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Nous qui voulons rompre avec le capitalisme, prenons de la hauteur

 

, par  communistes

 

Une note du bureau de l’Association Nationale des Communistes du 8 juillet

 

La période électorale qui s’achève laisse le camp « progressiste » KO debout et en plein désarroi.

 

Bien sûr certains peuvent se rassurer à bon compte et parler de progression sans précédent de leur représentation à l’assemblée nationale ce que n’ont pas manqué de faire respectivement Pierre LAURENT et Jean-Luc MELENCHON ou se réconforter avec des actes posés par les députés élus comme par exemple le juste refus de siéger à Versailles. Mais la réalité oblige à analyser les choses dans leur intégralité en gardant, comme le disait Gramsci, « le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté ».

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

 

Si on regarde en voix ce qui s’est passé et les évolutions 2012/2017 aux seules présidentielles, et sans remonter plus loin, on observe :

 

Résultats 1er tour France ENTIERE Forces 2012 2017 Comparatif
PS 10 272 705 2 291 288 -7 981 417
FDG puis FI 3 984 822 7 059 951 +3 075 129
NPA + LO 613 708 626 889 +13 081
PS + FDG, puis PS + FI 14 871 235 9 978 128 -4 893 107

 

S’il y a une progression en voix du vote Mélenchon de plus de 3 millions de voix elle est loin de compenser la perte en voix du PS, près de 8 millions de voix !

 

Si on regarde au niveau des quartiers populaires, une étude faite sur 20 000 électeurs de 21 quartiers populaires de Marseille confirme ce chiffre auquel s’ajoutent deux données qui n’apparaissent pas dans les résultats nationaux : 


- Une augmentation du refus de vote de 10% qui touche particulièrement les cités les plus pauvres : plus on est pauvre, moins on vote et qui fait que dès le 1er tour de la présidentielle on a battu des records d’abstention dans cette partie de l’électorat. C’est bien l’électorat qui a le plus intérêt au changement qui s’est détourné du vote sans doute parce qu’il ne s’est pas retrouvé dans les candidatures en présence. Et on parle bien des présidentielles. 


- Si on additionne dans ces quartiers le score Hamon + Mélenchon on est très en-dessous du score du seul Hollande de 2012, le même phénomène qu’au plan national mais amplifié… On le pressentait, mais les chiffres tendent à le démontrer, les quartiers populaires, la partie la plus écrasée de la classe ouvrière, ne s’est pas appropriée les débats de cette campagne.

 

Il y a cependant bien eu une dynamique du vote Mélenchon qui a drainé en particulier des jeunes et des syndicalistes et il nous faut la prendre en compte et non s’opposer systématiquement à elle comme si elle était le principal concurrent du courant communiste auquel nous appartenons. Pour autant nous devons aussi rester lucides sur le fait qu’elle est loin de faire reculer l’abstention ni de compenser la fuite vers Macron d’une grande partie de l’électorat socialiste, en particulier là où en 2012 le vote utile avait joué contre Sarkozy. Ce coup-ci le vote Mélenchon est devenu le vote utile mais sur quelle adhésion au programme ?


L’augmentation de l’abstention aux législatives en particulier chez les électeurs de Mélenchon à ce dernier scrutin répond à cette question et montre le désarroi de cet électorat devant la division des forces qui le soutenaient. Quand on a voté aux législatives on a souvent plus voté de manière intuitive pour le mouvement du candidat de la présidentielle, dans le sillage d’une dynamique constatée, que pour un programme que l’on pouvait discuter pied à pied et mettant en lumière l’intérêt qu’il y avait à choisir entre le PCF et la FI. Pour autant, quoiqu’on pense de la responsabilité des divisions, quand des candidatures PCF pourtant connues se trouvent devancées (parfois largement) par des candidatures inconnues de la FI, il est un peu facile de s’en prendre à ce mouvement au lieu de s’interroger sur les causes de ce phénomène auquel elles renvoient.

 

En tout état de cause, le taux d’abstention record obère grandement la légitimité de tous les élus quels qu’ils soient et appelle à l’humilité. Partout, si on prend en compte le score par rapport aux inscrits, les députés élus n’ont pas la confiance de la majorité des électeurs.

 

Mais les chiffres ne disent pas tout

 

Ce que les chiffres ne disent pas mais que divers échanges, lieux de débats, les réseaux sociaux et parfois même des initiatives syndicales, et ce bien avant le premier tour des présidentielles, ont montré, et que la campagne des législatives a aggravé, c’est l’état d’esprit des militants… 


- C’est le premier élément problématique dans la situation actuelle. Des camarades de manifs, s’invectivent et font preuve d’un tel rejet de l’autre, qu’on en arrive à se demander s’ils n’en n’ont pas oublié l’essentiel quand on voit la place que prend l’expression de ce rejet alors que l’essentiel de nos coups devrait porter contre le capital. Cela touche des militants PCF face aux insoumis, mais aussi des militants PCF entre eux et parfois même des insoumis entre eux…Dans ces conditions comment résister face au bulldozer que le capital veut nous imposer ? La classe ouvrière a plus que jamais besoin de son unité pour résister aux mauvais coups. Dans cette unité le rôle des militant-e-s est essentiel. Pas une unité de façade basée sur des tactiques électorales, mais une unité de lutte entre travailleurs confrontés aux mêmes mauvais coups.

 

Quand il est question d’unité ce n’est pas à cela que nous assistons. Nous voyons tout à la fois : une direction du PCF qui rêve de construire une nouvelle « force de gauche » avec une partie des rescapés du radeau socialiste et celles et ceux qui veulent nous refaire le coup de la gauche plurielle, des camarades de ce parti qui s’accrochent à la bouée PCF comme si elle avait encore la ligne politique qui a fait son ancrage populaire jusque dans les dernières décennies, d’autres qui veulent un retour à un passé qui ne reviendra pas et celles et ceux dans la France Insoumise qui croient qu’ils vont remplacer d’un seul coup d’un seul les forces existantes, organisées ou non et veulent tout balayer….Dans cette situation comment construire ensemble ? Dans ces conditions les appels à l’unité pour les législatives, y compris le nôtre, étaient voués à l’échec…

 

- Le deuxième élément problématique est que ces invectives ne portent pas en général sur le programme (ou alors à la marge) mais sur la stratégie (et même tout simplement souvent sur la tactique) électorale et/ou sur la personne de Mélenchon (voire des questions de personnes), ses écarts de langage et sa volonté de construire un nouveau mouvement dans l’espace politique national…Et les rares arguments échangés sur le programme ne sont souvent pas très convaincants pour les révolutionnaires qui essaient d’inventer le socialisme de notre temps.

 

On doit à la vérité de dire que si le PCF avait eu un candidat aux présidentielles, et que celui-ci soit allé jusqu’au bout (ce qui n’est pas certain quand on voit les appels du pied constants de Pierre LAURENT à HAMON et JADOT jusque dans les dernières semaines de la campagne), il n’est pas sûr que son programme ait été plus révolutionnaire que celui de la France Insoumise (qui lui ne l’était pas !) en particulier sur les questions de l’appropriation sociale et des nationalisations, sur celles de l’Europe et de l’Union européenne et sur les questions internationales en général. En 2017 l’étiquette PCF ne garantissait pas le caractère communiste de la candidature et du programme qu’elle aurait porté. De même, quand on voit que dans nombre de circonscriptions, avant même la présidentielle, il y a eu des accords tacites ou explicites entre le PCF et le PS, qu’il y a même eu aux législatives des bulletins de vote PCF, intitulés « les communistes avec Hamon » on peut se dire que le débat n’opposait pas d’un côté les révolutionnaires et de l’autre les réformistes…

 

Evidemment les choses en seraient allées tout autrement si dès janvier 2016 la direction du PCF avait refusé d’aller à la primaire et avait décidé d’aller à l’élection sur la base d’un programme de rupture véritable avec le capitalisme ce qui aurait nécessité de porter un regard critique sur l’évolution (pour ne pas dire la dérive) de l’orientation et les stratégies antérieures. Là il y aurait eu, dans le cas du maintien de la candidature MELENCHON une discussion programme contre programme, sur ce que cela veut dire d’être révolutionnaire dans le monde d’aujourd’hui et les débats sur la stratégie auraient eu un tout autre fondement.

 

On peut comprendre l’exaspération de militant-e-s sincères devant les outrances ou les comportements des uns et des autres, mais il faut analyser ce qui fait qu’on en est arrivés là. Pourquoi des gens qui militaient naguère au coude-à-coude se considèrent aujourd’hui comme des adversaires tout en ayant le même ennemi de classe déclaré ?

 

En l’absence de cette analyse mais aussi d’une réflexion sur quelle forme d’organisation aujourd’hui : parti ou mouvement ? Quel positionnement d’une organisation ou d’un courant communiste dans ou à côté d’un mouvement qui s’affirme progressiste ? En cette absence l’essentiel de l’expression s’est faite à partir de réflexes (souvent plus que de réflexion !) de militant-e-s attaché-e-s au mouvement ou à l’organisation dans laquelle ils se reconnaissaient. Du fait de ce manque de clarté politique, les désaccords et les invectives entre PCF et FI sur les candidatures aux législatives s’ils sont apparus comme une question primordiale pour les convaincus sont apparus incompréhensibles et totalement hors de propos devant la menace « macroniste » pour une grande masse d’électeurs et parmi eux nombre de militants qui les ont alors renvoyés dos à dos.

 

Faut-il réformer le capitalisme, être keynésien comme l’a indiqué Mélenchon ou bien le projet révolutionnaire communiste est-il encore d’actualité et à réinventer à l’aune de notre temps…ce que personne n’a dit durant cette campagne électorale ? On peut et on doit pouvoir débattre de cela en toute sérénité entre compagnons de manifestations. Oui ou non le communisme est-il toujours la jeunesse du monde ? Pour nous la réponse est claire c’est oui et notre Manifeste pose cette idée comme base de rassemblement pour celles et ceux qui veulent changer de société.

 

Qu’est-ce que cela veut dire en termes d’idées, de vision d’avenir, de perspective révolutionnaire qu’être communiste aujourd’hui ? Affirmer qu’on va pouvoir faire du carcan de l’UE un espace social dont les travailleurs seront les souverains c’est soit mentir, soit se tromper. Ne pas poser la question de la réappropriation sociale 100% publique, c’est accepter la domination du capital. Continuer à croire ou faire croire qu’on peut « rassembler la gauche » comme n’a jamais cessé et continue de le faire la direction du PCF ce n’est ni poser la question des contenus de classe, ni voir ce qu’est le PS, frondeurs compris, ni entendre la demande de la classe ouvrière de notre temps.

 

Plus que jamais reconstruire

 

Depuis les décennies 1980/2000 le PCF n’a cessé de s’affaiblir numériquement, idéologiquement et par voie de conséquence en dynamisme militant. Ce fait ne s’est jamais démenti malgré la présence en son sein de communistes qui se sont courageusement opposés à cet affaiblissement. En 2014, 14 ans après le congrès de Martigues et l’appel « Nous assumons nos responsabilités » l’appel « (re)construire » était lancé. Depuis le premier appel, force est de constater qu’en l’absence d’espace, d’association, d’organisation en un mot d’une parole nationale commune, l’émiettement s’est poursuivi et le courant communiste n’en est pas sorti grandi.


C’est prenant en compte ces éléments et en ayant conscience des incontournables limites d’un cartel d’organisations, que l’ANC a été créée.

 

Dès le départ, le principe de la double affiliation a été acté dans nos statuts afin que l’espace national de discussion et d’expression que constitue notre association ni ne soit entravé par l’existence de multiples groupes locaux ou partis nationaux se réclamant du communisme ni ne soit vécu par eux comme un adversaire. Avancer sur des idées, être le courant communiste qui donne un point de vue afin de peser dans le débat politique national est plus que jamais d’actualité voilà notre volonté. Il appartient à ce courant non pas de s’opposer sans discernement à toutes celles et ceux qui ne s’en réclament pas mais à tous moments, sur la base de ce que nous pensons, de lutter pour gagner des majorités d’idées susceptibles de faire aller le monde dans le sens du progrès social, de la justice et de la paix.

 

Notre but n’est pas de mettre l’accent sur ce qui divise, mais sur ce qui rassemble afin d’avancer vers la société que nous voulons.

 

Un an et demi après sa création, notre tâche est plus que jamais d’actualité. Le dos au mur nous sommes confrontés à la nécessité de participer à donner corps à la pensée communiste de notre temps. C’est à cela que nous allons continuer de nous atteler en diffusant partout notre Manifeste mais aussi en franchissant une nouvelle étape :

 

créer dans un maximum d’entreprises, de quartiers, de localités ou de départements des sections de l’ANC.

 

Déjà plusieurs départements s’engagent dans ce sens et cela ne sera pas sans conséquence y compris en termes de finances locales, nationales et d’adaptation de nos statuts lors d’une prochaine assemblée générale qui reste à fixer. Nous vous tiendrons prochainement du calendrier d’initiatives prévues. Plus que jamais il appartient à chaque membre de l’ANC de prendre des initiatives pour que celle-ci puisse avoir un ancrage local et en particulier chez celles et ceux qui souffrent le plus du capitalisme : le monde du travail, du chômage, de la précarité, celles et ceux qui sont victimes de toutes les discriminations dont le capitalisme a besoin pour asseoir son pouvoir.

 

Diffusons aux portes des entreprises et dans les quartiers populaires, organisons des réunions publiques, exprimons-nous sur les luttes locales ou nationales non seulement pour les soutenir mais pour proposer un prolongement politique à celles-ci, soyons avec notre identité de tous les combats pour la paix et la solidarité internationale.

 

La tâche est d’ampleur. Elle nous engage toutes et tous. Plus que jamais, dans un monde promis à la barbarie capitaliste, « assumons nos responsabilités » avec tout « l’optimisme de la volonté ».

 

Le 5 juillet 2017
Le bureau de l’ANC

 

Voir en ligne : sur le site de l’association nationale des communistes