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Politique Européenne

L'U.E. sait réparer les injustices

 

Publié le 22 Mai 2017
Et réinstaurer l'égalité devant l'impôt.
Enfin tout dépend du plaignant.
 
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Cette information tirée de  "Rupture"*  nous aide à mesurer la sagesse des magistrats de l'union.
 
Sans eux, à termes, les saigneurs du CAC à rentes auraient pu se retrouver sous les ponts.
 
Ouf !
 
Actu - Ruptures
 
 
L'actualité à travers des informations qu'on ne trouve pas si souvent ailleurs...
 
 
"La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a estimé le 17 mai que la taxe de 3 % sur les dividendes des grandes entreprises instaurée en France était contraire au droit bruxellois.
 
La modeste contribution additionnelle à l’impôt sur les sociétés avait été mise en place par la loi de finances rectificative pour 2012. Il s’agissait pour Bercy de compenser l’annulation d’un autre prélèvement déjà censuré par la CJUE.
 
L’Association française des entreprises privées (Afep) et une vingtaine de grands groupes français – dont Danone, Total, LVMH, Vivendi et Sanofi – avaient saisi la justice européenne pour contester cette taxe sur les dividendes distribués. Les géants du CAC 40 arguaient que les bénéfices de leurs filiales étrangères se trouvaient taxés deux fois : une première dans le pays d’origine, une seconde lors de leur distribution sous forme de dividendes par la maison-mère. Le Conseil d’État avait transmis le recours à la CJUE en juin 2016.
 
La justice européenne vient de donner raison à l’Afep et aux multinationales, mettant en avant l’article 4 de la directive bruxelloise sur les sociétés mères et leurs filiales, qui vise précisément à empêcher une double imposition des bénéfices distribués par une filiale à sa société mère.

L’Afep « se félicite de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne, qui constitue un signe fort pour l’attractivité de la France. »

Il se trouve que l’Afep a rédigé récemment avec le Medef, le Groupe des fédérations industrielles (GFI) et le Cercle de l’industrie (lobby patronal auprès des institutions européennes créé par Dominique Strauss-Kahn) une lettre pour encourager Emmanuel Macron à aller plus loin en matière d’intégration européenne – un conseil qui semble superflu tant est grand le zèle du nouveau président dans le domaine.
 
On comprend aisément l’attachement au projet européen des lobbies patronaux. Le jugement récent de la CJUE l’illustre à merveille. Dans un communiqué, l’Afep « se félicite de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne, qui constitue un signe fort pour l’attractivité de la France. » Les pleurnicheries patronales trouvent toujours une oreille compréhensive à Bruxelles.
 
La timide taxe rapportait chaque année deux milliards d’euros à l’État. L’Afep et les grands groupes français ne comptent pas se contenter de son annulation, ils veulent contraindre le ministère des Finances à rembourser aux entreprises concernées quatre milliards d’euros « indûment » perçus.
 
Avec Emmanuel Macron à l’Élysée, Édouard Philippe à Matignon et Bruno Le Maire à Bercy, il semble très peu probable que l’État s’oppose aux injonctions de la justice européenne. Par conséquent, on peut s’attendre à une confirmation française de l’illégalité du prélèvement. Il reviendra au gouvernement de soigner sa « com’ » pour faire passer la pilule auprès des Français. Peut-être plus compliqué : il s’agira aussi de se montrer inventif pour combler le manque à gagner fiscal…"
 
Médiapart nous apprend que la fraude annuelle des détournements opérés depuis Malte (qui préside actuellement le conseil de l'UE) coûte environ 2 milliards d'€ aux contribuables. une enquête à rebondissement nommée Mala Files :
 
Grâce au tableur des Malta Files, les journalistes de l’EIC ont pu décortiquer la liste des 77 818 personnes et entreprises qui sont directrices ou actionnaires de sociétés maltaises, dont 1 291 citoyens français. Sans compter ceux qui se cachent derrière des prête-noms.
 
Le fisc Français et les services chargés de réprimer la délinquance financière vont-ils mettre sous les projecteurs l'articulation entre celles des sociétés pleureuses de Bruxelles et celles fraudeuses de Malte ? Et pourquoi pas revenir sur les enquêtes précédentes qui de l'Irlande au Luxembourg ou au Pays Bas en passant par le Panama et autres paradis fiscaux éclaireraient les pratiques "exotiques" de tout ce petit monde.
 
* si vous ne connaissez pas Ruptures, allez vite y jeter un oeil : des info sur les stratégie des groupes économiques et politiques au sein de l'UE, des arguments solides pour contester la tyrannie des marchés structurer depuis Bruxelles, le rôle du capital à base allemande et son relais politique à Berlin au sein  de cette UE 
 
Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par El Diablo

Non à l'OTAN - Non à la guerre – MANIFESTATION – BRUXELLES les 24 et 25 mai 2017

Non à l'OTAN - Non à la guerre – MANIFESTATION – BRUXELLES les 24 et 25 mai 2017

Non à l'OTAN - Non à la guerre

Tous à Bruxelles les 24 et 25 mai 2017

Les 25 et 26 mai 2017, un sommet de l'OTAN se tiendra à Bruxelles pour l'inauguration de son nouveau siège. Ce sera la première visite en Europe de D. Trump depuis son élection.

Un collectif international regroupant plus de 500 organisations venant de plus de 50 pays (chiffres provisoires, en augmentation continue) organisera à cette occasion :

-Le 24 mai : une grande manifestation dans Bruxelles pour la « bienvenue » à M. Trump et pour demander la dissolution de l'OTAN.

-Le 25 mai: un contre-sommet dans des locaux dans le centre de Bruxelles avec débats, ateliers, projection de vidéos, témoignages, ...

Autocar depuis Paris:

Un autocar affrété par la CGT partira de la place de la République à Paris le 24 mai à 11h environ pour la manifestation de Bruxelles, retour le soir même avant minuit (avant le dernier métro !)

Participation aux frais : 50 euros

Si vous êtes intéressé(e)s, dites-le nous très vite, dans la mesure des places disponibles selon la formule habituelle :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Nous devons exiger :

- que la France sorte complètement de l'OTAN, qui devra être dissoute ensuite,

- que l'OTAN cesse de nous désigner nos ennemis,

- que la France développe des relations « courtoises », sans vouloir les humilier, avec tous les pays, au-delà des désaccords qui pourraient exister (Russie et Chine par exemple)

- que la France participe à la Conférence des Nations Unies pour un traité d'interdiction des armes nucléaires en juin 2017 prochain,

- une véritable sécurité des peuples du monde entier, sans recours à un bouclier anti-missiles par essence agressif, par des partenariats mutuellement profitables,

- un arrêt de l'escalade des budgets d'armement,

- un traité sur le commerce des armes incluant un embargo dans les régions en guerre.

Seule une mobilisation de tous les peuples du monde nous permettra de l'obtenir.

Pour plus de détails :
www.stopnato2017.org
www.otan-non.org

SOURCE :

 

Démosphère Paris/IdF : agenda alternatif de la région parisienne

 

https://paris.demosphere.eu

Publié par El Diablo

GRÈCE: le Parlement adopte les NOUVELLES MESURES D’AUSTÉRITÉ sur fond de manifestations et de grève générale

source : ruptures-presse

source : ruptures-presse

Le Parlement grec a adopté le soir du 18 mailes nouvelles mesures d’austérité exigées par les créanciers d’Athènes – UE, FMI et MES – en contrepartie du versement d’une nouvelle tranche de prêts. Un apport urgent car la Grèce doit rembourser 7 milliards d’euros en juillet (cf. la dernière édition de Ruptures).

C’est à une faible majorité que la coalition gouvernementale dirigée par Alexis Tsipras a approuvé ce plan de rigueur supplémentaire (assorti de quelques maigres compensations pour les plus vulnérables) : sur 281 députés présents (la Vouli – le Parlement grec – en compte 300 au total), 153 ont voté pour (les élus Syriza et ceux de son allié, le petit parti souverainiste ANEL) et 128 contre.

L’aide financière doit encore être validée par l’Eurogroupe – composé des ministres des Finances de la zone euro –, qui se réunit le 22 mai. La question de l’allègement de la colossale dette publique de la Grèce (179 % du PIB) reste sur la table, le FMI conditionnant sa participation au plan de renflouement à celui-ci tandis que Berlin reste extrêmement réticent face à une telle perspective.

Grève générale de 24 heures

Le 17 mai, la Grèce a connu une grève générale de 24 heures dans les secteurs public et privé. L’appel visait à protester contre le vote des nouvelles mesures d’austérité. Selon la police, 12 000 personnes ont manifesté à Athènes, 6 000 à Thessalonique. Dans la capitale, les troupes du syndicat PAME, proche du Parti communiste grec, étaient majoritaires (8 000 personnes).

Adedy, le syndicat de la fonction publique, et la centrale du privé GSEE avaient également appelé à la grève générale. Les jeunes étaient fortement représentés parmi les manifestants ; le taux de chômage des moins de 25 ans est proche de 48 % (il est d’environ 23 % pour l’ensemble de la population active).

Le 18 mai, jour du vote, 12 000 manifestants se sont de nouveau réunis devant le Parlement ; le PAME était encore fortement mobilisé. Des centaines de retraités avaient également protesté sous la pluie dans l’après-midi, inquiets quant aux nouvelles attaques contre la sécurité sociale.

Alexis Tsipras s’était empressé de féliciter Emmanuel Macron pour son élection, parlant à propos de celle-ci d’ « une inspiration pour la France et l’Europe ». Le nouveau président devrait lui rendre la pareille en célébrant la capacité du Premier ministre grec à « tenir bon face à la rue » (forcément archaïque et populiste).

SOURCE :

Le Parlement grec adopte les nouvelles mesures d'austérité sur fond de manifestations et de grève générale - Ruptures

 

https://ruptures-presse.fr/actu/grece-parlement-adopte-mesures-austerite-syriza-

Publié par El Diablo

Un « modèle » pour MACRON ? 13 millions de nouveaux PAUVRES en ALLEMAGNE

 

Le FMI alerte sur la hausse du risque de pauvreté en Allemagne

Selon le Fonds, qui prône une « croissance inclusive », Berlin dispose de marges de manœuvre financières pour agir en faveur des travailleurs pauvres.

A qui profite l’insolente prospérité allemande ? Comment doivent se répartir les fruits de la croissance d’un pays dont la plupart des indicateurs économiques sont au vert ?

Septembre 2016: 13 millions de nouveaux pauvres en Allemagne

Ces questions, actuellement âprement discutées au sein des partis politiques du pays, devraient prendre encore plus d’importance avec la publication du rapport annuel du Fonds monétaire international (FMI), lundi 15 mai. Ce dernier s’inquiète de la « lente augmentation générale du risque de pauvreté » outre-Rhin en dépit d’une solide croissance et d’un taux de chômage historiquement faible.

« Malgré un filet de sécurité sociale bien développé et une forte progression de l’emploi, le risque de pauvreté relative [en Allemagne] demande une attention continue », écrit le FMI au neuvième point de son rapport.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Le FMI alerte sur la hausse du risque de pauvreté en Allemagne - Planetes360

Le FMI alerte sur la hausse du risque de pauvreté en Allemagne - Planetes360

Selon le Fonds, qui prône une " croissance inclusive ", Berlin dispose de marges de manœuvre financières pour agir en faveur des travailleurs pauvres. A qui profite l'insolente prospérité alle...

 

https://planetes360.fr/fmi-alerte-hausse-risque-de

6 mai 2017

Pendant que les communistes polonais sont condamnés à la prison pour des écrits politiques, les fascistes polonais défilent sous la protection de la police

 

 

Sur France Inter le 2 mai 2017

 

Vincent Giret nous emmène ce soir à Varsovie et à Budapest, où deux manifestations opposées viennent de se dérouler.

 

J’avais vu passer ce week-end sur twitter, un message d’un confrère évoquant une manifestation fasciste à Varsovie. J’ai, un temps, je l’avoue, cru à une exagération, voire une intox. Et puis, je suis allé voir sur le site de Gazeta Wyborcza, le quotidien polonais de grande qualité, créé et toujours dirigé par l’ancien dissident Adam Michnik, et là, je l’avoue, ma stupéfaction a été totale : on y voit sur une vidéo que ce samedi 29 avril, en plein cœur de Varsovie, dans ce quartier du centre historique reconstruit dans une ferveur populaire exceptionnelle au lendemain de la Second Guerre, paradaient 500, un millier peut-être, hommes et femmes, le crâne souvent bien rasé, tous vêtus de noir de la tête au pied et strictement alignés, comme le serait une armée au garde à vous, agitant le drapeau vert et blanc d’un parti authentiquement néo-fasciste, appelé Renaissance Nationale de la Pologne. On y entend son leader éructer et le chœur de ses partisans reprendre des slogans haineux qui provoquent la stupeur des passants, une jeune femme sur le trottoir semble même essuyer une larme. Mais on comprend vite que non seulement cette manifestation a été autorisée, mais qu’elle est en outre fermement protégée par des rangées de CRS polonais. Ce groupuscule est en fait l’héritier politique du Camp national-radical, qui se proclamait ouvertement fasciste dans les années 30 et organisait même des pogroms anti-juifs. Bien sûr, ce parti est ultra minoritaire, mais l’image est terrible et dit surtout combien le parti populiste au pouvoir, les ultra-nationalistes du Parti Droit et Justice jouent avec le feu en attisant la haine, la xénophobie et s’attaquant depuis des mois à l’état de droit et aux grands principes démocratiques.

Vu sur le site http://wyborcza.pl que le journaliste de France Inter a consulté.

Tysiące podpisów pod petycją o delegalizację ONR

 

(Des milliers de signatures pour une pétition visant à interdire l'ONR)

Kacper Sulowski

05 maja 2017

Marsz ONR-u w Warszawie

Extraits de l'article et traduction google

Lesparticipantsde la manifestation, marchant dans les rues de Varsovie avec croix et bannièresdela phalange, ont scandé des slogans nationalistes et xénophobes : « Nous ne voulons pasl'islamici, les terroristes, les musulmans » ou « Il y aura du bâton sur le museau de gauche. » Protégé par la police  en présence de plusieurs centaines de personnes.

(Uczestnicy demonstracji, idąc ulicami Warszawy z krzyżem i sztandarami z falangą, skandowali nacjonalistyczne i ksenofobiczne hasła, m.in.: „My nie chcemy tu islamu, terrorystów, muzułmanów” czy „Znajdzie się kij na lewacki ryj”. W ochranianym przez policję marszu wzięło udział kilkaset osób.)

Les autorités polonaises non seulement regardent sans rien faire des démonstrations defascistesmais récemment encore enlevé le symbole ONR - Phalange - de la liste dessymboles reconnus du fasciste et raciste.

(A w ubiegłym tygodniu znów maszerowali ulicami Warszawy. Polskie władze nie tylko bezczynnie przyglądają się demonstracjom faszystów, ale niedawno usunęły nawet symbol ONR - falangę - z wykazu symboli uznawanych za faszystowskie i rasistowskie”.)

Au même moment, les communistes polonais n'ont plus le droit de s'exprimer.  Les membres du comité de rédaction du journalcommuniste "Brzask”   sont condamnés à la prison au terme d'une surprenante argumentation du procureur :

"Vous avez publiquement fait l’apologie d’un système politique totalitaire en tant que membre du comité de rédaction du magazine "Brzask” et dans ce cadre vous y avez publié des contenus lié directement aux idées communistes, marxistes et léninistes, publications qui sont accessibles sur le site internet www.kompol.org ce qui dans le contexte des expériences historiques est contraire aux valeurs démocratiques”

Publié par  El Diablo

Présentation du livre d’Olivier Delorme : « 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe » (par Bertrand Renouvin]

Présentation du livre d’Olivier Delorme : « 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe » (par Bertrand Renouvin]

Leurs livres ne se répètent pas : ils se complètent. Après Jacques Sapir (L’Euro contre la France, l’euro contre l’Europe, au Cerf), après Coralie Delaume et David Cayla (La fin de l’Union européenne, chez Michalon) et avant que je présente le livre de Frédéric Farah (Europe : La grande liquidation démocratique, Editions Bréal), voici les 30 bonnes raisons de quitter l’Europe(Editions H&O) exposées par Olivier Delorme, agrégé d’histoire, historien de la Grèce et des Balkans.

Résistant, Jean-Louis Bory publia en 1945 un roman écrit pendant la lutte de libération nationale et qui eut un immense succès : Mon village à l’heure allemande. Historien, lui aussi romancier, inspiré par le général de Gaulle et resté étranger au gaullisme partisan, Olivier Delorme aurait pu titrer son livre « Mon Europe à l’heure allemande » car l’Allemagne est le fil noir qui relie les trente chapitres du livre.

Bien entendu, il n’y a pas plus de « complot allemand » pour retrouver une position hégémonique en Europe qu’il n’y a de « complot américain » ourdi dans les couloirs de Washington et de Wall Street. Le jeu des acteurs se déroule pour l’essentiel dans la pleine lumière des rapports de force géopolitiques. Après 1945, les Etats-Unis sont en position dominante en Europe de l’Ouest et l’Allemagne vaincue, massivement criminelle (1), veut faire reconnaître à la fois sa respectabilité et son rôle dans la reconstruction européenne. La France, mais aussi le Vatican, jouent un rôle décisif dans cette reconstruction qui se fait contre l’Union soviétique. De l’exposé très complet et limpide d’Olivier Delorme, je retiens ici trois courtes leçons d’histoire :

L’Europe dont on nous parle – l’Ouest du continent – est le produit de la Guerre froide et elle n’a existé, jusqu’en 1990, que par la Guerre froide. Quelques dates suffisent pour établir ce point : la première bombe atomique soviétique explose le 22 août 1949 ; le coup de Prague qui a lieu le 25 février 1948 et la fin de la guerre civile en Grèce, le 16 octobre 1949, achèvent de délimiter les deux camps ; c’est le 9 mai 1950 que Robert Schumann, ministre français des Affaires étrangères, fait la fameuse Déclaration qui lance la « construction européenne ».

Cette Europe de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), du Marché commun puis de la Communauté Economique européenne a la particularité de ne pas être européenne : elle ne se produit pas elle-même, ce sont les Etats-Unis qui lui accordent leurs crédits (le plan Marshall) et qui exigent en avril 1948 la création de l’Organisation économique de coopération européenne (OECE devenue OCDE). Comme les Etats-Unis ont imposé le dollar comme monnaie internationale et déployé leurs forces armées sur le sol européen, leur voix est évidemment prépondérante !

Durement éprouvée par l’Occupation et les combats de la Libération, embourbée en Indochine et sans capacités atomiques, la France peut d’autant moins contester la politique européenne des Etats-Unis que son personnel politique est largement convaincu que les nations doivent être dépassées dans « l’Europe ». Ce dépassement qui est présenté comme une loi de l’histoire se résume à un tour de passe-passe : alors que l’Allemagne n’est pas encore une nation puisqu’elle n’a connu dans sa brève existence que la forme impériale à l’exception des quatorze années de la République de Weimar, on proclame que toutes les nations sont belliqueuses par essence et on réclame leur fusion dans l’Europe supranationale. Ce qui permet d’ailleurs de noyer la culpabilité allemande dans le flot des condamnations des nationalismes-fauteurs-de-guerre.

Cette thématique du dépassement s’est inscrite dans une idéologie douce, fade au regard des idéologies totalitaires, mais qui donne encore un semblant d’esprit aux classes dirigeantes : il s’agit du démocratisme chrétien, incarné par Robert Schuman, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer qui opèrent sous impulsion vaticane. De ces trois « pères fondateurs », le français fut assurément le pire. On a trop oublié que Robert Schuman, député mosellan entre les deux guerres, défenseur du patronat, admirateur de Salazar et de Franco, avait voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain avant de s’abstenir scrupuleusement de toute activité résistante. Frappé d’une peine d’indignité nationale dont le Général eut la faiblesse de le faire relever, mais encouragé par Pie XII et le patronat, ce familier de l’American Commitee for United Europe s’ingénia à bâtir une Europe qui n’a cessé de contredire l’ambition catholique d’universalité, de justice et de paix puisque la reddition progressive à l’ultra-concurrence coïncide avec l’extension de la guerre de tous contre tous.

Sous l’égide de Jean Monnet, proche, très proche des Etats-Unis avant, pendant comme après la guerre, la CECA créée en 1951 par le traité de Paris fut le premier organe supranational qui géra la production de charbon et d’acier en faisant primer la solidarité transatlantique sur les impératifs hautement proclamés de la construction européenne : la CECA accepta notamment de renoncer aux importations de charbon polonais pour leur substituer le charbon étatsunien. Les gaullistes et les communistes s’opposèrent sans succès au traité de Paris mais, en mobilisant l’opinion publique, ils réussirent à faire échouer le projet de Communauté Européenne de Défense qui impliquait le réarmement de la République fédérale allemande. Du moins, cette moitié d’Allemagne, où la dénazification fut une « farce », était redevenue respectable aux yeux des Etats-Unis et d’anciens vichystes : membre du Conseil national de Pétain, Antoine Pinay est le chef du gouvernement qui signe en mai 1952 le traité de CED.

Mais quelle respectabilité ? On répète depuis cinquante ans que l’Allemagne s’est relevée par ses efforts et la rigueur imposée par l’économie sociale de marché. Olivier Delorme détruit la légende : l’économie ouest-allemande a bénéficié des crédits américains, de l’annulation d’une grande partie de ses dettes, de l’échelonnement à long terme du reliquat, de l’ajournement du remboursement des intérêts et de l’oubli des dommages de guerre. Si nous avions puni l’Allemagne de l’Ouest et ses Allemands pour leurs crimes aussi méthodiquement que Berlin punit la Grèce pour des légèretés qui n’ont jamais tué personne, si nous avions pillé l’Allemagne vaincue aussi systématiquement que l’Allemagne pille aujourd’hui la Grèce, le pays que nous prenons pour modèle serait encore couvert de ruines.

Il était certes nécessaire de relever une République fédérale soumise, comme la République démocratique allemande, à occupation militaire : pour la France, les territoires de l’Est constituaient un glacis face à une possible invasion soviétique et il était important que la population y vive confortablement afin de ne pas se tourner vers les communistes. Mais il était non moins important de conserver le contrôle de l’ensemble des affaires de la Bundesrepublik. Né après l’échec du plan Fouchet d’Europe politique, le traité franco-allemand fermement proposé par le général de Gaulle au chancelier Adenauer visait à établir une entente politique qui reposait sur une base fragile car le chancelier allemand, qui avait accepté la participation allemande à la Force nucléaire multilatérale (MLF) proposée par les Etats-Unis, était aux prises avec ses ministres qui ne voulaient pas de traité bilatéral avec la France (2). D’ailleurs, comme le rappelle Olivier Delorme, le célèbre traité de l’Elysée, fondateur de l’amitié franco-allemande et du non moins célèbre « couple franco-allemand » fut affublé par le Bundestag, en juin 1963, d’un préambule interprétatif unilatéral précisant que les liens entre la République fédérale et les Etats-Unis primeraient toujours sur les liens avec la France.

Le redressement économique ouest-allemand se fit dans un pays dont l’existence dépendait du maintien de l’équilibre de la terreur et qui était voué, dans la très faible hypothèse d’un déferlement de troupes russes, à servir de champ de bataille – placé par précaution sous le feu de nos missiles nucléaires tactiques Pluton. Ce dispositif n’empêchait pas la France gaullienne de maintenir de bonnes relations avec l’Union soviétique qui garantissait quant à elle la division des deux Allemagnes (3).

La chute du mur de Berlin a détruit cet équilibre très favorable à la France. L’absorption de la RDA par la République fédérale a ravivé les inquiétudes françaises que François Mitterrand voulut apaiser en arrimant l’Allemagne par le traité de Maastricht. La manœuvre fut un échec complet puisque le « nain politique » allemand du temps de la Guerre froide se mua en puissance dominante par l’effet de l’Union économique et monétaire, du laxisme français face aux menées allemandes lors de l’éclatement de la Yougoslavie et de la fascination de l’élite française du pouvoir et des affaires pour le prétendu modèle allemand.

Au cours de cette période qui n’est malheureusement pas terminée, nous avons pu vérifier que l’Europe réduite à l’Union européenne ne garantissait ni la paix, ni la prospérité, ni la démocratie. Quant au « couple franco-allemand », mariage de raison lourd d’arrière-pensées, il s’est disloqué dès la réunion des deux Allemagnes. Le constat d’Olivier Delorme est implacable. C’est l’Allemagne qui a déclenché la catastrophe yougoslave en reconnaissant la Slovénie et la Croatie selon des affinités historiques qui l’ont poussée à soutenir les extrémistes croates(4) et c’est encore l’Allemagne qui a été à la manœuvre aux côtés des Etats-Unis et de la Pologne lors du renversement de Ianoukovitch. C’est l’Allemagne qui détient la réalité du pouvoir monétaire dans la zone euro, organisée à l’allemande, selon les règles et les fantasmes du patriotisme monétaire allemand qui font de l’euro une monnaie allemande, justement analysée comme « carcan idéologique » et moyen de contrainte effectif, déflationniste et rigoureusement antisocial, utilisé pour punir la Grèce – comme fut punie l’Allemagne de l’Est – et pour décourager tout mouvement de révolte contre l’ordre monétaire.

Olivier Delorme ne montre aucun signe de découragement. Pour lui comme pour nous, la reconquête de la souveraineté nationale est possible à brève échéance et il faut dès à présent envisager la réunion des Etats nationaux du continent dans une Europe enfin européenne. C’est pour l’Union européenne que sonne le glas.

Bertrand Renouvin

***

(1) Ce ne sont pas seulement des SS mais l’ensemble de l’armée allemande soutenue par la très grande majorité du peuple allemand qui s’est rendue coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Cf. Christian Baechler, Guerre et exterminations à l’Est, Hitler et la conquête de l’espace vital – 1933-1945. Tallandier, Texto, 2016.

(2) Sur ce point, cf. Pierre Maillard, De Gaulle et le problème allemand, Ed. de Guibert, 2001 et plus particulièrement le chapitre IX : La crise du traité franco-allemand ; cf. également la communication de Jacques Bariety : « De Gaulle, Adenauer et la genèse du traité de l’Elysée du 22 janvier 1963, in De Gaulle en son siècle, tome 5 : L’Europe. Page 352-364. Institut Charles de Gaulle, Plon/ La Documentation française, 1992.

(3) Georges-Henri Soutou, L’Alliance incertaine, Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996. Fayard, 1996, et ma présentation de l’ouvrage :http://www.bertrand-renouvin.fr/france-allemagne-lavenir-incertain/

(4) Cf.http://www.bertrand-renouvin.fr/francois-mitterrand-la-france-et-letat-4-chronique-114/

SOURCE : 

Le blog de Bertrand Renouvin -

http://www.bertrand-renouvin.fr/

Mémoires d’un marxiste « erratique » par Michaël Roberts

 

 
07 Mai 2017
 

Le 4 mai 2017, par Michaël Roberts

 

La Grèce est encore le maillon faible du capitalisme européen. A l’heure où le débat français s’enlise dans des considérations politiciennes, Michaël Roberts profite de la sortie des mémoires de Yannis Varoufakis, l’éphémère et iconoclaste ministre des finances du premier gouvernement Syriza, celui qui n’avait pas encore capitulé face au chantage de l’Eurogroupe, pour nous rappeler l’incapacité du capitalisme à dépasser ses propres faillites au-delà d’un certain point. Avec beaucoup d’a-propos, il souligne la différence majeure entre les politiques de la gauche keynesienne, ici également en échec et la perspective nécessaire d’une transformation socialiste de l’économie.

 

(note et traduction de Franck MARSAL)


 

Yanis Varoufakis s’est lui-même décrit une fois comme un ‘marciste erratique’. Cet économiste hétérodoxe devint ministre des finances dans le gouvernement grec dirigé par Syriza durant la période la plus intense de la crise de la dette grecque, alors que les grecs tentaient d’éviter les sévères mesures alors imposées en 2015 par la Troika formée de l’Eurogroupe, du FMI et de la Banque Centrale Européenne et de rester dans la zone Euro.

 

Varoufakis fut limogé par le premier ministre Tsipras lorsque Tsipras décidé de capituler aux demandes de la Troika, en dépit du vote du peuple grec s’opposant à l’austérité lors d’un référendum sans précédent, sollicité par Tsipras lui-même. Depuis, le gouvernement Syriza a accepté une série de mesures supplémentaires d’austérité, incluant des coupes dans les salaires et les emplois du secteur public, des baisses de pensions de retraites et des privatisations en contrepartie de subventions de l’UE, sous forme de prêts destinés à rembourser des dettes précédentes – en un cercle sans fin.

 

Maintenant, Varoufakis a publié ses mémoires de son époque de ministre des finances et de ce qui advint dans les discussions et négociations avec les dirigeants de l’UE et autres sur la gestion de la dette publique grecque. Selon une note de lecture critique de Paul Mason, « Varoufakis a écrit un des plus grand ouvrage de mémoires politiques de tous les temps. Bien, pour moi, cela sonne comme une hyperbole, en comparaison de « Ma vie », de Trotsky ou des mémoires politiques de Chruchill. Mais, aucun doute, le livre est intéressant, comme, selon les mots de Mason, « la petite histoire de la grande politique, racontée par un outsider ». Selon Mason, Varoufakis montre en dessins que « les politiciens élus ont peu de pouvoir ; Wall Street et un réseau de fonds d’investissements, de milliardaires et de propriétaires de médias ont le véritable pouvoir, et que l’état de l’art en politique consiste à reconnaître ceci comme un fait de la vie et de réaliser ce que vous pouvez sans perturber le système ».


Varoufakis établit « non seulement que la Grèce était en banqueroute en 2010, lorsque l’UE la renfloua et que le renflouement était destiné à sauver les banques françaises et allemandes, mais qu’Angela Merckel et Nicolas Sarkozy le savaient et qu’ils savaient que ce serait un désastre ». Le but des dirigeants de l’Euro, en 2010, alors que la crise grecque explosait dans la foulée de la Grande Récession et de la crise financière mondiale était de s’assurer que les banques françaises et allemandes ne subiraient pas de pertes importantes dans le cas d’un défaut de l’État Grec. Ces banques avaient acheté des volumes importants de dette grecque, pour faire des profits et, au moment de la crise, cette dette grecque ne valait plus rien. Les dirigeants de l’UE arrivèrent avec une solution : ces banques subiraient un « rafraichissement » (pas plus de 10 % de leurs investissements dans la dette) et le reste de la dette serait transféré dans les livres de comptes de l’UE, de la BCE et du FMI pour être remboursés sur la prochaine décennie ou plus tard. La Troïka, aurait alors à presser et saigner le peuple grec pour obtenir le remboursement des fonds prétés aux banques.

 

A ce moment, la coalition de gauche « Syriza » gagna une victoire fameuse dans les élections grecques, sur un programme rejetant le fardeau de la dette et refusant les mesures d’austérité. Voici ce que j’écrivis à ce moment : “L’alternative « prendre le taureau par les cornes » : demander l’annulation de la dette auprès de la BCE et du FMI (demande originale de Syriza) ou faire défaut ; imposer un contrôle des capitaux ; prendre le contrôle des banques grecques et appeler au soutien du peuple grec et du mouvement ouvrier européen ; laisser les dirigeants européens, plutôt que Syriza, prendre l’initiative sur l’appartenance de la Grèce à la zone Euro. Le problème est dès lors que le peuple grec a été conduit à croire qu’il n’y a qu’une voie de sortie : un accord avec l’Eurogroupe avec des conditions empirées. L’alternative d’un plan d’investissement socialiste et d’un appel large à l’Europe ne leur est pas présenté. »

 

Après des mois de négociations avec les dirigeants européens, Tsipras sollicita un référendum, s’attendant à le perdre (comme Varoufakis apparemment). Perdre le référendum aurait sorti Tsipras de l’étau car il aurait pu accepter les mesures de la Troïka puisque les Grecs l’aurait validé. Mais lui et Varoufakis eurent un choc. En dépit d’une massive campagne médiatique par les dirigeants européens et les conservateurs grecs ; en dépit d’un blocage du crédit organisé par l’Allemagne et la BCE et d’une ruée suivie d’une fermeture des banques grecques pendant plusieurs semaines, le peuple grec refusa.

 

Néanmoins, Tsipras décida d’ignorer ce vote et choisît de capituler. Mason dit que c’était le bon choix. “Je continue à croire que Tsipras eut raison de plier face à l’ultimatum de l’UE… Pour Tsipras – et pour la génération plus âgée des anciens détenus et victimes de la torture qui rebâtirent la gauche grecque après 74 – rester au pouvoir comme un bouclier diminué contre l’austérité était préférable à rendre le pouvoir à un cartel de politiciens mafieux soutenus par une foule de gosses de riches avides et de fashionistas.”  Mason est-il sérieux ? Les mafiosis de droite étaient-ils la seule solution ? Au lieu de construire un mouvement de soutien pour le gouvernement et de proposer un plan d’urgence pour le peuple grec et son économie, la seule solution était-elle d’abandonner ?

 

En juillet 2015, j’avais considérée les options pour Syriza. Il y avait la solution néo-libérale, demandée par la Troïka. Cela consistait à poursuivre les coupes dans le secteur public et ses coûts, de garder les revenus de travail bas et de faire payer les retraités et les autres payer davantage. Cela avait pour but d’améliorer la profitabilité du capital grec et, sans investissement étranger supplémentaire, de rétablir l’économie. Alors, peut-être l’économie de l’Eurozone recommencerait à croitre fortement et ainsi aiderait la Grèce, comme la marée montante soulève tous les bateaux.

La solution suivante était la solution keynesienne, soutenue par l’aile gauche de Syriza (mais pas par Varoufakis, qui demeura silencieux et partit pour l’Amérique – apparemment à cause de menaces de mort contre sa famille, selon ses mémoires). Elle consistait à augmenter la dépense publique, pour soutenir la demande, d’annuler une partie de la dette gouvernementale, pour la Grèce de quitter la zone Euro et d’introduire une nouvelle monnaie (la Drachme) qui serait dévaluée autant que nécessaire pour rendre l’industrie grecque compétitive sur le marché mondial.

 

Le problème avec cette solution était qu’elle supposait que le capitalisme grec pourrait revivre avec un taux de change plus bas, et qu’une dépense publique plus forte pourrait augmenter la demande sans à nouveau diminuer la profitabilité. Mais, la profitabilité est décisive pour la reprise d’une économie capitaliste. Les exportateurs grecs auraient bénéficié d’une dévaluation, mais les compagnies grecques qui font leur chiffre d’affaire à l’intérieur en Drachmes auraient été décimées. Et l’inflation augmentant rapidement qui aurait suivi la dévaluation aurait seulement amélioré la profitabilité seulement dans la mesure où, précisément, elle mordrait dans le revenu réel de la majorité si les salaires réels ne suivait pas l’inflation. En réalité, c’est précisément ce qui arrive au Royaume Uni depuis le vote sur le Brexit.

 

La troisième option était la voie socialiste – quelque chose qui n’était adopté alors ni par Tsipras, ni par Varoufakis, ni par la gauche de Syriza (ou sembla-t-il, sans être pour autant viable, selon Mason). Elle reconnaissait que le capitalisme grec ne pourrait se rétablir et restaurer le niveau de vie de la majorité, que ce soit à l’intérieur de la zone Euro dans le cadre d’un programme de la Troika ou à l’extérieur, avec sa propre monnaie et sans soutien de l’Eurozone. La solution socialiste consistait à remplacer le capitalisme grec par une économie planifiée, dans laquelle les banques grecques et les principales compagnies sont sous propriété et contrôle public et où la contrainte du profit est remplacée par la recherche de l’efficience, de l’investissement et de la croissance. L’économie grecque est petite, mais elle n’est pas sans avoir un peuple éduqué, de nombreuses capacités et des ressources au-delà du tourisme. En utilisant son capital humain dans un sens innovant et planifié, elle peut croître. Mais étant petite, elle aurait besoin, comme toute petite économie, de l’aide et de la coopération du reste de l’Europe.

 

Cette solution nécessitait que Syriza mobilise le support latent du peuple, à travers des comités d’usines et d’entreprises pour discuter d’un plan d’urgence pour le changement. Elle aurait entraîné une nationalisation immédiate des banques principales pour assurer le paiement des dépots populaires (en dépit de la BCE) et la prise de contrôle des principales compagnies (inversant les privatisations) dans le but d’instituer un plan pour la production et l’investissement. Cela aurait signifié de contacter le mouvement ouvrier et les forces progressistes dans les principaux pays européens pour obliger les gouvernements à arrêter l’austérité imposée à la Grèce ou les tentatives de la faire quitter la zone euro et, plutôt, la soulager de la ‘dette odieuse’ tout comme les allemands furent soulagés dans les années 50 de leur réparations de guerre (encore impayée à la Grèce pour les morts et destructions causées par les Nazis).

 

Cette option socialiste était la seule qui pouvait sortir la Grèce de cet enfer. Mais, bien sûr, elle aurait été fort difficile à mettre en place. Oui, les forces conservatrices à l’intérieur de la Grèce se seraient mobilisées ; oui, les militaires grecs auraient pu relever la tête ; et oui, les dirigeants de l’Euro auraient tenté d’étrangler la petite Grèce socialiste et de l’expulser de l’Euro et de l’UE. Mais, la bataille pour une transformation socialiste pose toujours ce genre d’obstacles ; et seule l’unité de la classe ouvrière dans toute l’Europe, et des dirigeants grecs déterminés pouvaient les surmonter. Mais, les dirigeants de Syriza, y compris Varoufakis (le marxiste erratique) n’ont jamais considéré cette option comme viable, et le marxiste Paul Mason est d’accord avec eux. Pour eux, il n’y avait pas d’alternative sinon d’accepter les diktats de la Troïka – qui se poursuivent encore jusqu’à ce jour. Et Mason admet que « Le gouvernement Tsipras a été un bouclier bien peu efficace pour la classe ouvrière grecque » même si (comme il le revendique) il fut « une protection efficace pour le plus d’un million de migrants syriens qui ont débarqués sur les rivages grecs dans les semaines qui ont suivi la capitulation économique. »

 

Mason estime que le succès de Tsipras dans la construction de Syriza et son accès au gouvernement est plus important que le franc-tireur « marxiste » Varoufakis qui est resté « immaculé » de la capitulation de juillet 2015. Mais, apparemment, si la « gauche globale » doit revenir elle « a besoin de dirigeants comme Tsipras, de trouver des penseurs comme Varoufakis et de les encourager ». Bon, les mémoires de Varoufakis et l’action de Tsipras semblent tout juste justifier l’admiration de Mason. Encore cette semaine, le gouvernement grec dirigé par Syriza a signé un nouveau round de sévères mesures d’austérité afin d’obtenir la nouvelle tranche des prétendus fonds de sauvetage de l’UE. Le gouvernement a accepté d’adopter 3,6 milliards de coupes budgétaires supplémentaires, des baisses de taxes pour les entreprises en contrepartie de la permission de dépenser une somme équivalente pour des mesures soulageant la pauvreté.

 

Le gouvernement Syriza a fait tout ce que a été demandé par la Troïka pour faire payer au peuple grec l’échec du capitalisme grec. Et, cependant, les dirigeants de l’UE n’ont encore pas accepté « d’allègement de la dette ». En fait, ils parlent seulement de l’envisager lorsque les mesures d’austérité du dernier paquet auront été implémentées totalement et que le programme arrivera à son terme en 2018. En attendant, le gouvernement grec est supposé obtenir un surplus budgétaire de 3,5 % du PIB annuel sur le futur prévisible. C’est un niveau plus élevé que nimporte quel pays de l’UE et loin au dessus de ce qu’aucun gouvernement a réussi jusqu’ici.

 

Pas de doute que le FMI considère que cette approche est insoutenable. « Même si la Grèce, grâce à un effort héroïque, pouvait attendre temporairement un surplus proche de 3,5 % du PIB, que peu de pays ont réussi à atteindre et à soutenir depuis une décennie ou davantage, il est hautement improbable que la Grèce puisse le soutenir considérant la faiblesse de ses institutions politiques et les projections qui suggèrent que le chômage demeurera à deux chiffres durant plusieurs décennies. » FMI


Pour la Grèce, il n’y a pas d’échappatoire à la misère de la dette publique due au FMI et à l’Eurogroupe. Il y a une nouvelle étude détaillée des plans de la Troika (UE, FMI et BCE) pour forcer le gouvernement grec à conduire un excédent budgétaire primaire (hors paiement des intérêts de la dette) de 3,5 % du PIB à partir de 2018. Elle montre qu’il sera impossible pour la Grèce de tenir ce niveau d’austérité et, même si elle y parvient, cela n’empêchera pas la dette de croître encore davantage. « L’expérience passée suggère que la politique fiscale attendue – un surplus budgétaire avant paiement des intérêts de 3,5 % du PIB, reconduit pendant 15 ans – n’a litteralement aucune chance d’aboutir, même si la Grèce était capable de commencer à générer un surplus budgétaire de 3,5 % en 2018, comme selon la trajectoire ». L’étude poursuit : « La dette de la Grèce à l’égard du Fond Européen de Stabilisation Financière ferait plus que doubler à environ 278 milliards d’Euros en 2050, lorsque le report des intérets prendrait fin, et commencerait un lent reflux, mais le montant en suspens en 2080 serait encore supérieur à ce qu’il est aujourd’hui. ». Ce sera 70 ans après le début de la crise ! L’étude conclut que l’EU doit offrir davantage d’argent pour le sauvetage dès l’année prochaine pour « dépanner la Grèce ». Mais, la dette demeurera et continuera à augmenter, même si de nouvelles mesures d’austérité (déjà sans précédent dans l’histoire) étaient appliquées. La seule solution est d’effacer la dette. Donc, alors que Varoufakis publie les mémoires de son passage comme ministre des finances durant la crise de la dette, expose la politique pourrie et cruelle de la Troïka, et parcours l’Europe en séminaires pour réclamer une meilleure Europe, le gouvernement Syriza dirigé par Tsipras continue d’essayer de répondre aux demandes et aux objectifs de la Troïka, dans l’espoir illusoire que le capitalisme européen récupèrera et croitra, permettant ainsi aux grecs d’obtenir quelques miettes. Il pourra y avoir éventuellement un deal sur « l’allègement de la dette ». Mais cela signifie néanmoins que la Grèce aura un fardeau insoutenable de dette dans ses livres pour les générations futures, alors que le niveau de vie du foyer grec moyen sera tombé en dessous de ce qu’il était lorsque la Grèce a rejoint la zone euro. Une génération entière de grecs se portera plus mal que la précédente alors qu’une récession mondiale est encore à prévoir.

Publié par El Diablo

L'UNION EUROPÉENNE : la catastrophe dont personne ne parle !

 

Et pendant ce temps-là dans la zone euro, la BCE et la monnaie unique continuent leurs ravages...

 

Par BA le 04 mai 2017 - Les billets de BA

BCE-BANQUES-LIQUIDITES
Le siège de la BCE à Francfort

Le saviez-vous, la zone euro comporte 19 pays membres… mais 5 d’entre eux détiennent 90% des liquidités injectées par la Banque centrale européenne (BCE) !

 

La Grèce est en faillite.


L’Italie est en faillite.


Le Portugal est en faillite.


L’Espagne est en faillite.

 

La BCE a donc eu une idée géniale ( ! ) : depuis 2015, la BCE a prêté à taux zéro 1500 milliards d’euros aux banques privées européennes !

 

Résultat : échec total.

 

Les banques privées européennes ont investi ces 1500 milliards d’euros en Allemagne (pour 60 % de la somme), en France (pour 20 %), aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Finlande !

 

Cinq pays sur dix-neuf !

 

L’euro est un échec total.

 

L’Union européenne est un échec total.

 

Lisez cet article de Reuters :

 

Cinq pays détiennent 90% des liquidités injectées par la BCE

Environ 90% de l’excédent de liquidités injecté par la Banque centrale européenne (BCE) pour soutenir l’activité économique dans la zone euro ont profité à cinq des plus riches pays de la région, montre mardi une étude de la banque centrale.

 

Elle cite “l’aversion au risque” parmi les raisons expliquant le fait que ces liquidités se concentrent en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Finlande alors que dans d’autres pays, des banques dépendent encore de la BCE pour se fournir en liquidités.

 

En clair, les banques des pays les plus riches restent réticentes à prêter des liquidités à l’étranger près de dix ans après l’éclatement de la crise financière et en dépit des efforts entreprises par la BCE pour assurer la cohésion de la zone et favoriser le crédit.

 

« Il semble qu’après la crise financière, une augmentation généralisée de l’aversion au risque et des limites plus prudentes en matière de risque interne au sein des banques continuent de limiter les flux de liquidités transfrontaliers et la redistribution interbancaire des liquidités au sein de la zone euro », résument les 14 auteurs de l’étude. 

 

La BCE a distribué environ 1.500 milliards d’euros d’excédent de liquidités (le solde entre les liquidités déposées par les établissements bancaires auprès des banques centrales et les réserves obligatoires) depuis 2015 par le biais d’achats de titres sur les marchés et d’opérations de refinancement à long terme à des taux extrêmement faibles. 

 

Mais le fait que ces liquidités restent concentrées dans les pays les plus riches de la zone euro au lieu d’irriguer ceux qui semblent en avoir le plus besoin risque de nuire à l’efficacité de cette politique et montre que l’objectif de l’Union européenne de créer une véritable union bancaire est très loin d’être atteint. 

 

L’étude publiée mardi montre que 60% des montants consacrés par la BCE et les banques centrales nationales à des achats d’obligations finissent en Allemagne, entre autres sur des comptes détenus en territoire allemand par des banques britanniques. La France en a quant à elle reçu 20%. 

 

Les auteurs de l’étude expliquent aussi la concentration des liquidités dans les cinq pays cités par des facteurs extérieurs comme le fait que les banques les plus saines attirent davantage de déposants ou les nouvelles dispositions réglementaires qui freinent les prêts interbancaires.

 

“Les retours des banques et une analyse approfondie suggèrent que les obligations réglementaires et les modèles économiques des banques ont une forte influence sur le niveau de liquidités excédentaires détenues au niveau de chaque banque”, dit l’étude.

=> Source : Reuters

 

Vers une Europe militaire ?

 

Par Bernard Cassen  |  3 mai 2017  


Secrétaire général de Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac 

On a souvent comparé la construction européenne à un cycliste : s’il n’avance pas, il se trouve en équilibre instable et il tombe à terre. Les dirigeants des Etats et des institutions de l’Union européenne (UE) doivent en effet donner en permanence aux citoyens des raisons d’être ensemble. C’est même la principale activité de la Commission européenne qui produit à jet continu des projets d’actes législatifs baptisés « avancées ».

 

Le problème se complique lorsqu’il n’y a pas un, mais 28 cyclistes ne pédalant pas tous dans le même sens, et cela dans un environnement international de tous les dangers. Dans un tel cas, la méthode est bien connue : faute de trouver un accord sur les dossiers existants, on en ouvre un nouveau sur lequel des « avancées » seraient possibles et fourniraient le carburant nécessaire à une nouvelle « relance » du projet européen.

 

Ce dossier est celui de la perspective d’une Europe militaire. La conjoncture est favorable à un tel projet dans la mesure où il peut être présenté aux opinions publiques comme un outil pour se protéger du terrorisme et des autres retombées des conflits armés en cours au Proche-Orient, ainsi que pour faire face aux ambitions prêtées à la Russie.

 

L’Europe de la défense n’est pas une question nouvelle. Elle s’est posée dès le lendemain de la seconde guerre mondiale, dans le contexte de la guerre froide. Deux problématiques ont structuré les débats à son sujet : quelle implication des Etats-Unis dans la sécurité de l’Europe ? quel mode de décision – intergouvernemental ou supranational – dans un éventuel dispositif militaire européen ?

 

En fait, il n’a jamais existé de projet consensuel d’une défense européenne qui serait assurée exclusivement par les Européens. Tous les gouvernements, à l’exception de ceux du général de Gaulle (1958- 1969), ont considéré que l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan), créée par le traité de Washington (1949), constituait une assurance tous risques contre l’Union soviétique.

 

La première tentative d’intégration militaire fut la Communauté européenne de défense (CED) sur le modèle supranational de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca), et elle fut rejetée par le Parlement français en 1954. Elle est encore aujourd’hui abusivement étiquetée « européenne » alors qu’elle plaçait une éventuelle armée européenne sous la tutelle du commandant en chef de l’Otan, un général américain nommé par le président des Etats-Unis.

 

L’échec de la CED a durablement marqué les esprits et il a tracé la « ligne rouge » de toute initiative en matière de défense européenne : pour Londres et pour la quasi totalité des membres de l’UE, le seul véritable outil de défense européenne est l’Otan [1], et toute nouvelle organisation militaire doit être compatible avec cet impératif. Mais l’élection de Donald Trump a brutalement rebattu les cartes en raison de ses déclarations contradictoires au sujet de l’Otan. La confiance des dirigeants européens dans le lien transatlantique s’est érodée. D’où, pour combler un vide et, en même temps, pour « relancer » l’UE, les propositions franco-allemandes de réalisations concrètes (notamment en matière de recherche militaire et de développement de matériels communs). Additionnées, elles finiraient par constituer une politique européenne comme les autres. La grande faiblesse de ce projet est qu’il ne dit pas quelle est la menace à laquelle il est censé répondre. Ce qui, en première priorité, obligerait l’UE à choisir le statut qu’elle assigne à la Russie dans sa doctrine stratégique : partenaire, alliée ou adversaire ?

 

 

    NOTES

    [1] Et cela malgré l’ « avancée » du sommet franco-britannique de Saint-Malo (1998) qui déboucha finalement, dans le traité de Lisbonne, sur la possibilité d’une « politique de sécurité et de défense commune » (PSDC).

    mercredi 3 mai 2017

    A quoi a servi cette rencontre Poutine / Merkel?

    A voir la manière dont s'est passée la rencontre entre A. Merkel et V. Poutine à Sotchi hier, juste après sa visite en Arabie Saoudite, pays qui finance ouvertement le terrorisme, laisse songeur sur les priorités européennes.
     
    Comme la presse l'a noté, la rencontre entre la chancelière allemande et le Président russe a été des plus froide et des plus tendue. Pour les russophones, en voici la vidéo:
     
     
     
    Plus la conversation avançait, plus la tension était palpable. Sur tous les sujets, même si l'on apprend avec surprise que malgré les sanctions le volume des échanges commerciaux entre l'Allemagne et la Russie a augmenté de 43% pour janvier-février. Le ton a été donné lorsque V. Poutine a rendu hommage à la mémoire des odessites brûlés vifs, asphixiés, battus, exécutés dans la Maison des syndicats à Odessa par les nationalistes ukrainiens il y a trois ans de cela, sans que la communauté internationale n'arrive à obtenir de l'Ukraine une enquête digne de ce nom. De la même manière, V. Poutine a rappelé l'usage des armes chimiques en Syrie et espère que les responsables pourront être désignés et jugés, mais après une enquête indépendante.
     
    Le niveau de tension auquel arrive A. Merkel est sans précédent. Elle renvoie la balle sur la situation des homosexuels en Tchétchénie, dont elle a entendu parlé par la presse d'opposition en Russie (elle existe donc bien, les journalistes sont toujours vivants - il faudrait peut être aussi mener un enquête ici, passons). Voir notre article ici.
    Mais ce qui retire notre attention, car hautement symbolique, c'est le parti pris d'Angela Merkel pour défendre les témoins de Jéhovah, qui ont été qualifiés de secte par la justice russe et interdits. La question est plus que sensible. Ce mouvement venu des Etats Unis semble bénéficier d'un soutien international énorme. Lorsque la France l'avait classé parmi les sectes dans un rapport parlementaire de 1995, la CEDH lui a reconnu le caractère de religion en 2011 et a condamné la France. Donc, en quelque sorte, la Russie a encore une fois une jurisprudence contraire à celle de la CEDH et ici aussi sa position est on ne peut plus saine. 
     
    Rappelons qu'Angela Merkel est venue préparer le sommet de G20. Quel est le rapport? Il serait surprenant que la question des témoins de Jéhovah ne soit inscrite à l'ordre du jour. 
     
    Pour autant, elle ne s'arrête pas là. En ce qui concerne les accords de Minsk, elle constate qu'il n'y a pas de réel avancement et souvent des pas en arrière. Là où sa position est totalement opposée à celle de la Russie : elle estime nécessaire que l'Ukraine récupère tout d'abord le contrôle des frontières (avec la Russie) et ensuite que des élections soient organisées. La Russie estime, en accord avec la feuille de route de Minsk, qu'il faut d'abord des élections, des personnes politiquement légitimes pour négocier, sinon c'est l'impasse. Ce que l'on voit aujourd'hui
     
    Un autre point de conflit fort, lorsqu'il est reproché à la Russie par un journaliste allemand d'avoir exproprié les industriels ukrainiens du Donbass, d'avoir mis le rouble en remplacement de la monnaie ukrainienne etc. V. Poutine très pédagogique rappelle le coup d'Etat de Kiev, le blocus du Donbass, toutes ces actions du pouvoir ukrainien qui conduisent ces régions à se détacher elles-mêmes de plus en plus de l'Ukraine.
    Leur désaccord est fondamental et A. Merkel le souligne, alors qu'elle n'y était pas obligée: le pouvoir ukrainien est légitime car il est arrivé démocratiquement au pouvoir. 
    Cette réécriture de l'histoire plus la déclaration concernant les frontières laissent présager l'intensification du conflit: l'Allemagne - entraînant avec elle l'UE - avec la bénédiction évidente du Pentagone, ira jusqu'au bout. Tel est son rôle. C'est pour cela qu'elle est en place. Et si Macron est élu, la puissance nocive de l'UE en sera d'autant augmentée.
    Autrement dit, le seul fait de la visite d'A. Merkel, qui avait promis de ne pas mettre les pieds en Russie tant que les accords de Minsk ne seraient pas exécutés - par l'Ukraine, rappelons-le - est en soi un signe positif. Le seul.
    L'on est quelque peu désapointé lorsque l'on voit la manière cordiale dont elle s'est comportée en Arabie Saoudite, pays très à la mode qui lapide encore les femmes et qui vient de prendre la direction de la commission de l'ONU pour les droits de femmes. En signe de contestation, elle n'a pas porté le voile. Quelle grandeur.... Il faut rappeler qu'elle était venue pour autre chose, pas pour les droits de l'homme (ça, c'est pour la Russie). Encore préparer ce G20 et donc cette fois-ci parler des thèmes qui y seront abordés, à savoir le climat et l'énergie. Ce qui ne dérange en rien la presse française. Vaguement l'on y rappelle les violations des droits, pour garder bonne conscience, avant de parler des choses sérieuses. Par exemple, comment intégrer plus fortement l'Arabie Saoudite dans le conflit syrien, puisqu'elle a de bons rapports avec "l'opposition démocratique". Et pour cause. A voir les dégâts qu'elle fait au Yémen, il est vrai que ça irait plus vite ...
     
    Si l'on comprend l'intérêt de cette visite pour A. Merkel dans le cadre d'une campagne qui ne s'annonce pas facile, l'on cherche encore l'intérêt de la Russie ...
     

    L’Europe, l’UE, et la mondialisation

     

    Jacques SapirPar  · 

    L’émission « C Polémique » de dimanche 30 avril était consacrée à l’Euro[1]. Ce débat était organisé dans le cadre de la campagne du 2ème tour de l’élection présidentielle. On sait que Mme Marine le Pen a pris des positions que l’on peut qualifier d’eurosceptiques alors que M. Emmanuel Macron soutient des positions plus fédéralistes, avec l’idée d’un ministre des finances unique pour la Zone Euro. J’y ai participé et je voudrai, ici, développer certaines idées que je n’ai pas pu défendre (comme les autres participants) en raison de la foire d’empoignes à laquelle cette émission a aboutie.

     

    Trois évidences oubliées

     

    Tout débat raisonné (et raisonnable) devrait commencer par la reconnaissance de trois évidences. Ces évidences sont souvent oubliées, ou masquées par des postures idéologiques.

     

    La première est que l’Union européenne n’est que l’une des formes institutionnelles possibles pour les Etats européens. La fétichiser n’a guère de sens, surtout quand on prend en compte sa perte de légitimité en France, qui n’est que la conséquence logique du déni de démocratie qu’a constitué le Traité de Lisbonne faisant passer clandestinement ce qui avait été refusé par les électeurs français qui avaient dit « non » à 55%. Mais, cette perte de légitimité est aussi évidente aux yeux des peuples dans plusieurs pays. Une étude de 2016 réalisée par le PewResearch Center est extrêmement instructive à cet égard[2]. Dans un sondage mené dans plusieurs pays de l’Union européenne, le PewResearch Center aboutit à la conclusion qu’il n’y a que 51% des personnes interrogées qui ont une vision favorable de l’UE, avec d’importante différences entre pays (Graphique 1) et que seuls 19% souhaitent le transfert de plus de pouvoir aux institutions de Bruxelles, alors que 42% souhaitent le retour de plus de compétences aux Etats nations. Ici, le pourcentage des partisans de la « renationalisation » des politiques publiques est partout supérieur à celui des personnes favorables au fédéralisme (graphique 2).

     

    Graphique 1

     

     

    Graphique 2

     

     

    La seconde évidence est que la France fait partie de l’Europe au sens géographique du terme. Elle occupe même une place centrale dans ce que l’on appelle l’Europe occidentale. Imaginons que la France se décide à interdire le transit des marchandises envers des pays tiers et l’économie de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal s’effondre. Cette évidence géographique se traduit politiquement dans le fait que nous avons tous un intérêt commun à ce qu’existent de bonnes relations entre nos pays, et ce quel que soit la forme institutionnelle que prendront ces relations.

     

    La troisième évidence est que l’Europe au sens culturel et symbolique incorpore en réalité bien d’autres pays que ceux qui forment l’Union européenne, et se prolonge jusqu’à la Russie. Il est aussi clair que la notion même « d’Europe » a fondamentalement changé depuis les temps anciens. L’Europe que pensent les Grecs et les Romains est en réalité le bassin méditerranéen. Notre vision de l’Europe est née des invasions « barbares » et de la fin de l’Empire Romain d’Occident, tandis que survivaient les institutions antiques dans l’Empire Romain d’Orient (Byzance/Constantinople).

     

    Ces trois évidences doivent être rappelées face à ceux qui fétichisent le processus de construction des institutions de l’Union européenne. Il peut y avoir un grand nombre de vision de l’Europe et des modalités institutionnelles qui peuvent en unir ou en associer les pays.

     

    L’Union européenne n’est pas une protection

     

    Lun des arguments les plus souvent avancés par les partisans les plus farouches de l’Union européenne est que celle-ci nous « protègerait » de divers maux. Mais, de cela on peut fortement en douter. D’ailleurs, M. Emmanuel Macron appelle publiquement à une UE plus « protectrice ». Cela implique implicitement qu’il reconnaît que l’UE n’a pas joué son rôle.

     

    L’Union européenne en fait ne protège pas et n’a nullement protégé les pays qui la composent. Si tel était le cas, comment expliquer que la crise financière aux Etats-Unis, crise liée au marché hypothécaire, ait eu de telles conséquences sur les systèmes bancaires des pays de l’UE. En fait, l’UE s’est pliée, et a même anticipé, sur la mondialisation tant financière que commerciale.

     

    L’Union européenne a anticipé les accords de l’OMC, et aujourd’hui encore elle négocie dans la plus parfaite obscurité des accords extrêmement néfastes pour les peuples de l’UE, que ce soit le CETA (traité avec le Canada) ou le futur TAFTA (traité avec les Etats-Unis).

     

    L’Union européenne telle qu’elle existe de manière institutionnelle, soit à vingt-sept membres, ne remplit aucune des conditions pour entamer une rupture avec la globalisation. Elle est trop engagée dans ce processus pour que l’on espère pouvoir attirer vers les positions que l’on a présenté les vingt-six autres pays. Les directives de Bruxelles en ont été les vecteurs. C’est la raison pour laquelle les peuples des différentes nations européennes se prononcent pour une « renationalisation » des compétences, avec des différences marquées selon les pays.

     

    L’Union européenne a précipité la crise et les délocalisations

     

    L’élargissement de l’Union européenne de 15 à 28 pays membres (puis 27 depuis le retrait du Royaume-Uni) a joué un rôle considérable dans la pression qu’exerce la globalisation sur l’économie française. Les pays de l’ancienne « Europe de l’Est » ont la possibilité d’exporter sans barrières vers les pays du noyau historique de l’Europe. Dans certains secteurs, les gains de productivité ont été considérables alors que les salaires, contraints par un chômage important, n’ont vraiment pas évolué à la même vitesse. En fait, c’est tout le mécanisme des délocalisations dites « de proximité » que l’on voit à l’œuvre. Ces pays ont reçu des investissements importants dans certaines branches comme l’automobile. C’est ce qui a permis ces gains de productivité. Mais les entreprises d’Europe occidentale savent qu’elles ont toujours le bénéfice d’une main-d’œuvre à très bon marché.

     

    Il faut ici rappeler que les différences de salaires, que l’on prenne le salaire moyen ou le salaire médian, sont considérables dans l’UE. Même en corrigeant cela des différences de productivité, qui peuvent être considérables entre des pays comme la France et l’Allemagne avec des pays comme la Slovaquie ou la Pologne, les différences persistent. Elles sont de 1 à 3. Dans ces conditions, vouloir construire un marché unique et ajouter à cela des taux de changes qui n’évoluent plus comme c’est le cas avec l’Euro, abouti à un désastre. C’est même un crime envers l’industrie française et les ouvriers. On peut considérer, avec le recul que l’on peut avoir depuis 1999, que cette situation est à l’origine d’environ les 2/3 du chômage en France (soit environ 4,5 millions de personnes pour le chômage direct).

     

    Cette situation est la cause fondamentale du mouvement de délocalisation. Elle ne laisse comme possibilité que de faire baisser les salaires au niveau des pays ou ces derniers sont les plus faibles (à productivité équivalente). L’UE a constamment refusé la mise en place de mesures correctrices, comme les « montants compensatoires sociaux » qu’avec d’autres auteurs j’avais proposés en 2011[3].

     

    L’impact sur les pays « nouveaux entrants »

     

    Cette situation de très grands déséquilibres n’a même pas profité aux populations de ces pays que l’on appelle les « nouveaux entrants ». En fait, l’écart de revenu entre eux et les économies occidentales s’est même accru de 1990 au milieu des années 2000. Il est redevenu aujourd’hui équivalent à ce que l’on pouvait connaître à la fin des années 1930. De ce point de vue, j’invite le lecteur incrédule à se reporter à mon ouvrage de 2006, La Fin de l’Eurolibéralisme[4]. Il y trouvera des chiffres édifiants. Les pays « nouveaux entrants » ont vu leur situation relative aux pays de l’Europe occidentale (Allemagne, France) en réalité régresser depuis la transition post-soviétique et leur entrée dans l’Union européenne. C’est ce qui explique le flux migratoire extrêmement important en provenance de ces pays. Mais, les grandes firmes de l’Union européenne, que ce soit Volkswagen, BMW, Mercédès, ou encore Renault et PSA, en ont tiré profit, en trouvant une main d’œuvre à bas coût, que ces entreprises ont substituée à la main d’œuvre de leurs pays d’origines.

     

    Le processus d’élargissement a donc fait pénétrer en Europe des pays dont les structures économiques et sociales sont toujours très différentes de celles des pays du noyau historique. Et si l’on considère des données plus « sociales » que le PIB par tête, on observe le même processus. L’écart entre les espérances de vie a ainsi tendu à augmenter, et parfois très significativement, alors que l’on aurait pu penser qu’elle aurait dû se réduire depuis 1990.

     

    Ce processus d’élargissement a été décidé en réalité à Bruxelles. Il explique aussi beaucoup l’exaspération des populations contre l’Union européenne.

     

    Le coût du libre échange

     

    Il faut, enfin, mesurer ce que coute le libre-échange qui nous est imposé par l’Union européenne. La pression du libre-échange coûte à la France directement environ 2 % de la population active en emplois industriels perdus ou non créés. Ceci correspond probablement à une perte globale (avec l’effet multiplicateur habituel de l’emploi industriel sur l’emploi global) de 3 à 3,5 % de la population active. Mais cet effet n’est pas le seul. La concurrence entre travailleurs qui est induite par la globalisation a aussi pour conséquence de déformer la répartition des revenus, en comprimant beaucoup plus ceux des ouvriers. Ceci a été largement étudié dans un pays comme les États-Unis. Cette déformation a été à l’origine du surendettement des ménages américains qui a conduit à la crise de 2007[5].

     

    En France, le phénomène a été moins marqué, mais la divergence entre le rythme des gains de productivité et la croissance du salaire net moyen y est tout aussi notable ainsi que le décalage très net entre le salaire moyen et le salaire médian. L’effet sur la répartition des revenus semble donc indubitable. Ceci ne constitue pas seulement un problème social de première grandeur[6], qui se traduit dans les faits par la paupérisation des jeunes adultes et par l’apparition du phénomène des « nouveaux pauvres », autrement dit d’une fraction de la population qui, tout en étant employée, sombre petit à petit dans la misère. Ceci constitue aussi un phénomène macroéconomique majeur. Dans une telle situation, la demande intérieure est nécessairement comprimée et la croissance en pâtit. On n’a pu la maintenir à un certain niveau que par l’intermédiaire de dépenses publiques qui ont certainement eu un effet intéressant en matière de hausse de la croissance mais qui ont aussi provoqué une dérive de l’endettement global du pays. Il semble bien que, aujourd’hui, nous ayons touché les limites d’un tel système.

     

    On peut alors calculer l’effet sur l’emploi de cette stagnation d’une partie des revenus salariaux à 1 % au minimum et plus probablement à 1,5 % de la population active. Alors qu’avant la crise le taux de chômage en France était de 8,3 %, l’effet net du libre-échange (une fois décomptées les créations d’emploi induites par le surplus d’exportations découlant des règles du libre-échange) représenterait ainsi au moins la moitié et au plus 60 % de ce taux (4 à 5 % de la population active). Une partie de ce chiffre recoupe les effets directement induits par l’Euro et par l’Union européenne. C’est donc au total près de 80% des 4,5 millions de chômeurs qui sont dus soit directement soit indirectement à la politique de l’UE.

     

    Peut-on changer l’UE ?

     

    Face à cette situation, des femmes et des hommes politiques appellent sans cesse depuis maintenant près de trente ans à des réformes de la CEE et de l’Union européenne. Le Président Mitterrand avait, dans son débat télévisé avec Jacques Chirac en 1988, et comme l’a rappelé le comédien Jacques Weber, indiqué qu’une harmonisation des salaires et des règles fiscales était nécessaire à la construction du « grand marché » que postulait « l’acte unique ». Il y était revenu dans les polémiques autour du référendum pour le traité de Maastricht. Force est de constater que rien n’a été fait.

     

    A chaque fois que se profile une nouvelle échéance électorale, ces mêmes politiciens, ou leurs successeurs, viennent nous dire que, certes, il faut changer des choses à l’Union européenne, mais qu’il faut surtout la préserver. Ont-ils seulement réfléchi qu’en théorie des jeux, tout joueur qui dit d’emblée qu’il veut avant tout préserver le statuquo se prive irrémédiablement des moyens de le faire évoluer ? De ce point de vue, la seule cohérence qui existe dans le discours d’Emmanuel Macron est sa préférence européenne. C’est un choix, et l’on peut le partager. Mais, il interdit totalement à M. Macron de prétendre faire évoluer l’UE et la changer de l’intérieur. Car, le changement ne peut passer par moment que par des affrontements. Dans la situation actuelle, cela veut dire avant tout par un affrontement avec l’Allemagne. Il faut en avoir conscience. Pour pouvoir, par la suite travailler « avec » l’Allemagne, il faudra d’abord se battre contre elle. C’est aussi une chose que feint d’ignorer M. Macron, et qui invalide tout son discours sur un changement de l’UE.

     

    Il faut donc construire un rapport de force et, pour cela, il faut être conscient que cela implique une autre solution, que est celle de quitter justement l’UE. C’est le fait que cette solution soit raisonnablement évoquée qui peut permettre de construire ce rapport de force. La politique du Général de Gaulle, au début des années 1960, dite de la « chaise vide », condamnait la CEE à la paralysie. Depuis que la règle de l’unanimité a été supprimée pour certaines décisions, cette méthode ne peut plus être utilisée. Seule, la menace d’une sortie de l’UE peut la remplacer. De ce point de vue, la sortie de l’UE doit bien être envisagée, sans être pour autant souhaitée comme le « premier choix » mais comme une alternative raisonnée aux politiques de capitulations qui ont été trop souvent celles des gouvernements respectifs de la France.

     

    La coordination et la coopération avant l’Union ?

     

    L’heure est donc venue de revenir sur un certain nombre de points à des politiques nationales coordonnées, qui sont seules capables d’assurer à la fois le développement et la justice sociale. Il convient ici de souligner que c’est par des coordinations et des coopérations que furent lancés les grands succès industriels dont on crédite, bien à tort, l’UE : Airbus (descendant de la coopération franco-allemande sur le programme Transall), ou Ariane.

     

    Ces politiques sont déjà à l’œuvre dans un certain nombre de pays. À cet égard, le retard qui a été pris sur le continent européen est particulièrement tragique. Sous prétexte de construction d’une « Europe » dont l’évanescence politique se combine à l’incapacité de mettre en œuvre de réelles politiques industrielles et sociale, nous avons abandonné l’horizon de ces politiques. Mais, comme le rappelle Dani Rodrik, le problème n’est plus le pourquoi de telles politiques mais il doit désormais en être le comment[7]. De telles politiques se doivent d’être globales et d’inclure la question du taux de change et celle de l’éducation et du développement des infrastructures. Ces politiques, qui sont celles de pays comme la Corée du Sud (43 millions d’habitants) de Taiwan, de la Malaisie, impliquent que l’Etat se dote des instruments qui lui permettent de jouer son rôle en matière de stratégie et de coopération pour les grandes entreprises.

     

    Il faut aujourd’hui constater que sur la plupart de ces points l’Union européenne, telle qu’elle fonctionne, s’avère être un redoutable obstacle. C’est en effet à l’Union Européenne que l’on doit les politiques d’ouverture qui ont accéléré la crise structurelle de nos industries depuis les années 1990. C’est toujours à l’Union européenne que l’on doit la détérioration croissante du système d’infrastructures dans le domaine de l’énergie et du transport qui fit pendant longtemps la force de notre pays. Il est possible de changer ces politiques. Mais, si les résistances devaient apparaître comme trop fortes, il faudrait se résoudre à re-nationaliser notre politique économique. Une action au niveau européen est certainement celle qui nous offrirait le plus de possibilités, mais on ne doit nullement exclure une action au niveau national si un accord se révélait temporairement impossible avec nos partenaires.

     

    Une dé-globalisation marchande est donc en marche, parce que le phénomène de la globalisation marchande a atteint ses limites, tant sociales qu’écologiques, et devient aujourd’hui une menace pour une partie des classes dirigeantes dans certains pays. Mais elle ne s’attaquera pas à la seule globalisation marchande. En effet, en même temps que cette dernière se mettait en œuvre, on a assisté à un mouvement de globalisation financière qui atteint, lui aussi, ses limites, comme l’a démontré la crise financière que nous connaissons depuis l’été 2007, et qui est loin d’être finie.

     

    L’UE et la « globalisation »

     

    L’Union européenne telle qu’elle existe de manière institutionnelle, soit à vingt-sept membres, ne remplit aujourd’hui aucune des conditions pour entamer une rupture avec la globalisation. Elle est trop engagée dans ce processus pour que l’on espère pouvoir attirer vers les positions que l’on a présenté les vingt-six autres pays. Les directives de Bruxelles en ont été les vecteurs.

     

    En fait, le choix présenté, soit poursuivre dans la voie actuelle de l’Europe avec son cortège de faibles croissances et de soumission à la globalisation, soit entamer un nouveau cours donnant la priorité à la croissance la plus forte possible, au plein-emploi et à l’émergence d’un nouveau projet social, provoquera une cassure décisive entre nos partenaires. Encore faut-il que ce choix ne soit pas virtuel. C’est dans la concrétisation unilatérale des premières mesures de ce choix que nous pourrons voir quels sont les pays qui sont réellement prêts à nous suivre.

     

    Aussi faudra-t-il commencer par prendre des mesures unilatérale, moins pour nous dégager du carcan qui pèse sur nous que pour susciter cette fracture trop longtemps retardée et plus que jamais nécessaire.

     

    On dira que ceci nous mettrait au ban de l’Union européenne, dont nous ne respecterions plus les traités. Il faut pourtant savoir que la supériorité des règles et lois nationales sur les directives européennes a été affirmée, une nouvelle fois, en Allemagne lors d’un arrêt de la cour constitutionnelle de Karlsruhe. L’arrêt du 30 juin 2009 stipule en effet qu’en raison des limites du processus démocratique dans l’Union européenne, seuls les États-nations sont dépositaires de la légitimité démocratique[8]. En décidant de suspendre temporairement l’application de certaines des directives européennes, nous serions ainsi dans notre droit. Soit l’Union européenne serait sommée de les réécrire et de rouvrir le débat sur la globalisation financière et la globalisation marchande, soit elle entrerait dans un processus d’explosion. En effet, certaines des mesures que l’on a proposées auraient de tels effets sur nos voisins qu’il leur faudrait les imiter au plus vite ou accepter de voir leur propre situation se dégrader. Ce n’est donc nullement à une politique de « cavalier solitaire » que nous appelons. Ces mesures ont trop de sens pour ne pas susciter l’imitation et, à partir de là, ouvrir la voie à de nouvelles coordinations. Mais il est effectivement probable qu’elles signifieraient la mort de l’Europe telle que nous la connaissons et la naissance de nouvelles alliances.

     

    Comment pourrait-on procéder ? On oublie trop souvent la présence dans la constitution française d’un instrument adapté aux situations d’urgence, telle que nous la connaissons. C’est l’article 16. Qui aujourd’hui peut contester que le fonctionnement de nos institutions (y compris sociales) et l’indépendance du pays ne soient immédiatement et directement menacées ? L’usage de l’article 16 est ainsi parfaitement justifié et légitime. Les mesures de mises en œuvre sont par ailleurs des « acte de gouvernement » que le Conseil d’État n’a pas à juger[9].

     

    Le scénario que l’on décrit ici n’est pas celui d’un « splendide isolement » de la France, ni celui d’un quelconque « repli sur soi » qui n’existe que dans l’esprit de ceux qui ne réfléchissent pas, mais d’une rupture qui rebatte les cartes et mette nos partenaires au pied du mur. Nous aurions enfin la possibilité de remettre la construction européenne sur ses rails et de lui faire emprunter la voie dont elle n’aurait jamais dû se départir, celle du plein-emploi et du progrès social, fusse au prix de ruptures et de reconfigurations importantes de cette union.

     

    Notes

    [1] http://www.france5.fr/emissions/c-politique

    [2] http://www.pewglobal.org/2016/06/07/euroskepticism-beyond-brexit/

    [3] Sapir J., La Démondialisation, Paris, Le Seuil, 2011.

    [4] Sapir J., La Fin de l’Eurolibéralisme, Paris, le Seuil, 2006.

    [5] JEC, U. S. Senate, 26 août 2008. Voir aussi U. S. Congress, State Median Wages and Unemployment rates, prepared by the Joint Economic Committee, US-JEC, juin 2008.

    [6] R. Bigot, « Hauts revenus, bas revenus et “classes moyennes”. Une approche de l’évolution des conditions de vie en France depuis 25 ans », Intervention au colloque « Classes moyennes et politiques publiques » organisé par le Centre d’analyse stratégique, Paris, 10 décembre 2007.

    [7] D. Rodrik, « Industrial Policy: Don’t Ask Why, Ask How », Middle East Development Journal, 2008, p. 1-29.

    [8] Voir H. Haenel, « Rapport d’Information », n° 119, Sénat, session ordinaire 2009-2010, 2009.

    [9] Arrêt Rubin de Serven du 2 mars 1962.

    Publié par  El Diablo

    JUNCKER, la commission EUROPÉENNE et la DÉMOCRATIE...

    JUNCKER, la commission EUROPÉENNE et la DÉMOCRATIE...

    Publié par  El Diablo

    L’apocalypse continue au ROYAUME-UNI : le taux de CHÔMAGE au plus bas depuis 1975

    photo d'illustration (source: blog.univ-angers.fr)

    photo d'illustration (source: blog.univ-angers.fr)

    Contrairement aux prévisions apocalyptiques des commentateurs anti-Brexit, le marché du travail britannique se porte bien. Loin de se dégrader, la situation de l’emploi s’est même améliorée, le Royaume-Uni ayant enregistré des créations d’emplois au cours des derniers mois.

    Selon les données du Bureau britannique des statistiques (ONS) rendues publiques le 12 avril dernier, entre les périodes septembre-novembre 2016 et décembre 2016- février 2017, le nombre de personnes ayant un emploi a augmenté de 39 000. Et si l’on remonte un an en arrière, le différentiel est de 312 000.

    […]

    LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

    L'apocalypse continue au Royaume-Uni : le taux de chômage au plus bas depuis 1975 - Ruptures

     

     

    L'apocalypse continue au Royaume-Uni : le taux de chômage au plus bas depuis 1975 - Ruptures

    Contrairement aux prévisions apocalyptiques des commentateurs anti-Brexit, le marché du travail britannique se porte bien. Loin de se dégrader, la situation de l'emploi s'est même améliorée, ...

     

    https://ruptures-presse.fr/actu/royaume-uni-brexit-c

    25 avril 1974, entretenir la mémoire pour en 2017 construire l'avenir

    Publié le 26 Avril 2017

    Le jour où les fusils fleurirent

    et cessèrent de réprimer et de tuer

     

    Canaille le Rouge dédie le bouquet en fin de cette page, brassée portée par Georges Moustaki à toutes celles et tous ceux que chaque victoire fait vibrer et qui persistent à travailler pour en imposer d'autre.

     

    Quatre minutes d'émotion, de joie et toujours d'espoir.

     

    La Canaille a le plaisir de vous les offrir.

     

    Chaque 25 avril qui est avec la défaite de l'impérialisme US au Vietnam un peu le 14 juillet, le 18 mars le 7 novembre de la génération de l'après 68

    25 avril 1974, entretenir la mémoire pour en 2017 construire l'avenir
     
     
    25 avril 1974, entretenir la mémoire pour en 2017 construire l'avenir
     
     
    25 avril 1974, entretenir la mémoire pour en 2017 construire l'avenir
     
     
    25 avril 1974, entretenir la mémoire pour en 2017 construire l'avenir
     
     
    25 avril 1974, entretenir la mémoire pour en 2017 construire l'avenir
     
     
    25 avril 1974, entretenir la mémoire pour en 2017 construire l'avenir
    25 avril 1974, entretenir la mémoire pour en 2017 construire l'avenir
    Dès avant cette date, l'oeillet rouge était la fleur préférée de La Canaille, cette date a renforcée ce choix
     
     

    Dès avant cette date, l'oeillet rouge était la fleur préférée de La Canaille, cette date a renforcée ce choix

     

     

    Rédigé par Canaille Lerouge

    Mercredi 12 avril 2017

    Allemagne : Schulz fait sienne la recette austéritaire allemande pour l'UE 

    Le texte ci-dessous est la traduction d'un article paru le 10 avril dans le Financial times . Cet article relaie les récents propos de Martin Schultz, candidat social-démocrate à la chancellerie dans le cadre des législatives allemandes de septembre 2017 et rival d'Angela Merkel. 
     
    Schulz avait jusque-là le vent en poupe dans les sondages, après qu'il a remplacé Sigmar Gabriel – actuel ministre de Merkel – à la tête du SPD. Il semble que l'effet « nouvel tête » fonctionnait bien, de même que la « gauchisation » du discours social-démocrate. 
     
    Cette gauchisation (dont l'efficacité électorale est devenue douteuse après le résultat des élections régionales en Sarre) a laissé penser un temps aux partisans de la « réorientation de l'Europe de l'intérieur » qu'en cas d'élection de Martin Schulz leur projet « d'autre Europe » avait des chances d'aboutir. Notamment si un candidat gentil-européiste gagnait préalablement la présidentielle française de mai. L'alignement des planètes fédéralistes serait alors réalisé, et l'on pourrait faire une « union de transferts » sur la base d'un budget fédéral, d'eurobonds, d'un Parlement de la zone euro. Peut-être même pourrait-on re-re-re-sauver la Grèce, mais cette fois pour de bon, en restructurant une partie de sa dette (il faut n'avoir jamais entendu Martin Schulz, alors président de Parlement européen, s'exprimer sur le cas grec durant la crise de 2015 pour croire à pareille fable, mais bon....). 
     
    La sortie sur l'Europe de Schulz pose un pavé dans jardin de ceux qui pensent – c'est devenu un poncif en vogue – que « l'Allemagne est plurielle » (oui, sans doute l'est-elle, mais pas sur l'Europe, parce qu'elle a des intérêts nationaux qui sont pérennes comme tous les pays du monde, et qu'ils ne vont pas changer parce que Schulz remplace Merkel) et que le problème n'est pas « l'Allemagne essentialisée » mais « la droite allemande ». 
     
    Voici donc un aperçu de ce que pense le candidat social-démocrate Martin Schulz. Où l'on voit que la réorientation, c'est vraiment, vraiment pas pour demain. 
     
    Allemagne : Schulz fait sienne la recette austéritaire allemande pour l'UE  
     
    Source originelle ici
     
    Martin Schulz vient d'affirmer qu'il n'assouplirait la position pro-austérité de l' Allemagne s'il était désigné comme chancelier cette année, une annonce qui ne manquera pas de désappointer ceux qui, en Europe, attendent du dirigeant social-démocrate qu'il ouvre la voie à un changement de la politique allemande en zone euro. 
     
    A l'occasion de sa première rencontre avec la presse étrangère depuis qu'il a été élu chef du SPD le mois dernier, M. Schulz a envoyé un message de continuité, suggérant qu'il n'y aurait pas, s'il remplace Angela Merkel, de grand changement quant aux exigences allemandes relatives la réduction des dettes et à la conduite de réformes structurelles. Il a affirmé que l'Allemagne avait un « intérêt majeur » à ce que tous les États membres de l'UE s'acheminent vers une croissance stable «mais que pour y arriver, des réformes sont nécessaires dans certains de ces pays ». 
     
    Ce propos contraste fortement avec la rhétorique qui était la sienne quand il était président du Parlement européen, s'opposait à l'austérité et défendait avec vigueur une approche plus indulgente des difficultés de l'Europe du Sud. En 2012, lorsque la crise de la dette grecque faisait rage, il avait par exemple dit qu'il trouvait « la situation bizarre en Europe » alors que 26 pays sur 27 étaient en faveur d'une aide plus généreuse à Athènes et qu'un seul était contre, l' Allemagne de Mme Merkel. 
     
    Interrogé lundi sur la question de savoir si la Grèce pourrait rester dans la zone euro, il a répondu que cela dépendrait « de la mise en œuvre des réformes ». Une reprise très claire de la ligne de Mme Merkel et de celle de son inflexible ministre des Finances Wolfgang Schäuble. 
     
    M. Schulz est sous pression pour surmonter la crainte des électeurs allemands qu'il se montre laxiste envers la Grèce et d'autres pays de la zone euro endettés. Beaucoup d'électeurs considèrent Mme Merkel et M. Schäuble comme des champions de la rigueur face au fléau du  laxisme Europe du Sud, donc comme des dirigeants plus crédibles. Selon le « baromètre » publié par la chaîne de télévision ZDF vendredi dernier, 34 % des sondés trouvent Mme Merkel plus fiable que son challenger, 31 % la trouvent plus sympathique et 46 % plus compétente. Une autre enquête publiée lundi suggère que la montée dans les sondages qui a suivi la désignation de M. Schulz comme chef du SPD pourrait être enrayée. Le sondage place le bloc conservateur de Mme Merkel à 33 % et les sociaux-démocrates à 31,5 %. Du coup, le dirigeant du SPD a également renoncé à une proposition qu'il avait évoquée au cours de la crise de l'euro et qui fut vivement combattue par Mme Merkel, celle de mutualiser les dettes de la zone euro par l'émission d'eurobonds. « La seule chose qui vaille à propos des Bond c'est James, » a-t-il plaisanté. Il a ajouté que l'idée avait été rendue caduque par la création du Mécanisme européen de stabilité, le fonds de sauvetage de la zone euro. 
     
    Mais il reste une question sur laquelle M. Schulz défend une position distincte de celle de Mme Merkel et de démocrates-chrétiens. Une question pourrait le mettre sen délicatesse avec le président américain Donald Trump.  
     
    Le gouvernement allemand a en effet promis d'augmenter ses dépenses de Défense pour les faire passer de 1,2 % à 2 % du PIB, conformément à ses engagements vis à vis de l'OTAN. Mme Merkel a réitéré cette promesse lors de sa récente rencontre avec M. Trump, lequel a fait valoir que les partenaires européens des États-Unis -  en particulier l'Allemagne - dépensaient trop peu pour leur Défense et comptaient trop sur les États-Unis. Mais M. Schulz a pris ses distances avec ce point de vue, affirmant qu'il n'était « pas d’accord sur le fait qu'il ait été convenu avec l'OTAN que nous devions atteindre cet objectif de 2 % du PIB ». Il a rappelé que cela signifierait « plus de 20 milliards d'euros de dépenses supplémentaires par an au cours des prochaines années », ce qui constituerait un « fardeau financier important sur l'Allemagne ». « Ce n'est certainement pas l'objectif qu'un gouvernement que je dirigerais poursuivra » a-t-il ajouté. « Ce dont nous avons besoin  ce sont des initiatives de désarmement et davantage d'investissements dans la prévention, pas d'une nouvelle course aux armements », a-t-il conclu.
     

    Publié par 

    Comment l’Union Européenne a imposé les maïs OGM à la France

     

    par Bernard Pinon (son site) 
    mardi 18 avril 2017

    C’est une histoire édifiante qui illustre bien le fonctionnement de l’Union Européenne.

     

    Tout commence à la commission européenne. Celle-ci, pour des raisons qu’on ignore mais derrière lesquelles de mauvaises langues ont vu un soupçon de lobbying, décide d’autoriser la commercialisation du maïs OGM (Organisme Génétiquement Modifié) Monsanto.

     

    Pour cela, elle doit obtenir l’aval du conseil des ministres de l’agriculture des 28 pays membres. Elle réunit donc ce conseil et présente son projet. Rendons hommage à la France qui s’est bien battue pour rejeter cette proposition. S’en suivit un vote des ministres qui a dégagée une majorité de votes contre.

     

    Oui mais, le vote de ce conseil se fait à la majorité qualifiée, c’est à dire que chaque état a un nombre de voix qui correspond à son poids démographique. Plus précisément, pour qu’une décision soit adoptée, elle doit l’être par 72% des états-membres représentant au moins 65% de la population, avec une minorité de blocage d’au moins quatre états représentant 35% de la population. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

     

    Et là il y a un hic : le non n’obtient pas la majorité qualifiée, ni le oui d’ailleurs. C’est comme si le conseil s’était abstenu : ni pour, ni contre.

     

    Pendant ce temps, le parlement européen, qui a eu vent de l’affaire, décide de s’en saisir. Effectivement, la commission n’est obligée de saisir le parlement européen (codécision) que dans certains domaines comme la culture ou l’environnement, mais pas pour l’agriculture qui, comme chacun sait, n’a rien à voir avec l’environnement.

     

    S’ensuit un débat puis un vote qui dégage une majorité de non. La commission en prend acte, mais rappelle que dans ce domaine, le vote du parlement n’est que consultatif.

     

    A la même époque, des sondages sont réalisés dans la plupart des pays de l’union, qui montre clairement que la majorité des européens sont opposés aux OGM.

     

    Résumons-nous :

     

      • une majorité de pays est contre mais ce n’est pas suffisant pour constituer une décision


      • une majorité de députés européens est contre mais leur avis n’est que consultatif


        • Les peuples européens sont en majorité contre mais qui les écoute ?

    Dans un système démocratique, cela aurait dû suffire pour que la commission retire sa proposition. Mais que croyez-vous qu’il arriva ? La commission l’a maintenue en vertu des traités européens qui lui en donnent le droit. Cette proposition s’applique alors à tous les états sans discussions. Dans les institutions européennes on a une curieuse conception de la démocratie…

     

    La France s’est donc vue dans l’obligation d’accepter d’importer du bon maïs Monsanto, tant pour l’alimentation animale qu’humaine, maïs que vous retrouverez dans votre assiette que cela vous plaise ou non, directement ou indirectement.

     

    Pour l’instant la France fait de la résistance sur la culture de ce maïs sur son sol mais elle en paye le prix lourd. En effet, tout retard dans la transposition d’une directive européenne entraîne des pénalités financières très lourdes. Combien de temps pourra-t-elle tenir, et le prochain gouvernement en aura-t-il la volonté ?

     

    Dans ses mémoires, Jacques Delors qualifiait l’UE de « despotisme éclairé ». C’est sûr, c’est plus acceptable qu’une dictature aveugle, on se demande juste : éclairée par qui ? Cette histoire montre bien que ce n’est pas par les peuples.

     

    Et cela ne va pas s’arranger puisqu’avec l’adoption du traité de libre-échange avec le Canada, les Etats-Unis pourront, via l’accord de libre-échange qu’ils ont avec leur voisin du nord, venir tranquillement déverser leurs produits chez nous.

     

    Bon appétit.

     

    Post-scriptum : les institutions européennes sont nombreuses et complexes et il convient de bien distinguer l’Europe et l’Union Européenne :

     

    • l’Europe comprend des institutions inter-gouvernementales comme l’OSCE ou le Conseil de l’Europe (dont fait partie la Russie). C’est l’Europe qui nous a donné Airbus et Ariane, par exemple.

    • L’Union Européenne est une institution proto-fédérale composée entre autres du conseil, du parlement et de la commission. C’est l’Union Européenne qui nous a donné le maïs OGM, la loi Macron ou la loi El-Khomri.

    Sortir de l’Union Européenne, contrairement à ce que vous pourrez entendre, ce n’est donc pas quitter l’Europe. Une précision bien utile en cette période électorale.

    Publié par  El Diablo

    MELENCHON ne veut pas sortir de l'U.E. et de l'euro il est sûr de pouvoir « renégocier les traités »... 

    Photo d'illustration : Jean-Luc Mélenchon au parlement européen (source : Agoravox TV)

    Photo d'illustration : Jean-Luc Mélenchon au parlement européen (source : Agoravox TV)

    Mélenchon assure qu'il ne veut sortir ni de l'Europe ni de l'euro

    Le candidat de la France insoumise considère les autres pays de l'Union européenne ni comme des ennemis, ni comme des maîtres, mais comme des "partenaires".

    Le candidat à la présidentielle française Jean-Luc Mélenchon a assuré mardi qu'il ne souhaitait sortir ni de l'Europe ni de l'euro, enjoignant ses détracteurs à "un peu de sérieux" sur cette question, lors d'un meeting à Dijon. "Ne croyez pas ce qu'ils vous disent : 'il veut sortir de l'Europe, de l'euro' (...), allons, un peu de sérieux", a déclaré le candidat de La France insoumise dont le discours estretransmis par hologramme dans six autres villes françaises.

    "Sûr" de parvenir à renégocier. Il a évoqué des "enjeux immenses de savoir si nous allons nous opposer les uns aux autres en Europe ou si nous allons faire baisser les tensions qui existent entre les peuples". Attaqué par ses concurrents sur sa volonté d'appliquer immédiatement son plan B consistant à sortir des traités européens avec les pays qui souhaitent accompagner la France, Jean-Luc Mélenchon s'est dit "sûr" de parvenir à négocier une modification des traités. "Je suis sûr d'y arriver parce que jusqu'à présent personne (en France) n'a jamais dit 'non'", a-t-il argumenté devant, selon son équipe, plus de 35.000 personnes réparties en sept sites.

    Il a rappelé qu'en Europe, les autres pays "ne sont pas nos ennemis mais ne sont pas aussi nos maîtres, ils sont nos partenaires et dans un partenariat on discute des problèmes pour les régler".

    SOURCE:

    VOIR ÉGALEMENT LE LIEN CI-DESSOUS:

    Renégociation des traités: Mélenchon peut-il convaincre l'Europe?

     

    Renégociation des traités: Mélenchon peut-il convaincre l'Europe?

    En chair et en os, comme en hologramme, Jean-Luc Mélenchon a tenu mardi soir à faire une mise au point sur son programme européen. " Ne croyez pas ce qu'ils [les autres candidats] vous disent : ...

     

    http://m.20minutes.fr/elections/2052695-20170419

    Publié par  El Diablo

    TURQUIE: courte victoire du OUI, EMBARRAS à Bruxelles et Berlin

    TURQUIE: courte victoire du OUI, EMBARRAS à Bruxelles et Berlin

    Le président turc a gagné le référendum qu’il organisait le 16 avril en vue d’une réforme constitutionnelle majeure. Le Oui aux nouvelles dispositions proposées par Recep Tayyip Erdogan et son parti « islamo-conservateur », l’AKP, a obtenu 51,3% des suffrages, avec une participation électorale atteignant 85%.

    Les amendements transformant la constitution devraient entrer en vigueur en 2019. Ils accordent au président des pouvoirs considérablement élargis : disparition du poste de Premier ministre, désignation par le chef de l’Etat de vice-présidents, contrôle par ce dernier du pouvoir judiciaire, transformation du Parlement en quasi chambre d’enregistrement… Sans attendre cette échéance, le président Erdogan pourra dès maintenant légalement (re)devenir le chef de son propre parti ; et désigner le Haut conseil chapeautant juges et procureurs.

    […]

    LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

    Turquie : courte victoire du Oui, embarras à Bruxelles et Berlin - Ruptures

     

     

    Turquie : courte victoire du Oui, embarras à Bruxelles et Berlin - Ruptures

    La réforme constitutionnelle voulue par le président turc a obtenu une très courte majorité lors du référendum du 16 avril. Les libertés publiques, déjà mises à mal, risquent d'être enco...

     

    https://ruptures-presse.fr/actu/turquie-erdogan-referend

    Ankara, Washington, Bruxelles, Berlin, Paris

     

    Publié le 18 Avril 2017

    Démocratie

    Libertés,

    guerre

    et Paix

     

    Ankara, Washington, Bruxelles, Berlin, Paris.

     

    Malgré tous les moyens mis en œuvre par un totalitarisme ultra-réactionnaire du prétendant au sultanat d'Ankara l'opposition a plus que résisté. Seul la fraude, le changement des règles et l'emprisonnement massif des démocrate a permis au plébiscite de passer.

     

    Trump vient de le féliciter Erdogan et fait ainsi d'une pierre trois coups : il valide un résultats dont tous les observateurs disent qu'il est truqué, il adoube une dictature imposée par un plébiscite quand les démocrates sont derrière les barreaux, la torture et mauvais traitement étant en Turquie de tradition, démocrates qui vont risquer la potence ou le peloton d'exécution. Il renforce le porte avion belliciste de l'OTAN au moyen-orient continuant la stratégie impérialiste US digne des plus grands moments des années de Reagan.

     

    Pendant ce temps, l'UE s'inquiète mais ne dénonce pas, l'Elysée caquette mais ne ne se prononce pas.

     

    Merkel cheffe de file des Eurocrates " appelle à un dialogue respectueux " (sic) ; ça va rassurer les tabassés dans les camions, les entassés dans les prisons, les violées dans les commissariats.

     

    Ce n'est pas un hasard si le même jour le gouvernement de Tel Aviv renforce encore plus la répression contre les détenus palestiniens et si des armes US partent par une noria de navires gros porteurs depuis Livourne vers la Jordanie pour alimenter on ne sait que trop bien quelles milices soutenues par l'OTAN sans que l'UE ne s'inquiète et pendant que Blummollet caquette.

     

    Alors que dans le propre camp " occidental " des voix autorisée dont l'ancien ambassadeur de Grande Bretagne à Damas s'engagent publiquement pour dire que si ce sont bien des armes chimiques qui sont responsables ce n'est pas des armes chimiqueslarguées par l'armée d'Assad qui a massacré en Syrie, que ces diplomates exigent une commission d'enquête internationale réellement impartiale, alors que les armes de l'UE(dont majoritairement celles venues de France) massacrent par centaines des gosses auYémen dans ici, le plus grand silence médiatique, Erdogan et Trump à l'issue du plébiscite en turquie ont « évoqué l’action des Etats-Unis en réponse à l’usage par le régime syrien d’armes chimiques ».

     

    Dans la même semaine Trump aura largué un engin qui fait partie des armes de destruction massive dénoncé par l'ONU quasiment sous les applaudissements des média et hancelleries pris d'orgasmes homicides.

     

    La bataille pour la paix est toujours liée à la bataille pour la liberté et la démocratie.

     

    Pas possible de mener l'une sans pousser les autres.

     

    Tout recul de l'une ouvre l'espace pour la régression des autres

     

    Ce week-end de pâques vient de dramatiquement les démontrer.

     

    A la veille du premier tour de la présidentielle, ce débat ne semble pas être une préoccupation première des candidats.

     

    Rédigé par Canaille Lerouge

    Publié par  El Diablo

    UNION EUROPÉENNE: Trois citations ébouriffantes de Pierre MOSCOVICI, commissaire européen PS

    Pierre Moscovici (source photo:  Lelab Europe1)

    Pierre Moscovici (source photo: Lelab Europe1)

    Après une première sélection de trois citations époustouflantes, nous proposons un nouveau pot-pourri de déclarations savoureuses. Mais cette fois-ci elles sont toutes de Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques. Ce traitement de faveur semble justifié tant l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande s’est surpassé dans une interviewà EurActiv (13 avril 2017) consacrée à l’élection présidentielle française.

    Voici donc les perles du fier commissaire austéritaire :

    « Rien ne justifie l’europessimisme français. »

    Pas même le chômage, le développement des inégalités économiques et sociales, les reculs démocratiques, la disparition de la souveraineté populaire, l’abandon de l’indépendance nationale, les délocalisations, la désindustrialisation, la dégradation de la condition des agriculteurs et des pêcheurs, l’effritement progressif des services publics, la prolifération du travail précaire, les tensions internationales, les manœuvres menaçantes de l’OTAN, la situation des pays du sud de l’Europe, la surveillance de la population de plus en plus étroite et intrusive ?… Arrêtons-nous là dans cette populiste par charité pour le fonctionnaire européen qui, selon LeMonde.fr, touche « une rémunération mensuelle brute de 24 565,15 euros ». Le populisme est par contre net dans cette précision salariale.

    […]

    LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

    Comment l’Albanie est devenue l’immense poubelle de l’Europe

     

    17 Avril 2017

    Comment l'Albanie est devenue l'immense poubelle de l'Europe
    Décharge sauvage dans les environs de Tirana en Albanie (GENT SHKULLAKU / AFP)

    Le petit pays des Balkans pourrait devenir un paradis pour touristes. C’est hélas une immense décharge à ciel ouvert. Depuis une vingtaine d’années, il importe des déchets étrangers pour faire tourner son économie. Un commerce des ordures qui fait la part belle aux organisations criminelles.


    Assise à même le sol, seule au milieu d’une immense mer puante de déchets multicolores, Rabije, 62 ans, fume. Une odeur pestilentielle flotte dans l’air épais. A côté d’elle, un tas de vieilles bouteilles en plastique qu’elle a collectées une par une, à la main, dans cette gigantesque décharge à ciel ouvert de Sharra, près de Tirana. Au loin, des bulldozers vrombissants remuent, aplanissent et enfouissent des monceaux d’ordures fraîches, faisant cracher la fumée noire de leur diesel.

     

    Depuis 25 ans, Rabije survit grâce à ce travail. « Je vais amener ce tas de bouteilles en plastique à l’usine de recyclage et je vais en tirer de 800 à 1.000 leks (6 à 7 euros) », explique-t-elle, le visage marqué par les rides, les mains abîmées par le labeur. Elle parvient à gagner à peine plus de la moitié du salaire moyen (320 euros par mois), à peine de quoi vivre.

     

    « Mais je suis au chômage comme mes six enfants. Certains d’entre eux ont même dû partir à l’étranger pour trouver du travail », raconte Rabije.

     

    Beaucoup de chiffonniers ne gagnent pas plus d’une centaine d’euros par mois.

     

    Plusieurs dizaines de milliers de personnes vivraient ainsi du ramassage de déchets pour le recyclage. La majorité fait partie de la minorité rom, tzigane (100.000 à 150.000 des quelque 3 millions d’habitants). D’autres sont souvent des paysans pauvres du Nord. Ardit Gjoklaj, un jeune paysan de 17 ans, originaire des régions montagneuses et déshéritées du pays, était venu à Tirana l’été dernier pour se faire un complément d’argent dans la décharge de la capitale. Il est mort, écrasé par un bulldozer, dans la nuit du 7 au 8 août, vers 3 heures du matin alors qu’il triait les déchets. Car Sharra est exploitée 24 heures sur 24. Pour étouffer l’affaire, le corps a été déplacé. Et les journalistes ont été interdits d’accès.

    Des décharges sauvages

    En Albanie, la question des ordures est devenue hypersensible, une cause nationale. Après l’anarchie des années 90, où l’Etat albanais s’était quasiment effondré, laissant place à tous les trafics, l’importation des déchets étrangers – sous conditions – avait été légalisée en 2003. En 2011, le parti démocratique, alors au pouvoir, avait totalement autorisé leur importation, voulant faire de leur retraitement l’un des piliers de l’économie à la dérive. Mais la société albanaise ne l’a pas entendu ainsi : en 2013, le gouvernement socialiste d’Edi Rama a remporté les élections principalement parce qu’il avait promis de mettre fin à ce commerce des ordures. Et il a bel et bien abrogé cette loi. Mais aujourd’hui, le Premier ministre a tourné casaque. Pour le plus grand bonheur de toute une panoplie d’industriels qui transformeraient bien l’Albanie en poubelle de l’Europe.

     

    Eduard Shalsi est l’un des trois députés du Parti socialiste au pouvoir qui a présenté la nouvelle loi sur l’importation des déchets au Parlement. Dans son bureau cossu de l’Assemblée, il se justifie très longuement. Il n’a pas oublié la promesse de son parti d’en interdire l’importation.

     

    Mais voilà, « l’industrie du recyclage a besoin de matières premières importées pour pouvoir fonctionner à plein régime car on ne la trouve pas en Albanie », se justifie-t-il.

     

    « Les industries de recyclage ont demandé des importations sinon elles vont faire faillite », insiste-t-il.

     

    Cette industrie compterait une soixantaine d’entreprises, mais ne fonctionnant qu’à 30% de leur capacité faute d’ordures à retraiter. Mais le pays ne recyclerait en réalité que 17% de ses déchets, en raison de ses déficiences en tris et ramassages sélectifs.

     

    Protestations, manifestations, pétition : la société est en ébullition. Avec ses montagnes et ses plages magnifiques, le petit pays des Balkans pourrait devenir un paradis pour touristes. Mais les détritus sont omniprésents. Dans les cours d’eau, au bord des chemins, dans les champs, sur le sable des plages. Et le pays compterait plus d’une soixantaine de décharges sauvages, à ciel ouvert, où se consumeraient les ordures.

     

    Trafics et accidents mortels

     

    Depuis la mort accidentelle du jeune paysan l’été dernier, la déchetterie de Sharra a été fermée. Deux hommes montent la garde à l’entrée. Impossible d’y pénétrer sans une autorisation spéciale de la mairie, qu’il s’avère impossible à obtenir. Ce cite hypersensible est géré conjointement par une société privée et la mairie socialiste de la capitale albanaise.

     

    « Le maire de Tirana avait déclaré que Sharra était une source importante d’emplois légaux. Mais en fait, c’est surtout une source de corruption, d’accidents mortels et d’emplois illégaux, parfois même de mineurs. Bref, très loin de l’image que le maire veut donner », accuse la journaliste Alida Tota, 40 ans.

     

    Rédactrice en chef de la télévision privée Anews, responsable d’un reportage sur cet accident et sur les trafics dans la décharge, Alida Tota s’est vu immédiatement licenciée après sa diffusion. Officiellement pour « mauvaises performances » même si jusqu’alors elle n’avait reçu que des félicitations… « Les autorités craignaient que d’autres histoires de tués dans la décharge ne refassent surface », estime la journaliste qui reçoit, depuis cette affaire, des appels de menaces anonymes.

     

    Pour s’être intéressé de trop près à la décharge de Tirana et à la mort du jeune homme de 17 ans, Artan Rama, 47 ans, journaliste et producteur pour la chaîne privée Vision Plus a lui aussi perdu son travail. « Sous la pression de la mairie qui craint pour son image, notre émission a été arrêtée. Nous y montrions que les autorités n’ont ni les capacités, ni l’expertise pour gérer les déchets. Tout se fait avec des contrats louches, sans transparence, avec des marchés publics douteux », raconte Artan Rama. Les propriétaires de la télévision, qui sont aussi dans le bâtiment, ont été récompensés pour avoir censuré l’émission : « Ils ont obtenu, de façon irrégulière, un contrat de construction public de 10 millions d’euros », raconte le journaliste évincé.

     

    Trafics illégaux depuis l’Italie

     

    Lavdosh Ferrun, militant écologiste vedette et l’un des fondateurs de l’association « Alliance contre l’importation des déchets » (AKIP) dénonce ce qu’il appelle « la mafia des déchets et son lobbying » en Albanie.

     

    Pour lui, « l’élite politique albanaise est, au mieux, manipulée par le crime organisé ».

     

    Pour mettre un terme au commerce des détritus avec l’étranger en 2013, il avait donc joué la carte de la gronde populaire. Il avait réuni plus de 65.000 signatures pour l’organisation d’un référendum. « Et à cause de nos manifestations, le président n’a pas signé la nouvelle loi et l’a renvoyée devant le Parlement », souligne-t-il.

     

    Selon une enquête du site d’information italien Investigative Reporting Project Italy, la police maritime italienne a découvert, dans les années 2000, le transport illégal de matières dangereuses comme de l’électronique usagée, des batteries, des piles, des résidus de chantier de construction, des liquides toxiques d’Italie vers l’Albanie. Toujours selon ce site, des hommes d’affaires italiens liés à la mafia sont impliqués dans ce commerce.

     

    Malgré les restrictions, l’Albanie aurait importé plus de 700.000 tonnes de détritus en tout genre en quelques années, dont une partie viendrait de France. Car les frontières sont poreuses. Dans ce pays pauvre, la corruption fait des ravages. Il suffit de quelques centaines d’euros pour que policiers et douaniers ferment les yeux sur une cargaison. Lulzim Basha, le chef de file du parti démocrate, qui avait voté en 2011 la loi sur l’importation des déchets, assure maintenant qu’une partie du commerce des ordures est sous la coupe d’organisations criminelles « qui veulent des pays où la loi n’existe pas, l’Albanie [du Premier ministre socialiste] Edi Rama étant l’endroit idéal pour cela ».

     

    Le pouvoir de « la mafia des déchets »

     

    Depuis son bureau au Parlement, le député socialiste Eduard Shalsi rejette les accusations sur la « mafia des déchets » : « l’AKIP nage en pleine théorie de la conspiration », assure-t-il. Selon le gouvernement, il s’agit d’une loi « en faveur de l’environnement ». Il assure que la loi répond aux directives européennes qui encouragent le recyclage des déchets et qu’elle permet donc à l’Albanie d’accélérer son intégration à l’UE. « Nous n’autoriserons l’importation que des déchets recyclables, de la matière première. La société civile pourra vérifier la provenance des déchets et il n’y aura que trois points d’entrée », affirme le député socialiste.

     

    Artur Zheji, politologue et directeur du site internet d’information 360°, est un vieil ami du Premier ministre socialiste. Aujourd’hui, il s’inquiète :

     

    « J’en déduis que la mafia des déchets a frappé à sa porte. Ce type de mafia cherche toujours un cadre légal pour faire durer son commerce de mort », dit-il.

     

    Les élections approchent (elles auront lieu en juin) et le parti au pouvoir a besoin d’argent. Quant aux garde-fous promis par le gouvernement, il doute de leur efficacité. « Le Premier ministre donne des garanties qui ne correspondent à rien, car, souligne-t-il, les policiers, les douaniers, toutes les institutions sont corruptibles. Rien ne pourra empêcher l’entrée de n’importe quel déchets, fussent-ils toxiques ». Face à la réaction de la société civile, Artur Zheji estime que son ancien ami a perdu la bataille :

     

    « Faire passer cette loi, dit-il, serait un suicide politique ».

     

    Jean-Baptiste Naudet, envoyé spécial en Albanie

    Jean-Baptiste Naudet

    Jean-Baptiste Naudet

    Journaliste à l’Obs

    15 avril 2017
    L'Italie accepte des coupes budgétaires d'urgence pour satisfaire Bruxelles [par Ruptures]

     

    le 12 avril 2017

     

    L’Italie a approuvé hier – 11 avril – des coupes budgétaires d’urgence afin de respecter ses engagements budgétaires envers l’UE. Le ministre de l’Économie, Pier Carlo Padoan, a annoncé un programme de ventes d’actifs appartenant à l’État ; il s’agit essentiellement de participations dans des entreprises publiques.

    [...]

     

    Lire la suite ci-dessous sur le site de Ruptures.

     

    L'Italie accepte des coupes budgétaires d'urgence pour satisfaire Bruxelles - Ruptures

     

     

    L'Italie accepte des coupes budgétaires d'urgence pour satisfaire Bruxelles - Ruptures

    L'Italie a approuvé hier - 11 avril - des coupes budgétaires d'urgence afin de respecter ses engagements budgétaires envers l'UE. Le ministre de l'Économie, Pier Carlo Padoan, a annoncé un pro...

     

    https://ruptures-presse.fr/actu/italie-austerite-coupes-budgetaires-privatisations-euro-dette-ue/

    La sortie de l’Euro…

     

    Jacques SapirPar  · 

    La question d’une possible sortie de l’Euro commence à émouvoir les marchés financiers avec l’irruption de Jean-Luc Mélenchon dans le trio de tête pour le premier tour de l’élection présidentielle française. On le voit à l’écartement des écarts de taux entre la France et l’Allemagne et avec la montée de la volatilité sur les marchés, et en particulier autour de la dette française. Dans ce trio, désormais devenu un quatuor, nous avons désormais deux candidats (Mme le Pen et M. Mélenchon) qui évoquent une possible sortie de la monnaie unique. Il nous faut donc réfléchir à ce à quoi ressemblerait les premiers jours de présidence de ces deux candidats.

     

    L’un et l’autre, ils ont établi un scénario politique, avec un référendum pour Mme Marine le Pen et une négociation sur le « plan A » pour Jean-Luc Mélenchon, avant de décider si, oui ou non, ils se résoudront à sortir de l’Euro. Ces scenarii sont politiquement cohérents l’un comme l’autre. Ils respectent toutes les formes de la démocratie formelle. Mais, ils ne tiennent aucun compte des réalités économiques et surtout ils ne tiennent pas compte du temps économique et financier qui est très différent du temps politique.

     

    Un référendum impossible

     

    Admettons que Mme Marine le Pen gagne au deuxième tour, voire se trouve en situation favorable dès le milieu de la dernière semaine de campagne du second tour. Il est alors évident que la spéculation va se déchaîner, ne serait-ce que pour tenter d’influencer le vote des français. Concrètement, cela veut dire une envolée des taux d’intérêts et des transferts massifs de capitaux. Il est impossible pour Mme le Pen, si elle devait être élue, de s’accommoder de cette situation qui mettrait l’économie de la France en péril.

     

    Les solutions sont connues : face à la fuite des capitaux, il faut mettre en place un contrôle des capitaux rendant fort coûteux toute transaction financière spéculative et ceci sans pénaliser les mouvements normaux (import-export et tourisme). Face à la montée des taux d’intérêts, il faut exiger que la Banque de France refinance à un taux préférentiel et la dette publique que le gouvernement doit faire « rouler » et une partie des dettes privées. Ces deux mesures (ce ne sont évidemment pas les seules) sont possibles, mais elles exigent :

     

    Une rupture, ne serait-ce que provisoire, avec les traités et règles de l’Union européenne pour pouvoir mettre en place le contrôle des capitaux.

     

    Une rupture avec les règles de l’Union Economique et Monétaire, ce que l’on appelle la « zone Euro » pour permettre à la Banque de France de jouer son rôle.

    Très concrètement, dès que le gouvernement constitué par la nouvelle présidente aura décidé de reprendre le contrôle, même temporaire, sur la Banque de France, comme cette dernière fait partie du « système européen » la Banque Centrale Européenne suspendra ses relations avec elle, voire déclarera les « euros » circulant en France comme ne faisant plus partie de la « zone Euro ». Nous serions alors, par la force des choses, devant une sortie de l’Euro, sortie qui pourrait survenir très vite.

     

    L’autre solution serait que Mme le Pen renie immédiatement ses engagements de campagne et assure qu’en aucun cas elle n’entend sortir de la zone Euro. Car les marchés, et les partenaires européens (au premier rang desquels l’Allemagne), ne se contenteront pas de vagues assurances. Ils voudront des engagements concrets et contraignants.

     

    Dès lors, on comprend que très rapidement, dans la première semaine de sa Présidence, Mme le Pen aura le choix entre se dédire sur un point capital de son programme, ce qui invalidera une grande partie de ce dernier, ou décider qu’ayant la légitimité d’un Président élu, elle doit prendre les décisions qui s’imposent pour sauvegarder les intérêts des français et ne pas attendre un référendum. Elle devra alors user des mesures d’urgence qui sont dans notre Constitution.

     

    Un plan « A » illusoire

     

    Admettons, maintenant que ce soit M. Mélenchon qui soit élu. Il prétendra ouvrir une phase de négociation (plan « A »). Mais, il sera soumis aux mêmes problèmes que Mme le Pen, peut-être un peu amoindris, mais cela n’est nullement sûr. De plus, il sera confronté au financement des mesures sociales qu’il veut mettre en œuvre. Hors, ces dernières impliquent un financement, ne serait-ce que partiel, par la Banque de France. Les économistes responsables de la « France insoumise » ne semble pas comprendre que toute action unilatérale de la Banque de France (qui implique d’ailleurs que cette dernières ait été mise sous l’autorité du gouvernement pour une période provisoire) entraînera immédiatement une réaction brutale de la Banque Centrale Européenne, réaction qui prendra la forme d’une rupture entre la France et la zone Euro et de la non-reconnaissance des « euro français » comme des euros. C’est la menace qui fut appliquée, avec succès, contre la Grèce. Il convient de s’en souvenir.

     

    Dès lors, soit on laisse faire la BCE et les liquidités se raréfient rapidement en France, mettant l’économie à l’arrêt, soit la Banque de France devient l’unique « prêteur en dernier ressort » de l’économie française, et, de facto, nous seront sortis de l’Euro.

     

    On comprend alors que devant ces événements qui auront une apparence dramatique, l’idée d’appeler à une assemblée constituante sera de fait impossible. Soit Jean-Luc Mélenchon s’inclinera immédiatement, connaissant à son tour le sort de Tsipras et partageant sa honte, soit il devra, à l’encontre de ses engagements actuels, se comporter en Président de la Vème République, et user des prérogatives de cette dernière. Mais, lui aussi, sera très rapidement confronté au choix suivant : abandonner la plus grande partie de son programme et « capituler » devant l’Eurogroupe et l’Allemagne, ou réaliser le plan « B » immédiatement. Ce plan « B » immédiat, appelons le « B’ », entraînera les mêmes mesures que celles dont on a parlé à propos de Mme le Pen et la politique économique qu’il faudra alors mettre en œuvre, si l’on veut préserver les intérêts des français, sera très largement identique. Il n’y a pas deux manières de sortir de l’euro mais une et une seule. Toutes les autres politiques aboutiront à des catastrophes.

     

    Penser l’après-Euro

     

    Les idées selon lesquelles on pourrait « négocier » pendant plusieurs mois avant d’aboutir à un tel choix me semblent complètement utopiques, pour ne pas dire farfelues. Le choix sera devant les yeux, et dans les mains, de « la » ou « du » Président dans les jours qui suivront son élection. Et il n’y aura pas de marge de manœuvre pour « finasser », selon le mot du Chancelier Stresemann dans les années 1920. Les marchés financiers, mais aussi les dirigeants de l’Eurogroupe et les dirigeants allemands, exigeront une capitulation totale de la ou du Président français. Que l’on se souvienne sur ce point des « négociations » de juillet 2015 avec la Grèce. Il y aura des voix, que ce soit d’ailleurs dans l’entourage de Mme le Pen ou dans celui de M. Jean-Luc Mélenchon, pour prôner cette capitulation, pour expliquer qu’elle n’est qu’un moindre mal et qu’il faut surtout éviter une rupture franche et nette avec nos partenaires. Ces voix seraient alors, mutatis mutandis, les mêmes que celles qui avaient soufflé aux oreilles de Paul Reynaud en juin 1940, en lui conseillant de se retirer, ouvrant la voie à Pétain et au honteux armistice…

     

    Si cette capitulation devait avoir lieu, il en serait fini pour un temps de la souveraineté du peuple français, encore une fois trahi par ses dirigeants. Ce serait d’ailleurs bien plus tragique dans le cas de Jean-Luc Mélenchon que dans celui de Marine le Pen. Une telle déconfiture, alors que Mélenchon a fait exploser la « gôche libérale » signifierait la destruction de toute gauche en France. La seule alternative serait une révolution violente restaurant alors cette souveraineté perdue. Mais, si la ou le Président se décide à affronter nos partenaires, il devra le faire en s’adossant aux pouvoirs exceptionnels que contient la Constitution et à ce que cette Constitution contient d’éléments de pouvoir charismatique. On comprend que vouloir mettre alors en cause cette même Constitution serait très largement contre-productif.

     

    L’affrontement qui alors aurait lieu ne signifierait pas qu’aucune négociation ne pourrait prendre place par la suite. Mais, pour qu’un espace de négociation puisse apparaître, il faudra que nos partenaires soient convaincus que la sortie de l’Euro est inexorable, que nous avons mis en œuvre un mécanisme sans possibilité de retour, que cette sortie est un fait et qu’ils doivent s’y adapter. D’ailleurs, il est clair qu’une fois la décision de la France prise et affirmée, l’Italie nous emboiterait le pas, suivie rapidement de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce. La négociation porterait alors à la fois sur les conditions de cette dissolution de fait de la zone Euro et sur les contours de l’Union européenne après cette même dissolution. La question des alliances revêtira, alors, une importance capitale.

     

    La ou le dirigeant français devra, alors, avoir une vision claire du mode de coordination et de coopération qu’il veut promouvoir en Europe. Une chose est en effet de parler d’une « Europe des peuples » autre chose est d’imaginer les institutions qui présideraient à son établissement.

     

    Pris dans la campagne électorale, je n’ai pas le sentiment que Mme Marine le Pen et M. Jean-Luc Mélenchon aient réellement imaginé ce à quoi ressembleraient les premiers jours de leur mandature. Parce qu’ils se présentent aujourd’hui comme des candidats de rupture, ils ont besoin, plus que tout autre, de clarté sur ce point.

     

    Portugal : la gauche anti-austérité a divisé le déficit par deux

     

    14 Avril 2017
    Par parenthèse, ce que l’article appelle la gauche radicale ce sont les communistes.
     
    (note de danielle Bleitrach)

    Par AFP –Mis à jour le 14/04/2017 à 11:19 Publié le 13/04/2017 à 18:25

    Le Premier ministre portugais Antonio Costa. [PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP]

     

    L’arrivée au pouvoir au Portugal de la gauche plurielle avait irrité les chantres de l’orthodoxie budgétaire. Un an et demi plus tard, ce pays fragile de la zone euro affiche un déficit public au plus bas depuis 1974 et rentre dans les clous de Bruxelles.

     

    Après avoir divisé par deux le déficit en 2016, à 2%, le Portugal compte le ramener à 1,5% cette année, puis 1% en 2018 avant de viser l’équilibre budgétaire en 2020: ce pari ambitieux figure dans le programme de stabilité adopté jeudi que Lisbonne s’apprête à envoyer à Bruxelles.

    Si le Portugal est encore loin de l’excédent budgétaire affiché par l’Allemagne, il a de quoi faire pâlir d’envie nombre de ses voisins, l’Espagne enregistrant un déficit de 4,5% du PIB en 2016 et la France ratant de peu son objectif avec 3,4%.

     

    Une politique de relance

     

    Qui plus est, le Premier ministre socialiste Antonio Costa a réussi le tour de force de juguler les déficits tout en redonnant du pouvoir d’achat aux Portugais, en augmentant le salaire minimum et les prestations sociales.

    «Nous avons eu l’occasion unique d’en finir avec la théorie selon laquelle l’Europe est condamnée à un avenir fait uniquement d’austérité. Le modèle portugais est une recette exportable dans tout le continent», a assuré le ministre des Finances Mario Centeno.

     

    Cette rigueur dans les comptes a toutefois du mal à passer auprès des alliés du gouvernement minoritaire, le Bloc de gauche appelant les socialistes à «défier la Commission européenne» et le Parti communiste dénonçant «la soumission au diktat de Bruxelles».

     

    La fin des mesures de rigueur

     

    Mis en selle en novembre 2015 grâce à une alliance inédite avec la gauche radicale, Antonio Costa a détricoté nombre de mesures de rigueur adoptées par la droite après l’appel du pays à une aide financière internationale en 2011.

     

    Le gouvernement est ainsi revenu en partie sur la privatisation de la compagnie aérienne nationale TAP, a mis fin aux surtaxes sur les revenus et instauré le retour aux 35 heures dans la fonction publique.

     

    Pour faire passer pour la première fois son déficit en dessous de la barre des 3% fixée par Bruxelles, le Portugal a dû tailler dans l’investissement public, en chute de 30% en 2016.

     

    «A court terme, les perspectives de l’économie paraissent radieuses. Mais à la longue, il sera difficile de répondre aux attentes des Portugais, car les coupes dans les dépenses nuiront à la qualité des services publics», s’inquiète le professeur d’économie Joao Duque.

     

    Optimiste, le gouvernement a revu à la hausse jeudi sa prévision de croissance qui est passée à 1,8%, contre 1,5% auparavant, à l’unisson avec la Banque du Portugal.

     

    Tirée par les exportations, la croissance a bénéficié du boom du tourisme au Portugal, qui a encore battu tous les records en 2016, avec des recettes de 12,7 milliards d’euros.

     

    Des emplois dans le tourisme

     

    Et le tourisme a fourni un quart des emplois créés en 2016 au Portugal, dont le taux de chômage est descendu à 10%, au plus bas depuis 2009.

     

    Du coup, l’état de grâce du gouvernement de gauche perdure, avec 63% d’opinions favorables ou très favorables, contre 25% d’insatisfaits, selon un sondage de l’Université catholique.

     

    «Ma situation s’est améliorée avec ce gouvernement. Avant j’avais 400 euros de pension d’invalidité par mois, maintenant je gagne 15 euros de plus», témoigne José Santos, 57 ans, un ancien maçon.

     

    Un avis qui n’est pas partagé par tous: «Il n’y a pas d’argent, mais les centres commerciaux sont pleins, les gens vivent à crédit et s’achètent des Mercedes. Un jour, ils ne pourront plus payer», s’alarme Jorgeta Guerra, 46 ans.

     

    Car même si le Portugal est bien parti pour sortir de la procédure de déficit excessif, il croule sous une dette publique de 130,4% du PIB. Et ses taux d’emprunt à dix ans frôlent régulièrement la barre des 4%, nettement au-dessus de ceux d’Italie ou d’Espagne.

     

    Publié par  El Diablo

    UNION EUROPÉENNE contre DÉMOCRATIE : on a testé pour vous !

    UNION EUROPÉENNE contre DÉMOCRATIE : on a testé pour vous !
     
     

    Publié par  El Diablo

    Déjà en 2010, l'économiste Jean-Jacques Rosa était favorable au « FREXIT »… [vidéo]

    l'économiste Jean-Jacques Rosa (capture d'écran)

    l'économiste Jean-Jacques Rosa (capture d'écran)

     

    Jean-Jacques Rosa, économiste libéral, est professeur émérite des Universités et consultant en microéconomie et stratégie. Il dirige le Master of Business Administration de Science Po qu'il a créé en 1993.

    Paul Krugman et l’Euro

     

    Par  · 

    Paul Krugman vient de publier une courte note où il explique (en substance) que si l’Europe à « des problèmes » ces derniers ne sont pas liés à l’existence de l’Euro[1], et donc ne sauraient être résolus par les programmes des candidats (Mme Marine le Pen et M. Jean-Luc Mélenchon), qui mettent en cause l’existence de la monnaie unique.

     

    Pour étayer ses dires, il compare la courbe du coût salarial réel de la France à celle de la moyenne de la zone Euro, et le trouve similaire. Il en « déduit » que l’euro n’est pas coupable (tout comme il avait déduit, dans le temps, que « La mondialisation n’est pas coupable »).

     

    Graphique 1

    L’évolution des coûts unitaires salariaux selon Krugman

     

    Le seul problème, c’est que l’euro exacerbe les divergences au sein de la zone euro et que cela n’a aucun sens de prendre une donnée moyenne. Il convient de prendre des données par pays, et pas seulement la France. J’ai donc refait les calculs, et comparé les résultats. On voit (graphique 2), que la France, l’Italie et la Finlande ont des coûts salariaux unitaires nettement plus élevés que ceux de l’Allemagne, de l’Autriche, mais aussi des deux pays du sud de l’Europe qui ont le plus souffert des politiques d’austérité (que dénonce d’ailleurs à juste titre Paul Krugman, l’Espagne et la Grèce).

     

    Graphique 2

    Estimations des coûts unitaires salariaux (source OCDE)

     

    Or, et le FMI l’a démontré de manière très claire dans un document publié l’été dernier, l’Euro abouti à sous-évaluer les coûts en Allemagne et à les surévaluer pour des pays comme la France et l’Italie[2]. J’ai donc repris les calculs faits à partir des données de l’OCDE, mais en supposant que l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne avaient conservé leurs monnaies, et que ces dernières s’étaient appréciées ou dépréciées régulièrement depuis 2000 pour atteindre le niveau d’écart de parité indiqué dans le document du FMI. On peut en voir les résultats dans le graphique 3.

     

    Graphique 3

    On constate que le coût unitaire du travail s’apprécie massivement et instantanément en Allemagne, pour aboutir à un écart de +12% avec la France et l’Italie (et non de -7% comme c’est le cas du fait de l’Euro) et de +22% pour l’Espagne. Autrement dit, c’est bien l’euro qui, du fait de sa sous-évaluation des coûts salariaux unitaires en Allemagne et de leur surévaluation dans les autres pays, engendrent à la fois l’extraordinaire excédent commercial de l’Allemagne (+8% du PIB) mais engendre aussi le phénomène de destruction des emplois industriels que nous avons connus en France, en Italie et en Espagne.

     

    Que Monsieur Paul Krugman veuille porter tel ou tel jugement sur la vie politique en France est parfaitement son droit. Mais qu’il ne falsifie pas les données statistiques pour ce faire.

     

    [1] https://krugman.blogs.nytimes.com/2017/04/11/europe-has-problems-but-le-pen-is-not-the-answer/?_r=0

     

    [2] IMF, 2016 External Sector Report—Individual Economy Assessments, International Monetary Fund, Washington, D.C., 27 juillet 2016.

    Publié par  El Diablo

    LIBÉRATION NATIONALE ET LUTTE DES CLASSES : Débat mardi 18 avril 2017 - Librairie Tropiques à Paris

    LIBÉRATION NATIONALE ET LUTTE DES CLASSES : Débat mardi 18 avril 2017 - Librairie Tropiques à Paris

    Fin avril électoral : « c'est la lutte finale ? »

    Mardi 18 avril 2017 à 19 h 30 : 
    LIBÉRATION NATIONALE ET LUTTE DES CLASSES.

    Dialogue puis débat public entre deux jeunes militants anti-impérialistes « non alignés » :Laurent Dauré et Aymeric Monville sur un thème central du débat politique et idéologique : sortir de l'U.E, de l'euro et de l'OTAN, comment, pourquoi, avec qui, et pour faire quoi... après ?

    SOURCE:

    lundi 10 avril 2017

    Pourquoi B. Johnson enterre-t-il la diplomatie européenne?

    Boris Johnson a annulé sa visite en Russie qui devait se tenir aujourd'hui 10 avril suite aux bombardements en Syrie, que la communauté internationale a attribué au régime syrien sans même s'adresser à l'organisation pour l'interdiction des armes chimiques, qui a garanti la destruction du stock syrien d'armes chimiques. Soit. Mais le ministre britanique des affaires étrangères renonce et enterre ainsi ce qui reste de la diplomatie européenne, confiant la défense de nos intérêts aux Etats Unis.
     
    Bossuet commençait son Discours sur l'histoire universelle par cette phrase:
    "Quand l'histoire serait inutile aux autres hommes, il faudrait la faire lire aux princes: il n'y a pas de meilleur moyen de leur découvrir ce que peuvent les passions et les intérêts, les temps et les conjonctures, les bons et les mauvais conseils."
    La crise internationale autour de la Syrie illustre parfaitement ce triste constat, de princes d'opérettes trop occupés à leur pouvoir pour prendre la mesure de l'histoire. 
     
    Alors que dès 2014, CNN en tête, la communauté internationale se félicitait de la destruction presque totale des armes chimiques détenues par le Gouvernement syrien, que jusqu'en 2016 l'organisation pour la destruction des armes chimiques a toujours confirmé que le régime syrien n'avait plus d'armes chimiques, l'étrange attaque chimique d'Idlib fait ressortir le Djinn de sa bouteille. L'on voit les photos d'enfants tenues à bout de bras à l'ONU, rappelant dangereusement Colin Powell comme le rappelait l'ambassadeur bolivien. Le Président américain décidait du bombardement d'une base militaire syrienne qui lutte contre Daesh, alors que le Conseil de sécurité faisait tout pour éviter une enquête indépendante de l'organisation pour l'interdiction des armes chimiques.
     
    Cette hystérie embrase les pays de l'Union européenne et les autres satellites américains, chacun accusant la Russie ne n'avoir pas pu éviter cette attaque chimique, de soutenir le régime légitime syrien. Le Pentagone affirme directement que la Russie est co-responsable de cette attaque. Le fondement est simple: des documents "secrets", affirme sans sourciller l'ambassadrice US au Conseil de sécurité de l'ONU.
     
    Lorsqu'il y a une telle hystérie, un tel empressement, un doute est permis. Quels intérêts sont derrières tout ce bruit? L'armée syrienne reprend du terrain, reprend l'avantage dans plusieurs régions contre les groupes terroristes, qui sont parfois appelés "opposition modérée" par l'Occident. La coalition américaine ne peut se permettre une victoire d'Assad. Or, ce sont ces mêmes "modérés" qui modérément conduisent des véhicules à une vitesse non modérée dans les foules européennes anesthésiées, en Angleterre, en France ou en Suède. Là où chaque Gouvernement lance comme une incantation la continuation de la politique migratoire, ou plutôt la continuation de son absence. Là où les Gouvernements ne trouvent pas de danger plus important qu'Assad et la Russie.
     
    A tout cela, nous sommes, malheureusement habitués. Mais B. Johnson va plus loin en annulant sa visite en Russie prévue le 10 avril en raison d'une crise politique profonde entre les Etats satellites des Etats Unis et la Russie, alors que l'essence même de la diplomatie est justement de dépasser les crises:
    Boris Johnson a annoncé ce samedi annuler sa visite en Russie prévue lundi en raison "des développements en Syrie qui ont changé fondamentalement la situation". "Ma priorité est maintenant de poursuivre le contact avec les Etats-Unis et d'autres à l'approche du sommet du G7
    Certes, cette attitude est absurde comme le déclare M. Zakharova, la porte-parole du Ministère des affaires étrangères. Le ministère a d'ailleurs déclaré que la Russie n'estime pas que le dialogue avec la Grande Bretagne ne lui soit plus nécessaire qu'à la Grande Bretagne elle-même:
    Mais c'est le sénateur A. Pushkov qui a mis le doigt sur la véritable signification de l'annulation de la visite du ministre des affaires étrangères britanique: comme Tillerson, le secrétaire d'Etat américain, vient le 12 avril, et lui n'a évidemment pas annulé sa visite, celle du britanique n'a aucun sens, car il n'a rien à apporter de plus. Autrement dit, il vaut mieux parler à Dieu qu'à ses saints. A quoi sert une diplomatie des Etats européens s'il existe une diplomatie américaine...
    La diplomatie européenne a mieux à faire. Discuter avec les Etats Unis, se cacher derrière le G7, l'UE, pour prendre des décisions, notamment lancer de nouvelles sanctions contre la Russie, comme si c'était elle qui avait lancé l'attaque chimique, comme si ce n'était pas la coalition américaine qui était responsable pour les terroristes modérés qu'ils veulent mettre au pouvoir. Comme si c'était la Russie qui était un Etat terroriste. Car, en fait, c'est ce qui est sous-entendu: soit vous êtes avec nous et peu importe qui vous soyez (bandéristes, UPA, Daesh, armée syrienne libre ...), soit vous êtes contre nous et vous êtes des terroristes.
     
    Parce que vous voulez être souverain, ce qui n'est pas acceptable.
     
    Que reste-t-il alors de la diplomatie européenne? Plus grand chose. Car pour avoir une diplomatie, il faut avoir une politique étrangère et des intérêts nationaux. Les Etats européens ont l'UE pour déterminer leurs intérêts et les Etats Unis pour s'occuper de la politique étrangère. Donc la diplomatie est renvoyée dans les musées. Une très belle exposition a eu lieu en 2016 sur l'Art de la paix, l'art de la négociation diplomatique organisée au Petit Palais par le ministère des affaires étrangères français:
    L’ambition de cette exposition est de susciter la réflexion des visiteurs sur l’idéal de paix porté par la France à travers les siècles et de redécouvrir des éléments déterminants de notre mémoire collective et individuelle. Au total, ce sont près de 200 œuvres, du Moyen-âge jusqu’à nos jours
    A l'heure de la rationalisation de l'Etat, l'on pourrait proposer comme réforme le regroupement des ministères des affaires étrangères et de la culture, la diplomatie revêtant une dimension principalement historique et culturelle, tant que l'Etat ne sera pas de retour.
     

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