici c'est le silence médiatique total. Surprenant ...
 
Ensuite, il s'agit d'un gaz ... pour le moins sélectif. Il vise uniquement les personnes prévues. Certainement le résultat des miraculeuses nouvelles technologies ... un gaz qui ne se diffuse pas ... comme un gaz, mais qui cible. Juste les Skripal et pas leurs voisins. Seuls certains policiers sont en costume de grenouille, les autres ne sont pas déguisés. 
 
Et nous ne savons toujours pas de quels échantillons il s'agit, puisque les versions sont toujours légions ... S'agit-il du drone qui aurait largué un gaz super-intelligent qui a demandé ses papiers aux Skripal avant de les attaquer pour éviter les victimes collatérales? S'agit-il des grains de porridge russe avalés par Skripal qui en plein air sont inoffensifs? S'agit-il des représailles contre la fille qui serait presque un agent américain qui aurait touché une grosse somme avant d'être empoisonnée? S'agit-il d'un échantillon pris les bords des bancs? On s'y perd. 
 
Autrement dit, sans que l'on sache de quel échantillon il s'agit, nous apprenons que l'on ne sait pas non plus d'où provient la substance. Qui est une arme super-puissante de nouvelle génération, qui ne tue pas vraiment, mais semble faire disparaître les gens.  
 
Ces scénarios, qui se concurrencent dans l'absurde, mettent les autorités britanniques et internationales dans l'embarras. A ses questions adressées à l'OIAC, la Russie n'a reçu aujourd'hui de réponse substantielle qu'à l'une d'entre elles.  
 
Et pour ne pas prendre de risque, le représentant britannique à l'OIAC a décidé de ne pas assister à la réunion d'urgence demandée par la Russie aujourd'hui pour faire le point sur l'affaire Skripal. 
 
La sortie des Skripal de l'hôpital va vraiment se terminer comme dans Benny Hill: 
 

 

L’Union européenne entreprend de faciliter les déplacements militaires sur son territoire

L’Union européenne entreprend de faciliter les déplacements militaires sur son territoire

 

29 Mars 2018
Je voudrais savoir si le parti communiste français a décidé ou non une alliance avec des forces qui ont sur l’Europe et donc sur l’OTAN une politique pas très différente de celle de Hollande, c’est-à-dire celle de Macron? Remarquez quand on a la très russophobe Clémentine Autain dans ses proches on peut faire alliance avec n’importe qui… Cette gourde qui pour le moment se contente d’enquiquiner la France insoumise est tout à fait prête à nous faire affronter la méchante Russie, sans parler de quelques trotskistes qui appuient dans le même sens et ont la bouche pleine de « l’union de la gauche ». Tout cela mérite au moins d’être clarifié, ce n’est pas parce que nous nous sommes ruinés dans l’opération Mélenchon et que les subventions européennes dépendent de notre célérité à dénoncer les deux « totalitarismes » qu’il faut que nous soyons prêts à approuver la grande troisième mondiale avec « usage nucléaire limité »… pendant que notre président n’arrête pas de glorifier nos héros de la gendarmerie et du service public, il est en train de brader la défense nationale à l’oTAN quitte à offrir 3% de notre PIB (pas notre budget, non le PIB ce qui est bien plus important ) aux bonnes oeuvres de l’OTAN. Avec ce genre d’augmentation de notre contribution, nous pourrions financer les hopitaux, les maisons de retraite sans problème. Autre intéressant constat, cette politique des transports ne peut pas s’accommoder des cheminots français héritiers de la bataille du rail qui risquent de bloquer cette trahison nationale que serait la guerre.
 
(note de Danielle Bleitrach)
 
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Violeta Bulc, la commissaire slovène aux Transports.
© Dursun Aydemir/Anadolu Agency/Getty Images

GUERRE

L’OTAN et les Etats-Unis le réclamaient depuis longtemps. La Commission européenne s’est finalement décidée mercredi à se pencher très concrètement sur le transport des troupes et du matériel militaire au sein de l’Union

Ponts insuffisamment solides, axes terrestres inadaptés, procédures administratives longues et complexes entre les Etats membres pour autoriser le passage de convois, problèmes de douanes sur les imports-exports de matériel… Les dirigeants de l’OTAN, Etats-Unis en tête, souhaitent que les Européens remédient rapidement à ces défaillances au cas où ils auraient à mener une action militaire soudaine. Bruxelles a décidé de s’exécuter mercredi en demandant aux Etats membres d’identifier d’ici à mi-2018 tout ce qui peut nuire à la circulation de troupes ou de matériel militaire à travers l’UE.

 

La Commission européenne en convient: sans vouloir céder aux scénarios d’une guerre prochaine sur le territoire de l’Union ni désigner expressément la menace russe, elle désire être en mesure de parer à toutes les éventualités et à l’«évolution imprévisible de la politique internationale». Ce qui suppose de pouvoir rapidement «activer ses moyens de défense», a justifié la commissaire slovène aux Transports, Violeta Bulc.

 

Pas un «Schengen militaire»

 

«Les Russes ont une totale liberté de mouvement au sein de leur territoire. Nous devons pouvoir nous déplacer aussi rapidement, sinon plus vite, pour masser des forces contre un ennemi potentiel afin d’être dissuasifs», avait expliqué plus crûment il y a quelque temps le général américain Ben Hodges, ancien commandant des forces américaines en Europe.

 

Un projet de «Schengen militaire»? Violeta Bulc n’a pas souhaité reprendre ce terme qui ne correspond pas parfaitement à la stratégie retenue. «Ce n’est pas cela», a-t-elle expliqué, car le projet «concerne tous les Etats membres». Et les Etats membres ne sont pas tous dans Schengen – voir la Bulgarie, la Roumanie ou la Croatie. A noter aussi que la mesure concerne quatre Etats membres dits neutres, c’est-à-dire non membres de l’OTAN (Autriche, Irlande, Suède, Finlande). Au-delà de ces divergences sémantiques cependant, il s’agit bel et bien d’avancer vers une zone commune où la circulation d’engins militaires sera facilitée en cas de tensions.

 

Étape «historique» pour l’Union de la défense

 

Pour les Etats membres, le projet s’ajoute à une série d’initiatives lancées en décembre et visant à renforcer militairement l’Europe. Vingt-cinq pays membres avaient alors accepté de souscrire ensemble à des projets concrets. Une étape «historique» pour l’Union de la défense, souvent qualifiée de «Belle au bois dormant», avait commenté la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini.

 

Ces pays ont depuis arrêté une liste de 17 projets, concernant par exemple la conception de drones européens, un hôpital militaire de campagne et la mobilité militaire. Le plan d’action présenté mercredi est donc venu compléter la réflexion amorcée par les ministres de la Défense.

 

Que demande aujourd’hui la Commission? Dans les prochains mois, les Vingt-Huit devront identifier leurs besoins et déterminer les financements correspondants. Puis, en 2019, la Commission viendra avec des réponses concrètes. De son côté, elle va examiner d’ici à la fin de cette année les possibilités de simplifier les formalités douanières pour les opérations militaires et évaluer la nécessité d’harmoniser les règles relatives au transport de marchandises dangereuses dans le domaine militaire.

 

Neufs grands corridors

 

En matière d’infrastructures, la Commission a expliqué qu’elle s’en tenait pour le moment à l’existant, l’idée étant par exemple de voir comment un tunnel dédié au passage de civils peut être réadapté pour faciliter le passage de chars ou de tanks.

 

Neuf grands corridors de transport (terrestre, ferroviaire ou autre) sont actuellement en cours de développement dans les Etats membres, du sud de l’Espagne à la Turquie, certains passant aussi par la Suisse. Le plan d’action présenté mercredi demande aux Vingt-Huit d’examiner ces axes de près et d’étudier leur adéquation aux réalités militaires.

 

Les pays baltes n’ont pas attendu le plan de la Commission pour agir. La Lituanie, la Lettonie et l’Estonie, qui se préparent quotidiennement à un conflit avec le grand voisin russe, ont déjà assuré cette mobilité militaire. L’Estonie a aussi mené un projet pilote en 2017 avec ses deux proches voisins, comme avec les Pays-Bas, la Belgique et la Finlande. Et les conclusions ont été sans ambiguïté: dans plusieurs de ces Etats membres, la hauteur maximale des ponts routiers ainsi que la tolérance au poids de certains ponts n’étaient pas suffisantes pour des véhicules militaires surdimensionnés. Et dans le cas du transport ferroviaire, la capacité de chargement était parfois insuffisante pour autoriser le déplacement des équipements militaires les plus lourds

 

Infos de JPE : La pêche au bar

Infos de JPE : La pêche au bar

 

JPE = Jean-Pierre Escaffre

Le 05/03/2018

 

Bonjour,

 

L’UE, c’est-à-dire les chefs de gouvernement, ont décidé sans concertation d’interdire la pêche au bar pour les seuls plaisanciers au-dessus du 48ème parallèle (c’est-à-dire au nord de l’île de Sein). Au sud tout est permis. Du point de vue du poisson dans ces eaux en permanence mouvementées, curieux apartheid.

 

Les chalutiers qui amassent plus de 30 tonnes de bars grainés à chaque trait de chalut sur les frayères bien connues au nord de ce parallèle, en ont le droit ! Ils en pêchent tellement que le bar de chalut est invendable, et une partie passe en farine en Grande-Bretagne (pour les bovins ?).

 

Tout échantillonneur plaisancier sait que leur pêche au bar à la ligne a diminué drastiquement depuis exactement cette pratique de chalutage irresponsable il y a à peine une dizaine d’années.

 

Une protestation générale de beaucoup d’associations s’organise contre de telle pratique et de telles discriminations. Une manifestation est prévue samedi prochain à Morlaix.

 

Une rencontre a eu lieu entre les organisateurs de cette manifestation et le Préfet. Celui-ci promet d’envoyer ses CRS sans coup férir, sauf … s’il y a plus de 5 000 manifestants, seuil à partir duquel il commencerait à négocier ! Seuil intéressant à connaître !

 

Soyons donc 10 000 ! Et bientôt des millions pour remettre notre démocratie en route.

 

Selon le CR de cette entrevue de l’une des associations (cf. extrait ci-dessous), le préfet serait cependant en phase avec cette protestation !!!! Décidément, les « lois » fondamentales des sciences politiques sont toujours là : on ne peut pas gouverner un pays avec 17 % du corps électoral, car même les relais de l’ordre public étatique commence à douter.

 

Intéressant aussi les termes utilisés dans ce CR : élargissement de cette protestation ciblée, à du plus général, la démocratie en plein délitement dans notre pays, avec des relans accentués de l’inacceptable. Cependant, toujours la confusion idéologique gouvernement et Etat. N’oublions pas que celui-ci n’est que le moyen de la politique du premier. C’est la bêche du jardinier. La bêche n’y est pour rien … elle ne fait que se rompre si la résistance du sol est trop solide sous les excès du jardinier.

 

                L’avenir s’ouvre.

                JPE

                Extrait du CR :

 « A notre proposition de programmer la manifestation au niveau du pont routier N12 de Morlaix, le préfet s’y est  opposé de façon catégorique, avec menace pénale possible sur tous les participants à la manifestation.

 

La principale menace étant la suspension immédiate du permis de conduire voire annulation. Nous lui avons quand même signalé sa façon abusive de faire, et même jusqu'à mentionner terme « abus de pouvoir ». Il nous a alors rétorqué qu’il en avait les moyens, à savoir, la force et le pouvoir. Il nous a également soulignés  qu’à partir de 5000 personnes il serait prêt à négocier !!!!  Nous avons laissé échapper un léger sourire, car le  printemps risque d’être chaud pour l’Etat…..

 

Note : Cela ne nous impressionne aucunement bien au contraire, et comme vous le savez tous nous en avons vu bien d’autres……..L’avenir nous le confirmera.

 

(…) Nous  sommes terriblement attristés. Force est de constater que le nom « Démocratie » dans notre magnifique pays perd malheureusement de son sens, et il est clair que l’autorité de l’état par de tels agissements, est de plus en plus mal acceptée.

 

(…) Néanmoins, nous nous battons pour une cause commune et même le Préfet est en phase avec nous. »

Italie : un aperçu des élections du 4 mars dernier Par Marco Pondrelli

Italie : un aperçu des élections du 4 mars dernier Par Marco Pondrelli

 


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Quels étaient les camps sur le terrain lors de ces élections ? La réponse a été fournie par le journal de la Confindustria (le MEDEF italien NdT) : Sergio Fabbrini dans deux éditoriaux (14 et 21 janvier) parus sur "il Sole 24 Ore" expliquait qu’en Italie se confrontaient les pro-européens et les partisans du souverainisme. Deux camps transversaux aux différentes lignes de fracture et partis traditionnels, mais avec des caractéristiques clairement définies. D’une part, il y avait les supporters de l’intégration européenne et, comme Panebianco (politologue conservateur et éditorialiste du journal bourgeois "Il Corriere della Sera") nous le rappelle souvent dans les colonnes du "Corriere della Sera", de l’OTAN, et d’autre part, ceux de la souveraineté nationale.
 

"Il Sole 24 Ore" n’a pas de doute sur la position à prendre, arrivant aux limites de la subversion quand il dit que "si les institutions politiques et électorales ne sont pas en mesure de garantir la préservation de cette relation [avec l’Europe] [...] alors il est nécessaire que cette relation soit protégée par nos classes dirigeantes", tout peut être discuté sauf notre adhésion à l’UE (et à l’euro) et à l’OTAN. Les grands médias dans le pays tout au long de la campagne électorale ont construit une orientation qui a estimé qu’une décision souveraine du peuple italien était irrecevable si elle remettait en question ces adhésions. Le raisonnement sous-jacent a toujours été que la réappropriation de la souveraineté nationale est inadmissible et que l’adhésion à l’UE et à l’OTAN n’est pas dans les mains des électeurs. Nos relations avec la Russie doivent également suivre la volonté de Washington même lorsqu’ils frappent les intérêts vitaux de l’Italie. Nous avons lu dans les journaux des articles fantaisistes dans lesquels Poutine a été accusé d’interférer avec les élections italiennes, des vraies fausses nouvelles dans le but d’accuser la ligne de défense de la souveraineté populaire d’être un instrument entre les mains d’une puissance hostile.

 

Malgré tout cela, les élections du 4 mars ont donné une réponse très différente de celle souhaitée par l’establishment italien (et pas seulement).

 

Qui a gagné ?

 

Il y a sans aucun doute deux gagnants : le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue (qui a changé de nom pour se présenter dans tout le pays : ex-Ligue du Nord). Les deux formations politiques ont gagné parce qu’elles étaient capables de répondre à deux facteurs essentiels : tout d’abord, elles sont parvenues à saisir la nouvelle phase internationale, à commencer par l’élection de Trump, qui a changé, et continuera à changer, l’équilibre mondial. Ce n’est pas un hasard si Bannon (ancien stratège du président américain) a accordé il y a quelques jours une interview au Corriere della Sera dans laquelle il soulignait la force des "populistes" italiens.

 

Deuxièmement, les deux listes ont réussi à représenter un malaise généralisé dans la société italienne. La Ligue qui est née en donnant une voix aux petits patrons du Nord a compris que la crise a plongé ce secteur de la société dans la pauvreté. Il y a eu une prolétarisation de la classe moyenne. Le M5S a réussi à faire la même opération en représentant les nombreux jeunes qui vivent dans une situation précaire, reliant ainsi la question générationnelle à l’exploitation de classe. Cette souffrance s’est transformée non seulement en une attaque féroce contre les migrants et la "caste", mais aussi en une proposition "souverainiste".

 

Il est douloureux de constater que des formations politiques qui, sur de nombreuses questions, sont à des années-lumière de la gauche et des communistes reprennent les propositions que ces partis devraient soutenir et parviennent à nommer des représentants de luttes sociales ou des intellectuelles appartenant à la gauche. Il y a beaucoup de gens élus dans les rangs des M5S qui ont un profil politique ouvertement de gauche et la Ligue elle-même a eu la clairvoyance de nommer ceux qui sont attentifs aux questions sociales.

 

Il est faux que ce résultat soit la victoire du poujadisme ou du fascisme. Si l’élaboration théorique maximale de la gauche concerne l’utilisation du conjonctif par Di Maio [1] (président du M5S), il n’est pas surprenant qu’elle soit maintenant reléguée en marge de la politique italienne. Les signaux des électeurs doivent être captés et nous devons tirer les leçons des défaites. Dans le vote populaire, il y a plus de sagesse qu’on ne le pense, mais pour les dirigeants de gauche, l’avertissement de Bertolt Brecht semble valable : "le comité central a décidé : parce que le peuple n’est pas d’accord, un nouveau peuple doit être nommé".

Le parti démocrate

 

Avec Berlusconi, incapable de saisir ces nouveautés, le premier perdant est le parti démocrate. Le PD expérimente sans aucun doute le malaise qui traverse la social-démocratie européenne (Allemagne, France, Espagne, Hollande, Grèce...). De plus, il y a une spécificité italienne, la tentative de Renzi de pêcher dans le bassin électoral de Berlusconi non seulement n’a pas conduit à de nouveaux votes au PD, mais a aussi contribué à faire perdre beaucoup de ceux de l’électorat de gauche traditionnel (à commencer par le monde de l’école). Le PD qui gouverne directement ou indirectement depuis 2011, sept années de gouvernement attentif à la compatibilité, insensible au cri de douleur qui émerge du corps social courbé par la crise économique, insensible à toute tentative de sauvegarde de la capacité productive du pays, mais attentif aux exigences de la Troïka, n’a pu que conduire à ce résultat.

 

La gauche européenne réagit à la crise généralisée de deux manières. Il y a le modèle Macron-Blair qui consiste à abandonner les ancrages sociaux de la gauche et il y a le modèle opposé, c’est-à-dire la tentative de trouver les racines d’une gauche réformiste (mais compatible) et attentive aux raisons sociales. Le PD italien est resté au milieu, plus proche du modèle Macron mais incapable de faire un choix clair.

 

La gauche sociale-démocrate

 

Le second modèle est celui qui a inspiré les échappés du PD. Liberi e Uguali (Libres et égaux, LEU) a été battu à ces élections. Le plan stratégique des différents d’Alema et Bersani (dirigeants de haut niveau fondateurs du Parti Démocrate NdT) était de radicaliser leurs positions et de capitaliser sur l’effondrement du PD renzien pour ensuite réouvrir une relation politique avec un parti "différent". Un échec, celui de LEU, qui est le fils du manque de crédibilité de la classe politique qui l’a animé, mais qui est aussi dû à un projet politique qui, là où il a été appliqué (voir Syriza en Grèce), a donné de très mauvais résultats. Proposer des politiques de redistribution au sein d’une Europe qui a fait de la concurrence salariale sa constitution matérielle n’est pas une perspective crédible. Il y a peu de voix (comme Fassina) qui ont eu le courage de remettre en question les fondements européens (en commençant par l’euro), et en général LEU a gardé sa vocation européenne, difficilement conciliable avec les politiques progressistes. Une contradiction qui concerne tous ceux qui proposent des politiques sociales et redistributives : sans remettre en cause à la racine le cadre donné, il n’ y a pas d’espace politique. Les premières déclarations de discussion avec le M5S pour la formation du gouvernement (hypothèse contestée au sein de Leu), cependant, représentent une ligne intéressante.

 

Potere al popolo

 

La catastrophe touche également la gauche dite radicale. Malgré le résultat décevant (1,1%), la lecture de certains protagonistes de la liste a été positive, arguant qu’il s’agissait d’une formation jeune, née il y a seulement 3 mois. Cependant, il faut se rappeler qu’à l’intérieur du PAP il y avait des partis historiques organisés comme Rifondazione Comunista et le nouveau PCI, en plus du Réseau communiste (et aussi la "Gauche anti-capitaliste" trotskyste). Mais, comme cela a toujours été le cas au cours des dix dernières années, ces formations se sont réunies quelques semaines avant le vote sans un véritable projet, donnant l’idée d’un cartel électoral avec un seul objectif : le retour au Parlement. Les électeurs n’ont pas perçu le projet à long terme de cette liste et le caractère alternatif de ses programmes (également parce que sur certaines questions centrales comme l’euro et la défense des intérêts nationaux, l’ambiguïté a été préférée à la clarté des contenus) et ils ont vécu cette expérience comme une autre "invention" en vue des élections. Bien qu’il y ait eu une convergence entre trois organisations communistes (avec d’autres sujets), le message qui a été passé est celui d’une liste de mouvements minoritaires, plus attentive aux thèmes historiques de l’Autonomia Operaia (proche de Toni Negri NdT) que ceux plus proches des luttes du mouvement ouvrier et communiste de ce pays. Il y a également eu quelques limitations en matière de politique étrangère, et ils ont préféré une position ambiguë sur des questions telles que la guerre en Syrie, la question kurde, le coup d’État néonazi en Ukraine, le caractère central de la lutte contre l’OTAN et la servitude militaire, et il y a toujours un manque de prise de position sur ce qui se passe dans le monde et sur la lecture de la dynamique fondamentale en cours.

 

Parti communiste

 

La campagne électorale menée par le Parti communiste de Rizzo, qui dans ses déclarations utilisait le forum électoral pour enraciner et faire croître le parti dans les territoires où il n’était pas présent, était différente. Même cette formation n’a pas du tout évoqué les grandes questions de politique étrangère dans sa campagne électorale (et nous connaissons les limites d’un grand nombre de ces analyses au niveau international), mais il faut reconnaître que cette expérience investit dans un objectif à long terme, refusant de diluer son expérience dans des conteneurs idéologiquement indéfinis afin d’élire quelques parlementaires.

 

Conclusions

 

Une fois de plus, le terrain électoral s’est avéré le plus difficile pour les communistes et les forces de gauche pour construire un camp politique et la conscience de classe. D’autres doivent être les formes et les voies, si on ne veut pas courir le risque de pourchasser, élections après élections (et conteneurs politiques après conteneurs politiques) l’échec, conduisant à de nouvelles déceptions et désertions parmi les rangs des militants. Pendant dix ans, les communistes ont été en dehors des institutions parlementaires et la diaspora a continué, malgré quelques tentatives généreuses et importantes de recomposition. Sans une nouvelle vision et sans un long regard, le risque est celui d’une compétition entre les forces existantes pour la lutte des militants.

 

Enfin, l’un des faits saillants de ces élections est le fait que le peuple de gauche a voté massivement pour le M5S. L’attitude qui prévaut est de considérer cela comme une force de "droite" avec laquelle il ne faut pas s’engager. Rien de plus faux : les communistes doivent pouvoir parler et travailler sur les contradictions qui s’y manifestent, en demandant le respect des programmes et des engagements pris avec les électeurs et en discutant des enjeux stratégiques de la lutte contre l’intégration euro-atlantique et de la défense des classes populaires.

 

Pendant que nous rédigeons cet article, rien n’est clair concernant le mandat que le Président de la République assignera pour la formation du gouvernement et quel gouvernement sera formé. La situation est encore très instable.

 

Marco Pondrelli pour marx21.it

 

[1Une partie de la gauche a critiqué les erreurs grammaticales de Di Maio sur les réseaux sociaux, en particulier ceux sur les conjonctifs. Ils voulaient ainsi souligner son inadéquation à gouverner le pays.

 

Le directeur du journal Avante est venu animer des formations pour les communistes portugais de France

Le directeur du journal Avante est venu animer des formations pour les communistes portugais de France

 
21 Mars 2018
Même si le Parti communiste portugais ne se permet pas de critiquer le PCF, il explique dans cet interview qu’il a choisi d’assumer la formation des militants, la création de cellules d’entreprises, toutes choses que le PCF n’assume plus. Il met en cause l’eurocommunisme qui a détruit les partis communistes, les a fait baisser en influence. Le parti communiste portugais lui a conservé cette influence et il ne peut laisser ses militants dans un tel abandon.
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)

CARLOS PEREIRA 19 MARS 2018
Le directeur du journal Avante, Manuel Rodrigues, était ce week-end dans la région parisienne, qui a encouragé une série de séances de formation destinées au cœur de l’organisation du Parti communiste portugais en France.Samedi les formations se sont déroulées au siège du Parti communiste français à Paris 12, et le dimanche a eu lieu à Nanterre. Quelques dizaines de dirigeants du PCP en France y ont pris part.Manuel Rodrigues accepte de répondre aux questions de LusoJornal.

Quel genre de formation est-ce?

 

C’est une action régulière, que nous étendons à tous les membres du parti, que ce soit aux noyaux à l’étranger ou aux organisations au Portugal. Nous cherchons à développer la formation, la réflexion, la sensibilisation autour des enjeux qui sont au cœur du développement de notre travail. Dans ce cas, à Paris, nous traitons du programme et des statuts du PCP, avec toutes les questions complémentaires qu’il faut garder à l’esprit lorsqu’il s’agit de ce type de question, à savoir la valeur de la théorie marxiste léniniste elle-même dans l’année nous célébrons le deuxième centenaire de la naissance de Karl Max, les objectifs pour lesquels le PCP se bat, comment il est organisé et pourquoi il s’organise de cette manière, sa nature de classe, les traits et les caractéristiques essentielles d’un parti communiste, du Parti et le type de société parce qu’il se bat,

 

Le noyau communiste en France n’est pas aussi organisé que par le passé …

 

Je ne suis pas la question de l’émigration, donc je ne peux pas répondre à la question. Mais l’objectif du PCP est de renforcer le Parti. En fait, il s’agit d’une campagne qui a été approuvée suite au Congrès que nous avons organisé fin 2016 et les 20 et 21 janvier au Comité central, nous avons adopté une résolution pour renforcer la PCP et nous sommes donc engagés dans une grande renforcement du PCP. Et quand on parle de renforcer le PCP à tous les niveaux, y compris dans les communautés d’émigrés, c’est le renforcement du PCP en tenant compte de sa nature, d’abord dans les entreprises et les lieux de travail, avec la création de cellules, nous avons un plan en contact avec 5.000 travailleurs en vue de les sensibiliser à l’adhésion au PCP, est la livraison de la nouvelle carte du parti, que nous allons également faire dans les communautés d’émigrés, mais c’est aussi le travail du PCP en vue d’être renforcé dans des strates et des strates spécifiques, telles que les entrepreneurs techniques, intellectuels, femmes, handicapés, micro, petites et moyennes entreprises, les petits et moyens agriculteurs, réformé, dans lequel nous sommes également engagés dans le développement de la structure et l’approfondissement de notre travail. Et sur cette base, nous faisons aussi ce travail avec ces noyaux dans nos Communautés d’émigrés aux développements inégaux car ici à Paris ils auront des caractéristiques différentes des autres Communautés. J’étais récemment présent dans une action similaire en Suisse, où nous avons un noyau fort, ici nous avons ce noyau avec ses propres caractéristiques, mais nous faisons un travail pour renforcer la présence du Parti et l’intervention aussi parmi nos émigrants.

 

Au Portugal, le PCP a résisté à cette vague européenne qui a affaibli les partis communistes. Par exemple en France le PCF a complètement fermé

 

Involontairement nous sommes comparés  avec d’autres pays et d’autres partis, chacun a l’action qui se développe et objectifs qu’il se donne, mais nous en fait au Portugal nous avons une expression très forte, qui va bien au-delà de notre expression électorale, même si c’est important. Nous avons une expression et une influence sociale qui est reconnue. Nous avons naturellement besoin de renforcer, et donc cette campagne, mais nous avons une bonne mise en œuvre …

 

Et ne devrez-vous pas changer votre nom, comme avec d’autres partis?

 

Non, nous ne changerons   pas de nom, certainement, ni nos  objectifs, ni nis principes organiques. Continuera ce lien fort avec les masses, toujours avec les ouvriers, le peuple, toujours, par la voie est un cordon ombilical vital pour une partie de notre nature, qui est considérée comme une partie de la classe, la classe ouvrière et les travailleurs général, mais englobe également les couches anti-monopole, micro, petites et moyennes entrepreneurs, petits et moyens agriculteurs, puis une série de couches qui, par nature, le genre d’intérêt qui doivent défendre, ne peut défendre si bien ce D’autre part, parce que le capital monopoliste est absolument démoli, c’est un cylindre compresseur qui, par rapport à ces classes, les appose, les étouffe, tente de rouler complètement. C’est donc ce travail que nous avons développé et que nous devons renforcer. Toujours valoriser les dynamiques que nous considérons comme fondamentales pour la transformation de la société.

 

Et quelles sont ces dynamiques?

 

L’un est le renforcement du Parti communiste portugais. Depuis Marx, dont nous avons fêté cette année le second centenaire de la naissance, nous avons trouvé et théorisé très bien que les philosophes étaient limités pendant un certain temps pour interpréter le monde, et qu’il faut le transformer. C’est-à-dire que c’est une théorie associée à la pratique, qui est orientée vers la transformation de l’humanité. Il a également noté que, sans des partis communistes forts et des parties intervenantes, une telle transformation n’est pas possible. Par conséquent, nous avons besoin d’un parti communiste fort au Portugal, nous devons renforcer le PCP, renforcer son influence, renforcer son intervention. Nous travaillons dans ce sens. Nous devons recruter plus de membres, mieux organiser, mieux intervenir, renforcer en particulier sur le lieu de travail et avec toutes les dynamiques qui doivent être développées.

 

L’objectif central continue d’être la lutte de masse …

 

Sem luta de massas não vamos lá. Não há transformação possível, aliás o fator decisivo na transformação da sociedade, é a luta de massas. É a luta dos trabalhadores, a classe operária à frente, mas depois todos os trabalhadores, todas as camadas anti-monopolistas, é necessário atrair à luta, levar à luta, em defesa de interesses próprios, de direitos próprios, numa ação reivindicativa à volta de coisas concretas, não de objetivos abstratos, não deixando cair aquilo que para nós são os objetivos supremos, isto é, a ideia de que só resolveremos todos os problemas de fundo quando um dia conseguirmos a construção de uma sociedade em que eliminaremos o fator da exploração, da exploração do homem pelo homem. A luta de massas é determinante e muitas lutas estão a acontecer em Portugal. Ainda este fim de semana houve uma manifestação dos trabalhadores da administração pública, no dia 10 houve uma manifestação para celebrar o Dia internacional da mulher, uma manifestação em Lisboa, promovida pelo MDM, Movimento Democrático das Mulheres, que levou às ruas de Lisboa milhares de mulheres e homens numa luta comum pela igualdade, pela emancipação e estão a ser planificadas lutas diversas, no dia 28 de março para celebrar o Dia mundial da juventude, haverá uma manifestação de jovens trabalhadores, promovida pela InterJovem da central sindical CGTP-In,…

 

Le PCP a exploré la question des jeunes migrants et a conduit à un débat public sur l’émigration. Mais cela n’a pas conduit au même débat public, les questions des Communautés. Il semble que l’émigration était importante, pas la vie en émigration. Les jeunes n’étaient importants que lorsqu’ils émigrèrent, après avoir traversé la frontière, ils cessèrent d’être sujets. Les communautés ne se posent pas dans le débat public pourquoi?

 

Nous ne nous commandons les médias et glorifient votre action, un signe de reconnaissance pour votre attitude à la recherche pour cette révéler concrètement nos positions, mais dans l’ensemble, la communication sociale portugaise fait un rideau de silence et delà du silence, les fausses déclarations de notre message et notre combat, mais nous avons pris des mesures, des propositions, que ce soit au Parlement européen, que ce soit au Parlement, au Portugal et dans le travail et l’élan créé avec nos communautés d’émigrants, vers la mise en valeur et à la défense de la langue portugaise, les droits des immigrés, stimuler les émigrés Communautés …

 

Et ne peuvent-ils pas apporter cela au public comme ils ont conduit à l’émigration des jeunes?

 

Nous avons soulevé cette question, mais nous avons également soulevé les autres. Cela a passé plus facilement car ce qui s’est passé au Portugal n’était pas la sortie de quelques milliers, c’était le départ de centaines de milliers pendant la période de validité du gouvernement précédent …

 

Seulement en France il y a plus de 1,2 million de Portugais, on ne parle pas « seulement » de quelques centaines de milliers, …

 

Nous devons approfondir cette question, mais nous avons pris et dynamisé ce combat pour défendre les intérêts et les intérêts directs des émigrés et de leurs communautés et la valorisation de leur intervention.

 

Donc, cette « panne d’électricité » au Portugal est due à la presse portugaise et non à l’inaction des partis sur ces questions?

 

En ce qui concerne le PCP, notre dynamique, notre lutte, ces types d’objectifs sont présents et ont été présents, mais il est vrai qu’il a peu passé à l’extérieur. Mais si vous lisez le journal Avante, vous verrez qu’il y a des discussions.

 

Nous parlons d’Avante. J’ai l’impression qu’en France, L’Humanité parle plus du Parti, alors qu’au Portugal Avante parle plus à l’intérieur du Parti. Est-ce mon impression?

 

Tu as tort. Avante parle intérieurement parce qu’elle est l’organe central du PCP, et joue donc un rôle dans la dynamique et le renforcement de l’organisation PCP, car elle est un élément essentiel dans la transformation de la société. Il n’y a pas de transformation de la société possible sans parti communiste ce point et être à l’avant-garde dans ce processus de transformation, et il est donc naturel que l’Avante, l’organe central du PCP, essayez d’avoir une dynamique qui conduirait au renforcement du PCP elle-même, parce que quelque chose et l’autre sont inséparables, mais ont ensuite un message. Il ne voit aucun autre journal au Portugal, un organe de presse en général, qui parle tant de la lutte des travailleurs.

 

Dans les journaux de presse du matin en France, L’Humanité est toujours cité dans un journal, tandis qu’au Portugal, Avante n’est pas référencé …

 

La façon dont les magazines de presse prennent ou ne prennent pas, marginalisent ou marginalisent est un problème qui se pose et qui est de leur responsabilité. Avante essaie de parler. Il cherche précisément à parler aux couches auxquelles il s’adresse qui est la grande majorité du peuple portugais. Avante cherche à refléter les intérêts et la dynamique de plus de 70% du peuple portugais. C’est-à-dire, les intérêts des travailleurs, des femmes, des jeunes, des personnes handicapées, des retraités, du personnel technique, des intellectuels, des micro, petites et moyennes entreprises, c’est-à-dire, nous parlons de 80 à 90 % de la population. Il essaie de faire passer ce message, et dans aucun autre journal, nous ne trouvons la façon dont Avante est structurée. Nous avons toujours 3, 4, parfois 5 pages dédiées aux luttes ouvrières, 2 ou 3 pages dédiées aux problématiques nationales générales, 2 à 3 pages toujours dédiées aux problématiques internationales, dans une lecture de classe et anti-impérialiste, 2 pages toujours dédiées aux enjeux européens, ainsi que des thèmes culturels divers, par exemple cette semaine, comme nous célébrons le deuxième centenaire de la naissance de Marx, de la Révolution de 1848 en France. Dans ce numéro, nous avons un article sur la Journée nationale des forêts, le 21 mars, sur les enjeux de la forêt qui est un sujet que nous vivons intensément, toujours à la suite de ces drames des feux de l’année dernière. Nous faisons un effort pour qu’Avante soit mieux vendue, lue plus, plus médiatisée, parce que nous devons aussi être plus médiatisés. une lecture des pages de classe et anti-impérialiste, 2 toujours dédié aux questions de l’Europe, ainsi que divers thèmes culturels, par exemple cette gâterie semaine, nous célébrons le deuxième centenaire de la naissance de Marx, de la Révolution de 1848 en France. Dans ce numéro, nous avons un article sur la Journée nationale des forêts, le 21 mars, sur les enjeux de la forêt qui est un sujet que nous vivons intensément, toujours à la suite de ces drames des feux de l’année dernière. Nous faisons un effort pour qu’Avante soit mieux vendue, lue plus, plus médiatisée, parce que nous devons aussi être plus médiatisés. dans une lecture de classe et anti-impérialiste, 2 pages toujours consacrées aux questions de l’Europe, outre des thèmes culturels divers, par exemple cette semaine nous discutons, comme nous célébrons le deuxième centenaire de la naissance de Marx, de la Révolution de 1848 en France. Dans ce numéro, nous avons un article sur la Journée nationale des forêts, le 21 mars, sur les enjeux de la forêt qui est un sujet que nous vivons intensément, toujours à la suite de ces drames des feux de l’année dernière. Nous faisons un effort pour qu’Avante soit mieux vendue, lue plus, plus médiatisée, parce que nous devons aussi être plus médiatisés. comme nous célébrons le deuxième centenaire de la naissance de Marx, de la Révolution de 1848 en France. Dans ce numéro, nous avons un article sur la Journée nationale des forêts, le 21 mars, sur les enjeux de la forêt qui est un sujet que nous vivons intensément, toujours à la suite de ces drames des feux de l’année dernière. Nous faisons un effort pour qu’Avante soit mieux vendue, lue plus, plus médiatisée, parce que nous devons aussi être plus médiatisés. comme nous célébrons le deuxième centenaire de la naissance de Marx, de la Révolution de 1848 en France. Dans ce numéro, nous avons un article sur la Journée nationale des forêts, le 21 mars, sur les enjeux de la forêt qui est un sujet que nous vivons intensément, toujours à la suite de ces drames des feux de l’année dernière. Nous faisons un effort pour qu’Avante soit mieux vendue, lue plus, plus médiatisée, parce que nous devons aussi être plus médiatisés.

 

Et comment Avante aborde-t-il les problèmes liés aux communautés?

 

Chaque fois qu’il y a des propositions du PCP à l’Assemblée de la République, chaque fois que des questions sont soulevées par les émigrants, chaque fois que nos Communautés envoient des questions à Avante, nous les divulguons.

 

Comme vous avez parlé de 80% à 90% des Portugais, cela fait référence à tous les Portugais ou seulement à ceux qui vivent au Portugal?

 

Si nous considérons les travailleurs, les micro, petits et moyens entrepreneurs, les femmes, les jeunes, les personnes handicapées, les intellectuels et le personnel technique, nous parlons d’une très forte population de la population portugaise. D’un point de vue de classe, ceux qui vivent à l’extérieur correspondent au même type de classe.

Les règles du Home Office signifient que lesuniversitaires non britanniques peuvent se voir refuser le droit de grève

Les règles du Home Office signifient que lesuniversitaires non britanniques peuvent se voir refuser le droit de grève

 

21 Mars 2018

Ce texte nous met en relation avec un phénomène encore embryonnaire mais qui est potentiellement dangereux. L’internationalisation des travailleurs diplômé est y compris au niveau universitaire soumis à des contraintes telles que cela peut aboutir au flicage des étudiants étrangers et à l’interdiction du droit de grève. Par ailleurs, il permet de mesurer à quel point en Grande Bretagne se multiplient les grèves et la contestation du gouvernement de Thérèsa May.

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach)


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Auteurs

Maître de conférences en géographie humaine, Université d’Exeter

Maître de conférences en géographie humaine, Université d’Exeter

 

Déclaration d’intérêts

 

Les auteurs ne travaillent pas, ne sont pas des parties, ne sont pas des fonds d’une organisation qui peut tirer profit de cet article, et ne présentent aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

 

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Les universités parlent d’internationalisation, mais le droit du personnel international à rester peut être menacé par les règles du gouvernement. shutterstock.com

Il y a quelques semaines – à l’époque où nous enseignions et faisions de la recherche plutôt que de nous tenir devant les piquets de grêve défient la marketisation de l’université – nous avons découvert que nous partageons quelque chose en commun. En tant que personnel international, notre droit de grève et de participation à une action collective pacifique est limité par le Home Office.

 

Quelques jours avant la grève des universités britanniques, ont été  anonymement glissé les informations suivantes sous notre porte, imprimées et photocopiées à partir du site Web de l’Université et College Union ( UCU ):

Pour le personnel employé sous un visa de niveau 2, vous devez savoir que votre tuteur  est tenu de signaler une absence non autorisée (comme une grève) s’il se poursuit pendant plus de dix jours consécutifs … votre tuteur est tenu de signaler toute absence non autorisée au Home Office .

 

Le Home Office considère l’action industrielle ou la grève comme une absence non autorisée. Donc, si vous menez une action syndicale pendant plus de dix jours consécutifs, ou si vous manquez dix ou plus de «contacts attendus» sans autorisation, votre tuteur doit le signaler au Home Office, et votre tutorat sera révoqué.

On peut trouver plus d’informations sur ce que le Home Office dit  ici .

 

Nous ne suggérons aucunement que n’importre quel  fonctionnaire de l’Université d’Exeter était responsable de cette note et les détails ci-dessus proviennent du site Web de notre syndicat. Un porte-parole de l’université a déclaré: « Le ministère de l’Intérieur fixe les conditions de visa, qui sont définies dès que le personnel international rejoint l’université, et par les avocats du personnel étranger sur les visas Tier 2 sont tenus de signaler les absences non autorisées de dix jours ou plus. . L’Université d’Exeter n’a jamais cessé de parrainer qui que ce soit parce qu’elle a pris part à des actions revendicatives. »(Une réponse complète de l’université peut être trouvée à la fin de cet article.)

 

Le contenu de la note, cependant, était déconcertant. Bien qu’il n’y ait pas dix jours consécutifs de grèves planifiées par l’UCU , cette politique gouvernementale, en effet, mine le pouvoir de frappe de l’UCU. Pour nous, cela soulevait aussi des inquiétudes quant à la manière dont le secteur universitaire dans lequel nous travaillons et la manière dont les universités collaborent avec l’État pour surveiller et restreindre le personnel international et les étudiants en général sont en contradiction avec les stratégies d’internationalisation.plans d’affaires des universités britanniques contemporaines. Et, nous considérons  ce que nous voyons comme des tendances dangereuses.

 

Contrôle des frontières

 

À certains égards, nous savions déjà que les universités – comme les hôpitaux, les écoles, les villes – sont invitées à participer au contrôle des frontières. Une exigence de nos emplois en tant qu’enseignants, par exemple, est de surveiller la présence des étudiants, y compris nos étudiants étrangers. Les données que nous compilons peuvent être partagées avec la division britannique des visas et de l’immigration du Home Office.

 

Comme l’a révélé un cas de la London Metropolitan University en 2012 , le non-respect de ce processus de surveillance signifie que les universités risquent de perdre leur licence pour parrainer des visas d’étudiants internationaux. Mais nous pensons que le respect de cette demande signifie que les universitaires font effectivement le travail des fonctionnaires de l’immigration .

 

Nous avons honte de dire que, en tant que «bons petits universitaires», nous avons participé à cette bureaucratie apparemment banale qui pourrait mettre en péril les visas des gens. Nous avons honte d’admettre qu’il nous a fallu nous exposer à ces mécanismes de surveillance et de travail de partage de données .

En grève. Sam Kinsley , CC BY-ND

Plutôt que d’insister sur le sentiment de honte, nous espérons toutefois encourager la conversation et la solidarité entre les membres du personnel universitaire (universitaires, de soutien et de contrats à zéro heure dans le secteur) ainsi que les étudiants . Nous n’avons pas de réponses claires. Mais, en tant qu’étudiants, nous avons quelques questions pour inciter ce travail collectif:

 

  • Comment pouvons-nous devenir moins respectueux des stratégies qui favorisent l ‘« internationalisation », alors que nos propres collègues internationaux du secteur ne se sentent pas en sécurité dans les endroits où ils travaillent?
  • Plutôt que de vendre des récits de la  » Global University  » (lors des journées portes ouvertes et de nos collègues à l’étranger avec qui nous sommes invités à faire du réseautage), comment aborder les réalités des personnes qui quittent les litiges de pension et le Brexit ?
  • Comment pouvons-nous créer des endroits sûrs pour accueillir des conversations collectives sur des questions vitales comme notre droit de rester? (Au moment où nous écrivons, les amis universitaires de l’ Université de Durham sont confrontés à l’exil .)
  • Un outil de résistance

Pour nous, cette grève a fait plus que nous rappeler notre propre statut de visa précaire (qui est encore relativement privilégié) en tant que personnel académique international dans ce pays. Il a identifié beaucoup plus que des régimes de retraite douteux. Pour nous, cette grève expose les tensions intraitables qui sous-tendent la logique de nos universités.

 

Contrairement à ceux qui occupent des postes de direction, nous avons une connaissance intime de ces tensions car nous les vivons tous les jours. Nous ressentons ces tensions quand on nous demande de faire plus de tâches en moins de temps . Ou quand nous voyons monter  l’anxiété des étudiants, alors que nous utilisons les paramètres mêmes qui contribuent à notre propre crise de santé mentale . Ou quand nous regardons les universités britanniques réduire nos pensions d’une main tandis que les universitaires sont tapotés sur la tête pour atteindre l’excellence. Cette grève a démontré que ces tensions sont simplement intenables.

 

Quand nous expérimentions si intimement ces tensions, c’est à la fois, comme pourrait le dire Derrida , un remède et une malédiction. C’est une malédiction, bien sûr, car exister dans un tel état est fatigant. C’est tellement épuisant que beaucoup choisissent de quitter les universités, ne pouvant plus se réjouir de la production et du partage des connaissances.

 

Mais, c’est peut-être aussi un remède parce que ces expériences vécues nous donnent une expertise qui pourrait être mobilisée pour identifier où et comment le système est brisé. À partir de notre expérience collective, nous pouvons indiquer où se trouvent les contradictions (souvent présentes dans des stratégies d’entreprise à consonance ironique comme « Making the Exceptional Happen »).

 

Refuser de vivre de façon optimiste avec ces tensions cruelles qui traversent les universités et les exposer plutôt à ce qu’elles sont semble être une étape politique importante. C’est un pas en avant, nous voyons nos collègues rejoindre les piquets, et c’est une étape que nous espérons continuer à prendre ensemble.

 

Cet article a été amendé le 14 mars pour corriger certaines inexactitudes factuelles apparues dans la pièce: le statut de sponsor de haut niveau mentionné a été aboli en 2015 et UK Border Agency a été remplacé par UK Visas and Immigration en 2013. La pièce aurait dû être plus claire affirmant que la note transmise aux auteurs pourrait provenir de n’importe quel nombre de parties. Et, à juste titre, The Conversation aurait dû donner l’occasion de répondre à l’université, ce que nous avons maintenant fait. Nous nous excusons pour les erreurs et avons pris des mesures pour dissiper toute déclaration potentiellement trompeuse contenue dans l’article et pour préciser que la règle des dix jours est fixée par le ministère de l’Intérieur et non par les universités.

 

Un porte-parole de l’Université d’Exeter a déclaré:

L’université d’Exeter soutient le droit de tout le personnel, y compris du personnel international, de faire la grève s’ils sont membres d’un syndicat. Le personnel international est le bienvenu et évalué ici à Exeter et le nombre d’employés internationaux sur les visas de niveau 2 a augmenté d’environ un tiers au cours des trois dernières années. L’université contribue non seulement aux coûts de réinstallation des universitaires internationaux, mais contribue également à leurs frais de visa, et fournit un soutien et une aide pour les questions d’immigration.

 

L’implication par le Dr Cinnamon et le Dr Bagelman que l’université a distribué des notes de manière anonyme pour intimider le personnel international – et se comporter comme des gardes-frontières – est une bêtise. Les conseils auxquels ils se réfèrent proviennent du site Web de leur propre syndicat et l’université n’a rien à voir avec cela.

 

Suggérer que l’université se comporte comme des gardes-frontières ou restreint le droit de grève du personnel international n’est tout simplement pas vrai. Le Home Office fixe les conditions de visa, qui sont définies dès que le personnel international rejoint l’université, et par les parrains de loi du personnel étranger sur les visas de niveau 2 sont tenus de signaler les absences non autorisées de dix jours ou plus d’affilée. L’université d’Exeter n’a jamais cessé de parrainer qui que ce soit parce qu’elle a participé à des actions industrielles.

Affaire Skripal : Moscou invite les ambassadeurs accrédités pour en discuter

mercredi 21 mars 2018

Affaire Skripal : Moscou invite les ambassadeurs accrédités pour en discuter

L'affaire Skripal continue à miner l'actualité internationale (voir nos articles ici et ici sur le sujet). Les diplomates russes expulsés rentrent en Russie, la Grande-Bretagne ne fournit toujours aucune preuve et les grandes déclarations prospèrent. Face à cette hystérie, la Russie invite ce mercredi les ambassadeurs accrédités à une réunion au ministère des affaires étrangères. Mais auront-ils le courage d'y aller?
 
Des experts de toutes sortes font sensation dans la presse occidentale et personne ne semble s'intéresser au fait que l'enquête soit toujours en cours. Thérésa May et Boris Jonhson sont devenus les Dupont Dupont de l'actualité politique, en beaucoup moins sympathique. Dans cette surenchère, comment peut-on féliciter le président Poutine pour son élection? En effet, B. Johnson l'a quand même accusé d'être personnellement impliqué, voulant garantir ainsi sa réélection peut-être?
“We think it overwhelmingly likely that it was his [Putin’s] decision to direct the use of a nerve agent on the streets of the UK, on the streets of Europe, for the first time since the second world war. That is why we are at odds with Russia,” Johnson said.
Alors que les chefs d'Etat européens souhaitent à V. Poutine de bien réussir ses réformes, prenant ainsi ses distances avec l'élection présidentielle russe, D. Trump au nom des Etats-Unis et J.-C. Juncker pour l'UE le félicite tout simplement de sa victoire. La presse  s'indigne. Johnson a pourtant tout expliqué, c'est insensé. The Guardian donne le ton.
Extraits:
Donald Trump and Jean-Claude Juncker have broken ranks with western disapproval for Vladimir Putin, issuing their congratulations to the Russian leader for his electoral success even as diplomats were flown out of the UK in retribution for the Salisbury nerve agent attack.
The leader of the Conservative party in the European parliament, Ashley Fox, described a letter from Juncker, president of the European commission, as “disgraceful”, while Guy Verhofstadt, the European parliament’s representative in Brexit talks, tweeted: “This is no time for congratulations.”
In the US, Senator John McCain led the criticism of Trump’s choice of words by calling it an “insult to every Russian citizen who was denied the right to vote in a free and fair election”. He added: “An American president does not lead the free world by congratulating dictators on winning sham elections.” 
Dans cette ambiance plus que délétère, la Russie a décidé de reprendre la main et d'inviter ce mercredi tous les ambassadeurs accrédités, avec des représentants et des experts du Département de non-prolifération des armes chimiques. Bien qu'elle ait déjà exprimé son point de vue sur cette question dans les organisations internationales comme le Conseil de sécurité de l'ONU ou l'OSCE, il semblerait que ce ne soit pas suffisant. Ainsi, les ambassadeurs pourront avoir toutes les explications désirées. Mais par là même, la Russie veut également poser quelques questions à ces représentants. Notamment, Lavrov aimerait savoir finalement où se trouvent Skripal et sa fille. Etrangement, cette information n'est absolument pas diffusée dans la presse occidentale ...
 
Car la question est de savoir qui ira? La Grande-Bretagne a dit prendre sa décision le jour même.
The ambassadors of the UN Security Council’s permanent member-states to Moscow have not commented on the invitation so far. The UK Embassy told TASS that the decision on taking part in the meeting would be made on Wednesday.
The Embassies of China, the United States and France said they could not answer the question.
La situation va être délicate pour ces pays, mais l'on peut compter sur le silence protecteur des médias pour permettre de ne pas porter cette information à l'attention du bon peuple, qui doit bien comprendre où est le Mal (Poutine et "sa" Russie) et le Bien (Jonhson et Skripal, soutenu par "le monde occidental libre").
 

Chiffre du jour. Le taux d’imposition des multinationales a baissé de 9 % en dix ans

Chiffre du jour. Le taux d’imposition des multinationales a baissé de 9 % en dix ans

 

20 Mars 2018

Les faits sont têtus et « le ruissellement » s’avère une escroquerie pour nous faire avaler la potion amère
(note de Danielle Bleitrach)

Publié le 

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 7h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère

 

D’après une analyse du Financial Times

 

Dix ans après la crise financière, les grandes multinationales s’en sortent bien. D’après le Financial Times, elles paient “significativement moins” d’impôts aujourd’hui qu’avant 2008. Selon le quotidien financier britannique, le taux effectif d’imposition de ces entreprises aurait baissé en moyenne de 9 %.

 

Le Financial Times a analysé les données des dix plus grosses capitalisations boursières dans neuf secteurs d’activités différents. Résultat : ces entreprises ressortent pour la plupart “indemnes” de “dix ans d’efforts des gouvernements pour réduire leurs déficits et réformer leur fiscalité”.

Les multinationales des secteurs technologiques et industriels sont particulièrement favorisées, avec un taux d’imposition en baisse de près de 13 %, indique le journal, tandis que dans les secteurs de la santé, des biens de consommation de base et des matériaux, les taux sont restés “généralement stables”.

 

Les consommateurs, grands perdants

 

Selon le cabinet d’audit KPMG, cité par le journal, depuis 2008 l’impôt sur les sociétés a baissé de 5 %, tandis que les gouvernements ont en moyenne augmenté le niveau d’imposition des particuliers de 6 %.

 

Le résultat de cette analyse montre “de manière surprenante […] l’impact limité” des efforts de l’OCDE et du G20 ces dix dernières années pour mettre de l’ordre dans l’imbroglio de réglementations nationales “qui permettent aux multinationales de réduire leur facture fiscale”, souligne le quotidien.

 

Allemagne, Opel : l’avertissement d’IG Metall à Tavares

Allemagne, Opel : l’avertissement d’IG Metall à Tavares

 

13 Mars 2018

THIBAUT MADELIN Le 12/03 à 11:37
 

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Début février, le président d’IG Metall, Jorg Hofmann, a obtenu gain de cause sur une demande majeure : les 3,9 millions de salariés qu’il représente auront la possibilité, à partir de 2019, de réduire leur temps de travail hebdomadaire à 28 heures pour une durée de six à vingt-quatre mois. – SIPA

Dans une interview aux « Echos », Jorg Hofmann, le président du syndicat IG Metall analyse les méthodes de management de PSA chez Opel. « Monsieur Tavares, ça ne se fait pas de passer partout en force », lance-t-il.

 

Un an après l’annonce de l’achat d’Opel à General Motors par PSA, la direction du groupe français mène des négociations avec le comité d’entreprise de sa nouvelle filiale allemande. Son objectif : réduire les coûts et ramener à l’équilibre la marque à l’éclair. Un pari risqué après les années de déficit cumulé sous l’ère GM.

 

Les discussions avec le puissant syndicat de la métallurgie IG Metall sont tendues. Elles portent à la fois sur l’application du plan stratégique d’Opel et celle d’un accord salarial de branche, prévoyant une hausse des salaires de 4,3 % dans la métallurgie allemande. Tour d’horizon avec Jorg Hoffman, son président.

 

Comment fonctionne la coopération avec les syndicats français chez Opel ?

 

Elle commence à peine. Opel a de grands sites en Pologne et en Espagne. On voit déjà clairement que PSA essaie de faire jouer les sites industriels les uns contre les autres. Nous avons besoin d’une approche commune des personnels d’Opel et Vauxhall, mais nous avons des premiers contacts avec les collègues de PSA. On doit certainement les intensifier.

Quelle est votre relation avec PSA ?

 

Monsieur Tavares est un manager qui fonctionne clairement sur la base de « benchmarks », qui permettent d’ailleurs de détecter des faiblesses d’Opel, mais ça ne se fait pas de passer partout en force. On doit quand même lui expliquer souvent le rôle de la cogestion et des accords de branche en Allemagne qui sont des facteurs de développement durable favorables à l’engagement des employés. Mais avec de la persévérance et un IG Metall fort, ça fonctionne. Monsieur Tavares n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Ceci arrive dans beaucoup de grands groupes qui gouvernent de manière centralisée depuis leur siège à l’étranger.

 

On aurait pu penser que ce serait mieux qu’avec General Motors…

 

Oui et non. Il y a des avantages et des inconvénients. L’Amérique était loin. Les Français sont plus impliqués. Ils sont aussi plus transparents et plus clairs dans la formulation des sujets à traiter.

 

Daimler a aussi un nouvel actionnaire,  avec Geely . Êtes-vous toujours aussi ouverts aux investisseurs chinois ?

 

Nous avons une certaine prudence en ce qui concerne la question du transfert de technologie vers la Chine. Nous ne pouvons nous prémunir du danger qu’en étant deux crans en avance sur la concurrence en matière d’innovation. Mais nous voyons les Chinois rattraper énormément de retard, par exemple dans la machine-outil. L’autre côté de la médaille, c’est que le capital chinois est très patient : ils investissent sur le long terme et durablement. Jusqu’à présent, ils interfèrent peu dans la gestion opérationnelle. Mis à part une ou deux exceptions, ils laissent le management allemand agir librement. On ne peut pas se plaindre de leur traitement de la cogestion ou des droits des employés.

 

Craignez-vous une guerre commerciale avec les Etats-Unis ?

 

Les barrières commerciales sont toujours défavorables pour une nation exportatrice comme l’Allemagne, mais aussi pour les autres. Si l’on prend le secteur automobile, je suis toutefois un peu détendu car les constructeurs allemands, grâce à leurs usines sur place, sont les plus gros exportateurs depuis les Etats-Unis. Le fait que l’industrie allemande ait réalisé beaucoup d’investissements directs à l’étranger ces dernières années nous protège un petit peu. Mais ça reste un développement critique pour nous.

 

Quelle est la responsabilité de l’industrie dans la crise du diesel ?

 

L’industrie automobile a une responsabilité là où elle a triché. Mais c’est différent quand les véhicules ont rempli les conditions d’immatriculations en vigueur. Dans ce cas, ils sont techniquement conformes. A cela s’ajoute le respect des normes d’émission d’oxyde d’azote car certains centres-villes doivent réagir d’urgence aux pics de pollution. A ce sujet, je suis d’avis que le problème ne peut être réglé seulement par l’industrie automobile.

 

Le  nouvel accord de branche prévoit la possibilité de travailler 28 heures par semaine pendant deux ans. Est-ce un tournant ?

 

Jusqu’au milieu des années 1990, l’IG Metall était très occupé par la réduction collective du temps de travail à 35 heures par semaine.

La flexibilité élevée des dernières décennies a d’abord profité aux employeurs

Puis nous nous sommes attaqués à la réduction du temps de travail en faveur du maintien de l’emploi, par exemple avec la semaine de 4 jours chez Volkswagen. La flexibilité nous a ensuite extrêmement aidés durant la crise économique et financière. Nous l’avons traversé sans licenciements secs et avons pu profiter de la reprise après. Mais il ne faut pas oublier que la flexibilité élevée des dernières décennies a d’abord profité aux employeurs. L’accord tarifaire représente à cet égard une césure car avec les horaires de travail choisis, ce sont les employés et leurs intérêts qui priment.

 

Pensez-vous que beaucoup choisiront de travailler 28 heures ?

 

C’est la question clef et c’est difficile à estimer. Notre expérience montre que le sujet du temps de travail est devenu extrêmement important, surtout pour les jeunes employés. Ils abordent la question de l’équilibre entre vie familiale et professionnelle d’une manière totalement différente que les ouvriers spécialisés classiques dans le passé.

 

Vous avez mené pour la première fois des grèves de 24 heures. Assiste-t-on en Allemagne à une revitalisation du conflit social ?

 

Je ne voudrais pas exagérer. Nous avons en ce moment une conjoncture dynamique et un bon marché de l’emploi, qui a renforcé notre position de négociation. Et nous sommes de toute façon une équipe qui a confiance en elle ! Mais nous avons créé avec ce nouvel instrument une possibilité qui nous était très importante : un mouvement social national, homogène et graduel. Dans le passé, nous devions choisir entre les débrayages et les grèves régionales illimitées.

 

L’accord vous aide à recruter des membres ?

 

Il aide déjà massivement ! Au cours de deux derniers mois uniquement, nous avons gagné plus de 10.000 membres par rapport à l’année dernière. Grâce au volet sur le temps de travail, nous avons réussi à toucher positivement l’opinion publique.

 

Vous avez aussi obtenu des augmentations de 4,3 % pour 2018…

 

Et de plus de 7 % pour les 27 prochains mois. C’est plus que par le passé et ça montre à quel point notre secteur se porte bien.

 

Un  nouveau syndicat de droite essaye de faire concurrence à l’IG Metall. Est-ce que ça vous inquiète ?

 

Pour le moment non. Nous devons surveiller la manière dont ce genre de réseaux continue à s’ancrer. Mais on doit se demander de manière générale : comment aborder les raisons du succès de l’extrême droite ? Comment la politique peut-elle répondre aux craintes des employés et résoudre la tension entre le changement nécessaire, d’une part, et la sécurité d’autre part, pour que les gens ne se replient pas sur eux-mêmes.

 

Sinon ils suivent la devise « pas de changement, on ferme les portes aux étrangers ». C’est un défi pour nous, mais aussi pour le gouvernement.

 
Thibaut Madelin
 
Correspondant à Berlin

En savoir plus sur 

https://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/0301424724013-opel-lavertissement-dig-metall-a-tavares-2160362.php#4hpXOYgbYtjcDLEU.99

Il Manifesto : Le grand perdant est le mythe pro-européen

Il Manifesto : Le grand perdant est le mythe pro-européen

 

12 Mars 2018
Voici en italie une voix qui en appelle la gauche à reconsidérer son idéologie européaniste, cet appel à un idéal religieux, pendant que s’accomplissait en son nom le massacre de la majorité de  la population
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)

EDITION DU

PUBLIÉ

 

A tous ceux qui font des analyses très compliquées et politiciennes, qui croient qu’un certain parti a perdu des votes pour un mauvais mot à la télé, pour un mauvais point dans le programme, pour ce candidat indigeste, etc., il faut se rappeler une simple vérité: la masse de l’électorat s’oriente et pense d’une manière beaucoup plus simple. Si la « gauche » est devenue indigeste et inaudible aux yeux des électeurs, cela aura des répercussions dans les rayons concentriques, de Renzi à Grasso et encore plus à gauche.

 

Les distinctions que font les enthousiastes politiques, en coupant les cheveux en quatre, n’ont aucune valeur et ne sont pas intelligibles à l’électeur commun. Il s’agit de comprendre pourquoi il y a eu un rejet aussi large et sans doute définitif de ce qui a été considéré comme « gauche » au cours des dernières décennies. Un phénomène qui ne surprend pas, et qui vient de loin, d’une inversion des rôles et de la représentation des classes et des modes de vie, corroborées  par toutes les analyses du vote de ces dernières années, qui ont témoigné du contraste entre les centres urbains et  les gens des banlieues qui ont exprimé un besoin de rébellion et de protection.

 

Ce n’est pas qu’il a manqué un choix  d’offres de gauche possibles, même très variées, même si de mauvaise qualité: à ce stade la question de gauche, disons, est tout entière posée. Toute la gauche (modérée, radicale, antagoniste) était perçue et jugée par l’électorat comme faisant partie intégrante d’un système à changer.

 

Nous assistons également en Italie à la noyade de la gauche libérale qui a longtemps été hégémonique avec sa vision du monde. La  soi-disant « gauche radicale » n’avait été que l’aile extrême de cette idéologie largement répandue, très sensible aux questions de droits civils et de batailles « humanitaires », en fait inerte sur le terrain des droits sociaux.

 

Et aussi complice de la construction du mythe européen, qui est en toile de fond le grand perdant de cette consultation. Partie intégrante de l’establishment européiste du Parti Démocrate, les critiques de la gauche sont très souvent marqué par le refus de « plus d’Europe ».

 

Non seulement l’euro et les règles auxquelles nous sommes confrontés, mais aussi une idéologie globale puissante et omniprésente, un front politique et culturel vaste, convaincu que « plus d’Europe » est la solution aux problèmes que l’Europe elle-même a imposé aux masses. Il faudrait un travail de longue haleine pour  démystifier – comme nous l’habitude de dire – les résultats d’une hégémonie construite sur  plusieurs dizaines d’années avec  l’utilisation massive des ressources culturelles, des médias, économiques, mais reposant sur des bases historiques et théoriques fragiles, comme le montre ce document embarrassant qui est entré dans l’histoire comme un « manifeste de Ventotene ».

 

Le problème de l’européanisme de gauche est que ce n’est plus seulement une idéologie substitutive du XIXe siècle qui s’est effondrée en 1989 et elle n’est plus seulement une « religion civile » imposée aux sujets par l’establishment. Mais maintenant c’est la vraie religion, avec ses dogmes, ses actes de foi aveugle et absolue, la croyance quia absurdum (je pense que c’est absurde) et aussi une dose massive de sacrifice humain. Au moins commencer à poser le problème, en discuter ouvertement et d’une manière laïque  à  gauche, sera certainement positif (il le faut ).

 

Sans repenser tout, il sera impossible de recommencer. Je ne l’ ai pas de grandes illusions, la République continuera à s’extasier sur le populisme et « souverainisme », la gauche continuera à traiter les masses de  fascistes et racistes qui expriment l’inconfort pour leurs conditions de vie, continuera à débattre des  « obsessions SÉCURITAIRE » et imaginera que  ce « multiculturalisme » est un dîner de gala sans déchirure et drame. La défense de l’intérêt national sera laissée à la droite, et même l’exercice de la souveraineté constitutionnelle pour laquelle nous avons voté le 4 décembre 2016.

 

« Nous ne sommes pas intéressés par la souveraineté nationale, nous sommes internationalistes », affirme le chef d’une liste électorale qui a pris 1,1%. On se demande depuis quand  cette position, qui ignore même le sens des mots, et qu’il serait impossible d’expliquer aux Cubains, aux Vietnamiens, mais aussi aux Kurdes et à tout autre peuple, est devenue monnaie courante dans la gauche italienne.

 

Au lieu d’évoquer le peuple, nous devrions au moins commencer à nous parler. Lorsque vous déciderez de le faire, il ne sera jamais trop tard.

 

Commentaire de B.T : Voilà un propos applicable à la lettre à notre exagone.

 

 

L’EUROPE, l’avancée de l’extrême-droite, mais aussi le suicide des communistes

L’EUROPE, l’avancée de l’extrême-droite, mais aussi le suicide des communistes

 

06 Mars 2018
 

Aucun texte alternatif disponible.

 

Il est facile de dénoncer l’extrême-droite sans faire le bilan de ce qui l’engendre, d’avoir une fois de plus un réflexe de la « gauche morale » qui continue à appuyer ce qui crée l’extrême droite comme ultime solution d’un capital qu’elle n’a jamais combattu. Et si on inversait le constat : si c’était la politique de l’UE en faveur des monopoles financiarisés et leur bellicisme qui avait  besoin de l’extrême-droite, que serait un parti communiste qui aurait prétendu combattre l’extrême-droite d’un point de vue moral sans s’attaquer à la racine du mal ? 

 

Nous sommes à la veille des élections européennes, ces cartes sont partiellement inexactes en effet sur celle de 2017, il reste l’espagne et le Portugal qui ne sont pas envahies par le vote d’extrême-droite. C’est faux pour l’Espagne, en effet le PPE, parti considéré comme de droite est en fait un parti dans lequel la droite a été annexée par le franquisme, le fascisme qui en Espagne est toujours au pouvoir, non seulement en tant que parti, mais dans toutes les institutions y compris dans la presse où même le quotidien équivalent du monde, El Païs est dans les mains de franquistes apparement repentis, en fait menant l’assaut par exemple contre tous les aspects progressistes de l’Amérique latine. Ce qui a permis ce tour de passe passe, c’est le compromis de 1978 signé non seulement par Le Parti socialiste, mais surtout par l’eurocommuniste santiago Carillo. Ce compromis acceptait la monarchie, la solution prévue par Franco et l’amnistie pour les crimes du franquisme, en revanche les Basques qui avaient combattu le fascisme n’étaient pas amnistiés parce que « nationalistes », comme tous ceux qui n’acceptaient pas une nation fondée sur la reconnaissance de la monarchie et l’abolition de la République, le choix de Franco qui renouvelait le putsch de 1936 contre le République espagnole. pendant un temps, celui de la spéculation immobilière dans le cadre de l’Europe, le PS a pu bénéficier de ce reniement, se partager le pouvoir avec le PPE franquiste, tandis que le parti communiste payait l’addition et perdait en influence.

 

Donc il n’y a effectivement guère que le Portugal qui aujourd’hui n’est pas envahi par le vote d’extrême-droite. Est-ce un hasard si c’est un des rares pays où le parti communiste n’a jamais cédé aux sirènes de l’Eurocommunisme, s’est montré suffisamment ferme pour ne jamais trahir son passé, son histoire et celle du mouvement communiste international, sans pour autant donner dans le sectarisme.

 

Le Portugal comme son voisin espagnol a été mise à mal par la droite conservatrice elle aussi issue de Salazar le dictateur, mais avec laquelle le parti communiste n’a jamais pactisé. la même politique a engendré les mêmes désastres et le parti communiste portugais s’est renforcé dans les combats contre cette politique et a tendu vers une issue. Aujourd’hui, le parti communiste portugais a choisi une alliance sans concession avec le parti socialiste, une alliance qui a mené une politique a contrario des diktats européens et qui a des résultats. Une alliance mais aussi un combat contre la manière dont le PS a tendance à céder aux diktats européens, qu’il s’agisse d’une politique d’austérité alors que le parti communiste portugais estime que les mesures prises ont simplement rattrapés une partie des conséquences de la politique de la droite voulue par l’Europe. De même, le parti communiste portugais s’oppose à la pression de l’OTAN qui exige des dépenses militaires supplémentaires. Comme le parti communiste portugais n’a jamais cédé sur l’internationalisme, dénoncé ce qui se passait en Afrique, au Moyen orient, comme en Ukraine, les pseudis ingérences humanitaires, il lui est plus facile de s’opposer aux demandes de l’OTAN.

 

C’est une politique très difficile à mener dans l’Europe telle qu’elle est, alors que tout va a contrario, mais les communistes portugais sont conscients des difficultés et ils ne voient qu’une solution: bien coller à ce que vivent la classe ouvrière, les couches populaires, la jeunesse… leur atout avoir tout assumé et n’avoir jamais levé le pied, sans sectarisme…

 

Quand on regarde cette carte, il est aisé de suivre non seulement les avancées de l’extrême-droite mais aussi la manière dont celle-ci a accompagné les défaites ou démissions des partis communistes.

 

Par parenthèse, il est facile de désigner comme de l’extrême-droite des mouvements auxquels se rallie l’éléctorat quand il n’en peut plus de la gauche « morale » qui accepte de voir crever les gens et quand les partis communistes acceptent d’être des doublons de cette « gauche morale » qui n’est plus que la fatuité des petits bourgeois.

 

Par exemple quand on voit le cas de l’Italie, le triomphe du mouvement cinq étoiles, il correspond clairement à la disparition (toujours l’eurocommunisme) du parti communiste, à la manière dont il a été remplacé par des gens qui ont choisi l’austérité européenne comme suivre les errances de l’OTAN. et sa force c’est d’avoir su capter les aspirations les plus contradictoires sur les ruines d’une véritable représentation de ceux que gagne la colère.

 

Le Parti communiste Français n’a pas tout à fait connu le sort des autres eurocommunistes, parce que Georges Marchais face à la politique d’austérité de François Mitterrand a choisi de quitter le gouvernement non sans subir d’énormes pertes et des divisions internes largement provoquées y compris par les dirigeants des partis de l’eurocommunisme. Mais à partir de Robert Hue, tout a été fait pour accélérer sa décomposition interne et pour s’aligner sur les démissions de l’eurocommunisme en se plaçant dans le sillage du PS.

 

Quand comme tous les partis sociaux démocrates, celui-ci a été de plus en plus déconsidéré et que sur les ruines du mitterrandisme il a surgi une autre expression de la social démocratie, ce sont les dirigeants du parti communiste qui l’ont mis en selle, celui-ci a adopté un langage plus anti-europe et austérité et moins pro-otan que les dirigeants du parti communiste. dans le même temps où l’extrême-droite récupérait en particulier dans le nord de la France, la colère contre la politique européenne.

 

Si le parti communiste français n’a pas été totalement détruit comme le parti communiste italien, si malgré la pression d’un Pierre Laurent il n’a pas abandonné jusqu’à son nom, il le doit à la résistance de ses militants et de ses élus. les dirigeants du PCF, faute de pouvoir imposer un tel changement de nom, ont tout fait non seulement pour que celui-ci soit effacé derrière les différents avatars de la social démocratie, pour que soit renié, culpabilisé le passé des communistes, ils ont pratiqué la censure, l’exclusion de ceux qui protestaient, ceux qui voulaient tant au plan international qu'à celui de l’Europe résister, ils ont tout fait pour que ce parti devienne une coquille vide.

 

Est-ce que nous allons continuer comme ça ou prendre conscience de la nature du combat que nous devons mener en tant que commmunistes, pouvons-nous le faire sans un bilan stratégique, sans dénoncer ceux qui nous ont conduit là et qui n’ont pas changé d’une iota. est-ce que les efforts que nous déployons pour lutter contre la politique de Macron vont être annulés par les mêmes? par le refus de mener le Congrès extraordinaire dont nous avons besoin.

 

danielle Bleitrach

Toujours dans le cadre de ce qu’on veut faire avaler aux communistes, Tsipras serait de gauche

Toujours dans le cadre de ce qu’on veut faire avaler aux communistes, Tsipras serait de gauche

 

05 Mars 2018

L’image contient peut-être : texte

Les sociaux démocrates allemand en route pour une grande coalition avec Merkel

 

Voici le télégramme de félicitation que Tsipras envoie aux sociaux démocrates qui ont accepté de participer à la politique dont nous avons vu hier qu’elle avait entraîné une paupérisation énorme dans le pays.

 

Un taux de pauvreté de 15,7% soit 12, 9 millions de pauvres pour le pays dont la classe capitaliste a le mieux profité de l’UE. Aux dernières élections la droite et le SPD ont pris une râclée et l’extrême-droite est désormais la deuxième force du pays. Face à cela une grande partie du SPD, les jeunes en particulier ont dénoncé l’accord, donc on voit ce que signifie cet accord, ceux qui l’ont signé sont décidé à infliger au peuple allemand, à ses nouveaux pauvres, une politique dont il ne veut plus. L’extrême-droite joue son rôle, ne pas dénoncer le capital mais les « réfugiés ». Il est clair que le SPD a choisi de se « macroniser » et que cela va accélérer la défaite de toute gauche dans ce contexte.

 

Ce dimanche il a été décidé que  les membres du parti SPD diraient  oui à GroKo à 66%.. Mais cet accord ne peut cacher le fait que dans la plupart des pays européens, les sociaux-démocrates impliqués dans la même politique ont perdu une grande part de leur électorat et ont été évincés du gouvernement. En Allemagne, le SPD a connu son pire résultat de l’après-guerre lors des dernières élections générales. En France, aux Pays-Bas, en Pologne, en Hongrie et en République tchèque, les sociaux-démocrates sont en déroute, en Autriche, ils viennent d’être rejetés. Dans les 28 pays de l’UE, il n’y a que six gouvernements sociaux-démocrates: Malte, la Suède, le Portugal, la Roumanie, l’Italie . Italie où les élections ont témoigné de phénomènes semblables à l’Allemagne et où a été rejeté la social democratie. On assitre également à la montée des courants xénophobes, à la manière dont ils sont encouragés pour ne pas mettre en cause le rôle du capital. La social démocratie sera chassé du pouvoir à moins qu’il n’y ait entente avec Berlusconi ou le mouvement des 5 étoiles, ce qui ressemblerait au compromis allemand. Qui ne risque guère d’enrayer leur chute. Le seul point positif pour les sociaux démocrates  se trouve au Royaume-Uni. Le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn a réussi à amener les conservateurs au bord de la défaite lors des élections législatives anticipées en juin dernier.

 

Et Tsipras se réjouit de la position du SPD il est content que la troika lui impose encore plus de « réformes » comme la baisse des retraites ou la remise en cause du droit de grève.

 

C’est de ce naufrage général et de cette trahison des peuples dont se réjouit Tsipras.qui à l’orgine s’est présenté comme un « renouveau du communisme »

 

Comme le dit Gilles Gourlot :


Mais y’en a un qui trouve toujours le moyen de se réjouir…


Le masochisme de ce gars est sans limite…

 

On peut espérer que les communistes français  auront à coeur de ne pas se mêler à ce marigot. Cela serait parfaitement contradictoire avec la politique qu’ils ont choisi d’entrer dans les luttes qui partout se dessinent contre la politique de Macron, en particulier le rendez-vous du 22 mars.

 

Rapport OXFAM : 90% des nouveaux milliardaires sont … des hommes

Rapport OXFAM : 90% des nouveaux milliardaires sont … des hommes

 

26 Février 2018

Sur 10 nouveaux milliardaires, 9 sont des hommes indique l'ONG britannique Oxfam dans son rapport intitulé "Récompenser le travail, pas la richesse" publié mi-janvier 2018.

 

Sur 10 nouveaux milliardaires, 9 sont des hommes indique l’ONG britannique Oxfam dans son rapport intitulé « Récompenser le travail, pas la richesse » publié mi-janvier 2018. Il est à noter que si il y a des pauvres un peu moins pauvres, ces statistiques sont dues essentiellement au poids numérique de la Chine. Quand un quart de l’humanité bouge cela n’est pas sans effet sur des statistiques globales mais cela peut donc recouvrir par ailleurs une aggravation de la pauvreté. ce constat difficilement niable a une certaine importance parce que cela prouverait que du côté de la Chine ce que l’on présente comme le retour du capitalisme connait un développement contradictoire avec celui du reste du monde. En ce qui concerne les femmes, les deux premières mesures prises par le socialisme chinois ont été la réforme agraire et la fin du patriarcat, l’égalité officielle des femmes. La situation est plus contrastée ne serait que dans le rapport ville campagne, la politique de l’enfant unique a des effets contradictoires, d’un côté il y a pénurie de femmes, de l’autre cela a donné aux filles un accès nouveau à l’éducation; Nous sommes ici aussi devant un processus original.
 
(note de danielle Bleitrach)
Crédit OCDE/David Parry
Ne devient pas milliardaire qui veut, enfin surtout pour celle qui le voudrait. Selon le rapport de l’ONG britannique OXFAM, un nouveau milliardaire apparait tous les deux jours. Sur les 2 043 milliardaires recensés aujourd’hui dans le monde, neuf sur dix sont des hommes.
 
24 JAN 2018
Mise à jour 24.01.2018 à 14:36

par

Les riches sont de plus en plus riches, mais les pauvres un peu moins pauvres ? Un constat aux allures de vraie fausse bonne nouvelle en tout cas du côté des femmes, car ce sont elles que l’on trouve toujours et encore au bas de l’échelle.

 

Pour le dénoncer, l’ONG britannique OXFAM sait manier l’art des chiffres et des comparaisons. Tout aussi choquantes les unes que les autres avec pour objectif celui de nous interpeller, nous et surtout ceux qui font partie de la minorité la plus riche de la planète, celle qui se retrouve cette semaine au sommet annuel mondial économique de Davos en Suisse.

 

Dans ce rapport intitulé « Récompenser le travail, pas la richesse », on apprend que 62 personnes (53 hommes, 8 femmes) sont aussi riches que la moitié des habitants de la planète, leur fortune a augmenté de 44% depuis 2010, celle des autres a chuté de 41%.

 

Ce boom incroyable équivaut à sept fois le montant qui permettrait de mettre fin à la pauvreté extrême dans le monde. 82 % des richesses créées dans le monde en 2017 ont bénéficié aux 1 % les plus riches, alors que la situation n’a pas évolué pour les 50 % les plus pauvres.

 

L’enquête publiée quelques jours avant la tenue du World Economic Forum (WEF), l’ONG nous explique qu’il ne faut que quatre jours au PDG de l’une des cinq premières marques mondiales de textile pour empocher ce qu’une ouvrière du secteur au Bangladesh mettra une vie entière à gagner.

 

L’extrême richesse des 1% résulte du travail des 99 % . La croissance doit être partagée avec celles et ceux qui la créent ! Pour en savoir plus, RDV ici

http://bit.ly/2Djmu7I

« Les travailleuses et travailleurs pauvres s’échinent sur des tâches dangereuses et mal rémunérées pour alimenter l’extrême richesse d’une minorité. Les femmes occupent les postes les plus difficiles tandis que la quasi-totalité des grandes fortunes sont entre les mains d’hommes », peut-on lire.

 

The independant : Jeremy ‘Staline’ Corbyn

The independant : Jeremy ‘Staline’ Corbyn a vraiment des explications à présenter  maintenant puisqu’il est clair qu’il a donné des informations sur le petit-déjeuner de Margaret Thatcher aux espions tchèques

 

24 Février 2018

La stratégie conservatrice pour reconquérir le soutien de l’opinion  est d’essayer de convaincre les gens que le leader travailliste soutient un régime auquel il s’est toujours opposé et qui n’existe plus, ce qui, à mon avis, est admirable démontre l’article. personnellement je noterai à quel point le personnage de « Staline » mort il y a 63 et l’URSS, tombée il y a plus de vingt ans sont des épouvantails pour les conservateurs. Ils ont fait un portrait et dès qu’ils ont un ennemi ils affirment qu’il ressemble au portrait.

 

(note et traduction  de danielle Bleitrach)


Comment va-t-il se tirer d’affaire avec cette vérité indéniable et pas tout à fait inventée derrière les allégations qu’il espionnait pour la Tchécoslovaquie communiste? Getty

C’est une période passionnante pour le journalisme, car ils se sont tous jetés sur l’histoire rapportée par plusieurs journaux qu’a été la révélation que Jeremy Corbyn a donné des secrets à un espion tchèque en 1986, bien qu’il n’y ait aucune preuve. Donc, il semble enfin que ces publications soient libres d’imprimer des histoires sans se soucier de l’ancienne restriction selon laquelle il devait y avoir un soupçon qu’elles pourraient être légèrement vraies d’une certaine manière.

 

Cela signifie que je peux révéler Corbyn a également donné des secrets à Napoléon, et lui a envoyé des photos de sa  bite pour entretenir son moral la nuit avant la bataille de Waterloo.

 

Et il a dit à Godzilla tous les meilleurs bâtiments à  écraser quand il était député pour la circonscription du Japon. Je l’ai vu écrit au verso d’un dépliant de quelqu’un a franchi à la porte d’une entreprise qui nettoie les caniveaux. Et je suis prêt à laisser le Daily Mail pour 50 000 £, parce que je crois en une presse libre.

 

 La seule preuve que Corbyn a donnée des secrets d’Etat est le récit de l’ancien espion tchèque Jan Sarkocy, qui a dit qu’il s’était approché de Corbyn et qu’il l’avait trouvé « facile … son comportement est réservé et courtois ».
 

Cela le règle. Quiconque a rencontré quelqu’un de Tchécoslovaquie en 1986 aurait dû être anxieux et laisser tomber son pantalon en disant: «Ta mère est une putain!», si par hasard, il avait affaire à un espion. Mais c’est ce que n’a pas fait  Jeremy « Staline » Corbyn.

 

Sarkocy s’est également rendu à une réunion à laquelle Corbyn parlait, et Sarkocy « a demandé une livre pour rembourser son voyage ». Le dossier ne précise pas si Corbyn lui a donné la livre, mais le résultat le plus probable est Corbyn a déclaré: «Pour compenser le coût de votre billet de métro, je vais vous donner les coordonnées de toutes les frégates de notre marine, qui m’ont été remises ce matin par Norman Tebbit.  »

 

Sarkocy affirme que son contact lui a donné des informations telles que « ce que Thatcher avait pour le petit déjeuner, et quels vêtements elle comptait porter chaque jour ».

 

Ce n’est pas surprenant, car à l’époque Jeremy Corbyn était un député activiste de gauche peu connu qui parlait tous les jours de son mépris pour Thatcher. Naturellement, il était la seule personne à laquelle Thatcher avait confié des informations sur ce qu’elle prenait pour le petit-déjeuner et sur ce qu’elle porterait le lendemain.

 

Elle l’appelait souvent et disait: «Jeremy, les syndicats détruisent les affaires britanniques et je vais les écraser. Incidemment, j’ai eu un œuf à la coque ce matin avec une pincée de sel, et demain je porterai une jupe turquoise assortie à mon sac à main. Oh, et je ne vois pas pourquoi je devrais payer pour cet appel, alors je peux avoir une livre?  »

 

C’est également la raison pour laquelle la page de mode du quotidien communiste des travailleurs tchèques publiait  régulièrement des renseignements concernant le fait que Margaret Thatcher portait un pantalon lors d’une réunion du cabinet la veille .

 

L’intégralité des documents de la police secrète tchèque de l’époque ont été publiés, et Corbyn n’a donné aucune information, il est donc raisonnable que les membres du cabinet aient insisté sur le fait que «Corbyn a apporter des réponses aux  questions».

 

Mais comme aucun d’entre nous n’a été soumis à un tel examen, cela signifie que tout le monde a encore plus de questions à répondre. Cette semaine, un autre tabloïde pourrait révéler « June Taylor, un fleuriste de Leicester dont nous avons choisi le nom au hasard sur Facebook, aurait informé  quelqu’un de la Pologne communiste sur les jacinthes achetées par Geoffrey Howe en 1986. Nous disons: » Venez iciTaylor, vous avez des questions à répondre!  »

 

Parmi ses preuves, Sarkocy a également affirmé avoir organisé un énorme concert pop à Wembley dans les années 1980, peut-être Live Aid, bien que personne ne se souvienne de lui, et c’est ce genre de détail qui rend son témoignage d’autant plus fiable. Tout le récit est construit sur ce mode: « J’ai rencontré Jeremy Corbyn dans un pub à Camden et lui ai demandé s’il aimerait un croustillant. Au fait, mon père a inventé le fromage. J’ai la plus grande collection de zèbres au monde. Corbyn a pris le croustillant, mais quand je lui ai dit qu’il a coûté une livre, il l’a rendu. Je l’avais eu avec Nancy Reagan à l’époque. Elle aime le fromage et l’oignon.  »

 

A partir de cela, le ministre de la sécurité a annoncé que Corbyn était un traître, le comparant à Kim Philby, qui a remis des secrets militaires aux Russes. Parce que les cambrioleurs tchèques pourraient facilement dire, « Aha, de son commentaire sur le fait qu’il ne peut pas vous donner une livre, nous pouvons déduire les codes pour leurs ogives nucléaires, et que mercredi matin, Margaret Thatcher avait déjeuné une saucisse.  » 

 

Les allégations les plus ridicules à propos de Jeremy Corbyn

 

Un surcroît  de preuves que nous devrions prendre cette histoire extrêmement au sérieux est le fait que les journaux montrent que des espions ont également essayé de recruter le député travailliste Ron Brown, « mais ont abandonné car ils ne pouvaient pas comprendre son accent écossais ».

 

C’est exactement la même chose qu’un roman de John le Carré, n’est-ce pas? « Sarkocy s’est précipité à bout de souffle dans le Présidium du Politburo et a hoqueté » Camarades, Le Faucon a délivré un message. Il dit: ‘Hynggyr och nekngr ahoo le noo d’ailleurs.’ Le Christ sait ce que cela signifie.  »

Mais l’essentiel est que même s’ils l’ont inventé, Corbyn a soutenu le régime communiste, ce que vous pouvez dire par la façon dont il a présenté des motions pour défendre les personnes persécutées par ce régime, et a parlé et fait campagne contre ce régime.

 

Cela suggère que la stratégie conservatrice pour reconquérir le soutien est d’essayer de convaincre les gens que le leader travailliste soutient un régime auquel il s’est toujours opposé et qui n’existe plus.

 

Cela vaut tellement plus que d’enquêter sur des politiciens qui ont vraiment rencontré de vrais représentants de pays qui s’opposent à nos valeurs. Quand les politiciens conservateurs rencontraient des représentants de régimes qui s’opposaient à nos valeurs, comme le Chili militaire ou l’apartheid sud-africain ou l’Arabie saoudite dictatoriale, ils n’étaient jamais amicaux ou courtois, comme je suis sûr que les journaux révélaient .

 

Mais pourquoi faut-ils qu’ils soient aussi cons ? DB

Mais pourquoi faut-ils qu’ils soient aussi cons ?

 

23 Février 2018

Après avoir déclaré que certains Juifs comme certains Polonais ont également contribué à la Shoah, Mateusz Morawiecki, le premier ministre Polonais, dépose une gerbe en souvenir de soldats d’extrême-droite de la Seconde Guerre mondiale. Ce genre d’équivalence y compris en matière de chiffres tronqués pour les besoins de la « cause », est très à la mode et pas seulement chez les Polaks, mais on se dit qu’ils sont les meilleurs dans le genre…

 

Encore que les Ukrainiens… Vous me direz que tous les Polonais ne sont pas aussi méchamment cons et que quand ils sont antifascistes ils le sont bien…

 

Certes, mais quand ils en sont là on a beau se dire que c’est pour des raisons de classe, le doute vous saisit sur leur prédestination à la débilité…

 

C’est comme les tarés qui chez nous s’excitent parce que le personnage de Jeanne d’Arc est joué par une asiatique, les bras vous en tombent non seulement devant leur racisme, mais l’acharnement qu’ils mettent à bien faire comprendre à tout le monde à quel point ils ont le cerveau comme un pois chiche…

 

Alors j’offre à tous ces gens qui me désespèrent plus qu’ils m’indignent cette petite chanson, en espérant qu’il se diront que le Shtetl (bourgade juive en Pologne) c’était pas le paradis mais ils se croyaient chez eux et nombreux sont ceux qui dans le vaste monde  imaginent également être chez eux non sans raison…  Et qui le sont de fait autant que les suprématistes blancs le sont en Amérique et malheureusement dans le reste du monde sous des formes d’intervention musclées… Parce que l’ennui avec ces gens-là c’est quand on leur met une arme dans les mains… ce à quoi ils sont convaincus d’avoir droit, ça fait partie de la panoplie…

 

Espagne : nous sommes des retraités pas des terroristes, crient les retraités en bloquant le trafic devant le parlement pour exiger des « pensions dignes »

 

23 Février 2018

  • Ce qui est frappant c’est que dans toute l’Europe et même dans le monde, les mesures prises contre les travailleurs, les jeunes, les retraités provoquent une montée des mécontentements, se multiplient grèves et manifestations. Alors que nous fêtons le Manifeste du parti communiste et la manière dont l’Europe s’est embrasée en 1848, il faut bien mesurer qu’un mouvement secoue l’Europe. Quand il y a comme en Espagne des communistes, une partie de Podemos unitaire, des syndicats, le mouvement prend de la force et dépasse y compris les régionalismes, et s’empare du mécontentement face à l’Etat espagnol, à la monarchie, au fascisme jamais éradiqué. Le populisme y compris de droite comme le mouvement des cinq étoiles en Italie et dans les pays d’Europe de l’est se glisse dans l’absence des communistes, leur mise hors la loi. Plutôt Hitler que le front populaire n’est pas seulement de l’histoire. Prendre conscience de ce mouvement international fait partie de la conscience de classe en France
  • (note et traduction de Danielle Bleitrach)
  • Ils réclament l’augmentation des pensions pour rattraper la hausse des prix
  • la CCOO  et l’UGT exigent de « rompre le blocage politique du PP et de Ciudadanos »  pour changer l’actuelle législation des pensions.
Publicada 22/02/2018 a las 12:26
 

DES MILLIERS DE RETRAITES AFFRONTENT LE CORDON DE POLICE ET BLOQUENT LES PORTES DU CONGRES

Miles de pensionistas saltan el cordón policial y bloquean las puertas del Congreso

 

Ils dénoncent le fait que le gouvernement cherche à fomenter des plans de privatisation des pensions tandis que seront coupées les pensions publiques.

 

Environ un millier de retraités ont occupé ce jeudi la place des Cortes face au Parlement, en coupant la circulation dans la voie de San Jerónimo, pour réclamer des « retraites dignes » qui suivent le rythme de l’inflation et dénoncent l’actuel indice de revalorisation.

 

En se rassemblant quelques minutes avant onze heures dans une manifestations  avec la revendication visible du mécontentement face à l’augmentation de 0,25%, les manifestants ont rompu le cordon de police dans différents points pour arriver jusqu’à la porte de la chambre basse.

Une délégation des organisations à l’origine du rassemblement parmi lesquelles les syndicats CCOO et UGT, a porté un écrit au Congrès dans lequel il est réclamé de rompre le blocus politique de PP y Ciudadanos » en vue de changer l’actuelle législation des pensions.

Selon l’information à Europa Press, un porte-parole des organisateurs a réclamé l’augmentation des pensions en fonction de la hausse des prix et que les prestations générales de l’Etat inclue des fonds pour assurer le financement de la sécurité sociale.

« Nous sommes des retraités, pas des terroristes »

Regroupé sur la place des Cortes, dans la rue de San Jerónimo face au Congrès, le cordon de police prévu par la Police nationale qui encadrait avec des agents et personnel de sécurité la manifestation se sont vus débordés quand sont arrivés de la rue des centaines de manifestants qui se sont unis aux retraités rassemblés.

 Aux cris de « voleurs, voleurs » et avec les mains en l’air, les manifestants  sont arrivés jusqu’à la porte du congrès en bloquant le trafic de la rue de de San Jerónimo. Les retraités ont répondu aux tentatives de la police de bloquer leur avancée avec les cris de « Nous sommes des retraités pas des terroristes »

A la fin pour faciliter la sortie des véhicules qui étaient emprisonnés dans la rue, y compris un autobus, un membre de la sécurité du Congrès est sorti pour demander aux organisations qu’ils dégagent la place pour que les véhicules puissent sortir.

 

Cris contre Rajoy, Villalobos et Báñez 

« Qu’ils viennent, qu’ils viennent! Ils nous volent nos pensions et aussi la dépendance »  protestaient les manifestants, qui dédiaient leur protestation au ministre de l’emploi et de la sécurité sociale, Fátima Báñez, la présidente de la commission du pacte de Toledo  Celia Villalobos, ou le  président du gouvernement, Mariano Rajoy.

 

A Báñez ils reprochaient la lettre envoyée aux retraités sur l’augmentation de 0,25%, « une augmentation de merde » dénonçaient les pancartes, à Villalobos il demandaient qu’il arrête de faire la « sieste » et qu’il sorte pour discuter avec les retraités et à Rajoy,  ils s’en prenaient directement avec une photo où on le voyait avec le dictateur Franco  « Nous ne savons qui peut être surpris. Déjà nous le savions que Franco était des vôtres. »

Durant la manifestation, divers députés de Podemos, IU, En Comú Podem et En Marea se sont unis à la protestation, qui a fini par s’étendre dans toute la rue de San Jerónimo, la  Plaza de las Cortes inclue, arrivant de fait jusqu’à la Plaza de Neptuno.

 

Etait également présent le secrétaire général des socialistes du Congrès Rafael Simancas, qui a été interpellé par certains manifestants.  De  fait en différents moments s’est élevé un cri classique des manifestants « indignés »  « PSOE, PP,  la même merde! » , avec une nouvelle mention dédicacée à Ciudadanos.

 

« Beaucoup nous prenons note »
 

certains députés ont exprimé leur surprise devant l’audace de la marche, en soulignant que ni les manifestations du 15-M de la celles de la Marche de la dignité n’avaient été en mesure  ‘affronter le contrôle policier et arriver jusqu’aux abords du congrès.*

 

 

Ils faut que nous en tirions beaucoup d’enseignements. « Nos grands-parents nous ont enseigné ce qu’ils fallait faire » a dit le député Íñigo Errejón, en expliquant que « le problème fondamental des retraites n’est pas qu’il y a beaucoup de gens âgés c’est que les conditions de travail de ceux qui travaillent aujourd’hui n’aident pas à les soutenir ».

 

Mari Carmen Barrera, secrétaire de la politique sociale de UGT, un des collectifs organisateur de la manifestation a déclaré que la manifestation ne serait pas la dernière et que les prochaines manifestations convoquées pour le premier mars se dérouleraient dans tout le pays:  »  « Si le gouvernement ne recule pas, nous reviendrons jusqu’à ce qu’il cède.  » a-t-elle dit. 

Déclaration de vote du PCP sur le vote du BE sur la Syrie...

Déclaration de vote du PCP sur le vote du BE sur la Syrie

 

23 Février 2018
  • Le PCP c’est bien sûr le parti communiste portugais qui ici s’oppose dans l’assemblée portugaise à la pseudo position « humanitaire » de ceux qui n’ont pas vu tomber les balles sur les populations civiles à Mossoul quand c’était « la coalition » qui intervenait en violation du droit international sur un territoire étranger, ceux qui ont toujours appuyé l’ingérence étrangère contre la Syrie, encouragé de fait les groupes terroristes islamiques, et ne se réveillent que dans l’espoir de trouver un prétexte à intervention contre le gouvernement syrien. On ne peut qu’approuver cette mise au point et conseiller à ceux qui relaient cette propagande de guerre de savoir raison garder et de se souvenir à quel point ils ont déjà servi de masse de manœuvre y compris en Libye. Dans cette question de la paix et de la guerre comme dans celle de la lutte contre l’austérité ou le vote des crédits à l’OTAN le PCP démontre que l’alliance ne ligote pas son expression et c’est bien
  • (note et traduction de Danielle Bleitrach).

22 février 2018

 

Le PCP est solidaire des hommes, des femmes et des enfants victimes de la guerre d’agression contre la République arabe syrienne, exigeant la fin de l’agression haineuse qui a causé la mort, la destruction et la souffrance pendant sept ans.

 

C’est pourquoi nous rejetons la propagande visant le blanchiment de l’agression et de ses auteurs, ainsi que les véritables objectifs de ceux qui la font, la défendent ou la promeuvent.

 

La vraie question est de savoir qui est du côté de la paix, de la défense de la souveraineté des États et de la solution politique et pacifique des conflits, de la défense des droits; et qui, reproduisant la propagande de la guerre, se place du côté de l’agression, du mépris de la Charte des Nations Unies et de la légalité internationale, de la destruction des États souverains, de l’ingérence, de la mort et de la destruction.

 

Après avoir créé, financé et armé Daesh, divisé l’Irak et promu la guerre en Syrie, les Etats-Unis et leurs alliés – en particulier Israël, la Turquie et la France – cherchent à surmonter la défaite infligée à leurs groupes terroristes et à reprendre, maintenant par leurs propres mains, l’objectif de la fracture syrienne – tout comme ils l’ont fait en Irak et en Libye.

 

Ils comptent une fois de plus sur une opération médiatique gigantesque qui reproduit la propagande de guerre pour soutenir leurs objectifs.

 

Les titres et les textes de nouvelles sont exactement les mêmes partout dans le monde. Des reportages à sensation et des images interprétées avec les mêmes légendes et commentaires. Un « observatoire » basé à Londres utilisé comme « source incontestable » sur la situation en Syrie.

 

Tout se passe aujourd’hui comme les armes inventées de destruction massive en Irak ou en préparation pour l’assaut sur la Libye.

 

Le BE décide de surfer sur la vague médiatique et reproduit toute la propagande de guerre des États-Unis et ses alliés, avec un vote qui aurait été approuvé par Donald Trump lui-même.

 

Pas étonnant qu’ils le fassent après avoir blanchi et soutenu objectivement l’agression contre la Libye, avec toute sa mort, sa souffrance et sa destruction.

 

Le vote du BE cache complètement le fait que des groupes terroristes, tels que Jabhat al-Nusra, ont carrément refusé la possibilité de leur départ pacifique de la région de la Ghouta et continuent à bombarder les zones résidentielles de Damas.

 

Le vote de BE cache que les appels successifs au dépôt d’armes et aux tentatives de négociations de paix dans la banlieue de Damas ont été entravés par le refus des groupes terroristes de cesser leur action de mort et de destruction, prenant en otage la population.

 

Le vote de BE cache que les efforts continus pour fournir de l’aide humanitaire et des secours à la population ont été constamment et prématurément boycottés par des groupes terroristes.

 

Le vote du BE cache complètement l’action que les Etats-Unis et leurs alliés ont développée pour couvrir des groupes terroristes comme Daech et Jabhat al-Nusra, en particulier en leur permettant de poursuivre leur action terroriste sous le couvert d’un régime de cessez-le-feu imposé uniquement aux forces militaires qui les combattent.

 

Le vote d’EBO cacher complètement la tentative des États-Unis et ses alliés pour conditionner et de prévenir – de diverses manières, notamment par le biais d’une nouvelle escalade militaire – le développement du processus de négociation, en essayant d’empêcher la solution pacifique au conflit qui favorisent il y a sept ans et qu’ils ont l’intention de maintenir.

 

L’option que propose le PCP est exactement le contraire.

 

Solidarité avec la résistance de la Syrie et son peuple dans la défense de leur souveraineté et de l’intégrité territoriale de leur face intérieure une agression criminelle, le PCP ne cache pas, et donc ne ferme pas les yeux ou est complice avec les agresseurs et leur créations monstrueuses.

 

Nous exprimons notre sympathie aux victimes de la guerre d’agression contre la Syrie, nous dénonçons les objectifs de la promotion de la guerre et de la destruction de ce pays que couvre le BE, et appelons au développement de tous les efforts pour mettre fin à l’agression et réaliser une solution pacifique au conflit dans le respect de la souveraineté du peuple syrien.

 

Assemblée de la République, 22 février 2018

En Allemagne, « Bild » piégé dans sa campagne contre le SPD

En Allemagne, « Bild » piégé dans sa campagne contre le SPD

 

23 Février 2018

Le quotidien conservateur a sévèrement mis en cause la probité du Parti social-démocrate, au risque de se retrouver lui-même dans le rôle de l’arroseur arrosé. Avec ce genre de pratique, désormais coutumière de la quasi totalité de la presse et pas seulement outre-rhin, nous avons les conditions d’une pression sur l’électorat qui pour être totalement non démocratique ne reçoit aucune sanction. En Amérique latine où ce système d’une presse qui est un véritable facteur d’opposition et de manipulation de l’opinion publique, ce système est poussé jusqu’à la caricature la plus infame, mais on retrouve ici quelques traits des campagnes habituelles dont l’habituelle dénonciation de la main des Russes. Quitte à ce qu’on découvre que le manipulateur russe est une pure invention de la presse, calomniez il en restera toujours quelque chose. Sans parler des effets des rumeurs ainsi lancées sur les crétins des réseaux sociaux qui diffusent n’importe quoi.

 

(note et traduction de danielle Bleitrach)


Par THOMAS WIEDER Berlin, correspondant

Temps de lecture : 2 min
Kevin Kühnert, le président des Jusos (jeunes sociaux-démocrates),  principal pourfendeur du « contrat de coalition » signé, le 7 février, entre le SPD et les conservateurs. SEBASTIAN WILLNOW / AP

D’abord les Russes, ensuite un chien. A deux reprises en quatre jours, le quotidien conservateur allemand Bild, le plus vendu du pays, avec 1,5 million d’exemplaires par jour, a sévèrement mis en cause la probité du Parti social-démocrate (SPD), au risque de se retrouver lui-même dans le rôle de l’arroseur arrosé.

 

Tout a commencé vendredi 16 février. « Une nouvelle sale campagne au SPD », peut-on lire, ce matin-là, en « une » du tabloïd. En cause : des « e-mails explosifs » impliquant Kevin Kühnert, le président des Jusos (jeunes sociaux-démocrates), principal pourfendeur du « contrat de coalition » signé, le 7 février, entre le SPD et les conservateurs (CDU-CSU).

 

Expliquant avoir consulté ces e-mails sous forme de captures d’écran fournies par un informateur anonyme, Bild affirme que M. Kühnert a accepté l’aide d’un Russe prénommé Juri et originaire de Saint-Pétersbourg afin de perturber la campagne des partisans du « contrat de coalition » sur les réseaux sociaux.

A quatre jours du début de la consultation des 463 723 adhérents du SPD, qui ont jusqu’au 2 mars pour dire s’ils approuvent l’entrée de leur parti au gouvernement, ces accusations sont particulièrement graves. Elles seront démenties le matin même de leur parution par le porte-parole de M. Kühnert, qui annonce aussitôt son intention de porter plainte.

 

Qui est ce mystérieux Juri ? Mercredi 21 février, le magazine satirique Titanic a révélé qu’il était le pur produit de l’imagination d’un de ses rédacteurs, tout comme les fameux e-mails. Commentaire de Titanic : « Un mail anonyme, deux ou trois coups de fil et Bild imprime ce qui correspond à son agenda. »

 

A la suite de ces révélations, Bild a réagi en rappelant qu’il avait précisé, en fin d’article, qu’il n’avait pas la « preuve » que les e-mails étaient authentiques. Mais que pèse une telle mention, enfouie à l’intérieur du journal, quand la moitié de la « une » est occupée par un titre qui n’exprime pas le moindre doute quant à la véracité des accusations qu’il profère ?

 

Mardi, une autre « une » de Bild a sérieusement agacé le SPD. On y voyait un chien, baptisé Lima, avec ce titre : « Ce chien va pouvoir participer au vote sur la “grande coalition”. » Le journal affirmait en effet avoir réussi à faire envoyer au quadrupède un bulletin de vote du SPD. Dénonçant une campagne de désinformation, le parti, qui a assuré que toutes les procédures avaient été mises en place pour éviter les tricheries, a saisi le Conseil supérieur de la presse, une instance chargée d’édicter le code de bonne conduite des médias mais dénuée de pouvoir de sanctions.

 

Guerre, dictature, démocratie : cherchez l’erreur

Le vieux combat entre les démocraties et les régimes autoritaires est de retour. Trois jours de débats à la conférence de Munich sur la sécurité ont livré ce diagnostic : l’Occident se sent assiégé, défié, déstabilisé. Et les coupables sont nommés : la Russie et la Chine, ces deux puissances « révisionnistes » qui défient l’ordre mondial libéral et sèment la dissension aux États-Unis et en Europe.” Un morceau de bravoure, cette tirade ! Publiée dans La Croix du 18 février 2018 sous la plume de François d’Alençon, elle prétend résumer la conférence internationale annuelle sur la sécurité qui s’est tenue à Munich du 16 au 18 février. Comme elle condense parfaitement la bouillie pour les chats qui tient lieu de discours officiel aux pays occidentaux, elle mérite le détour.

 

On y apprend, donc, que “le vieux combat entre les démocraties et les régimes autoritaires est de retour”. Si l’on suit notre analyste, ces pauvres démocraties tremblent comme des feuilles. C’est inquiétant, avouons-le. A croire que la peur s’installe, que des gouttes de sueur perlent au front des Européens verts de trouille. “Assiégé, défié, déstabilisé”, l’Occident va-t-il faire dans son pantalon ? Mais il a peur de quoi, au juste ? Selon les chiffres disponibles pour 2016 (dernière année où l’on a des données complètes), l’OTAN a un budget militaire de 920 milliards de dollars, soit 19 fois celui de la Russie (48 milliards). Vous alignez 19 chars d’assaut quand votre adversaire présumé n’en a qu’un, vous avez 19 missiles contre le missile unique du méchant d’en face, et vous vous sentez “assiégé, défié, déstabilisé”. Il y a un problème logique, non ? Nos vaillantes démocraties seraient-elles si vermoulues ?

 

A moins, bien sûr, que ce discours singulièrement alarmiste ne soit que poudre aux yeux. “C’est la troisième année consécutive où nous accélérons nos dépenses militaires”, déclarait fièrement le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, en juin 2017. Fermement décidée à garantir la paix mondiale, l’organisation avait annoncé en 2014 qu’elle porterait l’effort militaire de ses Etats-membres à 2% du PIB. Voilà du sérieux ! Manifestement à la veille d’une nouvelle invasion barbare, l’Occident n’est-il pas en état de légitime défense ? Si les brutes épaisses sont à nos portes, rien n’est plus naturel que de remplir les arsenaux pour “rassurer” des populations à qui on a flanqué la frousse. Ce réarmement massif fera des heureux, n’en doutons pas, du côté de ces multinationales de l’armement dont on n’imagine pas un seul instant qu’elles exercent la moindre influence sur les gouvernements.

 

A qui la faute ? On vous laisse deviner. “Les coupables sont nommés  : la Russie et la Chine, ces deux puissances « révisionnistes » qui défient l’ordre mondial libéral et sèment la dissension aux États-Unis et en Europe”, poursuit vaillamment notre analyste de La Croix. On le savait, mais c’est confirmé. Depuis toujours, la Russie est au cœur de l’Empire du mal. Cette bête féroce est capable de tout. N’a-t-elle pas réussi à faire élire un président américain en créant des comptes Facebook ? Pour des Occidentaux travaillés au corps par les médias, c’est clair : la Russie est prête à se jeter sur nous, la bave aux lèvres. Mais elle nous menace avec quoi, au juste ? D’après le cabinet IHS Markit cité par Le Point du 12 décembre 2016, Moscou a baissé son budget militaire de 51,8 à 48,4 milliards. Diantre ! On n’y comprend plus rien. Serait-ce une ruse diabolique ? Avec sa perfidie habituelle, le Kremlin aurait-il désarmé à seule fin de tromper l’ennemi ?

 

Pourtant, il n’y a aucun doute. C’est la vérité, puisqu’on vous le dit sur toutes les chaînes. Alors voilà, tout s’éclaire ! Avec 40% des dépenses militaires mondiales et 725 bases militaires à l’étranger, les USA défendent héroïquement la paix dans le monde. Avec 4 bases militaires à l’étranger et un budget militaire qui représente 1/13 de celui des USA, il est évident que la Russie prépare l’apocalypse. Si les manœuvres de l’OTAN ont lieu aux frontières occidentales de la Russie, c’est pour empêcher Moscou d’en faire autant à la frontière mexicaine. Si les USA ont 12 porte-avions, c’est pour défendre leurs frontières, tandis que l’unique porte-avions russe, c’est bien connu, mouille devant Manhattan. Si Washington utilise les terroristes en Syrie, c’est pour contribuer à la stabilité du Moyen-Orient, tandis que Moscou ne songe qu’à piller les ressources pétrolières de la région. Voilà. La messe est dite. Que notre analyste de La Croix se rassure : “l’ordre mondial libéral” cher à son cœur est bien gardé.

 

Depuis un demi-siècle, Cubains, Vietnamiens, Chiliens, Nicaraguayens, Somaliens, Soudanais, Irakiens, Afghans, Libyens, Vénézuéliens, Syriens et Yéménites se seraient volontiers passé de la générosité de l’Oncle Sam. Mais c’était plus fort que lui. Le leader du “monde libre n’a pu s’empêcher de leur faire goûter les vertus pédagogiques du napalm, de l’agent orange, des B52, des munitions à uranium appauvri, des embargos “pour la paix” et des bombardements “pour la démocratie”, sans parler des hordes d’Al-Qaida et de ses avatars lâchées comme une nuée de sauterelles pour semer le “chaos constructif” et préparer le “nouvel ordre mondial”. Il n’empêche. Au vu d’un tel feu d’artifice, deux choses sont sûres. Martyrisés par leurs “sauveurs”, ces peuples ont épuisé les charmes des “valeurs universelles” portées par l’Occident, et ils n’ont pas entrevu le début du commencement d’une “menace” russe ou chinoise.

 

Car les “puissances révisionnistes” ont un horrible défaut : elles ne se mêlent pas des affaires des autres. La Chine, pas plus que la Russie, ne cherche à s’étendre au-delà de sa sphère d’influence naturelle. Elle ne pratique pas le “regime change” à l’étranger. Vous n’avez pas envie de vivre comme les Chinois ? Aucun problème, ils n’ont pas l’intention de vous recruter. L’Empire du Milieu n’est pas prosélyte. Les Occidentaux veulent exporter la démocratie pour maximiser leurs profits, quand les Chinois veulent maximiser leurs profits pour développer leur pays. Au cours des 30 dernières années, la Chine n’a mené aucune guerre et a multiplié son PIB par 17. Dans la même période, les USA ont mené une dizaine de guerres et aggravé leur déclin. Les Chinois ont extrait 700 millions de personnes de la pauvreté, quand les USA déstabilisaient l’économie mondiale en vivant à crédit. Le résultat, c’est qu’en Chine la misère recule, tandis qu’aux USA elle progresse. Les USA sont une “démocratie”, mais elle vous pourrit la vie. La Chine est une “dictature”, mais elle vous fiche la paix. Finalement, tout n’est pas si mauvais dans le “révisionnisme” !

 

Bruno GUIGUE

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Ce qui se passe en Espagne dans les milieux de la culture

Ce qui se passe en Espagne dans les milieux de la culture

 
22 Février 2018

Ces faits se passeraient dans les ex-pays socialistes, ils n’étonneraient pas tant la fascisation de ces pays fait partie du consensus européen de la lutte contre le communisme et de la présence de l’OTAN. Mais là nous sommes en Espagne, avec la crise, le désaveu des partis  et dans le passé celui du compromis de 1978, qui a instauré la monarchie avec l’amnistie des crimes franquistes fait éclater l’unité nationale fondée sur cette tentative d’oubli  des combats républicains sous couvert de ce qu’apporterait l’UE. Mais le fascisme de franco n’a jamais été éradiqué, il est resté là, les Basques eux n’ont pas connu l’amnistie, et une nouvelle génération d’artiste crie ce refus de l’oubli. Il y a deux cas, celui d’une photographe de performance plastique radicales très connu dans les milieux de l’art contemporain et surtout celui du rappeur de Majorque qui a déclaré que le fascisme ne se guérissait que par la mort et a été accusé de terrorisme, condamné à trois ans et demi de prison.

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photo performance: presos politiquos par santiago Sierra

 

Santiago Sierra (Madrid, 1966) est un artiste important , très politique, bien connu dans le milieu dans l’art contemporain international. Depuis hier il connait un succès qui a dépassé le milieu de l’art contemporain. Il y a eu la décision de Ifema d’exiger le retrait de son intervention photographique intitulé : « prisonnier politique dans l’Espagne contemporaine, dans l’exposition de la galería Helga de Alvear en Arco, et l’acceptation pour une part de la part de la galeriste de cette acte de censure a transformé Sierra en personnage le plus recherché et cité du jour dans les journaux télévisés de la télévision publiques comme des chaînes privées. Cette censure intervient sur un fond d’attaque généralisé contre le milieu de l’art et de la culture, ce qui a fait dire à Salio : que la régression démocratique du pays est dûe au fait que l’Etat ert « pénétré par le crime organisé ».

 

Cette affaire a lieu alors qu’un rappeur vient  d’être condamné par la Cour suprême pour les crimes de glorification du terrorisme, les insultes à la Couronne et les menaces pour le contenu de ses chansons

Le rappeur majorquin Josep Miquel Arenas, connu sous le nom de Valtonyc. - EUROPA PRESS

Le rappeur majorquin Josep Miquel Arenas, connu sous le nom de Valtonyc. – EUROPA PRESS

Le rappeur Valtonyc a été condamné par la Cour suprême à trois ans et demi de prison pour le contenu de ses chansons. De l’avis de la Haute Cour Nationale et de la Cour Suprême, une partie des paroles du chanteur glorifie les crimes de  terrorisme, des insultes à la Couronne et des menaces à Jorge Campos, président de l’association Círculo Balear.

 

Des phrases de ses chansons qui violent la loi ont été mises en exergue  par la justice . C’est, comme le souligne le texte, dix chansons de l’album Residus de un poeta,  dix autres chansons sous le titre Mallorca es Ca nostra; et, enfin,  deux autres chansons qui ont été téléchargées par le rappeur sur Youtube avec le titre de Marca España  et le fascisme est guéri par la mort.

 

Le vent se lève : L’Allemagne est le pays le plus souverainiste d’Europe – Entretien avec Coralie Delaume

Le vent se lève : L’Allemagne est le pays le plus souverainiste d’Europe – Entretien avec Coralie Delaume

 

 

18 Février 2018

 

 

L’Allemagne est le pays le plus souverainiste d’Europe – Entretien avec Coralie Delaume

Coralie Delaume est essayiste, co-auteur de La fin de l’Union européenne (Michalon, 2017) et animatrice du site L’arène nue où elle aborde régulièrement les problématiques liées à l’Allemagne.

 

Commençons par le fait marquant de l’élection. La CDU réalise son pire score depuis 1949. Le SPD tombe à 20%. Comment expliquer que leur « modèle », si parfait nous dit-on, déplaise tant aux Allemands ?

 

Je ne sais pas si c’est le « modèle » qui leur déplaît, ou la crainte que celui-ci ne finisse par être détruit qui les a mobilisés. Je pense qu’il y a des deux et que c’est difficile à démêler.

 

Le « modèle » ne convient sans doute plus à l’électorat de gauche, celui qui aurait dû voter SPD. On le sait, le pays est très inégalitaire. Il compte un nombre record de travailleurs pauvres, de personnes contraintes de cumuler plusieurs emplois, de salariés – surtout des femmes – contraints au temps partiel subi, etc. Par ailleurs, l’Allemagne souffre de sous-investissement chronique en raison d’une préférence marquée pour l’austérité budgétaire, et certaines infrastructures (routes, ponts) sont en piteux état. De nombreux articles sont récemment parus dans la presse française sur ces questions et c’est une très bonne chose. Il est temps qu’on atterisse et que l’on sorte de la fascination longtemps exercée par le « modèle allemand ». Le Monde lui même a fini par se réveiller avec un papier sur « L’envers du miracle allemand » paru au lendemain du scrutin.

 

Une partie de l’électorat social-démocrate s’est donc détournée du SPD, qui gouvernait main dans la main avec la droite depuis quatre ans, et n’a absolument rien fait pour infléchir la trajectoire. Ayant appartenu à la « Grande coalition » dirigée par Angela Merkel, le parti social-démocrate n’apparaît plus comme une alternative. D’où son score piteux et son choix d’aller se refaire une santé dans l’opposition, non sans avoir pris soin de placer à la tête de son groupe au Bundestag une représentante de l’aile gauche du parti, Andrea Nahles, ce qui semble indiquer une prise de conscience quant aux raisons de l’échec.

 

Mais si les électeurs de gauche ont jugé le SPD insuffisamment à gauche, les électeurs de droite ont vraisemblablement jugé, eux aussi, le bilan de la CDU insuffisamment à droite. Eux sont satisfaits du « modèle allemand » excédentaire, austéritaire, idéal pour préserver l’épargne d’une population qui vieillit.  Ils ne veulent en aucun cas partager les fruits de la politique actuelle avec les autres pays européens, souvent jugés dispendieux. D’où une dimension « souverainiste » marquée dans le vote de droite, qu’il s’agisse du vote AfD, ou du vote FDP. Les libéraux allemands du FDP, avec lesquels Merkel va devoir négocier (ainsi qu’avec les Verts) pour former une coalition, sont en effets devenus des souverainistes ombrageux. Ils ne veulent en aucun cas que l’Europe se transforme en « union de transferts », et militent pour que les pays déficitaires soient mis au ban de la zone euro.

 

L’autre fait majeur de cette élection, c’est la percée de l’AfD qui se situe à 13%. Elle a repris un million d’électeurs à la CDU. Pourtant, l’AfD reste un parti libéral. Pourquoi cette percée dans une Allemagne fracturée par les inégalités ?

 

Pour la même raison que je viens de donner concernant le FDP : c’est un vote de droite qui juge la CDU insuffisamment à droite. Je pense d’ailleurs qu’il faut regarder le phénomène AfD et FDP avec les mêmes lunettes. Car le second est la version fréquentable et propre sur elle de la première. En Allemagne, les partis les plus souverainistes sont extrêmement libéraux. C’est une particularité logique. Elle tient à la position de pays excédentaire de la République fédérale, à sa situation de créancier des autres pays européens.

 

L’autre raison pour laquelle l’AfD a fait un très bon score est évidemment l’importance prise par la question migratoire pendant la campagne. Et pour cause ! L’Allemagne, dont le solde migratoire était négatif jusqu’en 2010, a accueilli près de trois millions et demi de personnes en cinq ans (2011-2016), dont plus d’un million sur la seule année 2015, celle de la « crise des migrants ».

 

Ces immigrés ont d’abord été des Européens, dont l’installation en Allemagne a été favorisée par le principe de la libre circulation des personnes dans le Marché unique et qui, pour les ressortissants des pays d’Europe du Sud, se sont décidés à quitter leur pays en raison du chômage. La République fédérale, qui investit peu dans son propre avenir, aime en effet à ponctionner la main d’œuvre qualifiée disponible chez ses voisins.

 

Aux flux intra-européens se sont ensuite ajoutés les « migrants », auxquels Angela Merkel a ouvert les bras sans restriction en 2015 pour des raisons ambivalentes, que le sociologue Wolfgang Streeck décrit dans Le Débat comme nées d’un désir conjoint d’expier la « crise grecque » et de fournir des travailleurs bon marché au patronat du pays : « il appartiendra aux historiens d’expliquer les mobiles qui se cachent derrière l’ouverture des frontières allemandes à la fin de l’été 2015. Il semble y a voir eu un désir de détourner l’attention du massacre du gouvernement grec Syriza inspiré par l’Allemagne et de regagner une certaine hauteur morale (…) [En même temps] l’économie allemande souffrait d’une pénurie chronique de main d’œuvre avec la crainte, au sein du patronat, que des goulets d’étranglement ne fassent monter les salaires ». Les motivations d’Angela Merkel furent donc probablement multiples. En tout état de cause, une société ne peut absorber un tel choc démographique en un temps aussi court sans en être profondément secouée.

 

Die Linke peine à dépasser la barre des 10%. Le parti est divisé entre la ligne de Sarah Wagenknecht et celle de son aile modérée. Die Linke est marginalisé par une sociale-démocratie et des Verts alignés sur la CDU, et semble dans une impasse stratégique. Comment expliquer l’échec du Front de Gauche allemand ?

 

D’abord, dans le contexte allemand, je pense que le vieillissement de la population joue un rôle. Il n’est pas illogique que le « dégagisme » d’une population âgée se traduise par un vote protestataire de droite, davantage que par un vote révolutionnaire de gauche. En plus, les Linke n’apparaissent pas forcément toujours comme une force nouvelle, puisqu’ils exercent actuellement le pouvoir en Thuringe (où il dirigent une coalition « rouge-rouge-verte »), et dans le Brandebourg (au sein d’une coalition dirigée par le SPD).

 

Ensuite, je pense que Die Linke partage les mêmes difficultés que d’autres partis de gauche en Europe. D’une part, nombre de formations de gauche « radicale » investissent la seule question sociale, ce qui ne fait souvent que les positionner à la gauche de la social-démocratie et ne suffit pas à leur conférer un vrai statut de force alternative. Leur logiciel peut apparaître comme insuffisant au regard des questions soulevées par la mondialisation. Les électeurs potentiels des « gauches alternatives » attendent probablement un discours protecteur plus global que celui – même s’il est juste – sur les inégalités. Même leur vision de l’économie – pourtant leur point fort – relève parfois plus d’une dénonciation de l’ordre établi que de la formulation de véritable propositions. Comme le dit ici Aurélien Bernier, « la gauche radicale passe trop de temps à contrecarrer [le] modèle actuel et pas assez à promouvoir le sien (…) Quel est le modèle alternatif ? Leur contre-projet est un nouveau keynésianisme mais est-ce suffisant ? Peut-on revenir à un système de régulation de la mondialisation sans passer par des nationalisations massives, ni un protectionnisme assumé ? ». Bref, il reste à Die Linke comme à d’autres (de la France insoumise à Podemos) à formuler un projet global, qui soit à la hauteur des enjeux du moment.

 

Une alliance de la CDU d’Angela Merkel avec le FDP, de retour au Parlement, semble se profiler. Est-ce que cela ne condamne pas les velléités fédéralistes d’E.Macron et toute idée de réconciliation entre l’Allemagne et les pays du Sud ? Un autre résultat aurait-il changé la donné de ce point de vue ?

 

La coalition future (si elle voit le jour) sera une coalition tripartite, avec le FDP certes, mais également avec les Verts. Elle sera difficile à former, et rien que cela contrarie les plans d’Emmanuel Macron. Tant qu’il n’y a pas de gouvernement définitif en Allemagne, on ne peut pas faire grand chose en Europe. Or ce sera long tant sont grandes les divergences de vues entre les partis concernés.

 

Pour répondre à votre question, il est évident que la présence du FDP dans la coalition va jouer à plein. Le chef de ce parti, Christian Lindner, a d’ailleurs déclaré que les projets d’union de transfert portés par le Président français étaient pour lui une « ligne rouge ». «Un budget de la zone euro – M. Macron parle de plusieurs points de PIB et cela représenterait plus de 60 milliards d’euros pour l’Allemagne – où l’argent atterrirait en France pour les dépenses publiques ou en Italie pour réparer les erreurs de Berlusconi, serait impensable pour nous et représenterait une ligne rouge», a-t-il dit en substance. Les choses pourraient même aller plus loin qu’un simple refus des propositions d’Emmanuel Macron, et l’on pourrait s’orienter vers l’expression d’une volonté de « rigidifier » la gestion actuelle de la zone euro. Lindner a en effet invité Mario Draghi à « corriger » la politique monétaire de la Banque centrale européenne, jugée elle aussi trop souple, trop généreuse. Notons que les Libéraux briguent actuellement le ministère allemand des Finances. Or celui-ci se libère puisque Wolfgang Schäuble va diriger le Bundestag.

 

Il faut ajouter que le statut de premier parti d’opposition conquis de l’AfD va contribuer à droitiser le paysage politique du pays. L’AfD est un parti anti-immigration, libéral et eurosceptique. Si son discours porte principalement, désormais, sur les questions identitaires, cette formation s’est originellement constituée autour de l’économiste Bernd Lucke, et en tant que parti anti-euro. Or la CSU bavaroise et une partie de la CDU sont furieuses de s’être laissées dépasser à droite. Elles vont se raidir, que ce soit sur les sujets identitaires ou sur la question de l’euro.

 

En Europe de l’Est, on constate une montée des discours hostiles à l’UE et à l’Allemagne. C’est le cas en Pologne, en Hongrie et en Slovaquie. Peut-on assister à des changements géopolitiques dans une zone jusque-là cantonnée à un rôle d’Hinterland allemand ?

 

Les discours hostiles à l’UE, l’eurodivergence, les tensions centrifuges, sont à l’œuvre dans tous les États membres. Ce mélange d’identitarisme et de souverainisme que l’on appelle « populisme » par commodité progresse partout, y compris chez les gagnants de l’intégration européenne comme l’Allemagne. Les Pays d’Europe centrale et orientale sont spécialement touchés, et les gouvernements polonais ou hongrois semblent plus frondeurs que la moyenne. Mais il est possible aussi que ce soit une façon pour eux de gérer une souveraineté limitée, qui l’a d’ailleurs presque toujours été. Comme vous le dites, ils forment « l’Hinterland » de la République fédérale. Leurs économies sont des bases arrières de l’espace productif allemand, et ils ne peuvent pas tout se permettre.

 

Pour autant, sans doute faut-il commencer à questionner la manière dont on ont été « réunies» les deux Europe après la chute du mur de Berlin. Quand on analyse le scrutin législatif allemand du 24 septembre et qu’on voit comment a voté l’ancienne Allemagne de l’Est (où l’AfD est désormais le second parti), quand on voit ce qui se passe dans les « pays de l’Est », on  s’interroge. Dans son livre intitulé Le second Anschluss, le sociologue italien Vladimiro Giacché qualifie « d’annexion » la manière dont l’ex-RDA a été incluse dans « la famille occidentale », et décrit un processus particulièrement brutal, tant économiquement que politiquement. Quant à Emmanuel Todd, il note dans son tout dernier livre : « le système médiatique européen s’inquiète de la montée des forces conservatrices et xénophobes en Pologne et en Hongrie, de la persistance de la corruption en Roumanie et en Bulgarie, mais il se refuse à analyser, jour après jour, le processus de destruction sociale et humaine qu’a amorcé pour ces nations l’intégration à l’Union (…). La cruelle réalité est que loin d’être de nouveaux eldorados, la Pologne, la Hongrie et les autres pays sont les lieux d’une angoisse fondamentale face à l’avenir ». Nous en sommes là.

 

Entretien réalisé par Jan Bediat

Crédits photo : Margot l’hermite

 

L’Italie face aux pires élections de son histoire

L’Italie face aux pires élections de son histoire

 

15 Février 2018
L’Italie face aux pires élections de son histoire
  
Silvio Berlusconi

Le 4 mars 2018 auront lieu les élections législatives italiennes. Alors que le pays est fracturé par de profondes divisions sociales et 20 ans de stagnation économique, le champ politique semble toujours incapable de fournir une solution à la crise profonde que traversent nos voisins méditerréanéens.

 

Qui conserve encore un minimum de mémoire historique n’aura aucun mal à reconnaître que les prochaines élections qui auront lieu le 4 mars en Italie peuvent être légitimement considérées comme les pires que le pays ait connues. Bien que victime depuis plusieurs décennies d’une dérive oligarchique, le « Belpaese » n’avait jamais vu une campagne électorale aussi fade, rustre et dépourvue de repères. Dans les talk-shows télévisés, des marées de promesses et d’âpres saillies entre les prétendants masquent une absence d’idées déconcertante, quand ce n’est pas le relatif consensus entre eux qui trouble l’observateur.

 

Les perspectives sont désolantes. Un magnat octogénaire aux multiples casseroles – tant politiques que judiciaires – s’apprête à remporter de nouveau les élections, même s’il ne pourra pas être élu au Parlement car une loi le rend inapte à se présenter directement. Silvio Berlusconi est comme un phénix : il renaît de ses cendres à chaque fois qu’il est donné pour mort. Il est allié au lepéniste Matteo Salvini (qui hier encore voulait diviser l’Italie en deux et brocardait les méridionaux), et quelques autres excroissances post-fascistes. Pourtant, ces forces n’ont jamais eu de programmes aussi divergents, ce qui provoque des tensions dans l’alliance de « centre-droit ».

 

De l’autre côté, le centre gauche est acculé. Le Parti Démocrate paie la faible clairvoyance d’un leader qui, alors qu’il n’a même pas quarante-cinq ans, est déjà grillé à cause d’une fougue et d’une insolence qui l’ont rendu insupportable aux yeux d’une grande partie des électeurs. Si Emmanuel Macron a montré un talent hors du commun pour incorporer les critiques de ses adversaires et les retourner à son avantage, Matteo Renzi a réussi à s’aliéner tout le monde. Quant aux ramifications du PD – Piu Europa, Insieme e Civica popolare –, qui constituent de petits cartels électoraux formellement indépendants, elles ne cumulent que peu de points dans les sondages.

 

Il faut prendre au sérieux les retournements d’alliance post-électoraux, qui ont permis à l’Italie, au cours des dernières années, d’obtenir une stabilité politique à coup de trahisons et de scissions dans les groupes parlementaires. (…) Ce type de scénario pourrait se produire de nouveau, quelle que soit la coalition qui parviendra à la majorité relative.

 

Le Mouvement Cinq Étoiles, de son côté, fluctue autour de 30%. Un tel résultat lui assurerait la position de premier parti italien, mais il ne serait que deuxième par rapport au centre droit coalisé et loin de la possibilité de former un gouvernement. Le mouvement se retrouve orphelin de son fondateur : la vedette comique Beppe Grillo, désormais manifestement en retrait. Celui-ci a choisi comme figure de proue Luigi Di Maio, un jeune loup de l’aile droite du mouvement qui n’a pas manqué de diluer les rares bonnes choses que proposaient naguère les « grillini ». Il reprend désormais à son compte la rhétorique sur la nécessaire austérité et la réduction des dépenses de l’État italien.

 

Le moment de vérité sera la période post-électorale. Les bookmakers parient, au cas où le centre droit n’aurait pas la majorité, sur une grande coalition entre l’octogénaire Berlusconi et Renzi – dont l’avenir semble compromis. De façon moins probable, il pourrait y avoir une alliance entre le lepéniste Salvini et Di Maio du M5S. Il faut prendre au sérieux les retournements d’alliance post-électoraux, qui ont permis à l’Italie, au cours des dernières années, d’obtenir une stabilité politique à coup de trahisons et de scissions dans les groupes parlementaires. La classe politique est notoirement habituée à se précipiter pour soutenir le vainqueur. Ce type de scénario pourrait se produire de nouveau, quelle que soit la coalition qui parviendra à la majorité relative.

 

Et à gauche ? Son absence dans le jeu politique et les scénarios post-électoraux en disent long sur l’insignifiance des héritiers d’une page glorieuse de l’histoire italienne. Jadis la plus influente du continent, la gauche italienne est quasiment inexistante. À la gauche du PD, un cartel électoral baptisé « Libres et Égaux » s’est formé, dont l’initiateur est Massimo D’Alema. Le D’Alema des privatisations, de la flexibilité du travail et des traités européens… À force de traîner les lambeaux du Parti Communiste Italien de plus en plus vers le néolibéralisme, D’Alema et les siens ont buté sur plus habile qu’eux et, marginalisés au sein du parti, ils en sont sortis en essayant de se construire une image de progressistes.

 

Cependant, leur l’horizon demeure celui d’un centre gauche traditionnel, voué à un credo néolibéral mal déguisé : tout le monde sait qu’un PD épuré de l’influence de Renzi les ferait revenir au bercail.

 

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les LeE ont choisi comme chef de file Pietro Grasso, président du Sénat, qui a un profil hyperinstitutionnel et dépourvu de la moindre veine charismatique. Ce qui s’avère néanmoins difficilement compréhensible, si ce n’est par opportunisme, c’est l’adhésion de Sinistra Italiana (Gauche Italienne) à cette coalition, menée par Nicola Fratoianni. Bien qu’elle ne soit jamais apparue comme un objet particulièrement original, Sinistra Italiana semblait avoir acté une nette distanciation à l’égard de la pratique et de la culture politique incarnée par les ex du PD. Cette incompatibilité s’est d’ailleurs constatée avec l’apparition de tensions internes qui se sont exacerbées au moment de la présentation des candidatures. On peut légitimement anticiper une nouvelle division après les élections.

 

Le tableau est complété par un attirail de phrases velléitaires, de poings levés, de radicalisme mal pavoisé, de pureté idéologique étalée aux quatre vents.

 

Que dire alors de Potere al Popolo [Pouvoir au Peuple] ? Si l’on souhaite être objectif, tout ce qu’on peut reconnaître à cette nouvelle formation est d’avoir été mise sur pied par un groupe de jeunes napolitains à qui l’on doit de louables actions de mutualisme et de luttes sociales locales. Cependant, les mérites de cette formation s’arrêtent là. Malgré l’insertion du mot peuple dans leur nom, nous sommes bien loin de la stratégie populiste qui est à la base du succès de Podemos et de La France Insoumise. La perspective demeure celle d’une simple convergence des luttes par le bas, bien que l’Italie ne connaisse aucun mouvement digne de ce nom depuis fort longtemps. L’appel aux luttes relève donc largement de l’incantation. Potere al popolo reproduit les erreurs systématiques de la gauche italienne : à chaque timide manifestation syndicale le refrain « Nous devons redémarrer de cette place » est entonné ; sans que jamais une direction ne soit définie ni le périmètre de ces rassemblements établi. Potere al popolo est marqué par la culture minoritaire, qui affleure à chaque coin de rue : le mouvement clame qu’il n’est pas important d’atteindre les 3% nécessaires pour entrer au parlement (et on en est très loin pour le moment, puisque Potere al Popolo semblerait stagner en-dessous de 1%) ; et les actions initiées restent celles des militants traditionnels, dont le nombre est désormais plutôt clairsemé, et dont les perspectives sont faiblement séduisantes pour un électorat hétérogène. Le tableau est complété par un attirail de phrases velléitaires, de poings levés, de radicalisme mal pavoisé, de pureté idéologique étalée aux quatre vents.

 

Potere al popolo en est encore à revendiquer le monopole de la « vraie gauche » à ses concurrents. Sur les réseaux sociaux, la campagne se limite souvent à expliquer que la « vraie gauche » ce n’est pas « Libere e uguali » mais Potere al popolo ». Comme si une telle lutte pour l’étiquette pouvait intéresser qui que ce soit et mobiliser les Italiens… Potere al popolo n’est pas capable de proposer un horizon alternatif et un projet global. Le mouvement est d’ailleurs désincarné et n’admet toujours pas l’importance du fait d’avoir un leader qui exerce la fonction de tribun, et l’importance des moyens de communication modernes dans l’élaboration d’une stratégie politique : Viola Carofalo n’est ni Pablo Iglesias, ni Jean-Luc Mélenchon. Au-delà des bonnes intentions donc, le langage et l’esthétique déployés rendent le mouvement incapable d’élargir sa base. Sur le thème européen, enfin, Potere al Popolo maintient une ambiguïté de fond, puisqu’ils sont bloqués par la possibilité de l’alliance en vue avec le maire de Naples De Magistris, lequel de son côté a déjà rallié Yannis Varoufakis dans la perspective des élections européennes de 2019.

 

L’Italie ne semble donc toujours pas mure pour l’apparition d’une force politique progressiste capable de coaliser des aspirations transversales et capable de vivre hors du spectre du PCI, tout en déjouant la stratégie populiste du Mouvement Cinq Etoiles, qui a réussi à articuler un certain nombre d’aspirations et qui séduit bon nombre d’électeurs issus de la gauche. Le paradoxe est que ces élections dévoilent à quel point le champ politique italien est un cadavre à la renverse, et qu’il existe donc une fenêtre d’opportunité pour élaborer un tel projet. L’Italie en a urgemment besoin.

 

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