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Pourquoi on ne peut pas esquiver le bilan? y compris face aux élections européennes

Pourquoi on ne peut pas esquiver le bilan? y compris face aux élections européennes

 

02 Mars 2018

Permettez un détour dont je suis coutumière et qui paraît parfois inutile à la démonstration, mais je pense ainsi et tout à coup dans une situation, une image s’impose et m’aide à préciser une intuition. C’est le fonctionnement de ce blog comme l’est l’acceptation du côté brouillon, notes jetées à la hâte en vue d’un approfondissement ou d’un livre et donc le peu de souci de la ponctuation, la nécessité de faire avec un clavier sur lequel il n’y a plus de lisible que le X, le W, le K et le J.

 

La réflexion d’un lecteur en réponse à ma proposition ou plutôt celle de Nicolas Cossange de constituer dès maintenant une liste communiste pour les Européennes ouverte à ceux qui luttent contre la politique de Macron inspirée par l’Europe a été

 

« Présenter des listes tout de suite c’est bien de le faire mais sans programme clair, sans une idée-force facilement identifiable et parlante c’est juste précipiter un résultat à 2%. Se présenter maintenant, avec un programme ou une ligne politique semblable à celle de la FI c’est se condamner d’avance étant donné la faiblesse du parti (en communication, organisation, forces vives, pognon). On ne part pas en guerre avec une armée défaite, divisée, désorganisée, sans fournitures et dont les officiers sont incapables de définir et de tenir une stratégie claire pour la campagne. »

 

C’est-à-dire la situation, selon ma propre analyse,  où nous a laissés 20 ans de positionnement dans le sillage d’un Parti socialiste totalement acquis à la politique européenne et qui non seulement le paye, mais nous entraîne dans sa déroute ? L’affaire Melenchon sur laquelle on prétend nous faire nous obstiner à la manière dont les espagnols traitent de l’Eglise catholique, les uns avec un cierge, les autres avec un gourdin, n’est que l’aboutissement de ces 20 ans de vassalisation, l’avatar ultime d’un effacement, d’une destruction de notre parti.

 

Ce lecteur avait raison, mais en rester là c’est tirer le rideau et se démobiliser.  La réponse du lecteur s’adressait à ma proposition mais à ceux de mes camarades légitimistes proches de la direction qui prétendaient au nom des luttes esquiver la question du bilan et préparer ou tenter de préparer en sous main une liste avec Hamon ou quelques autres du même acabit, bref envoyer dans le mur ce Congrès extraordinaire comme le précédent en faisant sonner le clairon.

 

J’ai eu donc une vision empruntée à mes érudites lectures quand j’étais médiéviste. j’ai pensé à une scène des mémoires du sire de Joinville qui fait le compte rendu de la croisade de Saint Louis dont il est le confident et le conseiller. Il y a dans ces mémoires un charme incroyable celui d’un homme désintéressé mais toujours en proie aux soucis d’argent, d’une naive rudesse et souvent excédé par le comportement mystique du roi et attentif à la vie quotidienne des troupes.

 

Donc la scène qu’il décrit et celle de la débâcle de l’armée de Saint Louis. Les croisées se sont pris une peignée pas possible, c’est une armée d’éclopées, la peste rode… un espèce d’excité se dresse sur un monticule et prétend les renvoyer à l’assaut. Il leur parle du Christ et de son tombeau qu’il faut enlever aux infidèles. le sire de Joinville se contente de cloturer la scène par un « Ils ne le crurent point »

 

Voilà pourquoi la question du bilan est indispensable parce que personne ne peut croire mener le combat sans un état lucide de là ou nous en sommes et de ce qui est possible, nécessaire par rapport à des objectifs clairs.

 

C’est pourquoi la question des européennes, celle de la consitution aujourd’hui d’une liste communiste a besoin de réalisme, de savoir exactement là où nous a conduit la stratégie que pour ces européennes la direction s’aprête encore et toujours à renouveler jusqu’à ce que mort s’enuive. Il faut que la décision que nous prenons soit assorti d’un bilan à tous les sens du terme y compris comptable.

 

Notre principal atout est la conscience d’un grand nombre de communistes de la nécessité de ce parti, bien sûr parce qu’ils sont attachés à leur histoire, mais surtout parce qu’ils sont conscients des périls, qu’ils savent que la politique de Macron, celle de l’UE et donc du grand capital, la vague de droite et d’extrême droite qui se prépare et dont l’autoritarisme de macron témoigne va aller toujours plus loin. Il faut donc un parti communiste bien ancré dans le monde du travail, ceux qui aujourd’hui luttent mais dont la voix est étouffée. Ils savent que le problème n’est pas que les médias étouffent notre voix, nous y avons contribué, mais l’enjeu est que ceux qui ont entrepris de lutter sachent qu’en étouffant la voix des communistes c’est la leur que l’on rend inaudible. Cela suppose une tout autre stratégie et de dénoncer y compris pour ces européennes celle que l’on mène depuis 20 ans.

 

Comment est-ce que cela peut se concrétiser, les communistes doivent en juger, faisons leur confiance. Il n’y a pas d’autre possible.

 

Si nous avions le malheur de poursuivre sous prétexte de sauver les meubles et d’éviter ce bilan, les communistes, comme diraient le sire de Joinville, ne le croiraient point et encore la grande masse de notre peuple qui nous croit morts.

 

danielle Bleitrach

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