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Actualités syndicales

Les terroristes réorientés vers la Russie et l'Asie centrale: une coïncidence?

mardi 24 avril 2018

Les terroristes réorientés vers la Russie et l'Asie centrale : une coïncidence ?

 
Il semblerait que le combat de l'Etat islamique ne se déplace, suite aux échecs cuisants qu'il a subi en Irak et en Syrie. Selon le pouvoir russe, des nouvelles structures terroristes se mettent en place dans le sud de la Russie et en Asie centrale. 
 
Et le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, et le Président Vladimir Poutine ont chacun déclaré la réorientation de l'Etat islamique après les campagnes irakienne et syrienne.
 
Selon les paroles de Choïgou prononcées à Pékin lors de la réunion des pays de l'Organisation de coopération de Shanghai, Daesh met en place des groupuscules en Asie du Sud-Est et en Asie centrale. Toutefois, les technologies employées laissent supposer qu'elles possèdent de sérieux soutiens dans les pays développés. L'utilisation dans ses opérations d'attaque en Syrie par exemple de drones possédant une technologie de pointe l'illustre aisément.
 
Pour sa part le Président Poutine, lors de la réunion des Chefs d'Etats de l'OCS à Astana, a insisté sur les risques existant de l'utilisation de structures terroristes découlant de Daesh pour déstabiliser le sud de la Russie et l'Asie centrale. Ces informations ont été obtenues lors de l'enquête de l'attentat du métro de Saint-Pétersbourg du 3 avril, où une dizaine de personnes ont péri.
 
Si l'on se rappelle l'Afghanistan avec l'instrumentalisation des groupes terroristes contre l'Union soviétique, si l'on s'interroge sur la facilité avec laquelle aujourd'hui les "opposants" soutenus, formés et armés par l'Occident en Syrie collaborent et fusionnent avec les structures terroristes "dures", l'on voit se dessiner une nouvelle forme de combat. Ou plutôt le retour à la guerre sale.
 
Dans le conflit qui oppose l'Occident à la Russie, ce premier a une peur extrême de l'affrontement direct. En revanche, utiliser des intermédiaires pour faire le sale travail est une technique déjà éprouvée. Va-t-on retomber aussi bas?
 

Les chiffres des manifs : qui est l’organisme « indépendant » ?

Les chiffres des manifs : qui est l’organisme « indépendant » ?

 

20 Avril 2018

Résultat de recherche d'images pour "manifestation du 19 avril Marseille"

La manifestation de Marseille était magnifique, que l’organisme « indépendant » l’ait réduite à 6700 personnes prouve qui est l’indépendant …

 

De José Fort

http://fdgpierrebe.over-blog.com/2018/04/de-jose-fort-chiffrage-manifs-la-verite-sur-occurrence.html


Chiffrage manifs : la vérité sur « Occurrence »

 

« Occurrence » travaille pour AG2R La Mondiale, Airbus, Alstom, Areva, AXA, BNP Paribas, Carrefour, CCI Paris-Ile-de-France, la Commission Européenne, Danone, GDF Suez, Gefco, Harmonie mutuelle, Macif, Mazars, Sanef, SFR, Vinci Concessions, … N’en jetez plus. Qui te donne les sous, je dirai qui tu es.

 

Le patron de cette entreprise, M. Assaël Adary a reconnu après la dernière manifestation parisienne que seuls les manifestants « passant la ligne d’arrivée » sont comptabilisés. Exit les gens sur les trottoirs, exit les gens e qui pour diverses raisons quittent les cortèges avant la fin.

 

Croyez-vous qu’on puisse faire confiance à une structure qui facture de grosses sommes aux entreprises et institutions citées plus haut connues pour leur détestation des grèves, des grévistes et des syndicats ?

 

A moins d’être crédule, croyez-vous qu’on peut faire confiance à un chiffrage frauduleux, à une entreprise pas très nette et à des journalistes peu regardants ?

 

Il plane sur cette opération comme un mauvais parfum de connivence entre médias et patronat

Grève SNCF : Laurent Brun, l’artisan de la grève perlée qui tient tête au gouvernement

Grève SNCF : Laurent Brun, l’artisan de la grève perlée qui tient tête au gouvernement

 

18 Avril 2018
PORTRAIT – Laurent Brun est prêt à faire de la grève des cheminots un « marathon ». À l’origine du système de grève perlée, le secrétaire général de la CGT Cheminots s’est engagé dans une longue bataille face au gouvernement.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT et Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT et Laurent Brun, secrétaire général de la CGT CheminotsCrédit : Francois Mori/AP/SIPA
MariePierreHaddad75 
Marie-Pierre Haddad Journaliste RTL
PUBLIÉ LE 17/04/2018 À 15:53
 

La grève perlée se poursuit d’un côté, la réforme de la SNCF continue sur sa lancée de l’autre. L’Assemblée nationale doit adopter, ce mardi 17 avril, en première lecture, le projet de loi de réforme ferroviaire. Les syndicats, eux, ne comptent pas reculer d’un millimètre et envisagent même de prolonger la grève au-delà du mois de juin. Dans un communiqué, la CGT Cheminots estime que « le gouvernement franchit en force la première étape de son processus parlementaire ».

 

À la tête de cette succursale de la centrale, Laurent Brun. En quelques semaines, il a pris la tête de la contestation face à Emmanuel Macron et au gouvernement d’Édouard Philippe. Sur LCI, il met en avant une « revendication », celle de la « reprise de la dette en totalité ». Dans le cas contraire, « l’État ne fera que maintenir la tête (de la SNCF, ndlr) hors de l’eau ».

 

Unef et « bébé CGT »

 

Son nom n’est pas encore connu de tous, mais son visage est bel et bien associé à la grogne des cheminots et au système de grève perlée. Décrit comme étant « un pur produit du syndicalisme » par Le Journal du Dimanche, ce lyonnais de 38 ans est « l’un des rares à pouvoir toiser Édouard Philippe les yeux dans les yeux », ajoute le journal. Et pour cause, il mesure 1,90 mètre.

Laurent Brun est cheminot, comme son père et son grand-père. Lorsqu’il est à l’université, il raconte avoir passé plus de temps au local de l’Unef, le syndicat étudiant que dans une salle de cours. « C’est à ce moment qu’il milite à la jeunesse communiste où il s’y formera politiquement », raconte RFI. Étudiant en biologie, puis « agent de mouvement » sur le site du fret de Lyon-Perrache-marchandises, il est embauché à Carrefour en 2000.

 

« Il marche sur les traces de son père, un militant pur souche, connu sur le site d’Oullins. ‘C’est un bébé CGT qui a très peu travaillé, tacle un ancien compagnon de route, un stalinien qui a une vision très communiste du service public d’État. Sauf que les cheminots ne sont pas des fonctionnaires…' », indique Le Journal du Dimanche.

 

La lutte et le collectif

 

Son mentor ? Didier Le Reste, le successeur de Bernard Thibault  la tête de la CGT, en 2000. La différence entre les deux hommes ? « Il est aussi ferme que son prédécesseur, mais moins cassant. Veste sombre, cravate rouge, bouc soigné qui lui donne un petit côté rocker, il épouse le look de Le Reste, qui conserve une forte influence sur le syndicat numéro un de la SNCF », peut-on lire dans les colonnes du journal. Dans La Lettre du Cheminot, un proche explique qu’il a « la pratique concrète du contact avec les militants, l’expérience du terrain ».

 

Son arrivée à la tête de la CGT Cheminots date de janvier 2017. Laurent Brun a un seul mot d’ordre : la lutte. Dans un entretien à L’Humanité datant du 3 avril dernier, il explique : « Nous devons nous battre ensemble, cheminots et usagers ». Quelques semaines auparavant, il défendait une « méthode de lutte collective ».

 

« Il semble aussi qu’on l’ait jugé un peu trop modéré par rapport à la ligne confédérale offensive imposée par Philippe Martinez », note Les Échos. À la sortie d’une séance de concertation sur la réforme de la SNCF avec le gouvernement, le secrétaire général de la CGT Cheminots franchit un pas supplémentaire : « Nous allons tenir un marathon si le gouvernement nous l’impose ».

 

Mobiliser pour durer

 

Laurent Brun a une mission : ne pas être « celui qui enterrera le statut ». D’après lui, il « faudrait avoir des peaux de saucissons devant les yeux pour ne pas le reconnaître ». L’organisation de la grève, sous cette forme dite perlée, c’est son idée. L’idée était de trouver une façon de contrer le gouvernement sur le long terme : « Face à un gouvernement autoritaire, il faudra tenir un conflit intensif sur une très long durée », déclare le syndicaliste comme le rapporte Ville rail et Transports.

 

« Ce type de mobilisation fait l’objet de discussions entre les syndicats, et notamment SUD rail qui se positionne pour une grève reconductible pure et dure. Mais ce qui est sûr, c’est que les cheminots sont très mobilisés et qu’il faut à tout prix éviter ce qui peut être de nature à affaiblir cette mobilisation, comme une rupture de l’unité syndicale », défend-t-il dans L’Humanité.

 

Pas de doute pour le cégétiste, « cette réforme repose sur l’ouverture à la concurrence, la casse sociale avec la disparition du statut et la transformation de l’entreprise publique en une société par actions doit être retirée ».

 

Les camarades belges saluent : France : le printemps social est sur les rails

Les camarades belges saluent : France : le printemps social est sur les rails

 
13 Avril 2018
Cet air de liberté qui donne aux peuples le vertige…
 
Photo Cyrille Graslin/CGT
Photo Cyrille Graslin/CGT
13 Avril 2018
Jonathan Lefèvre
 

Cheminots, éboueurs, pilotes d’Air France, électriciens, étudiants… Chaque semaine, un nouveau secteur semble se joindre à un mouvement social grandissant… Il se passe quelque chose chez nos voisins, qui concerne tous les travailleurs européens.

 

Certains médias français font des journées entières de direct pour donner la parole aux navetteurs en colère. Qui ne le sont pas tant que ça finalement. Chaque jour depuis des semaines, les quotidiens affichent en Une des travailleurs en lutte. Ou alors un membre du gouvernement en difficulté, quand ce n’est pas le président lui-même. Que se passe-t-il donc en France, et quelle est l’importance de ce mouvement dont on ne mesure parfois bien l’ampleur, tant ses contours sont flous ? Tentative de décryptage.

 

« Les transformations profondes ont commencé et se poursuivront avec la même force, le même rythme, la même intensité pour l’année 2018. » Au moment d’adresser ses vœux pour la nouvelle année, le président français Emmanuel Macron (En Marche) annonçait son intention de poursuivre avec la même méthode : aller vite, « réformer », passer en force. Un président en marche qui est passé au pas de course, pour tout casser, y compris et surtout les acquis sociaux…

 

La SNCF, tout un symbole

 

« La réforme de la SNCF est hautement symbolique pour le président, onze mois après son élection. Emmanuel Macron, qui ambitionne de relancer l’Europe, veut montrer que l’Hexagone entreprend les réformes de structures exigées par l’UE. La rigueur budgétaire doit être gage de bonne volonté pour obtenir le soutien de l’Allemagne à une refondation qu’il a appelée de ses vœux lors du discours de la Sorbonne en septembre dernier », pouvait-on lire dans « Le Soir » il y a quelques jours.1

 

A la Sorbonne, le président français a annoncé vouloir renforcer la gouvernance européenne et envisage même d’instaurer un gouvernement de la zone euro. Cela voudra sans doute dire plus d’austérité, plus de libéralisations et plus de privatisations. Mais Angela Merkel ne voudra pas transférer plus de pouvoir à la Commission européenne si la France ne va pas d’abord dans le sens du modèle allemand. Sur ce point, Macron et Merkel concordent : l’Europe libérale passe aussi par la destruction des services publics en France.

 

L’ex (?) banquier de Rotschild n’a eu de cesse d’aller plus loin dans la casse du Code du travail (Loi Travail déjà menée lorsqu’il n’était « que » ministre, puis Loi Travail XXL une fois à l’Elysée), mépris des organisations syndicales, de la démocratie (recours aux ordonnances, c’est à dire au passage en force sans discussions à l’Assemblée nationale, même quand il a une opinion publique majoritairement contre lui, envoi de CRS pour casser les occupations d’universités, pour s’en prendre très violemment aux occupants de Notre-dame-des-Landes (voir plus loin)), etc.

Et ce sont les cheminots et les usagers du rail qui en font maintenant les frais. Il veut faire de la SNCF un exemple.

 

Les cheminots, bastion ouvrier européen

 

Pourquoi la SNCF ? Les cheminots ont un taux de syndicalisation beaucoup plus élevé que dans les autres secteurs. Si le rail compte entre 20 et 25 % de travailleurs syndiqués, la moyenne nationale est de 7 à 8 %. Historiquement, la sympathie pour les cheminots est grande. Leur combativité lors du mouvement de 1936 qui allait déboucher sur les congés payés, la participation à la résistance, à Mai 68, etc. fait que le rail est un secteur cher au cœur de nombreux Français. Malgré un matraquage médiatique de la part des éditorialistes professionnels de l’establishment (« les cheminots sont privilégiés », « ils prennent le pays en otage », « refuser les réformes c’est du conservatisme », etc.), la moitié de la population soutient le mouvement. Ce qui est remarquable dans une grève d’une telle ampleur (grève « intermittente », deux jours de grève, trois jours de travail, jusque fin juin). Ce soutient se marque aussi financièrement. Une réclote de fonds organisée via Internet a déjà recueilli plus de 700 000 euros en trois semaines… Une nécessité pour les syndicats dont les caisses de grève ne sont pas aussi fournies que les caisses des grandes entreprises que défendent Macron et son gouvernement…

 

(Lire plus sur la réforme de la SNCF ici)

 

Le mouvement des cheminots français est important pour tout le continent. La « bataille du rail » est un enjeu européen. Partout, les chemins de fer qui ne le sont pas encore doivent être privatisés ou du moins se préparer à la concurrence avec le privé. L’exemple le plus marquant est la Grande-Bretagne. Dans les années 1980, la Première ministre conservatrice Margareth Thatcher a frontalement attaqué les syndicats du rail. Le but ? Casser la locomotive de la résistance sociale britannique. Face aux attaques de l’ensemble de l’establishment local, et européen, le rail a été privatisé. Conséquence ? Les Britanniques paient leur billet de train trois à quatre fois plus cher, les problèmes s’accumulent sur le réseau et les accidents sont fréquents.

 

S’attaquer au rail, un risque pour un gouvernement…

 

Là où le rail est aux mains du privé, en partie ou entièrement, les problèmes s’accumulent autant que les minutes de retard des trains. Au Japon, par exemple, les trains sont conduits par… sept sociétés. Résultat ? La maintenance est sous-traitée à des entreprises qui emploient majoritairement des intérimaires non formés. Les accidents graves se multiplient (en 2005 par exemple, 106 passagers meurent dans un accident dans l’ouest du pays). Face à ces drames, une compagnie décide… d’arrêter l’exploitation de certaines lignes. Les usagers ? Ils prennent maintenant le car. Et aucune des sept sociétés n’a assuré le maintien des « petites » lignes en zones rurales, moins « rentables ».

 

Malheureusement pour Macron et compagnie, s’attaquer aux cheminots comporte des risques. Alain Juppé peut en témoigner. En 1995, alors qu’il veut toucher aux retraites des fonctionnaires, le Premier ministre de Jacques Chirac (droite) provoque le plus grand mouvement social depuis Mai 68. Et ne résiste pas à la pression de la rue. Il doit renoncer à son plan devant l’ampleur de la mobilisation (plus de 2 millions de personnes dans les rues en décembre). L’année suivante, la droite perd les élections législatives anticipées et Juppé doit quitter son poste.

 

Et cette fois ? Les premières journées d’action (grève, manifestations) du 22 mars ont rassemblé un peuple de gauche encore marqué par la lutte contre la loi Travail de 2016. Si la loi de la ministre El Khomri est passée, et que la suivante aussi, la mobilisation massive a laissé des traces. Des braises plutôt.

 

Sur celles-ci, un mouvement social capable d’obtenir des résultats peut-il grandir ? Il est trop tôt pour le dire. Mais la CGT, syndicat majoritaire dans le secteur, est bien préparée. « Il y a un an et demi, nous avons commencé la résistance », explique le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun.2 « La difficulté à laquelle on s’est heurté, c’est le fatalisme. Partout, les cheminots étaient mécontents, mais ils disaient : “On ne nous aime pas, on ne peut rien faire”. Il a fallu casser l’image d’isolement des cheminots en créant des liens avec les usagers, en provoquant des rencontres. » Pari gagné quand on voit la réaction de la moitié de la population… malgré la réaction patronale.

 

Le MEDEF, organisation patronale française, et ses alliés ont tout tenté pour décrédibiliser le mouvement. « Un peu de concurrence fait progresser les gens, la compétition fait progresser les personnes », selon son président, Pierre Gattaz.3 « Il faut bien voir que les organisations syndicales ont été créées après la guerre pour répondre à une réalité qui aujourd’hui n’existe plus », a osé la présidente du lobby patronal Ethic, Sophie de Menthon. Qui encourage le président de la SNCF à « porter plainte contre ceux qui empêchent les autres de travailler »…

 

Pas seuls sur le pavé

 

Depuis plusieurs semaines, les étudiants sont aussi en lutte. Au départ, une trentaine de facs étaient occupées pour refuser la sélection à l’université. Entretemps, beaucoup d’étudiants ont élargi leurs revendications. Ils ont déjà reçu une réponse du gouvernement : évacuation par les forces de l’ordre, avec violences en prime. Et des milices d’extrême-droite se sont jointes à la fête. (Lire ici)

 

La répression de l’État ne s’arrête pas aux amphithéâtres des universités. Les occupants de Notre-Dame-des-Landes (près de Nantes), qui se sont opposés avec succès à la construction d’un aéroport, reçoivent les félicitations des forces de l’ordre. A l’heure d’écrire ces lignes, des images de blindés au milieu de la campagne française semblent irréelles…

 

Mais revenons au mouvement social mené par les cheminots, rejoints par beaucoup d’autres secteurs.

 

Les travailleurs de la fonction publique dans son ensemble se sont aussi mis en mouvement. En intersyndicale, ils se battent contre les coupes dans les budgets publics, un gel des rémunérations, baisse des effectifs, etc. Les hôpitaux sont particulièrement touchés. En réponse aux attaques gouvernementales, les syndicats organisent une journée de mobilisation le 22 mai.

 

Dans les Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées), le mouvement a commencé dès l’année dernière. Depuis, des grèves et une journée d’action, avec les retraités, ont eu lieu. Les travailleurs du secteur, qui sont majoritairement des travailleuses, pointent depuis longtemps le sous-financement des établissements et plus généralement un désinvestissement à l’aide aux personnes agées de la part du gouvernement. Le personnel était présent le 22 mars aussi.

 

Chez Air France, la méthode lutte des cheminots a donné des idées. Un mouvement de grèves intermittentes est en cours. Le personnel réclame 6 % d’augmentation salariale. La direction daigne en accorder 1 %. Et en deux ans, encore bien. Les syndicats ont déjà déposé un nouveau préavis de grève pour ces jours-ci.

 

Vers un « printemps de lutte » ?

 

Pour les éboueurs, trop c’est trop, aussi. Ils demandent un service public national des déchets et que leur métier soit reconnu comme pénible. La méthode est ici aussi l’arrêt de travail. Les syndicats ont déjà prévenu patronat et gouvernement : on se dirige vers un « printemps de lutte »…

 

Idem chez les travailleurs de l’énergie qui, avec la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME-CGT), ont annoncé « trois mois de lutte pour gagner », d’avril à juin. Comme les éboueurs, les électriciens et les gaziers demandent un service public de l’électricité et du gaz. Laurent Heredia, porte-parole de la FNME-CGT : « Nous serons dans l’action avec les cheminots, les salariés de Carrefour et tous ceux qui défendent leurs droits et leurs emplois. Nous avons une préoccupation commune : la défense du service public et son renforcement au service de tous. » 4

 

« J’ai du mal à voir une convergence » des luttes a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe au Parisien le 8 avril dernier. Réponse du politologue, membre du parti de gauche la France Insoumise (FI), Thomas Guénolé : « Craindre une convergence des luttes ? Pourquoi “craindre” ? On peut au contraire la souhaiter ! Quand des grandes grèves bloquent l’économie, le gouvernement capitule. 1919, 1936, 1953, 1968, 1995… Pas d’exception. » 5 

 

« Votre lutte est un gage d’avenir »

 

Mais la meilleure réponse viendra de la rue. Les 19 avril et 22 mai prochains, prochaines dates où des actions communes cheminots/travailleurs de la fonction publique vont manifester ensemble, rejoints par des étudiants et des travailleurs d’autres secteurs. Encore.

 

Le 22 mars, plus de 200 cheminots belges ont fait le déplacement jusque Paris pour marcher avec leurs collègues français. Des délégations d’ici se préparent déjà à participer aux actions à venir.

 

Et, comme lors de la journée de mobilisation du 22 mars, le PTB et Comac, son mouvement étudiant, seront aussi de la partie.

 

Car, comme le dit si bien le philosophe Henri Pena-Ruiz, « amis cheminots, tenez bon, car votre combat est de portée universelle. Au-delà de vos conditions de travail et de vie, qu’aucun prétexte ne doit permettre de négliger, vous défendez l’intérêt général. A rebours du dénigrement médiatique, nous sommes de plus en plus nombreux à vous soutenir, car votre mouvement est exemplaire. Vous portez l’idéal solidariste du service public. Votre lutte est un gage d’avenir. Celui d’une société qui préserve le sens du bien commun »…6

 

• 1. « Pourquoi la bataille du rail est capitale pour Macron », Le Soir, 4 avril 2018
• 2. « Les cheminots préparent leur résistance “depuis un an et demi” », L’Humanité, 7 avril 2018
• 3. « Le patronat veut faire la peau à la grève », L’Humanité, 11 avril 2018
• 4. « Les autres foyers de contestation », Libération, 4 avril 2018
• 5. « Les informés », France Info, 4 avril 2018
• 6. « C’est l’intérêt général que défendent les cheminots », Libération, 9 avril 2018

Syrie : pourquoi Trump personnellement ne veut pas la guerre

jeudi 12 avril 2018

Syrie : pourquoi Trump personnellement ne veut pas la guerre

Les tweets du président américain D. Trump ont hier soir monopolisé l'attention et des politiciens et des analystes: y aura-t-il ou pas la guerre? Ce n'est quand même pas une question secondaire. Et justement l'importance de la question a empêché une réponse binaire, simpliste. En trois tweets, D. Trump a envoyé deux messages. Un à la Russie et un à l'intérieur. Mettant chacun face à ses contradictions.
 
Lorsque l'on parle de D. Trump, l'on donne souvent l'image d'un impulsif, voire d'un fou, d'un déséquilibré. Il est violent dans ses sorties, donne effectivement l'impression de suivre le vent du moment, l'humeur passagère et de faire ce que le porte-parole du Kremlin appelle de la "diplomatie sur twitter", ce qui effectivement ne fait pas sérieux. Pour autant, tout ne semble pas aussi simple, voire simpliste que cela.
 
Quelques remarques préliminaires sur la communication politique
 
Quant aux capacités de D. Trump: rappelons quand même qu'il est à la tête d'un empire qu'il a assis et développé. Arriver à ce niveau demande de la stratégie, de la vision à long terme et aussi de la violence. Un fou impulsif et stupide n'y serait pas parvenu. Cette approche ressort surtout de la fantasmagorie médiatique. Ce qui ne veut pas dire que Trump soit un ange de sagesse et de calme. Mais entre ces deux extrêmes, il existe une quantité incroyable de possibilité qu'il serait bon d'envisager avec un peu plus de lucidité.
 
La "diplomatie par tweet" est devenu un élément de la communication publique dans un monde post-moderne, où la rapidité de réaction est considérée par beaucoup comme une qualité politique. Ainsi, nombre de chefs d'Etat y vont de leurs tweets (dont beaucoup sont totalement inutiles, voire contre-productifs), les élus diversent et variés montrent "leur implication dans la vie publique", les organes publics expliquent au bon peuple qu'ils agissent, les porte-paroles vont parfois même assez loin dans le privé sur les différentes plateformes, notamment Facebook. 
 
Mais en ce qui concerne Trump, l'on glisse plus dans la "gouvernance du tweet", car étant en guerre contre la bulle globaliste néolibérale (dite néocon aux Etats-Unis), bulle tenue par les médias qu'il qualifie de Fake News, les tweets sont alors devenus une technique de contournement. Au demeurant assez efficace dans ce cas particulier. Ce qui ne signifie pas que cette méthode puisse être efficace dans d'autres contextes. 
 
Trump met les "élites" globalistes face à leurs contradictions: 
 
Dans le cas de la guerre en Syrie, qui comporte une dimension virtuelle incontournable, D. Trump a porté les premiers coups sur ce plan, mettant les deux mondes en parallèle et les "élites" face au problème. Trois tweets en trois heures, à chaque tweet le public a le temps de la réflexion, de la réaction, de l'émotion.
Premier temps: la Russie a promis de réagir, mais nous avons nous aussi des super-armes et l'on va faire la guerre, la vraie. Pas celle confortable des divans, pas celle en col blanc des sanctions. Non, celle des bombes, des soldats, des morts et du sang. Vous l'avez dit: Assad est un monstre, "un animal", on va aller le tuer. Alors, on y va? 
 
Premier mouvement, Trump entre la danse, puisqu'il ne peut pas l'éviter. Et il pousse le mouvement à l'extrême, à l'absurde. C'est un moyen à la fois de faire peur (but atteint) et de discréditer l'option. 
Deuxième temps: la Russie peut être un bon partenaire économique, on peut avoir des intérêts communs et arrêter l'escalade de l'armement.
Deuxième mouvement, après avoir dangereusement fait monter les enchères, Trump propose une alternative qu'il veut "win-win". Finalement nous ne sommes pas obligés de faire la guerre, la vraie, de s'y embourber, si vous le voulez on peut réagir de manière civilisée. Et pas un mot sur Assad.
Troisième temps: le problème fondamental est un problème intérieur, ces "élites" démocrates et globalistes qui constamment accusent de collusion avec la Russie au lieu de donner la possibilité au pays d'être gouverné normalement.
Troisième mouvement: l'ennemi est intérieur, il est ceux qui n'acceptent pas la victoire de Trump, la véritable alternance politique et empêche donc de gouverner normalement. La hargne déployée par les médias et les politiques contre ce président est sans précédent.
 
Un message à la Russie
 
En plus du message intérieur, deux des tweets peuvent être interprétés comme un message à la Russie.
N'oublions pas que le but de Trump est de restaurer et préserver la prééminence américaine. Or, lors du dernier discours devant le Parlement fait par le président russe V. Poutine, la démonstration dans un style post-moderne (vidéos proches d'un jeu vidéo, terminologie, concours pour trouver des noms aux armes, etc) des nouvelles armes, elles, bien réelles a mis en danger cette prééminence américaine.
 
Trump a d'abord attaqué sur le style "nice, new and smart". Le coup a porté, la formulation a été très mal prise en Russie. Trump se moque de la mode, cette mode qu'il ne faut surtout pas manquer. Ne pas être en retard, sur le fond certes, mais surtout sur la forme. C'est un soufflet qui a touché au but.
 
Sur le fond, il faut mettre les deux tweets ensemble: si vous jetez le gant, il faut aller jusqu'au bout. Sinon, vous vous pliez à nos règles politico-économiques, on stoppe le réarmement et on fait du business.
***********************
D'une certaine manière, Trump s'est adressé aux trois forces qui lui posent problème: la Russie difficile à classer qui  ne conteste pas la globalisation que Trump combat et qui constitue un danger pour la domination américaine tout en étant un interlocuteur incontournable; les militaristes qui veulent une guerre à tout prix, oubliant les bourbiers afghan et irakien, et la différence entre se battre contre des groupuscules et une armée étatique; les globalistes des deux bords, qui font le jeu des militaristes en Syrie, alors qu'ils ont peur de la guerre réelle.
 
Par ces trois sorties et en différant sa décision réelle sur le conflit syrien, Trump a mis chacun face à ses contradictions. Il a porté le conflit sur le plan virtuel, permettant aux uns et aux autres d'en saisir toutes les implications, avant qu'il ne devienne réel. Si réellement ce schéma est le résultat d'une volonté politique, c'est une manoeuvre extrêmement intelligente. 
 
Surtout qu'une forme d'équilibre des formes armées a été atteint en Syrie: les USA ne peuvent attaquer massivement le pays sans toucher la Russie et provoquer une escalade du conflit, ce que ne veulent pas les globalistes; la Russie ne peut laisser bombarder sans répondre, en coulant un bâtiment de guerre ou un avion américain, et provoquant aussi l'escalade du conflit. Cette forme d'impasse de la solution militaire peut conduire à une sortie politique sur ce dossier. Sans pour autant régler la question plus générale du rapport entre les USA et la Russie.
 

Grève SNCF : 10 arguments pour apaiser les repas de travail et de famille (ou pas ! )

Grève SNCF : 10 arguments pour apaiser les repas de travail et de famille (ou pas ! )

 

08 Avril 2018

Vue l’ambiance, vous avez besoin de ce guide pour casser les idées reçues sur la grève (Scoop : ça marche aussi dans les internets ou à la télé).

 

5 AVRIL 2018

Temps de lecture : 22 minutes

Solidarité internationaliste : les cheminots britanniques empêchent la direction Eurostar de casser la grève !

Solidarité internationaliste : les cheminots britanniques empêchent la direction Eurostar de casser la grève !

 

08 Avril 2018

Des travailleurs en Grande Bretagne se sont organisés pour stopper une tentative par les patrons de casser la grève des cheminot-e-s de la SNCF.

 

C’est une superbe démonstration de solidarité avec une lutte cruciale, et le type d’unité européenne qu’il nous faut – l’unité internationaliste de classe.

 

En France, les cheminot-e-s ont fait grève mardi dernier, la première d’une série de 36 journées de grève. Immédiatement, la direction d’Eurostar a tenté de transférer des techniciens et ouvriers de maintenance du technicentre de Leyton dans l’est londonien vers le technicentre du Landy en région parisienne.

 

La SNCF est actionnaire majoritaire d’Eurostar, à 55%.

 

Le personnel britannique est formé de deux équipes: « Contingence » et « Urgence hiver » qui peuvent être déployées lorsque l’opérateur fait face à des problèmes inhabituels, par exemple quand un train est endommagé par du givre.

 

Les travailleurs de ces équipes se sont vus offerts une prime exceptionnelle pour aller en France – et leur ordre de mission indiquait clairement qu’ils allaient remplacer des travailleurs grévistes.

 

La RMT, syndicat des cheminots britannique, s’est immédiatement organisée pour informer les travailleurs que c’était une mission de cassage de grève. La CGT de son côté a furieusement protesté auprès du Conseil d’Entreprise Européen et a entamé une procédure légale.

 

En France, il est illégal de déployer des travailleurs pour couvrir des grévistes.

 

Le syndicat RMT a issu un communiqué qui a été distribué au technicentre de Leyton. Les syndicalistes ont également distribué le calendrier de la grève des cheminots afin que les travailleurs britanniques soient au courant des missions qui pourraient constituer un cassage de grève.

 

La RMT, qui avait appelé ses membres à voter pour le Brexit, compte également distribuer des tracts de la CGT à Leyton, et s’est engagée à rejoindre les piquets français avec des drapeaux RMT afin de faire barrage à d’éventuels briseurs de grève.

 

Les syndiqués RMT ont également distribué des badges aux travailleurs du technicentre pour afficher leur solidarité avec les cheminots français en lutte.

 

Article initialement paru Socialist Worker

 

12 décembre 1995 : Discours de Pierre Bourdieu aux cheminots grévistes

12 décembre 1995 : Discours de Pierre Bourdieu aux cheminots grévistes

 

04 Avril 2018

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Le 12 décembre 1995, Pierre Bourdieu s’adressait aux cheminots grévistes, à la gare de Lyon. Il soutenait les grévistes et apportait, à sa façon, des éléments d’éclairage. Il reste aujourd’hui tout aussi éclairant.

 

Je suis ici pour dire notre soutien à tous ceux qui luttent, depuis trois semaines, contre la destruction d’une civilisation, associée à l’existence du service public, celle de l’égalité républicaine des droits, droits à l’éducation, à la santé, à la culture, à la recherche, à l’art, et, par-dessus tout, au travail. Je suis ici pour dire que nous comprenons ce mouvement profond, c’est-à-dire à la fois le désespoir et les espoirs qui s’y expriment, et que nous ressentons aussi ; pour dire que nous ne comprenons pas (ou que nous ne comprenons que trop ) ceux qui ne le comprennent pas, tel ce philosophe qui, dans le Journal du Dimanche du 10 décembre, découvre avec stupéfaction “le gouffre entre la compréhension rationnelle du monde”, incarnée selon lui par Juppé – il le dit en toutes lettres -, “et le désir profond des gens”.

 

Cette opposition entre la vision à long terme de “l’élite” éclairée et les pulsions à courte vue du peuple ou de ses représentants est typique de la pensée réactionnaire de tous les temps et de tous les pays ; mais elle prend aujourd’hui une forme nouvelle, avec la noblesse d’État, qui puise la conviction de sa légitimité dans le titre scolaire et dans l’autorité de la science, économique notamment : pour ces nouveaux gouvernants de droit divin, non seulement la raison et la modernité, mais aussi le mouvement, le changement, sont du côté des gouvernants, ministres, patrons ou “experts”; la déraison et l’archaïsme, l’inertie et le conservatisme du côté du peuple, des syndicats, des intellectuels critiques.

 

C’est cette certitude technocratique qu’exprime Juppé lorsqu’il s’écrie: “Je veux que la France soit un pays sérieux et un pays heureux”. Ce qui peut se traduire: “Je veux que les gens sérieux, c’est-à-dire les élites, les énarques, ceux qui savent où est le bonheur du peuple, soient en mesure de faire le bonheur du peuple, fut-ce malgré lui, c’est-à-dire contre sa volonté ; en effet, aveuglé par ses désirs dont parlait le philosophe, le peuple ne connaît pas son bonheur – en particulier son bonheur d’être gouverné par des gens qui, comme M. Juppé, connaissent son bonheur mieux que lui”. Voilà comment pensent les technocrates et comment ils entendent la démocratie. Et l’on comprend qu’ils ne comprennent pas que le peuple, au nom duquel ils prétendent gouverner, descende dans la rue – comble d’ingratitude ! – pour s’opposer à eux.

 

Cette noblesse d’État, qui prêche le dépérissement de l’État et le règne sans partage du marché et du consommateur, substitut commercial du citoyen, a fait main basse sur l’État ; elle a fait du bien public un bien privé, de la chose publique, de la République, sa chose. Ce qui est en jeu, aujourd’hui, c’est la reconquête de la démocratie contre la technocratie : il faut en finir avec la tyrannie des “experts”, style Banque mondiale ou F.M.I., qui imposent sans discussion les verdicts du nouveau Léviathan ( les “marchés financiers” ), et qui n’entendent pas négocier mais “expliquer” ; il faut rompre avec la nouvelle foi en l’inévitabilité historique que professent les théoriciens du libéralisme ; il faut inventer les nouvelles formes d’un travail politique collectif capable de prendre acte des nécessités, économiques notamment ( ce peut être la tache des experts ), mais pour les combattre et, le cas échéant, les neutraliser.

 

La crise d’aujourd’hui est une chance historique, pour la France et sans doute aussi pour tous ceux, chaque jour plus nombreux, qui, en Europe et ailleurs dans le monde, refusent la nouvelle alternative : libéralisme ou barbarie. Cheminots, postiers, enseignants, employés des services publics, étudiants, et tant d’autres, activement ou passivement engagés dans le mouvement, ont posé, par leurs manifestations, par leurs déclarations, par les réflexions innombrables qu’ils ont déclenchées et que le couvercle médiatique s’efforce en vain d’étouffer, des problèmes tout à fait fondamentaux, trop importants pour être laissés à des technocrates aussi suffisants qu’insuffisants : comment restituer aux premiers intéressés, c’est-à-dire à chacun de nous, la définition éclairée et raisonnable de l’avenir des services publics, la santé, l’éducation, les transports, etc., en liaison notamment avec ceux qui, dans les autres pays d’Europe, sont exposés aux mêmes menaces? Comment réinventer l’école de la République, en refusant la mise en place progressive, au niveau de l’enseignement supérieur, d’une éducation à deux vitesses, symbolisée par l’opposition entre les grandes écoles et les facultés? Et l’on peut poser la même question à propos de la santé ou des transports. Comment lutter contre la précarisation qui frappe tous les personnels des services publics et qui entraîne des formes de dépendance et de soumission particulièrement funestes dans les entreprises de diffusion culturelle ( radio, télévision ou journalisme ), par l’effet de censure qu’elles exercent, ou même dans l’enseignement?

 

Dans le travail de réinvention des services publics, les intellectuels, écrivains, artistes, savants, etc., ont un rôle déterminant à jouer. Ils peuvent d’abord contribuer à briser le monopole de l’orthodoxie technocratique sur les moyens de diffusion. Mais ils peuvent aussi s’engager, de manière organisée et permanente, et pas seulement dans les rencontres occasionnelles d’une conjoncture de crise, aux côtés de ceux qui sont en mesure d’orienter efficacement l’avenir de la société, associations et syndicats notamment, et travailler à élaborer des analyses rigoureuses et des propositions inventives sur les grandes questions que l’orthodoxie médiatico-politique interdit de poser : je pense en particulier à la question de l’unification du champ économique mondial et des effets économiques et sociaux de la nouvelle division mondiale du travail, ou à la question des prétendues lois d’airain des marchés financiers au nom desquelles sont sacrifiées tant d’initiatives politiques, à la question des fonctions de l’éducation et de la culture dans des économies où le capital informationnel est devenu une des forces productives les plus déterminantes, etc.

 

Ce programme peut paraître abstrait et purement théorique. Mais on peut récuser le technocratisme autoritaire sans tomber dans un populisme auquel les mouvements sociaux du passé ont trop souvent sacrifié, et qui fait le jeu, une fois de plus, des technocrates.

 

Ce que j’ai voulu exprimer en tous cas, peut-être maladroitement – et j’en demande pardon à ceux que j’aurais pu choquer ou ennuyer -, c’est une solidarité réelle avec ceux qui se battent aujourd’hui pour changer la société : je pense en effet qu’on ne peut combattre efficacement la technocratie, nationale et internationale, qu’en l’affrontant sur son terrain privilégié, celui de la science, économique notamment, et en opposant à la connaissance abstraite et mutilée dont elle se prévaut, une connaissance plus respectueuse des hommes et des réalités auxquelles ils sont confrontés.

Robespierre a été un grand dirigeant de la démocratie en acte »

Robespierre a été un grand dirigeant de la démocratie en acte

 

 

03 Avril 2018
Ne pas laisser caricaturer Robespierre ce n’est pas seulement défendre l’histoire, c’est défendre le droit à être aujourd’hui révolutionnaire
 
(note de Danielle Bleitrach)

parLe Canard républicain(son site)

mardi 7 juin 2011
 

Entretien avec l’historienne Florence Gauthier, qui a présenté et annoté le Tome XI desŒuvres de Maximilien Robespierre lors de l’édition du Centenaire de la Société des études robespierristes en 2007. Elle nous fait part de sa réaction suite au droit de préemption exercé par le gouvernement pour les manuscrits inédits de Robespierre, tout en essayant de nous défaire de cette vision caricaturale de Robespierre, présenté à tort comme un tyran sanglant ancêtre des totalitarismes de tous bords.

 

J.G. : Mme Gauthier, vous avez consacré une grande partie de vos recherches  [1] à Robespierre succédant à des noms prestigieux d’historiens tels Albert Mathiez  [2] ou Georges Lefebvre . La préemption au nom du gouvernement des manuscrits de Robespierre le 18 mai dernier supposait la réunion sous quinzaine des fonds nécessaires à leur acquisition. C’est chose faite. Cela doit être un soulagement ?

 

Florence Gauthier : Bien sûr, c’est une excellente nouvelle et pour deux raisons. Que ces documents manuscrits restent à la disposition du public et puissent être consultés et étudiés est une très bonne chose. Il existe en France plusieurs institutions comme les Archives Nationales ou la Bibliothèque Nationale, dont la fonction est de conserver ce type de documents, uniques et fragiles, et de les mettre à la disposition du public. La seconde raison : ces documents de Robespierre se trouvaient dans les papiers des héritiers de la famille Lebas. On espère toujours qu’il en existe d’autres qui réapparaîtront !

 

Pour Robespierre, on dispose de la quasi totalité des textes qu’il a publié ou qui ont été publiés, de son vivant. Mais il reste les manuscrits, dont la correspondance, qui sont des documents très précieux et dont on ne connaît encore qu’un petit nombre. Mais, on vient de le voir, plus de deux siècles après, des textes, dont on ignorait l’existence, reviennent soudain au jour, c’est formidable ! et il faut remercier et inviter les héritiers, qui en possèdent, à les rendre au public.

 

Je rappelle un autre exemple comparable ! En 1951, dans le contexte de l’après-guerre, les héritiers de la famille Carnot ont déposé des manuscrits en leur possession à la Bibliothèque Nationale. Parmi eux, un manuscrit de Saint-Just du plus grand intérêt, intitulé De la nature, de l’état civile (sic), de la cité ou les règles de l’indépendance, du gouvernement et qui a été publié dès 1951 par Albert Soboul, puis par Alain Liénart en 1976 [3] . Vous voyez, il y a de grands moments dans l’histoire des archives !

 

Dans votre livre Triomphe et mort du droit naturel en Révolution 1789-1795-1802, un très long passage [4] est consacré à Robespierre. Ce dernier, selon vous, avait compris la contradiction entre le pouvoir économique et la liberté politique. Cette problématique n’est-elle pas d’actualité ?

 

Cela vous a frappé ! Et je pense que les situations, toutes proportions gardées, sont comparables. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, une offensive du système capitaliste, ou, si vous préférez, du système de « l’économie de marché » se préparait. Cette histoire est racontée, en ce qui concerne la Grande Bretagne, qui était alors la puissance européenne en état de la diriger, par Karl Polanyi et Edward Palmer Thompson [5]. Il s’agissait d’une offensive pour imposer le système en Angleterre même d’une part et, d’autre part, pour diriger les nouvelles conquêtes impérialistes en direction de l’Afrique et de l’Asie, ce qui sera réalisé tout au long du XIXe siècle.

 

Polanyi et Thompson racontent comment s’est opérée l’offensive du système capitaliste en Angleterre afin de contrôler le marché des subsistances au niveau de la production céréalière et de leur commercialisation. L’offensive était en train de fabriquer ce que l’on appelle aujourd’hui l’arme alimentaire, qui nécessite de détruire tout le système de protection économique, social, juridique et mental précédent, afin de lui substituer un pouvoir qui s’impose par un moyen de contrainte, ici, la hausse des prix des denrées de première nécessité. Ce pouvoir économique est animé de l’esprit de profit qu’un peu plus tard, Karl Marx, qui était sensible à ce changement d’esprit, a exprimé par la métaphore d’un monde brutalement plongé « dans les eaux glacées du calcul égoïste ».

 

À la fin du XVIIIe siècle, la France subit la même offensive portée par une nouvelle école d’économistes, les physiocrates puis les turgotins, qui, depuis les années 1760, tentèrent des réformes pour « libérer » la production et le commerce des subsistances des formes de contrôle qui protégeaient la population des désastres de la spéculation. Ces offensives réformatrices se sont traduites par l’apparition de « troubles de subsistances » d’une ampleur inouïe : l’objectif des économistes était de hausser les prix des subsistances sans que les salaires suivent ! le résultat fut de causer des « disettes factices » et de désespérer les salariés les plus faibles, qui avaient faim, dépérissaient et mouraient d’inanition. On comprend que des révoltes populaires aient suivi.


E.P. Thompson a montré en Angleterre que ces révoltes populaires révélaient une conscience remarquable, qu’il a appelée « l’économie morale de la foule », marquée par des mesures cohérentes pour faire baisser les prix, en discutant avec les marchands et les autorités locales. Il a encore attiré l’attention sur les capacités populaires à concevoir des réponses d’ordre politique, économique et moral pour leur propre vie et celle de la société tout entière.

 

En France, où la population rurale représentait plus de 85%, les « émotions populaires » prirent une ampleur considérable et conduisirent à une révolution pour répondre à cette offensive des économistes, dans le but de l’interrompre et de construire une autre perspective historique ! La convocation des États généraux en 1789 a donné la parole au peuple : les cahiers de doléances et les élections des députés ont préparé une révolution qui fut la réponse à cette offensive du capitalisme.

 

Dès le mois de juillet, les paysans proposent un nouveau contrat social fondé sur une réforme agraire qui prévoit le partage de la seigneurie, forme dominante de la propriété du sol à l’époque : une partie de la seigneurie au seigneur, une autre à la paysannerie. Mais les seigneurs refusèrent et provoquèrent cinq ans de guerre civile. Cependant, ils échouèrent et la Convention montagnarde réalisa cette grande réforme agraire en 1793-1794, qui supprima la féodalité en faveur des paysans et démantela le processus de concentration de la propriété des terres dans les mains des gros propriétaires comme des gros producteurs en France. Cette réforme agraire constitua un frein sérieux, pour environ un siècle, à l’offensive du capitalisme agraire. La France est restée un pays de paysannerie jusqu’aux débuts du XXe siècle, et le peuple vécut là moins mal que dans les pays où l’exode rural ruinait, affamait, désespérait, déshumanisait ses victimes, comme on peut le voir à une échelle aujourd’hui, qui est devenue celle de la planète…

 

Dans les villes comme dans les campagnes, la spéculation sur le prix des denrées de première nécessité a permis à la démocratie communale d’organiser un système alternatif avec une Commission générale des denrées de première nécessité en liaison avec les greniers communaux, chargés de contrôler la fourniture des marchés publics et l’équilibre entre les prix des denrées, les bénéfices du commerce et les salaires populaires.

 

Le peuple mit en avant, parmi les droits de l’humanité, celui qui lui paraissait le principal : le droit à l’existence et aux moyens de la conserver ! Vaste programme… Et il le concevait en liaison directe avec ses pratiques démocratiques d’assemblée générale communale où tous les habitants, hommes, femmes et même enfants, venaient délibérer et prendre des décisions : ce fut la commune, héritée des anciennes pratiques populaires, qui devint la cellule de base de cette démocratie des droits de l’homme qui a pu vivre de 1789 à 1795.

Ce que « l’économie morale de la foule » en Angleterre et « l’économie politique populaire » en France ont révélé, ne saurait être confondu avec ce qu’une interprétation camoufle en « révolution bourgeoise », sans commettre un bien étrange contresens doublé d’un non sens !

 

Quels furent les grands combats menés par Robespierre ?

 

Lui, comme d’autres, comme Marat, Billaud-Varenne, Louise de Kéralio, Saint-Just, Mailhe, Claire Lacombe, Dufourny, Grégoire, Théroigne de Méricourt, Coupé et tant d’autres… étaient des Amis du peuple [6] et des amis des droits de l’humanité tout entière. Ils l’ont montré en luttant contre les multiples formes d’aristocratie, qu’elle soit politique, économique, colonialiste, esclavagiste ou conquérante en Europe !


Robespierre a pris la défense du peuple dès la convocation des États généraux, qui a suscité des résistances farouches des privilégiés. En effet, Louis XVI avait fait appel au conseil élargi du roi qu’étaient ces États généraux, organisés depuis le XIVe siècle et convoqués en cas de crise politique grave. Ce fut le cas en 1789 ! et Louis XVI avait convoqué le Tiers-état formé de toute la population roturière (environ 26 millions de personnes), de la noblesse (350.000 individus) et du clergé (120.000 individus). La forme de suffrage était relativement démocratique : une voix par chef de famille (homme ou femme). Or, les privilégiés refusaient ce suffrage et le roi dut les contraindre de se soumettre à ce suffrage.

 

La Convocation des États généraux fut une première expérience pour faire reconnaître les pratiques démocratiques et la souveraineté populaire. Robespierre y a participé à Arras et s’est retrouvé au premier rang, lors de ces batailles. Élu député, il a défendu avec énergie les droits du peuple. Par exemple, l’offensive menée par les tenants d’une « aristocratie de la richesse », comme le fit Siéyès, consistait à imposer un suffrage réservé aux riches et à supprimer les assemblées électorales communales pour les éloigner en les plaçant au niveau cantonal (déjà !). Robespierre a lutté toute sa vie pour maintenir les pratiques populaires communales, qui concevaient la démocratie comme la participation de chaque habitant aux délibérations et prises de décision : les femmes comprises. Il a défendu les droits économiques en reprenant le droit à l’existence comme le premier des droits imprescriptibles de l’humanité :

 

« La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là : la propriété n’a été instituée ou garantie que pour la cimenter. » [7]

 

Sa critique du droit de propriété privée porte sur la nécessité de distinguer entre les produits de première nécessité et ceux qui ne le sont pas. Il conçoit alors que le droit de propriété ne peut être privé sur les premiers, mais a un caractère social et de bien commun et doit demeurer sous le contrôle de la société :

 

« Les aliments nécessaires à l’homme sont aussi sacrés que la vie elle-même. Tout ce qui est indispensable pour la conserver est une propriété commune à la société entière, il n’y a que l’excédent qui soit une propriété individuelle et qui soit abandonnée à l’industrie des commerçants. Toute spéculation mercantile que je fais aux dépens de la vie de mon semblable n’est point un trafic, c’est un brigandage et un fratricide. » [8]

 

Robespierre a encore mis en lumière l’existence de deux formes d’économie politique, l’une « tyrannique », qui est celle des systèmes féodal ou capitaliste et colonialiste, fondée sur un droit illimité de propriété privée, qui met la vie des gens en danger, l’autre qu’il a appelée une « économie politique populaire » [9]. Cette dernière est fondée sur un droit de propriété limité et contrôlé par les lois, de telle sorte « qu’il ne puisse préjudicier ni à la sûreté, ni à la liberté, ni à l’existence, ni à la propriété de nos semblables », et qu’accompagnent des droits sociaux précis :

 

« La société est obligée de pourvoir à la subsistance de tous ses membres, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler. Les secours indispensables à celui qui manque du nécessaire sont une dette de celui qui possède le superflu : il appartient à la loi de déterminer la manière dont cette dette doit être acquittée » [10], et non abandonnée au hasard de la charité privée !

 

Je précise que « la propriété de nos semblables » renvoie à la conception qu’avait Robespierre selon laquelle tout droit est une propriété de chaque être humain, comme le droit à la vie, le droit à son propre corps contre les différentes formes d’esclavage, la liberté, l’exercice de ses facultés etc… sont des droits et des propriétés, qu’il considère comme de droit naturel, par opposition au droit de propriété des biens matériels qui n’est pas de droit naturel, mais dont l’exercice relève du débat politique et de la loi.


Robespierre a ainsi lutté pour fonder une république démocratique, dans laquelle la souveraineté populaire n’était pas seulement écrite sur le papier de la Constitution, mais une conscience et une pratique réelles. Avec Grégoire en particulier, il s’est battu pour faire respecter la souveraineté des autres peuples, avec l’objectif de construire une alliance de républiques démocratiques, dans le but d’empêcher la France de continuer de mener une politique de puissance conquérante, mais aussi de se protéger des offensives impérialistes éventuelles : c’est une dimension de leur combat trop souvent négligée ! On retrouve les mêmes préoccupations chez Thomas Paine, par exemple, sujet britannique, citoyen des États-Unis d’Amérique au moment de leur guerre d’indépendance et député à la Convention en France de 1792 à 1795. Ajoutons aussi chez Emmanuel Kant, qui a théorisé son Projet de paix perpétuelle (1795) à la lumière du grand cycle révolutionnaire qui s’est développé au tournant du XVIIIe siècle, et qui a eu connaissance de la Révolution de Saint-Domingue/Haïti, première révolution faite par des esclaves insurgés en Amérique.

 

Actuellement, Robespierre est vu comme un tyran sanguinaire, père des totalitarismes. Que répondez-vous à ce portrait largement répandu par certains médias et politiciens ? Comment expliquer cette contradiction alors que pour Robespierre « Le peuple peut, quand il lui plaît, changer son gouvernement, et révoquer ses mandataires » ?

 

C’est de bonne guerre pourrait-on dire ! Robespierre est attaqué par des tenants du despotisme monarchique ou aristocratique qui n’aiment décidément ni le peuple ni la démocratie et encore moins les droits de l’humanité. Or, Robespierre a été un grand dirigeant de la démocratie en acte, un des législateurs fondateurs d’une république des droits de l’homme et du citoyen, qui construisait une souveraineté du peuple réelle fondée sur le principe, que nous ne connaissons plus, de députés qui étaient des commis du peuple, responsables devant les électeurs et qui pouvaient même être destitués en cours de mandat, s’ils avaient perdu la confiance du peuple. Nous ne connaissons plus cette pratique, qui appartient à une démocratie respectueuse de la souveraineté populaire et dont la constitution sépare le législatif, expression de la conscience sociale, de l’exécutif, chargé d’exécuter strictement les lois et contrôlé lui-même par le législatif. Voici ce qu’en disait Robespierre dans un discours à la Convention, le 10 mai 1793 :

 

« Je veux que les fonctionnaires publics nommés par le peuple puissent être révoqués par lui, selon les formes qui seront établies, sans autre motif que le droit imprescriptible qui lui appartient de révoquer ses mandataires.


Il est naturel que le corps chargé de faire les lois surveille ceux qui sont commis pour les faire exécuter ; les membres de l’agence exécutive seront donc tenus de rendre compte de leur gestion au corps législatif. En cas de prévarication, il ne pourra pas les punir, parce qu’il ne faut pas lui laisser ce moyen de s’emparer de la puissance exécutive, mais il les accusera devant un tribunal populaire, dont l’unique fonction sera de connaître les prévarications des fonctionnaires publics. (…)


À l’expiration de leurs fonctions, les membres de la législature et les agents de l’exécution, ou ministres, pourront être déférés au jugement solennel de leurs commettants. Le peuple prononcera seulement s’ils ont conservé ou perdu sa confiance. » [11]

 

Si l’on compare avec notre système actuel dans lequel la séparation des pouvoirs est inexistante, on constate que la réalité du pouvoir se trouve concentrée dans la personne d’un président élu au suffrage universel comme un monarque. Si son parti obtient la majorité à la Chambre des députés, il n’y a plus de législatif séparé de l’exécutif, mais un parti présidentiel qui pratique la confusion des pouvoirs : l’exécutif ne peut guère être contrôlé par le législatif, dont ce devrait être la fonction. Ajoutons à cela que le peuple, souverain sur le papier de la Constitution, est de fait impuissant, puisqu’il ne dispose d’aucune institution lui permettant de révoquer les élus en cours de mandat. Quant aux contrôles de constitutionnalité, ils sont confiés à des comités et commissions dont les membres sont nommés par le président lui-même… Il faut alors compter sur la probité –la vertu ou l’amour des lois selon Montesquieu- mais force est de constater que celle-ci n’est pas la chose du monde la mieux partagée par la classe politique actuelle !

 

Enfin, pour reprendre cette inquiétante affirmation formulée par François Furet, en 1979, selon laquelle la Révolution française serait « la matrice des totalitarismes du XXe siècle », elle est à la fois inquiétante et fantaisiste. LES totalitarismes, au pluriel : fascismes, nazisme, stalinisme ? cela fait beaucoup ! Et répondre à cette énorme ignorance est difficile ici. J’ai déjà beaucoup écrit sur cette question et je prie le lecteur de bien vouloir s’y reporter. Je renvoie aussi au livre de Jean-Pierre FAYE, Dictionnaire politique portatif en cinq mots, Idées Gallimard, 1982, qui a réfuté cette étrange assertion avec sérieux et finesse.

 

Jean-Pierre Faye a aussi attiré l’attention sur le rapprochement surprenant entre droits de l’homme et terreur, qui est une énigme et qui date de la Révolution française. Il explore encore la question de la répression au nom de la liberté :

 

« Comment se peut-il que le temps de la Terreur, répression s’il en fut, est en même temps, et contradictoirement, fondation des libertés antirépressives d’occident ? »

 

On pourra en reparler, quand vous voudrez, mais il faut rappeler qu’il s’agit d’un gros morceau car c’est une histoire qui dépasse le seul cadre de la Révolution française.

 

Dans votre livre L’aristocratie de l’épiderme. Le combat des Citoyens de couleur sous la Constituante, 1789-1791 vous avez écrit que le rapprochement entre terreur et Déclaration des droits de l’homme et du citoyen avait été employé par les députés du parti colonial esclavagiste de Saint-Domingue. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

 

Le livre de Jean-Pierre Faye a signalé cet étrange rapprochement et m’a incitée à en rechercher l’histoire. Étudiant les politiques coloniales pendant la Révolution, j’ai découvert que le parti des planteurs de la colonie de Saint-Domingue -qui était alors le premier producteur de sucre mondial et le fleuron de l’empire du roi de France- s’est farouchement opposé à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, votée le 26 août 1789. Il est vrai que l’article premier : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », condamne le commerce d’esclaves et l’esclavage. Des colons de Saint-Domingue parvinrent à se faire admettre comme députés dans l’Assemblée constituante en juillet 1789, mais la Déclaration des droits votée, ils décrivirent leur inquiétude à leurs commettants :

 

« Enfin, notre circonspection est devenue une espèce de terreur, lorsque nous avons vu la déclaration des droits de l’homme poser, pour base de la constitution, l’égalité absolue, l’identité de droits et la liberté de tous les individus. » [12]

 

Ces colons établissaient le rapprochement entre droits de l’homme et terreur et éclairent cette « énigme qui hante le mot terreur ». Le rapprochement entre les deux termes fut repris par le côté droit de l’Assemblée, comme le fit Malouet le 11 mai 1791, en proposant d’exempter les colonies de la Déclaration des droits, à cause de l’esclavage :

 

« La population des colonies est composée d’hommes libres et d’esclaves. Il est donc impossible d’appliquer aux colonies la déclaration des droits sans exception. » [13]

 

Et l’Assemblée accepta, en 1791, de donner aux colonies une constitution spécifique qui les excepteraient de l’application des droits de l’homme, à cause de l’esclavage !

 

Mais plus intéressant encore est de voir se développer le rejet de la théorie politique fondée sur la déclaration des droits, pendant la révolution, et qui aboutit finalement, après le 9 thermidor an II-27 juillet 1794, à l’abandon pur et simple de toute déclaration des droits naturels de l’humanité depuis la Constitution de 1795. En 1802, Bonaparte qui venait de prendre le pouvoir par un coup d’état militaire, reconquit une partie des colonies françaises. Or, celles-ci avaient connu l’abolition de l’esclavage votée par la Convention montagnarde le 16 pluviôse an II- 4 février 1794 et appliquée à Saint-Domingue depuis 1793, puis à la Guadeloupe, Sainte-Lucie et en Guyane en juin 1794. Bonaparte échoua à Saint-Domingue, qui devint la République indépendante d’Haïti en 1804, mais réussit à la Guadeloupe et en Guyane où il rétablit l’esclavage ! Des gens qui avaient réussi à se libérer de l’esclavage furent alors remis dans les fers. Et cette histoire, il faut le dire, est restée dans l’obscurité jusqu’à très récemment !

 

Pour finir sur ce point, l’éclipse de la déclaration des droits de l’homme dans le droit constitutionnel français, s’est prolongée jusqu’en… 1946 ! jusqu’à ce que la guerre contre le nazisme réveille l’urgence de se référer à des droits de l’humanité. Et la Constitution de 1946 a alors renoué avec la Déclaration des droits de 1789 qu’elle a mise dans son préambule.

 

Pour terminer, quel regard portez-vous aujourd’hui sur la place et la manière dont la Révolution française est perçue et enseignée dans l’enseignement secondaire ? Comme l’apprentissage du français ou des mathématiques, l’enseignement de l’histoire semble être particulièrement attaqué par les différentes contre-réformes de ces dernières années…

 

C’est le moins que l’on puisse dire ! et j’ai envie d’ajouter que la classe politique qui nous gouverne a bien du souci à se faire en matière d’éducation à commencer par la sienne ! Les scandales se suivent et prennent des proportions de plus en plus inquiétantes ! Cette classe politique, qui a continué de confisquer la république démocratique en France, est corrompue, moralement, jusque dans son intimité. On savait qu’elle embrassait la carrière politique comme un moyen d’obtenir une bonne place rémunérée, qu’elle pratiquait la politique par la corruption financière en détournant des fonds publics et en obtenant des pots-de-vin. Le discours sécuritaire du président de cette république corrompue a pris un sérieux coup lorsqu’on a appris que dans certains « quartiers », les écoliers doivent se terrer sous les chaises pour éviter les balles de la mafia locale qui règle ses comptes alentour !

 

Qu’elle s’en prenne à la culture, rien de plus cohérent avec son effondrement moral et politique auquel nous assistons et qui va s’accentuer… jusqu’où ? Les dégâts sont déjà considérables et, on peut le constater aujourd’hui, l’École gratuite, publique et obligatoire est déjà à l’état de ruine… Quant à l’enseignement de l’histoire, il a été réduit à la portion congrue dans le secondaire. Les résultats se font déjà sentir à l’Université… Jusqu’où ? qui peut le dire aujourd’hui ?

 

Article également publié par le site du Canard Républicain : http://www.lecanardrépublicain.net/

 

[1Œuvres de Maximilien Robespierre, Tome XI, Compléments (1784-1794), édition du Centenaire de la Société des études robespierristes, présentée et annotée par Florence Gauthier, Maître de Conférences à l’Université Paris VII – Denis Diderot, 2007. Pour le bonheur et pour la liberté. Discours de Robespierre. Choix et présentation par Yannick Bosc, Florence Gauthier et Sophie Wahnich. Éditions La fabrique, 2000.

[2] Albert MATHIEZ (1874-1932), historien, professeur à l’Université de Dijon puis à la Sorbonne et à l’École des Hautes Études, est le fondateur de la Société des Études Robespierristes et des Annales Historiques de la Révolution française. Parmi ses nombreux ouvrages, citons La Révolution française et La réaction thermidorienne dont le premier chapitre est consultable sur le site revolution-française.net.

[3] On trouvera cette édition dans SAINT-JUST, Théorie politique, Paris, Seuil, 1976, par Alain Liénart.

[4] Extrait consultable sur le site du Canard Républicain : Robespierre théoricien du droit naturel à l’existence.

[5] Karl POLANYI, La Grande transformation. Aux origines politiques et économiques de notre temps, (Londres, 1945) Paris, 1983 et Edward P. THOMPSON « L’économie morale de la foule dans l’Angleterre du XVIIIe siècle », (1971) trad. de l’anglais dans Florence GAUTHIER, Guy IKNI éd., La Guerre du blé au XVIIIe siècle, Paris, Passion/Verdier, 1988.

[6] Il s’agit du beau titre que MARAT a donné à son journal, de 1789 jusqu’à son assassinat, le 13 juillet 1793.

[7] ROBESPIERRE, Pour le bonheur et pour la liberté, Paris La Fabrique, 2000, Discours à la Convention, 2 décembre 1792, p. 183.

[8] Id., ibid.

[9] Ibid., Discours à la Convention du 10 mai 1793, p. 256.

[10] Id., Projet de déclaration des droits de l’homme et du citoyen présenté à la Convention, 24 avril 1793, articles 8, 10, 11, p. 235. Ce projet a été adopté par la Société des Amis de la liberté et de l’égalité, séante aux Jacobins, le 21 avril 1793.

[11] Ibid., Discours à la Convention, 10 mai 1793, p. 253.

[12] Lettre de la députation des colons de Saint-Domingue, 11 janvier 1790, citée et commentée dans F. GAUTHIER, L’aristocratie de l’épiderme. Le combat de la Société des Citoyens de Couleur 1789-1791, Paris, CNRS, 2007, p. 165.

[13] Archives Parlementaires, t. 25, Malouet à l’Assemblée constituante, 11 mai 1791, p. 752.

 

Solidarité lutte… Où envoyer vos dons…

Solidarité lutte… Où envoyer vos dons…

 

02 Avril 2018

Dans ma cellule vendredi 30 mars, nous avons retenu le principe d’une collecte de solidarité en tant que PCF et nous avons proposé que celle-ci soit organisée y compris au niveau de la section en relation avec la section du PCF des cheminots de marseille. Mais comme à ce que j’ai cru comprendre non seulement vous n’êtes pas tous membre du PCF (honte sur vous), mais pas tout le monde n’a la chance d’avoir une cellule et une section qui fonctionne aussi bien que les miennes (honte sur la direction nationale), voici l’endroit où vous pouvez adresser votre solidarité.

 

(note de danielle Bleitrach)


 

Caisse de grève

 

Soutenez les grévistes !

 

mercredi 28 mars 2018

Nombreux sont celles et ceux qui expriment leurs soutiens et leurs encouragements aux salariés en luttes et qui souhaitent participer, avec leurs moyens, à la solidarité financière mise en place par la CGT.

 

Les dons sont a adresser à :
Confédération générale du travail
« Solidarité CGT Luttes 2018 »
Service comptabilité
263, rue de Paris
93100 Montreuil 

Les grossiers mensonges contre la CGT et contre Ambroize Croizat, la réplique de l’historienne Annie LACROIX-RIZ

Les grossiers mensonges contre la CGT et contre Ambroize Croizat, la réplique de l’historienne Annie LACROIX-RIZ

 

02 Avril 2018

C’est dans « Valeurs actuelles » du 30 mars dernier qu’Eric Brunet déverse sa bile … et ses grossiers mensonges.

 

Ce journal classé à l’extrême droite fait partie du groupe Valmonde, propriété de Privinvest Médias, une filiale de la holding Privinvest qui appartient à l’homme d’affaires Iskandar Safa (voir sa bio édifiante à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Iskandar_Safa, et dont Étienne Mougeotte et Charles Villeneuve sont actionnaires.

 

 

 

Louis Renault en compagnie d’Hitler au Salon de l’auto de Berlin en 1938

 

C’est pour cacher la collaboration réelle celle-là de ses maîtres, du grand patronat français comme allemand comme le rapporte le dernier Goncourt, qui préféraient alors « Hitler au Front populaire » que les thuriféraires comme E. Brunet accusent la CGT et ceux qui résistent aujourd’hui de tous les maux !

 

Ci-après la réplique de l’historienne Annie LACROIX-RIZ suivie du texte calomnieux initial du sieur Brunet.

 

En ne perdant pas de vue que le révisionnisme des circonstances d’hier vise à désarmer les luttes d’aujourd’hui!

Annie LACROIX-RIZ

 

L’histoire de la CGT vue par Éric Brunet

 

Le journaliste Éric Brunet est un habitué des provocations. Son Sauve qui peut ! (Albin Michel, 2013), prétendant parler au nom de « millions de Français », « riches » ou « pauvres », qui « ne se sentent plus aimés par leur pays », les a incités à le quitter au plus vite. Car « la France ne leur offre que de la bureaucratie, là où ils réclament du pouvoir d’achat, elle les assomme d’impôts (nous payons 220 milliards de taxes de plus que les Allemands) » puis les méprise quand ils ont « réussi » : « “J’aime pas les riches !” s’était exclamé François Hollande en 2007 ». Lequel, on le sait, a ensuite, comme son second Macron, démontré sa « haine de la finance » et son amour du peuple travailleur.


Celui qui vient, dans l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles, d’accuser la CGT d’avoir « jadis […] fait passer ses intérêts avant ceux de la France », avait presque tout dit. Exaltation des « émigrés de Coblentz », nobles ayant dès 1789 fui pour l’Allemagne ou le reste de l’Europe aristocratique (dont les Wendel, sidérurgistes de Lorraine) pour obtenir de leurs alliés « européens » le rétablissement de leurs privilèges par l’écrasement militaire de la France. Lamentations fiscales masquant l’adhésion à l’impôt indirect accablant les pauvres et le refus de l’impôt pour les riches. Célébration du modèle allemand (entre absence de grèves et « jobs » à moins de cinq € de l’heure baptisés « plein emploi »), comme « jadis » le grand capital s’enthousiasmait pour la formule hitlérienne de 1933 au point d’organiser la Défaite militaire de la France, seul moyen pour liquider la République et les syndicats. La France serait aussi « vivable » que l’Allemagne, où le patronat faisait librement travailler seize heures par jour les ouvriers interdits de grève.

 

Non, « pendant la drôle de guerre, entre septembre 1939 et le printemps 1940, les communistes français » ne furent pas « les alliés des nazis. » Les alliés d’Hitler furent les hommes d’État qui supposés avoir aidé « l’armée française [à] aller barrer la route de Hitler » : le radical Daladier (gauche), président du Conseil de 1938 à mars 1940, et le chef de l’Alliance démocratique (droite) Paul Reynaud, ministre de la justice et des Finances puis successeur de Daladier, qui avaient fin 1938 cassé de concert les 40 heures et les salaires. C’est Reynaud qui prit les traîtres Pétain et Weygand pour ministres en mai 1940, une semaine après l’attaque allemande, puis céda son poste à Pétain, le 16 juin.


Les communistes combattus comme « traîtres » à cause du pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939, vraiment? Le 1er juillet, près de deux mois auparavant, deux mois avant l’offensive allemande notoirement imminente, le radical Georges Bonnet, ministre des Affaires étrangères surnommé « ministre étranger aux Affaires françaises » après avoir livré à Hitler la Tchécoslovaquie alliée, avait annoncé au nom de Daladier à l’ambassadeur d’Allemagne, l’aristocrate von Welczeck, que « les communistes » qui déplaisaient tant au Reich seraient bientôt « mis à la raison » : ils le furent, syndicalistes combatifs inclus, dès que la signature du fameux pacte, prévue depuis 1933 en cas de refus de renouvellement de l’alliance France-Grande-Bretagne-Russie de 1914, en offrit le prétexte.


Ces hommes d’État s’apprêtaient à céder au Reich l’Europe entière comme ils l’avaient fait pour l’Autriche (mars 1938) et de la Tchécoslovaquie (octobre 1938). Ils ordonnèrent à leur police et à leur justice de frapper ces syndicalistes toujours antifascistes, et permirent à des chefs cégétistes anti-grévistes, leurs complices, de s’en débarrasser. Les prétendus « traîtres » furent emprisonnés depuis septembre 1939, grâce au décret du 26 interdisant le PCF. Depuis juillet 1940, Vichy poursuivit la traque des militants clandestins. Ce sont ces prisonniers que ses ministres de l’intérieur, dont Pierre Pucheu, remirent depuis l’automne 1941 à l’occupant comme « otages » à fusiller, tels les 27 Martyrs de Châteaubriant. Les vrais traîtres au syndicalisme et à la Nation furent récompensés, tel René Belin, second de la CGT et successeur présumé de son chef Jouhaux : nommé « ministre de la production industrielle et du Travail » en juillet 1940, Belin signa en novembre suivant le décret interdisant la CGT puis, en octobre 1941, celui créant la Charte du travail, machine de guerre contre les salariés et leurs moyens de défense, dont la grève.

 

Les archives de « la Drôle de guerre » font définitivement justice de la thèse du sabotage communiste de la production militaire. Elles en attribuent la responsabilité exclusive au grand patronat, qui avait saboté la préparation économique de la guerre, et depuis une décennie. Comme Louis Renault qui parcourait fin novembre 1939 ses ateliers de Boulogne-Billancourt en claironnant : “La Défense Nationale, je m’en fous; ce que je veux, ce sont “des Primaquatre, des Juvaquatre, des voitures [de tourisme] qui paient”, etc. ». Du peu qui avait été produit, l’état-major de l’armée, sous la houlette de Pétain et Weygand, ne fit pas usage. Voilà pourquoi l’occupant trouva en masse les chars et les avions intacts que ces traîtres avérés n’avaient pas lancé dans la prétendue « Bataille de France ».


Quant aux « tribunaux militaires de la IIIe République » qui avaient début 1940 « condamn[é] à mort de nombreux [prétendus] saboteurs communistes », ils continuèrent, en compagnie des tribunaux civils ou spéciaux, à se déshonorer en livrant à l’occupant allemand les résistants communistes, tous syndicalistes CGT, fer de lance de la Résistance nationale.


M. Brunet a besoin d’une formation historique accélérée : le Front Syndical de Classe est à sa disposition…

Eric Brunet dans « Valeurs actuelles »

 

CGT : grève ou sabotage ?

 

Liberté chérie. La véritable stratégie de la centrale syndicale est de perturber au maximum la circulation des trains tout en limitant l’effet financier pour les grévistes.

 

Le mouvement engagé à la SNCF est-il une grève, dont l’objet est de manifester le mécontentement des cheminots face à un projet de réforme… ou est-il plus que cela ? Quelle stupéfaction lorsque les journalistes du Parisien ont publié, la semaine dernière, le contenu d’un e-mail envoyé par le syndicat CGT des cheminots de Paris-Gare de Lyon à ses adhérents. La révélation de ce message, qui a irrité le président de la SNCF, Guillaume Pepy, est une prise de guerre. Il lève le voile sur la véritable stratégie de la CGT : perturber au maximum la circulation des trains tout en limitant l’effet financier pour les grévistes.

 

Morceaux choisis : « Nous pouvons tenir trois mois tout en ayant quasiment le même impact qu’une grève reconductible classique. » Et l’auteur de l’e-mail de s’enthousiasmer : « Cette proposition de grève prend tout le monde de court ! Je vous invite d’ailleurs à voir la tête de Guillaume Pepy sur TF1 le soir de l’annonce et de la ministre Élisabeth Borne [ministre chargée des Transports, NDLR] sur BFM TV, c’était tout simplement jouissif. La direction avait anticipé et s’est organisée pour une grève dure et reconductible classique. Ils n’ont à aucun moment senti venir le coup. » Beaucoup plus intéressant : la CGT dévoile son intention de perturber le trafic ferroviaire pendant les journées sans grève grâce à une stratégie… mystérieuse : « La désorganisation du travail devra se faire également sur les jours ouvrés mais je ne vous en dis pas plus sur ce mail, je pense que vous avez compris où l’on veut en venir », écrit le délégué de la CGT-Cheminots. Et pour ceux qui douteraient encore de la détermination du syndicat majoritaire à faire fléchir le gouvernement, le syndicaliste précise : « Si jamais nous voyons que ces deux jours [de grève, NDLR] ne suffisent pas à désorganiser la production alors nous pourrons toujours durcir le ton. »

 

À ce stade, l’intention de la CGT est-elle de manifester son mécontentement dans le cadre du droit de grève ou de “saboter” l’entreprise SNCF ? Jadis, il est vrai, la CGT n’avait pas hésité à faire passer ses intérêts avant ceux de la France. Pendant la drôle de guerre, entre septembre 1939 et le printemps 1940, les communistes français étaient les alliés des nazis. Pétain n’était pas encore au pouvoir et la France de la IIIe République était dirigée par Édouard Daladier puis Paul Reynaud. Les pauvres hommes pensaient encore que l’armée française aller barrer la route de Hitler…

 

En contradiction totale avec ce type d’assertion l’histoire du fondateur de la sécurité Sociale, ministre à la Libération, Ambroise CROIZAT

 

 

Ambroise Croizat est arrêté le 7 octobre 1939, avec d’autres députés communistes(3). Il est incarcéré à la prison de la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons françaises avant de connaître les procès truqués, la déchéance de ses droits civiques et les horreurs du bagne à Alger où il apprendra à Prosper Môquet, arrêté comme lui, la mort de son fils sous les balles allemandes.

À cette époque, sur ordre de la CGT, des syndicalistes communistes perpétrèrent de nombreux actes de sabotage dans les arsenaux français afin que nos équipements et nos armes soient inutilisables par les soldats français dans la guerre contre le Reich. En avril 1940, des accidents survinrent sur des avions Farman produits à Boulogne-Billancourt. Une enquête révéla qu’il y avait eu sabotage. Le procédé était à chaque fois le même : un fil de laiton ayant été sectionné, au bout d’un certain nombre d’heures de vol, un écrou desserré laissait échapper l’essence et provoquait une explosion en plein vol. On sait que plusieurs pilotes de chasse sont morts en mission de reconnaissance, leurs appareils ayant été détériorés par des ouvriers aux ordres de Moscou.

 

Outre les établissements Farman, d’autres arsenaux subiront des actes de sabotage pronazis : la poudrerie de Sorgues, les établissements Renault, les établissements Weitz à Lyon, la Somua à Vénissieux, qui produisait des chars pour l’armée française, la Compagnie générale de construction à Saint-Denis… Au mois de février 1940, alors que les combats n’avaient pas encore débuté, le taux de malfaçons observé dans les usines d’armement était devenu effrayant. On décida de faire surveiller les ateliers de la Société nationale des constructions aéronautique, l’usine Bloch (du nom de Marcel Bloch, futur Dassault) de Villacoublay. Et dans les premiers mois de l’année 1940, les tribunaux militaires de la IIIe République n’hésitèrent pas à condamner à mort de nombreux saboteurs communistes qui avaient agi sur ordre de la CGT et du PCF.

 
 

Barrage de la Rance : les salariés contre la privatisation de la production hydraulique en France

Barrage de la Rance : les salariés contre la privatisation de la production hydraulique en France

 
31 Mars 2018 
Le secteur de l’énergie rentre en grève en même temps que la SNCF. Les médias s’accordent à reconnaître que cette dernière grève s’annonce très dure et que les cadres sont rentrés dans le mouvement, partout de Carrefour aux avocats, la colère monte. La tactique de management de Macron, attaquer partout à la fois risque de se retourner contre lui. L’UE, maître d’oeuvre est partout en mauvaise posture, que leur reste-t-il? La guerre?
 
(note de Danielle Bleitrach)

60 salariés EDF travaillent sur le site du barrage de la Rance
60 salariés EDF travaillent sur le site du barrage de la Rance

Une cinquantaine de salariés EDF ont manifesté ce matin sur le barrage hydroélectriques de la Rance. Ils protestent contre la privatisation d’une partie des barrages en France suite  à la mise en application d’une directive européenne.

 

Par Adelaide Castier  

 

Bruxelles réclame depuis plusieurs années à la France l’ouverture à la concurrence de la production d’électricité hydraulique. Et les choses pourraient désormais s’accélérer avec l’accord donné par Emmanuel Macron. Le Président se met à dos la maison EDF. Il a accepté l’impensable aux yeux des électriciens : confier les clés d’une partie des barrages hydrauliques français – les plus grands et les plus rentables – à des opérateurs privés.

 

Faire « barrage à la privatisation des barrages »

 

Les salariés EDF des barrages se donc sont mobilisés ce matin pour faire « barrage à la privatisation des barrages »a l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT-CGC-FO.
A Dinard, sur le barrage de la Rance, une cinquantaine de manifestants ont exprimé leur inquiétude. Une partie d’entre eux est grimpé sur le toit du bâtiment EDF.

EDF exploite 433 barrages en France. 150 ouvrages seraient potentiellement reprenables par des opérateurs privés français ou étrangers dans les quatre prochaines années. Se sont les barrages dont les concessions arrivent à échéance. Le barrage de la Rance n’est pas concerné par cette première vague. A Dinard, la concession coure jusqu’en 2043.  Mais avec l’ouverture du marché à la concurrence, les salariés craignent l’étouffement des petits barrages, les barrages les moins rentables.

► Revoir le reportage de Gilles Le Morvan, Thierry Bréhier et Pierre-Yves Cheval :

Barrage de la Rance: les salariés contre la privatisation de la production hydraulique en France
6 000 salariés des barrages hydroélectriques d’EDF ont manifesté ce mardi 13 mars pour s’opposer à la privatisation des barrages. Bruxelles demande à la France d’ouvrir ce marché de l’énergie à la concurrence depuis plusieurs années déjà. 150 ouvrages seraient potentiellement reprenables par des opérateurs privés français ou étrangers. Pas de quoi réjouir le personnel du barrage de la Rance en Ille-et-Vilaine. – France 3 Bretagne – Gilles Le Morvan, Thierry Bréhier et Pierre-Yves Cheval

Les travestissements de mai 68, par Gilbert Rodriguez

Les travestissements de mai 68, par Gilbert Rodriguez

 


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Beaucoup a été dit et se redit en ce moment sur le mai 68.

 

Un récit modelé par l’idéologie dominante qui a imposé un certain nombre de poncifs… et de contre-vérités.

 

Par exemple, ce dimanche 25 mars était diffusé sur la 5 un documentaire intitulé : « Mai 1968, les coulisses de la révolte » dont plusieurs traits pour la plupart visent soit à minorer, soit à travestir le rôle des travailleurs et les positions d’alors du PCF et de la CGT.

 

Sans aucunement prétendre qualifier le sens de la période et de ses suites, tenons nous en à quelques points le plus souvent essentiels mais passés sous silence, édulcorés ou manipulés :

 

Le thème du caractère marginal du mouvement social

 

Commentaire accompagnant la présentation du documentaire sur le site de la 5 : « Il y a cinquante ans, Mai-68 voyait les étudiants de France se révolter à la suite de leurs pairs parisiens. En marge des manifestations de la jeunesse, des grèves générales éclatent un peu partout  ».

 

Vous avez bien lu, « en marge des manifestations de la jeunesse des grèves générales éclatent ».

 

Alors que tout au cours de l’année 1967 de puissantes luttes ont eu lieu dans de grandes concentrations ouvrières comme Rhodiaceta à Besançon et que déjà en 1963 la marche des mineurs du Nord sur Paris, la puissante grève du 17 mai contre les ordonnances en matière économique et sociale et contre les pleins pouvoir s’affirment nationalement. Sans oublier un 1er mai 1968 syndical très combatif qui renoue avec une tradition interdite par le pouvoir depuis 14 ans !

 

L’année 1967 était celle qui a comptabilisé le plus de journées de grève depuis l’instauration de la Vème République.

 

En 1968 donc pas de coup de tonnerre dans un ciel serein contrairement au fourvoiement du « grand journal de référence » Le Monde qui proclame à la veille du mouvement que « La France s’ennuie ».

 

La bourgeoisie dort sur ses lauriers mais sans doute pas le prolétariat !

Et ce qui est occulté de manière récurrente dans le récit de 68, c’est que si l’agitation démarre avec les actions étudiantes (pour plus de liberté, contre le puritanisme gaullien et bourgeois, contre la guerre du Vietnam …), c’est la vigueur de la protestation contre la répression des étudiants notamment celle qui a lieu au quartier latin dans la nuit du 10 au 11 mai.

 

Car c’est cette protestation relayée immédiatement dès le samedi 11 mai par l’appel de la CGT et de la FEN à la grève nationale et à la manifestation pour le 13 mai qui a pour conséquence : 


- de considérables rassemblements ce jour anniversaire de l’accession de de Gaulle au pouvoir (1 million de manifestants à Paris et de très importants rassemblements en province) 


- la réouverture de la Sorbonne et la libération des manifestants étudiants par G. Pompidou retour d’Afghanistan précisément sous la pression de la protestation contre la répression ! 


- l’enclenchement du plus puissant mouvement de grève des travailleurs que le pays ait connu.

 

Dès le 14 mai : Grèves aux Etablissements Claas à Woppy (Moselle), aux papeteries La Chapelle à Saint-Etienne-du-Rouvray (76), dans deux filatures du Nord, une biscuiterie du Rhône, débrayage à Sud-Aviation à Cannes la Bocca et aux Etablissements Fog dans la Nièvre …

 

15 mai : Grève avec occupation et séquestration à l’usine Renault-Cléon…

 

16 mai : 15.000 grévistes en Seine-Maritime. Rodhiacéta et Berliet dans le Rhône. Grève à Renault Billancourt et Sandouville, etc. Elle gagne la SNCF, les centres de Tri PTT et les services publics. Les ouvriers de Renault Flins occupent les usines. Grève illimitée avec occupation à Renault le Mans…

 

Ce n’est donc pas à la marge que les grèves ouvrières éclatent !

 

Et cette irruption ouvrière inaugure un basculement dans une toute autre phase, une autre page de l’histoire avec l’entrée en lice d’autres acteurs et d’autres enjeux qui vont mettre directement en cause le pouvoir et l’ensemble de sa politique.

 

A partir de ce moment ce n’est donc plus la seule question universitaire qui s’impose (bien qu’incluse dans la plate-forme générale) mais la "question sociale" à laquelle le pouvoir gaulliste est à présent confronté, exigeant :

 

la réforme démocratique de l’Université et de l’Enseignement.

 

l’augmentation des salaires (aucun inférieurs à 600 francs).

 

l’abrogation des ordonnances amputant la Sécurité sociale.

 

le plein emploi.

 

le respect et l’extension des libertés syndicales.

L’ampleur et la détermination du mouvement posant évidemment la question d’une autre politique que celle appliquée jusque là, les manifestants du 13 mai scandant «  Dix ans ça suffit  » !

 

Puis «  Gouvernement populaire avec les communistes  » réclamé par un mouvement confronté alors aux manœuvres comme d’habitude, d’une deuxième gauche à la recherche d’une alternance sans véritable changement.

 

Le thème de la collusion CGT/pouvoir

 

Dans le film de la 5, cela est seulement suggéré avançant l’idée que la CGT compose avec le pouvoir soucieuse de se débarrasser du mouvement étudiant.

 

Argumentaire adossé à la propagande des mouvements gauchistes selon laquelle l’obstacle au développement des luttes, à l’intervention des travailleurs ce sont précisément les organisations majoritaires dont ils se sont doté historiquement : le PCF au plan politique et la CGT au plan syndical.

 

Alors qu’on l’a vu, sans l’appel à la solidarité de ces organisations avec le mouvement étudiant, celui-ci aurait été isolé et écrasé. Comme cela s’est passé dans d’autres pays.

 

Alors que la grève a largement reposé sur l’initiative de la base.

 

Alors qu’aucun mot d’ordre de grève générale n’a été donné, le mouvement étant sous le contrôle des Assemblées générales dans les entreprises, les administrations, les universités …

 

En conséquence aucun mot d’ordre de reprise n’a été donné non plus.

 

La négociation de Grenelle entre syndicats, patronat et gouvernement des 25 et 26 mai, ne donnant pas lieu, contrairement à ce qui est répété mensongèrement, à des accords dont les syndicats et la CGT seraient signataires, mais à un constat ou projet de protocole prévoyant entre autre l’augmentation de 35 % du salaire minimum garanti (SMIG), la reconnaissance de la section syndicale d’entreprise, la réduction du temps de travail sans perte de salaire… qui ne sera pas paraphé, ni signé par les organisations syndicales et devra donc être soumis à l’appréciation des travailleurs.

Afin de donner de la chair à cette affirmation de collusion s’est construite l’affabulation d’un Georges Séguy sifflé à Renault Billancourt lors de son compte-rendu aux salariés du contenu du constat de Grenelle.

 

C’est en effet le 27 mai que ce compte-rendu a lieu, les diffamateurs du mouvement ouvrier et de la CGT répétant depuis, et encore à présent, que lors de cette assemblée, Georges Séguy s’est fait huer par les travailleurs histoire de présenter une CGT « débordée par la base », obstacle à la poursuite du mouvement, briseuse de grève en quelque sorte.

 

Sauf que tout cela est pure manipulation !

C’est Aimé Halbeher alors jeune secrétaire en 1968 de la CGT Boulogne-Billancourt qui témoigne en août 2016 :

« Le rassemblement a lieu à 9h du matin. J’apprends que G. Séguy viendra rendre compte du constat de Grenelle avec Benoit Frachon aux 25000 salariés présents. Il n’était évidemment pas question pour eux d’appeler les salariés de Renault à cesser ou poursuivre leur grève.

 

En les attendant je suis chargé par la direction du syndicat CGT de l’usine, et en accord avec la CFDT et FO de présenter brièvement les principaux résultats de Grenelle que nous connaissions mais surtout de fustiger la direction de l’usine et le gouvernement qui refusent d’ouvrir les discussions. En conséquence, je propose au vote des travailleurs la poursuite de la grève reconductible avec occupation aussi longtemps que ces négociations ne se seront pas tenues. L’immense majorité des salariés présents acclame et vote la poursuite de la grève.

 

G. Séguy apprend cette décision lors de son arrivée en voiture à Billancourt.

 

Par conséquent la poursuite de la grève s’est décidée avant l’arrivée de G. Séguy.

 

Cette décision n’a pas concerné le résultat de Grenelle mais l’obstination de la direction et du gouvernement à refuser toute discussion. Les grandes entreprises, notamment dans l’automobile, Renault, Peugeot, Citroën ne négocieront que vers le 20 juin 1968.

 

G. Séguy avec B. Frachon présentent aux salariés de Renault les conditions dans lesquelles se sont déroulées les discussions et déplorent au passage, que contrairement à 1936, l’unité syndicale a cruellement fait défaut. G. Séguy précise qu’aucun accord signé n’est intervenu. Il s’agit d’un constat de discussion qu’il faut améliorer dans chaque entreprise.

 

Il présente les acquis sociaux obtenus sous les applaudissements nourris et les revendications insuffisamment satisfaites ou totalement insatisfaites sous les huées adressées au patronat et au gouvernement. »

La véracité de ce témoignage de première main est incontestable, ce qui n’empêche pas encore des historiens comme Pascal Ory dont la spécialité devrait les incliner à la rigueur, d’ânonner encore ces jours derniers à l’université de Nanterre la même contre-vérité !

 

Le thème de la vacance du pouvoir

 

C’est un autre aspect mystificateur de la narrative post 68 toujours également en vigueur.

 

Après l’échec de sa première tentative de sortie de crise du jeudi 24 mai annonçant un futur référendum sur la participation, De Gaulle serait pris de doute, songerait à démissionner et disparaissant sans laisser de nouvelles à ses plus proches, le 29 mai, une situation de vacance du pouvoir serait ainsi créée.

 

Cette rumeur distillée depuis quelques jours donnant des ailes au rassemblement de la gauche non-communiste le 27 mai avec Mendès-France, Rocard, la CFDT et compagnie… à Charlety et Mitterrand déclarant sa candidature à la présidence de la République le 28 mai au cours d’une conférence de presse mémorable !

 

Pourtant ultérieurement on peut avancer que tout cela ne constitue qu’une vaste mise en scène.

 

Car : 

 

- dès le 11 Mai Pierre Messmer, ministre des armées, a décidé sur ordre du premier ministre de mettre en alerte des unités de l’armée.

 

- le 29 mai le général De Gaulle se rend secrètement à Baden-Baden en Allemagne où il rencontre le général Massu, commandant du corps expéditionnaire français en zone allemande.

 

- tous les réseaux gaullistes (réseaux Foccart, SAC, Comités de Défense de la République, réseaux Pasqua) sont activés pour préparer la contre-manifestation des Champs Elysées du 30 mai.

 

- le 30 mai à la radio, De Gaulle annonce qu’il ne se retirera pas, qu’il maintient G. Pompidou au poste de premier ministre et qu’il dissout l’Assemblée nationale.

La contre-offensive gaulliste n’est donc pas un simple sursaut succédant à l’abattement !

 

Elle résulte d’une tactique et d’une organisation qui ne délaisse aucun aspect de la situation.

 

La rencontre De Gaulle / Massu qui n’a jamais été vraiment révélée sauf en sous-entendus malicieux, vise principalement à s’assurer de la fidélité de l’armée.

 

Et à créer les conditions du rassemblement de toutes les composantes de la droite, y compris de celles qui durant la guerre d’Algérie s’étaient violemment opposées à De Gaulle. Le pacte scellé comporte l’amnistie des partisans de l’OAS encore incarcérés et qui effectivement seront amnistiés par un texte au journal Officiel seulement quelques semaines après et datant du 2 août 1968.

 

En 1968, des anciens de l’OAS rencontrent Jacques Foccart pour lui proposer leur ralliement au régime gaulliste contre la "chienlit" et demander l’amnistie des membres de l’organisation encore incarcérés, ce qu’ils obtiendront. Cette amnistie est promise par De Gaulle à Massu, lors de sa visite à Baden Baden.

 

C’est à partir de ces faits et de ces réalités que la contre-offensive gaulliste débouchera sur un renversement d’une opinion publique travaillée au corps, effrayée par la description des violences, les voitures brûlées, les affrontements…

 

La bourgeoisie française ayant une longue expertise de l’utilisation politique des violences urbaines, en particulier comme on peut encore le constater avec l’instrumentalisation actuelle des casseurs.

 

Et le parti gaulliste et ses officines mèneront la campagne des législatives du 23 et 30 juin sur les seuls thèmes du chaos et du danger communiste avec succès puisque la plus grande grève et le plus grand mouvement de masse en France accoucheront d’une majorité écrasante de droite de 394 députés sur 485. Résultat des manœuvres de la gauche non-communiste et de l’irresponsabilité gauchiste.

 

Que les chantres héritiers d’un 68 travesti, s’efforceront d’effacer !

 

En ce cinquantième anniversaire, la tentative de récupération macronienne de mai 68 repose à la fois sur ces travestissements historiques et sur le fond idéologique commun aux libéraux-libertaires de 68 et au macronisme structuré sur le rejet des luttes de classe, la criminalisation du communisme assimilé au nazisme, le soutien aux agressions guerrières impérialistes, le sociétal substitué à la question sociale, la soumission aux intérêts de l’oligarchie financière.

 

En guise d’épitaphe, sur le flanc libéral-libertaire de mai 68, les sieurs Cohn-Bendit et Romain Goupil, figures emblématiques s’il en est de l’époque, ralliés au pouvoir, sont en 2018 chargés officiellement par la direction de France 5 de réaliser un film-bilan de mai 68… avec l’approbation de Macron !

 

Gilbert Rodriguez
28 mars 2018

 

Documents joints

L’Humanité : Réforme ferroviaire. La CGT cheminots contre-attaque sur le fond

L’Humanité : Réforme ferroviaire. La CGT cheminots contre-attaque sur le fond

 

20 Mars 2018
Le 22 nous y serons tous… Aujourd’hui nous allons avec ma cellule et ma section distribuer des tracts devant le CHU de la Timone à Marseille.
 
(note de Danielle Bleitrach)

MARION D’ALLARD
JEUDI, 8 MARS, 2018
L’HUMANITÉ

Paris, le 7 mars, conférence de presse avec le secrétaire de la CGT cheminots Laurent Brun. Aurélien Morissard/IP3/MaxPPP

Paris, le 7 mars, conférence de presse avec le secrétaire de la CGT cheminots Laurent Brun. Aurélien Morissard/IP3/MaxPPP

Hier, face à la presse puis au Parlement, le premier syndicat de la SNCF a présenté son plan pour l’avenir du ferroviaire. Un contre-pied aux orientations libérales du gouvernement.

 

Alors qu’une nouvelle réforme du système ferroviaire est annoncée par le gouvernement « avant l’été », la fédération CGT des cheminots – première organisation syndicale de la SNCF – a rendu public, hier, son propre projet de réforme, « Ensemble pour le fer », qui garantit le développement d’un véritable service public du transport ferroviaire. Car au fond, de réformes en réorganisations « parties d’objectifs de traitement des questions financières pour arriver à des usines à gaz dans l’organisation de la production (…), le problème est tout simplement pris à l’envers », affirme Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots.

 

À contre-courant des feuilles de route libérales qui, depuis plus de trente ans, président aux décisions politiques de casse du service public ferroviaire, la CGT « veut donc contribuer au débat public en replaçant les éléments dans l’ordre qui semble correspondre à l’intérêt général, c’est-à-dire en partant des besoins des usagers et du pays pour arriver sur les outils pour y répondre, en passant par l’attribution de moyens adap tés », poursuit Laurent Brun. Le rapport du syndicat apporte ainsi une contre-expertise à celle du gouvernement sur les questions de l’ouverture à la concurrence, du traitement de la dette, de l’organisation interne de l’entreprise publique ou encore de la régénération d’un réseau vieillissant.

 

La mise en concurrence n’est pas une obligation

 

L’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs, prévue par les directives européennes à horizon 2019 et 2023, sert de justification à l’empressement du gouvernement pour réformer, à coups d’ordonnances, le rail français. Or « l’argument du passage obligatoire à la concurrence doit être contesté », estime la CGT, qui en veut pour preuve les textes communautaires eux-mêmes, qui prévoient des exceptions et permettent à « l’autorité compétente d’attribuer directement des contrats de service public » sans passer, donc, par les appels d’offres.

 

Toujours au chapitre de l’ou verture à la concurrence, « les “dates butoirs” souvent citées ne sont pas inflexibles », note par ailleurs la CGT, qui précise que « le rapport Spinetta lui-même, en raison des spécificités propres à la région Île-de-France, propose de reporter l’ouverture à la concurrence à 2033 et 2039 pour les RER ».

 

La dette ferroviaire est une dette d’État

 

Comme elle l’a déjà fait en 2014 lors de la dernière réforme ferroviaire, la CGT réaffirme que la dette ferroviaire est une dette d’État, largement contractée pour financer le développement des lignes à grande vitesse dans les années 1980. Elle plombe aujourd’hui le système ferroviaire de près de 50 milliards d’euros, et 1,7 milliard d’euros sont chaque année alloués aux remboursements des seuls intérêts de cette dette. « Le système ferroviaire ne peut s’autofinancer », répète la CGT, qui affirme que « la modernisation du réseau exige plus de 3 milliards d’euros d’investissement par an ». Le syndicat propose donc la mise en place d’une « caisse d’amortissement de la dette ferroviaire de l’État (Cadefe) », structure de défaisance qui apporterait « mécaniquement près de 2 milliards d’euros tous les ans au système ferroviaire en le libérant des intérêts bancaires de la dette ».

 

Par ailleurs, pour financer le développement du rail (fret et voyageurs), la CGT préconise le « fléchage de la Ticpe (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques – NDLR) pour le financement des infrastructures, la création d’un versement transport additionnel pour les régions (…), la fin des partenariats public-privé (…), la création d’un pôle financier public », mais également une surtaxe de la rente des autoroutes concédées au privé, voire leur renationalisation.

 

Pour un retour à une entreprise unique et intégrée

 

Déjà en 1997, puis en 2014, les réformes ferroviaires n’ont cessé de poursuivre « le démembrement de l’entreprise publique (…), le tout accompagné d’externalisations, de segmentations internes et autres scléroses de la production », dénonce Laurent Brun. C’est à ce « statu quo libéral » qu’il convient aujourd’hui de mettre fin par le retour « à une entreprise unique, une intégration complète de la production, un renforcement de la maîtrise publique », égrène le syndicat.

 

Nourri d’expertises internes et extérieures, le projet de la CGT sera « remis au premier ministre dans les prochains jours », précise Laurent Brun. Hier, dans la foulée de sa présentation à la presse, le syndicat l’a porté à la connaissance des parlementaires, à l’invitation des députés et sénateurs communistes. Une manière de contourner les ordonnances et le déni du débat démocratique. Pour Pierre Laurent, présent hier aux côtés d’élus PCF mais aussi FI et LREM à cette audition de la CGT cheminots organisée à l’Assemblée nationale, « le diagnostic de la situation est essentiel ». Et s’adressant à Laurent Brun, le secrétaire national du PCF et sénateur a poursuivi : « Il y a maintenant une bataille à mener pour faire connaître ce que vous racontez face à ceux qui organisent les dysfonctionnements et s’en servent ensuite pour décrédibiliser la SNCF. »

La cfdt rejoint le cortège unitaire du 22 mars
 

La CFDT cheminots a annoncé en début de semaine qu’elle participera finalement à la manifestation nationale du 22 mars, à l’appel de la CGT. L’Unsa ferroviaire, SUD rail et FO avaient déjà répondu présent. L’intersyndicale au complet mobilise donc les cheminots contre le passage en force du gouvernement. « Nous nous revoyons le 15 mars, une fois le projet de loi d’habilitation connu et la feuille de route interne de la direction rendue publique, nous aurons toutes les cartes en mains pour voir ce qu’il en est concrètement et envisager, le cas échéant, de durcir le mouvement », a précisé hier Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots.

 

Le Rail, un mode de transport indispensable, un projet d’avenir pour notre pays !

Le Rail, un mode de transport indispensable, un projet d’avenir pour notre pays !

Rapport de la fédération CGT des cheminots sur l’avenir du Service Public ferroviaire et contre le statu quo libéral

 

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Le rapport de la fédération CGT des cheminots sur l’avenir du service public ferroviaire est à faire connaitre largement. Il montre à quel point la situation réelle du rail, son rôle essentiel dans la réponse aux besoins de mobilité est le dernier souci du gouvernements et des médias qui organisent la bataille contre la SNCF.
 

Il décrit la situation actuelle, les politiques suivies depuis des décennies par les gouvernements successifs et leur conséquences sur l’affaiblissement du service public, et présente des propositions alternatives sérieuses, financées, affirmant une grande ambition pour une place renouvelée du rail dans les transports, élément qui devrait être essentiel de toute politique nationale d’aménagement du territoire, mais aussi des politiques climats et énergie si souvent mis en avant médiatiquement et pourtant totalement oubliées par ces mêmes médias au sujet du rail.

 

L’analyse des "partenariats public-privés" appliqués à la SNCF pour la ligne TGV Tours-Bordeaux est un exemple illustratif des conséquences des politiques actuelles...

 

Nous serons tous avec les cheminots le 22 Mars dans la rue... Le printemps se prépare !

 

SOMMAIRE

 

CONSTAT


- Le Rail, un mode de transport indispensable 
— Garantir le droit au transport pour tous 
— Relever concrètement les défis environnementaux 
— Le rail est un mode de transport économique 
— Une autre conception de l’aménagement du territoire doit émerger 
— Le rail est un atout pour de nouvelles ambitions industrielles 


- Les concours publics et les autres modes de transport 


- Le Service Public, cible du libéralisme 


— En Europe 
— Les effets de la libéralisation des services publics 


- Spécificités et pertinence du mode ferroviaire 


- L’efficacité de l’entreprise publique 


- L’expérimentation douloureuse des transferts au privé 


- Un modèle social au service de l’intêret général 


- La logique actuelle du Groupe SNCF 


- La concurrence en Europe, mythes et réalités 


- Complémentarités et solidarité vs concurrence et démantelement 


- Une gestion cloisonnée de l’entreprise pour mieux la privatiser à terme 


- La branche ferroviaire : le contre exemple du fret 


PROPOSITIONS CGT 


- Le Service Public SNCF au coeur d’un projet de société 


— Pour un service public du fret ferroviaire 
— Situation du transport public SNCF de voyageurs 
— Tarification du transport Voyageurs 


- Leviers pour la conquête et le développement du Service Public SNCF 


— Renforcer le pouvoir d’intervention des usagers, des cheminots, de la représentation nationale et des AOT tout en maintenant la cohérence nationale du système. 
— Le financement du système ferroviaire 
— L’Etat doit prendre ses responsabilités 
— Transformer la dette du système ferroviaire en dette publique 
— Nationaliser les autoroutes 
— La CGT propose de nouvelles modalités de financement 
— Fléchage de la TICPE pour le financement des infrastructures 
— Créer un Versement Transport additionnel pour les Régions 
— Stopper les Partenariats Public-Privé (PPP) qui ne servent que l’intérêt de groupes du BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage) 
— La création d’un pôle financier public participant au financement des infrastructures
ferroviaires 
— De nouvelles normes sociales, environnementales et de sécurité pour l’ensemble du secteur des transports 
— Coopération avec les autres services publics 


- La CGT propose une autre réforme : la voie du service public SNCF 


— Améliorer la production 
— Développer le service public SNCF

Contre le rapport Spinetta, le rapport des cheminots...
RAPPORT DE LA FÉDÉRATION CGT DES CHEMINOTS 
sur l’avenir du Service Public ferroviaire et contre le statu quo libéral.

SNCF : C’est le public qui finance et qui prend des risques et ce sont des actionnaires privés qui toucheront les dividendes

 

Elle n’est pas belle la vie des gros actionnaires ! Tout cela est possible grâce aux partenariats publics et privés (PPP). Déjà la CGT, dans son document rendu public le 20 février détaillant une analyse critique du rapport Spinetta. Comme le dit le groupe PPP d’Attac, la CGT « feint de s’étonner que ce rapport ne contienne aucune étude sur le surcoût des PPP ».

 

On a connu les scandales des PPP en matière hospitalière, voilà maintenant un nouveau scandale dans le ferroviaire.


Lisea, filiale de Vinci, n’a financé qu’une partie de l’investissement de la ligne LGV (ligne à grande vitesse) Tours-Bordeaux mais touchera l’entièreté des recettes sous forme de péages payés par la SNCF pendant 44 ans. Elle n’est pas belle la vie !


Le groupe PPP d’Attac montre que sur un montant d’investissement de 7,6 milliards, Lisea ne mobilise que 772 millions de fonds propres, fait un emprunt bancaire de 1,63 milliards mais avec la garantie de la SNCF et de l’État, prévoit de payer 1,2 milliards de frais financiers ce qui permet à Vinci et Réseau ferré de France (RFF) de déclarer qu’il finance presque la moitié de l’investissement.

 

Donc pour permettre aux actionnaires privés de Lisea-Vinci d’avoir une rentabilité de 14% sur leurs apports privés, la puissance publique finance à hauteur de 42% les investissements et SNCF Réseau 26% ! Elle n’est pas belle la vie !


Grâce au Canard enchaîné du 20/7/2011, nous savons de plus que le « le contrat de concession limite la responsabilité financière de VINCI à 350 millions, soit 4,5 % de l’addition finale ».

 

Comme le dit le groupe PPP d’Attac, « le concessionnaire, qui contribue pour moins d’un tiers à l’investissement, engrangera la totalité des recettes d’exploitation » sans prendre de gros risques ! Et des recettes gonflées puisque « les péages devraient presque doubler par rapport à la situation actuelle » (Renaud Honoré, TGV Tours-Bordeaux : préparez vos billets -10/12/2010- Les Echos.fr)

 

Pour la SNCF, obligée d’accorder 19 allers-retours au lieu de 13 qui auraient été suffisants aura une perte d’environ 100 millions d’euros par an d’après le groupe PPP d’Attac.


Fermer le ban !

 

Documents joints

 

Grève en cours

Depuis le 12/03/2018 :

Grève des facteurs du Calvados dès le 12 mars 2018

 

Le 12/03/2018 : 

Grève des bus et trams Twisto à Caen le 12 mars 2018

 

Depuis le 09/03/2018 : 

Grève ilimitée à La Poste dans l’Hérault depuis le 9 mars 2018

 

Du 14/02/2018 au 22/03/2018 : 

Grève dans l’enseignement supérieur du 14 février au 22 mars 2018

 

Depuis le 09/01/2018 : 

Grève illimitée des facteurs de Rennes depuis le 9 janvier 2018

 

Grève nationale de la compagnie aérienne Hop les 22 et 23 mars 2018

​​​​​​Les prochaines grèves

Le 15/03/2018 : 

Grève nationale dans les Ehpad

 

Le 22/03/2018 : 

Grève nationale de la Fonction publique

 

Le 22/03/2018 : 

Manifestation nationale des cheminots SNCF

 

Du 22/03/2018 au 23/03/2018 : 

Grève nationale de la compagnie aérienne Hop

 

Le 23/03/2018 : 

Grève nationale chez Air France

 

 Les dernières grèves annoncées 

Moi j’y serai et vous? jeudi 15, les retraités et les salariés des maisons de retraite défilent pour dire NON à l’inhumanité

Moi j’y serai et vous? jeudi 15, les retraités et les salariés des maisons de retraite défilent pour dire NON à l’inhumanité

 

13 Mars 2018

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, foule et plein air

 

Non à la baisse des pensions

 

Les retraitées et les retraités : ni privilégiés ni assistés !

 

Au 1er janvier 2018 la CSG a augmenté de 1,7 point. Une augmentation de 25 %, pour la plupart des retraités, provoquant une baisse nette des pensions de plusieurs centaines d’euros par an.

 

Alors…


Merci monsieur le Président pour ces étrennes…


Merci de votre considération pour les retraité-e-s !

 

D’autres choix budgétaires sont possibles


La suppression de l’ISF pour les patrimoines boursiers et la mise en place d’une taxation plafonnée à 30 % pour l’imposition des dividendes représentent 4,5 milliards d’euros de cadeaux faits aux plus fortunés. Ensuite, le gouvernement met en avant le déficit budgétaire provoqué par lui-même avec de telles pertes fiscales pour imposer de la rigueur et de l’austérité au reste de la population. C’est dans ce cadre qu’intervient la hausse de la CSG.


En France les 39 milliardaires en dollars ont vu leur fortune grimper de 21 % au cours de cette seule année 2017, atteignant, au total, 245 milliards. Sur les vingt dernières années, les dix plus grandes fortunes françaises ont augmenté de 950 % ; bien loin des 35 % d’inflation dans la même période. Le CAC40 a progressé de 9,26 % cette année, bien loin de la progression des salaires et des pensions.

 

Les retraitées et les retraités ne sont pas des privilégiés

 

Non à la hausse de la CSG

 

Non à la baisse des pensions

 

Le 15 mars 2018
Journée nationale d’actions

« Beaucoup sont morts rongés par le charbon et l’amiante ». Le destin de privilégiés du rail

« Beaucoup sont morts rongés par le charbon et l’amiante ». Le destin de privilégiés du rail

 

13 Mars 2018
La lettre poignante d’un cheminot retraité

Un cheminot retraité a écrit cette lettre poignante à François de Closets, ce journaliste qui avait accusé les cheminots de « prendre dans ces conditions les Français en otage » sur LCI il y a quelques semaines. Sa lettre ouverte est en train d’inonder les réseaux sociaux, comme une remise au point tranchante sur les conditions de travail des cheminots, dont on mentionne si peu toutes les vies brisées à l’ouvrage.

lundi 12 mars

Crédit photo : Film « La bête humaine », Jean Renoir, 1938

Charles Nouailhetas


à Monsieur François de Closets,

 

J’ai travaillé sur les locomotives à vapeur de fin 1957 à mars 1967 et occupé le grade de MECRU (mécanicien de route) au dépôt parisien des Batignolles (là où fut tourné ’’La bête humaine’’) de février 1962 à juin 1981. Voyez-vous, le privilégié que j’étais est resté 14 années supplémentaires à un grade lié à la traction vapeur qui n’existait plus avant d’être promu au grade de CRRUP (conducteur de route principal).

 

Durant les années passées sur les locomotives à vapeur, j’ai perçu la fameuse prime charbon qui correspondait mensuellement à environ 15 euros d’aujourd’hui. Ceux qui m’apprirent alors ce très dur métier la percevaient aussi. Nombre d’entre eux avaient combattu ’’les armes à la main’’ comme ils disaient, l’envahisseur nazi. Jojo Mahieux avait même été promu ’’compagnon de la libération’’ par De Gaulle. Mais pour ’’toucher’’ la prime charbon, il fallait effectivement ’’brasser’’ des tonnes de ce minerai, avaler sa poussière qui tourbillonnait en continu sous l’abri, avaler aussi les fibres de l’amiante qui entourait tous les tubes et constituait les torchons servant à manier le ringard. Et pour quelques malheureux francs de l’époque, la plupart de ces travailleurs admirables sont morts prématurément, rongés par le charbon et l’amiante !

 

Lorsque vous avez publié votre livre ’’Toujours plus’’ au début des années 80, j’avais été outré, comme tous les anciens de la vapeur, par votre façon indigne de présenter les quelques retraités survivants de ce travail qui percevaient alors une infime partie de cette prime charbon dans leur pension, comme étant des privilégiés accrochés à des avantages dont la cause avait disparue depuis 20 ans !

 

Aujourd’hui, vous remettez ça. Trop c’est trop. Le seul pour qui cette prime charbon a été un privilège c’est vous. Elle a dû vous rapporter des millions pendant que mes camarades de la vapeur mourraient les uns après les autres pour avoir été exposés au charbon et à l’amiante dont vos poumons n’ont sans doute jamais connu les ravages. Puisque vous êtes ce que l’on présente comme un journaliste très compétent, communiquez sur le montant de cette prime et sur l’espérance de vie de ceux qui l’ont perçue. Vos lecteurs et auditeurs découvriront alors une réalité à l’opposé de ce que vous cherchez à démontrer depuis tant d’années et qui vous rapporte tant d’argent.

 

Vous êtes un falsificateur, un manipulateur grassement rémunéré pour participer à la démolition d’un service public où la conscience professionnelle est infiniment plus développée que celle que vous démontrez dans votre domaine d’activité.


En écrivant ce billet, j’ai, encore une fois, une pensée émue pour mon camarade Gérard Couëdel, décédé il y a 2 ans, rongé par le charbon et l’amiante. Il était un des derniers à percevoir quelques centimes d’euros pour cette prime à travers sa retraite. Désormais, autour de moi, c’est quasiment le désert parmi les anciens vaporeux. C’est pourquoi, pour eux, que je m’insurge contre vous. Vous êtes l’être le plus abject qu’il m’ait été donné de rencontrer. Vous êtes un charognard.


Soyez assuré de mon plus profond mépris.

 

Charles Nouaihetas

Pourquoi le gouvernement veut « se faire » les cheminots

Pourquoi le gouvernement veut « se faire » les cheminots

 

09 Mars 2018

Les libéraux et l’ensemble de la bourgeoisie en rêvaient, Macron et ses sbires vont le faire : s’attaquer à l’anomalie néolibérale que constituent la SNCF et ses cheminots, les priver de leur régime et de leur statut pour en faire une main d’œuvre moins coûteuse que vont pouvoir se répartir les entreprises privées qui se jetteront sur le juteux marché du rail lorsqu’il sera ouvert à la concurrence

Le réseau, moins rentable, restera à la charge du contribuable, car ce gouvernement est fidèle au premier précepte de ceux qui l’ont précédé : Nationalisez les pertes, privatisez les gains. On ne peut pas se dire surpris, on le sentait venir depuis un moment, avec les intenses campagnes de dénigrement de la SNCF et de ses travailleuses et travailleurs depuis plusieurs mois. Désormais, le gouvernement joue la fermeté thatchérienne et agite la haine et la division parmi la population, en ciblant le cheminot : “Voilà le privilégié !”. Pour contrer cette rhétorique écœurante, plusieurs mensonges sont à dénoncer, plusieurs vérités sont à rétablir :

 

“Le statut des cheminots creuse la dette de la SNCF”

 © Aurélie Garnier
 
© Aurélie Garnier
 

Depuis les années 1990, la dette de la SNCF a quasiment doublé. De quoi mettre des rictus scandalisés sur le visage de tout chroniqueur libéral, qui adore agiter la dette pour justifier tout et n’importe quoi. Pour le gouvernement, la chose est entendue : Pour résoudre la question de la dette, il faut supprimer le statut des cheminots.On ne voit pourtant pas bien le rapport. Les effectifs de cheminots n’ont cessé de diminuer : Entre 2005 et 2010, la SNCF a supprimé 14 200 postes et 4 500 entre 2010 et 2015. Pourquoi coûteraient-ils de plus en plus cher ?

 

Alors, qui s’amuse à creuser la dette ? Les investissements colossaux des dernières décennies pour la construction de lignes grandes vitesses (LGV), obsession contemporaine pour relier des métropoles entre elles, sont bien plus responsables. Prenons l’exemple de la LGV Bordeaux-Tours : Lisea, société créée par Vinci qui reste son principal actionnaire, devait financer entièrement le chantier de la LGV Tours-Bordeaux au sein d’un “partenariat public-privé”. Or, elle n’a finalement consenti qu’à 2,4 milliards d’euros sur les 7,6 de coût total, le reste au frais de subvention publique et de la SNCF. En outre, elle a aussi fait pression pour augmenter le nombre de rames, bien au dessus des besoins du marché et donc plaçant l’opérateur, la SNCF, dans une situation de client captif et à perte. Pourtant, Lisea percevra durant 44 ans la totalité des péages. Addition annuelle pour la SNCF : 250 millions d’euros de déficit annuel.

 

Qui creuse la dette ? Les politiques et hauts cadres de la SNCF qui ont consenti des montages aussi foireux au profit du privé, ou les cheminots ? L’argument du gouvernement reviendrait à dire que nous payons plus cher nos autoroute à cause de leurs agents d’entretiens, alors que chacun sait désormais qu’en vendant des autoroutes déjà rentabilisés à des sociétés privés (dont Vinci), l’Etat s’est tiré une balle dans le pied, et a flingué notre portefeuille.

 

“C’est scandaleux que les cheminots conservent leur statut alors que des agriculteurs n’ont pas de retraites”

 © Aurélie Garnier
© Aurélie Garnier
 

Si l’on suit ce raisonnement, il est scandaleux que des agriculteurs ait un toit alors que des tas de SDF dorment dans la rue par ce froid. Il est scandaleux que des gens aient un CDI pendant que d’autres sont en intérim. Scandaleux que les infimières des hôpitaux se plaignent de leurs conditions de travail alors que c’est encore pire dans les EHPAD. Mais n’est-il pas plus scandaleux que les 1% les plus riches de notre pays ait capté 82% des richesses créées en 2017 ?Oui, c’est nettement plus scandaleux car il y a un lien de cause à effet : Nous subissons tous, à des degrés divers, l’accaparement des richesses par les 1% les plus riches, alors que, non, le statut des cheminots ne fait de mal à personne, surtout pas aux agriculteurs, qui ont bien d’autres ennemis : la Grande distribution, les coopératives et les sociétés comme Lactalis, les fabricants de pesticides qui leur donne le cancer… Mais pas les cheminots ! Le statut des cheminots aura beau être supprimé, ça ne tombera pas dans les proches des agriculteurs ou des salariés du privé, bien au contraire !

 

Avec la réforme par ordonnances de la SNCF, le gouvernement suit une stratégie déjà mise en oeuvre par Thatcher et Reagan au Royaume-Uni et aux Etats-Unis : S’en prendre aux secteurs les plus syndiqués, les plus solidaires (les contrôleurs aériens pour Reagan, les mineurs pour Thatcher), attirer la vindicte de la population contre eux, leur supprimer leurs droits… Et ce faisant, réduire la norme généraleen terme de droits sociaux pour tout le monde. C’est ce qui se passe actuellement avec les cheminots. Le gouvernement veut “se les faire”, parce qu’ils évoluent avec un régime de formations, de retraites et d’indemnités qui est très social, trop peu libéral, puisque l’entreprise comme les salariés y cotisent plus : Ce régime est la démonstration qu’on peut prendre une partie de la valeur ajoutée d’une organisation et la répartir équitablement au sein d’un collectif de travail. Or, le gouvernement veut l’inverse pour nous tous : L’ubérisation, où chaque travailleur est isolé et économise tout seul de son coté pour des risques pourtant liés au travail (accidents, maladies, vieillesse…), dont l’entreprise peut se laver les mains, contrairement à la SNCF qui est soumise à de multiples responsabilités sociales et sanitaires.

 

Qu’est-ce que les autres groupes professionnels vont gagner de la suppression du statut de cheminot ? A court terme, la satisfaction malsaine de se dire que “c’est bien fait pour eux, y’a pas de raison que moi je trime sans compte pénibilité et pour partir plus tard à la retraite, et qu’eux non !” A long terme, un effet simple et avantageux pour le patronat : Il n’y aura plus de catégories “privilégiées” auxquelles vous pourrez vous comparez, de système que vous pourrez revendiquer. Le privilégié, ce seravous. Le prochain groupe professionnel sur la liste, c’est sans doute le vôtre. Alors, on se réjouit que le mieux loti tombe, ou on se bat avec lui pour avoir la même chose que lui, à savoir une meilleure répartition des gains d’un collectif de travail ?

 

“L’ouverture à la concurrence va faire baisser les prix et améliorer la qualité du service”.

 © Aurélie Garnier
© Aurélie Garnier
 

Pour le gouvernement, détruire l’idée même qu’un régime de retraite puisse permettre de partir plus tôt dans certains cas et que la pénibilité soit prise en compte est un bonus au sein d’une affaire plus vaste : Celle qui consiste à offrir aux entreprises privés qui investiront le lucratif marché du rail dans quelques années la possibilité d’avoir une main d’oeuvre peu coûteuse, sans trop de normes en matière de formation ou de sécurité. Bref, un marché ouvert, déréglementé et sans contraintes.Et que nous rapportera cette concurrence en lieu et place du sordide monopole actuel ? L’exemple du fret français et du transport de voyageur britannique peuvent nous servir de boule de cristal, et attention les yeux : 

 

En France, le transport de marchandise a été ouvert à la concurrence en 2006. Le bilan est catastrophique, sauf si l’objectif était de tuer l’activité : Alors qu’en 1947, 75 % des marchandises transitaient en France par le rail, ce taux n’est plus que de 10 % en 2014. De 1990 à 2015, le transport routier de marchandises a crû de 40 % tandis que le transport ferroviaire baissait de 34 %. La part modale du transport routier atteignait 85 % en 2014, contre 82,6% en 2008. La France est le seul pays d’Europe occidentale où le fret s’est effondré à ce point en quinze ans. Pour la SNCF, la concurrence a causé plus du doublement de la dette imputable au fret entre 2008 et 2014, selon la Cour des comptes. Pas les cheminots, l’ouverture à la concurrence du fret !

 

Si vous traversez la Manche, vous ferez un saut dans un futur plutôt moche : 20 ans après la privatisation de British Rail, la qualité du transport ferroviaire s’est fortement dégradée : Hausse incontrôlée du prix des billets (Estimée à +27% en moyenne depuis 2010), trains supprimés et réduction du personnel conduisent près de deux Britanniques sur trois à souhaiter une renationalisation complète. Ils déboursent chaque mois six fois plus que les Français simplement pour se rendre sur leur lieu de travail. 14% de leur revenu mensuel, très exactement, contre 2% pour les usagers de l’Hexagone.  Sympa non ?

 

Les récents sondages décrivent une opinion publique soutien du gouvernement. A croire que les salarié.e.s du privé à qui on a retiré une flopée de droits en septembre dernier, les fonctionnaires que le gouvernement harcèle constamment ou encore les personnels des services et du commerce qui croulent sous un management dégueulasse se disent qu’il n’y a pas de raison qu’il existe encore dans ce pays un îlot de travailleuses et de travailleurs qui ont encore une sécurité sociale efficace, qui peuvent partir à la retraite un peu avant que leur boulot ne les tue, qui cotisent plus pour avoir plus de droits. Qu’il n’y a pas de raison qu’eux aussi ne connaissent pas les affres du RSI, les faibles remboursements de la MSA, les queues aux caisses primaires d’assurance maladie. Ce raisonnement est presque compréhensible quand on sait combien les gens souffrent, mais il est le signe terrible d’un peuple divisé, de travailleuses et de travailleurs pour qui la solidarité de classe a cédé la place au ressentiment entre corporations que les puissants opposent les unes aux autres en bons cyniques qu’ils sont. Eux regardent cela de haut et se marrent : “Qu’ils continuent de cracher sur les cheminots pendant que nous augmentons nos milliards sur leurs dos à tous”. Refusons ce scénario qu’ils ont écrit d’avance pour nous. Faisons dérailler leurs plans dégueulasses et soutenons les cheminots. La manifestation est le 22 mars.

Pourquoi on ne peut pas esquiver le bilan? y compris face aux élections européennes

Pourquoi on ne peut pas esquiver le bilan? y compris face aux élections européennes

 

02 Mars 2018

Permettez un détour dont je suis coutumière et qui paraît parfois inutile à la démonstration, mais je pense ainsi et tout à coup dans une situation, une image s’impose et m’aide à préciser une intuition. C’est le fonctionnement de ce blog comme l’est l’acceptation du côté brouillon, notes jetées à la hâte en vue d’un approfondissement ou d’un livre et donc le peu de souci de la ponctuation, la nécessité de faire avec un clavier sur lequel il n’y a plus de lisible que le X, le W, le K et le J.

 

La réflexion d’un lecteur en réponse à ma proposition ou plutôt celle de Nicolas Cossange de constituer dès maintenant une liste communiste pour les Européennes ouverte à ceux qui luttent contre la politique de Macron inspirée par l’Europe a été

 

« Présenter des listes tout de suite c’est bien de le faire mais sans programme clair, sans une idée-force facilement identifiable et parlante c’est juste précipiter un résultat à 2%. Se présenter maintenant, avec un programme ou une ligne politique semblable à celle de la FI c’est se condamner d’avance étant donné la faiblesse du parti (en communication, organisation, forces vives, pognon). On ne part pas en guerre avec une armée défaite, divisée, désorganisée, sans fournitures et dont les officiers sont incapables de définir et de tenir une stratégie claire pour la campagne. »

 

C’est-à-dire la situation, selon ma propre analyse,  où nous a laissés 20 ans de positionnement dans le sillage d’un Parti socialiste totalement acquis à la politique européenne et qui non seulement le paye, mais nous entraîne dans sa déroute ? L’affaire Melenchon sur laquelle on prétend nous faire nous obstiner à la manière dont les espagnols traitent de l’Eglise catholique, les uns avec un cierge, les autres avec un gourdin, n’est que l’aboutissement de ces 20 ans de vassalisation, l’avatar ultime d’un effacement, d’une destruction de notre parti.

 

Ce lecteur avait raison, mais en rester là c’est tirer le rideau et se démobiliser.  La réponse du lecteur s’adressait à ma proposition mais à ceux de mes camarades légitimistes proches de la direction qui prétendaient au nom des luttes esquiver la question du bilan et préparer ou tenter de préparer en sous main une liste avec Hamon ou quelques autres du même acabit, bref envoyer dans le mur ce Congrès extraordinaire comme le précédent en faisant sonner le clairon.

 

J’ai eu donc une vision empruntée à mes érudites lectures quand j’étais médiéviste. j’ai pensé à une scène des mémoires du sire de Joinville qui fait le compte rendu de la croisade de Saint Louis dont il est le confident et le conseiller. Il y a dans ces mémoires un charme incroyable celui d’un homme désintéressé mais toujours en proie aux soucis d’argent, d’une naive rudesse et souvent excédé par le comportement mystique du roi et attentif à la vie quotidienne des troupes.

 

Donc la scène qu’il décrit et celle de la débâcle de l’armée de Saint Louis. Les croisées se sont pris une peignée pas possible, c’est une armée d’éclopées, la peste rode… un espèce d’excité se dresse sur un monticule et prétend les renvoyer à l’assaut. Il leur parle du Christ et de son tombeau qu’il faut enlever aux infidèles. le sire de Joinville se contente de cloturer la scène par un « Ils ne le crurent point »

 

Voilà pourquoi la question du bilan est indispensable parce que personne ne peut croire mener le combat sans un état lucide de là ou nous en sommes et de ce qui est possible, nécessaire par rapport à des objectifs clairs.

 

C’est pourquoi la question des européennes, celle de la consitution aujourd’hui d’une liste communiste a besoin de réalisme, de savoir exactement là où nous a conduit la stratégie que pour ces européennes la direction s’aprête encore et toujours à renouveler jusqu’à ce que mort s’enuive. Il faut que la décision que nous prenons soit assorti d’un bilan à tous les sens du terme y compris comptable.

 

Notre principal atout est la conscience d’un grand nombre de communistes de la nécessité de ce parti, bien sûr parce qu’ils sont attachés à leur histoire, mais surtout parce qu’ils sont conscients des périls, qu’ils savent que la politique de Macron, celle de l’UE et donc du grand capital, la vague de droite et d’extrême droite qui se prépare et dont l’autoritarisme de macron témoigne va aller toujours plus loin. Il faut donc un parti communiste bien ancré dans le monde du travail, ceux qui aujourd’hui luttent mais dont la voix est étouffée. Ils savent que le problème n’est pas que les médias étouffent notre voix, nous y avons contribué, mais l’enjeu est que ceux qui ont entrepris de lutter sachent qu’en étouffant la voix des communistes c’est la leur que l’on rend inaudible. Cela suppose une tout autre stratégie et de dénoncer y compris pour ces européennes celle que l’on mène depuis 20 ans.

 

Comment est-ce que cela peut se concrétiser, les communistes doivent en juger, faisons leur confiance. Il n’y a pas d’autre possible.

 

Si nous avions le malheur de poursuivre sous prétexte de sauver les meubles et d’éviter ce bilan, les communistes, comme diraient le sire de Joinville, ne le croiraient point et encore la grande masse de notre peuple qui nous croit morts.

 

danielle Bleitrach

Transports SNCF Rapport Spinetta FD CGT 20 02 18

Version PDF

 

Transports SNCF Rapport Spinetta FD CGT 20/02/2018

 

2018 Transports SNCF Rapport Spinetta FD CGT 20 02 18 Page 1

2018 Transports SNCF Rapport Spinetta FD CGT 20 02 18 Page 2

 

 

Vers une hausse des inégalités entre retraités et une pression accrue sur les retraites

Vers une hausse des inégalités entre retraités et une pression accrue sur les retraites

 
25 Février 2018

Pourquoi s’il n’y a pas un mouvement fort, il est clair que dans le cadre de l’UE, les mesures contre les retraités ne vont cesser de se développer, ce qui se passe en Grèce où Tsipras (qui est toujours un partenaire de la Gauche européenne) a baissé pour la dixième fois les retraites n’est que le signe avant-coureur de ce qui va être imposé et que l’article ci-dessous justifie. Comme notre blog l’a montré en Espagne il y a déja une forte réaction contre cette politique qui dépouille les anciens pour toujours plus gonfler les profits et les budgets militaires. 
 
(note de danielle Bleitrach)
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L’attention que les citoyens européens accordent à leur retraite a pris de l’ampleur depuis la crise : à titre d’exemple, les Italiens sont désormais 16 % à considérer cette question comme un des deux enjeux majeurs auxquels doit faire face leur pays, contre 8 % il y a dix ans. C’est d’ailleurs l’un des principaux sujets en débat à l’approche des élections générales italiennes qui doivent se tenir le 4 mars prochain ; les partis de droite s’étant d’ores et déjà mis d’accord sur une annulation des hausses progressives de l’âge de départ en retraite prévues par la réforme de 2011. En France, le président Emmanuel Macron propose – sans toucher aux paramètres d’âge et de durée de cotisation – de rendre le système de retraite plus lisible en en faisant un système « à points ». Ce projet délicat a pour l’instant été reporté à 2019.

 

Dans toute l’Europe, la question des retraites est amenée à prendre une place centrale dans les débats économiques et sociaux à venir. D’une part, à cause des pressions croissantes qui pèsent sur les budgets publics et, d’autre part, aux vues des évolutions démographiques. En 2050, l’OCDE devrait ainsi compter plus de 50 retraités pour 100 actifs, soit le double du ratio de 2015. Ce taux devrait même atteindre plus de 70 retraités pour 100 actifs en Espagne et en Italie.

 

Outre la progression de l’espérance de vie, qui augmente le nombre d’années passées en retraite (19,6 ans pour les femmes et 14,6 pour les hommes en 1990, contre respectivement 22,5 et 18,1 ans aujourd’hui en moyenne dans l’OCDE) et donc les pensions perçues, l’arrivée en retraite de la génération des baby-boomers et la stabilisation des taux de natalité à un niveau relativement bas dans l’ensemble de l’OCDE risquent de se traduire soit par une baisse des taux de remplacement1 pour les futurs retraités, soit par une hausse des dépenses des Etats pour leurs systèmes de retraite.

 

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L’Etat décide de brader les barrages hydro-électriques aux appétits du privé !

23 février 2018

Déclaration de la FNME-CGT - Zélés serviteurs du libéralisme européiste, les représentants du gouvernement français avancent des propositions à la Commission européenne pour accélérer la privatisation des barrages hydro-électriques - Dans le secret le plus total ...

 

L’Etat décide de brader les barrages hydro-électriques aux appétits du privé !

 

Depuis plusieurs années, la Commission européenne par la voix de la direction générale de la concurrence, tentait de tordre le bras à l’Etat français pour mettre en concurrence les concessions hydrauliques. La lutte des travailleurs de l’hydro-électricité a permis de bloquer ce processus de privatisation des barrages tout en maintenant le dialogue quant à l’avenir de ce secteur industriel primordial pour l’avenir énergétique.

 

Une rencontre intersyndicale avec Matignon a eu lieu ce jour. La FNME-CGT a découvert que l’Etat français, en bon soldat du libéralisme, avançait des propositions à la Commission européenne sans qu’elles n’aient été soumises à discussion en dehors des murs des ministères, notamment avec les premiers concernés : les représentants des salariés et des entreprises !

 

Ces propositions accélèrent la privatisation des barrages, dans un modèle incohérent et limitant fortement les possibilités des opérateurs en place de pouvoir continuer d’exploiter leurs ouvrages hydrauliques. Cette proposition va à l’encontre des discussions menées jusqu’à présent, il s’agit là une nouvelle fois de la méthode royaliste de M. Macron totalement antidémocratique.

 

Comment peut-on décider de brader la production d’électricité hydraulique quand, dans le même temps, tout le monde s’accorde à dire que ces moyens de production pilotable seront essentiels pour assurer l’équilibre entre production et consommation d’électricité, afin d’éviter des coupures généralisées ?

 

Comment peut-on décider de démultiplier le nombre de propriétaire des concessions hydrauliques, désorganisant ainsi le système hydro-électrique et ouvrant la boîte de Pandore aux entreprises énergétiques étrangères n’ayant que faire des besoins énergétiques de la Nation française ?

 

A l’échelle européenne, seule la France décide de perdre le contrôle de sa production hydro-électrique, l’ensemble des autres Etats membres ayant plus tendance à être protecteurs.

 

La FNME-CGT propose que l’ensemble des usages de l’eau soit constitutionnalisé et redevienne un service public.

 

La FNME-CGT et ses syndicats ne laisseront pas l’Etat français aller à l’encontre des besoins de la Nation. Les salariés de l’hydro-électricité sont fortement mobilisés pour défendre le service public de la production d’électricité hydraulique.

 

Dès les prochains jours, la FNME-CGT organisera la riposte à ce mauvais coup gouvernemental. Il est grand temps, en parallèle du débat sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie, de s’emparer de l’avenir énergétique de la Nation et notamment de son secteur hydro-électrique.

UN HOMME EST MORT un film d’Olivier Cossu : à voir absolument

Publié par El Diablo

 

UN HOMME EST MORT un film d’Olivier Cossu : à voir absolument

ci-dessous lien vers la bande annonce du film :

ci-dessous lien vers la bande annonce du film :

Brest, 1950. La guerre est finie depuis cinq ans. De la ville, il ne subsiste plus rien. Des bombardements massifs et des combats acharnés de presque un mois ont anéanti la ville, son port, son arsenal. Des milliers d'ouvriers vont s'atteler à la reconstruire, pierre à pierre. Mais face aux mauvaises conditions de travail, la contestation gronde, et la grève éclate bientôt. De violents affrontements surviennent lors des manifestations. Jusqu'à ce qu'un homme tombe. 
 

Le lendemain, appelé par la CGT pour tourner un film sur le mouvement, René Vautier débarque clandestinement à Brest.

http://www.communcommune.com/2018/02/un-homme-est-mort-un-film-d-olivier-cossu-a-voir-absolument.html

Ordonnances Macron, forfait jour de l'encadrement

Ordonnances Macron, forfait jour de l'encadrement

Publié le 17 Février 2018

  Tirer tout le jus

  de tous les citrons

Ordonnances Macron, forfait jour de l'encadrement.

 

En catimini, le gouvernement a mis fin au volontariat pour les forfaits jours via un amendement intégré à la 6ème et dernière ordonnance travail en Commission Mixte Paritaire.

 

Communiqué de l'UGICT CGT 

 

Le forfait jour (régime de temps de travail unique en Europe dans lequel le temps de travail est compté en jours par an, plutôt qu’en heures par semaine, mois ou année) concerne désormais plus de 50 % des cadres français.

 

Le forfait jour génère un accroissement très important du temps de travail : les cadres au forfaits jours travaillent en moyenne 46h30 heures par semaine. On ne démontre plus l’impact de ces horaires à rallonge sur la santé et le lien de causalité immédiat avec l’explosion du nombre de burnouts, notamment chez les femmes.

 

Cet amendement permet d'imposer un régime de forfait jours ou heures et de modifier un régime de forfait jours ou heures existant sans avoir besoin du consentement du salarié.

 

C'est la première fois en droit français que le consentement du salarié n'est plus requis en cas d'application d'un régime dérogatoire au temps de travail. Un accord d'entreprise pourra ainsi imposer à des salariés un forfait heures ou jours ou augmenter le nombre de jours travaillés.

 

Suite aux plaintes déposées par l'Ugict-CGT, la France a déjà été condamnée à quatre reprises par le Comité Européen des Droits Sociaux (CEDS, uridiction du Conseil de l’Europe chargée de contrôler le respect de la Charte sociale européenne) pour son régime de forfait jour, dû au fait que celui-ci qui ne garantit ni le respect du droit au repos, ni les obligations de l'employeur en matière de protection de la santé des salariés.

 

Cette jurisprudence a 15 annulations d’accords de branche par la Cour de Cassation. Celle-ci enjoint régulièrement le législateur à modifier la réglementation en matière de forfaits jours pour respecter les droits fondamentaux des salariés.

 

Le gouvernement faisait jusque là l’autruche sur cet aspect de l’organisation du temps de travail des cadres.

 

Avec cet amendement, son choix est désormais clair, et va dans le sens d’une remise en cause frontale des droits et principes fondamentaux en matière de temps de travail.

 

En décembre 2017, dans le cadre de la réforme du Code du Travail de 2016, la CGT et la CFE-CGC, ont saisi ensemble le CEDS pour la 5ème fois contre la législation des forfaits jours.

 

L’Ugict-CGT interpelle solennellement la Ministre du Travail et demande que cet amendement soit retiré sans délais.

 

À Montreuil, le 15 février 2018

 

Rédigé par Canaille le Rouge

Services publics avenir de la SNCF et du transport ferroviaire, un affrontement politique voulu par le pouvoir.

Services publics avenir de la SNCF et du transport ferroviaire, un affrontement politique voulu par le pouvoir.

 

Publié le 17 Février 2018

 La fédération CGT des cheminots

 prend ses responsabilités

Services publics avenir de la SNCF et du transport ferroviaire, un affrontement politique voulu par le pouvoir.

 

LE 22 MARS 2018 : LE RETOUR DES CHEMINOTS À PARIS !

 

Manifestation nationale

 

 | Espace presse

Les conditions climatiques avaient contraint la Fédération CGT des Cheminots à reporter la manifestation nationale prévue le 8 février dernier. Conforme à ses engagements, la Fédération CGT donne à nouveau rendez-vous aux cheminots, aux associations d’usagers, aux usagers eux-mêmes le 22 mars prochain à Paris.

 

Les motivations qui avaient conduit à l’organisation du 8 février demeurent.

 

La Fédération CGT des cheminots travaille depuis plusieurs mois, en cohérence avec ses syndicats locaux à rassembler les cheminots autour des questions d’organisation de la production ferroviaire, de la réponse aux besoins des populations, du maintien et du développement du service public ferroviaire en tous points du territoire.

 

La direction SNCF et le gouvernement veulent en finir avec le train. Le rapport SPINETTA, paru le 15 février dernier, constitue la 4ème mauvaise solution proposée après le projet de loi NÈGRE/MAUREY, les assises des mobilités, le rapport DURON.

 

Le gouvernement confirme donc sa politique anti-ferroviaire. La direction SNCF, quant à elle, semble satisfaite d’un texte dont une partie significative a vraisemblablement été rédigée par elle-même.

 

Cette manifestation constitue donc une nouvelle étape dans une démarche plus globale qui vise à amplifier les convergences entre cheminots et usagers afin de gagner un service public SNCF de qualité.

 

Les recommandations de ce rapport vont à l’inverse du développement du service public ferroviaire : ouverture à la concurrence, fermeture programmée de 4000 à 9000 km de lignes d’ici 2026, filialisation du FRET SNCF, transformation des EPIC Mobilités et Réseau en sociétés anonymes, possibilité de mettre un terme aux recrutements à statut, transférabilité des cheminots, etc…

 

La Fédération CGT des cheminots réaffirme que l’heure n’est pas au sabordage du chemin de fer français mais bien à son maintien et à son développement face aux défis environnementaux, sociaux et d’aménagement des territoires auxquels la Nation est confrontée.

 

Par le passé, de nombreux rapports ont fini dans les archives des ministères. Il reste encore de la place dans les armoires.

 

Si d’aventure, le gouvernement décidait de reprendre ses mauvaises propositions et tentait le passage en force, la Fédération CGT, avec les cheminotes et les cheminots, mettrait tout en oeuvre afin d’envisager un autre avenir pour le service public ferroviaire que celui tracé par la direction de la SNCF et le gouvernement.

 

C’est à ce titre et conformément à ce qu’elle avait annoncé le 8 février dernier, que la Fédération CGT appelle les cheminotes et les cheminots ainsi que toutes celles et tous ceux qui veulent en finir avec la casse de l’entreprise publique SNCF, à s’inscrire massivement dans la manifestation nationale des cheminots le 22 mars 2018 à Paris.

 

« La SNCF, certains veulent la descendre, NOUS, on la défend »

Rédigé par Canaille le  Rouge

52ème congrès de la CGT- Etre ou ne pas être ?

Une contribution au débat des militants.

52ème congrès de la CGT- Etre ou ne pas être ?

 

« Celui qui n’a pas d’objectifs, ne risque pas de les atteindre ! »
Sun Tzu (6e siècle av J-C)
 

Le 52e congrès de la CGT va t’il (enfin ?) permettre de débattre des causes véritables de cette torpeur qui s’est abattue sur le syndicalisme français.

 

Pourtant, un contexte national et international aux enjeux inédits impose à celui-ci le besoin de se hisser à la hauteur de ce qu’ils exigent. Cette nouvelle période qui n’est pas sans risques n’est pas non plus sans opportunités ! C’est ce que viennent de démontrer les métallos allemands ! Toute la CGT se doit de prendre la juste mesure de ces défis et assumer les responsabilités qui sont les siennes ! Le prochain congrès confédéral de 2019 à Dijon le permettra t’il ? Telle est la seule question qui vaille. !

 

1-Faire un bilan !

 

Aujourd’hui à contre-courant des réalités, certains dirigeants syndicaux semblent vouloir se rassurer en se réfugiant dans un immobilisme fait d’incantations, de bonnes intentions parfois de compromission et de stratégies aléatoires. Contrairement à ce que l’on vient de vivre en Allemagne où les travailleurs de la métallurgie ont imposé leur ordre du jour, le calendrier social en France est fixé par E. Macron, son gouvernement et le patronat, les syndicats s’y tiennent, CGT compris ! Le décalage entre ce conformisme fait parfois de placidité et les besoins des travailleurs est saisissant.

 

Il est de plus en plus préoccupant, car il touche à la crédibilité du syndicalisme, à son utilité, à sa réputation et donc à son existence en France et ailleurs, au fond à sa place dans la société ! Bien sûr l’affaiblissement de la CGT n’arrange pas les choses.

 

C’est bien sur les causes de cet affaiblissement auxquels il faut réfléchir pour agir en conséquences.

 

A t’on pris la juste mesure de cette « guerre sociale » à laquelle se livre le Capital fait de haine et de répressions sans précédents vis-à-vis de ceux qui sont à la tête des luttes ? Le but est pourtant de casser les avancées sociales, placer le syndicalisme en état perpétuel de défensive, imposer le recul social comme une évidence inéluctable à laquelle il faudrait se soumettre dans l’hypothétique retour à des jours meilleurs !

 

La raison principale de cette situation préjudiciable pour le monde du travail est due au fait que le Capital ne renonce jamais à ses objectifs destructeurs et au fait que le syndicalisme préfère nier cette réalité. On cause, en se revendiquant de la lutte des classes, mais on n’en tire aucune conséquence. Or, il ne suffit pas de constater la détresse des gens, « et voir dans la misère que la misère », il faut prendre en compte l’antagonisme radical de la contradiction capital/travail. En est il ainsi ? C’est loin d’être évident !

 

Il est quand même remarquable que des économistes libéraux reconnaissent aujourd’hui la validité des analyses de Marx sur la nature de la crise du capitalisme mondialisé et ses inquiétantes perspectives(Patrick Artus pour Natixis) pendant que des syndicalistes se contentent du constat « ça va mal » !

 

Car au fond la lutte de classes tout le monde en parle même des milliardaires US comme Warren Buffet, mais pour le syndicalisme en termes d’actes concrets, de stratégie, cela signifie quoi ?

 

Va-t-on enfin réfléchir au bilan syndical de ces 30 dernières années, et pour ce qui concerne la CGT au prix à payer d’une mutation, d’un recentrage qui l’aura profondément déstabilisée et affaiblie. Considère-t-on cela comme une fatalité, ou encore par l’éternel formule censée tout expliquer : « c’est compliqué » Va t’on débattre des nombreux sujets auquel on s’est habitué à ne pas répondre et qui loin de mobiliser l’adhésion des militants comme des travailleurs provoquent de nombreuses interrogations, tout particulièrement de la part des jeunes.

 

2- Se réapproprier la CGT !

 

Va-t-on enfin rompre avec l’auto satisfaction, le ronron, les états d’âme, les formules creuses qui veulent tout dire et ne rien dire ? Va t’on par exemple préparer le congrès de la CGT en accablant les militants de directives et continuer à fonctionner selon le principe : « ceux qui décident, et ceux qui appliquent » ! Où va t’on considérer le congrès comme une opportunité et donner la parole à ceux qui la réclament ?

 

Une chose est certaine on ne répondra pas par la fuite en avant, le repli sur soi, encore moins par l’autisme, l’autoritarisme, l’obstination ou la cécité.

 

Pire encore, vouloir cadenasser une expression contradictoire avec la « pensée officielle de la direction » entraînerait de nouveaux déboires. La CGT n’en a pas les moyens, si tentés qu’un jour elle les a eus ! Son unité et sa cohésion sont à ce prix.

 

Il faut libérer la parole, qu’on en finisse avec les calculs mesquins d’appareil, le « politiquement correct », « le pragmatisme »les plans de carrière, les nom dits, les exclusions, la « professionnalisation » rampante au détriment des valeurs du militantisme ?

 

Pourquoi faudrait-il accepter d’être traité avec condescendance comme si les militants de la CGT n’étaient pas majeurs et capables d’assumer pleinement leurs responsabilités, leurs choix, à tous les niveaux de l’organisation ?

 

Pourquoi faudrait-il accepter d’être dépossédé d’un droit d’inventaire légitime, s’en tenir à la délégation de pouvoir, au chèque en blanc et bannir la discussion franche sur les sujets dérangeants ?

 

Ne faut il pas créer les conditions partout d’une réappropriation de la CGT par ses adhérents eux mêmes ! Ne faut il pas que cela se reflète démocratiquement dans les discussions comme dans la désignation et l’élection des délégués, la composition de la future direction de la CGT, y compris dans le choix du secrétaire général ?

 

La CGT représente une somme d’intelligence et de dévouement, une histoire prestigieuse faite de valeurs et de principes qui devraient guider une ambition pour contribuer à cette mobilisation indispensable du monde du travail. N’est ce pas ce qui fait défaut ? N’est ce pas ce qui devrait être le véritable ordre du jour d’un congrès transparent, offensif, combatif et fraternel ?

 

A cette question légitime, va t’on répondre en bredouillant des formules creuses du type « c’est un problème », cette rhétorique dont Philippe Martinez a pris l’habitude, ou clarifier ce qui doit l’être ? Un secrétaire général de la CGT doit défendre une vision ! On peine à savoir ce qui est la sienne. Entre diriger et gérer au jour le jour, on attend de la part des dirigeants de la CGT des choix clairs. A l’évidence on n’en est pas là ! On peut même être parfois stupéfait par l’inanité des leurs propos.

 

Voilà pourquoi, cela suppose de rompre avec les pratiques anciennes qui aboutissent à la confiscation du débat par quelques-uns et plus encore à des prises de décisions incertaines qui ne reflètent qu’en partie les choix démocratiquement exprimés.

 

Le syndicalisme doit changer c’est une évidence. Pour sa part le problème auquel la CGT est confrontée depuis des années est celui de son orientation, de son programme revendicatif, de sa stratégie ! Cela fait beaucoup ! Ses adhérents tout comme les travailleurs doivent savoir où elle se situe. On ne le sait plus vraiment !

 

3-Apporter des réponses aux questions qui se posent !

 

Il en est ainsi sans doute parce que l’on évite de parler de l’essentiel ?

 

*Dans ses rangs certains pensent qu’il faudrait accélérer « la mutation », « le recentrage »et s’adapter. Cette approche est encouragée et soutenue par différents groupes de pression, fondations, centres de recherche et autres qui s’inquiètent et considèrent le syndicalisme en France et l’existence de la CGT comme une anomalie au regard de celui qui domine en Europe. Leur but serait de rendre celle-ci compatible avec cette vision d’un syndicalisme qui considère dorénavant le capitalisme mondialisé comme un horizon indépassable et la construction européenne comme une nécessité incontournable.

 

Ceci soulève une question à laquelle le congrès de la CGT se devrait de répondre : un autre capitalisme est il possible, un capitalisme qui serait plus moral, moins corrompu, moins autoritaire, moins dictatorial, plus démocratique, plus transparent, moins prédateur ? On sait que la CES, la CSI en rêvent et veulent donner au capitalisme un visage présentable. En soit leur démarche n’est pas sans cohérence avec leur pratique, mais au moins de leur part on sait ainsi à quoi s’en tenir !

 

Mais pour la CGT qu’en est il ? Il faut répondre clairement : son rôle peut il être d’humaniser le capitalisme ou doit elle en toute indépendance en prendre le contre-pied, en confrontant la logique du système lui même ? Faut-il s’accommoder de profits et de dividendes toujours plus élevés, de gâchis financiers faramineux, que l’on fait supporter au travail ?

 

C’est pourquoi et comme dans la recette du « pâté d’alouettes », faut-il continuer à parler de partage des richesses, des ressources quand le travail enrichit toujours plus le 1%, et que les inégalités explosent ?

 

La CGT ne doit elle pas ré affirmer clairement son anticapitalisme ? Sujet politique dira-t-on : et alors ? N’est ce pas non plus la responsabilité de la CGT de contribuer à ouvrir une perspective, donner confiance, redonner espoir. D’avoir déserter ce terrain n’a t’il pas contribuer à brouiller l’image qui est la sienne. La CGT a toujours nourri le débat politique depuis qu’elle existe. Quel bilan faut il faire depuis qu’elle s’en est distanciée. Quand la très politique Union Européenne assure son financement après l’avoir tenu sur les fonts baptismaux, la CES ne fait-elle pas de politique ?

 

*Autre question, faut il fonder notre vision en privilégiant la place et le rôle des individus, cette fausse liberté qui entretient les égoïsmes ou contribuer à une prise de conscience collective fondée sur des intérêts de classe à défendre en commun dans l’entreprise comme au niveau international ? Quel sens donnons-nous encore au concept de classe ouvrière, est il pertinent ?

 

Depuis toujours le Capital cherche à détruire les liens, les solidarités qui unissent les travailleurs entre eux. Ils ne ménagent pas ses efforts pour les diviser et les opposer entre eux.

 

La prétendue casse du code du travail que certains seraient près à négocier s’accompagne ainsi d’un discours démagogique qui vise à faire admettre qu’au fond, le salarié peut régler ses problèmes lui même ! C’est là un danger pour le syndicalisme lui-même parce que cela met en cause sa place mais aussi le sens, la légitimité, l’efficacité des luttes collectives qui sont les seules à contribuer au progrès social.

 

Il faut donc redonner du sens aux valeurs qui sont celles du monde du travail et qui passent par l’unité, la solidarité et l’action collective émancipatrice.

 

C’est aussi le cas de la référence à la « société civile »au détriment de « l’état » jugé dorénavant suspect. N’est elle pas au fond une mystification dont on use et abuse en légitimant de manière systématique le rôle des individus qu’expriment le rôle grandissant des ONG engagées dans la défense des problèmes sociétaux ? ? Et si tel est le cas quel doit être le rôle, l’action et le type d’organisation qu’il faut privilégier, si comme syndicat et si comme elle le prétend la CGT se réclame de la lutte des classes ?

 

*Faut-il continuer d’ânonner cette formule suicidaire du « syndicalisme rassemblé » qui se réduit à vouloir partager des positions quand l’on sait qu’elles sont inconciliables ? La CGT a besoin de se reconstruire par elle même en toute indépendance pas en association avec d’autres qui d’ailleurs n’en ont nullement l’intention.

 

*Faut-il s’en tenir aux journées d’action sans lendemain, excluant toute volonté de bloquer les secteurs stratégiques de l’économie, là où se concentre le pouvoir du Capital. Faut-il renoncer à la grève générale ce qui serait selon certains une conception désuète. Pourquoi serait-elle désuète ? Cela mérite une discussion. Faut-il se satisfaire de grèves par procuration ? Cela ne suffit pas d’applaudir au succès des métallos allemands, ne faut-il pas réfléchir au fait que leurs résultats sont à mettre au crédit d’une grève reconductible, massive et déterminée qui a coûté cher au patronat et lui a fait craindre la contagion.

 

*Nous sommes entrain de passer d’une « société de pauvres sans emploi à une société de pauvres avec emploi ». La précarisation et la flexibilisation se généralise, l’individualisation est légiférée avec la destruction du code du travail, le télétravail est devenu un système sans coup férir ; quels moyens humains et matériels se donne-t-on pour syndicaliser ces vastes secteurs laissés en déshérence et qui concernent des millions de travailleurs ? Et que faire en direction des chômeurs qui devraient être des travailleurs en devenir ?

 

*Professionnalisation, institutionnalisation du syndicalisme au détriment du militantisme. Le cas de la confédération est devenu caricatural avec la multiplication de collaborateurs souvent sans expérience concrète des luttes d’entreprise quand dans le même temps des organisations de proximité de la CGT sont dépourvues de moyens. Sans prôner un égalitarisme sans principes est il normal que des écarts de rémunérations soient aussi importants entre militants par delà leur responsabilités, voire comme on l’a vu avec la triste affaire T. Lepaon en arriver à maintenir de bien couteuses « rentes de situation ».

 

Soyons lucide, persévérer dans la voie qui fait l’impasse sur la clarification nécessaire de ces interpellations ne peut convaincre que ceux qui ont renoncé depuis longtemps à toute perspective de changement radical et qui gèrent souvent le provisoire pour leurs seuls avantages. Si au contraire on se situe dans une démarche de confrontation militante et syndicale avec le Capital, de rejet de celui-ci, il faut travailler dans la durée à la construction d’une alternative en cherchant à affaiblir partout ses positions et en premier lieu à l’entreprise. Là sont les priorités que doit faire partager et impulser la direction de la CGT.

 

*Faut il enfin, réduire l’internationalisme syndical à un catalogue de bonnes intentions sans identifier les responsabilités de l’impérialisme ? Faut il se taire sur la folie nucléaire de Washington ? Faut il renoncer à débattre des affiliations de la CGT à la CES et à la CSI ces piliers du syndicalisme d’accompagnement, aussi silencieux et impuissants sur les grèves en Allemagne, en Grèce qu’elles le sont en France, quand ce n’est pas pire ? Faut-il ou non faire le choix de travailler avec tous, indépendamment des affiliations internationales ou non ?

 

Travailler au niveau des groupes multinationaux en Europe et dans le monde, bien sûr, mais si cela ne repose pas sur une activité, en termes d’utilité pour les luttes qu’elle peut être l’effet réel pour la construction des rapports de force. Par ailleurs et comme on le voit fréquemment cela ne devient il pas un moyen d’intégrer les syndicats aux objectifs mis en œuvre par le patronat lui-même ? Faut-il s’en accommoder ?

 

Ces enjeux, ces défis appellent des réponses !

 

4- Débat respectueux et ingérence !

 

Plutôt que de contribuer à ce débat certains à l’extérieur de la CGT font le choix de l’anathème, des jugements de valeur grossiers et provoquants, de l’insulte. L’arrogance, fait mauvais ménage avec le souci de convaincre et de faire progresser la réflexion.

 

C’est le cas de Jean-Marie Pernot ancien secrétaire général de la Fédération des finances CFDT, qui se présente comme chercheur. Il a été invité, ou il s’est invité dans les débats internes de la CGT. Il s’inquiète de voir ses militants se poser des questions sur les orientations du syndicalisme en général et de leur confédération en particulier. Sans doute fait-il partie de ces observateurs qui n’aiment la CGT que lorsqu’elle est affaiblie ! Dans un long texte de 8 pages qui se veut une réponse à une réflexion sur « Où en est internationalement la CGT ?” il se livre à une critique caricaturale et à la technique éprouvée de l’amalgame. Pour lui en effet hors la CES et la CSI point de salut !

 

Dans une logique implacable il dresse son réquisitoire ! Vous exprimez des différences, voire des désaccords, vous vous posez des questions sur les raisons de l’affiliation de la CGT à la CES et à la CSI, vous prenez en compte comme un fait, l’existence de la FSM, etc. C’est la preuve que vous êtes un « stalinien » (sic) et pire que vous voulez comme il l’écrit tout en nuances, ressusciter « des morts-vivants » (re-sic).

 

Un spectre hante les nuits de Pernot : la FSM, cette « survivance stalinienne » comme il l’affirme ! Chercherait-il à nous faire peur ? Ce manque de respect est affligeant et incroyablement méprisant vis-à-vis de ceux qui se battent chaque jour dans des conditions difficiles et font preuve d’un courage quotidien ! Comme conception du débat, c’est le grand bond en arrière !

 

Comme toujours la forme est révélatrice du fond. La sienne est directement héritée de la guerre froide dont l’auteur a visiblement conservé la nostalgie. Faut- il lui rappeler que l’URSS est morte il y a 30 ans.

 

Cela ferait sourire si son texte n’était bourré de contre-vérités, qui ne sont pas sans interroger sur le sérieux des recherches de l’auteur. Sa démonstration « binaire » envisage le mouvement syndical international qu’en termes d’opposition radicale, un camp contre l’autre, l’autre étant bien sûr« le musée des horreurs ». Outre que cela ne correspond à aucune sorte de réalité et témoigne d’une profonde ignorance, Pernot clot par avance tout espèce d’échange respectueux et civilisé. « Avec une analyse aussi fine, il ne fait pas de doute que l’unité d’action est en marche » dit il ! En effet ! A vouloir trop prouver, l’ex-gauchiste se prend les pieds dans le tapis.

 

Ainsi, de manière assez obsessionnelle il annonce l’adhésion à la FSM d’organisations CGT qui n’ont pris aucune décision à ce sujet ! Il évoque le rôle, selon lui exemplaire du « Labor Global Institute » de Genève dont il serait intéressant qu’il nous dise comment et par qui il est financé pour s’ingérer en toute « indépendance » dans les activités syndicales, celles notamment des pays d’Europe de l’Est !

 

Traiter de la crise du syndicalisme en France, en Europe, dans le monde aujourd’hui en expliquant ce qu’était la FSM des années 60, et accorder un certificat de bonne conduite à la CISL (aujourd’hui CSI), est stupéfiant et insultant. En particulier à l’égard de la mémoire des victimes syndicales des dictatures sanglantes d’Amérique Latine, du Soudan d’Indonésie ou d’ailleurs vis-à-vis desquelles la CISL (CSI) a fait preuve d’un silence complice, pour ne pas dire plus.

 

Faut il le répéter, la question n’est pas d’en appeler à adhérer à la FSM mais d’inviter chaque militant à prendre en compte sans a priori, sans ostracisme, la réalité syndicale internationale telle qu’elle est, qu’elle nous convienne ou non et pour faire en sorte de la transformer ! C’était le but de cette contribution au débat, qui a tant déplu à Pernot.

 

Notre chercheur fait également des découvertes. Pour lui, les syndicats chinois ne fonctionnent pas comme les nôtres. En effet et alors ? Faut-il pour autant les ignorer et les condamner quand le syndicalisme international est caractérisé par une extrême diversité d’histoire et de pratique. Qu’en est il de l’AFL-CIO aux USA ? En fait Pernot considère les conceptions syndicales occidentales comme un prêt-à- porter exportable, un modèle unique, qui devrait s’appliquer partout.

 

Pernot à cette prétention typiquement occidental de définir le monde, à la manière d’un microsillon rayé « la voix de son maitre ». Pourtant les résultats en sont contestables, pour le moins. A ses yeux sans doute, seuls les prétendus « experts, chercheurs »occidentaux ont hérité du droit de prendre des décisions et de délivrer des expertises pleinement qualifiées sur des sujets aussi importants à savoir si les syndicats en Chine, à Cuba ou ailleurs sont des syndicats digne de ce nom ! Voilà pourquoi Pernot « hurle à la lune », se frappe la poitrine avec des accents moralisateurs et insulte ceux qui luttent, pour finir par nier les évidences

 

On aimerait savoir comment il envisage le renouveau du syndicalisme international ? A travers un match de catch ? La manière dont D. Trump à l’habitude d’aborder les problèmes, serait il à ce point contagieux ?

 

Au fond ne retrouve-t-on pas dans le propos sectaire de Pernot, cette arrogance occidentale, ce « fardeau de l’homme blanc » dont parle le poème de Rudyard Kipling » (The White Man’s Burden, 1899) en charge morale d’amener la civilisation au reste du monde, par définition sauvage ! Selon Pernot cela devrait s’appliquer également aux syndicats qui représentent des centaines millions de syndiqués et de travailleurs mais dont les orientation seraient à ses yeux non conformes à la « doxa » de la CES et de la CSI.

 

“Malgré tout, malgré leurs limites et leur formalisme, les régimes occidentaux sont plus supportables aux travailleurs que les régimes autoritaires parce qu’au moins, y demeure la possibilité d’y lutter contre l’arbitraire et l’injustice” ose t-il !

 

Macron, Guattaz et Laurent Berger de la CFDT ne le démentiraient pas ! Les syndicalistes qui en Europe ou aux USA mais aussi dans le reste du monde sont victimes de la répression, des violences de la police et de la justice apprécieront son sens de la mesure. Pour Pernot, la mise en cause du droit de grève en Grèce ne serait donc qu’une péripétie parfaitement supportable. Il suggère sans doute de la négocier, comme on le ferait du poids des chaînes !

 

En fait Pernot s’intéresse plus à sa parole qu’au sort des travailleurs et à l’avenir du syndicalisme.

 

Il serait intéressant de savoir ce que pense la direction de la CGT d’un texte qui au fond est aussi insultant à son égard qu’il l’est à l’égard des militants de la CGT ?

 

5-Idéologie et dogmatisme ?

 

Compte tenu du nombre de sujets en suspens et vis-à- vis desquels une clarification s’impose, le 52e congres CGT va représenter un enjeu d’importance. Le récent CCN de février 2018 a mis en évidence une diversité d’approches comme de réponses. C’est là une réalité qu’il faut assumer !

 

La CGT à les ressources d’anticiper, de combler ce fossé qui n’a cessé de s’accroître entre son sommet et sa base, et que révèle entre autre ses revers électoraux comme son état d’organisation ? Pour cette mise en mouvement nécessaire, elle a besoin d’unité dans ses rangs, comme de volonté politique. Le 52e Congrès se doit d’y contribuer en tirant toutes les leçons des succès comme des échecs. Pas l’un sans l’autre !

 

Dans son rapport au récent CCN Philippe Martinez souligne « Comme nous le faisons en France nous refusons un syndicalisme idéologique et dogmatique qui cliverait le monde syndical en deux blocs irréconciliables. Car le syndicalisme ne se mesure pas dans la teneur et la virulence des discours ».

 

Cela signifie quoi ? Cela s’adresse à qui ? Pas d’idéologie, cela est peut-être très « en vogue », mais mériterait d’être clarifié. Veut-on nous dire que nous n’avons plus besoin d’idéologie ? Mesure t’on ce que cela signifie ? Et pourquoi pas dorénavant, plus de théorie ?

 

Soutenir les principes de lutte de classes comme le fait la CGT, est-ce idéologique ou non ? Les réaffirmer est ce dogmatique ? Parler de capitalisme, d’impérialisme est ce idéologique et dogmatique ?

 

Quand la CGT à adhéré à la CES et à la CSI, elle à fait un choix ! Il était politique ? Il était idéologique ? Le fait de l’avoir fait compte tenu qu’il serait hasardeux de considérer ces organisations comme de lutte de classes signifie t’-il que nous mêmes y avons renoncé ? N’était-ce dès lors pas un choix idéologique de notre part ? Cela ne mérite t’il pas aujourd’hui d’en faire un bilan, comme de tout choix stratégique plutôt que d’affirmer des formules du genre « nous assumons nos affiliations à la CES et à la CSI », qui sont comme chacun sait des organisations ni idéologiques, ni dogmatiques ! Et puis enfin, c’est qui nous ? On a peur de quoi ?

 

Y a t-il oui non dans le monde syndical des options différentes ? Par exemple que faut-il penser de la conception syndicale dominante aux USA où l’on défend l’association capital/travail ? Est ce idéologique ? Cela n’a pas empêché la CGT de faire la preuve dans le passé qu’elle était capable de travailler sur des coopérations syndicales aussi bien aux USA avec des fédérations de l’AFL-CIO qu’avec les syndicats de Chine. Pas plus pour les uns que pour les autres, nous avons fait le choix d’une approche « politique, idéologique et dogmatique ».

 

En fait ce sont nos affiliations à la CES et la CSI qui figent de façon sélective nos rapports au mouvement syndical international ? Or et les exemples ne manquent pas, ces 2 organisations ont adopté depuis longtemps la « rhétorique revancharde » de ce qui est à leurs yeux la seule vision de l’histoire et de l’organisation du monde, celle dominante que propage les médias pour le compte du Capital. . La CGT y adhère t’elle ?

 

Philippe Martinez semble avoir oublier qu’au 45e congrès de la CGT en 1995, la CGT accueillait 110 délégations étrangères de différentes affiliations internationales , les syndicats de Chine et même l’AFL CIO pour la première fois ! Pour le 52e congrès ayons donc l’ambition de faire mieux encore ! Travailler avec tous n’implique nullement l’abandon de nos positions de principes ni l’adhésion aveugle à celle de nos partenaires.

 

C’est ensemble de manière indépendante qu’il faut travailler au renouveau du syndicalisme international et cela suppose de n’exclure personne a priori. En se domaine, nous n’en sommes pas là, d’où l’intérêt d’en parler sans complexes et sans arrogance au prochain Congres de la CGT.

 

6- Un syndicalisme CGT du 21e siècle !

 

Un syndicalisme CGT du 21e siècle se doit d’ouvrir une perspective différente que celle qui fonctionne et a dominé jusqu’à présent. Pour la CGT cela ne saurait signifier un affadissement, ou une dilution de ses principes, ou une prise de distance avec son histoire.

 

Cela exige de faire valoir une analyse de classe conséquente face à la crise systémique de la mondialisation capitaliste. Un syndicalisme de classe capable d’expliquer les raisons des tensions internationales et de ne plus se réfugier dans l’apparence des choses, la superficialité et l’air du temps. C’est dire, ce que doit être le rôle de la CGT et par conséquent les responsabilités qu’elle se doit d’assumer, et devra de toute façon assumer dans l’avenir, si elle veut utilement être à la hauteur de ce qu’attendent d’elle


les travailleurs en France et dans le monde.

 

Jean-Pierre Page

 

Jean-Pierre Page a travaillé à Air France, il a été secrétaire général de l’Union départementale de la CGT du Val de Marne (1979-1990), membre de la commission exécutive confédérale de la CGT(1981-2000), responsable du département international de la CGT(1991-2000). Il est l’auteur de plusieurs livres dont « Camarades, je demande la parole ». Investig’Action éditions, 2016

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SNCF : de quoi Spinetta est-il le nom ?

SNCF : de quoi Spinetta est-il le nom ?
 
Publié le 16 Février 2018

 ou quand un capitaine fracasse

 sur ordre de ses généraux

 

SNCF ; de quoi Spinetta est-il le nom ?

 

C.Spinetta ne sort pas du néant ou comme un lapin d'un chapeau doré. En lui confiant la mission de cadrer idéologiquement la casse de la SNCF et du statut des cheminots Touthenmacron savait qu'il avait un joker lequel rien que par son choix ferait des dégats.

 

Choisir pour la SNCF, celui qui pour Air France fut l'exécuteur des hautes-œuvres d'un tribunal où un certain Gayssot, comparse zélé,  a tenu le rôle d'avocat général, lui donnait des garanties.

 

D'autant que ce Spinetta rien qu'à lire son parcours est représentatif de cette aristocratie rose qui s'est mithridatisée au jus de libéralisme au point d'en être maintenant le venimeux fer de lance.

 

Sa bio fait en soit démonstration.

 

De la CFDT au MEDEF en naviguant et prenant galonsdans les rouages du PS, ce n'est plus un rite initiatique mais bien une procession des convertis.

 

1970-72 : Instigateur de la section CFDT de l'ENA 

 

1981-83 : Chef du service d’information et de diffusion du Premier ministre (Maurroy)

 

1983-84 : Directeur des collèges au ministère de l’Éducation nationale

 

1984-86 : Directeur de cabinet de Michel Delebarre, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle

 

1986-87 : Inspecteur général de l’Éducation nationale

 

1988-90 : Directeur de cabinet de Michel Delebarre, successivement ministre des Affaires sociales et de l’Emploi, ministre des Transports et de la Mer, ministre de l’Equipement, du Logement, des Transports et de la Mer

 

1990-93 : Président-directeur général d’Air Inter

 

1994-95 : Chargé de mission auprès du président de la République François Mitterrand, conseiller pour les affaires industrielles, puis préfet, chargé d’une mission de service public relevant du gouvernement

 

janvier 1996 : Conseiller technique au cabinet du Commissaire européen chargé des Sciences, de la Recherche et de l’Éducation

 

juillet 1997 : Mission du recensement des gisements d’emplois dans le secteur de l’Éducation confiée par Claude Allègre, ministre de l’Éducation nationale et Martine Aubry, ministre de l’Emploi et de la Solidarité

 

Du 22 septembre 1997 au 31 décembre 2008 : Président-directeur général du Groupe Air France. Il organise la privatisation partielle de Air France en 1999

En cette période de JO, le couple Gayssot-Spinetta fait pense au curling par équipe : le lanceur (Gayssot) et le frotteur qui ajuste la trajectoire de la pierre pour exploser l’adversaire.

 

Macron a retenu la leçon. Trouvé dans les archives cet éclairage du 3 juin 1998 (les échos) :

 

« ... Jean-Claude Gayssot, appelant dimanche soir les syndicats et la direction à « reprendre tout de suite les négociations, car il y a du grain à moudre », et l'intervention du PDG d'Air France, le lendemain soir, confirmant l'ouverture de ces pourparlers, en considérant que les deux parties en présence avaient « tous les éléments d'une excellente négociation ». Surtout, en insistant d'entrée de jeu sur le fait que « les économies recherchées ne passent pas que sur des efforts sur les salaires », 

 

Le processus de ce début de privatisation ne se mettra en place qu'au début de l'année 1999 : l'ouverture du capital est engagée avec le placement de plus de 17 % de titres Air France, la part de l'Etat descendant progressivement à 53 %. Et la première cotation de l'action Air France à la Bourse de Paris intervient le 22 février.

 

Alors qu'il impose son autorité auprès des pilotes d'Air France, Jean-Cyril Spinetta se met en quête d'alliances internationales, comme l'a déjà fait British Airways avec American Airlines.

 

Le débat sur le nombre d'administrateur montre comment Gayssot lance la pierre et comment ensuite Spinetta va balayer la glace pour faire exploser la maison et s'installer au centre :

 

JC Gayssot le 13/12/2000 au Sénat 

 

(Source JO des débats au Sénat-CONSEIL D'ADMINISTRATION D'AIR FRANCE -Adoption d'un projet de loi en nouvelle lecture) :

 

« ...Air France sera déjà parmi les entreprises cotées en Bourse dont le conseil d'administration comporte le plus grand nombre de membres.
Toutefois, ce nombre de vingt et un administrateurs est, vous le savez, le minimum requis pour que l'Etat puisse détenir la majorité, comme cela a été décidé, tout en maintenant le nombre actuel de salariés actionnaires élus. Ce maintien est nécessaire à un bon climat social et conforme à l'engagement pris en octobre 1998 envers les personnels navigants techniques d'assurer leur représentation au conseil d'administration s'ils détenaient une part suffisante du capital. Cet accord a été, je le rappelle, une des conditions de réussite de l'ouverture du capital. »

 

Lors de ce débat, Canaille le Rouge à relevé ce moment savoureux qui avec le recul confirme tous le mal que nombre des communistes d'Air France et plus largement les salariés des transports pensaient de la doublette Gayssot Spinetta, les Starsky et Hutch de la privatisation les Roux et Combaluzier du dividende.

 

M. Jean-François Le Grand, (RPR) rapporteur. Mais, quoi qu'il en soit, vous êtes le ministre qui a permis à la compagnie Air France de connaître un certain nombre d'évolutions. Sur la quasi-totalité des travées de cet hémicycle, nous nous en réjouissons.


Vous le voyez, monsieur le ministre, je vous rends hommage !


M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement. Je le mérite ! (Sourires.)


M. Jean-François Le Grand, rapporteur. Vous avez, en effet, fait en sorte que la participation de l'Etat soit ramenée à 53 % en 2003, alors qu'il détenait 91 % du capital quand vous avez pris vos fonctions.


Merci, monsieur le ministre, d'avoir fait un grand pas en avant vers ce qui sera, à un moment ou à un autre, la privatisation d'Air France : 2003, c'est un an après l'élection présidentielle, et nous ferons le dernier pas ! (M. Garrec applaudit.)

 

Donc ne seront surpris de la teneur du rapport Spinetta promouvant le démantellement de la SNCF que ceux qui veulent nous faire croire qu'ils sont naïfs ou des imbéciles à excuser.

 

La façon coordonnée, la reprise uniformisée à la virgule près, sans même faire effort rédactionnel par la presse national et régionale des " éléments de langage " instillés par l’Hôtel Matysée après validation par le Palais de l'Elignon porte celle ligne revancharde et de reconquête menée par les grands commis du capital  formés par celui-ci et promus par la social-démocratie.

 

Symbole de la hargne du talon de fer,  en dynamitant la nationalisation du Front Populaire l'année de ses 80 ans d'entrée en service et celle du 75e anniversaire du Conseil National de la Résistance où tant pour libérer le pays du fascisme que pour le reconstruire les cheminots tirent la place que l'on sait de cette affirmation du pouvoir de la ditature du capital.

 

Responsabilités de tous ceux qui auront participer à sa revanche.

 

Rédigé par Canaille le Rouge

SNCF : « Je ne serai pas le patron de la CGT-Cheminots qui enterrera le statut ! »

SNCF : « Je ne serai pas le patron de la CGT-Cheminots qui enterrera le statut ! »

 

 

, par  Laurent Brun
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Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots, syndicat majoritaire à la SNCF, promet un mouvement de grève dur si le gouvernement retient les options proposées par le rapport de Jean-Cyril Spinetta.
 

Pour le n° 1 de la CGT-Cheminots, majoritaire à la SNCF, le statut de l’entreprise publique et de ses agents sont deux lignes rouges à ne pas franchir. Il promet un mouvement de grève dur si le gouvernement retient les options proposées par le rapport de Jean-Cyril Spinetta.

 

Que pensez-vous du rapport rendu par Jean-Cyril Spinetta ?

 

C’est une énorme attaque sociale mais ce n’est pas une surprise. Elle est annoncée de longue date. La suppression du statut pour les nouveaux entrants et le passage en société anonyme, ce sont les deux ficelles utilisées ces trente dernières années pour transformer une entreprise publique en société privée. Mais le gouvernement va devoir répondre à une question ? Est-ce qu’il est prêt à engager une épreuve de force avec les cheminots ? Si c’est le cas, on appellera les cheminots à se défendre ?

 

Comment ça ?

 

Si le gouvernement reste sur une logique d’éclatement du système ferroviaire, de suppression de kilomètres de lignes, de casse des droits sociaux des cheminots, d’augmentation des coûts pour les collectivités, de filialisation du fret, on se dirige vers un mouvement de grève dur. Comme tout le monde, j’observe les mécontentements autour de moi : les routiers contre le rapport Duron, les VTC contre leur situation précaire, les agents de l’industrie gazière et électrique contre l’évolution de leur statut, tous les salariés du privé contre des plans sociaux importants, les fonctionnaires… J’espère que le gouvernement a pensé à tout, parce que nous, on se prépare à cette situation depuis un an. D’ailleurs, on appelle à manifester dès le 22 mars. Je ne serai pas le patron de la CGT-Cheminots qui enterrera le statut.

Que reprochez-vous à ce rapport ?

 

Ce n’est pas un projet de développement, mais de casse du service public. Il confirme nos craintes concernant la politique anti-ferroviaire du gouvernement. On peut tourner le rapport Spinetta dans tous les sens, il préconise la suppression de certaines lignes au profit de la route.

 

Le rapport préconise surtout de faire un bilan social et économique des petites lignes et une concertation avec les collectivités avant d’envisager une fermeture…

 

Oui. Mais c’est une stratégie de repli. Forcément des lignes vont fermer et on va demander aux Régions de payer plus si elles veulent les conserver. Les usagers seront aussi les perdants.

 

Comment ça ?

 

Le rapport indique que le train est moins cher en France qu’à l’étranger. Il rejoint en cela le rapport Duron qui conseille de faire davantage payer les usagers. On est en train d’installer l’idée que l’usager doit payer une part plus importante de son billet de train.

 

L’ouverture à la concurrence est une mauvaise chose ?

 

Ce n’est pas moi qui le dit mais le rapport Spinetta lui-même. Page 87, il dresse plusieurs inconvénients comme l’absence d’unité tarifaire, des correspondances moins bien organisées…

 

Le maintien du statut des cheminots est-il tenable ?

 

Chez la compagnie Thello [NDLR : qui opère un TGV de TrenItalia entre la France et l’Italie], les salariés ne sont pas au statut. Est-ce que Thello fait mieux que la SNCF ? La réponse est « non ! ». Même chose pour certaines entreprises du fret. A partir du moment où on ouvre la concurrence, ils veulent casser le statut… C’est dogmatique.

 

Que va-t-il se passer dans les prochains jours ?

 

Nous rencontrons la ministre des Transports Élisabeth Borne lundi. Cela permettra de clarifier certaines choses comme le calendrier mais aussi sur le parcours législatif. Il se murmure que le gouvernement pourrait légiférer sur ce sujet par ordonnance »

 

Vous êtes inquiets ?

 

Non. Ce rapport fait partie des mauvais rapports sur la SNCF. On va faire en sorte qu’ils rejoignent tous ceux qui ont déjà intégré les archives du ministère des Transports.

 

Vincent Vérier
Le Parisien, le 16 février 2018

 

Documents joints

Rapport Spinetta: MACRON ira-t-il jusqu’à porter le coup de grâce à la SNCF en tant que service public ?

Publié par El Diablo

Rapport Spinetta: MACRON ira-t-il jusqu’à porter le coup de grâce à la SNCF en tant que service public ?

Rapport Spinetta: MACRON ira-t-il jusqu’à porter le coup de grâce à la SNCF en tant que service public ?

UNE POLITIQUE ANTI-FERROVIAIRE

Le rapport Spinetta a été officiellement présenté le 15 février 2018. Les préconisations qu’il contient, si elles étaient retenues, porteraient un coup sérieux aux cheminots, aux usagers, aux chemins de fer français.

 

Ce rapport, commandé par le gouvernement, constitue la 4ème mauvaise proposition après le projet de loi Maurey/Nègre, les assises des mobilités et le rapport Duron. Les professionnels du service public ferroviaire que sont les cheminots, et les usagers qui, eux, en sont les premiers utilisateurs, n’ont donc, pour l’heure, pas été entendus.

Ce rapport vient confirmer la politique anti-ferroviaire du gouvernement et de la direction SNCF.

 

Depuis plusieurs mois, la Fédération CGT des cheminots pose la question : « POURQUOI veulent-ils en finir avec le train public ? » Ce rapport répond à la question « COMMENT veulent-ils en finir ? »

 

QUELS SONT LES GRANDS AXES DU RAPPORT SPINETTA ?

 

- Ouverture à la concurrence,

 

-Transfert obligatoire des cheminots vers les entreprises ferroviaires qui remporteraient un appel d’offres,

 

- Possibilité de mettre un terme aux recrutements à Statut,

 

- Filialisation du Fret SNCF,

 

- Fermeture des lignes jugées non rentables et concentration des moyens sur les métropoles,

 

- Transformation des EPIC Mobilités et Réseau en Sociétés Anonymes,

 

- Amplification de l’externalisation des fonctions dévolues à l’EPIC de tête.

 

Au-delà des attaques contre les conditions sociales des cheminots qui sont inacceptables, ces préconisations constituent une attaque inédite contre le transport ferré public et contre celles et ceux qui, au quotidien, font le choix du train, quel que soit la région ou le territoire.

 

La Fédération CGT des cheminots redit que d’autres choix sont possibles et nécessaires, tant sur l’organisation de l’entreprise publique, son désendettement, son efficacité et son fonctionnement, permettant de répondre aux besoins des populations.

 

Il faut maintenir et développer le service public ferroviaire, pas le saborder.

 

Le gouvernement s’apprête donc à confisquer à la Nation son entreprise publique ferroviaire.

 

Par le passé, de nombreux rapports ont fini dans les archives des ministères. Il reste encore de la place dans les armoires et sur les étagères.

 

C’est donc avec conviction et détermination que la Fédération CGT des cheminots abordera les rencontres prévues avec le ministère dans les jours et semaines à venir.

 

Si d’aventure, le gouvernement décidait de reprendre ces mauvaises propositions et tentait le passage en force, la Fédération CGT, avec les cheminotes et les cheminots, mettrait tout en œuvre afin d’envisager un autre avenir pour le service public ferroviaire que celui tracé par la direction de la SNCF et le gouvernement.

 

« La SNCF, certains veulent la descendre, nous, on la défend ! »

 

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