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En 25 ans, la Chine a sorti de la pauvreté extrême 635 millions de personnes – soit le total de la population africaine

Quatre choses à savoir sur la Chine dans le cadre du XIXème congrès du Parti communiste

 

 

La communication médiatique occidentale sur le XIXème congrès du Parti communiste chinois a été affligeante. L’attention a presque exclusivement porté sur les “marionnettes du spectacle”, sur un seul homme et les spéculations à propos de l’hypothétique étendue de son pouvoir. Toutefois ce congrès ne portait pas sur la personne de Xi Jinping mais sur les changements et les défis fondamentaux du plus grand pays au monde. Mais nous n’avons pas appris grand chose à ce sujet, sinon quelques clichés éculés.

1. L’économie

Au cœur du congrès : le fait que la Chine se trouve dans une nouvelle ère de développement. L’expression “ère nouvelle” figurait 36 fois dans le discours du président Xi. L’ère ancienne s’est caractérisée par le développement rapide de l’économie et de la technologie, parallèlement à l’inégalité sociale et aux problèmes environnementaux.

 

L’ère nouvelle œuvre pour une croissance durable et équilibrée, une meilleure qualité de vie pour la population, davantage de participation et un rôle plus prépondérant sur la scène mondiale (1)

 

Nous donnons ci-après quelques informations contextuelles sur un certain nombre de domaines dans la société chinoise en pleine mutation, en plein “développement”, dans l’espoir de pouvoir étayer plus solidement les connaissances et ou les critiques.

 

Des chiffres qui donnent le tournis

 

Ces 35 dernières années la croissance a été tout bonnement phénoménale. Le PNB par habitant a été multiplié par 17, oui vous lisez bien, par 17. En comparaison, celui de l’Inde a quadruplé pendant la même période (2). Entre 2003 et 2013 l’économie des pays industrialisés a connu une croissance de 16%, en Chine elle a été de 165% et en Inde de 102% (3). En outre il ne s’agissait plus de “davantage des mêmes choses”, car la productivité elle aussi a bondi en avant. Aujourd’hui un ouvrier chinois moyen produit cinq fois plus qu’il y a vingt ans (4).

 

Pour rendre plus concrètement cette poussée de modernisation : tous les deux ans, la Chine produit autant de ciment que les Etats-Unis pendant tout le vingtième siècle (5). La Chine produit aujourd’hui autant d’acier que le reste du monde (6). En 15 ans la Chine a posé 20.000 km de voies ferrées pour des trains à grande vitesse, soit davantage que le reste du monde. D’ici 2025 elle prévoit encore 15.000 km de plus (7). Deux tiers de tous les aéroports en construction se trouvent aujourd’hui en Chine. D’ici 2020 il y aura 240 aéroports (8).

 

Il a fallu 150 ans à la Grande-Bretagne, là où la révolution industrielle a commencé, pour doubler son revenu par habitant. Aux Etats-Unis il a fallu 30 ans. En Chine c’est le cas tous les sept à dix ans, et en outre sur une bien plus grande échelle (9). Aujourd’hui le PNB chinois est plus élevé que celui de l’économie entière de 154 pays (10).

 

A son arrivée il y a cinq ans, le président Xi Jinping indiquait déjà qu’une transformation du modèle de croissance » était nécessaire. Le vieux modèle se basait sur l’exportation et sur des investissements dans l’industrie lourde, la construction et l’industrie manufacturière. Dans le nouveau modèle, le moteur est la consommation de masse (marché intérieur), l’augmentation du secteur des services et le progrès technologique (11).

 

Cette conversion est bien engagée. En 2005 le secteur des services représentait 41% du PNB, en 2016, 52%. Les exportations comptaient en 2005 pour 37% ; en 2016 elles avaient baissé à 20%. Par ailleurs la Chine n’est plus un pays de transit où les marchandises sont assemblées avec peu de bénéfice pour le pays même. Aujourd’hui la Chine ajoute 76 % de valeur à ses produits d’exportation. Dans l’UE ce chiffre est de 87% (12). La Chine est actuellement au sommet de l’innovation : 40 % de tous les brevets dans le monde sont chinois, soit davantage que ces trois pays réunis : les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud (13).

 

Caractéristiques chinoises

 

Dans le passé, Deng décrivait le passage progressif de l’économie planifiée à l’économie de marché par la métaphore : “Nous traversons la rivière en nous appuyant sur les pierres, à tâtons”. Cela, il n’en est plus question. L’économie chinoise est et reste un système hybride où l’Etat exerce un contrôle fort et autorise le marché dans certaines limites. C’est le socialisme dit “ à caractéristiques chinoises”.

Dans ce contexte le président chinois a répété à peu près ce qu’il disait déjà il y a cinq ans : les marchés doivent jouer “un rôle décisif” dans l’octroi de moyens, mais en même temps les autorités doivent jouer “un plus grand rôle” dans l’économie (14). Dans la pratique, il n’a pratiquement pas été question du premier point. Ces cinq dernières années nous avons assisté à une plus forte emprise des autorités sur l’économie, et ceci sur quatre terrains (15).

  1. Marchés financiers : le “ rôle décisif” visait surtout les marchés financiers. La formulation servait sans doute aussi à ne pas effaroucher les investisseurs étrangers. Quoi qu’il en soit, après le mini krach de la bourse chinoise en 2015 et la ruée sur le yuan, toute une série de déréglementations dans les marchés financiers ont été revues. Depuis 2016 il y a aussi davantage de restrictions sur les investissements étrangers d’entreprises chinoises, tant sur des entreprises d’Etat que sur des firmes privées (16).
  2. Extension du plan : jusqu’en 2010 la planification économique se limitait à neuf industries clés, comme l’acier, la pétrochimie et la construction navale. En 2010 sept secteurs y ont été ajoutés comme les énergies alternatives et les biotechnologies. En 2015, nouvelle extension, avec dix secteurs comme l’aéronautique, les équipements agricoles et les nouveaux matériaux (17).
  3. Consolidation des entreprises d’Etat. En novembre 2015 il est décidé que les efforts de réforme viseront principalement le “renforcement, l’optimisation et l’extension d’entreprises d’Etat”. En même temps la “privatisation” est rejetée. Avec la fusion de grandes entreprises d’Etat dans des entités encore plus grandes, les pouvoirs publics renforcent leur emprise sur l’économie. Les entreprises privées sont encouragées à ne prendre que de petites parts minoritaires dans les entreprises d’Etat. Entre 2006 et 2013 les actifs des entreprises d’Etat sont passés de 130% du PNB à 176% (18).
  4. Rôle plus important du parti. De grandes entreprises d’Etat cotées en bourse ont modifié leurs statuts afin d’ancrer le parti communiste, plutôt que l’Etat chinois, dans l’entreprise. On prévoit que davantage d’entreprises vont suivre. Le parti veut aussi davantage de membres du parti dans le haut management de l’entreprise. Bien sûr les cadres supérieurs gagnent bien leur vie, mais comparés à leurs collègues étrangers ils sont sous-payés. Ainsi le directeur de PetroChina gagne 200 fois moins que le PDG de Chevron (19).

Dans une économie avancée, la planification exige le traitement rapide d’une quantité gigantesque de données. Jusqu’à récemment c’était une tâche surhumaine et c’est peut-être une des raisons pour lesquelles l’économie soviétique a commencé à se gripper au début des années ‘80. Mais les progrès actuels de l’intelligence artificielle semblent rendre la chose possible. La grande entreprise chinoise en ligne Alibaba a déjà acquis une fameuse expertise dans ce domaine. Selon son fondateur Jack Ma “les Big Data rendront le marché plus malin et permettront de planifier et de prévoir les forces du marché, si bien que nous pourrons enfin réaliser une économie planifiée”. Sur base de Big Data, les économistes sont en train d’élaborer une économie hybride selon un modèle “planifié et conforme aux conditions du marché” (20).

 

Plusieurs formes différentes de propriété ont été autorisées dans l’économie chinoise. Dans des secteurs où la propriété d’Etat n’était pas nécessaire, comme la production d’articles de consommation, le petit commerce et les petits services, la propriété privée a été autorisée voire encouragée. Par ailleurs les rapports de propriété ne disent pas toujours tout du contrôle des pouvoirs publics sur l’économie.

 

Via l’attribution ou non de l’accès aux marchés publics ou aux crédits bon marché, les avantages fiscaux, l’accès aux fonds d’investissement publics, institutions financières et subventions etc., l’autorité centrale dirige des secteurs entiers sans avoir le contrôle direct sur les entreprises séparément. Le capital privé est le bienvenu aussi longtemps qu’il est au service des objectifs de l’autorité. Inversement, l’Etat peut aussi prendre ses distances par rapport à la gestion de ses entreprises sans renoncer à les détenir, parce que les limites à l’intérieur desquelles il faut travailler sont très claires (21).

 

Wu Jinglian, professeur à la China Europe International Business School de Pékin, le résume comme suit : « la présence de l’Etat reste grande, il maîtrise les courants financiers et fonctionne comme gardien de quasi toutes les décisions importantes, depuis les transactions foncières jusqu’aux fusions. Le contrôle ne se fait pas seulement à l’échelon le plus élevé. Les autorités locales participent aussi au fonctionnement d’une entreprise”. Le capital international ne peut y échapper. Selon leFinancial Times : “De cette manière, la Chine accueille le capital international à ses propres conditions et elle neutralise son pouvoir” (22).

2. Le social

Salaires et pouvoir d’achat

 

Presque partout dans le monde les salaires restent constants voire reculent. Même en Inde, dont la croissance surpasse celle de la Chine, les salaires sont restés constants. Ce n’est pas le cas en Chine, où ces dix dernières années les salaires moyens ont été triplés. Avec une augmentation de 10,5 %, c’est bien au-dessus de la croissance économique. Les Indiens gagnent à présent un cinquième de leurs voisins chinois. Ces quarante dernières années la consommation des ménages a augmenté de 7,7% par an, inflation comprise (23).

 

Il y a quinze ans des multinationales occidentales sont allées massivement en Chine en raison des faibles salaires. A présent le mouvement inverse est en train de s’amorcer. Les salaires moyens dans l’industrie chinoise ne sont plus inférieurs que de 20% à ceux du Portugal. En Bulgarie, Macédoine, Roumanie, Moldavie et Ukraine, dès 2013 les salaires minimum étaient déjà plus bas qu’en Chine (23).

La pauvreté et le fossé

 

Contrairement à beaucoup d’autres pays, la croissance économique en Chine s’accompagne d’un fort recul de la pauvreté. Entre 1978 et 2015 le revenu des 50% de Chinois les plus pauvres a augmenté de 400%. Pendant la même période il baissait de 1% aux Etats-Unis alors même que l’économie y croissait de 184%. Là-bas l’accroissement des richesses va exclusivement à la couche supérieure (25). Ces 25 dernières années, la Chine a tiré un nombre record de personnes de la pauvreté extrême : 635 millions – soit le total de l’Afrique noire à ce moment. Au rythme actuel l’extrême pauvreté sera éradiquée vers 2020 (26).

A présent que la majeure partie de la pauvreté a disparu, les autorités chinoises ne se concentrent plus tellement sur le développement des régions arriérées mais plutôt sur les individus pauvres, avec des programmes personnalisés. D’autres pays font de même, mais selon The Economist, “La Chine est un des rares pays en développement dotés d’une bureaucratie qui est suffisamment grande et solide pour réussir dans cette voie”.

 

Le Forum Economique Mondial est du même avis : “La Chine est sans aucun doute un leader mondial dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et de l’amélioration des résultats de santé. Le reste du monde peut tirer beaucoup d’enseignements de son expérience” (27).

 

Les pauvres y ont gagné, mais les Chinois les plus riches y ont gagné bien plus encore. Un grand fossé s’est donc creusé depuis les années ‘80. L’indice de Gini est passé de 29 à 41,5 – ce qui n’est guère une évolution positive (28). L’écart est le plus fort entre ville et campagne, entre régions les plus pauvres et provinces côtières. C’est surtout une conséquence d’une hausse de productivité plus rapide dans l’industrie et le secteur des services que dans l’agriculture (29).

 

Les dix dernières années ont vu un léger revirement et le coefficient de Gini a commencé à baisser. En 2009 le revenu moyen en ville était 3,3 fois plus élevé qu’à la campagne. Aujourd’hui il a baissé à 2,7 (30).

 

Il y a septante ans, la Chine était l’un des pays les plus pauvres du monde. Le PNB par habitant était la moitié de celui de l’Afrique (31). La population chinoise arrivait tout à fait en queue. Aujourd’hui, septante ans plus tard, elle acquiert lentement une position dans le peloton de tête, comme le montre le graphique ci-dessous. Sur l’axe horizontal figurent les déciles. 1 représente les 10% de plus pauvres, 10 représente les 10% des plus riches. L’axe vertical montre le pourcentage par région. La majeure partie de la population chinoise se situe entre le sixième et le neuvième décile de la population mondiale (32).

3. La géopolitique

L’encerclement

 

En 1992, un an après l’effondrement de l’Union soviétique, le Pentagone lançait une doctrine qui reste aujourd’hui le fil conducteur de la politique étrangère des Etats-Unis : “Notre objectif premier est d’empêcher qu’un nouveau compétiteur n’apparaisse sur la scène mondiale. Nous devons empêcher les concurrents potentiels ne serait-ce que d’aspirer à jouer un plus rôle au niveau mondial” (33).

 

Un rapport récent cite quatre pays qui sont les cibles potentielles d’une action militaire : l’Iran, la Russie, la Corée du Nord et la Chine (34). En dépit des roulements de tambour face à la Corée du Nord et de la rhétorique sur la Russie et l’Iran, c’est aujourd’hui en premier lieu la Chine qui est au centre du viseur. Tout autour de ce pays les Etats-Unis ont plus de trente bases militaires, points d’appui ou centres d’entraînement (petites boules sur la carte). D’ici 2020, 60% du total de la flotte sera stationnée dans la région (35). Vu sur une carte, il n‘est pas exagéré de dire que la Chine est cernée ou encerclée.

Face à cette surpuissance des Etats-Unis, la Chine est extrêmement vulnérable. Pour son commerce extérieur la Chine dépend à 90% du transport maritime. Plus de 80% du transport pétrolier doit passer par le détroit de Malacca (près de Singapour), où les Etats-Unis ont naturellement une base militaire. Washington peut ainsi fermer le robinet à pétrole, et actuellement la Chine n’a aucun moyen de défense à cet égard. Les Etats-Unis dépensent en armement plus de quatre fois plus que la Chine, et par habitant c’est quinze fois plus (36).

 

C’est dans ce contexte qu’il faut voir la construction de petites îles artificielles en mer de Chine méridionale, de même que la revendication d’une grande partie de cette zone. Contrôler les routes maritimes par lesquelles sont transportés son énergie et ses biens industriels a une importance cruciale pour Pékin. D’ailleurs aucun des six pays qui revendiquent des parties de la mer de Chine méridionale ne suit au pied de la lettre le code de conduite sur cette zone (37).

 

La stratégie d’Amsterdam

 

Pendant la majeure partie de l’Histoire, l’économie chinoise a été largement autosuffisante. Il n’y avait pas de pénurie de matières premières. Le pays pouvait se permettre de s’isoler du monde étranger et l’a souvent fait. Les principaux risques, vu l’étendue du pays, étaient d’ordre interne.

 

Aujourd’hui la situation est totalement différente. Le pays n’est plus autosuffisant. Avec 18% de la population mondiale il ne dispose que de 7% des terres agricoles fertiles et extrait seulement 5% du pétrole mondial. Proportionnellement les Etats-Unis ont 8 fois plus de minerai et la Russie 31 fois plus. En outre le pays produit beaucoup plus de biens qu’il n’en consomme lui-même. Pour toutes ces raisons le pays dépend aujourd’hui fortement de l’économie extérieure (38).

 

C’est dans ce cadre et aussi à cause de l’étreinte des Etats-Unis que le pays commence à mettre en œuvre une Nouvelle Route de la Soie. C’est un gigantesque réseau de routes maritimes et terrestres, lancé sous l’appellation “la Ceinture et la Route”. L’initiative implique des investissements, des financements, des accords commerciaux et des dizaines de zones économiques spéciales (ZES) d’une valeur de 900 milliards de dollars.

 

Au total le pays veut investir pas moins de 4.000 milliards de dollars dans 64 pays, pour une population de 3 milliards de personnes. Cela représente environ 30 fois l’aide au développement annuelle des pays riches. C’est donc de loin le plus grand programme depuis le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe après la Deuxième guerre mondiale (39).

La Nouvelle Route de la Soie fait beaucoup penser à la stratégie commerciale des Pays-Bas il y a 400 ans. Les colonialismes britannique et français tentaient de conquérir et de soumettre des sociétés entières. Amsterdam par contre visait un “empire de commerce et de crédit”. Il ne s’agissait pas de territoires mais d’affaires. Ils construisirent une flotte gigantesque, installèrent des postes commerciaux sur les grandes routes tout en essayant de les sécuriser (40).

 

Tout comme les Néerlandais du XVIIème siècle, la Chine détient actuellement la plus grande flotte commerciale (41). Les ZES sont “des garnisons commerciales dans les chaînes d’approvisionnement internationales, grâce auxquelles la Chine peut sécuriser son commerce sans s’encombrer de soumission coloniale” selon Stratfor, un prestigieux laboratoire d’idées (42).

4. L’écologie

Une situation intenable

 

Depuis la fin des années ‘80 la Chine est entrée dans une phase de développement qui entraîne une grande pollution environnementale. En tant “qu’atelier du monde”, la Chine est forcément un des plus gros pollueurs de la planète. Plus de 40% du territoire agricole sont actuellement affectés, dont un cinquième de terres arables est même gravement pollué.

 

A Pékin la pollution de l’air a atteint jusque quarante fois le seuil d’alerte fixé par l’Organisation mondiale de la santé. Dans le nord du pays, la pollution atmosphérique a réduit de cinq années l’espérance de vie et elle cause un nombre inquiétant de cancers du poumon et d’accidents cardiovasculaires (43).

 

La Chine est maintenant largement le principal émetteur de CO2, même si les émissions par personne sont moitié moindres que celles des Etats-Unis et environ aussi importantes que celles de l’Europe. Elle n’est d’ailleurs responsable que de 11% des émissions cumulées, contre plus de 70% pour les pays industrialisés.

 

La situation n’en est pas moins intenable. Au rythme actuel, la Chine aura produit entre 1990 et 2050 autant de dioxyde de carbone que le monde entier entre le début de la révolution industrielle et 1970, ce qui est catastrophique pour le réchauffement climatique. Au rythme actuel de croissance il y aura d’ici vingt à trente ans une forte pénurie de pétrole partout dans le monde, avec toutes les conséquences économiques et géopolitiques qui en découlent (44).

 

Changement de cap

 

Il y a une petite dizaine d’années les autorités chinoises ont changé de cap en donnant la priorité à la problématique écologique. Lors du précédent congrès il y a cinq ans, cette priorité a été intégrée dans le plan de développement global du parti communiste. Toute une batterie de mesures ont fait leur apparition et la Chine s’est dotée d’une législation pionnière en matière d’environnement, même si l’application ne va pas de soi (45).

 

Mais c’était du sérieux. Mark Kenber, directeur de l’ONG The Climate Group, voit dans la Chine un exemple pour les autres pays en développement : “Il est clair que le plan chinois pour réduire les émissions de CO2 et construire une économie de technologie verte a été décidé au plus haut niveau du gouvernement. Nous espérons que l’Inde, le Brésil et d’autres pays suivront rapidement et feront preuve du niveau d’ambition nécessaire” (46).

 

Pour The Economist, qui est tout sauf un fan de la Chine : “Les dirigeants actuels comprennent le défi du changement climatique mieux que leurs prédécesseurs et peut-être mieux aussi que leurs collèges internationaux. Ils sont bons pour adopter des mesures prioritaires fortes" (47).

 

Ce changement de cap exprime les aspirations de la population. Selon un sondage de 2012, 57% des Chinois trouvaient l’environnement prioritaire, même au prix de la croissance économique. Un quart de toutes les manifestations dans le pays concerneraient l’environnement (48).

 

Leader mondial

 

Les résultats sont bien là. A court terme la Chine est devenue numéro 1 dans le domaine des panneaux solaires et de l’énergie éolienne. Actuellement 33% de l’électricité sont issus d’énergies vertes – contre 15% aux Etats-Unis. D’ici 2020, 360 milliards sont prévus pour susciter de nouvelles énergies vertes. Le constructeur automobile Chongqing Changan a fait savoir qu’il ne vendra plus de véhicules à moteur à combustion d’ici 2025.

 

L’industrie automobile française et britannique ne le prévoit que pour 2040, tandis que les constructeurs allemands refusent la transition. Dans un avenir proche la Chine veut séquestrer des millions de tonnes de CO2 sous terre. Le pays est également pionnier dans le domaine de la transmission sur grandes distances de grandes quantités d’énergie (par exemple à partir de champs de panneaux photovoltaïques éloignés), ce qui est très important pour l’approvisionnement des villes en énergie verte (49).

 

Au sommet pour le climat de Paris, la Chine avait promis de faire baisser ses émissions de dioxyde de carbone dès 2030. Entre-temps l’engagement a déjà été tenu. La Chine utilise de moins en moins de charbon. 2017 est la quatrième année consécutive d’émissions de dioxyde de carbone inchangées ou en baisse. “Les statistiques montrent que la Chine est en bonne voie de dépasser largement les objectifs climatiques de Paris” dit Lauri Myllyvirta, le porte parole de Greenpeace (50).

 

Avec son approche, Pékin fait d’une pierre quatre coups. 1. Les problèmes environnementaux sont affrontés. 2. Les entreprises les plus polluantes sont souvent aussi les moins rentables. L’élévation des normes environnementales entraîne une efficacité accrue dans la production. 3. La fermeture de ces entreprises polluantes permet d’aborder d’emblée la surcapacité dans un certain nombre de secteurs. 4. L’énergie verte est un secteur en croissance très prometteuse qui peut créer pas mal d’emplois.

 

Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace, l’a résumé en ces mots : “La Chine est également motivée par de puissants intérêts nationaux quand elle s’attaque à la pollution ambiante tenace, veut limiter l’incidence de la crise climatique et augmenter les possibilités d’emploi dans le secteur des énergies renouvelables. Aujourd’hui en Chine, plus de 3,4 millions de personnes travaillent déjà dans le secteur de l’énergie verte”(51).

 

Le bouquet

 

Pas besoin d’être un expert pour pouvoir suivre les développements politico-économiques chinois. Le quotidien populaire China Daily qui tire à des millions d’exemplaires papier et digitaux, publie depuis plusieurs jours un petit jeu-concours éducatif filmé

 

Marc VANDEPITTE

Ng Sauw Tjhoi est journaliste à la VRT. Marc Vandepitte est analyste politique. Ils ont écrit à quatre mains le livre ‘Made in China, meningen van daar’, EPO – Radio 1, 2006.

Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.

»» https://www.investigaction.net/fr/quatre-choses-a-savoir-sur-la-chine-...

1 Pour en savoir plus : cf notamment Carlens S., ‘Neue Kräfteverhältnisse’, Junge Welt, 25 octobre 2017 ; https://www.jungewelt.de/artikel/320656.neue-kr%C3%A4fteverh%C3%A4ltnisse.html Willems F., ‘Partijcongres bevestigt strategische lijn van Xi Jinping’ ; http://www.chinasquare.be/actueel-nieuws/congres-bevestigt-strategisch... Philips T., ‘Xi Jinping heralds ‘new era’ of Chinese power at Communist party congress’, The Guardian, 18 octobre 2017 ;https://www.theguardian.com/world/2017/oct/18/xi-jinping-speech-new-er... .

2 Financial Times, 11 mars, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c7f12434-c678-11e4-aee8-00144feab7de.ht...

3. Financial Times, 4/5 janvier 2014, p. 3. http://im.ft-static.com/content/images/dc29d692-74af-11e3-af50-00144fe...

4. The Economist, 8 avril 2017, Special Report, The Pearl River Delta, p. 7-9 ;https://www.economist.com/news/special-report/21720073-factories-are-u...

5. Financial Times, 25 février 2016, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/2/65a584e2-da53-11e5-98fd-06d75973fe09.html

6. The Economist, 9 avril 2016, p. 57. http://www.economist.com/news/business/21696556-it-hard-see-future-man...

7. The Economist, 14 janvier 2017, p. 47. https://www.economist.com/news/china/21714383-and-theres-lot-more-come...Financial Times, 1er mars 2013, p. 5 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/009bb49a-80f6-11e2-9908-00144feabdc0.html

8. The Economist, 12 mai 2012, p. 72. http://www.economist.com/node/21554492

‘China’s aviation boom drives airport building frenzy’, Reuters, 26 juin 2015,https://www.reuters.com/article/us-china-aviation/chinas-aviation-boom...

9. The Economist, 5 janvier 2013, p. 48. http://www.economist.com/news/business/21569016-emerging-world-consume...

10. The Economist, 29 mars 2014, p. 53-4 ; https://www.economist.com/news/china/21599806-our-asia-economics-edito...

11. Financial Times, 19 avril 2013, http://www.ft.com/intl/cms/s/0/93f0ddc6-a822-11e2-8e5d-00144feabdc0.ht...

12. Banque mondiale, https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.ZS?locations=CN&name_desc=falseBanque" class="spip_out" style="text-decoration-line: none; color: rgb(34, 68, 255);">exportationshttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.... mondiale, secteur des services en % du https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NV.SRV.TETC.ZS?locations=CN" class="spip_out" style="text-decoration-line: none; color: rgb(34, 68, 255);">PNBhttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NV.SRV.TETC.ZS?locations=CN The Economist,Special Report, The Pearl River Delta, 8 avril 2017, p. 9-10. https://www.economist.com/news/special-report/21720076-copycats-are-ou...

13. Financial Times, 25 novembre 2016, p. 2 ; https://www.ft.com/content/4b6a9820-b210-11e6-a37c-f4a01f1b0fa1 Dodwell D., ‘Be afraid : China is on the path to global technology dominance’, South China Morning Post, 24 mars 2017. http://www.scmp.com/business/global-economy/article/2081771/be-afraid-...

14 Johnson C., ‘Xi Jinping Opens 19th Party Congress Proclaiming a New Era—His’ Center for Strategic & International Studies, 18 octobre 2017.

15. Jinglian W. & Guochuan M., ‘Whither China ? Restarting the Reform Agenda’, Oxford 2016, p. 234-9 ;Financial Times, 25 octobre 2012, p. 5 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/008ac6ea-1dcc-11e2-901e-00144feabdc0.ht... Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7.https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4

16. Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7 ; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4Financial Times, 29 septembre 2017, p. 12. https://www.ft.com/content/cbe6deb2-a433-11e7-b797-b61809486fe2

17. The Economist, 23 septembre 2017, p. 61-2 ; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21729442-its-reco... The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/leaders/21725295-bad-china-and-world-ch...

18. Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, p. 99 ; Financial Times16 octobre 2017, p. 7 ; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4 Financial Times, 1er mars 2016, p. 7. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/253d7eb0-ca6c-11e5-84df-70594b99fc47.html

19. Financial Times, 8 septembre 2017, p. 11 ; https://www.ft.com/content/e91270a8-9364-11e7-bdfa-eda243196c2c The Economist, 28 octobre 2017, p. 57 ; https://www.economist.com/news/business-and-finance/21730613-chinese-b... The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21725293-outperfo...

20. Financial Times, 5 septembre 2017, p. 9 ; https://www.ft.com/content/6250e4ec-8e68-11e7-9084-d0c17942ba93 ‘Can big data help to resurrect the planned economy ?’, Global Times, 14 juin 2017.http://www.globaltimes.cn/content/1051715.shtml Kynge J., ‘China harnesses big data to buttress the power of the state’, Financial Times, 28/9 octobre 2017, p. 11. https://www.ft.com/content/5f483a34-ba5f-11e7-8c12-5661783e5589

21. Hsueh R., ‘China’s Regulatory State. A New Strategy for Globalization’, Ithaca 2011 ; Zhikui Z., ‘Introduction to Socialism with Chinese Characteristics’, Pékin 2016, chapitre 3 ; Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, chapitre 5 ; Porter R., ‘From Mao to Market. China Reconfigured’, Londres 2011, p. 177-184 ; Bey M., ‘In China, Innovation Cuts Both Ways’,Stratfor, 24 octobre 2017 ; https://worldview.stratfor.com/article/china-innovation-cuts-both-ways The Economist, 23 novembre 2013, p. 70-1 ; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21590562-chinas-r... Financial Times 10 août 2017, p. 7 ; https://www.ft.com/content/ed900da6-769b-11e7-90c0-90a9d1bc9691

22. The Economist, 9 janvier 2016, p. 48 ; http://www.economist.com/news/china/21685511-ageing-reformists-diagnos... Financial Times, 4 juillet 2017, p. 9.https://www.ft.com/content/5cf22564-5f2a-11e7-8814-0ac7eb84e5f1

23. Financial Times, 27 février 2017, p. 1 ; https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71 Ross J., ‘No China’s Economy is not Going to Crash’, Socialist Economic Bulletin, 1er septembre 2015. http://www.rdcy.org/displaynewsen.php?id=15104

24. Clean Clothes Campaign, ‘Stitched Up : Poverty wages for garment workers in Eastern Europe and Turkey’, 2014, http://www.cleanclothes.org/resources/publications/stitched-up-1, p. 32 Banque Mondiale, Labor force. https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.TLF.TOTL.IN . Source des graphiques : Financial Times, 27 février 2017, p. 1. https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71

25. The Economist, 18 février 2017, p. 63 ; http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21717102-why-chine...

United States GDP per capita’. https://tradingeconomics.com/united-states/gdp-per-capita

26. World Bank Group, ‘Taking on inequality. Poverty and Shared Prosperity. 2016’, Washington 2016,https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/25078/97814..., p. 41 et 46 ; The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4. https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-th...

27. The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4 ; https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-th... World Economic Forum, ‘What lessons can we learn from China’s rapid growth ?’, 16 mars 2016.https://www.weforum.org/agenda/2016/03/what-lessons-can-we-learn-from-...

28.L’indice de Gini va de 0, égalité complète, à 100, inégalité complète. Les scores les plus bas sont en Scandinavie, où le coefficient de la Suède est de 25. Les scores les plus hauts sont en Amérique latine. En Colombie il est de 58,5. Ravallion M., A Comparative Perspective on Poverty Reduction in Brazil, China and India. Working Paper 5080, World Bank, Washington 2009, p. 31 ;http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr_2010_fr_complete_reprint.pdf , New York 2010, p. 169 sqq.

29. En Inde par exemple il y a aussi un grand fossé entre les habitants de villes eux-mêmes. Financial Times, 10 avril 2014, p. 11. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e8bca4ec-bf29-11e3-a4af-00144feabdc0.ht...

30. The Economist, 14 mai 2016, p. 55. http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21698674-rising-ru...

31. Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondi...

32. Source : Credit Suisse, ‘Global Wealth Databook 2013’, p. 95. https://publications.credit-suisse.com/tasks/render/file/?fileID=19492...

33. ‘Excerpts From Pentagon’s Plan : “Prevent the Re-Emergence of a New Rival”’, New York Times, 8 mars 1992., http://www.nytimes.com/1992/03/08/world/excerpts-from-pentagon-s-plan-...

34. The Pentagon, ‘The National Military Strategy of the United States of America 2015’,https://news.usni.org/2015/07/02/document-2015-u-s-national-military-strategy, p. 2.

35. The Economist, 19 novembre 2005, p. 22 ; Financial Times, 29 avril 2014, p, 6 ;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/52b9edbe-ce25-11e3-bc28-00144feabdc0.ht... The Economist, Special Report, Asian Geopolitics, 22 avril 2017, p. 4 ;https://www.economist.com/news/special-report/21720714-after-seven-dec... The Economist, 7 décembre 2013, p, 55 ;https://www.economist.com/news/asia/21591242-america-winding-down-its-...;; Pilger J., https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/141216/la-prochaine-guerre-con...‘ ; The Economist, 17 octobre 2015, p. 62 ;http://www.economist.com/news/international/21674648-china-no-longer-a...

36. Dyer G., ‘The Contest of the Century. The New Era of Competition with China – and How America Can Win’, New York, p. 26 ; Vien T., ‘The Grand Design of China’s New Trade Routes’, Stratfor ;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes SIPRI, ‘Military expenditure by country’, 2017. https://www.sipri.org/sites/default/files/Milex-constant-2015-USD.pdf

37. Financial Times, Life & Arts, 5-6 avril 2014, p. 8 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/58cbbbe2-ba70-11e3-aeb0-00144feabdc0.ht... Financial Times, 20 juin 2014, p. 7.http://www.ft.com/intl/cms/s/0/313432b0-f78f-11e3-b2cf-00144feabdc0.ht...

38. The End of China’s Dengist Diplomacy’, Stratfor, 17 octobre 2017 ;https://worldview.stratfor.com/article/end-chinas-dengist-diplomacy The Economist, 10 juin 2017, p. 14 ;https://www.economist.com/news/leaders/21723109-cleaning-filthy-soil-m...Wikipedia,https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_production_de_p%C3%A9troleCraig A., ‘10 Countries With The Most Natural Resources’, Investopedia, 12 septembre 2016 ;http://www.investopedia.com/articles/markets-economy/090516/10-countri... Dyer G., ‘The Contest of the Century’, p. 10 ; Subramanian A., ‘Eclipse. Living in the Shadow of China’s Economic Dominance’, Washington 2011, p. 121sqq.

39. Financial Times, 9 octobre 2015, p. 9 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/6e098274-587a-11e5-a28b-50226830d644.html ‘China Paves the Way for a New Silk Road’, Stratfor, 15 mai 2017 ;https://worldview.stratfor.com/article/china-paves-way-new-silk-roadFinancial Times, Special Report, Asian Infrastructure & Trade, 4 mai 2017, p. 5 ; https://www.ft.com/content/b9af2e26-0342-11e7-aa5b-6bb07f5c8e12 The Economist, 2017, 6 mai p. 45. https://www.economist.com/news/china/21721678-silk-routes-are-not-alwa... The Economist, 2 juillet 2016, p. 53 ; http://www.economist.com/news/china/21701505-chinas-foreign-policy-cou... Vien T., Stratfor, 24 juin 2015 ;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes d’Hooghe I., ‘De Nieuwe Zijderoute moet China’s internationale positie versterken’, Internationale Spectator, 2015 n° 8.https://spectator.clingendael.org/pub/2015/8/china_en_de_nieuwe_zijderoute/Source de la carte :https://commons.wikimedia.org/wiki/File:One-belt-one-road.svg?uselang=fr

40. Même si les Néerlandais ont collaboré avec les chefs locaux pour chasser les Portugais à Ceylan et en Indonésie, leur objectif premier était d’assurer le commerce dans toute la région.https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_n%C3%A9erlandais

Arrighi G., Adam Smith in Beijing. Lineages of the Twenty-Firs Century, Londres, 2007, p. 238 ;

41. Au XVIIème siècle les Néerlandais avaient proportionnellement 25 fois plus de navires que l’Angleterre, la France et l’Allemagne. Aujourd’hui la Chine détient 20 fois plus de navires de commerce que les Etats-Unis.Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondi...

42. Khanna P., ‘Use It or Lose It : China’s Grand Strategy’, Stratfor, 9 avril 2016.https://www.stratfor.com/weekly/use-it-or-lose-it-chinas-grand-strategy

43. Financial Times, 19-20 avril 2014, p. 4 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c250bd4c-c6b4-11e3-9839-00144feabdc0.ht... China : More Than 40 Percent Of Arable Land Degraded’, Stratfor, 4 novembre 2014 ; http://www.stratfor.com/situation-report/china-more-40-percent-arable-... The Economist, 8 février 2014, p. 11 ; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-d... The Financial Times, 9 juillet 2013, p. 1. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/eed7c0be-e7ca-11e2-9aad-00144feabdc0.ht...

44. Netherlands Environmental Assessment Agency, ‘Trends in Global CO2 Emissions’ ; Mengpin G., Friedrich J., & Damassa T., ‘6 Graphs Explain the World’s Top 10 Emitters’, World Resources Institute, 25 novembre 2014 ; http://www.wri.org/blog/2014/11/6-graphs-explain-world%E2%80%99s-top-1... The Economist, 8 février 2014, p. 11 ; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-d... Minqi L., ‘China and the Twenty-First Century Crisis’, Londres 2016, p. 148.

45. Vandepitte M., ‘Wat mogen we van China de komende jaren verwachten ? Verslag van het 18de partijcongres’, http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2012/11/11/wat-mogen-we-van-chin... Tsemin Y., ‘The 2014 revisions of china’s environmental protection law’, Swiss Re Insititute, 16 octobre 2014 ;http://institute.swissre.com/research/risk_dialogue/magazine/Environme... W., (ed.), ‘Politics in China. An Introduction’, Oxford 2010 ; p. 282.

46. IPS, ‘Klimaatplan China ambitieus, Zuid-Korea onvoldoende’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2015/07/02/klimaatplan-china-ambi...

47. The Economist, 10 août 2013, p. 17-20. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-pol...

48. GALLUP, ‘Majority of Chinese Prioritize Environment Over Economy’, 8 juin 2012 ;http://news.gallup.com/poll/155102/majority-chinese-prioritize-environ... The Economist, 10 août 2013, p. 8. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-pol...

49. Lofgren K., ‘China Becomes World’s First Nation to Install 3 GW of Utility-Scale Solar Power !’,https://inhabitat.com/china-becomes-worlds-first-nation-to-install-3-g...;: https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_solaire_en_Chine ; Financial Times, 11 février 2016, p. 3 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e2298424-cfdf-11e5-831d-09f7778e7377.html The Economist, 22 avril 2017, p. 50 ; https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now... ‘China : Automobile Company To Stop Selling Combustion Engine Cars In 2025’, Stratfor, 19 octobre 2017 ;https://worldview.stratfor.com/situation-report/china-automobile-compa...Financial Times 2 août 2017 ; https://www.ft.com/content/968402ea-769d-11e7-a3e8-60495fe6ca71?mhq5j=e7 Financial Times, 23 mai 2017, p. 5 ; https://www.ft.com/content/d6ee4558-36d7-11e7-bce4-9023f8c0fd2e The Economist, 14 janvier 2017, p. 11 ;www.economist.com/news/leaders/21714350-case-high-voltage-direct-curre...

50. PS, ‘China investeert niet meer in steenkool’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2016/12/05/china-investeert-niet-...;; Greenpeace, ‘China coal use falls : CO2 reduction this year could equal UK total emissions over same period’ ;http://energydesk.greenpeace.org/2015/05/14/china-coal-consumption-dro... Harvey C., ‘China vowed to peak carbon emissions by 2030. It could be way ahead of schedule’, Washington Post, 7 mars 2016,https://www.washingtonpost.com/news/energy-environment/wp/2016/03/07/c...The Economist, 22 avril 2017, p. 50 ;https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now...

51. ‘Consolidating China’s Industries, One Polluter at a Time’, Stratfor, 25 octobre 2017 ;https://worldview.stratfor.com/article/consolidating-chinas-industries...

World Resources Institute, ‘WRI Calls China INDC “A Serious and Credible Contribution”’, 30 juin 2015.http://www.wri.org/news/2015/06/statement-wri-calls-china-indc-serious...

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Syrie - Les États-Unis jettent l’éponge - La Résistance se recentre sur Israël

 

Cet article du New Yorker est remarquable de par son titre arrogant et les mensonges qu’il contient. Tout cela est peut-être nécessaire pour détourner l’attention du vrai message du papier - les États-Unis sont obligés de renoncer à leurs projets en Syrie : Trump va laisser Assad rester jusqu’en 2021 alors que Poutine déclare la victoire en Syrie.

 

L’Administration Trump est maintenant prête à accepter le maintien du président Bachar al-Assad au pouvoir jusqu’ à la prochaine élection présidentielle prévue en Syrie en 2021, selon des officiels américains et européens. Cette décision vient contredire et annuler les nombreuses déclarations précédentes des États-Unis selon lesquelles Assad devrait démissionner dans le cadre du processus de paix.

...

L’Administration Trump dit qu’elle veut toujours un processus politique qui envisage le départ d’Assad. Mais elle a conclu qu’il faudra peut-être attendre jusqu’en 2021, lorsque les prochaines élections auront lieu, pour y parvenir.

...

Les responsables américains craignent qu’Assad ne remporte les élections syriennes de 2021, d’une manière ou d’une autre, et ne reste au pouvoir pour les années à venir.

 

Les États-Unis « laissent Assad rester » parce qu’il n’y a tout simplement rien d’autre à faire sans mener une guerre à grande échelle. Ils ont tout essayé - et ils ont perdu. En 2012, ils ont tenté d’assassiner Assad, mais il n’était pas à la réunion de sécurité que la CIA a fait sauter. Ils ont envoyé 100 000 combattants Takfiri du monde entier en Syrie et expédié des dizaines de milliers de tonnes d’armes et de munitions. La campagne mondiale de propagande anti-syrienne en faveur des Takfiri a été sans précédent. Ils ont tenté de créer une opposition politique et l’ont parrainée à coup de centaines de millions de dollars. Ils ont finalement envahi le pays et tenté de le diviser en morceaux par la force. Ils ont échoué sur tous les fronts.

 

La décision des États-Unis reflète les options limitées de l’Administration, la réalité militaire sur le terrain et le succès des alliés de la Syrie, les Russes, les Iraniens et les Hezbollah, qui ont soutenu le régime d’Assad assiégé.

...

Les groupes d’opposition syriens soutenus par les États-Unis ont été inefficaces. Ils se sont disputés entre eux et se sont divisés en factions.

...

Au plan diplomatique, Washington a été marginalisé par la puissante troïka russe, iranienne et turque, qui domine aujourd’hui le processus de paix.

 

En 2013, l’auteur de l’article, Robin Wright, a présenté le rêve israélien d’une scission du Moyen-Orient.

Il s’agit d’un remake de la carte des « Frontières du Sang » diffusée en 2006 par le colonel néoconservateur Ralph Peters. C’était une version actualisée d’une carte du « Nouveau Moyen-Orient » de Bernhard Lewis publiée dans Foreign Affairs. Ces cartes ont été mises à la poubelle quand les États-Unis ont dû quitter l’Irak. L’expression cartographique de l’arrogance impériale de Wrigth prendra fin là aussi.

 

Wright joue un grand rôle à Washington. Elle fait partie des *borg* et avait, et a toujours, des fonctions à l’U.S. Institute of Peace (qui planifie les guerres), au Wilson Center, au Brookings et à Carnegie Endowment. Le fait qu’elle ait maintenant renoncé à sa carte ridicule reflète probablement les opinions dominantes au sein de ces institutions.

 

On se demande si la junte militaire de la Maison-Blanche est d’accord avec ça car elle semble persister dans son rêve de garder la Syrie et l’Irak sous son aile :

 

Le Col John Thomas, porte-parole du Commandement central des Etats-Unis (CENTCOM), a déclaré que les forces de la coalition internationale resteraient en Syrie pour soutenir les opérations des ’ Forces démocratiques syriennes ’ arabo-kurdes jusqu’ à la conclusion des négociations sur une solution politique à Genève.

 

Il a ajouté que les forces américaines continueraient à lutter contre les organisations terroristes proches d’Al-Qaïda en Syrie, y compris le Front al-Nusra,’ sans tenir compte de la présence de l’EI ’.

 

Qu’ils fassent de beaux rêves !

 

Hier Poutine est allé en Syrie. Il a déclaré la victoire et annoncé qu’une partie des troupes russes en Syrie allait rentrer au pays. Il s’est assuré que tout le monde, les États-Unis, les Turcs, les Saoudiens et les Israéliens, comprennent bien que les troupes reviendraient en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, s’ils essayaient de relancer la guerre :

 

« Si les terroristes relèvent la tête, nous déclencherons sur eux des frappes d’une violence inédite », a déclaré M. Poutine à l’armée russe.

 

Un autre membre de l’alliance syrienne, le parti libanais Hezbollah, se recentre désormais sur Israël. Le coup hasardeux de Trump, consistant à reconnaître illégalement Jérusalem comme capitale d’Israël, est arrivée juste au bon moment pour donner un nouvel élan à la résistance :

 

M. Nasrallah a appelé l’’axe de la résistance’ - faisant référence au Hezbollah et à ses alliés et parrains syriens et iraniens - à ’consacrer toute sa puissance et son temps aux Palestiniens’. J’appelle toutes les factions de résistance de la région à s’unir et à mettre en place une stratégie commune et un plan concret pour faire face à cette menace ’, a-t-il déclaré.

 

C’était Israël qui était derrière (pdf) la campagne pour démanteler la Syrie et l’Irak. Il a complètement échoué et la vengeance sera terrible. Le Hezbollah est mieux armé et mieux entraîné que jamais. Des groupes de combattants irakiens et iraniens expérimentés se tiennent prêts. L’armée syrienne est beaucoup mieux entraînée et équipée qu’avant la guerre. Le chef de la résistance irakienne Qais Al Khazali s’est récemment rendu au Sud-Liban et est allé voir la frontière israélienne. Il venait voir le nouveau champ de bataille.

 

La nouvelle alliance d’Israël avec l’Arabie Saoudite n’a pas amélioré sa situation. Le tyran Salman et son fils sont en mauvaise posture et leurs excellentes relations avec Trump ont capoté, sans doute à cause de la question de Jérusalem.

 

Le Premier ministre israélien Netanyahou est sous pression dans son pays. Les accusations de corruption s’accumulent et il pourrait ne pas finir son mandat.

 

Qui le remplacera ? Et que vont concocter les Sionistes pour répondre à la nouvelle situation ?

 

Moon of Alabama

Note :

*Les Borgs ou le Collectif Borg sont, dans l’univers de fiction de Star Trek, des races de créatures cybernétiques — en partie organique, en partie mécanique. Ils sont connus pour être impitoyables et particulièrement difficiles à éliminer.

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.moonofalabama.org/2017/12/us-surrenders-on-syria-resistance...

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vendredi 15 décembre 2017

Rapport de l'ONU sur les exactions en Ukraine: âmes sensibles s'abstenir

La mission de surveillance des droits de l'homme en Ukraine vient de rendre public son dernier rapport. Le niveau de violence bestiale décrit et documenté côté des forces ukrainiennes fait peur. Il est absolument impossible de le comparer à ce qui est reproché aux  républiques de Donets et Lugansk. Viols, tortures, disparitions ... et pour autant, de la même manière les "deux parties au conflit" sont appelées également à faire des efforts. A ce niveau ce n'est plus de l'hypocrisie, ça relève de la psychiatrie.
 
Tout dans le dernier rapport de l'ONU sur le conflit en Ukraine montre le dérapage bestiale, primaire, des forces engagées par Kiev pour nettoyer et écraser le Donbass. Il est disponible ici en anglais et ici en russe.
 
D'une manière générale, l'ONU reconnaît non seulement une recrudescence des violences, mais une disproportion entre la quantité des exactions commises par l'armée ukrainienne et ses bataillons punitifs par rapport aux violations commises par les jeunes républiques.
Cela se confirme également par la carte de localisation des victimes, où l'on voit clairement une proportion de victimes plus importante côté DNR et LNR. Evidemment, l'ONU ne se permet aucunement de mettre en cause l'armée ukrainienne et les bataillons, puisqu'il est communément admis depuis la tragédie d'Odessa, pour laquelle les coupables n'ont pas été et ne seront pas inquiétés, que les "séparatistes/terroristes" ont cela d'étrange qu'ils se bombardent eux-mêmes et s'immolent volontiers.
D'une manière générale, alors que la situation se stabilisait un peu, depuis novembre, une escalade des violations des accords de Minsk a été remarquée. L'on peut douter que la décision du Canada de fournir des armes à l'Ukraine n'aide à pacifier la région. Du 16 août au 15 novembre, il y a eu 87 victimes civiles, 15 morts et 72 blessés. 60% d'entre elles ont été victimes de mines et 17% de tirs d'artillerie. En plus de ça, l'Ukraine a allègrement bombardé les sites civils situés dans les régions de DNR et LNR. Tel fut le cas de la station de filtration des eaux de Donetsk les 3 et 4 novembre, où le réservoir de chlore a été gravement touché, infectant les eaux potables. Evidemment, le rapport ne dit pas d'où venaient tirs, certainement les forces locales voulaient se punir et punir la population ... L'on appréciera, par exemple, la destruction systématique d'habitations civiles passée, ou "neutralisée", en note de bas de page. Voir la note de bas de page 13:
In addition, HRMMU documented damage to civilian houses in (armed-groupcontrolled) Pervomaisk caused by shelling on 23-24 August, and damages to civilian houses and infrastructure in (armedgroup-controlled) Kyivskyi district of Donetsk city during an escalation in hostilities on 5-6 November 2017. See also OSCE SMM documentation of civilian property damaged by shelling in (government-controlled) Marinka on 27 September and (armed-group-controlled) Yasynuvata on 29 September, available at http://www.osce.org/ukrainesmm/reports/. 
Autre manière absurde de présenter les faits, afin de maintenir à bout de bras un semblant d'objectivité protégeant autant que possible - et même au-delà - le pouvoir "pro-européen" de Kiev et son bras armé, est la manière tronquée de parler des problèmes sociaux. Ainsi, des difficultés sociales sont posées par le fait que les pensions de retraite ne soient plus payées. Certes, mais Kiev a mis en place ce blocus contre les habitants du Donbass, qui ne reçoivent plus rien une fois à la retraite alors qu'ils ont cotisé toute leur vie. Les éléments sont ainsi sortis de leur contexte par les rapporteurs de l'ONU, lorsque cela est nécessaire, afin que leurs effets néfastes quant à la position intenable de la communauté internationale ne soient neutralisés.
 
Le pire arrive ensuite lorsque le rapport énumère froidement les exactions commises par l'armée ukrainienne et les bataillons extrémistes contre les civils. Les rapporteurs ont interviewé des gens, de part et d'autre, pour comprendre ce qu'ils vivent. Le résultat est plus qu'inquiétant. L'on voit clairement une frontière morale se dresser de part et d'autre de la ligne du conflit. Côté DNR et LNR aussi il y a des problèmes, mais des problèmes qui malheureusement se retrouvent dans toutes les zones de conflits: détentions administratives prolongées, interrogatoires musclés, etc. Voici un aperçu des exactions commises côté ukrainien.
 
Voici ce qui se passe avec les populations civiles qui se retrouvent "libérées" par le bataillon Aïdar:  disparitions et assassinats:
For example, a civilian who participated in the May 2014 “referendum on the status of the Donetsk peoples’ republic” went missing after Ukrainian military, including the Aidar volunteer battalion, retook control of the area. His body was found in November 2014 with traces of gunshot wounds to the head. His family is not aware of any investigation conducted into his death.40 In another case, in July 2016, a man was found shot dead near his house in a village of Luhansk region controlled by armed groups. Neighbours had heard three shots in the preceding evening. There was an armed groups’ checkpoint nearby, manned by the ‘Brianka-USSR’ battalion. ‘Police’ of the ‘Luhansk people’s republic’ documented the death but reportedly failed to identify any perpetrators.
Enlèvements avec torture avant de déposer leurs victimes dans les locaux du SBU (KGB ukrainien):
For example, on 16 April 2015, a former member of an armed group was detained in his home by armed men in balaclavas. Without introducing themselves or presenting a search warrant, they beat him, threatened him, and searched his house. They took the victim to a basement, which he believes was on the outskirts of Pokrovsk (formerly Krasnoarmiisk), where he was detained incommunicado, handcuffed to a metal safe which forced his body into a difficult position. He was interrogated and tortured by having water poured over his face, electrocutions, and beatings on his back and kidneys. The perpetrators made him sign documents and filmed a video confession. He was taken to the Kramatorsk SBU on 21 April 2015, where he was given more documents to sign. In November 2015, he was convicted of terrorism.
Exactions commises par Secteur Droit:
On 10 January 2015, a resident of Pokrovsk was stopped in his car and detained by four armed men. They brought him to the Right Sector training camp near Velykomykhailivka (Dnipropetrovsk region), where he was detained in a basement and beaten with a truncheon for two days. The victim was held incommunicado until 14 May 2015, during which time he was illtreated and witnessed the death of another detainee
Quand pendant ce temps il est reproché à DNR LNR des détentions administratives musclées, la restriction de l'accès à l'avocat ou le manque de soins médicaux, l'on voit toute la disproportion. Pour "justifier" cela, l'ONU indique que, en réalité, les habitants de Donetsk ont peur de parler car ils seraient alors soumis à des représailles. C'est la seule appréciation subjective de la situation, sans aucune preuve, alors que les exactions ukrainiennes les laissent froids ... Il existe beaucoup d'autres exemples, que vous trouverez dans le rapport. Un dernier exemple, pour monter le degré de bestialité où est tombé le régime en place: menace de viol d'un homme, viol d'une femme enceinte devant ses enfants...
On 28 September 2017, a civilian man was taken off a bus at an internal checkpoint by armed men in camouflaged uniform and accused of affiliation with armed groups based on his social media pictures. He was transferred to a police station in Kreminna, where he was forced to strip to his underwear and stand in a cold room for two hours, with people walking in and out. He was beaten, threatened with rape and of being handed over to Azov battalion. Without access to a lawyer, he was forced to sign a statement, typed by an investigator, that he was a member of armed groups. The next day he was released.63 57. In December 2014, seven masked men armed with assault rifles, including several members of a volunteer battalion, broke into a private house in a town near the contact line. One perpetrator put a knife to the victim’s neck, who was eight months pregnant, and threatened to cut her throat if she screamed. He tied her hands and legs with rope and gagged her with a cloth wet with engine oil, causing her to suffocate. He also pointed a gun to her stomach threatening to shoot her baby. While one perpetrator demanded to know where the money and valuables were, another one sexually assaulted her by touching her breasts and genitals under her clothing, and a third man threatened her with gang rape. During this ordeal, the victim could hear her parents screaming in another room, causing additional suffering and reinforcing the threats. After seizing all the valuables and money, the men threatened to shoot the family if they reported the crime
Aucun de ces bourreaux n'a été condamné. Dans le meilleur des cas, un pseudo-procès est en cours, ce qui permet encore quelques lignes laconiques sur les défauts des systèmes d'enquête et judiciaire ukrainiens dans ces rapports, invitant courtoisement les autorités à rendre justice. Avec cette illustration des propos d'un nationaliste:
“We will kill you now, and we will avoid any punishment for that.”
C'est peut-être pour cela que le régime ukrainien actuel provoque un dégoût si profond, même au sein de sa propre population, qu'il n'a pas encore réussi à totalement zombifier. Selon le sondage effectué par la Compagnie Research and Banding Group, + de 55% des jeunes de moins de 30 ans veulent définitivement quitter le pays. Il faut passer la barrière des 60 ans pour que les gens aient réellement envie de rester dans leur pays - ou bien qu'ils soient suffisamment désespérés et fatigués pour s'y résigner. Le salaire moyen après ce qu'il est convenu d'appeler la "Révolution de la dignité" a chuté au niveau des pays les plus pauvres d'Europe avec 370 euros. C'est effectivement un grand résultat. Tout comme l'augmentation de l'immigration vers la Russie, qui repart à la hausse. Près de 3 millions de migrants économiques, la Russie facilite l'octroi de la nationalité aux Ukrainiens. Evidemment, Kiev nettoie les médias qui osent critiquer l'absurdité de la politique intérieure et le suicide du pays. Evidemment Kiev envisage de bloquer le trafic ferroviaire avec la Russie.
 
La position de ce régime fantôme et tristement fantoche est compréhensible: il doit vider sa population de toute substance pour pouvoir subsister. Ce qui est beaucoup moins évident,  c'est celle de cet Occident droit de l'Homiste, si prompt à adopter des sanctions contre la Russie, comme un chien fidèle qui aboie sur commande de son maître. Comment peut-on regarder d'un oeil apaiser nos dirigeants cautionner de telles exactions? Cautionner la formation des cadres de l'armée ukrainiennes qui ensuite vont violer et torturer des civils? Nous devenons ainsi, nous aussi, des régimes fantômes et fantoches. Avant d'être des populations fantômes et fantoches. Vidée de sa moelle.
 

jeudi 14 décembre 2017

Poutine: une conférence de presse sur fond de politique sociale

Aujourd'hui a eu lieu la grande conférence de presse de V. Poutine devant une salle remplie de  plus de 1600 journalistes, particulièrement actifs, pendant près de 4h. Malgré une actualité internationale mouvementée, les questions ont principalement porté sur la politique socio-économique du pays. D'une certaine manière, c'est un tableau de l'état du pays avant les nouvelles élections qui s'annoncent.
 
Pour les russophones, voici la conférence de presse:
 
 
D'une manière générale, la conférence de presse fut tenue sur un ton plutôt conventionnel. L'ensemble des questions a montré un intérêt essentiellement centré sur les questions socio-économiques: les tarifs des frais communaux qui ne s'arrangent pas, la question de la vente du blé dont la récolte-record s'accompagne d'une faible rentrée d'argent pour les producteurs, le développement des infrastructures, etc. Les réponses apportées furent rassurantes, socialement orientées. 
 
En ce qui concerne les questions plus sensibles, comme l'écologie, elle est soutenue mais en tenant compte de l'industrialisation du pays. Quant à la réduction du contrôle sur le business, la situation a déjà beaucoup évolué, il reste somme toute peu de barrières. Evidemment la question la faiblesse endémique de l'opposition a été soulevée et la réponse fut franche: sans programme constructif, aucune opposition réelle ne pourra voir le jour. Ksénia Sobtchak a dû patienter (et elle a eu du mal) jusqu'à la dernière heure pour pouvoir poser sa question sur les difficultés de l'opposition, la réponse fut la même: au lieu d'être contre tous et de pousser les gens à la révolte stérile comme pour un Maïdan, il faudrait développer une vision pour le pays. 
 
Un doute, technique somme toute, a été levé: V. Poutine sera candidat indépendant aux présidentielles, mais attend - et obtiendra - le soutien des strutures qui partagent son point de vue, qu'il s'agisse de parti politique (Edinaya Rossiya) ou de structures de la société civile (comme le Front populaire et d'autres). 
 
Sur le plan international, les journalistes étrangers se firent particulièrement remarquer par l'absurdité de leurs questions. L'un demande à Poutine d'apprécier le début de mandat de Trump. Le président russe lui rappelle que c'est au peuple américain de se prononcer. Quant aux relations russo-américaines, V. Poutine insiste sur le choix fait par la Russie d'une vision stratégique face à une vision géopolitique conjoncturelle en Occident. A un autre il est nécessaire de rappeler que les pays restent et doivent collaborer au-delà des dirigeants et des conflits politiques internes. La Russie est donc toujours prête, même si le Congrès américain la place à côté de la Corée du Nord pour le danger qu'elle représente, d'aider les Etats-Unis sur certaines questions internationales dans la mesure où il est possible de régler des problèmes qui revêtent une importance réelle pour la communauté internationale. Le journaliste ukrainien, toujours dans la provocation, n'a finalement rien avancé de nouveau, sa question se résumant à quand la Russie va-t-elle retirer ses troupes et à rappeler la nécessité d'un échange de prisonniers, oubliant manifestement que c'est l'Ukraine qui bloque cet échange de prisonniers avec LNR DNR. 
 
D'une manière générale, cette conférence n'a comporté aucune révélation sensationnelle. L'annonce de candidature a déjà été faite. La question des JO, trop conflictuelle, a été écartée au profit de celle plus consensuelle du dopage et de la politisation incontestable de la décision du CIO. La question syrienne a surtout été traitée dans sa dimension humaine, l'aide apportée aux civiles victimes. Les journalistes régionaux en ont également profité pour porter à la connaissance du Président des problèmes locaux. Dans l'ensemble, c'est plutôt un bon signe. Celui d'un pays qui globalement fonctionne. L'accent mis sur la dimension sociale, sur les problèmes de la vie réelle et non les fantasmes postmodernes d'une partie de la caste dirigeante laisse entendre la compréhension de la nécessité d'une ligne politique plus conservatrice, correspondante à son électorat. 
 

Raz-de-marée communiste au Népal

 
14 Décembre 2017
Un spectre hante le monde…
 
(note de Danielle Bleitrach)

Publié le 

Khadga Prasad Sharma Oli, qui devra prendre la tête de l’État népalais en janvier, en train de voter le 7 décembre 2017, à Balkot, Bhaktapur (Nepal). PHOTO / NARAYAN MAHARJAN / NUR PHOTO /VIA AFP.

Grâce à leur alliance de dernière minute, les marxistes-léninistes et les maoïstes obtiennent une large majorité au Parlement fédéral népalais et dans les assemblées provinciales, infligeant une déroute aux formations de droite et surtout au Parti du Congrès du Premier ministre sortant, Sher Bahadur Deuba.

Prachanda l’a admis lui-même le lundi 11 décembre au matin, après l’annonce des résultats des élections législatives et régionales à Katmandou, qui ont eu lieu le 26 novembre et le 7 décembre : “La victoire de l’alliance de gauche est un défi”, rapporte The Himalayan Times, tant il y a à faire pour “améliorer le niveau de vie de la population, équiper le pays en infrastructures” et remettre enfin debout tous les édifices anéantis par les séismes d’avril et de mai 2015.

 

Le leader maoïste, initiateur de la guerre civile (1996-2006) qui devait mener à la chute de la monarchie en 2008, estime que le Népal “prend aujourd’hui la route de la prospérité” et que, s’il travaille “avec honnêteté” “au service du peuple”, le futur gouvernement communiste a un boulevard de “cinquante ans devant lui”. Pushpa Kamal Dahal, de son vrai nom, ne s’attendait sans doute pas lui-même à un tel raz de marée pour ce premier scrutin organisé depuis l’adoption de la nouvelle Constitution fédérale, il y a un peu plus de deux ans.

Le rendez-vous était historique, car c’était la première fois depuis 1999 que les Népalais élisaient une chambre basse “classique”. Celle-ci avait certes été renouvelée par deux fois depuis l’instauration de la république, en 2008 et en 2013, mais il s’agissait à chaque fois d’élire une assemblée constituante pour écrire une nouvelle Constitution. Le chantier aura duré sept ans au total, jusqu’à la promulgation de la nouvelle loi fondamentale instaurant le fédéralisme en septembre 2015, à la suite de quoi deux autres années se sont écoulées avant que les électeurs ne soient convoqués aux urnes. En outre, c’était la première fois qu’un scrutin se déroulait en région, en complément des municipales, qui, avant l’été dernier, n’avaient pas eu lieu depuis… 1997.

 

Le Parti marxiste-léniniste unifié largement en tête

 

Lundi 11 décembre, la formation de Prachanda, le Centre maoïste, est arrivée en deuxième position, obtenant près de 22 % des sièges à la Chambre des représentants, indique leKathmandu Post, selon des chiffres provisoires. Son allié de circonstance, le Parti marxiste-léniniste unifié (UML) avec lequel il s’était réconcilié dans la dernière ligne droite, en octobre, est le grand vainqueur, avec 49 % des sièges. Ensemble, les deux formations communistes décrochent donc une très large majorité absolue. Et dans les assemblées législatives des sept nouvelles provinces du Népal, c’est la même chose.

 

Le Parti du Congrès (centre gauche) du premier ministre sortant, Sher Bahadur Deuba, a été “balayé par la vague rouge”, observe le quotidien República, “à la fois pour les parlementaires élus au scrutin majoritaire simple à un tour, et pour ceux qui sont élus à la proportionnelle”. Qu’importe la couleur des vainqueurs, “le Népal va rester aux mains de ses vieux dirigeants et la question est de savoir si le nouvel exécutif saura ramener la stabilité politique”, estimait il y a quelques jours l’hebdomadaire Nepali Times.

 

De fait, dans un pays où les gouvernements tiennent rarement plus de quelques mois, Prachanda a été deux fois Premier ministre et celui qui prendra la tête de l’État népalais en janvier n’est autre que son nouvel allié, le leader marxiste-léniniste Khadga Prasad Sharma Oli, ancien ministre de l’Intérieur, puis des Affaires étrangères, et Premier ministre d’octobre 2015 à août 2016. Ce dernier a déjà promis de travailler “avec l’opposition”, et a assuré que, malgré l’ampleur de la victoire des communistes, le Népal ne tomberait pas “sous l’oppression”, contrairement à ce que craignent les vaincus de ce scrutin historique.

Les élus arabes et les communistes ne participeront pas au discours de Mike Pence à la Knesset

 

14 Décembre 2017
Voici un extrait du journal israélien The times of Israël. Dans celui-ci, le chef de la Liste arabe unie déclare que « les Etats-Unis ont perdu leur place de médiateur exclusif dans les négociations » après avoir reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël. Ayman Odeh a été élu « en 2016, tête de la Liste unifiée, rassemblant, derrière le Hadash communiste, divers partis arabes israéliens. Sa liste crée la surprise en arrivant en troisième position avec 10.54% et 13 sièges et à ce titre il est le troisième parti d’Israël. C’est un député communiste mais aussi un militant actif et il est blessé en janvier 2017 au dos et à la tête par des tirs de la police israélienne. Celle-ci était intervenue pour sécuriser les travaux de destruction d’un village occupé par des bédouins afin de le remplacer par un village juif, quand une échauffourée a éclaté avec les habitants au cours duquel ce responsable communiste a été blessé. La seule question que je pose est pourquoi en France la position de ces communistes qui représentent la meilleure chance de paix est-elle aussi méconnue?  A la suite de l’article, je publie son interview publié en 2016 dans Marianne
 
(note de Danielle Bleitrach).

MARISSA NEWMAN 13 décembre 2017, 20:10 2
Ayman Odeh, leader de la liste commune, réagit lors d'une séance plénière au parlement israélien, le 25 janvier 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)
Ayman Odeh, leader de la liste commune, réagit lors d’une séance plénière au parlement israélien, le 25 janvier 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)
 
En protestation face à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par l’administration américaine, les députés arabes israéliens n’assisteront pas au discours du vice-président américain Mike Pence à la Knesset la semaine prochaine.Dans un communiqué publié ce mercredi, Ayman Odeh, leader de la Liste arabe unie, a déclaré que les 13 membres de son groupe boycotteraient le discours à la Knesset lundi afin « d’envoyer un message clair à l’administration américaine et au monde entier, de leur montrer qu’il y a des citoyens vigoureusement opposés à la déclaration de Trump et de leur expliquer que les Etats-Unis ont perdu leur place de médiateur exclusif dans les négociations ».
« Jérusalem-Ouest sera reconnue comme capitale d’Israël par le monde entier dès que le gouvernement d’Israël aura reconnu Jérusalem-Est comme capitale de l’Etat palestinien », a ajouté Odeh.Pence devrait s’adresser au Parlement israélien lundi prochain, aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du chef de l’opposition Isaac Herzog et du président de la Knesset Yuli Edelstein.L’annonce de Odeh survient plusieurs heures après que Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a déclaré que les Palestiniens n’accepteraient aucune ingérence future des Etats-Unis dans les pourparlers de paix suite à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président Donald Trump.
 
 
L’Autorité palestinienne a également déclaré qu’elle refuserait de rencontrer le vice-président américain lors de son voyage dans la région. Au cours du week-end, le conseiller diplomatique d’Abbas a déclaré que la rencontre avec Pence avait été annulée « car les Etats-Unis avaient franchi les lignes rouges » concernant Jérusalem. La semaine dernière, Jibril Rajoub, membre éminent du Fatah de Mahmoud Abbas, avait déjà fait écho à ce sentiment, affirmant que Pence n’était « pas le bienvenu en Palestine ».En réponse à cette position, la Maison Blanche a accusé les Palestiniens de « s’éloigner » des efforts de paix. »Cet article d’un journal israélien a le mérite de nous faire connaitre une situation méconnue en France et on se demande pourquoi… pourquoi les positions de ces communistes à la tête de la ligue arabe au parlement israélien sont-elles aussi méconnues en France? L’hypothèse la plus vraisemblable est que si officiellement, la gauche, le PCF se bat pour les accords de l’ONU, en fait on est convaincu qu’il faut chasser Israël et n’avoir qu’un état palestinien et donc insister sur la nature coloniale de son existence. Là encore, je pense qu’il faut discuter en Congrès de la position REELLE des communistes sur la question et pas prétendre défendre une position quand on se bat sur une autre. L’Humanité, la direction du parti doivent avoir une position claire et des revendications précises décidées par les communistes eux-mêmes et pas jouer à la contrebande des haines. Et le terme de « sioniste » non seulement est employé à la place de juif, mais masque les questions que je pose ici et qui doivent être décidées par les communistes, peut-être est-il trop tard à cause des Américains et du gouvernement israélien pour prétendre à deux Etats, alors dites-le, défendez votre position politiquement et arrêtez de créer les conditions d’un massacre généralisé qui est celle de Trump et de Netanyaoun.
 
Ayman Odeh, chef de file de la Liste arabe devenue la troisième force politique d'Israël. SIPANY/SIPA

 

Ayman Odeh : « Juifs et Arabes doivent se battre ensemble pour un état moral »

Propos recueillis par Martine Gozlan
Publié le 07/05/2016 à 12:00
Ayman Odeh, 41 ans, chef du Hadash, le Parti communiste juif et arabe, est le leader de la Liste arabe unie, devenue la troisième force politique du pays en obtenant 13 sièges aux dernières élections législatives. Rencontre à Haïfa, sa ville natale, au pied du mont Carmel, où vit sa famille depuis trois cents ans.
 
Marianne : Quel est votre état d’esprit alors que les tensions sont de plus en plus vives non seulement entre Palestiniens et Israéliens, mais entre les deux communautés, juive et arabe, au sein d’Israël ?
 
Ayman Odeh : Nous vivons à l’heure des fanatismes. Si on ose dire que ce pays est celui de tous les citoyens, on vous regarde comme un extrémiste et vous êtes harcelé très durement. Sans doute, il ne s’agit pas d’un Etat qui pratique l’apartheid : les simples faits que je siège à la Knesset avec les 12 autres membres de la Liste arabe unie et l’existence de la Cour suprême en constituent des preuves tangibles. Néanmoins, les Palestiniens d’Israël (20 % de la population) sont confrontés au racisme et à la discrimination. Quel est le seul facteur de lutte contre le racisme ? La démocratie. C’est un combat commun. Les juifs et les Arabes doivent le mener ensemble, car je crois fermement en un Etat moral. Il ne peut y avoir de combat séparé. Je vis dans une ville mixte, Haïfa, où juifs et Arabes mènent encore une existence commune. C’est la ville la plus saine d’Israël. Personne, ici, ne peut dire que nos deux peuples ne peuvent pas vivre ensemble. Le problème, ce n’est pas nos peuples, mais le gouvernement qui alimente le feu de la haine.
 
L’islamisme, aussi, est vecteur de haine. Comment le combattez-vous ?
 
Mais il s’est produit un phénomène extraordinairement positif ! Nous siégeons ensemble au sein d’une liste arabe unie. Communistes, islamistes, nationalistes, modérés, sont réunis autour des mêmes objectifs. Il faut réaliser ce que cela signifie aujourd’hui, au Moyen-Orient, où tout le monde se déchire. C’est en soi une victoire formidable : nous, Arabes, avons été capables de dire stop aux conflits internes. Je suis un Arabe palestinien, c’est mon identité nationale. Et je suis aussi un citoyen d’Israël. Le lendemain des élections qui ont fait de notre liste la troisième force politique du pays, nous sommes allés voir tous les ministres et nous leur avons demandé de nous donner nos droits. Nous avons été capables d’influencer des décisions économiques sur le sous-développement des zones où vit notre minorité. Nous nous battons pour qu’elles soient mises en application au plus vite. Il s’agit notamment de réduire les disparités dans les transports publics : 40 % des nouveaux crédits alloués aux villes arabes y seront consacrés. C’est du concret, pas de l’idéologie.
 
Je reviens sur la question de la violence qui reste présente : l’idéologie extrémiste, l’influence de Daech, ne risquent-elles pas de saper les bases de votre combat ?
 
Patience ! Aux Etats-Unis, il y avait Malcolm X mais aussi Martin Luther King. La réalité, c’est que 88 % de la population arabe a voté pour notre liste arabe unie. Qui essaie de nous pousser vers l’extrémisme ? Le gouvernement ! Bien sûr, que nous sommes affectés par la détérioration de la situation dans les Territoires. Au moment des accords d’Oslo, en 1993, il y avait un mieux très sensible. Et puis, allons au fond des choses, nous ne sommes pas seulement une minorité nationale, c’est notre patrie ! Nous ne sommes pas venus vers l’Etat d’Israël : c’est l’Etat d’Israël qui est venu à nous. Et, à partir de 1967, l’Etat a occupé des territoires. Or, l’occupation fait d’abord souffrir les Palestiniens et ensuite la société israélienne. Elle la métamorphose en une société violente et raciste. Je crois qu’un peuple qui en occupe un autre ne peut pas être libre. Je préfère la résistance pacifique, mais je comprends que les Palestiniens décident de leur façon de résister.
 
Avec les couteaux, les attentats ?
Que pensez-vous de la campagne pour le boycott d’Israël ?
 
Boycotter les produits des colonies est une décision morale. Je la soutiens. Mais pas question d’être contre les juifs et contre l’Etat d’Israël. Je fais partie de cet Etat, je siège à la Knesset. Je ne peux donc pas soutenir mon propre boycott.
 
C’est l’occupation qu’il faut combattre, pas l’Etat.

Pourquoi le Chavisme a-t-il encore gagné ?

 

14 Décembre 2017
Une réflexion intéressante sur les raisons de la victoire vénézuélienne du chavisme
 
(traduction et note de Danielle Bleitrach)

Nicolás Maduro parle au peuple vénézuélien après les élections municipales. Photo: Presse de Miraflores.

 

Le chavisme a remporté sa troisième victoire électorale en moins de quatre mois. Encore une fois, sans conteste. D’abord les élections à l’Assemblée nationale constituante (ANC), le 30 juillet, puis les  gouverneurs, le 15 octobre et enfin, le 10 décembre, où, comme le président Nicolás Maduro l’a dit la nuit, 300 des 335 mairies ont été remportées. La carte montre une corrélation avec les sondages avec une grande majorité pour le Chavisme, qui a également ajouté un nouveau gouvernance, avec un total de 19 sur 23.

 

Comment ces résultats sont-ils expliqués? L’argument de l’opposition et de ses alliances internationales est toujours le même: la fraude. C’est un bouton automatique qu’ils utilisent avant chaque résultat défavorable. Le manque de crédibilité de cette accusation vient de la mise à l’épreuve du mécanisme électoral, et d’eux-mêmes, quand une partie de la droite, celle qui gagne, reconnaît les résultats et une autre, celle qui perd, ne le fait pas. Il est de ce fait avéré dans la dynamique du conflit vénézuélien que cette affirmation est systématique et sans fondement.

 

Les réponses devraient être recherchées dans la façon dont chacune des forces est venue aux élections. L’opposition l’a fait avec plusieurs éléments contre elle, et avec cette capacité unique qu’elle a de s’envoyer des balles dans les  pieds. La première chose était qu’une partie importante, en particulier les principaux partis, a décidé de ne pas participer. Cela ne veut pas dire que la droite n’a pas été présente, il y a les mairies qui ont gagné comme preuve de leur présence. Il y avait beaucoup de leurs figures connues, avec des luttes publiques, des accusations de trahisons croisées, plusieurs candidats dans la même commune. L’image était celle d’une force en crise, les généraux s’affrontant.

 

http://www.cubadebate.cu/opinion/2017/10/30/donde-esta-el-enemigo-de-la-revolucion-bolivariana/embed/#?secret=ZVHGMEoBnw

 

Ce scénario a été construit depuis la défaite subie avec l’élection de l’ANC, qui a abouti à la fois à l’effondrement de l’assise de l’unité démocratique, et à une image de démoralisation de sa base sociale qui a également commencé à accuser ses dirigeants d’être des traîtres. Cela a conduit à la défaite dans les élections du gouverneur – l’échec politique a un effet domino – et cela a accentué la perte stratégique déjà évidente. Les principaux partis ont passé quatre mois à appeler à sortir le gouvernement par la violence dans les rues, à se présenter aux élections et à s’abstenir. Le résultat du dimanche était alors prévisible.

 

Cela confirme l’incapacité de l’opposition à ouvrir une perspective au sujet du développement de l’élément de conflit vénézuélien, après dix-huit ans de processus révolutionnaire, elle n’a acquis aucun droit pour être une alternative pour la majorité de la population. Son manque de crédibilité est à arrivé en ce moment à une évidence maximale. Ils ont dispersé en une moitié d’année, le capital politique qu’ils avaient pu accumuler. Ils se présentent  à la présidentielle désunis, avec trois tentatives infructueuses et des tentatives insurrectionnelles, quatre élections dans le temps du mandat de Nicolas Maduro. Ils ont remporté une victoire électorale unique, en décembre 2015, qu’ils n’ont pas réussi à exploiter.

 

Héctor Ródriguez, président du PSUV dans l'état de Miranda. Photo: Correo del Orinoco.

 

La situation dans laquelle l’opposition se trouve est le produit de ses propres erreurs – qui sont aussi, dans certains cas, le résultat des ordres émanant des États-Unis – et de la capacité politique du Chavisme, qui a réussi à sortir d’un match nul et de les coincer en défense. Cette récupération de l’initiative, matérialisée dans ce troisième résultat électoral en 133 jours, a plusieurs raisons. L’un est que l’unité a été maintenue. Tandis que l’opposition était de plus en plus divisée, le Chavismo a accepté Nicolás Maduro comme une direction consolidée, et il a présenté des candidatures unitaires dans la plupart des régions, aussi bien régionales que municipales.

 

Une autre raison est la cohérence discursive. Le Chavisme n’est jamais tombé dans l’appel à la confrontation de rue dans laquelle la droite entre avril et juillet a tenté de l’entraîner. La proposition était toujours pour une solution électorale, et de cette manière il était possible de contenir l’escalade violente et maintenir le pouvoir politique. Unité et stratégie face aux luttes interne et délires stratégiques.

 

http://www.cubadebate.cu/opinion/2017/08/27/las-oportunidades-urgentes-del-chavismo/embed/#?secret=bCMxbbo1OR

 

Une raison de plus peut être recherchée dans les acquis de la révolution. Alors même que la droite ne parvient pas à se consolider comme une alternative pour la majorité, le chavisme trouve ses forces dans sa dimension identitaire dans les classes populaires. Le Chavisme est plus que la direction et les différentes médiations avec leurs succès et des échecs, c’est une expérience politique d’organisation de la vie, qui traverse une partie du peuple vénézuélien, et peut faire face à ces joutes électorales avec une base que n’a pas la droite. Il y a une prise de conscience du moment historique, de ce qui est joué, de ce qui peut être perdu en cas de défaite électorale.

 

Il peut y avoir des raisons de cette troisième victoire électorale à un stade où de nombreux analystes avaient affirmé et réaffirmé malgré les sondages que le processus conduirait inévitablement à une défaite du chavisme. Un triomphe qui se produit au moment de plus grandes difficultés économiques dans le pays. Une situation qui ne doit pas être considérée isolément de l’image politique: l’approfondissement de l’attaque de l’économie cherche à conditionner le vote, générer des scénarios opposition, s’effondre sous son propre poids. Il existe des relations directes entre le dollar illégal, les augmentations de prix, les pénuries et les résultats électoraux.

 

Ce qui suit est un défi immense et urgent pour le chavisme: stabiliser l’économie, ce qui ralentit le recul matériel jette des images d’un pays où les actions de tous les jours sont devenus des batailles pour la plupart de la population. Cela signifie à la fois approfondir les partenariats internationaux, les moyens d’éviter l’étranglement que  cherche à imposer le gouvernement américain et ses alliés, comme la récupération de la capacité de gouvernance de l’économie et de faire face aux ennemis internes de la révolution. L’un d’eux est la corruption qui avait saisi l’industrie pétrolière et les importations, à savoir les poumons de l’économie.

 

Gagner des élections signifie la possibilité de poursuivre le projet historique. Un nouveau pas a été franchi dans cette direction. Et pas seulement dans un contexte d’adversité interne, mais à un moment où les droits du continent, subordonné aux États-Unis, cherchent à se rattraper et à se montrer, comme dans le cas de la fraude électorale au Honduras, dans la mesure de leur volonté. Avoir obtenu une nouvelle victoire électorale est alors immense, c’est une leçon de politique, un échantillon des combats que la révolution vénézuélienne peut donner.

 

(Tiré du blog Hasta el Nocau)

mercredi 13 décembre 2017

La Russie doit accepter le conflit avec les Etats-Unis pour en sortir

Les Etats-Unis renforcent le combat contre la Russie dans cette période pré-électorale. L'opération est clairement lancée et ce sur deux fronts: d'une part sur la société, afin de discréditer le fondement patriotique du pouvoir qui est aussi l'axe de l'électorat de V. Poutine, d'autre part en faisant pression sur l'entourage oligarchique du Président. Des JO aux sanctions financières, la mécanique s'emballe sans rencontrer à ce jour trop de résistance.
 
Les élections présidentielles russes approchent et la nouvelle candidature de V. Poutine n'est, pour le moins, pas favorablement perçue en Occident. Si les mesures frontales visant à l'isolement de la Russie n'ont pas fonctionné, si les sanctions ont permis de relancer l'économie intérieure et la russophobie de resserrer le peuple autour du président sur le mode patriotique de la "Patrie en danger", il semblerait que les Etats-Unis aient tiré les leçons de leurs échecs et changent de mode d'action.
 
Discréditer le fondement patriotique et donc la raison du vote Poutine
 
La base électorale de V. Poutine n'est pas composée de ceux qui ont assisté à la première de Nureev, eux voteront plutôt Sobtchak ou Iavlinsky; ni des business men en manque de dérégulation, qui voteront Titov. Son électorat est principalement composé de la masse populaire, celle qui a besoin d'un Etat pour relancer l'économie réelle et non les bitcoins, celle qui a besoin d'un Etat qui assure la médecine et l'enseignement car c'est une société qui fait des enfants et a des grands-parents, non pas un groupe d'individus déracinés, "nombrilisés", bref cosmopolites. 
 
Cette base électorale a été confortée dans son choix par différentes mesures permettant de relancer le pays et surtout par l'apogée atteint avec le rattachement de la Crimée, où toute une population s'est regroupée autour d'un drapeau. Avec l'intervention en Syrie, où au nom du drapeau, les soldats défendent le pays contre l'expansion du terrorisme. Et ce drapeau n'est pas neutre, il est tricolore.
 
La facilité désarmante avec laquelle l'élite politique et sportive a craché sur le drapeau (voir notre texte ici) en acceptant sans aucune condition ni résistance de participer de manière "neutre" aux JO a déstabilisé ceux qui pensaient qu'à la différence de l'ère Eltsine les symboles de l'Etat avaient une valeur. Comme on a pu le lire ici ou là, les sportifs doivent se montrer, faire des performances, car les JO sont avant tout un "business" et les athlètes en ont besoin aussi pour signer des contrats - cela n'a donc rien à voir avec le pays, le drapeau sera bien présent mais bien proprement plié au fond de soi.
 
Cette démonstration d'hypocrisie retransmise sur toutes les ondes hier soir montre à quel point ce petit monde est totalement décalé des réalités du pays, ne pense même pas que cela puisse exaspérer. Il espère au contraire rassurer les gens avec une sorte de patriotisme condescendant bon marché. Les sportifs et leurs fédérations veulent participer? Qu'ils y aillent, il n'est pas nécessaire d'en faire un évènement national, ils n'y représentent qu'eux de toute manière. 
 
Cette hypocrisie si facilement et naturellement amenée a creusé un fossé dangereux avec le "bon peuple", que l'on fait vivre sur la base de l'idée patriotique. Or, un patriotisme sans Etat et sans drapeau s'effondre. Soit il est pour tout le monde, soit il n'est pas.
 
Ce facteur de déstabilisation arrive à point nommé avant les présidentielles russes de ce printemps. Comment réagira l'électorat face à la discréditation de l'idée qu'il croyait incarnée par son candidat? La légitimité du système de gouvernance du président Poutine repose sur une seule chose, et il ne s'agit pas du poids des oligarques, mais sur le réel soutien populaire. C'est bien d'ailleurs pour cela que sa candidature a été annoncée en deux temps: devant les jeunes et dans une usine. Devant le peuple, moderne et traditionnel, mais le peuple.
 
La décision du Comité olympique russe, les déclarations de Joukov sur le soutien qui sera apporté à tous les sportifs, le retournement du discours de V. Poutine passant en deux semaines du caractère inacceptable de participer sans drapeau à la confirmation de la décision niant l'intérêt du pays, le retournement des chaînes nationales se préparant à montrer finalement les JO, tout cela ouvre une brèche dans laquelle s'engouffre toute une population médusée par tant de légèreté et d'inconsistance. Provoquer le doute sur la véracité du fondement du vote, c'est déstabiliser la base électorale, beaucoup plus sûrement qu'en finançant une opposition caricaturale. Car c'est l'élite elle-même qui scie la branche sur laquelle elle est assise.
 
Pression sur l'entourage oligarchique
 
Le second moyen d'action pré-électoral est de toucher "le rempart" du pouvoir, à savoir le cercle oligarchique. Cette action est rendue possible par l'interpénétration issue de la chute de l'Union soviétique entre les milieux d'affaires et les milieux politiques.
 
La liste des nouvelles sanctions, beaucoup plus violentes et ciblées contre l'entourage du Président doit être prête pour février. En attendant les noms ne sont pas connus, ce qui permet le chantage, mais les moyens d'action promettent d'être très lourds. Comme on peut le lire dans la presse anglo-saxonne:
The next deadline is February 2, when the Treasury Department is supposed to release a list of Russian officials and Kremlin-connected business leaders to be targeted for restrictions. That could include limitations on financial transactions with banks, real estate brokerages, and other institutions.
 
Speaking to a panel of the Senate Foreign Relations Committee, Mitchell said the Trump administration was committed to meeting that deadline.
 
The new legislation, called Countering America's Adversaries Through Sanctions Act, also includes measures that could impact energy companies doing deals in Europe, or, for example, with commercial ties to the Russian undersea pipeline project known as Nordstream 2.
Faut-il trouver ici l'une des raisons du virage politique incroyable que la Russie vient de prendre sous nos yeux? Faut-il y voir une des raisons des difficultés que le pays connaît à trouver des réponses réellement adaptées? Espérons que non, car tout ce mouvement ne s'arrêtera pas là, surtout si la Russie continue non seulement à refuser le combat, mais à le nier.
 
Un combat à mort qu'il faut accepter
 
L'agressivité des Etats-Unis contre la Russie ne s'arrêtera évidemment pas avec les JO (personne ne promet de rétablir le Comité olympique russe juste après), pas plus qu'avec le règlement de la situation en Syrie ou dans le Donbass.
 
La position de Tillerson est ici très significative. Il y a une semaine, Tillerson déclare, presque simplement, que les Etats-Unis n'accepteront jamais "l'annexion" de la Crimée:
“We will never accept Russia’s occupation and attempted annexation of Crimea,” Secretary of State Rex W. Tillerson vowed in his opening remarks at the Organization for Security and Co-operation in Europe. 
Mais hier devant l'Atlantic Council, il va beaucoup plus loin. Tout d'abord, il réduit la participation de la Russie en Syrie au soutien à Assad, disant qu'ici, soit, la Russie a choisi un camp, mais qu'en Ukraine, elle s'est approprié une partie de territoire. Les sanctions contre la Russie devront donc être maintenues jusqu'à ce que l'intégralité territoriale ukrainienne soit restaurée.
 
Maintenant, Tillerson ne parle pas uniquement des Accords de Minsk, qu'il déclare mécaniquement devoir appliquer, de la mission de paix de l'ONU occupant tout le Donbass que la Russie doit accepter, mais ... aussi de l'obligation pour la Russie de se séparer de la Crimée, comme on peut le lire sur le sténogramme de son discours:
We will return to the issue of Crimea. I know that President Putin’s made it clear that that’s not on the table for discussion. It will be at some point. But today, we want to stop the violence in east Ukraine and let’s see if we can solve that one.
Ainsi, les cartes sont abattues: la question du Donbass et de la mission de paix de l'ONU n'est qu'un prélude au véritable but de cette opération, à savoir obliger la Russie à se débarrasser de la Crimée, ultime renoncement annonçant la fin non seulement de l'incarnation de l'idée patriotique, mais aussi du pays qui, dans sa forme actuelle, ne pourrait y survivre. Tout en le sachant pertinemment, Tillerson déclare que, certes, Poutine n'est pas prêt à en parler .... mais ce moment viendra. 
 
Etrange formulation. Pourquoi "ce moment viendra"? Le danger présenté par cette option ne s'amenuisera pas avec le temps et Tillerson le sait parfaitement. Ce qui peut changer, ce n'est pas l'opinion présidentielle, c'est la situation générale du pays, ce discrédit du patriotisme et donc de l'idée nationale qui permet d'affaiblir l'Etat. Il peut s'agir de l'intérêt non pas cette fois de quelques sportifs et de leur droit incompressible à conclure des contrats publicitaires, mais de l'intérêt encore plus poignant du grand business, intérêt présenté comme confondu avec celui de l'Etat, intérêt qui ici - comme ailleurs - diverge pourtant.
 
Pour sortir de cette impasse qui conduit le pays sur une pente extrêmement glissante, d'autant plus en période pré-électorale, la Russie doit cesser sa politique d'évitement, ramasser le gant qui lui a été lancé - et relancé quelques fois déjà - et finalement accepter le combat. Mais pour cela, le président Poutine, qui se présente toujours comme le président de "tous les Russes", doit devenir un acteur politique, faire le choix d'être le président de sa base électorale, justement dans l'intérêt du pays. Car il n'est pas toujours possible, principalement en situation de conflit, de réunir les extrêmes.
 
 

Syrie - L’Etat Islamique est vaincu et ce sera bientôt le tour des États-Unis

 

Photo : © REUTERS/ Omar Sanadiki

L’Etat islamique en Syrie et en Irak est officiellement vaincu. La résolution des Nations Unies qui a permis à d’autres pays de combattre l’EI en Syrie et en Irak est devenue caduque. Mais l’armée américaine veut, en dehors de toute base légale, poursuivre son occupation du nord-est de la Syrie. Elle n’y arrivera pas. Ses alliés kurdes de la région l’abandonnent déjà et préfèrent maintenant la protection russe. Des forces de guérilla pour combattre la « présence » américaine sont en formation. Le plan américain est à courte vue et stupide. Si les États-Unis s’entêtent à rester là, beaucoup de leurs soldats mourront.

 

Il y a deux jours, l’armée arabe syrienne a colmaté les dernières brèches sur la rive ouest de l’Euphrate. Après avoir combattu tout le long de la rivière depuis Alep vers l’est, la Force du Tigre a atteint Deir Ezzor qui avait déjà été libéré. Toutes les villes et villages qu’ils ont rencontrés en cours de route sont maintenant contrôlés par le gouvernement syrien. Les combattants islamiques restants ont été repoussés dans le désert où ils seront chassés et tués.

 

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Il y a deux jours, le président russe Vladimir Poutine a annoncé une « victoire complète » en Syrie :

« Il y a deux heures, le ministre (russe) de la défense m’a rapporté que les opérations sur les rives est et ouest de l’Euphrate se sont achevées par la déroute totale des terroristes  », a déclaré Poutine.

 

« Naturellement, il pourrait encore y avoir des poches de résistance, mais dans l’ensemble, les opérations militaires à ce stade et sur ce territoire se sont terminées, je le répète, par la déroute totale des terroristes », a-t-il dit.

Aujourd’hui, le Premier ministre irakien Haider Abadi a annoncé la victoire et la « fin de la guerre » contre l’EI du côté irakien :

« Nos forces ont repris le contrôle total de la frontière irakienne et syrienne et j’annonce donc la fin de la guerre contre Daesh (EI), » a déclaré Abadi lors d’une conférence à Bagdad.

Au nord de l’Euphrate, les Forces démocratiques syriennes (FDS), les forces par procuration américaines, avaient récemment négocié un autre accord (42) avec les combattants islamiques restants. L’EI aurait donné le contrôle d’un poste frontière avec l’Iraq aux FDS et, en échange, aurait obtenu le droit de circuler librement dans les zones contrôlées par les FDS. Cet accord a fait suite à un accord antérieur aux termes duquel les États-Unis et le SDF avaient permis à 3 500 combattants de l’EI de fuir Raqqa pour aller combattre l’armée syrienne à Deir Ezzor. C’était une tentative des États-Unis pour retarder ou empêcher la victoire de la Syrie et de ses alliés. Elle a échoué.

 

Peu de temps après le nouveau cessez-le-feu proclamé entre les forces par procurations américaines des FDS et l’EI, des officiers russes ont rencontré des responsables des Unités de protection du peuple kurde (YPG), la force principale des FDS. Ces entretiens ont complètement changé la situation. Lors d’une conférence de presse commune, les Kurdes et les Russes se sont engagés à unir leurs efforts pour combattre l’EI à l’est de l’Euphrate. Il semble que les YPG ne soient plus convaincus que les États-Unis veuillent le combattre. Les Russes ont pris le commandement et les forces aériennes russes soutiennent depuis les YPG dans leur lutte contre l’EI dans le gouvernorat de Deir Ezzor sur la rive est du fleuve :

« Un état-major opérationnel conjoint a été créé dans la ville d’Es-Salhiya pour assurer le contrôle direct et organiser la coopération avec les milices populaires. Outre les conseillers russes, des représentants des tribus orientales de l’Euphrate y participent », a déclaré Poplavskiy, en ajoutant que dans les « prochains jours », tout le territoire à l’est de l’Euphrate River serait libéré des terroristes.

 

Selon Mahmoud Nuri, un représentant des YPG kurdes, la milice « s’est battue très efficacement contre l’EI sous le commandement russe  » et les forces kurdes se sont également déclarées prêtes à assurer la sécurité des spécialistes militaires russes opérant sur la rive orientale de l’Euphrate.

Les États-Unis s’inquiètent vivement du fait que les Russes appuient soudain les forces américaines par procuration dans le nord-est de la Syrie. Les États-Unis veulent s’approprier la région. Ils veulent probablement aussi protéger ce qui reste de l’EI pour le réutiliser au besoin. Les États-Unis prétendent que le soutien aérien russe aux Kurdes viole « l’espace aérien de la coalition ».

 

Les États-Unis qui n’ont jamais été invités en Syrie, prétendent maintenant y détenir un espace aérien ? Les Russes, alliés au gouvernement syrien, ont été invités dans le ciel syrien. Tout le monde sait parfaitement bien qui a le droit de se trouver dans la région et qui ne l’a pas. Mais l’armée américaine a horreur de regarder en face ses propres abus autant que de se mesurer à un adversaire qui connait la musique :

Une fois, deux avions d’attaque A-10 de l’armée de l’air volant à l’est de la rivière Euphrate ont failli heurter de front un Su-24 Fencer russe se trouvant à seulement 300 pieds de distance – une distance infinitésimale quand on pense que tous les avions volent à plus de 350 milles à l’heure. Les A-10 firent une embardée pour éviter l’avion russe, qui aurait dû se trouver à l’ouest de l’Euphrate.

...

Depuis que les commandants américains et russes se sont mis d’accord le mois dernier pour voler sur des rives opposées d’un tronçon de 45 milles de l’Euphrate afin de prévenir les accidents dans le ciel de plus en plus encombré de l’est de la Syrie, les avions de guerre russes ont violé cet accord une demi-douzaine de fois par jour, selon les commandants américains. Selon eux, Moscou veut tester la détermination américaine, pousser les pilotes de l’armée de l’air à réagir imprudemment, et aider l’armée syrienne à consolider les acquis territoriaux avant les pourparlers diplomatiques pour mettre fin à la guerre de près de sept ans du pays.

L’EI a disparu. Rien ne justifie la création d’un « espace aérien de la coalition ». Où se trouve l’« accord » qui permet aux États-Unis d’occuper indéfiniment le nord-est de la Syrie, comme il affirme maintenant officiellement vouloir le faire ?

Le Pentagone prévoit de maintenir indéfiniment des forces américaines en Syrie, même après la fin officielle de la guerre contre le groupe extrémiste islamiste, pour participer à ce qu’il appelle des opérations antiterroristes, ont déclaré des officiels.

 

Il y a environ 2 000 soldats américains en Syrie et un nombre indéterminé de personnel privé en soutien. Le mois dernier, l’armée américaine a retiré 400 marines de Syrie où les forces américaines sont entrées pour la première fois à l’automne 2016.

 

Plus tôt dans la semaine, des officiels ont dévoilé les plans d’un engagement à durée indéterminée, connu sous le nom de présence « conditionnelle ».

...

Le Pentagone a déclaré que ses forces armées cibleraient des parties de la Syrie qui ne sont pas entièrement gouvernées par le régime ni les forces rebelles. L’armée affirme qu’elle a le droit de rester là.

L’armée américaine se fait beaucoup de films sur la « légalité » et les « accords ». Nous avons déjà dit que sa « présence » en Syrie est manifestement illégale. La feuille de vigne fournie par la résolution 2249 des Nations Unies pour combattre l’EI est en poussière. Poutine a suffisamment insisté sur la « déroute totale des terroristes » et la victoire « complète » pour qu’il n’y ait pas de doute là-dessus. Il n’y a absolument aucune raison pour que les États-Unis restent là. D’ailleurs ils n’y arriveront pas.

 

Le commandant des forces paramilitaires qui soutiennent le gouvernement syrien et irakien a envoyé une note aux États-Unis pour leur faire savoir que les forces américaines restantes en Syrie seront combattues :

Le commandant du corps des Gardiens de la révolution iranienne, le général de brigade Haj Qassem Soleimani, a envoyé un message verbal, via la Russie, au chef du commandant des forces américaines en Syrie, lui conseillant de retirer toutes les forces américaines jusqu’au dernier soldat « sinon les portes de l’enfer s’ouvriront  ».

 

« Voilà mon message au commandement militaire américain : lorsque la bataille contre l’EI (le groupe Etat islamique) prendra fin, aucun soldat américain ne sera plus toléré en Syrie. Je vous conseille de partir de vous-mêmes sinon vous y serez contraints par la force  », a dit Soleimani à un officier russe. Soleimani a demandé au responsable russe de bien préciser les intentions iraniennes concernant les Etats-Unis : à savoir qu’ils seront considérés comme des forces d’occupation s’ils décidaient de rester dans le nord-est de la Syrie où Kurdes et tribus arabes vivent ensemble.

En 1983, les casernes militaires américaines et françaises de Beyrouth ont sauté après que leurs forces sont intervenues pour soutenir un des camps de la guerre civile libanaise. Plusieurs centaines de soldats sont morts. Après l’attaque, les États-Unis se sont retirés du Liban. Les soldats américains qui restent dans le nord-est de la Syrie peuvent maintenant s’attendre à subir le même sort.

 

Les États-Unis affirment qu’ils ont 2 000 soldats au nord-est de la Syrie. Ils avaient auparavant prétendu en avoir 500. Ce nouveau nombre a été annoncé après le rapatriement de 400 marines et il est encore bien inférieur à la réalité :

Le chiffre mis à jour ne tient pas compte des effectifs des missions classifiées ni de certains membres du personnel des opérations spéciales, a indiqué M. Pahon.

Pendant des mois, les États-Unis ont prétendu n’avoir que 500 soldats dans la région. Ils ne faisaient même pas mention du personnel privé qui suit leurs troupes partout. Le nombre réel des Américains en Syrie devait être dix fois plus élevé que le nombre officiel. Le nouveau nombre officiel est « 2000 et quelque ». Le nouveau nombre réel est probablement supérieur à 3 500, plus plusieurs milliers de personnel privé. Cette révélation confirme une fois de plus que l’armée américaine ment tout le temps.

 

Les « 2 000 et quelque » qui restent maintenant auront besoin de dizaines de tonnes d’approvisionnements chaque jour et les États-Unis n’ont pas de ligne d’approvisionnement sécurisée vers le nord-est de la Syrie. C’est de l’arrogance et de la sottise que de vouloir maintenir les troupes sur place. Quelques guérilleros pourront facilement empêcher les livraisons. Tous les camps que ces troupes occuperont seront la cible d’attaques extérieures et intérieures.

 

Les Kurdes des YPG sont déjà en train de sortir de leur coalition avec les États-Unis... Ils se lient maintenant d’amitié avec les Russes qui leur fournissent un soutien aérien là où les États-Unis veulent maintenir l’EI en vie. Combien de temps encore les soldats américains qui se trouvent dans les zones contrôlées par les YPG pourront-ils faire confiance à leurs « alliés » ?

 

Le Pentagone dit que la présence en Syrie est « conditionnelle », mais il ne dit pas à quelles conditions il y mettrait fin. Le général Soleimani semble croire que si quelques centaines de sacs mortuaires étaient débarqués sur la base d’Andrews près de Washington, cela pourrait constituer une condition suffisante pour que les Américains s’en aillent.

 

La situation dans les autres parties de la Syrie n’a pratiquement pas changé. Les différents groupes Takifiri d’Idelb continuent à se massacrer les uns les autres. Les forces syriennes retarderont probablement les attaques qu’ils ont planifiées dans la région tant que leurs ennemis se dévoreront mutuellement. Mais dans un an, Idelb et le nord-est de la Syrie seront probablement de nouveau aux mains du gouvernement syrien.

 

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.moonofalabama.org/2017/12/syria-isis-is-defeated-the-us-is-...
URL de cet article 32686 

L’impérialisme cherche la guerre en Corée du nord

 

12 Décembre 2017

L‘avantage avec Nikki Haley, la représentante des USA, mais surtout de Trump, aux Nations Unies c’est qu’elle dit avec une rare brutalité ce qui est exigé des nations par l’empire.

 

Ainsi elle a poussé la Chine à imposer à la population de la République populaire démocratique de Corée un étranglement économique. Bien sûr, la Chine refuse de le faire et continue à entretenir des relations avec la République populaire démocratique de Corée sur le plan politique et économique.

 

Trump continue de déstabiliser la société américaine, il déstabilise dans le même temps l’ordre international avec ses manoeuvres élephantesques et ses déclarations à l’emporte pièce qui, s’il provoque la colère de nombreux anti-impérialistes, malgré les apparences reçoit l’assentiment des démocrates et l’aile gauche de l’impérialisme salive à la perspective de détruire la Corée.

 

Nous vivons des temps dangereux quand la guerre pourrait naître à tous moments sur de petites choses. Il serait temps que chaque front ait conscience de son imbrication dans d’autres foyers d’incendie potentiels. La sous estimation du danger coréen est très dangereuse et il serait temps pour tous les anti-impérialistes de prendre conscience de la nécessité de s’opposer à la montée de la guerre dans cette zone du monde. Les Chinois tentent d’empêcher le bellicisme de Trump qui est celui du capitalisme américain, uni derrière cette attaque.

 

Les commentaires de Haley viennent dans le sillage de ceux du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, révélant que la Corée du Nord veut s’engager directement avec les Etats-Unis d’Amérique pour protéger sa sécurité. M. Lavrov a déclaré avoir informé le secrétaire d’Etat ‘américain’ Rex Tillerson à ce sujet lors de la réunion de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) jeudi à Vienne.

 

Les Etats-Unis d’Amérique, la Corée du Sud et le Japon se préparent pour deux jours d’exercices de reconnaissance des missiles au large des côtes japonaises, prévus lundi et mardi, a annoncé la Force d’autodéfense maritime du pays. Les manœuvres succèdent aux exercices militaires à grande échelle tenus par les États-Unis d’Amérique et la Corée du Sud dans une démonstration de force contre Kim Jong-un.

 

Voici donc les déclarations de Haley:

 

Haley a déclaré « mais pour être clair, la Chine peut faire plus, et nous mettons autant de pression sur eux que nous le pouvons.

 

La dernière fois qu’ils ont coupé l’approvisionnement en pétrole, la Corée du nord est venue à la table de négociation. On a dit à la Chine qu’ils doivent faire plus. S’ils ne font pas plus, nous allons la prendre entre nos mains et ensuite nous allons commencer à lui faire faire face aux sanctions secondaires. »

 

« La Chine doit faire plus pour contrer la Corée du Nord ou les Etats-Unis d’Amérique prendront les choses en main », a déclaré l’ambassadeur ‘américain’ à l’ONU.


Nikky Haley a déclaré à Fox News dimanche que Pékin et le reste de la communauté internationale poursuivent les sanctions contre Pyongyang pour le développement de son programme d’armes nucléaires. Elle a ensuite félicité Washington pour avoir dirigé l’accusation.

 

Haley a expliqué que Trump et le président chinois Xi Jinping ont une « très bonne relation », mais que Trump « commence vraiment à faire pression, en disant qu’ils doivent en faire plus ».

 

« Il est temps que la Chine réponde », a-t-elle déclaré.

 

Plus tard dans l’interview, Haley a été interrogée sur sa « conversation parfois peu diplomatique pour un diplomate », en référence à sa promesse que la Corée du Nord serait « complètement détruite » dans une guerre.

 

« C’est la vérité », dit-elle. « Je veux dire la réalité est, si la Corée du Nord tente même d’essayer de menacer les États-Unis d’Amérique ou l’un de nos alliés, ils seront complètement détruits. Vous savez, la diplomatie est excellente à certains égards, mais vous devez aussi être honnête. La Corée du Nord a poussé le bouchon à un niveau extrême. »

 

« Nous savons que, par-dessus tout, la Corée du Nord veut parler aux Etats-Unis d’Amérique de ses propres assurances de sécurité » – #Lavrov

 

https://t.co/wXF3nndNFg

 

– RT (@RT_com) 8 décembre 2017

mardi 12 décembre 2017

La Russie acte politiquement sa victoire militaire en Syrie

Le problème des guerres contemporaines est qu'elles ne sont pas menées, directement du moins, entre des Etats. Il n'est donc pas possible d'acter une victoire, une fin de conflit, par un acte de reddition, instituant les vainqueurs et les vaincus. Pour devenir une victoire pleine et entière, la victoire militaire doit se transformer en victoire politique. C'est ce que la Russie est en train de faire en Syrie, avec l'arrivée surprise du président Poutine sur la base militaire de Hmeimim hier 11 décembre.
 
Dans l'ensemble, le territoire syrien est libéré de l'Etat islamique. Cela ne veut pas dire que les terroristes n'existent plus, mais leur organisation a été détruite. C'est ce qu'a annoncé le ministère russe de la défense jeudi:
"La mission de l’armée russe de défaire le groupe terroriste armé État islamique est accomplie" s’est félicité l’état-major de Moscou, affirmant que plus aucun point d’importance n’était sous contrôle de l’organisation terroriste.
Cette annonce a fait bondir la coalition américaine, l'atteinte à l'amour-propre fut terrible. D'autant plus terrible que l'annonce est fondée. Le Pentagone ouvre le bal des hypocrites bafoués, avec la déclaration de son porte-parole Eric Pahon:
«Le gouvernement syrien et la Russie n'ont pas eu d'approche déterminante dans la défaite de Daech. Ils n'ont fait que réaliser quelques opérations contre les terroristes de Daech, alors que la plupart des territoires en Irak et en Syrie ont été libérés grâce aux efforts de la coalition américaine et de ses alliés» 
Cette déclaration fut soutenue, qui aurait pu en douter, par notre cher et vénérable  M. Le Drian :
"Je trouve parfois un peu étonnant que la Russie s'approprie la victoire contre Daech (acronyme arabe de l'EI) (...), même si un peu tardivement les forces russes, en appui des forces du régime de Bachar al-Assad, ont pu libérer Deir Ezzor" (est de la Syrie), a relevé le chef de la diplomatie française et ancien ministre de la Défense.
Sur un point, Le Drian a raison ... malgré lui. L'intervention de la Russie a été déterminante pour mettre un terme à l'existence de l'organisation terroriste Daesh en Syrie. Car ce n'est pas avec ses 2 579 frappes lors de la première année de son intervention en Syrie que la coalition américaine, regroupant une trentaine de pays, allait pouvoir renverser l'ordre des choses. Au contraire, avec leur programme de soutien militaire aux groupes terroristes "modérés" d'opposition et les frappes ciblées sur l'armée régulière syrienne, la coalition US a directement ou indirectement aidé les terroristes qui en ont largement profité. Pour sa part, l'intensité de l'intervention russe n'est en rien comparable. Depuis septembre 2015, la date à laquelle elle a accepté la demande d'Assad de venir aider l'armée régulière contre le terrorisme, l'aviation a effectué plus de 28 000 vols, parfois avec 80-100 sorties par jour, et a détruit plus de 90 000 cibles identifiées par le renseignement. Les villes de Palmyre et d'Alep furent, notamment, libérées et non détruites, comme le fut Rakka par la coalition US, qui n'a laissé que des ruines sur son passage.
 
La Russie n'est pas intervenue à la fin de la guerre, elle a fini la guerre. La nuance est de taille.
 
Comme a répondu la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, M. Zakharova, remettant les choses à leur place:
«Les partenaires occidentaux font ces derniers jours des déclarations affirmant que ce n'est pas la Russie, mais eux, la coalition [internationale dirigée par les États-Unis, ndlr] qui ont remporté la victoire sur Daech en Syrie. La dernière affirmation en date est celle du ministre français des Affaires étrangères, M. Le Drian, a écrit Maria Zakharova sur sa page Facebook. Messieurs, arrêtez! Vos succès, ce sont l'Irak, la Libye et l'Afghanistan. Vantez-vous-en.»
Dans ce monde ayant poussé le relativisme au niveau de l'art, il est difficile d'acter une victoire militaire. Nous ne sommes pas en présence d'Etats, qui peuvent signer un traité permettant de poser les vainqueurs d'un côté, les vaincus de l'autre. Toute victoire militaire pour devenir une victoire pleine et entière doit être réalisée sur le plan politique. Cela est d'autant plus important pour la Russie, vu le contexte géopolitique. 
 
C'est en ce sens que l'arrivée de Vladimir Poutine sur la base militaire russe de Hmeimim en Syrie, avec le président Assad remerciant la Russie pour avoir sauvé le pays, permet d'acter la victoire. Les conséquences en sont tirées, la Russie retire une grande partie de ses troupes le travail est fait.
 
 
Cela sans compter ce qui est peut être encore plus significatif, et c'est certainement la raison pour laquelle la presse française n'en parle pas, à savoir l'organisation d'une Parade de la victoire avec les troupes russes et syriennes, devant les deux présidents:
 
 
Evidemment, le très objectif journal Le Monde manque de s'étrangler, comprenant bien le danger pour la coalition américaine:

Les Etats Unis et l'Europe se trouvent dans l'impasse en déclarant rester en Syrie, pays libéré et souverain, qui ne les a pas appelés, pour continuer un combat incertain dans la région. Leur campagne militaire ne leur permet objectivement pas de proclamer une victoire, mais politiquement ils ne peuvent reconnaître une défaite. Le monde réel rattrape le monde virtuel. Il est certes possible d'avancer "une vérité reconstruite" pour satisfaire un besoin de communication à court terme, mais une vision stratégique oblige à s'appuyer sur des faits avérés et non reconstruits. C'est le très grand avantage de la Russie dans la région: elle s'appuie sur ses exploits militaires réels. Et reconnus.
 
Comme le déclare le colonnel Michel Goya:
« Il est intéressant de constater que ces résultats ont été obtenus avec des ressources assez limitées. Elles représentent, par les forces engagées (4 000 à 5 000 hommes et 50 à 70 aéronefs comme force principale) et leur coût d’emploi (environ 3 millions d’euros par jour) environ le quart ou le cinquième de l’effort américain dans la région. L’opération française au Levant, « Chammal » (1 200 hommes et environ 15 aéronefs, un million d’euros par jour), représente une moyenne de 6 sorties aériennes par jour, pour 33 pour les Russes.
 
« Au regard des résultats obtenus, il est incontestable que les Russes ont une productivité opérationnelle (le rapport entre les moyens engagés et leurs effets stratégique) très supérieure à celle des Américains ou des Français. 
Maintenant, il faut construire le processus de paix et ici aussi, la Russie est en position de force face à l'échec répété du processus soutenu par les Etats-Unis à Genève (voir notre texte ici). Pour cela, un compromis doit être trouvé avec la Turquie et l'Iran. A suivre.
 
 

Corruption endémique dans les opérations militaires US à l’étranger

 

US Military Fraud Endemic in Overseas Operations


Wayne MadsenPar Wayne Madsen – Le 21 novembre 2017 – Source Strategic Culture

 

L’histoire nous enseigne que lorsque les empires s’étendent exagérément, les commandants militaires deviennent des chefs de guerre semi-autonomes qui introduisent des systèmes de corruption et de trafic d’influence. Ce fut le cas dans l’Empire romain en 193 après J.-C., lorsque la garde prétorienne de l’empereur Pertinax – une force de sécurité personnelle de l’empereur, unité d’élite qui se distinguait sur les champs de bataille lointains – vendit celui-ci à un aspirant empereur, Didius Julianus, en échange d’un pot-de-vin. La Garde prétorienne assassina Pertinax et jura allégeance au nouvel empereur.

 

La pourriture de la corruption assura la chute d’autres empires mondiaux. La frauduleuse Compagnie britannique des Indes orientales et ses dirigeants nababs, soutenus par la puissance militaire et navale britannique, a contribué à déclencher les rébellions coloniales en Amérique du Nord dans les années 1770 et en Inde en 1857.

 

Alors que les États-Unis ont étendu leur vaste champ d’action militaire au Moyen-Orient, en Asie du Sud, en Afrique, en Europe, en Asie-Pacifique et en Amérique latine, la corruption au sein des soi-disant zones de responsabilité devenait rampante.

 

Dans le commandement de la région Pacifique (PACOM), un important scandale de corruption et de fraude a atteint l’entreprise contractante de l’US Navy, Glenn Defense Marine Asia (GDMA), basée à Singapour et dirigée par Leonard Glenn Francis, un Malaisien de 160 kilos, surnommé Fat Leonard. En échange de cadeaux divers − argent liquide ; vacances dans des hôtels de luxe ; vols en première classe et en classe affaires ; billets de concert onéreux ; montres Rolex ; stylos Mont Blanc ; champagne Dom Pérignon ; crus de vin réputés ; cigares cubains ; cures thermales ; foie gras ; bouteilles de cognac et prostituées − les officiers de la marine américaine ont fourni à Leonard un accès pratiquement sans limite aux renseignements de la Marine et aux informations contractuelles sensibles, utilisés ensuite par GDMA pour obtenir des contrats logistiques lucratifs auprès de l’US Navy. Le scandale Fat Leonard s’est étendu à des officiers supérieurs, y compris des amiraux, attachés à la septième flotte au Japon. L’enquête de l’US Navy se poursuit et plus de 60 amiraux seraient sous le coup d’une enquête par les autorités judiciaires. Pendant des années, le scandale de l’US Navy a prospéré partout, Japon ; Philippines ; Singapour ; Indonésie ; Vietnam ; Sabah ; Corée du Sud ; Inde ; Thaïlande ; Cambodge ; Australie ; Sri Lanka ; Hawaï et Washington DC, atteignant des officiers de la marine, du personnel enrôlé, des officiers du Corps des marines et des civils du gouvernement américain, y compris des enquêteurs du Service naval d’enquête criminelle (NCIS).

 

L’une des pires fraudes ayant surgi des entrailles néocons de l’administration de George W. Bush impliquait le Commandement de l’Afrique (AFRICOM). Le 4 juin 2017, l’assassinat par strangulation, à Bamako au Mali, du béret vert de l’US Army le sergent Logan Melgar, par deux membres de l’US Navy SEAL, est maintenant lié à la découverte que ces derniers empochaient les fonds officiels utilisés par AFRICOM pour payer les informateurs dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Ce type de fraude dénote une culture de la malfaisance répandue dans les commandements des zones de responsabilité des États-Unis, notamment l’AFRICOM, le Commandement central (CENTCOM) et le Commandement du Sud (SOUTHCOM).

 

Selon des rapports parus dans le New York Times et The Daily Beast, la mort de Melgar des mains des deux voleurs des SEAL s’est produite dans une caserne de l’enceinte de l’ambassade des États-Unis au Mali. Les sous-officiers Anthony DeDolph et Adam C. Matthews auraient tué Melgar après qu’il a refusé une offre de partager leur butin mal acquis, et fait part de ses inquiétudes dans des courriels à sa femme aux États-Unis. Les SEAL ont affirmé que Melgar est mort après avoir perdu connaissance au cours d’une séance d’entraînement au combat au corps à corps. Les SEAL ont également dit aux enquêteurs militaires que Melgar était ivre lorsqu’il a perdu conscience, suite à une prise d’étranglement exécutée pendant le combat. Cependant, le Commandement des opérations spéciales et le Commandement des enquêtes criminelles de l’Armée (USACIC) ont conclu que les SEAL avaient tellement varié dans leurs explications qu’ils étaient devenus des suspects plutôt que des témoins dans l’enquête. Une autopsie a révélé qu’il n’y avait aucune trace d’alcool ou de drogue dans le corps de Melgar au moment de sa mort. De plus, des amis de Melgar et des membres de sa famille ont déclaré qu’il était abstinent et ne buvait donc pas d’alcool.

 

L’AFRICOM et l’USACIC ont essayé de dissimuler les détails de la mort de Melgar jusqu’à ce que le New York Times soit à l’origine de la révélation de l’histoire le mois dernier. L’USACIC a transféré l’enquête au NCIS (service de la marine), qui est pire que son homologue de l’armée pour couvrir des affaires pénales militaires sensibles. Aucun des deux SEAL, renvoyés aux États-Unis et placés en congé administratif, n’a été inculpé pour le meurtre de Melgar. Ce sont apparemment des officiers du Commandement des opérations spéciales des États-Unis, dont le quartier général se trouve à Tampa, en Floride, qui ont averti la presse de la dissimulation de la mort de Melgar.

 

AFRICOM a également hésité à fournir des détails complets sur l’embuscade dans laquelle est tombée une unité conjointe US-Nigéria, opérant près du village nigérien de Tongo-Tongo en octobre de cette année. Quatre membres de l’armée américaine ont été tués par une force armée qui n’a toujours pas été identifiée par AFRICOM. Tongo-Tongo se trouve sur une importante route de contrebande africaine concernant les êtres humains, la drogue, l’ivoire et les armes entre l’Afrique de l’Ouest et l’État failli de Libye. On a appris, plus tard, que les quatre soldats américains sont morts entre les mains des assaillants, après que les membres de l’armée nigérienne de l’unité ont fui les lieux pendant l’attaque. Le corps d’un des soldats américains, le sergent La David Johnson, a présenté des signes de torture avant d’être exécuté par les ravisseurs non identifiés.

 

Le cas de Melgar est semblable au meurtre du professeur d’éthique de West Point, le colonel Ted Westhusing, à Bagdad en 2005. Comme l’AFRICOM au Mali et dans d’autres pays africains, le CENTCOM s’est vu confier des centaines de millions de dollars, en argent liquide, servant à payer les informateurs et à faire des achats locaux.

 

La famille et les amis de Westhusing ont rejeté l’affirmation de l’armée selon laquelle il s’était suicidé. L’armée a basé sa décision sur une note manuscrite, laissée par Westhusing, avec le mot « suicide ». Au moment de sa mort, Westhusing enquêtait sur des violations de contrat et des violations des droits de l’homme perpétrées par l’US Investigations Services (USIS), une ancienne entité privatisée de l’US Office of Personnel Management, achetée par The Carlyle Group, une société étroitement liée à George H.W. Bush. Alors qu’il était en Irak pour former la police irakienne et superviser le contrat de l’USIS, entreprise privée chargée de former la police, dans le cadre du programme du Pentagone pour la formation de la police civile, Westhusing a reçu une lettre anonyme indiquant qu’une division de l’USIS était impliquée dans des activités frauduleuses en Irak concernant la surfacturation au gouvernement. En outre, la lettre indiquait que le personnel de sécurité de l’USIS avait assassiné des Irakiens innocents. Après avoir demandé des explications à l’USIS, Westhusing a signalé les problèmes à la chaîne de commandement. Après une enquête, l’armée n’a trouvé aucune preuve d’actes répréhensibles de la part de l’USIS.

 

Quelques jours avant son suicide par balle « auto-infligé » à camp Dublin, en Irak, dans une remorque de camion située à l’aéroport international de Bagdad, le membre d’honneur du Conseil d’administration de West Point a informé, par un e-mail aux États-Unis, que « des choses terribles se passaient en Irak ». Il a également dit qu’il espérait rentrer vivant dans son pays. Westhusing avait encore trois semaines de service à faire en Irak lorsqu’il s’est soi-disant suicidé en juin 2005.

 

Le camouflage de la mort de Westhusing impliquait le même Commandement d’enquête criminelle de l’armée que celui qui couvrait la mort de Melgar au Mali. Les meurtres de Melgar et de Westhusing ne sont pas des événements isolés concernant les incursions militaires américaines à travers le monde. Le caporal d’armée Pat Tillman, joueur vedette de la Ligue nationale de football qui s’est enrôlé dans l’armée après le 11 septembre, a été déçu par la guerre en Afghanistan. Après que Tillman a fait part à sa hiérarchie de ses sentiments personnels au sujet de la guerre afghane, Tillman a été liquidé par des membres de sa propre unité dans la province de Khost le 22 avril 2004. Le journal de Tillman, ses uniformes et autres biens ont été brûlés par son unité pour couvrir un assassinat par ses propres collègues.

 

Le 4 septembre 2006, le lieutenant-colonel de l’armée Marshall Gutierrez, le chef de la logistique du camp Arifjan, au Koweït, qui enquêtait sur les surfacturations de biens et services, et autres fraudes, s’est soi-disant suicidé dans ses quartiers, à la base, en ingérant des somnifères et de l’antigel. En décembre 2006, le major Gloria Davis, un agent sous contrat du même camp Arifjan, s’est suicidée après avoir admis le versement de 225 000 dollars en pots-de-vin de la part de Lee Dynamics, un prestataire de services logistiques pour l’armée. Davis aurait accepté de coopérer avec les enquêteurs du gouvernement dans leur enquête globale sur les fraudes contractuelles en Irak et au Koweït.

 

En 2007, un haut responsable de Blackwater a menacé de tuer Jean C. Richter, le principal enquêteur du Département d’État américain sur les opérations douteuses de Blackwateren Irak. le Département d’État a annulé l’enquête. L’incident s’est produit alors que Richter se concentrait sur des problèmes apparus dans un contrat d’un milliard de dollars entre le Département d’État et Blackwater. Le PDG de Blackwater était Erik Prince, dont la sœur, Betsy DeVos, est désormais secrétaire à l’Éducation de Donald Trump. Prince a ensuite vendu Blackwater, qui est maintenant connu sous le nom Academi. Prince aurait été impliqué dans les opérations d’AFRICOM en Libye et en Somalie via sa société Reflex Responses (R2), basée à Abu Dhabi.

 

Le 2 juillet 2007, le suicide du lieutenant-colonel Thomas Mooney, attaché de défense américain à Nicosie, Chypre, aurait été le résultat d’une « coupure auto-infligée à la gorge ». Le corps de Mooney a été trouvé à côté d’un véhicule de l’ambassade stationné dans un endroit isolé, à environ 30 miles à l’ouest de Nicosie. Il aurait quitté l’ambassade dans la Chevrolet Impala noire de l’ambassade pour aller chercher un passager à l’aéroport international de Larnaca. Bien que l’ambassade des États-Unis et le Département d’État aient jugé que la mort de Mooney était un suicide, la police chypriote n’était pas d’accord avec ces conclusions soulignant simplement que le suicide était illégal à Chypre. Mooney était, selon nos sources, en train d’enquêter sur des fraudes dans des contrats en Irak impliquant des entreprises basées à Chypre, dont certaines étaient liées à la mafia israélienne.

 

L’AFRICOM et le PACOM – tout comme le CENTCOM, qui étend la culture de la corruption par les bakchichs au Moyen-Orient et en Asie du Sud – se trouvent maintenant englués dans les mêmes proportions de fraude que celles pratiquées dans des pays comme le Mali, le Niger, le Nigeria et le Burkina Faso, où l’AFRICOM est active. Le scandale Fat Leonard et le récent meurtre de Melgar au Mali ne sont que la partie émergée de l’iceberg quand il s’agit de la malfaisance dans les opérations militaires globales américaines.

Le comportement de l’armée américaine dans ses bases outre-mer, fait penser à l’expression du poète latin Juvénal, probablement au fait de la corruption de la garde prétorienne de son temps :

 

« Sed quis custodiet ipsos custodes ? ». « Qui surveille les surveillants ? »

 

Wayne Madsen

Jérusalem et la mystique de l’élection

 

Comme le montre la naïveté des commentaires sur la crise actuelle, on ne comprend pas les conflits du Proche-Orient si l’on oublie l’essentiel. Le sionisme n’est pas un mouvement d’émancipation juive, ni un nationalisme séculier classique. C’est un colonialisme fondé sur une mystique de l’élection.

 

Lorsque Nétanyahou est reçu au congrès américain, il parle du “peuple élu” et il invoque la “destinée manifeste”. En validant les prétentions israéliennes sur Jérusalem, Trump ne se contente pas de piétiner la loi internationale. Flattant le narcissisme israélien, il accrédite la mythologie fondatrice de l’Etat-colon.

 

On s’inquiète d’une confessionnalisation du conflit, mais on oublie que ce conflit est confessionnel depuis l’origine. Non pas du fait de la résistance arabe, mais du fait de l’entreprise sioniste. En fait, le mouvement auquel le sionisme ressemble le plus est le suprématisme blanc des Afrikaners. Dans les deux cas, ils se prennent pour le peuple élu, et la guerre coloniale vise à s’emparer de la “Terre promise”. L’Etat d’Israël, cet enfant chéri de la conscience laïque occidentale, est un implant colonial justifié par l’Ancien Testament.

 

Même s’ils ont raison, le déni de légitimité que les juifs orthodoxes opposent au sionisme est trompeur. Il faut lire les penseurs sionistes de l’ère pré-israélienne : le sionisme n’a pas trahi le judaïsme, il s’est simplement affranchi de sa passivité. Il substitue à l’attente du sauveur une action politique, mais cette action vise à prendre possession d’“Eretz Israël”, et non d’une lointaine contrée indifférente au récit biblique. Le sionisme moderne n’a pas laïcisé l’espérance messianique, il l’a détournée à son profit pour implanter au Proche-Orient un Etat occidental.

 

La conquête coloniale de la Palestine se fonde sur une mystique de l’élection, et cette mystique se nourrit d’une géographie du sacré. Interprétant la Thora comme un acte notarié, elle le brandit comme si un texte religieux pouvait fonder un droit opposable. Croyant occasionnel, Theodor Herzl avait bien compris la puissance symbolique de cette supercherie. “Si la revendication d’un coin de terre est légitime, disait-il, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs”. Quel Occidental contestera, si elle est bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine ?

 

Le sionisme repose sur une idée simple : la Thora tient lieu de titre de propriété, et cette propriété sera reconnue par un Occident pétri de culture biblique. Il faut reconnaître que ce tour de passe-passe a porté ses fruits. Loin d’être une nouveauté, le sionisme chrétien est constitutif du sionisme lui-même. L’idée du retour des exilés en Terre sainte fut une idée protestante avant d’être une idée juive, et le gouvernement britannique s’en fit l’ardent défenseur à l’apogée de l’Empire. Ce n’est pas un hasard si cette entreprise a fini par voir le jour avec la bénédiction d’une Grande-Bretagne férue d’Ancien Testament.

 

Malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’une idée absurde exerce une force matérielle. Pour les sionistes, la cause est entendue : si le droit des juifs sur la terre d’Israël n’est pas négociable, c’est qu’il dérive de la transcendance. Combattre l’entreprise sioniste, c’est faire offense à Dieu, se rebeller contre sa volonté. Avant la proclamation unilatérale de l’Etat d’Israël, le grand rabbin de Palestine déclarait devant une commission internationale : “C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin”.

 

Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait en 2002 : “Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif”. On comprend pourquoi le sionisme, à l’appui de ses prétentions, n’invoque pas le droit international, mais la promesse de Yahvé à Abraham : “C’est à ta descendance que je donne ce pays, du fleuve d’Egypte au grand fleuve, le fleuve Euphrate” (Genèse, 15).

 

Cette mythologie a fait de Jérusalem le joyau de la promesse. La cité de David est l’écrin de la présence divine depuis que son successeur Salomon y bâtit le premier Temple. Espace de communication avec le divin, Jérusalem porte témoignage de la geste hébraïque. Le martyre subi lors de sa destruction en accentue la sacralité, en la déclinant sur le mode messianique. Dans la narration biblique, Jérusalem est le centre d’une histoire sainte. Le tour de force du sionisme est de l’avoir fait passer pour une histoire tout court.

 

Cette conversion de la narration biblique en narration historique, pourtant, est un véritable château de cartes. Israël s’est lancé à Jérusalem dans une quête obstinée des vestiges de sa grandeur passée. A coup d’excavations frénétiques, on a exhibé la moindre breloque comme si elle était la preuve d’une gloire ancestrale, et un tesson de poterie attestait le rayonnement immémorial du royaume hébraïque. Mais cette manie de fouiller le sous-sol palestinien à la recherche d’une gloire perdue a montré ses limites, et les archéologues israéliens ont fini par tirer un trait sur ces affabulations.

 

Les fouilles entreprises à Jérusalem n’ont apporté aucune preuve de la grandeur de la cité à l’époque de David et de Salomon”. Mieux encore : “Quant aux édifices monumentaux attribués jadis à Salomon, les rapporter à d’autres rois paraît beaucoup plus raisonnable. Les implications d’un tel réexamen sont énormes. En effet, s’il n’y a pas eu de patriarches, ni d’Exode, ni de conquête de Canaan, ni de monarchie unifiée et prospère sous David et Salomon, devons-nous en conclure que l’Israël biblique tel que nous le décrivent les cinq livres de Moïse, les livres de Josué, des Juges et de Samuel, n’a jamais existé ?

 

Ces citations ne sont pas tirées d’un brûlot antisioniste, mais du livre d’Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoiléeLes nouvelles révélations de l’archéologie, Bayard, 2002, p. 150. La mythologie sioniste avait maquillé le mythe en histoire pour les besoins de la cause. Cette histoire en carton-pâte est balayée par la recherche scientifique. La véritable histoire reprend ses droits, et la géographie du sacré sombre dans les sables mouvants. Mais peu importe. Avec de vieilles pierres en guise de témoins muets, les sionistes revendiquent obstinément la propriété d’une terre arrachée en 1948 à ses détenteurs légitimes.

URL de cet article 32684 

COMMENTAIRE N° 459, 15 OCTOBRE 2017

Le supposé « mystère » du gel des salaires

 

Par Immanuel Wallerstein  | 11 décembre 2017


Sociologue, chercheur à l’université de Yale 

Dans la théorie économique néoclassique, le rapport entre salaires et emploi est simple. Quand la demande de main d’œuvre est faible, les salaires en pâtissent : les travailleurs se font concurrence pour décrocher un emploi. Quand la demande de main d’œuvre est forte, les salaires augmentent : les employeurs se font concurrence pour acheter une force de travail devenue rare. Cette alternance cyclique est censée préserver le bon fonctionnement de l’économie de marché par un mouvement permanent de réajustement à un équilibre mouvant.

 

Or ce processus cyclique a cessé d’opérer de cette façon, à la grande perplexité des experts et universitaires. Leurs explications sont multiples et variées, avec pour fil rouge, semble-t-il, l’idée qu’existerait un nouvel état normal de l’économie. Mais apparu pourquoi, et fonctionnant comment ? Le 8 octobre dernier, le New York Times titrait comme suit l’article central de son cahier économique du dimanche : « Abondance de travail, salaires trop bas : malgré un marché de l’emploi qui se tend dans les principales économies, la faiblesse du chômage n’entraîne aucune relance substantielle des salaires. »

 

L’explication qu’on nous propose repose sur un accroissement de l’intérim et des temps partiels, à quoi s’ajoute la robotisation. Il s’ensuit, nous dit-on, une moindre dépendance de l’employeur vis-à-vis des salariés à plein temps. Conséquence : des syndicats affaiblis et des travailleurs ayant plus de difficulté à s’opposer aux employeurs. Tout cela est évidemment vrai. Mais pourquoi maintenant et pas avant ?

 

Un autre argument relativement nouveau est celui du « travailleur qui disparaît ». Mais comment donc les travailleurs disparaissent-ils ? Que peut-on bien vouloir dire par là ? En fait, il semble que de plus en plus de gens abandonnent toute recherche d’emploi. Après avoir perdu, peut-être, leur dernier filet de sécurité, ou épuisé tout ce qu’ils avaient pu mettre de côté. Les voilà devenus SDF, ou toxicomanes, ou les deux. Mais en réalité ils n’ont pas « abandonné », au sens d’un choix assumé : ils ont été poussés dehors. Ce qui présente un double avantage pour le patronat : il n’a pas besoin d’investir (par l’impôt ou autrement) dans la protection sociale ; et cela instille dans l’esprit des travailleurs toujours en recherche d’emploi la peur d’être, à leur tour, poussés hors du marché du travail.

 

Ici encore, pourquoi maintenant et pas avant ? « Avant », peu importe précisément quand, c’était au temps du fonctionnement normal du système-monde moderne. Les capitalistes avaient besoin du bon déroulement de ces cycles pour une augmentation maximale de la plus-value à long terme. Mais supposons que les employeurs aient compris, cognitivement ou intuitivement, que le capitalisme est entré en crise structurelle et qu’il est moribond. Que vont-ils faire ?

 

S’ils n’ont plus à se préoccuper d’une demande intérieure qui permette de faire vivre le système, ils pourraient aussi bien décider d’engranger le maximum de gains tant que cela est possible. Ne visant plus que le très court terme, ils pourraient se contenter de rechercher les meilleurs rendements sur les marchés boursiers, sans aucun souci du lendemain. D’ailleurs, n’est-ce pas ce qui est en train d’arriver dans l’ensemble des pays les plus riches, et même dans quelques autres moins favorisés ?

 

Cela ne peut évidemment pas durer : c’est ce comportement qui engendre des fluctuations si marquées et un chaos si profond. Quelques capitalistes, assurément les plus avisés, préfèrent se concentrer sur le combat du moyen terme, qui décidera de la nature du futur système-monde (ou des futurs systèmes-monde) que nous allons construire. Ce que nous observons n’est pas un nouvel état normal de l’économie : nous sommes les témoins d’une réalité transitoire.

 

Que doivent donc en conclure ceux d’entre nous que préoccupe le sort des « travailleurs qui disparaissent » ? Il faut, à l’évidence, défendre les moindres protections dont ceux-ci disposent encore ; comme j’aime à le dire, travailler à atténuer les souffrances. Dans le même temps, nous devons aussi nous battre pour remporter le combat intellectuel, moral et politique du moyen terme. Seule une stratégie combinant combat de court terme et combat de moyen terme a une chance de préserver la possibilité de ce monde meilleur, bien réelle mais nullement certaine.

 

Traduction : Christophe Rendu

Illustration : Vasco Gargalo

 

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Ces commentaires, bimensuels, sont des réflexions consacrées à l’analyse de la scène mondiale contemporaine vue dans une perspective de long terme et non de court terme.

VENEZUELA / ELECTIONS : Victoire écrasante du PSUV de Nicolas Maduro. Les socialistes remportent le poste de gouverneur de Zulia et balayent les capitales d’État

 

11 Décembre 2017

Ca vaut la peine d’interrompre la trève des confiseurs, il s’agit d’une victoire écrasante y compris dans la province de Zula qui touche la Colombie et est traditionnellement un fief de la droite.

 

(note de danielle Bleitrach)


Les candidats du Parti socialiste vénézuélien emportent 23 des 24 capitales d’État ainsi que le poste de gouverneur de l’État de Zulia, ont annoncé les autorités électorales en publiant des résultats partiels lors des élections municipales de dimanche.

 

« Ces élections étaient accompagnées de 9 139 564 électeurs » a annoncé Sandra Oblitas, vice-présidente du Conseil national électoral, ou CNE, avec un taux de participation de 47,32%.

 

Les représentants du CNE ont présenté des résultats partiels pour les capitales des 23 états y compris Caracas, avec des candidats du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) qui prennent tous les postes sauf celui de maire dans l’État de Tachira.

 

Omar Prieto du PSUV a également remporté le poste de gouverneur de l’Etat de Zulia, concédant ainsi à l’opposition 4 des 23 états du pays. Le poste de gouverneur de cet État clé a été laissé vacant après que le candidat de l’opposition qui avait remporté l’élection le 15 octobre ait refusé de prêter serment devant l’Assemblée constituante.

 

Plus tôt dans la journée, le président vénézuélien Nicolas Maduro a salué la participation.

 

« Il y a une participation électorale extraordinaire » a déclaré Maduro dimanche. « Je tiens à remercier le peuple vénézuélien qui est venu dans les centres de vote pour exercer son droit de vote. »

 

Les résultats certifiés, fiables et audités des 335 municipalités du pays ont été donnés dimanche soir. Avec 19,7 millions d’électeurs, Nicolas Maduro avait appelé le peuple à voter à la troisième élection de la nation sud-américaine cette année.

 

Lors de l’Assemblée nationale constituante du 30 juillet, la CNE avait décidé de changer les lieux de vote de certains électeurs pour empêcher les actes de violence de la part des secteurs de la droite vénézuélienne. Ces changements ont été maintenus pour les élections des gouverneurs le 15 octobre. Maintenant, les électeurs exerceront leur droit de vote près de chez eux.

 

Dimanche marque la troisième élection du Venezuela en moins de six mois et la 24ème au cours des 18 dernières années.

 

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lundi 11 décembre 2017

Les JO, le camembert et Moi: le moment de vérité


Le politologue russe Dmitry Kulikov a parfaitement formulé l'enjeu de la réaction de la société russe à la décision du CIO "effaçant" la Russie de la compétition: "Moment de vérité pour nous. Comme nation politique".
 
Après une semaine et avant la réaction officielle de la réunion olympique devant déterminer à quelle sauce les athlètes russes pourront digérer le pays, une brève analyse s'impose. Ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à ce qui ressemble de plus en plus à un orgasme libérateur collectif.
 
Suite à la décision du CIO, très rapidement, les sportifs et leurs fédérations se sont prononcés pour une participation aux JO. Joukov, à la tête du comité olympique russe suspendu a déclaré en audition au Parlement qu'il était honteux de condamner des sportifs qui décidaient de participer et qu'il fallait les soutenir à tout prix. Le boycott serait impensable au risque de faire sortir la Russie de l'histoire olympique. Evidemment, avant 1952 date à laquelle elle y est entrée, le sport n'existait pas. Mais il est vrai que la mondialisation aidant, le rapport des sportifs à leur pays a beaucoup changé. Ce fait est maintenant attesté.
 
Le message est tant et si bien passé qu'un député a proposé de déplacer les vacances parlementaires pour permettre aux représentants de la Nation d'aller soutenir "leurs équipes". Seule la saine réaction du speaker de la Douma V. Volodine a mis fin à ce cirque, déclarant que s'il n'est pas possible de garantir une participation des athlètes russes sous le drapeau national au nom du pays, les députés n'ont rien à y faire.
La réaction tant attendue est tombée, l'élite politico-sportive a digéré presque immédiatement l'insulte, refuse de la voir pour ne pas avoir à y réagir, glisse dans une réalité parallèle, celle où "tout est normal", risquant d'entraîner avec elle le pays et provoquant par là même une réaction violente dans la société, qui ne comprend pas pourquoi l'intérêt personnel de quelques athlètes est plus important pour l'Etat que leur intérêt personnel à eux. Acheter la paix sociale pour maintenir une apparence de normalité est certes toujours possible, mais ne règle pas le problème, ce que de nombreux analystes soulignent: la crise ne se limite pas aux JO et ne s'arrêtera pas avec eux. Distinguons ici deux plans d'analyses: à l'intérieur du pays et à l'international.
 
A l'intérieur, orgasme libéral et éjection précoce d'un patriotisme passé de mode
 
Une sorte de réaction en chaîne s'est enclenchée après la prise de conscience de la facilité avec laquelle les arguments patriotiques furent balayés d'un revers de manche. Alors que l'idée patriotique au socle de la société russe semblait coulée dans le bronze depuis le rattachement de la Crimée, elle fut écartée sans même qu'une réelle discussion des implications géopolitiques n'ait lieu. L'intérêt du sportif a primé sur tout. C'est donc possible. Ouvertement possible. Et ce sont les réactions patriotiques de la société qui sont condamnées. Le renversement du paradigme est avéré.
 
L'Etat a reconnu sa défaite, celle de l'intérêt général devant l'intérêt particulier, sa soumission à celui-ci, son abdication. Victoire de l'idéologie néolibérale sur le conservatisme. Et le signal fut parfaitement interprété par la bonne société moscovite et cosmopolite. Chacun s'emballe pour ces JO, comme si rien n'existait, entraînant un glissement des frontières immédiatement acté.
 
Ainsi, tout est réhabilité. Le spectacle de Serebrennikov (assigné à domicile pour détournement de fonds publics, voir ici) est monté en nouveau drapeau de libération nationale par la classe bobo-moscovite. Un spectacle financé par des oligarques, dont la préparation n'a pas été aboutie (voire un peu bâclée), permettant à travers le ballet-spectacle Nureev, de tenter de modifier le discours sur l'homosexualité et l'universalité des "valeurs" européennes", la sacralisation de leur combat. Un spectacle fait par une minorité pour une minorité montré en grande pompe au Bolchoï uniquement à ce public choisi. Le porte-parole du Kremlin, D. Peskov, parle d'un spectacle d'envergure mondiale. Pour autant et très étrangement s'il s'agit d'un spectacle de cette qualité, il ne sera montré la prochaine fois qu'en ... mai et après, on ne sait pas selon le directeur du Bolchoï. Mais à la fin du spectacle, la troupe a demandé la libération de Serebrennikov, la salle a applaudi debout 15 minutes scandant le prénom du metteur en scène, l'art étant hors toute loi, c'est bien connu. Finalement, le but recherché a été atteint, un coup de comm. Mais sans prendre le risque d'ouvrir ce spectacle à un large public, qui risque de ne pas être suffisamment "évolué" pour en apprécier la substantifique moelle.
 
Fait, cette fois-ci particulièrement choquant est l'affiche du festival du film documentaire ArtDocFest qui se tient à Moscou, où un film-documentaire faisant l'apologie du bataillon ukrainien punitif Aïdar est montré. En plein centre de Moscou. Au début du film, un groupe de personnes du Donbass arrive. A leur réaction choquée, l'argument de la démocratie et de la liberté d'expression totale leur est opposé par la bonne pensance repue. Les exploits héroïques de ce bataillon dans le Donbass, ils  les connaissent non pas par ouï-dire, mais personnellement. "Imaginez que vous montriez un film sur les grands exploits des SS à des Juifs?", a été leur (saine) réaction. Ils disent que ces "héros" sont des fascistes, qu'il est impensable de montrer ce film. La police intervient. Les évacue. Soit, ils troublent l'ordre public. L'ignominie arrive après: les applaudissements des spectateurs accompagnent la police. Une telle scène aurait-elle été possible il y a encore un an? Non. Le mouvement s'accélère.
 
 
Quand tout est permis et finalement si facile, pourquoi s'arrêter en si bon chemin. La boîte de Pandore a été ouverte, attendons la suite. Il n'y a aucune raison pour que ça se calme, le but réel n'est pas encore atteint.
 
A l'international, puisqu'il est possible de taper sur la Russie, pourquoi s'en priver?
 
La facilité avec laquelle la Russie a avalé des affronts de taille comme l'expulsion de ses diplomates, s'est adaptée sans grande résistance aux nouvelles réalités (qu'elle provoque elle-même par son attitude) comme avec les JO est interprétée comme un signe de faiblesse en Occident. Non pas de sagesse, mais de peur de la confrontation. C'est pourquoi, comme l'affirme très justement le politologue Dmitry Kulikov, le combat ne s'arrête pas aux JO et ne prendra pas fin avec eux.
 
En Syrie, la Russie a pris le dessus, cette victoire est condamnée par les officiels occidentaux, qui l'octroient aux Etats-Unis. Comme l'espace médiatique est totalement contrôlé par le pouvoir atlantiste, les médias en Europe et aux Etats-Unis répètent cette fable à satiété, sans être dérangés. La population n'est même pas réellement au courant d'une intervention de la Russie en Syrie. Ce qu'elle sait de la Russie est qu'elle EST le mal. Ce que résume cet article du New York Times.
Et puisque la Russie a finalement si facilement pris la décision du CIO, tout est permis. Le CIO innove avec des "lettre d'invitation" pour les sportifs russes, il décide de prendre à sa charge leur venue. Que d'amabilité. Exit la Russie. Le Times s'y met avec un humour caustique, concours humoristique pour trouver le costume neutre de ces athlètes. Pas encore assez neutres, mais rien n'est encore fini. Le pays est devenu un objet d'humour et de dérision pendant que Joukov continue à interdire toute critique des athlètes, à invoquer la participation et à se demander (vraiment naïvement?) s'il sera quand même possible d'indiquer quelque chose de national sur ces costumes. Bref, le principe est accepté, seuls les détails sont discutés.
Maintenant, s'ouvre une nouvelle phase internationale, avec le passage au processus politique en Syrie et l'aggravation du conflit en Ukraine. Comment va réagir la Russie? Ces deux terrains, comme les JO, ne sont que des lieux de combats annexes, mais desquels vont dépendre la stabilité intérieure du pays dans cette nouvelle période et sa possibilité de véritablement revendiquer un monde multipolaire. Les dernières fois que les libéraux ont pris le contrôle du pays, ça s'est terminé par deux révolutions et le crash du pays, en 1917 et en 1991. Or, c'est justement le retour de ces figures des années 90 que l'on observe.
 
La Russie peut tenter encore une fois ce pari, en se disant qu'ayant tiré les leçons du passé, elle ne réitèrera pas les mêmes erreurs. Ou bien elle peut penser que les mêmes causes entraînent les mêmes effets.
 
La montée de cette bulle néolibérale et globaliste (tout autant que foncièrement atlantiste) ne peut rester sans incidence sur la politique internationale, et au premier plan quant au Donbass, comme l'illustre parfaitement ce film sur Aïdar. Selon le politologue A.Tchesnakov, les tentatives de mettre en place une mission de l'ONU sur tout le territoire du Donbass étaient une tentative appuyée par les libéraux pour que la Russie sorte du conflit ukrainien en sauvant la face. Mais abandonner le Donbass entraînerait un risque sérieux d'explosion de la Russie.
 
L'heure du choix est arrivée, et elle nécessite un peu plus de cohérences. Et donc de s'intéresser à des questions fondamentales, comme celle-ci: pourquoi les athlètes auraient-ils plus de droits que les camemberts? La comparaison se semble tout à fait à propos. Les producteurs de camembert consacrent toute leur vie à leur art, sacrifient souvent leur vie de famille. Demandons donc, en toute cohérence, la libération des camemberts. Cela peut être intégré dans le programme électoral des candidats libéraux à la présidentielle, qu'ils décident eux-mêmes quelles idéologies ils défendent, l'on s'y perd un peu parfois ...
 
 

Lula dénonce la persécution politique contre Cristina Fernandez de Kirchner

Publié le par anonyme

Buenos Aires, (RHC).-

 

Luis Inacio Lula Da Silva, l'ex-président du Brésil, a dénoncé ce vendredi la persécution politique dont fait l'objet l'ex-présidente argentine, Cristina Fernandez de Kirchner.

 

Favori pour occuper la présidence du Brésil aux prochaines élections, Lula a qualifié de préoccupante ce qu'il a qualifié de véritable chasse judiciaire et médiatique à l'encontre de l'ex-présidente argentine.

 

« J'exprime ma solidarité avec la présidente Cristina Kirchner et ses collaborateurs qui ont tant fait pour le peuple argentin et pour l'intégration sud-américaine » a écrit Lula sur son compte twitter.

 

« Ce qui est en cours en Argentine est la même stratégie utilisée par la droite dans d'autres pays de l'Amérique Latine » soulignait par ailleurs le Parti des Travailleurs du Brésil dans un communiqué.

 

De son côté, l'ex-président équatorien, Rafael Correa twittait : « C'est le même scénario partout : Dilma, Lula, Jorge Glas, Cristina »

 

Le président Evo Morales s'est joint à la vague de solidarité régionale en qualifiant de lamentable la décision du juge fédéral Bonadio de livrer un mandat d'arrêter contre l'ex-présidente argentine.

 

Edité par Francisco Rodríguez Aranega

 

source: http://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/149888-lula-denonce-la-persecution-politique-contre-cristina-fernandez-de-kirchner

Publié par El Diablo

La RUSSIE numéro 1 dans le Monde pour le NIVEAU DE LECTURE des écoliers

Dans le métro de Moscou, début décembre 2017 : tous lecteurs... [source: Twitter]

Dans le métro de Moscou, début décembre 2017 : tous lecteurs... [source: Twitter]

Une enquête internationale de Pirls(Progress in International Reading Literas Study), Programme international de recherche en lecture scolaire, a étudié le niveau de lecture d'écoliers de 9 à 10 ans, issus de 50 pays différents.

 

Les résultats de cette étude qui consiste à faire lire aux enfants 12 textes courts, dévoilent que la Russie (581 points) est dans le trio de tête du classement avec Singapour (576 points) et Hong-Kong (569 points).

 

Avec 511 points obtenus aux tests de lecture, qui évaluent autant la capacité à lire qu'à comprendre les textes, la France arrive loin derrière la Russie. La France arrive également 34ème sur 50 en compréhension en lecture, se classant avant-dernier pays européen du classement (juste devant la Belgique).

 

Le classement Pirls reste dominé par les filles dans 48 des 50 pays.

 

SOURCE :

La RUSSIE numéro 1  dans le Monde pour le NIVEAU DE LECTURE des écoliers

Le Président élu par le peuple hondurien, mais toujours pas reconnu par son adversaire Juan Orlando Hernández, a déposé une plainte devant le Ministère Public contre David Matamoros Batsón, président du Tribunal Suprême Électoral, pour les délits d’abus de pouvoir, violation des devoirs des fonctionnaires et falsification de documents.

 

Dans les mobilisations de rue massives, au moins 15 manifestants ont été tués par les militaires soutenus par le gouvernement actuel qui cherche à mettre sous l’éteignoir la voix du peuple qui, cette fois, ne se laissera pas voler son vote.

 

Nous défendons la victoire du candidat de l’opposition de la coalition Alliance, qui a demandé l’annulation du scrutin et du travail du Tribunal Suprême Électoral, la constitution d’un arbitrage international et le recomptage des 18103 bureaux de vote.

 

Jorge Torres Zelaya, responsable des Relations Internationales d’Alliance, avec qui j’ai pu avoir un long entretien, remercie la France Insoumise pour son soutien et demande l’amplification des mobilisations nationales et internationales.

URL de cet article 32676 

Socialisme ou barbarie : selon Forbes, les 7 premiers métiers qui tomberont dans l’oubli à cause de l’intelligence artificielle

 

 

10 Décembre 2017
Si quelque chose me fait encore lutter pour le communisme c’est bien cette conviction que si c’est le capitalisme qui s’empare de ces nouveaux possibles scientifiques et technologiques, leur logique est de considérer l’humanité non utile pour leurs profits comme des « nuisibles » à la mode des nazis, de nous tuer directement ou de laisser les haines croître entre nous. La révolution scientifique et technique exige d’autres rapports sociaux, d’autres valeurs mais parfois je me demande d’où elles surgiront?
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)

Face à l’évolution rapide des technologies, ces emplois seront les premiers à tomber dans l’oubli dans un proche avenir.

 

Les 7 premiers métiers qui tomberont dans l'oubli à cause de l'intelligence artificielle

Image illustrative
pixabay / geralt

Beaucoup de gens partagent un certain enthousiasme pour le confort que les algorithmes intelligents et les robots apporteront à notre vie quotidienne et restent optimistes quant à leur travail. En attendant, les  premiers emplois à partir desquels ces robots commenceront à expulser les humains  ne se limiteront pas simplement au travail pour ceux qui manquent d’expérience ou de travail manuel.

 

L’automatisation robotique sera responsable de 2020 de la perte de plus de 5 millions d’emplois dans 15 pays développés, rapporte  le magazine ‘Forbes’ citant un rapport du Forum économique mondial.

 

Une autre étude, développée par la société IDC, implique des changements dramatiques dans la main-d’œuvre et la culture du travail dus aux innovations robotiques, y compris de nouvelles lois, de nouveaux postes et de nouvelles méthodes de travail aux côtés de collègues humains.

 

Conducteurs de camions

 

Il y a environ 3,5 millions de camionneurs aux États-Unis aujourd’hui, mais si les prédictions se réalisent en  moins d’une décennie, un tiers des camions autonomes, il est temps que les conducteurs commencent à s’entraîner pour de nouveaux emplois.

 

Image Illustrative / Pexels / 500photos.com
 

Otto Motors, une société financée par Uber et fondée par d’anciens employés de Google responsables de l’intelligence artificielle, a pour objectif de rendre obsolètes les conducteurs humains.

 

Travailleurs du bâtiment

 

Le système SAM est deux à trois fois plus productif que les maçons humains. Placer 1 200 briques par jour, comparativement à 300-500 placé par les humains. Et ce n’est que le début de l’automatisation dans la construction.

 

Les opérateurs de grues et les conducteurs de bulldozers devraient se préparer à des machines intelligentes qui leur voler des emplois bientôt.

 

Illustrative Image / Pexels / Unsplash
 
Personnel de soutien juridique

 

Selon le rapport Deloitte Insight, 39% des emplois dans le secteur juridique seront automatisés d’ici 2020. L’examen de la documentation et la recherche d’informations pertinentes pour les affaires juridiques sont des tâches qui vont bien avec les capacités de l’intelligence artificielle.

 

À l’heure actuelle, l’infiltration de l’intelligence artificielle se limite aux procédures d’audit, à la recherche de données électroniques et à l’évaluation des contrats, mais son application se développera à l’avenir, sans aucun doute.

 

Médecins et autres personnels médicaux

 

Les robots sont déjà utilisés dans la médecine d’aujourd’hui et répondront à  la demande critique de services médicaux de la part de la population mondiale croissante.

 

Plusieurs organisations médicales introduisent déjà des systèmes informatisés pour la détection et le traitement du cancer. Les diagnostics et la chirurgie sont des domaines appropriés pour  l’utilisation de robots

 

Comptables

 

Le calcul des chiffres, la gestion des bilans, des comptes créditeurs et débiteurs, l’évaluation des pertes et profits et le maintien des stocks sont des tâches où les robots peuvent être plus compétents que les humains. Nous devonsdonc nous attendre à une croissance significative de la comptabilité robotique dans les années à venir.

 

Illustrative Image / Pexels / Pixabay
 

Le travail des analystes financiers comporte également des risques, puisque l’analyse de l’intelligence artificielle est capable de détecter une tendance plus rapidement et plus précisément.

 

Rapporteurs

 

Les romanciers , peut – être, garderont  leur travail mais les auteurs de rapports et journalistes financiers sont susceptibles d’ être menacé  du chômage.

 

Les machines sont préparées et sont de plus en plus compétentes dans la création de contenu lisible. donc la profession de journaliste est aussi menacée, je dois dire que quand je vois certaines têtes à claques se réjouir de la mise au chômage d’ouvriers, ils ne l’auront pas volé. Malheureusement il faut creaindre que l’objectivité de l’intelligence articificielle ne soit pas plus assurée que celle des journalistes de notre actuel système de propagande.

 

Vendeurs

 

Comme plus de gens regardent le commerce électronique et la recherche basée sur le prix, les spécifications et la disponibilité de chaque article qu’ils veulent acheter, le  vendeur est éliminé de l’équation.

 

 

« Les Etats-Unis ne se laisseront pas gouverner par des pays sans crédibilité pour résoudre le conflit israélo-palestinien »

 

10 Décembre 2017
A la condamnation universelle et à celle de l’unanimité du Conseil de sécurité, les Etats-Unis répondent par le mépris et continuent à se poser en unique médiateur.
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)


Publié: 10 Dec 2017 04:25 GMT | Dernière mise à jour de la fiche: 10 déc 2017 05:15 GMT

Le Conseil de sécurité de l’ONU a unanimement condamné la décision de Trump sur Jérusalem.

 

"Les Etats-Unis ne seront pas enseignés par des pays sans crédibilité pour résoudre le conflit israélo-palestinien"

La représentant permanent des États-Unis devant l’ONU, Nikki Haley
Brendan McDermid / Reuters

La représentant permanent des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, a déclaré que seul le pays nord – américain, et aucune des autres 14 nations qui composent le Conseil de sécurité, a la crédibilité d’être  médiateur dans le conflit israélo-palestinien. Une situation que les Palestiniens  voient différemment.

 

Haley a prononcé son discours lors d’une session d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies tenue vendredi à la demande de huit pays membres de l’organisation internationale pour répondre à la décision du président Donald Trump de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. officiellement celui-ci en tant que capitale d’Israël. La décision a été unanimement condamnée par tous les membres du Conseil de sécurité, à l’exclusion des États-Unis, pour avoir sapé le processus de paix en cours.

Riyad al Maliki, ministre palestinien des Affaires étrangères
Nous chercherons un nouveau médiateur entre nos frères arabes et la communauté internationale Riyad al Maliki, ministre palestinien des Affaires étrangères

L’ONU a fait beaucoup plus pour nuire aux perspectives de paix au Moyen-Orient que pour les faire avancer, nous ne ferons pas partie de cela, les Etats-Unis ne resteront plus de côté quand Israël sera injustement attaqué aux Nations Unies. « Ils n’accepteront pas de leçons des pays qui manquent de crédibilité pour traiter les Israéliens et les Palestiniens de manière équitable », a déclaré Haley.

 

Le diplomate a rappelé que « ce n’est pas une coïncidence si les accords de paix historiques entre l’Egypte et Israël et entre la Jordanie et Israël ont été signés sur la pelouse de la Maison Blanche ». « S’il y a encore un accord de paix historique entre Israéliens et Palestiniens, il y a de fortes chances qu’il soit également signé sur la pelouse de la Maison Blanche », a déclaré Haley, qui a affirmé que Washington « avait de la crédibilité des deux côtés » .

« Israël ne sera jamais et ne devra jamais être contraint de conclure un accord par les Nations Unies ou un groupe de pays qui ont montré leur mépris pour la sécurité d’Israël », a ajouté Haley.

 

Cependant, les autorités palestiniennes ont une autre vision de l’exceptionnalisme américain supposé, mis en évidence par Haley. Samedi, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al Maliki, a annoncé que son gouvernement ne pouvait plus accepter les Etats-Unis. en tant qu’intermédiaire dans le processus de paix parce qu’il s’est maintenant « positionné en tant que parti du différend et non en tant que médiateur ». « Les Etats-Unis sont un agresseur du peuple palestinien et du droit international », a-t-il déclaré.

 

« Nous allons chercher un nouveau médiateur entre nos frères arabes et la communauté internationale, un médiateur qui peut aider à parvenir à une solution à deux Etats » , a déclaré Al Maliki, cité par Reuters.

 

 

Le Vietnam prend en haute considération le partenariat stratégique intégral avec la Russie

 
10 Décembre 2017
Toujours dans le cadre des rencontres et du resserrement des liens entre les partis communistes, mais aussi la manière dont à la veille de l’élection présidentielle russe de 2018, le président du parti communiste de la fédération de Russie Zyouganov se pose en parti de gouvernement
 
(note de danielle Bleitranch)


Publié le par anonyme

VENDREDI 8 DÉCEMBRE 2017 – 10:39:34

 

La délégation vietnamienne en Russie. Photo: VNA
 

Moscou (VNA) – « Le Vietnam prend toujours en haute considération le partenariat stratégique intégral avec la Russie, et les relations avec le Parti communiste de la Fédération de Russie ».

 

C’est ce qu’a souligné jeudi en Russie le membre du Bureau politique, secrétaire du Comité central (CC), permanent du Secrétariat du CC et chef de la Commission centrale du contrôle du PCV Trân Quôc Vuong, lors de ses entretiens en tête à tête avec le vice-président du Conseil de la Fédération de Russie Evgheny Pushmin et le président du Parti communiste de la Fédération de Russie (PCR) Gennady Zyuganov.

 

Les dirigeants russes ont apprécié les réalisations ​du Vietnam ces derniers temps, notamment l’organisation réussie de la Semaine des dirigeants économiques de l’APEC 2017.

 

Lors de l’entretien avec Evgheny Pushmin, les deux parties ont convenu que les relations entre les organes législatifs des deux pays avaient connu un bon développement à travers les visites de hauts dirigeants. L’Assemblée nationale vietnamienne et le Conseil de la Fédération de Russie ont signé de nombreux accords de coopération et établi une coopération étroite entre les Commissions spécialisées, contribuant à l’approfondissement des relations d’amitié traditionnelles et de coopération multiforme entre les deux peuples. Des mesures visant à renforcer les relations entre les deux organes législatifs ont été discutées.

 

Lors de l’entretien avec le président du PCR, les deux parties ont parlé de la situation des deux Partis et des deux pays sur l’édification du Parti, de la signification de la Révolution d’Octobre dans le contexte où les forces progressistes dans le monde – dont le Parti communiste du Vietnam (PCV) et le PCR – ont célébré le centenaire de cet événement.

 

Pour sa part, Gennady Zyuganov a affirmé que le PCR appréciait le rôle et la position du PCV, faisant du Vietnam l’un des pays ayant une croissance économique élevée dans le monde ces dernières décennies et un membre actif et respecté dans le mouvement communiste et ouvrier international. Le PCR soutient toujours les politiques des autorités russes dans le renforcement des relations avec le Vietnam.

 

Les deux parties ont convenu d’intensifier les échanges de délégations de tous échelons, la coopération entre les organisations de masse des deux Partis, notamment l’Union de la jeunesse, les échanges d’informations sur les activités de chaque Parti, la situation nationale, régionale et mondiale, et la collaboration dans le mouvement communiste et ouvrier international.

 

Le même jour, Tran Quoc Vuong et sa délégation sont allés déposer une gerbe de fleurs à pied de la statue du Président Hô Chi Minh à Moscou et ont rendu un hommage posthume au leader éminent du prolétariat V.I.Lénine en son mausolée. -VNA

source:

https://fr.vietnamplus.vn/le-vietnam-prend-en-haute-consideration-le-partenariat-strategique-integral-avec-la-russie/97124.vnp

Une visite du Jérusalem multiculturel en 1897

 

10 Décembre 2017
Dans ces temps où l’absurdité des rivalités les plus mesquines y compris à l’échelle des maîtres du monde semble le lot de ces « lieux saints », je ne puis m’empêcher néanmoins de songer à cette espérance folle de opprobre universelle qui fit que durant 2000 ans fut prononcée l’incantation « l’an prochain à jérusalem », que je l’ai dite moi même ces soirs de seder (la cène du Christ) et que tous mes grands parents ont été enterrés avec un sachet de terre d’Israël sous la tête… Qu’est-ce qui pousse les êtres humains à de telles choses et vers ce lieu, s’agit-il de notre porte de l’enfer à tous ?
 
(note de danielle Bleitrach)

Publié le 07/12/2017
Auteur: Pierre Ancery
 

Jérusalem, le Mur des Lamentations, agence Rol, 1922 – source : Gallica BnF
DANS UNE SÉRIE D’ARTICLES PARUS DANS LE FIGARO, UN ÉCRIVAIN DÉCRIT EN 1897 LA VILLE DE JÉRUSALEM, OÙ COHABITENT, NON SANS RIVALITÉS, LES TROIS RELIGIONS MONOTHÉISTES.
 

Septembre 1897. Gustave Larroumet, historien d’art et écrivain, est en voyage en Méditerranée. De son passage à Jérusalem, il tire une série d’articles que le Figaro va publier en feuilleton entre le 22 novembre et le 7 décembre. Son long récit, qui n’est pas dénué de préjugés (notamment à l’encontre de la population juive), donne néanmoins un aperçu de la façon dont cohabitaient alors les différentes communautés de la ville.

 

À l’époque, la ville sainte du judaïsme, du christianisme et de l’islam est depuis quatre siècles sous contrôle de l’Empire ottoman. Les trois religions sont présentes dans la ville. Entre leurs communautés règne un certain équilibre, comme l’explique Vincent Lemire dans son livre Jérusalem 1900, la ville sainte à l’âge des possibles.

 

Ce qui n’empêche pas les relations entre croyants d’être marquées par des tensions. Larroumet en est témoin lorsqu’il arrive à l’église du Saint-Sépulcre, qui accueille plusieurs confessions chrétiennes :

« Le Saint-Sépulcre est la propriété commune de toutes les confessions chrétiennes. Chacune, en vertu de vieux usages jalousement défendus, a ses droits, ses privilèges, ses prétentions victorieuses ou disputées. Le sanctuaire du Dieu de paix est un temple de discorde.

 

Les religieux des diverses confessions ont l’humeur également mesquine et taquine. Pressés dans un petit espace, ils nourrissent des rivalités de petite ville ; orgueilleux et ignorants, ils attachent à des riens une importance énorme ; enflammés de passions religieuses, ils en cuisent le fiel ; soutenus par leurs gouvernements respectifs, ils sont politiciens. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/le-figaro/25-novembre-1897/104/795169/4?fit=13.2268.829.515

 

Larroumet, pétri de culture biblique, visite la vallée de Josaphat, le tombeau de la Vierge ou le mont des Oliviers. Il décrit ensuite les lieux d’islam – cette dernière religion étant alors celle des Ottomans, Arabes et Turcs.

« Jérusalem n’est pas seulement chrétienne. Elle est aussi musulmane et juive. Je devrais dire juive et musulmane, pour suivre l’ordre du temps. Mais, outre que les musulmans sont les maîtres de la ville, ils ont mis sur elle une marque profonde, tandis que le passé juif n’existe plus que dans le souvenir. »

La visite du Harâm ech Cherif et de la mosquée d’Omar lui inspirent des réflexions sur les rivalités entre religions :

« En aucun lieu du monde ne se montre plus nettement le rôle du surnaturel dans toutes les religions, et aussi la négation mutuelle qui engendre l’intolérance. Ici, trois croyances se disputent les mêmes sanctuaires, avec le mépris et la haine des croyances rivales […].

 

Aussi le pèlerinage de Jérusalem commence-t-il par attrister et troubler non seulement les croyants, mais ceux qui, dans la ruine de la foi, ont conservé le sentiment religieux. Il faut la dévotion naïve du pauvre moujik, qui vient du fond de la Russie se prosterner en larmes sur le tombeau du Sauveur, pour ne rien voir de ce qui détonne et choque, autour de cette pierre, comme le contraire des vertus chrétiennes.

 

Tout homme de quelque culture rencontre à chaque pas, avec la bassesse et la méchanceté humaines, les contradictions et les impossibilités. On en vient à se demander si toutes les religions ne sont pas des écoles d’aveuglement et de haine. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/le-figaro/04-decembre-1897/104/788433/4?fit=13.2438.868.559

 

Le 6 décembre, Gustave Larroumet évoque la population juive de Jérusalem.

« Les émigrants juifs affluent d’Allemagne, de Russie et de Pologne vers Jérusalem. Ce sont les Achkenazim. Ils viennent non pas se joindre, mais se juxtaposer aux Sephardim, depuis longtemps établis dans la ville.

 

Les Achkenazim sont pauvres. En quittant l’Europe, ils n’obéissent pas seulement à l’amour de l’ancienne patrie et au désir de reposer dans la terre ancestrale. Il sont aussi poussés par la misère et l’espoir d’une condition meilleure, grâce aux nombreuses fondations de leurs coreligionnaires riches. La plupart ne trouvent à Jérusalem qu’une existence précaire. »

Dans un discours paradoxalement teinté d’antisémitisme, il plaint les conditions de vie de ces Juifs émigrés :

« Partout la dérision, agressive chez les musulmans, sans charité chez les chrétiens, les accompagnait. Devant ces scènes d’opprobre, je songeais à l’existence fastueuse que mènent en Europe leurs frères par le sang et la foi, à l’orgueil des équipages, au luxe des réceptions, aux galeries de tableaux, à la colonnade de la Bourse, au préfet Worms-Clavelin d’Anatole France.

 

Les uns jouissent, les autres souffrent ; mais tous, dans l’orgueil et dans l’humiliation, avec leurs rares qualités et leurs défauts antipathiques, proposent au monde le même problème de fatalité historique, le même exemple de foi et de patriotisme, la même preuve de solidarité. »

Puis l’écrivain évoque le sionisme, dont il juge très faibles les chances de réussite :

« Un rêve confus, sorti des prédictions messianiques, a pris la forme d’un projet à échéance prochaine. Le congrès des Sionistes a fait quelque bruit autour de ce projet […]. De toutes les chimères que peut nourrir l’esprit de secte, je n’en vois pas de plus vaine que celle-ci.

 

Les juifs sont dispersés dans le monde entier ; ils ont trouvé les moyens d’existence et la richesse “parmi les nations”. S’ils ont conservé, irréductibles, leur foi et leur solidarité de race, en bien des pays ils ont adopté leur séjour comme une nouvelle patrie. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/le-figaro/06-decembre-1897/104/795311/4?fit=6.2495.916.517

 

Vingt ans plus tard, en décembre 1917, la ville passait sous la coupe britannique à l’issue de la bataille de Jérusalem. La déclaration Balfour, en novembre 1917, ouvrait quant à elle la voie à la création d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine, foyer qui sera à l’origine de l’État d’Israël.

 

Kadyrov fustige l’initiative de Trump à Jérusalem comme « brutale », met en garde contre une guerre à grande échelle au Moyen-Orient

 

10 Décembre 2017
Kadyrov en dehors de sa propension à bourrer les urnes, de nier l’existence des homosexuels en Tchétchénie et autres pratiques a parfois des réflexions qui dénotent un certain bon sens stratégique comme ici.Et incontestablement au niveau international il est de ceux qui jouent plutôt la pacification en laissant les pays et les frontières en l’état. 
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)

Kadyrov fustige le mouvement de Jérusalem de Trump comme «brut», met en garde contre une guerre à grande échelle au Moyen-Orient
Président de la République tchétchène Ramzan Kadyrov © Global Look Press
Le chef de la République tchétchène, Ramzan Kadyrov, a décrit la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale d’Israël par le président américain comme un coup de poignard dans le dos pour ceux qui ont tenté de parvenir à un règlement au Moyen-Orient, et un pas vers une nouvelle guerre.

Dans un message posté sur sa page dans le réseau social le plus populaire de Russie, VKontakte (In Contact), Kadyrov a déclaré que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump était faite contre l’opinion de la communauté internationale et en violation des résolutions adoptées par Nations Unies et autres organisations internationales influentes. Il a ajouté que la décision privait les Palestiniens de la dernière chance d’obtenir un état autonome.

 

« Essentiellement, c’est un coup de poignard dans le dos pour ceux qui ont passé les dernières décennies à essayer de développer un algorithme pour un règlement politique et diplomatique dans cette région compliquée », a écrit Kadyrov. Il a noté que le danger de l’initiative  des Etats-Unis était particulièrement évident car cela a été fait très rapidement après que l’armée syrienne, avec le soutien de l’armée de l’air russe, ait libéré son pays de l’Etat islamique (IS, anciennement ISIS).

 

« Comment comprennons-nous la politique du président américain? C’est simple – maintenant nous avons perdu nos derniers doutes sur qui avait créé cette base terroriste sur le territoire de l’Irak et de la Syrie afin d’établir leur «nouvel ordre mondial », écrit-il.

« Je peux affirmer avec certitude qu’en faisant cela, pour ne pas dire plus, la décision brutale de Trump jette l’état d’Israël dans l’abîme de la confrontation sanglante et le met sous la menace d’une Intifada nouvelle, plus puissante et organisée. Ce qui signifie une guerre à grande échelle », dit Kadyrov.

 

Cette semaine, le président américain Donald Trump a signé une déclaration reconnaissant officiellement Jérusalem comme la capitale d’Israël et a annoncé le projet de relocaliser l’ambassade américaine dans cette ville en quittant  Tel Aviv. « Aujourd’hui, nous reconnaissons enfin l’évidence: à savoirque Jérusalem est la capitale d’Israël. Ce n’est rien de plus ou de moins qu’une reconnaissance de la réalité », a déclaré Trump dans un discours consacré à l’événement.

 

Les responsables russes et les politiciens ont qualifié le mouvement d’extrêmement dangereux et ont mis en garde contre une éventuelle aggravation de la crise au Moyen-Orient. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré jeudi que la décision de Trump pourrait détruire l’idée même d’une coexistence pacifique des Etats israéliens et palestiniens.

 

09 décembre 2017

Richard Labévière, 250 milliards de dollars pour reconstruire la Syrie

 

« D’après l’ONU, indique Richard Labévière, il faudra au moins 250 milliards de dollars pour reconstruire la Syrie. L’envoyé spécial de la Chine pour le conflit syrien a annoncé vendredi à Genève que son pays était « prêt » à participer à la reconstruction, « sans condition préalable », lorsque la sécurité sera garantie. « La Chine se tiendra prête à participer à la phase de reconstruction lorsqu’elle commencera et le gouvernement chinois va encourager les entreprises chinoises à entreprendre des projets sur place «, a déclaré Xie Xiaoyan.Ces derniers jours, les observateurs militaires ont remarqué l’arrivée de plusieurs centaines de soldats chinois dans le port syro-russe de Tartous en Méditerranée orientale. Ce port militaire abrite, désormais une base chinoise à partir de laquelle, frégates, bâtiments de projection amphibie et ravitailleurs chinois croisent en Méditerranée pour passer le détroit de Gibraltar, afin de rejoindre l’Atlantique nord, le Grand nord Arctique, la mer de Béring et… la mer de Chine méridionale... »

 

Reprenons la lecture des évolutions en Syrie selon Richard Labévière...

 

Michel Peyret

 


Syrie-Genève : retour à la case départ, par Richard Labévière

 

9 décembre 2017

 

Source : espritsurcouf.fr, Richard Labévière, 04-12-2017

 

Pause jusqu’à mardi dans la Cité de Calvin pour la suite des négociations entre l’opposition et le gouvernement syriens. Mais la délégation officielle laisse planer le doute sur son retour à Genève après des déclarations « provocatrices » à l’encontre de Bachar al-Assad. « Nous repartons demain (…) et c’est à Damas de décider » si la délégation doit revenir mardi comme l’a proposé le médiateur de l’ONU Staffan de Mistura, a déclaré ce vendredi aux journalistes Bachar Al-Jaafari, ambassadeur de Syrie aux Nations unies à New York et négociateur en chef du gouvernement syrien.

 

Staffan de Mistura a annoncé que cette huitième session de pourparlers, qui a débuté mardi dernier, allait faire une pause de trois jours et que les discussions reprendraient mardi prochain pour durer jusqu’à la mi-décembre. Parlant aux journalistes à l’issue d’un entretien avec le médiateur de l’ONU, M. Jaafari a critiqué l’opposition pour son « langage provocateur, irresponsable » au sujet du sort du président Al-Assad. L’opposition a de nouveau réclamé, publiquement le départ du chef de l’Etat syrien avant tout règlement politique du conflit. « Ceux qui veulent imposer des conditions préalables ne sont pas réalistes. Il y a une réalité politique sur le terrain, nous sommes le camp fort et notre armée gagne face aux terroristes », a ajouté Bachar al-Jaafari.

 

Au cours d’une conférence de presse jeudi soir, Staffan de Mistura a affirmé que la question du sort du président Assad ne faisait pas partie des sujets discutés. « Ce sera aux Syriens de décider dans les élections supervisées par l’ONU », a-t-il précisé. Depuis 2016, ce n’est pas moins de sept cycles de pourparlers qui ont été organisés par Staffan de Mistura. Désormais, il cherche à centrer les discussions de Genève sur la rédaction d’une nouvelle constitution et l’organisation d’élection législatives sous supervision internationale.

 

DOUZE POINTS CENTRAUX

 

Vendredi soir, Staffan de Mistura a rendu public une nouvelle version d’un document en « douze points centraux ». « Ils sont essentiels parce qu’ils renvoient à ce que pourrait être une vision partagée du genre de Syrie où les Syriens voudraient vivre », a expliqué le représentant de l’ONU qui a soigneusement évité d’entrer dans les détails. En fait, il s’agit de notions très générales et génériques – intégrité nationale, souveraineté, égalité hommes-femmes, respect de toutes les religions, multiethnicité, etc. – qui ne peuvent être refusées ni par l’opposition ni par le régime, d’autant que rien de précis n’est évoqué pour leur mise en œuvre.

 

« Depuis les toutes premières discussions, il y a cinq ans, ces points ont fait consensus, et il n’y a rien de bien nouveau », regrette un diplomate européen. Les discussions des quinze prochains jours devraient porter sur l’application de la résolution 2254 du Conseil de sécurité de décembre 2015. Elle prévoit notamment une transition, sans que le départ de Bachar Al-Assad soit un préalable, l’élaboration d’une nouvelle constitution, puis la tenue d’élections sous le contrôle des Nations unies.

 

Entre opposition et gouvernement syrien, les positions restent pourtant diamétralement opposées sur ces différents points. En position de force sur le plan militaire, le gouvernement n’acceptera que quelques ajustements de façade. La problématique des élections, et surtout la question des participants, est tout aussi cruciale alors qu’il y a sept millions de Syriens réfugiés à l’étranger et autant de déplacés à l’intérieur du pays. Dans tous les cas de figures, « c’est un retour à la case départ, comme s’il n’y avait jamais eu aucun progrès sur rien », commente un ambassadeur européen en poste à Genève. La faute à qui ?

 

L’ARABIE SAOUDITE SERRE LES BOULONS !

 

Cruelle évidence pour les poètes disparus des « révolutions arabes », Bachar al-Assad a gagné la guerre ! Et sur le terrain, les services spéciaux syriens ont redoublé d’activité pour débaucher nombre de groupes armés, proposant des libérations de prisonniers, voire des amnisties plus ou moins avantageuses. Cette série de défections a, aussi affecté les différentes structures de l’opposition politique. Dernièrement, la jonction opérée par l’armée gouvernementale syrienne et les forces spéciales irakiennes sur la frontière syro-irakienne à l’est du pays (une bande de 650 kilomètres entre la Jordanie et la Turquie) a, brusquement concrétisé la hantise des pays sunnites de la région : l’établissement du « couloir chi’ite » tant redoutée par le petit roi Abdallah de Jordanie : une continuité territoriale entre l’Irak, la Syrie et l’Iran avec une transversale libanaise…

 

Par conséquent, le jeune prince-héritier saoudien Mohamad Ben Salman (MBS) – déjà engagé dans son coup d’Etat intérieur pour concentrer la totalité du pouvoir de la monarchie wahhabite entre ses seules mains – a sonné le rappel des groupes de l’opposition syrienne à Riyad pour serrer les rangs. Et, effectivement, l’opération « serrage de boulons », comme on l’appelle à Genève a, relativement bien fonctionné. Cent cinquante dissidents, représentant différentes sensibilités de la nébuleuse anti-Assad, des plus intransigeants aux plus conciliants, ont été contraints par les Saoudiens, de former une délégation unie de trente-six membres. Les plates-formes du Caire et de Moscou, deux formations très critiques de l’insurrection, qui faisaient jusque-là bande à part, ont été intégrées au nouvel organe, baptisé « Comité des négociations », qui remplace le Haut comité des négociations, établi en décembre 2015.

 

Ainsi, on a vu réapparaître Madame Basma Kodmani, comme porte-parole de cette nouvelle structure, alors qu’elle avait démissionné du Conseil national syrien (CNS) le 28 août 2012, déplorant notamment que « le CNS ne travaille pas bien avec les autres groupes d’opposition ». Proche du Qatar et des Frères musulmans, cette ancienne collaboratrice de la Fondation Fordau Caire, a été, des années durant, la « secrétaire » de Patrick Seal, officiellement journaliste et résident parisien des services britanniques du MI-6. En 2008 et 2012, elle participe aux réunions du Groupe Bilderberg en compagnie de Bernard et Christine Kouchner, ainsi que de plusieurs ministres du cabinet israélien de Benjamin Netanyahou.

 

Sa sœur, Hala Kodmani reprend aussi du service. Egalement membre à part entière du CNS, elle répond, depuis plusieurs années, au qualificatif de « grand reporter » et « envoyé spécial » en Syrie pour le quotidien Libération. Elle a publié plusieurs fascicules au éditions Acte Sud, dans la collection de Farouk Mardam-Bey, financée par quelques généreux donateurs du Qatar… Cette « journaliste » très particulière s’est aussi spécialisée dans la recherche et la délation de ses confrères qui ne partagent pas sa lecture dualiste d’une guerre civile qui opposerait de gentils révolutionnaires au sanglant dictateur. Cette approche simpliste plait beaucoup à la rédaction en chef de Libération qui se plait à présenter sa « journaliste-activiste » comme une grande experte de la région.

 

Aux ordres de Riyad, tous ces braves gens partagent toujours la même condition initiale à l’avancée des négociations : le départ de Bachar al-Assad, préambule pourtant abandonné par les chancelleries occidentales. Appelant ces opposants à « un peu plus de réalisme », Staffan de Mistura vient de leur rappeler qu’ils « n’avaient pas gagné la guerre… » Derrière une unité de façade, les trente-six membres du Comité des négociations n’en continuent pas moins à se distribuer les portefeuilles ministériels d’un improbable futur gouvernement de transition.

 

L’OPPOSITION RESTE DIVISÉE

 

Derrière cette agitation, les clivages demeurent entre différentes factions qu’on peut regrouper en cinq composantes :

 

1) La Coalition nationale syrienne (CNS) : Cette organisation, basée à Istanbul et dont les cadres vivent tous à l’étranger, dispose de huit sièges au sein du Comité des négociations. Formée fin 2012 au Qatar, elle amalgame des « libéraux », comme Riyad Seif, son président actuel, et des islamistes, proches des Frères musulmans, comme Ahmed Ramadan. Longtemps parrains de la CNS, dont ils ont encouragé le jusqu’au-boutisme, les grands pays occidentaux et leur alliés arabes ont peu à peu pris leurs distances vis-à-vis d’elle, du fait de la résilience inattendue du régime syrien et de la montée en puissance des forces jihadistes au sein de la rébellion. Aujourd’hui la Coalition est la formation de l’opposition qui oppose la plus grande résistance aux pressions ouvertes ou implicites de la communauté internationale en faveur d’un maintien aupouvoir de Bachar Al-Assad durant la phase de transition. A peine arrivé à Genève, le chef du Comité des négociations, Nasser Al-Hariri, qui est membre de la CNS, a ainsi réaffirmé que le président syrien devrait quitter le pouvoir en prélude à tout règlement du conflit.

 

2) Le Comité de coordination nationale pour le changement démocratique (CCNCD). Cette organisation, basée à Damas, et dont les dirigeants vivent en Syrie ou bien à l’étranger, dispose de cinq sièges au sein du Comité des négociations. Fondée en 2011, dirigée par l’avocat damascène Hassan Abdel Azim, elle est composée d’une dizaine de petits partis, pour la plupart de gauche, souvent imprégnés d’idéologie nationaliste arabe.

 

3) La plate-forme de Moscou. Ce groupe formé en 2015, sous la tutelle du Kremlin, dispose de quatre sièges au sein du Comité des négociations. Il est composé de figures proches du régime Assad, comme son chef, Qadri Jamil, un ancien vice-premier ministre, limogé en 2013, qui à l’époque où il était au pouvoir considérait les révolutionnaires comme des « agents de l’étranger ». Les autres composantes du Comité des négociations.

 

4) Les inclassables. le Comité des négociations comprend des représentants de deux autres groupes : les brigades armées, qui disposent de sept sièges, et les indépendants, qui en ont obtenu huit. Les premiers sont proches des positions de la Coalition nationale syrienne. On trouve dans leurs rangs Mohamed Allouch, ex-chef de la délégation de l’opposition lors des négociations tenues en février-mars, qui est le conseiller politique de Jaysh Al-Islam, une formation armée salafiste, implantée dans la banlieue de Damas. Parmi les Indépendants, on trouve des opposants de diverses obédiences. L’un d’eux, Khaled Al-Mahamid, un homme d’affaires impliqué dans la négociations de cessez-le-feu locaux, a fait scandale au mois d’août, en déclarant que le régime avait gagné la guerre et qu’il était temps pour l’opposition de changer d’approche.

 

En attendant la reprise des pourparlers de Genève, Moscou pousse aussi à la recherche d’un règlement politique. La Russie entretient deux processus parallèles : celui d’Astana (Kazakhstan), lancé lors de la libération d’Alep en décembre 2016, afin d’avancer sur les questions militaires – consolidation des cessez-le-feu et élargissement des zones de désescalade, échanges de prisonniers et reddition de factions armées ; celui de Sotchi (sud-ouest de la Russie) pour préparer un « Congrès du dialogue national », avec l’ensemble des acteurs liés au conflit, davantage centré sur les questions de reconstruction politique et économique.

 

DES CHINOIS EN MÉDITERRANÉE

 

Poussant ces différentes initiatives, Moscou s’empresse conjointement de rassurer la « communauté internationale » en soulignant que les efforts engagés, tant à Astana qu’à Sotchi, « doivent servir la médiation principale des Nations unies et le travail exemplaire de Staffan de Mistura ». En effet, aux différents niveaux de cette négociation complexe, Moscou parle de plus en plus de la « reconstruction », d’ores et déjà en cours !

 

D’après l’ONU, il faudra au moins 250 milliards de dollars pour reconstruire la Syrie. L’envoyé spécial de la Chine pour le conflit syrien a annoncé vendredi à Genève que son pays était « prêt » à participer à la reconstruction, « sans condition préalable », lorsque la sécurité sera garantie. « La Chine se tiendra prête à participer à la phase de reconstruction lorsqu’elle commencera et le gouvernement chinois va encourager les entreprises chinoises à entreprendre des projets sur place », a déclaré Xie Xiaoyan.

 

Ces derniers jours, les observateurs militaires ont remarqué l’arrivée de plusieurs centaines de soldats chinois dans le port syro-russe de Tartous en Méditerranée orientale. Ce port militaire abrite, désormais une base chinoise à partir de laquelle, frégates, bâtiments de projection amphibie et ravitailleurs chinois croisent en Méditerranée pour passer le détroit de Gibraltar, afin de rejoindre l’Atlantique nord, le Grand nord Arctique, la mer de Béring et… la mer de Chine méridionale.

 

En effet, l’une des conséquences stratégiques majeures de la guerre civilo-globale de Syrie et des difficultés, sinon des fautes des diplomaties occidentales dans ce conflit, est le retour opérationnel de la Russie et l’apparition de la Chine en Méditerranée…

 

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

 

Source : espritsurcouf.fr, Richard Labévière, 04-12-2017

 

08 décembre 2017
Denis Sieffert, Israël, Trump et le risque d'un séisme régional

 

« Pourquoi, interroge Denis Sieffert, Trump prend-il le risque d’un séisme régional et de rendre plus difficile le rapprochement en cours entre Israël et l’Arabie saoudite dans un front contre l’Iran ? Plaire au gouvernement d’extrême droite israélien n’est certainement pas une motivation suffisante. Il faut plutôt chercher les raisons du côté de la politique intérieure des Etats-Unis. Trump flatte un électorat chrétien-sioniste qui a eu un rôle décisif dans sa campagne électorale. Les chrétiens sionistes lisent la Bible en interprétant littéralement les mentions qui y sont faites du peuple juif. Or, de nombreux versets bibliques indiquent que Dieu a donné la Terre sainte aux Juifs. Les chrétiens sionistes représentent près d’un tiers de la population, soit 90 millions de personnes. Ils forment un lobby extrêmement actif et déterminé, et pour l’instant, fidèle en toute circonstance à Donald Trump. Celui-ci a sans doute voulu les remobiliser au moment où l’affaire de la collusion avec la Russie se rapproche dangereusement de lui. Une fois de plus, les Palestiniens font les frais d’une histoire qui n’est pas la leur... »

 

Reprenons la lecture de la thèse de Denis Sieffert...

 

Michel Peyret


Publié le 6 décembre 2017 - Par Denis Sieffert

Trump terroriste

 

Le président américain vient de reconnaître Jérusalem comme capitale exclusive d’Israël. Pourquoi prend-il le risque d’un séisme régional ?

 

En annonçant mercredi soir le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem et en reconnaissant de fait la ville-sainte comme capitale exclusive d’Israël, Donald Trump a non seulement pris le risque d’un embrasement de la région, mais il a sans doute également alimenté durablement le terrorisme.

 

C’est d’ailleurs une caractéristique assez générale de la politique américaine au Proche-Orient que de favoriser les causes du terrorisme tout en prétendant le combattre. Que Donald Trump se soit gardé de fixer un calendrier pour le déménagement de l'ambassade américaine qui devrait prendre des années, n'y change rien.

 

Sans trop de gêne, le Secrétaire d’État, Rex Tillerson, a assuré peu avant le discours de Trump que « le président (Trump) est très engagé en faveur du processus de paix au Proche-Orient ». « Nous continuons de croire qu'il y a une très bonne opportunité de faire la paix et le président a une équipe qui est totalement dédiée à cela », a insisté le chef de la diplomatie américaine.

 

Cette équipe censée relancer les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens, au point mort depuis 2014, est dirigée, faut-il le rappeler, par le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, réputé ultra-sioniste. Comme souvent, l’administration américaine, à l’instar du gouvernement israélien, joue sur les mots. Car ce n’est pas « la paix » que demandent les Palestiniens, c’est le droit. La paix, alors que la colonisation continue de galoper, est évidemment une arnaque. La « paix », alors que l’un des principaux enjeux de la négociation, c’est précisément Jérusalem-est comme capitale d’un État palestinien, c’est la paix israélienne.

 

Rappelons que le partage de 1947 avait sagement proclamé la ville « corpus separatum », et l’avait placée sous régime international. Le refus arabe d’un partage qui, il est vrai, était tout sauf équitable, puis la guerre de 1948, qui a fait suite à la proclamation unilatérale d’Israël, ont rapidement mis un terme à ce statut dérogatoire. La guerre des Six-Jours de juin 1967 et l’entrée des troupes israéliennes dans la partie orientale de la ville, puis son annexion en 1980, ont été des moments décisifs du processus colonial.

 

Mais la communauté internationale n’a jamais reconnu cette annexion. Malgré les pressions israéliennes, les ambassades sont restées à Tel-Aviv. Seul le Congrès américain, en adoptant le Jerusalem Embassy Act, fait planer depuis 1995 la menace d’un transfert que Donald Trump met aujourd’hui à exécution. Cela, en dépit des multiples mises en garde des pays arabes et de la Turquie. Les 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique ont prévu de se réunir en urgence.

 

Flatter un électorat chrétien-sioniste

 

Pourquoi Trump prend-il le risque d’un séisme régional et de rendre plus difficile le rapprochement en cours entre Israël et l’Arabie saoudite dans un front contre l’Iran ? Plaire au gouvernement d’extrême droite israélien n’est certainement pas une motivation suffisante. Il faut plutôt chercher les raisons du côté de la politique intérieure des Etats-Unis. Trump flatte un électorat chrétien-sioniste qui a eu un rôle décisif dans sa campagne électorale. Les chrétiens sionistes lisent la Bible en interprétant littéralement les mentions qui y sont faites du peuple juif. Or, de nombreux versets bibliques indiquent que Dieu a donné la Terre sainte aux Juifs. Les chrétiens sionistes représentent près d’un tiers de la population, soit 90 millions de personnes. Ils forment un lobby extrêmement actif et déterminé, et pour l’instant, fidèle en toute circonstance à Donald Trump. Celui-ci a sans doute voulu les remobiliser au moment où l’affaire de la collusion avec la Russie se rapproche dangereusement de lui. Une fois de plus, les Palestiniens font les frais d’une histoire qui n’est pas la leur.

 

Cette injustice historique, qui est aujourd’hui aggravée, ne peut que susciter un profond ressentiment dans le monde arabe, et d’abord parmi les Palestiniens. Elle ne manquera pas d’alimenter le discours des mouvements jihadistes.

 

Accessoirement, la décision de Donald Trump souligne les limites de la diplomatie de « la main dans le dos » d’Emmanuel Macron. Le Président français avait justifié l’accueil très chaleureux qu’il avait réservé à Trump au mois de juillet par l’influence qu’il pourrait avoir par la suite sur l’imprévisible locataire de la Maison Blanche. L’affaire de Jérusalem, venant après le retrait américain de l’accord sur le climat, montre ce qu’il en est.

Posté par Michel Peyret 

Flashback 8 ans en arrière. 28 juin 2009. Le président Manuel Zelaya subissait un coup d’État pour avoir tenté d’ouvrir un processus constituant dans son pays. En seulement deux ans, de 2009 à 2010, le taux de meurtres a doublé. La militarisation de la société, la corruption ainsi que le narcotrafic se sont étendus, et la dette publique du Honduras a explosé. Pour autant, Zelaya n’a pas abandonné le terrain à ses adversaires. En 2010, il fonde un nouveau parti. Son épouse Xiomara Castro de Zelaya est la candidate aux élections présidentielles de 2013. Mais le candidat de la droite Juan Orlando Hernandez – déjà accusé de fraude – est vite déclaré vainqueur.

 

L’entrée du Honduras dans l’ALBA, un organisme d’intégration régionale créé par Hugo Chavez, avait hérissé les poils de l’administration Obama. Contrairement aux déclarations officielles, le coup d’État avait bel et bien compté sur le soutien de « l’ami américain » . Dès 2010, le gouvernement issu du coup d’État de Porfirio Lobo, a compté sur la reconnaissance des États-Unis, qui ont travaillé à le rendre légitime et à faire oublier les causes qui se cachaient derrière.

 

Dans ses mémoires, la secrétaire d’État Hillary Clinton a avoué : « les jours suivants (au coup), j’ai parlé avec mes partenaires de tout l’hémisphère, y compris avec la secrétaire [Patricia] Espinosa au Mexique (…) Nous avons élaboré une stratégie qui consistait à rétablir l’ordre au Honduras et à nous assurer que des élections libres et justes seraient organisées rapidement et perçues comme étant légitimes, ce qui rendrait la question de Zelaya sans objet. » L’affaire des mails de Clinton révélés au grand public ont confirmé dans le détail le rôle précis des USA dans le coup contre Zelaya, qui est à l’origine de la longue crise politique, économique et sociale que traverse le Honduras.

 

Aujourd’hui, ce plan est toujours en vigueur. La discrétion médiatique autour de la fraude électorale et l’état de siège imposé à la population est insupportable. Le peuple hondurien ne demande pas la lune : il veut juste qu’on respecte le résultat des élections en faveur du candidat de l’Alliance de l’Opposition, Salvador Nasralla.

 

Ce peuple qui a tellement souffert n’a pas besoin d’ingérences à répétition. Il a le droit de construire son avenir avec ses propres forces. Les observateurs électoraux et des droits humains ont dénoncé les nombreuses irrégularités du Tribunal Électoral et du gouvernement de Juan Orlando Hernandez, qui cherche à se maintenir aux manettes du pouvoir. Pour éviter des futurs ennuis avec la justice ? Dans ce cas, il n’a rien à craindre : sur le territoire états-unien, de nombreux dictateurs, oligarques et terroristes latino-américains peuvent témoigner de l’agréable American Way of Life qu’ils mènent désormais.

 

Alex Anfruns

»» https://www.investigaction.net/fr/le-journal-de-notre-amerique-au-hond...
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La quintessence de l’expérience chinoise

 

09 Décembre 2017
 
Publié par  le 08/12/2017

 

HE WENPING*

 

Lorsque Deng Xiaoping, architecte en chef de la réforme et de l’ouverture menées en Chine, avait rencontré en août 1985 le président tanzanien de l’époque, Julius Kambarage Nyerere, venu effectuer une visite en Chine, il avait affirmé : « Notre réforme est une expérimentation, aussi bien pour la Chine que pour le monde. Si elle réussit, nous pourrons fournir nos expériences pour qu’elles servent la cause socialiste et le développement dans les pays sous-développés aux quatre coins du globe. »

 

Aujourd’hui, plus de trente ans après le lancement de la politique de la réforme et de l’ouverture, la Chine polarise l’attention du monde de par son succès économique phénoménal. Elle a non seulement réussi l’exploit de faire sortir plus de 700 millions d’habitants de la pauvreté, mais en plus, elle est parvenue à se hisser au rang de deuxième économie mondiale juste derrière les États-Unis.

 

Alors comment la Chine a-t-elle pu opérer cette brillante métamorphose ? Tout au long de la réforme, comment le Parti communiste chinois (PCC), en tant que parti au pouvoir, a-t-il fait pour consolider sa capacité à gouverner et gagner constamment en popularité auprès du peuple ?

 

Développement économique et gouvernance politique

 

Au cours de ces trente dernières années de réforme et d’ouverture, la Chine a accumulée une expérience très riche et variée en matière de développement, qui couvre de multiples domaines : agriculture, industrie, commerce extérieur, réduction de la pauvreté, culture et éducation, développement des ressources humaines, renforcement des capacités de gouvernance, etc.

 

Depuis longtemps, les réalisations du développement économique chinois s’attirent largement l’admiration et les éloges du monde, y compris les pays occidentaux. Quant aux nombreux pays en développement, ils s’inspirent de l’expérience chinoise, en particulier de celle acquise dans la réduction de la pauvreté et le développement économique, puisqu’il s’agit des deux principaux objectifs ciblés par les gouvernements de ces pays.

 

Les accomplissements de la Chine dans ces deux domaines sont applaudis et très peu contestés à l’échelle internationale. Toutefois, la route est encore longue et sinueuse avant que le monde parvienne à comprendre pleinement la gouvernance politique de la Chine.

 

D’après certains, la réforme chinoise ne se borne qu’à la dimension économique, alors qu’elle marque le pas dans la dimension politique.

 

À en croire d’autres, la réforme économique chinoise va trop vite, tandis que son régime politique, inadapté, finira par s’effondrer.

 

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, avec l’éclatement de l’URSS et la fin de la Guerre froide, des grands débats et pronostics sur « l’effondrement de la Chine » ont émergé dans le monde occidental, en écho à la thèse de « la fin de l’histoire » prêchée par le chercheur américain d’origine japonaise Francis Fukuyama. Comme la suite l’a démontré, la Chine ne s’est pas effondrée, bien au contraire ! Elle s’est engagée d’un pas plus assuré sur la voie du développement et de la stabilité. Néanmoins, les préjugés et les idées négatives sur la gouvernance politique chinoise, qui ont pris racine dans la méconnaissance de la Chine ou la mentalité digne de la Guerre froide, persistent dans l’opinion publique internationale, à dominante occidentale.

 

Ce « nuage » formé d’a priori a commencé à se dissiper au début du XXIe siècle, époque caractérisée par un monde plus globalisé et secouée par des bouleversements nouveaux, en particulier dans la dernière décennie. Alors que le monde a subi la crise financière survenue en 2008 et le Printemps arabe amorcé fin 2010, soit deux épreuves d’une portée planétaire menaçant le développement économique et sociopolitique, la Chine socialiste sous la direction du PCC n’a connu ni krach financier en réplique au séisme frappant l’épicentre capitaliste, ni crise sociopolitique tels les troubles connus dans le monde arabe, en dépit des prédictions de certains observateurs occidentaux. A contrario, grâce à son système politique présentant certains avantages, elle s’est avérée plus résiliente aux pressions et aux chocs que les États-Unis et l’Europe, avec leurs systèmes capitalistes.

 

Ainsi, ces dernières années, la gouvernance politique chinoise est devenue un sujet d’attention pour une foule d’analyses, au même titre que le partage de l’expérience chinoise en matière de développement. En septembre 2014, le livre Xi Jinping : la gouvernance de la Chine a été publié pour la première fois. En seulement deux ans et demi, cet ouvrage traduit en de nombreuses langues (anglais, français, russe, arabe, espagnol, portugais, allemand, japonais, etc.) a été imprimé à plus de six millions d’exemplaires dans une centaine de pays et régions du monde. De plus en plus de gouvernements et partis politiques étrangers, fascinés par les prouesses attribuées à la « voie chinoise », se sont mis à puiser des idées dans la sagesse des dirigeants et du parti au pouvoir chinois. De nombreux pays en développement notamment espèrent trouver, par le biais de l’expérience chinoise, leur propre voie de développement sur l’actuel échiquier international, caractérisé par un multilatéralisme croissant et l’essor du monde non occidental. Ainsi, l’expérience chinoise voit son attractivité dépasser le cadre du développement économique pour atteindre la sphère de la gouvernance politique.

 

En particulier depuis le XVIIIe Congrès du PCC, les réalisations de la Chine, par exemple dans l’édification du Parti et la lutte contre la corruption, sont au vu et au su de la communauté internationale. Ainsi, tout naturellement, l’intérêt qu’éprouvent les pays en développement pour le « modèle chinois » ne se cantonne plus au développement économique, mais commence à s’étendre au développement politique, qui se traduit par l’édification du Parti et la gouvernance de l’État. Par ailleurs, certaines mesures telles que les formations proposées aux partis politiques étrangers, les dialogues entre les partis et l’établissement de mécanismes d’échanges ont également pris une place importante dans les relations qu’entretiennent les pays en développement avec la Chine.

 

Réforme progressive

 

L’un des principes au cœur de l’expérience chinoise consiste à procéder à la réforme de manière progressive, en pondérant les rapports entre réforme, développement et stabilité, en vertu d’un concept de développement qui évolue avec son temps. Dans un pays en développement en pleine transition, les grandes réformes ont inévitablement des répercussions sur la structure sociale d’origine et sa stabilité. Or, la réforme se doit de considérer la stabilité comme la prémisse et le développement comme la finalité. La voie chinoise de réforme et d’ouverture adhère donc au principe suivant lequel « la stabilité est prioritaire ». Comme le soulignait Deng Xiaoping, « la stabilité passe avant tout ». Il faut apaiser l’agitation sociale et conforter la stabilité avant de rechercher le développement, puis entretenir cette stabilité grâce aux fruits de la réforme et du développement, afin de parvenir à un équilibre coordonné entre stabilité, développement et réforme.

 

Au cours de la réforme et du développement économiques, le gouvernement chinois a appliqué une « approche par tâtonnements » pour garantir une transition en douceur, considérant qu’une réforme radicale serait susceptible de provoquer des turbulences dans l’économie nationale et ainsi d’accroître le risque et la probabilité d’échec de la réforme. En d’autres termes, il s’attaque aux questions les plus faciles d’abord et les plus difficiles ensuite, étape par étape. En outre, il commence toujours par mettre en œuvre des projets pilotes, puis, en fonction des résultats obtenus, décide ou non de les généraliser et de les promouvoir. Que ce soit l’instauration du système d’exploitation forfaitaire à base familiale en milieu rural ou la promotion des entreprises rurales, que ce soit la réforme des entreprises publiques ou la réforme du secteur financier, sans oublier les réformes opérées dans l’emploi, la sécurité sociale, la répartition des revenus et le registre d’état civil, lesquelles visent à soutenir le passage d’une économie planifiée à une économie de marché… Dans toutes ces réformes, l’objectif a toujours été d’atténuer le choc ressenti par les groupes les plus vulnérables, ainsi que de limiter ou de répartir les coûts et les risques associés.

 

Dans le domaine politique, c’est également dans le respect de cette prémisse, la stabilité, que les réformes s’opèrent. Celles-ci consistent à élargir graduellement la participation politique, tout en promouvant activement les recherches et essais relatifs aux élections démocratiques (organisées dans un premier temps aux échelons de base) et à la démocratie au sein du Parti, dans le but ultime de réaliser l’égalité politique.

 

C’est grâce à cette progression graduelle et ordonnée que la réforme chinoise a pu s’approfondir cycle après cycle. Et dans le même temps, cette réforme méthodique a permis à la Chine d’accomplir, dans l’ensemble, une transition socioéconomique particulièrement vaste et profonde, en un laps de temps très court et dans des circonstances relativement harmonieuses et stables.

 

Depuis le lancement de la réforme et de l’ouverture il y a plus de trente ans, au-delà d’équilibrer les relations réforme-développement-stabilité, le gouvernement chinois, avec les différentes générations de dirigeants, s’attache à guider en tout temps le développement, l’envisageant selon une conception évolutive, pour que celui-ci réponde en permanence aux exigences de l’époque. Considérant que « les problèmes découlant du développement doivent être résolus par le développement » et que « le développement constitue la source et la solution des problèmes », il saisit le « développement » comme une clé multifonction pour engager les diverses réformes.

 

Tout comme les défis et les tâches auxquels fait face la Chine évoluent en fonction des stades de développement traversés, le concept de développement chinois a été renouvelé à plusieurs reprises ces trente dernières années. Dans les années 1970 et 1980, au sortir de la Révolution culturelle, le plus grand défi à relever pour la Chine consistait à sortir de son état de faiblesse et de pauvreté, et à réaliser les « quatre modernisations » de l’industrie, de l’agriculture, de la défense nationale, ainsi que des sciences et des technologies. Ainsi, l’architecte en chef et pionnier de la réforme et de l’ouverture, Deng Xiaoping, a avancé les fameux préceptes « Le développement est la pierre de touche » ou « Peu importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape les souris ». Guidée par ce concept de développement, l’économie chinoise a suivi une progression fulgurante, avec un taux de croissance à deux chiffres.

 

Cependant, ce développement exponentiel a produit des effets secondaires, notamment un développement extensif, la pollution de l’environnement et l’accroissement des disparités de revenus. Afin de résoudre les problèmes découlant du développement, la troisième session plénière du XVIe Comité central du PCC, tenue en octobre 2003, a présenté le nouveau concept de développement scientifique.

 

Les grands principes de ce concept sont les suivants : insister sur une planification générale sans pour autant négliger chaque domaine particulier ; placer l’homme au centre de toutes les préoccupations ; établir un concept de développement global, coordonné et durable ; et favoriser le développement à la fois socioéconomique et humain. D’après ce nouveau concept de développement scientifique, il serait simpliste d’assimiler la croissance du PIB au développement et au progrès social, et à ce compte-là, il convient de remédier aux déséquilibres observés dans certains domaines et certaines régions, où les progrès sociaux, la valeur attribuée à l’homme et le bien-être à long terme sont négligés au profit des indices économiques, des acquisitions matérielles et des intérêts immédiats.

 

À l’heure où l’environnement économique et commercial international est de plus en plus complexe et hasardeux, le Comité central du PCC, avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant, a lancé en temps opportun le concept de développement innovant, coordonné, vert, ouvert et partagé. M. Xi a indiqué : « Nous devons prendre conscience que l’économie chinoise, en dépit du volume considérable qu’elle représente, n’est pas encore robuste et qu’en dépit de sa croissance très rapide, elle n’affiche pas une qualité optimale. Notre modèle de développement extensif qui misait principalement sur les facteurs de production, en particulier les ressources, pour stimuler la croissance économique et l’expansion du volume économique n’est pas durable. Il est temps d’accélérer notre transformation pour passer d’un développement essentiellement alimenté par les facteurs de production et l’investissement massif à un développement tiré par l’innovation. »

 

En conclusion, c’est en persistant dans l’idée de développement, mise au diapason de son époque, que la Chine est devenue sans conteste l’exemple type d’un État développeur.

 

Gouvernement fort et politiques adéquates

 

Le second principe au cœur de l’expérience chinoise consiste à avoir un gouvernement fort et engagé dans le développement, ainsi que des dirigeants visionnaires et des politiques adéquates. Dans un pays en pleine transition, il est nécessaire d’avoir, à certaines périodes et pour certains domaines, un « gouvernement fort », doté d’une grande autorité politique et d’une vive capacité en matière de gouvernance. L’objectif étant d’unir la population nationale autour d’une volonté commune et d’un sentiment de cohésion, ainsi que de conjuguer les efforts de tout le pays pour faire progresser de manière ordonnée les réformes économiques, sociales et politiques.

 

Dans l’histoire humaine, les faits démontrent depuis longtemps que le développement économique peut être atteint dans des circonstances politiques autres que la démocratie occidentale. Dans les années 1960 et 1970, certains pays et régions en développement (à l’instar des « Quatre dragons asiatiques ») ont connu une croissance économique assez rapide. Pour expliquer cet essor des économies émergentes de l’Asie de l’Est, dont la Chine, de nombreux chercheurs occidentaux ont recouru au concept du soi-disant « État développeur ». Selon leur définition, « un État développeur se caractérise par un modèle de développement économique dirigé par un gouvernement fort et faisant preuve d’une ferme volonté de développement économique, un gouvernement capable de mobiliser et de redistribuer efficacement les diverses ressources dans le but de promouvoir le développement national. »

 

Concernant le régime politique, bien que le système de collaboration multipartite et de consultation politique sous la direction du PCC ait longtemps été interprété par les sociétés occidentales comme « un parti unique au pouvoir de longue date », toutes les analyses faisant preuve d’objectivité reconnaissent qu’« un parti unique au pouvoir de longue date » est plus à même d’assurer une continuité politique. Élaboré pour la première fois en 1949 sous la houlette du PCC, le Plan quinquennal pour le progrès social et le développement économique en est désormais à sa XIIIe édition.

 

En accord avec les plans quinquennaux successifs, la Chine poursuit ses efforts de manière ordonnée dans la construction d’infrastructures, dans l’aménagement de zones économiques spéciales, ainsi que dans la coopération internationale en matière de capacités de production et pour la construction des Nouvelles Routes de la Soie. De plus, le PCC ne cesse de perfectionner ses équipes de cadres dirigeants aux différents échelons par le biais du système de mandat, de la direction collective, de la sélection au mérite et de la mise en concurrence des candidats aux postes. C’est donc en assurant une « bonne gouvernance » plutôt qu’en poursuivant aveuglément la « démocratisation des élections » que le PCC cherche à renforcer sa popularité, qui constitue le socle de la gouvernance de l’État.

 

En outre, bien que les réalisations du développement économique chinois soient connues et reconnues du monde entier, très peu de gens semblent se rendre compte que la Chine a mené sa réforme économique en simultané et en symbiose avec sa réforme sociopolitique. Les résultats obtenus à travers la réforme économique sont donc indissociables des efforts déployés dans le cadre de la réforme sociopolitique. Ces trente dernières années, de nombreuses réformes progressives sur la supervision du pouvoir et la mise en œuvre de contre-pouvoirs sont menées, notamment dans le système de direction, le système de nomination des cadres dirigeants, le système électoral (élections internes au Parti, mais aussi élections aux échelons de base), les systèmes législatif et judiciaire, ainsi que le système de prise de décision.

 

De cette manière, la réforme économique peut progresser en continu et en profondeur, et au cours de la transition socioéconomique majeure, les différentes ethnies et les diverses couches sociales parviennent à vivre en harmonie et à concilier leurs intérêts. Bien sûr, la Chine est encore confrontée à de nombreux défis dans son processus de développement, comme le fossé entre riches et pauvres ou les inégalités entre les différentes régions. Mais du point de vue diachronique, le peuple chinois jouit de droits économiques, sociaux et politiques toujours plus nombreux, aujourd’hui à un niveau sans précédent dans son histoire. C’est sans doute pourquoi le « Consensus de Beijing » axé sur le développement est en mesure de concurrencer le « Consensus de Washington » axé sur la libéralisation économique. D’ailleurs, ce « Consensus de Beijing » est aujourd’hui prisé par un nombre croissant de pays en développement.

 

*HE WENPING est chercheuse senior à l’Institut Chahar et chercheuse à l’Institut de recherche sur l’Asie de l’Ouest et l’Afrique qui relève de l’Académie des sciences sociales de Chine.

Propos d’expert

 

Lire aussi :


• HE Wenping, China-Africa Knowledge Project Research Hub – Jeune Afrique – World Economic Forum.
• Dossier documentaire Economie Chine, Monde en Question.
• Index Économie, Monde en Question.
• Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Etat de peur : comment la campagne de bombardement la plus meurtrière de l’histoire a créé la crise actuelle en Corée (Counterpunch)

 

Photo : bombes incendiaires sur Tokyo, 1946. Library of Congress

Alors que le monde observe avec une inquiétude grandissante les tensions croissantes et la rhétorique belliqueuse entre les États-Unis et la Corée du Nord, l’un des aspects les plus remarquables de la situation est l’absence de toute reconnaissance publique de la raison sous-jacente des craintes nord-coréennes - ou, comme l’a qualifié l’ambassadeur des Nations Unies Nikki Haley,"l’état de paranoïa" - à savoir, l’horrible campagne de bombardement incendiaire menée par les Etats-Unis pendant la guerre de Corée et le nombre sans précédent de victimes.

 

Même si l’on ne connaîtra jamais tous les faits, les preuves disponibles permettent de conclure que les bombardements perpétrés sur les villes et les villages de la Corée du Nord ont fait plus de morts parmi les civils que toute autre campagne de bombardement de l’histoire.

 

L’historien Bruce Cumings décrit la campagne de bombardement comme "probablement l’un des pires épisodes de violence américaine déchaînée contre un autre peuple, mais c’est certainement celui que les Américains connaissent le moins".

 

La campagne, menée de 1950 à 1953, a tué 2 millions de Nord-Coréens, selon le Général Curtis LeMay, chef du Commandement aérien stratégique et organisateur du bombardement de de Tokyo et d’autres villes japonaises. En 1984, LeMay a déclaré au Bureau de l’Histoire de l’Armée de l’Air que le bombardement de la Corée du Nord avait "tué 20 pour cent de la population".

 

D’autres sources citent un nombre légèrement inférieur. Selon un ensemble de données élaboré par des chercheurs du Centre for the Study of Civil War (CSCW) et de l’International Peace Research Institute, Oslo (PRIO), la "meilleure estimation" des décès de civils en Corée du Nord est de 995 000, avec une estimation basse de 645 000 et une estimation élevée de 1,5 million.

 

Bien que la moitié des estimations de LeMay, le CSCW/PRIO estime que 995 000 morts dépassent encore le nombre de victimes civiles de toute autre campagne de bombardement, y compris les bombardements alliés de villes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale, qui ont fait entre 400 000 et 600 000 morts, les bombardements incendiaires et nucléaires de villes japonaises, qui ont causé entre 330 000 et 900 000morts ; et les bombardements en Indochine entre 1964 et 1973, qui ont causé entre 121000 et 361000 morts au cours de Operation Rolling Thunder, Operation Linebacker, and Operation Linebacker II (Vietnam) ; Operation Menu and Operation Freedom Deal (Cambodia), and Operation Barrel Roll (Laos).

 

Le lourd bilan des bombardements en Corée du Nord est d’autant plus remarquable que la population du pays est relativement modeste : seulement 9,7 millions d’habitants en 1950. En comparaison, il y avait 65 millions de personnes en Allemagne et 72 millions au Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

Les attaques lancées par l’armée de l’air américaine contre la Corée du Nord utilisaient les tactiques de bombardement qui avaient été mises au point pendant la Seconde Guerre mondiale pour bombarder l’Europe et le Japon : des explosifs pour détruire des bâtiments, du napalm et d’autres armes incendiaires pour allumer des incendies massifs, et des tirs nourris pour empêcher les équipes de lutte contre l’incendie d’éteindre les flammes.

 

Le recours à de telles tactiques n’allait pas de soi. Selon les politiques américaines en vigueur au début de la guerre de Corée, les bombardements incendiaires dirigés contre les populations civiles étaient interdits. Un an plus tôt, en 1949, plusieurs amiraux de la marine américaine avaient condamné ces tactiques lors de témoignages devant le Congrès. Au cours de cette "révolte des amiraux", la Marine avait contesté ses collègues de la Force aérienne, soutenant que les attaques menées contre les populations civiles étaient contre-productives du point de vue militaire et violaient les normes morales internationales.

 

Arrivant à un moment où les tribunaux de Nuremberg avaient sensibilisé le public aux crimes de guerre, les critiques des amiraux de la marine reçurent un écho auprès de l’opinion publique. Par conséquent, il était interdit d’attaquer les populations civiles dans le cadre de la politique américaine au début de la guerre de Corée. Lorsque le général George E. Stratemeyer de la Force aérienne a demandé la permission d’utiliser les mêmes méthodes de bombardement sur cinq villes nord-coréennes que celles qui avaient "mis le Japon à genoux", le général Douglas MacArthur a rejeté la demande en invoquant la "politique générale".

 

Cinq mois après le début de la guerre, alors que les forces chinoises étaient intervenues aux côtés de la Corée du Nord et les forces de l’ONU battaient en retraite, le général MacArthur changea de position et accepté la demande du général Stratemeyer, le 3 novembre 1950, d’incendier la ville nord-coréenne de Kanggye et plusieurs autres villes : « Brûlez-la si vous voulez. Mieux encore, Strat, brûlez et détruisez en guise de leçon tout ville ou village qui aurait à vos yeux un intérêt militaire pour l’ennemi. » Le même soir, le chef d’état-major de MacArthur a déclaré à Stratemeyer que le bombardement incendiaire de Sinuiju avait également été approuvé. Dans son journal, Stratemeyer résume ainsi les instructions : « Chaque bâtiment, chaque site et chaque village en Corée du Nord devient une cible militaire et tactique » Stratemeyer a donné l’ordre à la Cinquième Force aérienne et au Commandement des bombardiers de « détruire tous les moyens de communication et toutes les installations, usines, villes et villages ».

 

Bien que l’Armée de l’air ait été directe dans ses propres communications internes au sujet de la nature de la campagne de bombardement - y compris avec des cartes montrant le pourcentage exact de chaque ville qui avait été incinérée -, les communications à la presse ont décrit la campagne de bombardement comme une campagne axée uniquement sur « les concentrations de troupes ennemies, les dépôts, les bâtiments militaires et les lignes de communication. »

 

Les ordres donnés à la Cinquième armée de l’air étaient plus clairs : « Les avions sous le contrôle de la Cinquième armée de l’air détruiront toutes les autres cibles, y compris tous les bâtiments pouvant servir d’abris ».

 

En moins de trois semaines après l’assaut initial contre Kanggye, dix villes avaient été incendiées, dont Ch’osan (85 %), Hoeryong (90 %), Huich’on (75 %), Kanggye (75 %), Kointong (90 %), Manp’ochin (95 %), Namsi (90 %), Sakchu (75 %), Sinuichu (60 %) et Uichu (20 %).

 

Le 17 novembre 1950, le général MacArthur dit à l’ambassadeur US en Corée John J. Muccio, « Malheureusement, cette région sera transformée en désert ». Par "cette région", MacArthur voulait dire toute la zone comprise entre « nos positions actuelles et la frontière ».

 

Pendant que la Force aérienne continuait de brûler des villes, elle suivait attentivement les niveaux de destruction qui en résultaient :

* Anju – 15%
* Chinnampo (Namp’o)- 80%
* Chongju (Chŏngju) – 60%
* Haeju – 75%
* Hamhung (Hamhŭng) – 80%
* Hungnam (Hŭngnam) – 85%
* Hwangju (Hwangju County) – 97%
* Kanggye – 60% (reduced from previous estimate of 75%)
* Kunu-ri (Kunu-dong)- 100%
* Kyomipo (Songnim) – 80%
* Musan – 5%
* Najin (Rashin) – 5%
* Pyongyang – 75%
* Sariwon (Sariwŏn) – 95%
* Sinanju – 100%
* Sinuiju – 50%
* Songjin (Kimchaek) – 50%
* Sunan (Sunan-guyok) – 90%
* Unggi (Sonbong County) – 5%
* Wonsan (Wŏnsan)- 80%

 

En mai 1951, une équipe internationale d’enquête déclarait : « Les membres, tout au long de leur voyage, n’ont pas vu une seule ville qui n’avait pas été détruite, et il y avait très peu de villages intacts ».

 

Le 25 juin 1951, le général O’Donnell, commandant du Far Eastern Air Force Bomber Command, a témoigné en réponse à une question du sénateur Stennis (« ... La Corée du Nord a été pratiquement détruite, n’est-ce pas ? »)

 

« Oh, oui... je dirais que tout, ou presque, du nord de la péninsule coréenne, est dans un état terrible. Tout est détruit. Il n’y a plus rien debout digne de ce nom... Juste avant l’arrivée des Chinois, nos avions étaient cloués au sol. Il n’ y avait plus rien à bombarder en Corée. »

 

En août 1951, le correspondant de guerre Tibor Meray déclarait qu’il avait été témoin « d’une dévastation totale entre le fleuve Yalu et la capitale » et « qu’il n’y avait plus de villes en Corée du Nord », ajoutant que « j’avais l’impression de voyager sur la Lune parce qu’il n’ y avait que des dévastations... Chaque ville n’était plus qu’un alignement de cheminées. »

 

Plusieurs facteurs se sont combinés pour intensifier la mortalité des attaques aux bombes incendiaires. Comme on l’avait appris au cours de la Seconde Guerre mondiale, les attaques incendiaires pouvaient dévaster les villes à une vitesse incroyable : l’attaque à la bombe incendiaire de la Royal Air Force à Würzburg, en Allemagne, dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, n’avait pris que 20 minutes pour envelopper la ville dans une tempête de feu avec des températures estimées à 1500-2000°C.

 

La sévérité de l’hiver nord-coréen a également contribué au bilan macabre des attaques. A Pyongyang, la température moyenne en janvier est de -13. Les bombardements les plus importants ont eu lieu en novembre 1950, ceux qui ont échappé à la mort par le feu ont donc été exposés au de mort par le froid dans les jours et les mois qui ont suivi. Les survivants ont créé des abris de fortune dans des canyons, des grottes ou des caves abandonnées. En mai 1951, une délégation de la Fédération démocratique internationale des femmes (WIDF) s’est rendue dans la ville bombardée de Sinuiju :

 

« L’écrasante majorité des habitants vivent dans des tranchées creusées à même la terre et renforcées par du bois de récupération. Certains de ces abris ont des toits en tuiles et en bois, récupérés dans des bâtiments détruits. D’autres vivent dans des caves qui restées intactes après le bombardement et d’autres encore dans des tentes chaumées avec des charpentes récupérées des bâtiments détruits et dans des huttes faites de briques et de décombres posés sans mortier. »

 

A Pyongyang, la délégation a décrit une famille de cinq membres, dont un enfant de trois ans et un nourrisson de huit mois, qui vivaient dans un espace souterrain de deux mètres carrés, auquel on ne pouvait accéder qu’en rampant dans un tunnel de trois mètres.

 

Un troisième facteur était l’utilisation intensive du napalm. Mis au point à l’Université Harvard en 1942, la substance collante et inflammable a été utilisée pour la première fois pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est devenu une arme clé pendant la guerre de Corée, où 32 557 tonnes ont été utilisées, selon une logique que l’historien Bruce Cumings caractérisait ainsi : « Ce sont des sauvages, ce qui nous donne le droit de répandre du napalm sur des innocents ». Longtemps après la guerre, Cumings a décrit une rencontre avec un survivant âgé :

 

« Dans un coin de rue se tenait un homme (je pense que c’était un homme ou une femme avec de larges épaules) qui avait une curieuse croûte violette sur chaque partie visible de sa peau - épaisse sur ses mains, mince sur ses bras, couvrant entièrement sa tête et son visage. Il était chauve, il n’avait pas d’oreilles ni de lèvres, et ses yeux, sans paupières, étaient d’un blanc grisâtre, sans pupilles... Cette croûte violacée est le résultat d’un contact avec le napalm, puis le corps de la victime, non traitée, a été laissé pour guérir d’une façon ou d’une autre. »

 

Pendant les pourparlers d’armistice à la fin des combats, les commandants américains n’avaient plus de villes à prendre pour cible. Afin de mettre la pression sur les négociations, ils ont dirigé les bombardiers vers les grands barrages coréens. Comme l’a rapporté le New York Times, l’inondation causée par la destruction d’un barrage « a nettoyé » 40 km de la vallée et détruit des milliers d’hectares de riz récemment semé. 

 

Dans le sillage des bombardements incendiaires contre l’Allemagne et le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, un groupe de recherche du Pentagone composé de 1 000 membres a procédé à une évaluation exhaustive connue sous le nom de "United States Strategic Bombing Survey". L’USSBS a publié 208 volumes pour l’Europe et 108 volumes pour le Japon et le Pacifique, comprenant un dénombrement des victimes, des entretiens avec les survivants et des enquêtes économiques. Ces rapports rédigés industrie par industrie étaient si détaillés que General Motors a utilisé les résultats pour poursuivre avec succès le gouvernement américain pour des dommages de 32 millions de dollars causés à ses usines allemandes.

 

Après la guerre de Corée, aucun bilan des bombardements n’a été effectué, à part les cartes internes de l’armée de l’air montrant la destruction ville par ville. Ces cartes sont restées secrètes pendant vingt ans. Au moment où les cartes ont été discrètement déclassifiées en 1973, l’intérêt des États-Unis pour la guerre de Corée s’était depuis longtemps estompé. Ce n’est qu’au cours des dernières années que le tableau complet a commencé à se dessiner dans les études d’historiens tels que Taewoo Kim de l’Institut coréen d’analyse de la défense, Conrad Crane de l’Académie militaire américaine et Su-kyoung Hwang de l’Université de Pennsylvanie.

 

En Corée du Nord, le souvenir se perpétue. Selon l’historien Bruce Cumings, « C’est la première chose que mon guide a évoqué avec moi. » Cumings écrit : « La campagne sans entrave des bombardements incendiaires sur le Nord a duré trois ans, donnant lieu à un désert et à un peuple taupe survivant qui avait appris à aimer l’abri des grottes, des montagnes, des tunnels et des redoutes, un monde souterrain qui est devenu la base de la reconstruction d’un pays et un souvenir pour construire une haine féroce dans les rangs de la population ».

 

Aujourd’hui encore, cette campagne de bombardements incendiaires perpétré contre les villes et les villages de la Corée du Nord demeure pratiquement inconnu du grand public et n’est pas reconnu dans les discussions médiatiques sur la crise, en dépit de son importance évidente dans la poursuite par la Corée du Nord de son programme de dissuasion nucléaire. Sans connaître et confronter ces faits, on ne peut pas comprendre la peur qui est au cœur des attitudes et des actions de la Corée du Nord.

 

Ted Nace

Traduction "aaaahhh, il me semblait bien qu’on ne nous disait pas tout" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

»» https://www.counterpunch.org/2017/12/08/state-of-fear-how-historys-dea...

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  5. Du show en politique à la politique du show ?
  6. Wikipedia, de la route de jade à la route de la soie
  7. Les plaies ouvertes du MONDE ARABO -MUSULMAN [par Francis Arzalier]
  8. Allégeance de Washington à l’Etat-colon
  9. Jérusalem : la réponse palestinienne à la décision illégale de Trump
  10. Le parti communiste palestinien (PCP) condamne la décision du gouvernement Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël
  11. Le parti communiste de Grèce (KKE) condamne la décision du gouvernement Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël
  12. Cécile De Sèze, Trump, foncer sans écouter...
  13. Les portes du pénitencier
  14. Donald Trump allume le feu
  15. Reportage photos : Comment le Kirghizistan est devenu soviétique
  16. Exclusion de la Russie des JO d'hiver 2018: l'heure des leçons
  17. The newyorker : L’histoire surprenante du Ku Klux Klan, hier et aujourd’hui
  18. Les Confessions dévastatrices de Flynn : Trump a conspiré avec Israël et a essayé de remplir ses promesses de campagne
  19. Au Honduras, le coup d’Etat permanent
  20. Le parti communiste d’Espagne dénonce la fraude électorale des élections présidentielles au Honduras, le couvre-feu décrété par le gouvernement et la répression qui a déjà fait au moins cinq morts

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