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Congrès extraordinaire du PCF : les questions stratégiques inévitables

 

, par  pam
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Si l’opération Macron a réussi, offrant une nouvelle étape de régression sociale au patronat, c’est que le rapport des forces global s’est encore dégradé, que la capacité de résistance au niveau local comme national s’est encore affaiblie depuis les derniers mouvements sociaux victorieux, CPE en 2006, réforme des retraites en 1995. Les transformations continues des entreprises et du travail ont certes bousculé les habitudes et les réseaux d’expression des résistances sociales, les divisions syndicales et politiques ont donné des opportunités tactiques au patronat, mais c’est au fond la crise profonde de l’idée de changement de société qui est en cause, l’incapacité à penser ce que pourrait être une révolution dans un pays capitaliste développé qui est la première faiblesse du mouvement social, du camp progressiste.
 

Depuis des décennies, notre peuple fait l’expérience de l’échec, social, syndical, politique. La victoire de 1981 concrétisant la longue construction de l’union de la gauche n’a pas "changé la vie" comme le promettait François Mitterrand, au contraire, elle a généralisé la précarité, les privatisations, la baisse du coût du travail, c’est-à-dire des salaires, la fracture généralisée entre une France urbaine, éduquée, mondialisée, minoritaire, mais dirigeante contre une France rurale, populaire, ouvrière, migrante.

 

Notre peuple a encore cru à la gauche plurielle de 1997, gauche qui a battu tous les records de privatisation jusqu’à se perdre dans le choc de 2002 et la forte progression du FN. Il a utilisé un vote présenté comme de gauche en 2012 pour virer Sarkozy. Bien que sans illusions, ce vote a encore été perverti par la trahison par Hollande de son message contre la finance. Comment ne pas en tirer la leçon qu’aucune stratégie électorale ne permet de "changer la vie" ?

 

En parallèle, nous avons vécu de grandes mobilisations sociales, des instituteurs en 2003, d’EDF en 2006, contre les retraites en 2010, contre la loi travail en 2016, de grandes journées de manifestations mettant en mouvement 2, 3 millions de personnes, avec une réelle difficulté à en maitriser l’organisation dans le cycle provocation-répression, et semblant sans effet sur des gouvernements décidé à passer en force.

 

Ce ne sont pas ces échecs en eux-même qui font un rapport des forces défavorables, mais l’incapacité à en comprendre les raisons. Ce sont les illusions de ceux qui ont été en mouvement et qui croyaient que leur action allait pousser au changement de société et qui ne comprennent pas ce qui a manqué.

 

De ce point de vue, le parti communiste porte une terrible responsabilité, car il a joué un rôle crucial dans cette illusion sur les conditions de la transformation sociale. Depuis des décennies, il affirme qu’on peut changer de société par le rassemblement électoral de la gauche, et cherche à chaque étape comment la réinventer. Union de la gauche, gauche plurielle, collectif anti-libéraux, Front de Gauche... Il va d’échec en échec sans jamais faire le bilan de ses stratégies de "rassemblement électoral". Ses militants sont fatigués, inquiets et surtout... ne comprennent pas pourquoi ils sont en difficulté.

 

Depuis des décennies, il a favorisé une conception des luttes sociales comme préparation des luttes électorales, le mouvement contre les retraites de 2010 devant créer les conditions de la victoire de la gauche en 2012, celle contre la loi El Khomri la victoire du Front de Gauche en 2017... Il n’a jamais organisé un vrai débat politique sur les leçons des contre-offensives capitalistes depuis 68, coup d’état au Chili, effondrement des pays socialistes, stratégies du chaos au Nicaragua, au Venezuela. Il n’a jamais analysé la "cosa" italienne et la dissolution du PCI. Au fond, il a cessé de faire vivre l’idée de révolution, jamais mené de bataille d’idée pour reconstruire une conception moderne de la révolution, faire percevoir ce qu’est un mouvement de masse, non pas 1, 2 ou 3 millions de manifestants, mais 10, 15, 20 millions de grévistes, faire mesurer ce que veut dire s’opposer aux classes dirigeantes, les affronter dans la réalité des luttes de classe.

 

Alors qu’il perd pied depuis des années dans la classe ouvrière et les milieux populaires, il se met à parler aux "99%" qui ne sont pas dans les oligarchies sans rien dire des contradictions sociales, des conditions de l’unité du peuple, du rapport de forces réel. Bref, il a lui-même fait grandir les illusions et donc les désillusions, le fatalisme.

 

Ce n’est évidemment pas une orientation politique assumée, mais c’est la conséquence de stratégies qui ont progressivement rompu avec l’expérience révolutionnaire du parti communiste, la conséquence d’une succession de congrès qui ont cherché à se démarquer de ce qui était perçu comme une conception "soviétique" du communisme, et à inventer autre chose, un "euro-communisme" dans les années 80, un "nouveau communisme" a dit la mutation, une "refondation" pour certains, une métamorphose pour ceux qui ont fait le Front de Gauche. Or, toutes ces tentatives de "dépassement" de l’histoire communiste sont en échec, comme le mouvement altermondialiste coincé entre mouvementisme et anarchisme, comme le mouvement écologiste entre capitalisme vert et intégration institutionnelle...

 

Certains disent que la « force historique de la révolution d’octobre » est épuisée. Ce qui est sûr, c’est que les efforts soutenus de plusieurs partis communistes pour se dégager du modèle soviétique n’ont rien réinventé et les ont en fait "dégagé" de l’idée même de révolution... En Italie comme en France sous des formes différentes, c’est la tentative eurocommuniste qui signe la fin des partis communistes, quand au Portugal ou en Grèce, c’est l’affirmation communiste qui fait vivre des partis organisés, militants, présents dans l’histoire sociale de leur pays, porteurs d’une continuité historique, capable de redonner souffle à la force historique des révolutions.

 

De même, l’analyse concrète de la mondialisation et des impérialismes unis dans l’OTAN et prêts à toutes les guerres, y compris atomique, pour garder leur suprématie conduit à réinterroger l’alliance historique entre le socialisme, le mouvement des non alignés, et les luttes dans les pays capitalistes. Les progrès des pays socialistes existants, leur alliance avec des pays indépendants non impérialistes (BRICS) pour un monde multipolaire et la paix, doit nous conduire à étudier la lutte de classe au niveau mondial, en redonnant souffle à l’internationalisme pour nous placer partout du bon coté de la barricade, face à notre propre bourgeoisie, contre les impérialismes, avec les peuples en lutte pour leur indépendance, le développement de leur pays, le socialisme. Sans cela, nous restons dans le brouillard d’un monde incompréhensible et dangereux qui pousse au repli nationaliste.

 

Ces questions stratégiques sont au cœur de la reconstruction communiste, et de la perspective de victoires sociales. Bien évidemment, la résistance est d’abord affaire d’action dans l’entreprise, le quartier pour créer des solidarités, de l’unité, des capacités à agir, à s’organiser...

 

Mais la manière dont chacun pense ce que peut être le changement de société, ce que peut être une autre société, pèse si lourdement sur les consciences qu’on ne peut espérer renforcer le monde du travail sans l’aider à se reconstruire des repères, sans un parti communiste qui porte des réponses claires au défi de la révolution dans un pays développé du capitalisme mondialisé au XXIème siècle.

 

- Faut-il une "révolution" ou peut-on changer une société petit à petit ? 
- Comment nommer une autre société que le capitalisme ? socialisme ? communisme ? 
- Une voie pacifique au changement de société est-elle possible ? 
- Faut-il des "étapes" successives, comme le projet d’une "démocratie avancée" ou peut-on directement construire le socialisme, voire faire grandir le communisme ? 
- Comment unir le peuple face à une bourgeoisie qui fait toujours tout pour le diviser ? 
- Doit-on s’adresser aux "99%" des gens où y-a-t-il des classes sociales particulières pour les communistes ? 
- Le communisme est-il invalidé par l’effondrement soviétique où faut-il au contraire reconstruire une histoire communiste des pays socialistes ? 
- Comment construire la souveraineté politique d’un peuple face au capitalisme mondialisé en refusant le nationalisme dans la concurrence, en construisant aussi l’internationalisme des peuples ?

 

Ces questions sont ouvertes depuis longtemps, mais à chaque moment décisif de son histoire, le PCF a pris des orientations stratégiques qui devaient être des réponses à ces défis historiques, mais qui se sont toujours réduites à l’abandon de repères théoriques et politiques du mouvement communiste, à une forme de "normalisation" de ses positions politiques espérant le rendre "compatible" avec la domination du parti socialiste, sans reconstruire de fondations théoriques et d’affirmation politique solides, et donc sans apporter de réponses à ces questions stratégiques. Si le prochain congrès du PCF ne rouvre pas une lecture historique de ces défis, il ne fera que reproduire les précédents, c’est à dire l’échec.

 

Nation et internationalisme

 

A l’origine du mouvement ouvrier, la révolution ne peut être qu’internationale. Mais après 1917, le socialisme se construit dans un seul pays... et devient le modèle qui guide tous les communistes. L’internationalisme commence par le soutien à l’URSS assiégée. Dans les années 50, après la mort de Staline, puis le rapport Khrouchtchev, puis la rupture entre l’URSS et la Chine, la question de la voie nationale au socialisme est fortement débattue par les communistes. Il faut bien prendre acte des diversités des situations politiques nationales, et après l’intervention en Tchécoslovaquie de la confusion entre intérêt national russe et intérêt internationaliste de classe. Les réponses des partis communistes européens sont diverses et conflictuelles, notamment entre le PCF et le PCI, avant la tentative eurocommuniste, qui se termine avec la mutation-dissolution du PCI...

 

C’est dans cette période que le PCF choisit le "socialisme à la française", affirmant l’existence d’une voie pacifique au socialisme en 1976, trois ans après le coup d’état fasciste au Chili, sans apparemment en tirer aucune leçon. Cette affirmation du "socialisme à la française" le conduit à dénoncer l’Europe capitaliste jusqu’au retournement de la campagne "Bouge l’Europe" qui conduira à l’acceptation de l’UE et à la recherche (désespérée !) de l’Europe sociale...

 

Rassemblement et union de la gauche

 

Dans la même période, le PCF choisit la stratégie de l’Union de la gauche, conceptualisée dès les années 60, soutient la candidature Mitterrand en 1965, pour lequel Waldeck Rochet présente un rapport expliquant les raisons du soutien mais aussi alertant sur les risques, puis la préparation du programme commun que Georges Marchais propose de soutenir en 1972 tout en... alertant sur les risques.

 

50 ans après, on ne peut que constater que les alertes des deux dirigeants du PCF étaient pertinentes, mais... insuffisantes pour y faire face ! Comme ils le craignaient tout deux, le PS est devenu dominant parce que le mouvement populaire n’a pas joué un rôle dirigeant, mais s’est progressivement rangé derrière l’attente électorale et donc, le candidat le plus "utile" pour battre la droite...

 

Le parti de tous ou le parti de la classe ouvrière ?

 

En 1968, le parti communiste est clairement le parti de la classe ouvrière et parfois en opposition au mouvement étudiant et aux revendication "sociétales" de milieux sociaux attirés par la "nouvelle gauche"... Pourtant, un an après, Jacques Duclos, peu représentatif de la modernité supposée de mai 68, fait le meilleur score historique du PCF à des élections présidentielles. 40 ans plus tard, Pierre Laurent, après le rockeur Robert Hue, tente de présenter le PCF comme le parti des 99%, pour aboutir au plus faible score historique du PCF aux élections législatives. La question de l’unité du peuple, de la capacité de rassemblement, n’est pas d’abord une question de slogan, mais une question d’enracinement social. En 1969, le PCF est fortement implanté dans les usines, certaines campagnes, de nombreuses villes populaires. Sa direction prend régulièrement l’avis de la commission des grandes entreprises qui regroupe des cadres communistes autant représentatifs de l’économie française que la direction du CNPF... Aujourd’hui, le PCF est dirigé par ses élus locaux, ses sections d’entreprises et cellules locales ont disparues, et il parle d’abord aux couches moyennes supérieures urbaines.

 

Organisation et unité d’action

 

Lucien Sève a critiqué l’organisation du PCF dans les années 80 en la présentant comme un "centralisme autocratique". Mais il en a tiré la conclusion que la forme parti était dépassée et qu’il fallait trouver de nouvelles formes de "mouvement". De fait, de l’altermondialisme à la "France insoumise" ou la "République en marche", le "mouvementisme" s’est répandu, mais on s’aperçoit vite du recul historique que cela représente, renvoyant le mouvement populaire à l’espoir d’un sauveur suprême, à l’émiettement des revendications... Au moment ou le mouvement social cherche difficilement le "tous ensemble", la question de l’unité et de l’organisation est essentielle.

 

En 1969, le parti communiste est encore cet "intellectuel collectif" qui aide à penser des centaines de milliers de militants autour de ce que certains appellent positivement ou négativement une "discipline de parti", mais qui de fait était aussi la base d’une "unité" des communistes dans l’action. Depuis la mutation, les communistes font à peu près ce qu’ils veulent là ou ils le veulent, et les décisions du conseil national restent pour l’essentiel sans effet à la base, la grandiloquence de certaines campagnes, comme "la parole au peuple", semblant faite pour singer Jean-Luc Mélenchon médiatiquement.

 

C’est en 1996 que le PCF abandonne sa forme d’organisation historique, le centralisme démocratique, préparant le congrès qui décidera que les cellules sont optionnelles, qu’un communiste peut militer avec ceux qu’il choisit en réseau et non pas avec les autres communistes de son lieu de travail ou son lieu de vie. Depuis, de congrès en congrès, la direction a pris acte de l’émiettement politique, incapable de reconstruire l’unité des communistes, tentant au contraire de "purger le parti", ou le laissant faire. Ce qui avait peu d’impact il y a 50 ans, les départs de personnalités n’entrainant que peu de départs militants, est devenu une composante de la crise du PCF, la direction s’enfermant dans un périmètre politique de plus en plus réduit, le dernier congrès soulignant encore ses propres divisions.

 

Sans principes, à quoi sert le parti communiste ?

 

Résumons, en 1976, le parti communiste abandonne le concept de "dictature du prolétariat", concept qui affirmait que le monde du travail devait se donner les moyens d’imposer le changement de société à la bourgeoisie, qui, elle, n’hésitait jamais devant la dictature quand elle lui était nécessaire. Mais depuis, face à la violence d’un capitalisme mondialisé mortifère, le parti communiste apparait comme incapable d’imposer quoi que ce soit aux puissants...

 

En 1996, le parti communiste abandonne le concept de "centralisme démocratique", concept qui organisait le centralisme pour l’action cohérente et unie, après le débat démocratique pour la compréhension du réel, et la construction de l’intellectuel collectif. Mais depuis, face à la redoutable efficacité d’un patronat centralisé et antidémocratique comme jamais, le mouvement social cherche comment être efficace, comment protéger ses manifestations des provocations, comment faire converger les luttes, tout en assurant la plus grande solidarité avec chacune.

 

En 2005, le parti communiste contribue au choc historique de la victoire du NON au référendum, un non populaire soulignant une fracture sociale profonde, bousculant tous les européistes de gauche et de droite. Au lieu d’en faire un repère politique central des batailles communistes, de s’affirmer comme le parti du NON à la dictature européenne, le parti des ouvriers, des paysans, le parti fier de son ancrage social historique, le PCF s’enferme dans la recherche désespérée de l’"Europe sociale", se concentre sur les couches urbaines pour continuer à parler à la "gauche", en fait à un parti socialiste menant des politiques toujours plus antisociales. Mais s’il ne porte plus un projet de changement de société pour la France populaire, à quoi sert le PCF ?

 

La recomposition politique de 2017 et le succès des "mouvements" renvoient les communistes à leur propre utilité. S’ils restent émiettés, divisés, "mouvementisés"... à quoi servent-ils ?

 

Les conditions d’existence d’un parti communiste

 

Dans un texte de 2001, Alvaro Cunhal, dirigeant du parti communiste du Portugal, évoque la situation du mouvement communiste international et liste 6 conditions d’existence des partis communistes... Ce texte est d’une grande actualité pour les communistes Français...

« Le cadre des forces révolutionnaires qui existent dans le monde a changé durant les dernières décennies du XXème siècle. Le mouvement communiste international et les partis le composant ont subi de profondes modifications suite à la chute de l’URSS et des autres pays socialistes et de la victoire du capitalisme dans sa rivalité avec le socialisme.


Il y a des partis qui ont nié leur passé de lutte, leur nature de classe, leur objectif d’une société socialiste et leur théorie révolutionnaire. Dans plusieurs cas, ces partis ont intégré le système et ont fini par disparaître.

 

Cette nouvelle situation au sein du mouvement communiste international a ouvert des espaces dans la société dans laquelle d’autres partis révolutionnaires ont assumé la relève et, dans les conditions concrètes de leur pays, se sont identifiés aux partis communistes sur des aspects importants et parfois avec leurs objectifs et leur action.


Ainsi, lorsque nous parlons aujourd’hui du mouvement communiste international, nous ne pouvons pas, comme dans le passé, tracer une ligne entre les partis communistes et tous les autres partis révolutionnaires. Le mouvement communiste a maintenant une nouvelle composition et de nouvelles limites.

 

Ces développements ne signifient pas que les partis communistes, avec leur identité propre, ne sont pas nécessaires à la société. Au contraire. Avec les éléments fondamentaux qui les caractérisent, les partis communistes sont nécessaires, indispensables et irremplaçables. Mais de la même manière qu’il n’y a pas de "modèle" de société socialiste, il n’y a pas de "modèle" de parti communiste.

 

Avec des réponses concrètes différentes à la situation concrète, il est possible d’identifier six caractéristiques fondamentales d’un parti communiste, qu’il ait ce nom ou un autre :


1 – Un parti qui est complètement indépendant des intérêts, de l’idéologie, des pressions et des menaces du capital.
2 – Un parti de la classe ouvrière, des travailleurs en général, des exploités et des opprimés.
3 – Un parti avec une démocratie interne et une direction centrale unique.
4 – Un parti qui est à la fois internationaliste et qui défend les intérêts de son pays.
5 – Un parti qui définit comme objectif la construction d’une société sans exploiteurs ni exploités, une société socialiste.
6 – Un parti avec une théorie révolutionnaire, le marxisme-léninisme, qui permet non seulement d’expliquer le monde, mais aussi de montrer la voie de sa transformation. »

 

Source à lire les commentaires

 

Je partage totalement cette analyse, qui pour une large part, synthétise nos échanges. Bernard Trannoy